Hellow ! Désolée pour le retard, mais boulot, boulot et boulot sont mes seuls amis ! Bref, je vous retiens pas, j'espère juste que ça vous plaira et que vous me détesterez pas à la fin !
Bonne lecture !
Chap. 28 : Entre l'Ombre et la Lumière
- Allez, allez, allez… Lâche !
Mais j'avais beau tirer sur les menottes comme la demeurée que j'étais, rien à faire. Bon, en même temps, vous me direz, c'était pas fait pour lâcher… Mais quand même !
En plus il faisait froid.
Mais genre vraiment !
Et moi, je me tenais accroupie, à tirer comme une forcenée pour voir qui céderait en premier entre :
a. Le pilier
b. Les menottes
c. Mes poignets
…
Je vous laisse deviner la bonne réponse.
- Aïe… Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe… !
J'ai dû m'arrêter, tellement ça brûlait, mais même comme ça, ça continuait à faire mal vu que j'avais tiré comme un bœuf. Découragée, j'ai pas pu m'empêcher de retomber sur mes fesses en m'avachissant en même temps contre le pilier, comme si ça allait me permettre d'avoir un peu moins de crampes dans les épaules.
Ça faisait franchement mal !
Mais qui allait faire quoi que ce soit pour moi sur cette foutue base ? Elle était remplie à déborder de pingouins de l'Enfer galactique, le tout sous les ordres du commandant en second de l'Empire lui-même… Et les seuls qui m'auraient peut-être pas laissé derrière étaient en ce moment même emmenés je-sais-pas-où-mais-ça-sent-franchement-la-merde.
Quand je repensais à Solo… J'ai dû serrer les orteils dans mes bottes pour retenir en vain le frisson qui m'a secoué comme un prunier. Mais la question que je pouvais surtout pas m'empêcher de poser, c'était ça :
Pourquoi ?
Pas pourquoi Solo avait terminé en équivalent galactique d'esquimau chocolat fourré à la glace à la vanille et aux éclats de caramel, ou encore pourquoi Vador se disait que congeler Luke était utile. Ou encore pourquoi je m'étais retrouvée dans cette foutue galère (OK, c'était loin d'être la première fois que je me disais ça, vous aurez compris…). Ou l'inévitable « pourquoi est-ce qu'on m'avait tout pris ? »
J'ai serré les dents à ce souvenir. Je voulais pas y penser maintenant, sinon je sentais que toute cette situation serait pire encore qu'elle ne l'était déjà.
Nan, la question sur laquelle j'essayais de me concentrer actuellement, c'était celle-là :
En quoi le fait que je me retrouve dans cette foutue pièce qui était encore plus froide que le garde-manger d'un Yéti de l'Himalaya intergalactique était utile à leurs yeux ?!
En plus maintenant, j'avais l'impression que mon estomac allait se désintégrer tout seul tellement j'avais faim, et à ça s'était ajouté la soif, ce qui était franchement pas génial, dans la situation qui était actuellement la mienne.
J'ai vraiment failli craquer.
J'étais à deux doigts de me mettre à chialer comme une madeleine, mais je me suis mordue la langue pour me retenir.
Fort.
J'avais déjà trop pleuré.
… En fait, depuis que j'étais arrivée ici, j'avais l'impression d'être une passoire.
- Crétine, crétine, crétine, crétine, crétine…
Bon, OK, je passais peut-être un peu (beaucoup) pour une folle, mais on va dire que j'avais l'excuse de la situation. En fait, j'étais tellement énervée que j'ai dû hurlé une ou deux fois, histoire de me calmer (en vain) les nerfs. Il va sans dire que c'était parfaitement inutile, puisque les impériaux sont même pas venus pour me dire de la fermer. Mais je me sentais vraiment mal ! Je voyais vraiment pas la raison pour laquelle ils m'auraient délibérément laissé ici en emmenant les autres, à moins que ce soit une nouvelle forme de torture de la part de Vador…
A cette pensée, j'ai senti de la bile me bruler l'estomac et j'ai dû serrer les dents pour m'empêcher de me remettre à me tortiller comme un asticot pour me libérer, tandis que mon mal de tête revenait encore se crasher contre mon cerveau à la puissance 1000. Les menottes et le pilier avaient pourtant prouvé qu'ils casseraient pas les premiers, et à moins que les impériaux décident de me laisser mourir de froid ici, j'étais vraiment pas sûre qu'ils soignaient les poignets brisés de leurs prisonniers.
Alors au lieu de penser avec mon cul, il faudrait peut-être que je me décide enfin à utiliser un peu mon cerveau. Nan, parce que je sais pas vraiment ce que j'ai utilisé pour réfléchir depuis qu'on est arrivé dans cette foutue cité, mais c'était pas ce qui se trouvait sous mon crâne ! Faut dire que mon cerveau doit être un peu chaud bouilli avec le mal de tête que je me trimballe…
…
…
…
Je vous jure que j'ai failli me taper la tête contre le pilier, rien que pour arrêter de me parler à moi-même. Il fallait que je réfléchisse, pas que je procrastine sur mon inutilité et ma débilité la plus profonde !
Je me suis forcée à respirer plus calmement, histoire d'essayer de me calmer, parce que mine de rien, si mon comportement s'appelait pas la panique, je pouvais tout aussi bien aller danser la polka tchèque en tutu de rat de l'Opéra. Il fallait avant tout que je réfléchisse à pourquoi on m'avait enfermé dans le frigo des enfers et ensuite à trouver un moyen de sortir… A moins que ce soit l'inverse ?
Raaaah ! Mais c'est pas vrai ! Je suis vraiment nulle pour réfléchir à un plan en situation d'urgence ! C'est Teran, la tête pensante du duo, d'habitude, pas moi !
…
Et en plus quand je pensais à lui, c'était pour me dire que je le reverrai surement plus. Il me semblait que Vador avait été très explicite sur ses projets, et j'étais plus que certaine que Teran en faisait pas partie. Pour le Sith, Teran était juste un rebelle comme les autres, qui devait finir du mauvais côté des blasters dans un peloton d'exécution… Mais pour moi ?
Je sentais que ce qui m'attendait serait bien pire si j'arrivais pas à me tirer d'ici vite fait bien (ou mal) fait. Mais bizarrement, l'idée de plus revoir sa face de Tatooinien et son air débile quand il comprenait pas mes expressions terriennes…
Je voulais vraiment pas y penser, en fait. Rien que d'y songer, ça me faisait encore plus mal au ventre et à la tête.
Il n'empêche, mine de rien, qu'il aurait déjà trouvé la solution, lui. Il était bien plus réfléchi que moi, qui avais plutôt tendance à foncer dans le tas en hurlant et à réfléchir une fois que tous les méchants étaient par terre… C'était une attitude qui m'avait très souvent valu pas mal d'ennuis, d'ailleurs.
Des ennuis dont Teran m'avait très souvent tiré…
Raah, non ! J'avais dit qu'il fallait pas que je pense à lui. Il fallait que je pense à personne, à cet instant, et encore moins à ma…
Ma mère.
J'ai fermé les yeux en respirant un bon coup, avant de sérieusement puiser dans les méninges qui me restaient pour trouver un plan – débile ou brillant, temps que ça marche – pour me sortir de là.
Bon, tirer sur les menottes, c'est niet. Ça fait mal et c'est parfaitement inutile. Le pilier ? Trop gros, et pas le genre de trucs qu'on laisserait rouiller dans une pièce pareille. De toutes façons, je me faisais pas vraiment d'illusions sur ce point-là…
« Y'a toujours un moyen de se sortir de là… Allez, réfléchis, espèce de gourde ! Comment ils font, les gentils, dans les films que tu regardais ?... Ah, oui, c'est vrai, c'était des films… »
J'ai failli recommencer à grincer des dents, mais je me suis retenue de justesse, parce que j'avais certainement autre chose à foutre que d'avoir mal à l'un des seuls endroits de mon corps qui était pas encore douloureux.
Bon, je reprends : mains dans le dos. Menottes. Pilier large. Il fait froid. Je suis en pu***** de mauvaise posture et…
- … Kara ?
Je me suis figée.
- Oh merde… Dites-moi que je rêve… ! , ai-je gémi d'une voix trop aigue.
Le pourquoi je m'étais retrouvée menottée dans un frigo géant prenait vraiment tout son sens maintenant. Après tout, je me doutais bien que Luke avait pas passé la tête par la porte en demandant si la boutique était ouverte.
OOO
Je savais même plus combien de jours s'étaient écoulés depuis que je l'avais vu pour la dernière fois, sur Hoth, dans son lit d'hôpital. En tout cas, une chose était sure : il avait changé. Un peu, mais quand même. Il avait sans doute dû aller sur Dagobah, et je me suis brièvement rappelée que si j'y étais allée avec lui, je serais peut-être pas dans ce foutu pétrin…
…
Mais quand même, LUI avait rien à faire ICI !
Luke s'est avancé, blaster dégainé et regard alerte, tout en fronçant les sourcils en voyant que je bougeais pas pour me jeter dans ses bras comme une princesse en détresse détenue par un puissant et terrible dragon.
No shit, Sherlock ! (et chuis une naze en anglais) Il voyait pas que j'étais attachée ?
- Kara, tu vas bien ? , a-t-il demandé en faisant un pas en avant.
- A ton avis ?… , ai-je commencé par dire avant d'être interrompue par le sas d'ouverture de la pièce qui venait de se refermer avec un bruit de verrou abominablement révélateur.
Luke a tourné la tête vers le sas en question avec un air indéchiffrable sur le visage, avant de relever la tête, de fixer son blaster tel un Penseur de Rodin intergalactique en pleine contemplation de la personnification de sa virilité, puis de le ranger tout en se dirigeant vers moi.
- Luke, t'as pas compris que c'était un piège ?, ai-je gémi en recommençant à me tortiller comme une limace soumise au supplice de la loupe et du soleil.
- Je sais, a été la réponse tandis que Luke se penchait pour regarder mes menottes de plus près, Je n'ai rien pu faire pour aider Leïa, Teran et Chewie… et qu'est-il arrivé à Han ? Et tes… tes yeux… ? Tu…
- Trop compliqué à expliquer, et moi, ce que je voudrais surtout savoir, c'est ce que toi, tu fous ici !, ai-je répliqué en déglutissant difficilement, tout en ignorant sa question au sujet de mes yeux.
Je le sentais mal, je le sentais mal, je le sentais mal… !
- J'ai eu une vision, de vous… En train de souffrir à cause de Vador. Après, si tu veux que je sois plus précis, c'est ta douleur à toi qui m'a fait venir dans cette pièce.
Malgré la situation particulièrement dégueulasse qui était actuellement la nôtre, j'ai froncé les sourcils en le fixant, tandis qu'il triturait le bracelet droit de mes menottes pour essayer de me libérer sans le code clef.
- Ma douleur… ?
- A travers la Force.
J'ai cru que j'allais me mettre à hurler tant de rage que de frustration. On était dans le merdier le plus total, avec des potes qui étaient forcés de monter dans la voiture spatiale (mettons plutôt ça au niveau d'un bus…) de l'Empire des s****** pour un aller simple en enfer, moi qui étais accrochée à un poteau comme une pauvre blondinette offerte en sacrifice au premier Yéti des frigos galactiques venu, et Lancelot des étoiles me parlait du fait qu'il avait utilisé une espèce de champ mystique comme GPS basé sur l'une des innombrables douleurs dont mon corps me faisait grâce actuellement ?!
Stop. J'en ai marre.
…
Et en plus, c'était pas pour s'arranger.
J'ai ouvert la bouche parce que j'avais une folle envie d'engueuler Luke pour ses conneries (normalement, ça, c'était mon domaine !), mais j'ai pas eu le temps de parler, parce que les lumières oranges se sont rallumées d'un seul coup…
Et le sifflement caractéristique de la respiration de Vador s'est fait entendre.
…
Triple bordel de merde !
Luke a fait volte-face vers les escaliers, pour fixer du regard la haute silhouette noire qui se tenait tout en haut. Sérieusement, on voyait juste le clignotement du boitier que Vador avait sur le torse, et c'était déjà franchement flippant.
Alors rajoutez la respiration !
Mon estomac s'est mis à faire des yoyos et j'ai senti mon souffle s'emballer.
J'avais peur.
- La Force est avec toi, jeune Skywalker… Mais tu n'es pas encore un Jedi.
… Non, je retire ce que j'ai dit.
J'avais la trouille !
L'atmosphère de la salle, déjà pas très légère, s'est carrément engoncée dans une espèce de mélasse qui ressemblait plus à du ciment froid jeté à la mer tellement elle était lourde. Je comprenais peut-être rien à toutes ces histoires de Force et de champs mystiques, mais pas besoin de s'appeler Madame Irma pour sentir les vagues de détermination venant de Luke tandis qu'il faisait face à Vador.
Il allait se passer quoi, maintenant ? Parce qu'il était parfaitement hors de question que je…
Avant que je pige quoi que ce soit, Luke a grimpé les marches sous mes yeux exorbités et le regard invisible de Vador. Apparemment, ils m'avaient tous les deux oublié. Est-ce que je devais m'en sentir offusquée ou prier pour qu'ils me foutent tous les deux la paix pendant que j'arrivais par miracle à détacher ces foutues menottes et filer le plus loin possible ?
Je pensais pas que c'était vraiment le moment pour se poser une question pareille, mais en même temps, l'ambiance était devenue tellement lourde et électrique que j'en aurais sans doute retenu ma respiration si j'avais pas d'autres emmerdes en tête.
Comme le fait, par exemple, que Luke venait de sortir et d'activer son sabre laser.
Et que Vador venait de faire de même.
Oh non… Oh non, non, non, non, non !
Si j'avais déjà vu le sabre de Luke, j'aurais pas pu dire si j'étais étonnée ou non de la couleur sanglante de celui de Vador. Peut-être parce que je l'avais déjà vu dans mes rêves, mais que ça m'était sorti de l'esprit jusqu'à maintenant. Repenser à mes rêves étranges m'a d'ailleurs encore une fois fait serrer les dents, parce que là-dedans, c'était contre ma mère que Vador se battait.
Et je pouvais pas m'empêcher de me demander si c'était là qu'il l'avait…
Luke et Vador n'avaient pas bougé depuis qu'ils avaient activé leurs armes respectives, et j'espérais bien qu'ils trouveraient cool de rester comme ça encore un millénaire ou deux. Nan parce que moi, les bastons à coups de bâtons laser, c'était vraiment pas mon truc. Mais comme, encore une fois, mon karma paraissait avoir envie de me montrer toute l'étendue de ma malchance depuis ma naissance, où que cette dernière se soit déroulée, bah ils ont bougé.
En fait, c'est Luke qui a attaqué le premier.
Et je vais vous dire une chose : je trouvais déjà le vrombissement normal du sabre particulièrement énervant, mais quand deux lames de sabres lasers se percutaient, ça créait un son qui vous donnait envie de vous arracher toutes les dents pour éviter d'avoir à les abimer en les laissant grincer les unes sur les autres ! Alors ça en plus de la lumière que ça provoquait…
J'ai recommencé à tirer sur mes menottes, même si ces dernières semblaient avoir été claires sur le fait qu'elles céderaient pas. Pendant ce temps-là, Luke revenait à la charge, encore et encore, complètement fermé face à un Vador aussi silencieux qu'il pouvait l'être dans sa condition. Mais si Luke tenait son sabre à deux mains et se déplaçait avec précaution comme face à un animal dangereux, le Sith, lui, maniait sa lame à une main et se contentait de parer les coups que Luke lui envoyait.
Comme s'il jouait avec lui.
Il faisait bouger son sabre avec une telle dextérité que j'ai pas pu m'empêcher de déglutir difficilement, ce que je faisais beaucoup, ces derniers temps. A un certain moment, j'ai à peine réussi à retenir un son à mi-chemin entre le couinement de souris et le glapissement d'un chien quand Luke a dû se baisser d'un seul coup pour éviter un coup vicieux qui l'aurait surement décapité et qui est allé à la place couper un poteau en deux dans un tourbillon d'étincelles et de grésillements électriques.
Malgré moi, je pouvais pas m'empêcher de regarder la scène. J'étais complètement recroquevillée contre la colonne, les jambes repliées sur mon torse. Je crois bien que j'avais peur de recevoir un coup, ce qui était idiot vu qu'ils étaient quand même pas à côté de moi…
Eh ! Mon deuxième nom, c'est Emmerdes, je vous rappelle !
Finalement, Luke a réussi à se dégager d'un coup particulièrement puissant, le souffle court et en sueur malgré le froid glacial. Vador n'avait même pas l'air fatigué et continuait à le fixer derrière son masque, son sabre laser à l'horizontale comme si c'était juste un vulgaire bâton et pas une arme de destruction massive entre les mains adéquates.
Comme les siennes, par exemple.
- Tu as beaucoup appris, jeune homme… , a-t-il déclaré en le pointant du doigt.
Et Luke qui n'a, apparemment, pas pu s'empêcher de l'ouvrir !
- J'ai encore pas mal de surprises en réserve !
… M'enfin la suite lui a pas donné raison.
Vador a fait un geste vicieux sur son estocade suivante, et le sabre de Luke a fait un vol plané droit sur moi, passant bien trop près de ma tête à mon goût avant de s'échouer sur le sol grillagé, complètement éteint. Le coup suivant a forcé Luke a dégringoler les escaliers à la suite de son arme, sur laquelle il a posé la main juste au moment où Vador sautait à son tour avec sa cape qui lui donnait l'apparence d'une chauve-souris géante où d'un fantôme pour le moins agressif. Le jeune Jedi lui a échappé à quelques centièmes de secondes près en reculant juste avant que Vador atterrisse là où il s'était trouvé.
Et voilà. Quand je vous disais que j'étais maudite ! Maintenant, il me restait plus qu'à supplier une quelconque entité supérieure pour que je me retrouve pas avec un sabre laser entre les deux yeux où nulle part ailleurs, au moins le temps que je trouve un moyen (inexistant) de me détacher.
Au moins les deux faisaient toujours pas attention à moi. Est-ce que je devais considérer ça comme une consolation ?
Pas sûr.
Luke s'était relevé, son sabre ayant une nouvelle fois roulé je sais pas où. Il fixait Vador en attendant de voir son prochain mouvement…
Tandis que la machine à congélation infernale se mettait en marche derrière lui.
J'ai écarquillé les yeux en voyant ça, me rappelant que trop bien ce qui était arrivé à Solo… Mais avant que j'aie pu prévenir Luke, Vador a lâché :
- Ton destin est lié au mien, Skywalker. Obi-Wan le savait.
La réponse de Luke a été laconique et directe.
- Non.
Mais apparemment, Vador se fichait qu'il accepte cette affirmation complètement tirée par les cheveux ou non. Après avoir fait reculer Luke, il lui a suffi d'agiter son sabre laser pour que son adversaire saute en arrière…
Et tombe dans la fosse.
Avec un grand cri de surprise.
- LUKE !
Je crois que mon exclamation a atteint Vador, mais il m'a encore une fois complètement ignoré, faisant à la place un geste de la main vers le panneau de contrôle de la fosse, le sabre toujours allumé.
- Bien trop facile.
J'ai dégluti difficilement en voyant la fumée épaisse comme du goudron monter de là où Luke était tombé. J'avais l'impression que mon cœur était tombé dans mon estomac et que mes entrailles s'étaient changées en plomb.
Tout ça… Pour rien ?
…
Je crois bien que jamais j'ai autant détesté quelqu'un que Vador.
- Peut-être n'es-tu pas aussi puissant que l'Empereur le craignait…, a continué Casque Noir.
Bon, il a quand même dû arrêter de se délecter du fait que congeler ses adversaires, c'était trop cool, parce qu'un grand bruit de métal et une pluie d'étincelles lui a fait relever la tête… Et ce qu'on a vu m'a presque fait re-couiner comme une souris angoissée.
Loin d'être congelé et prêt à être emballé, Luke pendouillait allègrement au plafond en s'accrochant aux innombrables tuyaux et fils électriques qui faisaient tourner le congélateur infernal. Comment il avait fait pour se retrouver là, j'en avais vraiment pas la moindre idée ! Il pouvait pas avoir sauté, quand même ! …Si ?
Si on se sortait de cet incommensurable merdier, il allait falloir que je lui demande.
- Impressionnant, a été la seule réaction du Sith.
Enfin… Sa seule réaction accompagnée d'un coup de sabre laser qui est allé couper en deux un gros tuyau, répandant la fumée jaunâtre.
- Très impressionnant.
Ce qui était beaucoup moins impressionnant, c'est que le contenu du tuyau, c'est sur moi qu'il a fini.
Bon, pas complètement. Il était juste en train de se déverser à côté de moi, mais c'était tellement froid que j'avais l'impression que ma peau allait se mettre à peler (vraiment, sans rigoler !). Aussi, quand Luke a joué le singe pour descendre de son perchoir et empêcher Vador de l'approcher en attrapant le tuyau sectionné pour le pointer vers lui, je crois bien que mon soupir de soulagement s'est rangé parmi les trois meilleurs que j'avais poussé depuis que j'avais mis les pieds dans cette foutue cité volante. Vador, par contre, a pas du tout apprécié le geste, et son cri de surprise a été particulièrement agréable à entendre. En plus, ça a donné assez de temps à Luke pour qu'il puisse récupérer son sabre laser en tendant la main. Juste à temps, il l'a réactivé pour parer celui de Vador qui lui tombait déjà dessus une nouvelle fois. Les sabres se sont bloqués, Luke essayant de repousser celui de Vador. J'ai pas pu m'empêcher de remarquer qu'il avait l'air d'avoir fait un cinq cent mètres haie sur les mains, ce qui bien sûr était complètement faux, mais qui aurait pu expliquer la fatigue qui se lisait sur son visage.
- Obi-Wan t'a bien formé. Tu sais contrôler ta peur. Maintenant, libère ta colère. Seule ta haine peut me détruire, a tenté Vador en appuyant de son côté de toutes ses forces.
Ses derniers mots concernant la colère étaient les mêmes que ceux qu'il avait utilisé sur moi, plus tôt. Je sais pas s'ils ont eu leur effet sur Luke, mais les entendre une nouvelle fois, surtout en me faisant repenser au contexte dans lequel je les avais entendus, a fait remonter un goût âcre et brulant le long de ma gorge. Et mon mal de tête m'a donné un bon coup de coude, histoire de voir si je le sentais toujours. La sensation de brulure derrière mes globes oculaires s'est faite encore plus violente.
Mais visiblement, Luke a eu le bon sens de pas trop l'écouter. Je dis bien pas trop, parce que ses coups suivants ont été un peu plus violents que les précédents. Il n'empêche qu'il a réussi à faire reculer Vador de quelques pas…
Assez pour lui donner un coup de pied.
Qui a envoyé Vador hors de la plateforme et dans les profondeurs de la station.
Le deuxième grognement du combat que le Sith a lâché en tombant a été une douce musique à mes oreilles.
OOO
D'un seul coup, le silence est retombé dans la chambre glacée, seulement troublé par le sifflement insupportable des tuyaux percés et des étincelles qui grésillaient toujours je sais pas où. Luke, le sabre toujours allumé, se tenait au bord de la plateforme, essayant sans doute d'apercevoir Vador. Ce que j'avais pu voir en arrivant ici à l'origine, la chute avait dû être assez rude. Mais on parlait de Vador, quand même, le Méchant en chef de l'Empire qui répondait qu'à l'Empereur en personne et qui avait de quoi foutre des cauchemars à tout le monde rien qu'en vous respirant dans le col du tee-shirt.
De celui qui avait tué ma mère.
…
Je voulais juste foutre le camp d'ici au plus vite. M'éloigner le plus possible du Sith, et si c'était possible, ne plus jamais le voir.
A moins d'avoir une bombe atomique à portée de main.
Aussi, quand j'ai vu Luke se pencher encore davantage, et prêt à sauter à son tour, je me suis dit qu'il serait quand même bien de lui rappeler qu'il était pas tout seul dans ce merdier.
- Eh !
Mon cri a paru le sortir de ses pensées, et il s'est tourné vers moi en fronçant brièvement les sourcils. J'ai dû secouer vaille que vaille mes pauvres bras (et putain, ça faisait mal !) pour qu'il daigne enfin se souvenir que j'étais pas super confortablement installée.
- Un petit coup de main, peut-être ? , ai-je osé demander.
Sans un mot, il s'est avancé en quelques foulées vers moi, et d'un coup de sabre laser, a enfin fait sauter ces foutues menottes qui me pourrissaient la vie. J'ai dû me mordre la langue quand mes bras sont revenus à leur position normale, tellement ça faisait mal. Punaise, bonjour les courbatures, demain !
Si on survivait jusque-là…
Puis Lancelot est reparti là où il était quelques secondes plus tôt, à scruter jusqu'à en avoir besoin de lunettes le vide devant lui. J'ai, quant à moi, eu du mal à me remettre sur mes jambes sans me recasser la figure, ce qui m'a forcée à me tenir au poteau contre lequel j'avais passé les dernières heures. Y'a pas à dire, ça serait pas copain, lui !
- Luke… Qu'est-ce que tu fais ?! , ai-je finalement demandé en le voyant s'apprêter à sauter une nouvelle fois.
- Vador est toujours vivant. Je dois en finir.
- Non ! Arrête ! On doit trouver les autres, ai-je essayé de lui faire comprendre en m'avançant comme si je sortais d'une collision entre speeders, Il faut qu'on se tire d'ici tant qu'on peut encore le faire !
Luke s'est brièvement tourné vers moi quand j'ai agrippé son bras. Mais j'étais trop faible, et j'avais tellement mal partout qu'il a pas le moindre mal à se défaire de ma poigne.
- Je dois le faire. Il a tué Obi-Wan et mon père. Il vous a fait du mal à tous. Quelqu'un doit l'arrêter !
- Oui, mais on peut faire ça plus tard ! On va se faire descendre si on reste ici plus longtemps ! S'il te plait, Luke !
Mais il a secoué la tête.
- Pars devant. Retrouve les autres. Je te promets que je vous retrouverai.
- LUKE, ATTENDS !
Mais trop tard. Il avait sauté à son tour et je l'ai perdu de vue. Ah, bah j'avais l'air fine, à quatre pattes devant le vide en espérant… quoi ? Que Luke allait revenir en mode « Bouddha de la lévitation » tout en ayant changé d'avis ? Ce type avait vraiment, mais alors vraiment, envie de mourir ! C'était pas possible, autrement.
En tout cas, c'était pas mon cas. Sauf que maintenant, je me retrouvais prise entre les deux feux de ma conscience, d'un côté me disant que c'était son problème s'il voulait faire joujou avec les impériaux, que personnellement, j'avais assez vu, surtout leur chef, et de l'autre me disant que je pouvais peut-être faire quelque chose pour l'empêcher de se faire trucider à coups de sabre laser. J'avais le sang qui battait à mes tempes et je me mordais si fort la lèvre que j'ai senti un goût métallique envahir ma bouche.
Encore une fois, j'étais pas une battante. J'étais une égoïste qui se foutait royalement du reste du monde parce que le reste du monde en avait toujours fait de même.
Enfin… Jusqu'à maintenant.
J'ai ouvert ma main dans laquelle se trouvait toujours l'hologramme, que j'ai fixé pendant une bonne minute. J'avais pas remarqué jusqu'à présent que je tremblais comme une feuille, et je savais, malgré tout, que c'était pas dû aux coups que j'avais reçu. J'ai repensé à tout ce qui s'était passé pour qu'on en arrive là. Au temps que j'ai passé dans cette foutue cellule, à l'hologramme, à mes larmes, à ce menteur d'Obi-Wan…
A Vador.
Aux autres, qui étaient je sais pas où. Han que Fett avait récupéré, Leïa, Chewie et C3PO…
Teran.
…
J'en avais marre.
J'allais filer d'ici, voir si les autres étaient encore dans les parages. Sinon, qu'est-ce que je pouvais bien faire toute seule face aux impériaux ? Mon plan bidon était déjà carrément nul en soi, et tout ce que je pouvais faire si je voyais pas d'ouverture, c'était filer d'ici le plus rapidement possible. Même si bizarrement, l'idée de les laisser tous avec Vador et ses pingouins le laissait un goût bien plus qu'amer dans la bouche…
Je me suis donc redressée tant bien que mal pour faire demi-tour…
Tout ça pour me retrouver face aux pingouins en question.
Et au canon d'un fusil blaster.
Promis, la suite arrive aussi vite que possible, puisque ce sera le dernier chapitre avant l'épilogue :)
Tendresse et chocolats !
Lereniel.
