Biijjjouuuur ! AAAAAH ! Nan, ça suffit, avec les canons à tomates pourries ! Sinon, je poste pas ce chapitre... ah bah, oui, je viens de le faire, c'est vrai...

Bref ! J'ai fait un pitit calcul sinon, et on arrive bientôt à la fin, c'est officiel ! Plus que trois chapitres (ou peut être quatre, on verra) et un épilogue et après on attaquera le tome 3. Je vous préviendrai à la fin si j'ai envie de faire une pause avec Kara, parce que j'ai un fic sur le Seigneur des Anneaux et le Hobbit qui cuisent toooooouuuut doucement sur le feu, et qu'il faudrait quand même que je les avance... Ahem !

Pour ce chapitre, sinon... Euh, dois-je vraiment préciser qu'il n'est PAS drôle ? J'espère malgré tout qu'il vous plaira ^^'

Mah... Qu'est ce que je fais encore là, moi ?

Bonne lecture !


Le Chaos de l'Âme

Silence.

Chaos.

Néant.

Douleur, incompréhension, chagrin, rage, colère.

Haine.

Combien de temps je suis restée comme ça, à fixer d'un regard vide l'hologramme que Vador avait laissé allumé à mes pieds ? Je serais bien infoutue de le dire. Le Sith n'avait rien dit de plus et était sorti en me laissant sur cette chaise infernale ficelée comme un beefsteak… Mais vous savez quoi ? J'en avais rien à foutre.

J'essayais avant tout de me retrouver moi-même. Parce que lorsque ce que m'a dit Vador m'a enfin percuté, j'ai cru…

Disparaitre.

Quelqu'un d'autre paraissait carrément avoir pris ma place. Pas que ça me gêne, vous me direz, vu la merde noire dans laquelle je me trouvais actuellement… Mais c'était ça ou entendre continuellement les mots de Vador dans ma tête, le revoir jeter l'hologramme comme si c'était un déchet, et laisser apparaitre l'image d'une Jedi morte depuis perpette en m'annonçant qu'il l'avait tuée.

Kachirii.

Ma mère.

« C'est moi qui l'ai tuée ».

« C'est moi qui l'ai tuée ».

« C'est moi qui l'ai tuée ».

« C'est moi qui l'ai tuée ».

Je crois bien que tout ça a été trop à encaisser d'un coup, pour que je me retranche comme ça sans dire un mot pendant aussi longtemps après la visite désagréable de Vador. La douleur migraineuse était toujours là, mais je la sentais plus comme avant. Cette fois-ci, j'ai de nouveau senti quelque chose de noir et de brulant qui fourmillait presque sous ma peau comme des vers dans une carcasse. Et la colère, la haine… !

Le chagrin.

J'avais pas remarqué à quel point j'avais serré les poings, jusqu'à ce que je me rende compte que j'avais réussi à me faire saigner moi-même. J'avais des marques en forme de demi-lunes sur mes paumes, qui saignaient peut être un tout petit peu, mais qui saignaient quand même. Pourtant je m'en foutais. La douleur telle que celle-là me faisait absolument rien, tellement je me sentais… vide.

Non, pas vide.

Je savais pas ce que c'était, mais c'était pas du vide. Pas quand j'avais cette espèce de poids dans la poitrine dont il fallait que je me débarrasse. Si je le faisais pas, je savais pas ce qui se passerait.

Alors je me suis recroquevillée, la tête sur les cuisses, et je me suis mise à hurler. Je me suis mise à hurler jusqu'à ce que je puisse plus hurler, jusqu'à vider entièrement mes poumons de leur air, jusqu'à ce que ce poids disparaisse.

Mais il ne l'a pas fait.

Il est resté là, à vouloir m'étouffer comme si je voulais mourir de rage, de colère et de chagrin, à un tel point que j'ai dû rester prostrée comme ça si je ne voulais pas perdre… le contrôle.

Le contrôle de quoi ? J'en avais aucune idée.

Mais je ressentais quelque chose que jamais avant j'avais ressenti.

Une envie de meurtre.

OOO

Le silence.

Assourdissant.

Etouffant.

Même ces foutus néons ne faisaient plus de bruit. Oh, ce devait sans doute être parce que plus rien ne me parvenait. Est-ce que j'avais de nouveau crié depuis la dernière fois ? Peut-être. Est-ce que j'avais pleuré ? Aucune idée. Est-ce que ces sales impériaux espionnaient tout ce que je faisais ?

Rien à foutre.

Si ça tenait qu'à moi, le seul fait qu'ils se fassent tous massacrer par l'explosion même de Coruscant serait un sort encore trop doux à mes yeux.

Rien ne justifiait ce que Vador m'avait annoncé avoir fait.

Bien sûr, il pouvait très bien avoir menti, ne serait-ce que pour me faire mal. Il pouvait très bien avoir eu des renseignements me concernant, avoir aussi découvert l'existence de l'hologramme que je trainaillais partout comme une prise de guerre depuis les archives de l'Etoile Noire et avoir monté tout ça dans sa foutue tête de tordu, avec son « Côté Obscur » et toutes les conneries qui l'accompagnent…

Mais non.

J'aurais tellement voulu que ce soit pas vrai. Mais j'avais senti que c'était la vérité.

Rien que la vérité.

La plus horrible vérité.

J'avais pas cru Obi-Wan quand il m'avait dit que ma mère venait d'ici. Pour moi, c'était pas possible. Après tout, j'étais qu'une gosse paumée confiée aux services sociaux lorsque j'étais encore sur Terre. Au pire, j'avais pu croire que mes parents avaient été aussi paumés que moi pour que je me retrouve dans cette situation à l'époque, mais je m'étais quand même régulièrement demandée ce qui leur était arrivé.

Et maintenant, non seulement on m'annonçait que ma mère venait d'un endroit qui était pas sensé exister autre part que dans l'imagination complètement tordue d'un type barbu à lunettes, mais en plus j'apprenais qu'elle avait été tuée.

Assassinée.

Exécutée.

… Pourquoi ? Parce qu'elle était Jedi ? Ce lien bizarre que j'avais senti quand j'avais posé les yeux pour la première fois sur la petite silhouette de l'hologramme n'avait fait que se renforcer au cours des trois années qui avaient suivi, mais jamais je m'étais dit qu'on aurait pu être lié… comme ça.

Pourtant, il avait vraiment fallu que je sois bigleuse pour rater ça.

Combien de temps j'ai fixé l'hologramme en face de moi qui grésillait en s'effaçant quelques millisecondes ? Combien de temps je l'ai dévoré du regard, comme si ça pourrait me permettre de le faire bouger par la seule force de ma volonté ? Je sais pas, mais je pouvais rien dire, rien faire. Une part de moi hurlait pour que je me lève et que je me mette à tout faire pour pouvoir l'éteindre, pour que le supplice s'arrête. Mais l'autre part ne voulait que continuer à regarder cette femme, encore et encore, avec un œil nouveau brulant de colère et de douleur, gravant chaque détail dans ma mémoire comme si j'avais peur de l'oublier si jamais je détournais les yeux.

… C'en devenait ridicule, mais j'en étais au point que j'étais sure que l'hologramme disparaitrait si jamais je détournais les yeux quand je me suis rendue compte que j'étais pas toute seule dans la pièce.

Enfin, techniquement si, j'étais toute seule, mais comment voulez-vous expliquer la présence d'un esprit dans la cellule ?

J'ai pas bougé, pourtant. Je pouvais pas, même quand Obi-Wan a posé une main sur mon dos dans un geste qui se voulait surement affectif.

- Je suis désolé.

Je me suis mordue la langue si fort que j'ai bien cru qu'elle allait se mettre à saigner, mais j'ai pas quitté l'hologramme du regard. Kachirii avait un sourire unique, qui ne semblait adressé à personne, une de ses mains posées sur la poignée de l'un de ses deux sabres lasers attachés à sa ceinture de cuir…

Un soupir, puis plus rien pendant quelques secondes. Qu'il me foute la paix, j'en avais rien à faire, de toute maniè…

Je vous jure que je n'ai pas réfléchi en faisant ça. J'ai ignoré la douleur de mes genoux et de mon crâne pour me lever violemment malgré les menottes que j'avais toujours aux chevilles et qui risquaient de me faire perdre l'équilibre.

La raison ?

Obi-Wan s'était placé entre l'hologramme et moi.

- DEGAGEZ DE LA !

J'ai croisé le regard quelque peu surpris du vieux fantôme, mais je pense que ça me préoccupait à peu près autant que le nom du premier explorateur à avoir posé le pied, le doigt ou le bout de sa fesse gauche sur Tatooine à ce moment précis. J'avais du mal à respirer correctement, et j'avais la tête qui tournait en plus de la douleur, mais surtout, j'étais en rage. Quand j'y pense aujourd'hui, je me dis que peut-être, j'aurais pas dû reporter toute ma colère contre lui. Mais j'avais quand même de quoi être furieuse contre lui.

Il a bougé, me permettant de me mettre précipitamment sur mes genoux martyrisés pour tendre une main tremblante et attraper le petit disque sans pour autant l'éteindre. Je pouvais pas faire ça. Dans mon esprit, bizarrement, ça revenait à tuer cette personne … ma mère… une nouvelle fois.

- Kara…

- Ne vous approchez pas de moi.

Obi-Wan a poussé un nouveau soupir, qui semblait rempli de tristesse.

J'en avais rien à faire.

Je me suis laissée retomber sur ma chaise de torture, à laquelle j'étais attachée comme à un fichu boulet, en lui tournant le dos, à moitié recroquevillée sur l'image holographique. Si j'avais pu, je crois bien que je me serais mise dans un coin, et si j'avais pu sortir de cette foutue tôle, ç'aurait été à l'autre bout de la Galaxie que je serais allée.

Juste pour que ce sale menteur arrête, par sa simple présence, de me prouver que je pouvais pas le tuer moi-même.

Parce que quelqu'un d'autre l'avait fait à ma place.

Tout comme cette personne avait tué ma mère.

Je les haïssais tous.

Le silence est retombé dans la cellule, mais je savais qu'il était pas parti. Il espérait quoi ? Que je me mette à lui parler de la pluie de météorites et du beau temps dans la Galaxie ? Il pouvait toujours attendre. J'avais de nouveau une brulure, un poids dans la poitrine, comme une enclume qui m'étouffait, et quelque chose me disait que le résultat serait pas beau à voir. Quant à l'espèce d'horrible sensation de fourmillement sous ma peau, elle était loin d'avoir disparu, elle aussi.

En fait, je dirais même qu'elle s'était accentuée.

J'ai retenu à moitié un gémissement qui s'est transformé en couinement de souris, fermant les yeux le plus fort comme si ça pouvait servir à contrer mon mal de crâne.

- … Pourquoi ?

Ma voix résonnait bizarrement, comme un volcan sur le point d'entrer en éruption, mais je contrôlais plus rien, à cet instant précis. Quelque chose, au fond de moi, attendait l'étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Rien dans ma question pouvait expliquer à l'Ectoplasme de quoi je parlais, mais visiblement, il a compris tout de suite.

- … M'aurais-tu cru si je t'avais dit toute la vérité ?

- NON ! BIEN SUR QUE NON ! COMMENT VOULEZ VOUS QUE JE CROIE UN TRUC PAREIL !?

A présent, si j'avais pu, j'aurais volontiers attrapé n'importe quel objet à ma portée pour le balancer sur la silhouette luminescente. Seulement, cette foutue cellule était vide, et je n'allais certainement PAS utiliser l'hologramme que je tenais serré contre moi. C'était à moi, il ne le toucherait pas !

- Mais vous auriez quand même dû me le dire, ne serait-ce pour que je sache à quoi m'attendre !

J'avais presque plus de souffle, mais j'avais le sentiment qu'il faudrait qu'on m'arrache les poumons pour m'empêcher de dire tout ce que j'avais sur le cœur à cet instant. Ça en plus de la nausée qui me tordait l'estomac… Je voyais pas ma tête à cet instant, mais je doutais sincèrement d'être sortable.

Mais je m'en foutais.

Comme de tout le reste, d'ailleurs.

- … Pour te voir réagir ainsi ?

Je me suis mordue la langue tellement fort que j'ai cru la sentir saigner, mais c'était rien à côté de l'apocalypse qui régnait sous mon crâne à ce moment-là. Et j'avais encore plus mal à la tête que jamais, atteignant un tel pic que j'ai dû retenir un gémissement de douleur et de colère.

Mais Obi-Wan a continué.

- Je connaissais suffisamment ta mère pour savoir comment toi, tu réagirais à une nouvelle telle que celle que Vador vient de te révéler. Tu n'étais pas prête, pas plus que tu ne l'es aujourd'hui et maintenant…

- Taisez-vous…

- Un entrainement dans les voies de la Force t'aurait permis de mieux appréhender ce savoir, mais maintenant, il est trop…

- FERMEZ-LA !

J'ai poussé un véritable cri de rage en me relevant brusquement, mue par un instinct nouveau qui me faisait encore plus regretter le fait qu'il soit déjà mort. Mes genoux ont protesté, de même que mon crâne, mais je les ai ignoré.

- Qui êtes-vous pour vous pointer comme ça, à me dire ce que je dois savoir sur ma mère et ce que je dois ignorer ? C'était MA mère, MA FAMILLE ! VOUS N'AVEZ AUCUN DROIT SUR CE FAIT LA ! AUCUN !

Obi-Wan est resté silencieux, mais la minuscule part de patience qui me restait venait d'être mouchée comme la flamme d'une bougie. Et je m'étais même pas rendue compte que je continuais de hurler comme si je voulais littéralement lui imprimer ma fureur sur sa peau immatérielle.

- FOUTEZ LE CAMP ! DISPARAISSEZ ET FOUTEZ MOI LA PAIX ! JE NE VEUX PLUS JAMAIS VOUS REVOIR, ESPECE DE SALE MENTEUR HYPOCRITE !

Et je dois avouer qu'à ma surprise, bien que je ne m'en sois rendu compte qu'après… il a obtempéré. Il m'a fixé d'un regard triste avant de s'évanouir tout simplement dans les airs, en me laissant seule à nouveau avec mes tourments, ma colère…

Et mon chagrin.

C'est à ce moment-là que je me suis rendue compte que je pleurais depuis le début. Les sanglots me brûlaient la gorge comme si quelqu'un avait eu la brillante idée de me faire avaler un tison chauffé à blanc, et la douleur que je ressentais derrière mes globes oculaires s'était mêlée à une autre que j'avais rarement connue ces dernières années : la brulure du sel de mes larmes.

J'ai titubé en arrière jusqu'à retomber sur la chaise à laquelle j'étais toujours enchainée, le souffle court et entrecoupé. Et j'ai fini par tourner à nouveau le regard vers l'hologramme qui grésillait toujours. Kachirii continuait à me fixer avec ce regard clair, avec ces yeux si troublants et familiers…

Parce que j'avais les mêmes.

Ce n'est que quand je me suis recroquevillée à nouveau sur la chaise en métal, en serrant l'hologramme si durement que j'avais l'impression qu'il allait me rentrer dans les doigts pour s'incruster dans ma paume, que j'ai enfin pu lâcher les sanglots qui m'empêchait de respirer correctement. Au fond de moi, malgré tout ce que je pouvais dire, je crois bien que j'avais espéré retrouver un jour quelqu'un de ma famille… Tout ça pour qu'on m'annonce que le seul membre dont j'avais de brefs souvenirs, la seule personne de ma famille à laquelle je me sentais liée était morte, ne me laissant qu'un hologramme comme pâle écho de sa personne…

Et mes larmes pour la pleurer.


OOOOOOOOOOK, il s'y passe pas trop, trop grand chose (ça se dit pas, je sais !) Mais il est important quand même ce pitit chapitre ! Et oui, Kara n'a pas vraiment le cœur à ironiser, là, tout de suite...

...

...

...

:P

Brefouille, encore une fois, faudra attendre un peu pour la suite !

Encore une fois, les reviews et les cookies, ça a le même goût !

Toodles !

Lereniel