Je suis tellement désolée pour mon retard, mais pas mal d'imprévus ont surgi... Bref, je vais pas vous faire un discours, vous aurez compris *fait la gueule enfarinée face aux tomates pourries*

Bon, une scène bien connue du film droit devant. J'ai pas encore écrit la suite, mais comme je sais déjà ce qui va se passer, j'espère que ça tardera pas trop... Mais ça, après, ça dépend aussi de mon boulot ^_^' En plus, ce chapitre est plus long que d'habitude ! J'espère que vous serez pas embrouillés...

Bonne lecture !


Froid polaire et cryogénisation

Je crois bien que j'ai dû m'endormir à un certain moment, parce que j'ai absolument pas remarqué les deux pingouins qui étaient entrés dans la pièce, jusqu'à ce que l'un d'entre eux décide que ce devait être génial de me foutre une baffe derrière la tête pour me réveiller. Alors ça, plus la nuque d'une raideur à assommer un rhinocéros parce que quand on est menotté par les pieds à une chaise, c'est pas franchement pratique pour s'allonger, je peux vous assurer que j'étais pas d'humeur à supporter des coups comme celui que l'autre abruti de Stormtrooper venait de me faire.

Mais visiblement, il a pas compris le message que mon corps tendu comme un piquet lui envoyait. Pourtant, c'était plutôt flagrant, je trouve… Si, si, regardez mieux : les poings tellement fermés malgré les menottes que j'avais toujours aux poignets que j'étais persuadée que mes jointures finiraient par craquer, les lèvres quasi-inexistantes tellement je serrais la mâchoire et… Ah oui !

Le regard meurtrier.

Mais… Non. Apparemment, le pingouin de l'espace a pas compris.

Et ce qui m'a assuré qu'il avait vraiment rien pigé, ça a été le nouveau coup brutal dans l'épaule pour me faire lever pendant que son copain était occupé à me détacher les pieds.

Ça a pas raté.

Après tout, il fallait bien que je me défoule sur quelque chose… Ou quelqu'un. J'avais peut-être juste attendu la bonne excuse.

J'ai brusquement reculé la tête en arrière pour lui administrer le coup de boule le plus violent que je me rappelais avoir donné, le faisant reculer en gémissant de douleur malgré son casque. Tellement fort, surtout à cause du fait que j'avais besoin de décompresser un tout pitit peu, que j'ai dû me rasseoir d'un coup parce que j'avais la tête qui tournait encore plus, déjà que c'était pas l'extase avant. Je vous jure que j'allais finir par faire une commotion ou une merde de ce genre à force d'utiliser mon crâne comme un punching ball… Mais en même temps, comme j'avais les mains attachées et les pieds encore inutilisables, il fallait bien que j'improvise.

Sauf qu'apparemment, ça leur avait pas plu.

C'est bien pour ça que quelques minutes plus tard, je me suis faite de nouveau à moitié trainer dans des couloirs aussi moches et froids que la fois précédente, à deux doigts de vomir à cause des deux baffes que je venais de recevoir de la part des deux zigotos qui me tenaient par les bras. La première gifle, pour le coup de tête, la seconde pour ladite baffe qui avait entrainé de ma part un bon coup de pied dans le ventre de celui qui m'avait détaché de cette chaise infernale. Bon, j'avais visé plus bas, mais j'ai jamais été la plus douée de la Galaxie pour viser, surtout quand j'ai pas mangé depuis je sais plus combien de temps et qu'on s'est tellement servi de mon crâne comme d'une enclume que j'arrive plus à marcher correctement !

Merde.

Ce n'est que quand on s'est retrouvé devant un ascenseur que j'ai réussi à retrouver un semblant de souffle. Bon, OK, j'étais pliée en deux, mais au moins les deux casse burnes m'ont rien fait d'autre que de jouer à celui qui me serrerait le plus fort les avant-bras.

J'allais avoir des bleus, j'vous jure !

M'enfin, au point où j'en étais…

On attendait visiblement quelqu'un, parce que je crois bien que l'ascenseur avait eu tout le temps nécessaire pour se pointer, mais qu'il ne l'a pas fait. Et j'ai malheureusement eu raison en voyant arriver un chasseur de primes particulièrement détestable…

Je vous le donne en mille ?

- Bien remise du « somnifère », gamine ?

Gros silence en réponse, mais je crois que les pataugeoires sous mes yeux, accompagnées par le gros bleu violacé que je devais avoir sur la mâchoire et du regard meurtrier ont suffi à lui donner la réponse. Quand je l'ai vu, mon mal de crâne s'est fait encore un peu plus fort, mais bon, comme il me faisait déjà particulièrement chier, on allait pas râler pour si peu…

Si ?

… Si.

Fett tenait un truc dans sa main libre (l'autre était occupée par le fusil blaster/crosse de boxe intergalactique) que j'ai pas réussi à identifier immédiatement. En fait, il a fallu qu'il me l'agite sous le nez pour que je voie qu'il s'agissait…

De crédits impériaux.

Beaucoup de crédits impériaux.

Enormément de crédits impériaux.

- La prime. Sur ta tête, a-t-il expliqué d'un ton narquois tandis que je restais plantée là entre les deux Stormtroopers, la gueule un peu entrouverte comme un mérou au départ d'un marathon olympique et les yeux ronds comme des cochonnets de pétanque, Avec la prime de Jabba pour la tête de Solo, on pourra sans doute dire que j'ai fait une bonne journée.

Je sais pas pourquoi, mais sa tirade m'a fait réagir encore mieux qu'une décharge électrique, et c'est par miracle que les deux Stormtroopers ont réussi à m'empêcher de lui sauter dessus malgré le fait que :

a. Je sois dans un état lamentable

b. Le type en train de me dire que j'avais été carrément vendue, tout comme Solo, soit Boba Fett.

Je crois que c'est aussi un miracle que je me sois rien reçue comme coup en retour, même si mon regard aurait pu tuer un Gundark à ce moment précis. Bon, il faut avouer que plus que fatiguée, on pouvait carrément dire que j'étais épuisée. Je sais pas ce qui me retenait encore debout, mais c'était du lourd !

Pourtant, j'ai rapidement dû abandonner la lutte, parce que là, j'y arrivais plus.

Fett s'est accroupi en face de moi. Tout ce que je pouvais voir de lui, c'était ce foutu casque mandalorien qui le faisait ressembler à un chevalier débile. Mais il le quittait jamais, ce foutu casque ? Même pas pour dormir ?

- Pas de ça, gamine, a-t-il lancé à mon attention, T'auras besoin de ce qu'il te reste pour plus tard.

J'ai détourné les yeux. J'en voulais pas de sa pitié. C'était pas ça qui me ferait sortir d'ici, et c'était pas ça qui l'avait empêché d'aider les impériaux à nous coincer, alors il pouvait se la mettre où je pense.

Mais j'ai rien dit, et je me suis contentée de serrer encore plus fort l'hologramme que j'avais toujours à la main.

Fett s'est redressé, et nous a suivi dans l'ascenseur quand ce dernier s'est finalement ouvert, comme par pur hasard.

A l'intérieur, ça a été le grand silence pendant toute la montée.

Et ça faisait du bien.

Autant que possible.

J'ai taché de me concentrer sur ma respiration autant que faire se peut, histoire d'essayer de commencer à tenter d'oublier le mal de tête qui me rongeait le cerveau et l'arrière des yeux. J'avais mal partout, vraiment, mais cet endroit-là était le pire.

Même s'il y en avait un autre que j'aurais préféré oublier…

La case ascenseur a pas duré longtemps, néanmoins, et on s'est vite retrouvé dans un couloir tout aussi moche que ceux dans lesquels j'avais été trainée presque comme un sac à patates quelques minutes plus tôt et quelques étages plus bas. Sans même nous accorder un regard supplémentaire, Fett s'est engagé dans l'aile gauche, et les Stormtroopers m'ont emmené à droite. Cette fois-ci, je me suis laissée faire, pas parce qu'il m'avaient frappé, mais parce que j'avais enfin fini par me dire que ça servait à rien. Quelqu'un de normal, d'héroïque, aurait peut-être donné encore des coups de pieds et aurait poussé des cris en les insultant tous pour la forme et les emmerdes que ça causerait à leur appareil auditif…

Mais j'avais rien d'un héros.

Je l'ai jamais été.

Je sentais même plus ma main autour du boitier de l'hologramme tellement je le serrais fort. On aurait pu tout tenter, à moins de m'arracher les doigts, personne n'aurait pu m'en séparer.

Et j'avais pas l'intention de le faire.

OOO

Finalement, les pingouins de l'espace aux battoirs à la place des mains m'ont poussé dans une pièce…

Carrément terrifiante. J'aurais pas mieux pour la définir.

Elle était particulièrement basse de plafond par rapport au reste de la station que j'avais pu voir (Si si ! Même plus bas que ceux des cellules de détention !), et était composée de plateformes métalliques, presque comme des échafaudages, à travers le sol desquels apparaissait une espèce de lumière orange désagréable, presque la seule source de lumière, d'ailleurs. On aurait pu penser que c'était chaud, à première vue, mais non.

Il y faisait un froid de canard.

C'était le genre de température pour laquelle vous avez envie de rester au chaud sous votre couette toute la journée sans voir personne, le genre de température qui vous transpercerait le visage comme des coups de couteau en gelant dans vos poumons si vous sortiez dehors par le jour le plus froid de l'hiver…

Le genre de température qu'on aurait tendance à trouver dans une chambre froide.

Ou une morgue.

Il y avait de la fumée partout, comme s'ils avaient décidé que ce serait cool d'étouffer les gens avec. Pas que ça me gêne concernant les impériaux. Ils pouvaient tous crever, j'en avais rien à faire…

Non, je m'inquiétais un peu plus pour un autre groupe qui m'a paru familier.

Et j'ai eu raison.

- Kara ! , s'est écrié Teran en me voyant, Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?!

J'ai légèrement écarquillé les yeux en le voyant. Si j'étais dans un état déplorable à ses yeux, lui s'était définitivement pas regardé dans une glace depuis quelques temps. Il avait la lèvre fendue, un œil au beurre noir et le nez qui saignait. Le genre de traces qu'une séance de bagarre pouvait laisser. Quant à Han, il m'avait pas l'air plus frais. En fait, il y avait vraiment que Leïa et Chewie qui avaient pas grand-chose à déplorer…

Mais je crois bien que le pire, c'était 3PO.

Le droïde était sans jambes, manchot, dépendant entièrement de la carpette gargantuesque qu'était Chewie pour se déplacer puisqu'il était attaché à son dos, et se mettant à râler à la seconde où le Wookie se tournait, l'empêchant de voir ce qui se passait autour de nous. Je sais bien que j'aurais dû dire qu'au moins, il était réparable…

Mais j'avais juste envie de lui arracher la tête une nouvelle fois, rien que pour qu'il se taise.

Et bim ! Nouvelle attaque de migraine ! J'ai fermé les yeux en lâchant un grognement.

… Que tout s'arrête, par pitié…

Je crois que Teran m'a parlé, mais j'entendais plus un bourdonnement continu et désagréable qu'autre chose, en cet instant. Il a encore fallu que je souffle, en profitant de ces secondes de répit où je me faisais pas trainer comme un sac de patates stellaires pour aller je-sais-pas-où-et-j'en-avais-strictement-rien-à-foutre-à-cet-instant-précis.

- … Kara, réponds moi, je t'en prie !

- La ferme, rebelle !

J'ai rouvert les yeux pour voir Teran se prendre une baffe derrière la tête comme celle qui m'en avait valu une seconde quelques minutes plus tôt parce que j'avais voulu lui exprimer ce que je pensais de leurs manières.

- … Je vais bien, Teran…

Le plus gros mensonge du millénaire… Et ça se voyait surement comme le nez de Pinocchio au milieu de la figure d'un Hutt !

Mais Teran m'a rien dit. Il s'est contenté de me regarder en respirant fort, le tout sous le regard de Leïa qui se tenait tout près de Han. Elle et Chewie étaient les seuls à ne pas avoir de menottes, un fait que j'ai peut-être trouvé un peu (beaucoup) injuste, l'espace d'un instant. Mais fallait dire aussi que je serais prête à sauter sur le premier impérial venu pour lui montrer toute l'étendue de mes sentiments… Donc, ça m'étonnais pas tant que ça, les menottes, finalement. J'imagine que Teran avait dû leur donner son avis quant à leur hospitalité… Mais pour les autres… Je savais pas. Leïa, ça me semblait pas si aberrant que ça : Elle jouait peut-être souvent à Xena, mais elle était aussi diplomate, à moins qu'ils se disent qu'une femme pouvait pas faire trop de dégâts toute seule (Ahem, je suis une femme, soit dit en passant…euuh… Va chier, Lereniel). Han était quand même, malgré tout, le chef de la bande, surtout que lui aussi portait des stigmates de « l'hospitalité » impériale. Mais après, Chewie… J'avais pas la moindre idée de pourquoi ils lui avaient pas foutu de menottes. Peut-être que 3PO faisait une alarme convenable à lui tout seul…

Pourquoi, pourquoi, pourquoi… Voilà que je me mettais à me poser des questions sur eux, maintenant ! Mais en même temps… Pouvait-on m'en blâmer ?

Au fond, qu'est-ce que je connaissais vraiment d'eux ?

Jamais Han ne m'avait dit comment il avait rencontré son babouin de compagnie, comment il avait trouvé (ou volé, que j'en sache) la casserole qui lui servait de vaisseau, qui étaient ses parents… Leïa ne parlait jamais d'Alderaan, qui avait été détruite. Rien sur ses propres parents, sur son passé, sur son expérience au Sénat impérial… On aurait presque dit qu'elle était née dans l'Alliance rebelle !

Chewie, n'en parlons pas, de toutes façons, je comprenais pas un mot de ce qu'il nous racontait à chaque fois.

En fait, les seuls qui avaient été un peu plus loquaces sur leur passé, ça avait été Luke…

Et Teran.

Luke m'avait déjà brièvement raconté comment sa vie était avant, et ce qui l'avait poussé à foncer en hurlant aux commandes de son X-Wing sur un groupe de chasseurs Tie au nom de la Rébellion. Mais sur ces sujets-là, il était plus enclin à trouver une oreille attentive du côté de Teran. Je ne me sentais pas concernée…

Jusque à maintenant.

… Quand on y pensait, j'avais toujours été le chevreau noir parmi les moutons blancs.

Le disque de l'hologramme était glacé contre ma paume.

Teran a brièvement tourné la tête pour vérifier que les soldats faisaient pas trop attention à nous pour le moment, puis s'est avancé vers moi comme l'aurait fait un canard pour me chuchoter :

- Ils m'ont interrogé… Sur toi.

Je lui ai lancé un regard.

- Je leur ai rien dit ! , ajouta-t-il.

- …Je sais… Il n'y avait pas grand-chose à dire de toutes façons… , ai-je fini par répondre d'une voix enrouée.

- … Kara… Dis-moi ce qu'ils t'ont fait ?

Visiblement, mon super mensonge de tout à l'heure a été loin d'avoir porté ses fruits ! Il y a pas cru une seconde ! Bon, OK, j'avais pas vraiment donné de ma personne pour le rendre crédible, mais bon…

J'aurais pas pu lui répondre, même si je l'avais voulu, parce que les abrutis d'impériaux sont revenus plus nombreux que jamais pour nous faire avancer. Cette fois-ci, pas de sac à patates, mais j'ai quand même senti plusieurs fois des coups de crosse blaster dans mon dos quand j'allais pas assez vite.

Rien à foutre, j'étais trop crevée. Ils pouvaient tous aller voir ailleurs si j'y étais pas.

On nous a fait monter sur une passerelle au milieu de la fumée, avant de nous faire arrêter devant une sorte de fosse large d'où sortait de la fumée. Il y avait encore plus de tuyaux et de câbles, ici, comme s'ils avaient trouvé ça génial de nous faire trébucher dessus. Les gnomes dégueus à tête de cochon qu'on voyait partout trituraient des boutons et des manettes… Et je vous jure que j'en ai vu un qui pendouillait littéralement en s'accrochant à un tuyau !

Il devait trouver ça cool de jouer à la balançoire au milieu des Stormpingouins de l'espace infernagalactique, je sais pas… M'enfin, après, chacun son trip…

Perso, le mien, à cet instant, ça aurait été de filer d'ici vite fait mal fait. Surtout en voyant qui se tenait de l'autre côté de la fosse.

J'ai délibérément évité le regard de Vador, qui regardait toute la scène complètement infernale avec Boba Fesses d'un côté, et un autre abruti au costume caca d'oie de l'autre, un type du genre à avoir un balai dans l'entonnoir jusqu'à la glotte (vous m'aurez compris…). Mon mal de crâne m'a fait un graaaaannd signe de la main avant d'y aller plein pot, et j'ai dû me pencher en avant en fermant de nouveau les yeux au risque de faire tomber Teran dans la fosse.

- Kara…

J'ai pas répondu. Si j'ouvrais la bouche, j'allais vraiment vomir. La douleur était du genre à vous faire voir des étoiles et des points noirs un peu partout dès qu'on ouvrait les yeux, et la nausée était clairement au rendez-vous. Pas franchement la grande forme, donc… J'avais les jambes flageolantes et ma mâchoire me faisait aussi un mal de chien.

Bref, j'étais une épave.

Je crois bien que l'une des choses qui m'empêchait de perdre complètement pied, c'était le disque toujours aussi glacé de l'hologramme qui me mordait la peau des doigts… L'autre, c'était Teran, qui s'est placé à côté de moi au cas où il réussirait par miracle à se débarrasser de ses menottes et à me rattraper au cas où je déciderais que j'en avais marre et que je me serais dit que tomber dans la fosse, ce serait quand même super cool.

Han, toujours aussi stoïque, même si on sentait clairement que son blaster lui manquait, s'est penché vers Lando que j'avais pas vu arriver, et qui se tenait juste à côté de nous. J'ai remarqué malgré tout que Calvitie avait l'air un peu crispé… Il avait oublié de passer aux toilettes avant, ou il était constipé ? Bon, faut dire, je me posais surement trop de questions débiles. La meilleure question que j'étais actuellement en droit de me poser c'était « qu'est-ce qu'on foutait là ? ».

Han lui a murmuré quelque chose, et Lando lui a répondu du bout des lèvres, sans même se retourner, mais comme il y avait ce foutu sifflement constant, j'ai rien pu entendre de leur courte conversation. De la même manière, Fett a dit quelque chose à Vador, et le Sith lui a répondu sans que j'entende quoi que ce soit.

Par contre, ce qu'il a dit ensuite, je l'ai bien entendu.

- Mettez le dedans.

OK, je l'avoue, j'ai absolument rien compris quand il ont essayé d'attraper Solo, et que le babouin ambulant est intervenu en se mettant brusquement à beugler et à balancer des baffes à tour de bras. J'ai dû me baisser pour éviter un bras poilu qui est allé percuter un soldat pour le faire basculer hors de la plateforme. Un autre l'a bientôt suivi. Du coin de l'œil, j'ai brièvement entraperçu Fett lever son blaster et se faire arrêter d'une main par Vador, mais Solo qui tentait de se faire entendre au milieu des braillements de Chewie m'en a vite détourné.

- Chewie ! CHEWIE ! Regarde-moi et arrête ! Tu vas te faire tuer !

Chewie s'est brutalement figé, et les pingouins en ont profité pour lui mettre des menottes. Han continuait pendant ce temps-là à lui parler, pour qu'il se calme…

Et qu'il ne se fasse pas descendre.

J'ai eu du mal à avaler ma salive.

- La princesse…, a continué Solo, Il faut que tu veilles sur elle. Et sur les gamins aussi. Ils vont tous avoir besoin de toi. Je peux te faire confiance ?

Le Wookie a lâché un gémissement en réponse, et j'aurais juré que ça voulait dire « oui ».

Han a fini par se tourner vers Leïa, qui s'était entre temps approchée, et j'ignore comment les Stormtroopers leur ont laissé le temps de s'embrasser. On aurait presque dit qu'ils voulaient se dévorer l'un l'autre, et mon mauvais pressentiment précédent s'est accentué encore davantage. Mais au moins je pouvais me dire que j'avais eu raison : ces deux-là avaient passé leur temps à se courir après.

Finalement, les soldats les ont séparé, avant de placer le contrebandier au milieu de la plateforme qui se situait au milieu de la fosse, tout en lui enlevant ses menottes, comme s'il n'en avait plus besoin. Leïa s'est collée à Chewie, sans quitter Solo des yeux, avant de lancer brusquement :

- Je t'aime !

Malgré moi, j'ai pas pu m'empêcher de me mordre la langue. Je crois que la constatation qu'elle venait de faire avait été relativement évidente, mais après, peut-être que c'était que moi…

- Je sais, a été la réponse du contrebandier.

Je me suis mordue la lèvre en croisant le regard angoissé de Teran, puis la plateforme où se trouvait Han a commencé à descendre dans la fosse. Chewie s'est remis à beugler au désespoir, et la princesse s'est collée tout contre lui, le regard englué sur la silhouette de Solo qui disparaissait peu à peu dans la fumée.

Puis il y a eu un sifflement encore plus aigu que les précédents, et ce fut comme s'ils avaient voulu faire un remake de l'éruption du Vésuve pendant la destruction de Pompéi. Un énorme panache de fumée glacée a jailli de la fosse, et j'ai écarquillé les yeux en voyant une énorme pince descendre lentement du plafond et se noyer dedans. Le sifflement a disparu, pour laisser place à un grincement et un crissement insupportable, puis la pince est remontée.

Je pourrais pas dire à quoi je m'attendais. A ce que le bout de la pince soit déchiqueté ? Fondu par de l'acide ? A ce que Solo remonte avec elle en pendouillant, accroché par la seule force de ses bras, le tout avec un grand sourire idiot comme il savait le faire ?

Mais vous vous en doutez bien, c'était rien de tout ça.

La pince a remonté une espèce de… bloc. Ouais, c'est ça, j'avais rien de mieux pour le décrire. Un gros, gros bloc de pierre grise, qui devait faire dans les deux mètres, et dont les côtés étaient couverts de boitiers et de bidules qui faisaient des lumières. Un peu comme une discothèque, mais… Pas comme une discothèque.

Qu'est-ce qu'ils avaient fait ?

Ce n'est que quand les gnomes de l'enfer intersidéral ont poussé le bloc pour qu'il tombe à l'horizontale dans un grand bruit sourd que j'ai pas pu retenir un couinement de stupéfaction… Et d'horreur.

Au milieu de la pierre grise, c'était le visage de Solo qui apparaissait. Il avait les mains tendues devant lui, comme s'il essayait de sortir de là en repoussant le… truc qui lui avait fait ça.

Instinctivement, sans même m'en rendre compte, je me suis rapprochée encore plus de Teran et mes mains se sont mises à trembler. Teran avait le visage complètement fermé, mais j'étais sure que ses yeux lançaient des éclairs. Quant à Leïa, elle était carrément livide, accrochée à Chewie comme s'il était le seul à pouvoir la soutenir.

Calrissian s'est avancé et s'est penché sur l'un des côtés comme pour contrôler quelque chose. Et 3PO de ramener sa pomme en s'exclamant :

- Oooh ! Ils l'ont figé dans de la carbonite ! Excellent moyen de le préserver… S'il survit au processus, bien sûr…

Survivre !? J'ai brusquement tourné la tête vers lui, mon cœur ratant un battement. Comment ça « survivre » ?!

- Alors, Calrissian ? , a soudain demandé Vador qui n'avait pas bougé, A-t-il survécu ?

- Oui, il est vivant, a été la réponse hésitante, Et en parfaite hibernation.

Gros soulagement éphémère. Malgré tout, la princesse gardait le regard rivé sur son amoureux sans rien voir d'autre.

Comment Han pouvait-il être vivant ?

- Il est à vous, chasseur de primes, a alors déclaré Vador à un Boba Fett visiblement aussi heureux qu'un requin affamé coincé dans l'aquarium avec le troupeau de poissons dodus , Rechargez la chambre pour Skywalker.

J'ai brusquement relevé la tête en entendant ses paroles. D'un seul coup, d'autres points de notre précédente conversation (que j'essayais vainement d'oublier depuis tout à l'heure même si tout tournait quand même en boucle dans ma tête) me sont revenus en mémoire. On avait parlé de moi, mais aussi de Luke.

Ce qui voulait dire…

Comme pour me prouver que mon très mauvais, mauvais, mauvais pressentiment se réalisait, un autre officier s'est présenté devant le Sith pour l'informer de l'arrivée de Luke. J'aurais pu me taper la tête contre le mur si j'avais pas déjà si mal. C'était un piège. Tout ça, c'était un putain de piège depuis le début ! Quels crétins on avait été !

C'est à ce moment-là que j'ai vu Lando s'approcher pour prendre Leïa par le bras sous les grognements d'avertissement du Wookie, avant de se faire interrompre dans son geste par Vador.

- Calrissian, emmenez la princesse, le Wookie et le garçon à mon vaisseau.

- Vous aviez dit que vous les laissiez sous ma supervision dans la cité ! , protesta le traitre.

… Et moi ? Je devenais quoi ?

- Je change les termes du contrat. Soyez heureux que je ne les modifie pas davantage.

Lando aurait avalé un citron entier que sa tête n'aurait pas été différente, et je me suis brièvement dit que c'était bien fait pour sa gueule… Avant que les mots suivants de Vador me fassent changer d'avis.

- Menottez la fille à l'un des piliers de la salle.

… Quoi ?

Avant que j'aie pu vraiment me rendre compte de ce que le Sith venait de lâcher comme bombe verbale, deux pingouins m'ont littéralement arraché à Teran pour me trainer malgré les coups de pied que j'ai recommencé à donner. Teran et Chewie se sont mis à crier et se débattre, mais des coups vicieux dans l'estomac de chacun d'entre eux avec la crosse d'un blaster les ont remis en place. Leïa est restée silencieuse, mais en même temps, son petit copain étant transformé en bonhomme de béton façon Mister Freeze, je pouvais pas vraiment lui en vouloir.

Vador a fait demi-tour et a disparu quand ils m'ont fait passer les bras de chaque côté du pilier, avant de me remettre les menottes sans prendre de gants. Le pilier en lui-même était assez large pour que j'aie du mal à déplacer les bras. Mes genoux ont flageolé et je me suis effondrée, pendant qu'ils faisaient sortir les autres, en me laissant seule dans la pièce pour que je me transforme en glaçon tellement il faisait froid.

- KARA !

Ça a été la dernière chose que j'ai entendu avant que toutes les portes se referment, en me plongeant dans le noir quasi-complet.


Muuuuh... La suite bientôt !

Toodles !

Lereniel