Vous l'attendiez...
Je l'ai ENFIN terminé.
Voici le dernier chapitre de "Black Shadows", suivi de près par l'épilogue. Je vais vous laisser lire, encore pardon pour l'attente, mais j'approche des partiels et c'est un peu le bazar !
Bonne lecture !
Ne jamais céder
S'il m'ont pas trainé hors de la salle par les pieds, c'était pas loin. Mais de toutes façons, je pouvais pas faire grand-chose d'autre que les laisser faire, parce que j'en pouvais littéralement plus.
C'est par les bras qu'ils m'ont sorti, mais j'ai dû me retenir de les injurier tellement ils me faisaient mal rien qu'en tirant comme ça. J'avais pas les épaules déboitées, mais c'était quand même l'impression que ça me donnait. Donc bref, tout ça pour dire que j'avais vraiment l'impression d'être plus que foutrement maudite.
Ils étaient quand même nombreux, ces Stormtroopers, à croire le comité d'accueil (plus l'officier en uniforme gris et au visage tout aussi gris qui m'a regardé comme si j'étais une chiure de mouche sur le pare-brise de sa Porsche intersidérale) qui attendait hors de la salle quand ils m'ont forcé à sortir du frigo intergalactique. Et vu leur nombre, je crois bien que je pouvais dire adieu à toute tentative d'évasion. En même temps, j'étais trop crevée pour même penser à courir. Nan, en fait j'étais pas crevée.
J'étais désespérée.
Parce que je sentais bien qu'il y aurait plus de sortie possible. Pour aucun d'entre nous.
Han transformé en Mister Freeze. Teran, Leïa, Chewie et 3PO embarqués je sais pas où. Moi qui allait surement passer un super quart d'heure au vu du nombre de pingouins…
Et Luke face à Vador.
… Ouais. On était cuit.
Encore une fois, je sais bien que c'était un film (ou en était-ce vraiment un ?) mais certains films voient les méchants gagner, alors…
J'ai sincèrement pas cherché à demander aux Stormtroopers s'ils pensaient que « La Guerre des Etoiles » avait une possibilité de bien se terminer pour ceux qui étaient normalement désignés comme les gentils de l'histoire, parce que je me doutais bien de la réponse que je recevrais en retour. Eux se sont contentés de me faire asseoir par terre contre le mur avec les mains derrière la tête, ce qui était franchement désagréable tellement j'avais mal pas seulement aux bras, mais partout. Seulement, j'avais faim, j'avais soif, j'étais épuisée, et au point où j'en étais… J'ai rien dit quand ils m'ont brutalement pincé les épaules pour me forcer à obtempérer.
J'ai dû rester comme ça trois bons quarts d'heures, et sans déconner, je suis bien incapable de vous dire comment j'ai réussi à tenir dans cette position aussi longtemps. J'en viendrais presque à regretter les menottes ! Au moins je faisais pas travailler mes bras qui avaient déjà bien souffert de toutes ces conneries avec elles… J'avais réussi à glisser l'hologramme de Kachirii dans ma poche avant que les Stormtroopers me sortent de la salle, et je pouvais sentir le disque plat me bruler la peau à travers le tissu de la tenue que Lando m'avait fait prêter quand on était arrivé à Bespin, il y a une éternité, maintenant, je crois. Heureusement que j'avais mes mains plaquées derrière la tête, sinon j'aurais vraiment eu l'impression qu'elles étaient vides sans l'hologramme à tenir. Mais en même temps, il était hors de question que ces sales types mettent la main dessus une fois de plus. Encore heureux qu'ils m'aient pas fouillé. Ils avaient dû se dire que ça servait à rien, puisque je portais plus d'armes. C'était Luke qui avait bousillé mes menottes avec son sabre laser, après tout…
Je crois quand même que j'avais atteint ma limite pour supporter cette situation au bout d'un moment. Je pouvais plus tenir, il allait falloir que j'arrête, quitte à me prendre une baffe en retour de la part de l'un des deux pingouins qui se tenaient de part et de d'autre de moi.
Sauf qu'au moment où j'allais lâcher, la porte de salle de cryogénisatruc ou je-sais-plus-trop-comment-ça-s 'appelle s'est ouverte de nouveau…
Et Vador est sorti.
J'ai crois que mon cœur s'est arrêté l'espace d'une seconde.
Le Sith n'avait pas grand-chose. Quelques petites brulures çà et là sur sa cape, et une déchirure sur son épaule droite, mais sinon, rien. Il avait l'air de sortir d'une salle de conférence, pas d'un combat au sabre laser avec l'un des dernier Jedis de la Galaxie.
J'ai pas pu m'empêcher de me demander ce qui était arrivé à Luke.
Il m'a brièvement regardé, a fait un geste sec de la main, et s'est tourné vers l'officier en gris pendant qu'un des pingouins m'a attrapé les bras pour les faire passer devant moi et me passer une nouvelle paire de menottes. Je me suis mordue la lèvre en entendant le clic explicite. Mais je n'ai pas quitté Vador des yeux.
Pas un seul instant.
Ma migraine était revenue d'un seul coup, mais cette fois-ci, je ne l'ai pas repoussée.
Pas tout de suite.
- Que trois garnisons restent stationnées dans la cité. Faites le nécessaire pour disperser les émeutiers et faire cesser la panique que Calrissian et son message ont provoqué…
- Vous l'avez tué ?
J'ai pas pu m'en empêcher. Je voulais l'entendre me dire explicitement qu'il avait tué Luke. Qu'il méritait une fois de plus sa réputation de meurtrier.
Le silence brutal qui a suivi ma question accusatrice aurait été à découper au couteau. Vador ne s'est pas retourné, et on aurait presque pu croire que comme tous les autres autour de nous, il avait arrêté de respirer. Mais le son de son respirateur était toujours là. Pourtant, j'aurais pu jurer qu'il s'était déréglé, l'espace d'un dixième de seconde.
Mais c'était peut-être mon imagination.
- Répondez moi !, n'ai-je pourtant pas pu m'empêcher de continuer, malgré la poigne soudaine des deux Stormtroopers sur mes avant-bras, comme s'ils voulaient m'empêcher de sauter sur le Sith, dans l'état où j'étais, Est-ce que vous avez tué Lu…
J'ai pas pu finir ma phrase.
Vous admettrez en même temps que c'est relativement difficile de parler quand une main immense se retrouve brusquement à serrer votre gorge au point que vous manquiez d'air. Je me suis retrouvé, en l'espace d'une seconde, presque à toucher le casque de Vador avec mon nez pendant qu'il m'étranglait. Pourtant, il ne serrait pas complètement, et je crois bien que c'était ça le plus effrayant.
Plus que tout le reste.
- Skywalker ne te concerne plus. Lui continuera à vivre. Toi, tu ne vivras que jusqu'au moment où j'estimerai avoir eu ma vengeance sur ta mère.
J'avais le sang qui battait à mes oreilles en essayant de respirer un peu plus convenablement. Mais j'ai malgré tout pu comprendre ce qu'il venait de me dire et j'ai senti mes yeux s'écarquiller malgré moi.
Il… Il venait de dire que…
- … Vivant… ?
C'est le seul mot que j'ai pu sortir tellement je suffoquais.
Vador n'a rien répondu. A la place, il m'a repoussé si brutalement que je suis allée heurter le mur juste derrière moi, ce qui m'a coupé le peu de souffle qu'il me restait. J'ai fini ma course en glissant jusqu'à atterrir sur les fesses, les yeux fermés et la respiration sifflante. Mais j'avais une seule chose en tête à cet instant.
Luke était vivant.
Quand j'ai rouvert les yeux, j'ai vu que Vador n'avait pas bougé. Qu'il me fixait toujours de son regard mort, derrière ses lentilles noires. Qu'est-ce qu'il voulait à me regarder comme ça ? Il cherchait la meilleure façon d'en finir avec moi maintenant, ou quoi ?
Ah non, c'est vrai. Il voulait que « je souffre » avant…
- Seigneur Vador… La princesse, le Wookie et le garçon... Ils se sont enfuis à bord du Faucon Millenium.
Vador a brusquement tourné la tête vers le type qui avait eu le malheur de lui annoncer cette nouvelle, à savoir Monsieur-tout-gris-pas-beau qui m'avait jusque-là regardé de très haut. J'ai même pas remarqué avoir sursauté en entendant cette nouvelle, mon cœur ayant apparemment décidé d'apprendre la zumba, ces derniers jours. Luke était vivant (mais où, ça restait un mystère) et les autres avaient pu s'en sortir je sais pas trop comment. Restait plus que Solo…
Et moi.
Et merde.
Comme Vador restait silencieux, l'officier a continué son rapport, avec la tête de quelqu'un qui préférait surement aller déjeuner avec trois tigres du Bengale affamés depuis quinze jours et un Rancor sortant d'une diète plutôt que de rester ici.
- Une embuscade a été tendue à nos hommes alors qu'ils étaient en route pour la navette. Calrissian nous a trahis pour apparemment s'enfuir avec les Rebelles et…
Mais Vador n'avait pas l'air d'écouter. Moi si, perso. J'étais littéralement pendue à ses lèvres. Et si l'officier s'est arrêté, c'est parce que Vador s'est détourné d'un coup pour descendre le couloir à grandes enjambées.
- Qu'une escouade de TIE prennent en chasse le Faucon Millenium. Le vaisseau doit être intact, pas de destruction. Prévenez l'Executor, il soit prêt à mon arrivée.
Tout de suite, ça a été le branlebas de combat. Tous les Stormtroopers se sont dispersés comme une volée de fourmis et l'officier s'est presque mis à courir dans l'autre sens, sans doute soulagé d'être encore vivant. Autant que pour être trop zélé dans ses méthodes d'interrogations, Vador était connu pour ne pas supporter l'échec, au point que beaucoup de ses officiers avaient connu un arrêt maladie plutôt définitif, pour ainsi dire. Et la fuite de Leïa, Teran et Chewie était quand même un sacré échec en soi pour eux.
Mais pour l'instant, j'avais d'autres chats à fouetter. La preuve : les deux pingouins qui jusque-là m'avaient encadré m'ont forcé à me lever et à me faire avancer derrière Vador. Je crois bien que j'étais encore sous le choc, quand même. La situation n'était peut-être pas aussi désespérée… Enfin pour les autres, hein ? Moi j'étais quand même dans le m**** jusqu'à la glotte !
Vador marchait tellement vite que j'aurais pas été étonnée si les Stormtroopers m'avaient fait courir derrière pour ne pas se faire distancer. Ils étaient quatre au total, à m'encadrer comme si j'étais une dangereuse psychopathe, ce que j'étais peut-être à leurs yeux, les deux olibrius de derrière me poussant sans s'arrêter dans le dos pour que je continue d'avancer assez vite à leur gout. En plus d'eux, une petite escouade suivait notre joyeux petit groupe en rang de deux, marchant en cadence.
Les quelques gestes de rébellion que j'ai essayé de faire ont été stoppés tout de suite, puisque deux mains brutales sont venues attraper mes avant-bras pour que j'arrête de gigoter comme un poisson qui vient de recracher un hameçon. Devant, Vador ne vérifiait même pas si on suivait bien, et marchait à une telle vitesse qu'on a dû traverser la cité plus vite que si on avait été dans une bagnole de formule 1. Avant d'avoir le temps de dire « La lapine de Palpatine », on était sorti sur une plateforme d'atterrissage qui ressemblait à celle où le Faucon avait atterri. Sauf que cette fois-ci, c'était une navette Lambda impériale qui s'y trouvait. Je me suis brièvement souvenue de mon dernier voyage dans ce genre de navette avec des menottes aux poignets, et c'était avec Teran, quand on avait quitté Tatooine, i ans.
Et maintenant j'y montais seule.
Rebelote, on m'a poussé le long de la rampe d'embarquement, avant de me faire asseoir sur l'un des sièges, mes pingouins personnels s'installant une nouvelle fois à côté de moi. Vador avait disparu bien avant que je sois montée, et c'était pas dommage, si vous voulez mon avis. Dès l'instant où la rampe s'est – à mon grand désespoir, je l'avoue – refermée, le vaisseau s'est mis à vibrer et a décollé, prenant de l'altitude ainsi que de la vitesse.
Le voyage a été remarquablement court, sans doute parce que l'Executor, le joujou personnel de Vador, était à proximité de la planète. J'aurais pas pu dire si j'en étais soulagée ou pas. Quoi qu'il en soit, j'ai très rapidement été remise debout par mes copains les impériaux, qui m'ont de nouveau poussé vers la rampe encore fermée. On pouvait sentir le vaisseau qui ralentissait déjà, et dès l'instant où la secousse indiquant qu'il s'était posé s'est fait sentir, Vador a refait son apparition de je sais pas où. Toujours sans un mot, il a attendu que la rampe s'abaisse pour s'y engager avant même qu'elle soit complètement baissée. Comme s'il existait un signal télépathique dans les airs que seuls les membres de l'Empire Galactique pouvaient entendre, les soldats m'ont également fait descendre à grand renfort de coups de crosse dans le dos et de poussée brutales, au point que j'ai pas pu m'en empêcher :
- Bon, c'est bon ! J'ai compris ! Je suis pas crétine, non plus !
Mais bon, j'avais encore la voix enrouée à cause du fait que Vador s'était amusé à jouer avec ma trachée, ce qui retirait une sacrée portion de sérieux à ma tirade. La réponse que j'ai reçu m'a d'ailleurs montré à quel point ils estimaient que j'avais compris que oui, ils voulaient que j'avance.
- Ferme la !
… Le tout accompagné d'une nouvelle poussée dans le dos, cette fois-ci avec le canon d'un blaster.
Le hangar où la navette avait atterri n'était pas le plus grand de l'univers, mais il avait une taille respectable. Il était assez grand, au moins, pour qu'une bonne cinquantaine de Stormtroopers puisse se tenir en rang quand Vador est sorti du vaisseau pour continuer sur sa lancée de Bespin en marchant si vite qu'on aurait cru voir de la fumée derrière lui.
Sincèrement, le tout changeait pas tellement de l'Etoile Noire qu'on avait eu l'occasion de visiter sans vraiment le vouloir, Teran et moi. Mêmes murs moches, mêmes lumières, mêmes ascenseurs, mêmes… mêmes tout, quoi ! J'ai eu droit également aux mêmes regards que trois ans plus tôt, et franchement, je m'en serais surement passée. Mais j'allais pas le dire à voix haute, histoire d'éviter de donner une preuve que j'étais franchement pas à l'aise.
Leïa, Teran et compagnie avaient réussi à prendre le Faucon et à fuir, mais connaissant les méthodes des impériaux, je me doutais bien qu'ils étaient pas encore sortis de leurs emmerdes. Tout comme moi. Une nouvelle forme de chaleur m'a envahie, mais j'ai su cette fois-ci que c'était nouveau. Rien à voir avec ce que j'avais supporté avant. J'ai froncé les sourcils en me mordant l'intérieur de la joue. S'ils jouaient leur rôle en se tirant de cette merde, tout n'était pas foutu.
J'ai quand même été étonnée quand, au lieu de me faire une visite guidée du bloc de détention de l'Executor (il devait pas être plus grand que les autres que j'avais pu voir. L'Empire gardait rarement des prisonniers), les pingouins m'ont forcé à suivre Vador jusqu'au…
Jusqu'au pont.
J'ai dû halluciner.
Pourquoi me faire venir ici, alors que techniquement, je devais bien être la dernière guignole à avoir quelque chose à faire à cet endroit précis ? A moins que Vador ait envie que je…
Profite du spectacle.
Avant que je puisse penser la plus dégueulasse des injures à apposer à l'image du Sith, mes copains les Stormtroopers m'ont forcé à rester où j'étais en me tenant par les bras une nouvelle fois. Vador, lui, s'est arrêté devant la plus grande des baies vitrées du pont, la tête levée vers les étoiles. Au loin, on pouvait voir des lumières filer à toute allure en clignotant furieusement, et j'ai cru reconnaitre la forme du Faucon poursuivi par les balles de ping-pong qu'étaient les chasseurs TIE. Mais ils étaient trop loin pour que j'en sois vraiment sure.
Un type qui avait une tronche d'amiral (nan, en fait, à force de bosser à kidnapper des impériaux, on finit quand même par apprendre à quoi correspondent les petits carrés de toutes les couleurs qu'ils portent sur leurs uniformes tous moches), s'est avancé en m'ignorant et s'est planté devant Vador.
- Le Faucon Millenium est en approche, mon seigneur.
- Avez-vous fait désactivé leur moteur d'hyperpropulsion ? , a demandé Vador en tournant la tête vers lui.
- Oui, mon seigneur.
- Bien. Activez le rayon tracteur et réglez les fusils d'assaut des troupes sur les rayons paralysants.
Je me suis amusée (sans vraiment le vouloir) à imiter une statue foudroyée par la foudre (oui, ça existe), quand l'amiral a hoché la tête et s'est tourné vers des techniciens qui se sont aussitôt mis au boulot sur leurs ordinateurs. Un rayon tracteur leur laisserait aucune chance ! Encore moins si ces sales dzedfvz24'é 'é d'impériaux leur avaient débranché le moteur d'hyperpropulsion !
Cette situation devenait vraiment plus que dégueulasse pour nous. Et elle avait déjà atteint un sérieux niveau…
Malgré tout, j'ai pas pu m'empêcher de me poser la question :
Si Vador considérait Leïa, Teran et Chewie (et moi, accessoirement) seulement comme des appâts, quelqu'un m'explique pourquoi il paraissait d'un coup si déterminé à vouloir chopper le bébé de Solo ? Et sans qu'il soit détruit en plus ! Je l'avais vu prendre autant de précautions seulement avec…
…
Luke !
Luke était avec eux ! C'était la seule explication ! Il avait dû échapper à Vador (et je voulais pas m'imaginer en combien de possibles morceaux)… et les autres l'avaient récupéré avant de partir. D'où les précautions de Vador. Il avait dû le… « sentir » ? J'y connaissais foutrement rien à leurs conneries vaudou, mais sans vraiment comprendre pourquoi, j'étais vraiment sure de moi en me disant que Luke était avec les autres. Ça foutait franchement la trouille, quand même, de voir à quel point ce foutu tueur était obnubilé par Skywalker. Et par moi, visiblement. Sauf que Luke avait quand même un avantage : il était pas à bord de l'Executor avec des menottes aux poignets et des pingouins pot de colle qui avaient l'air décidé à s'engluer littéralement sur lui.
Enfin… Si le Faucon se cassait pas tout de suite, ça risquait de finir par arriver.
Mon estomac faisait franchement des yoyos, mais les mains des Stormtroopers qui me pinçaient les épaules me faisaient franchement trop mal pour que j'essaie de faire une connerie dont j'avais le secret. Ils avaient le chic pour appuyer précisément là où ça faisait mal. Et bon, j'étais peut-être pas un brin de paille, mais ma force avait rien à voir avec la leur.
J'allais apparemment vraiment être obligée de regarder le spectacle.
Et c'était pas un spectacle que je voulais voir.
Vador restait devant sa baie vitrée en silence, à fixer les toupilles et les zigzags que faisait le Faucon pour éviter les TIE et l'Executor. C'était un peu comme si j'existais pas pour lui, et encore une fois, pour l'instant, c'était tant mieux. Mais en même temps, il avait l'air…ailleurs. Comme s'il se concentrait sur quelque chose.
Ou sur quelqu'un.
J'ai senti un frisson descendre le long de ma colonne vertébrale.
D'un seul coup, l'amiral est réapparu juste derrière Vador, avant de se tourner et de faire un signe de tête à celui qui avait la tronche du technicien en chef.
- Tous les paramètres sont prêts… Déployez le rayon tracteur.
Non… Non, non, non, non, non !
Mais avant même que le technicien en question ait pu entrer le code, il s'est passé quelque chose qui a statufié tout le monde. Et je me suis brièvement mise dans le lot.
Le Faucon venait de disparaître.
Partis.
En Hyperespace.
…
J'y croyais pas.
Ils l'avaient fait.
Ils étaient sauvés.
J'ai soudain senti une certaine nervosité circuler parmi les officiers, tandis que les regards se tournaient vers Vador, occupé à nous tourner le dos en fixant toujours les étoiles qui nous narguaient derrière la vitre.
Ouuuh ! Y'en avait un qui allait pas être content !
Pourtant, Vador s'est contenté de jeter un dernier regard à l'endroit où le Faucon s'était volatilisé avant de se détourner, sous le regard de l'amiral qui la ramenait absolument pas, et s'est brièvement arrêté devant un lieutenant juste à côté des deux bonhommes de neige/pingouins qui me tenaient.
- Emmenez cette prisonnière au bloc de haute sécurité et postez deux gardes devant sa cellule. Arrivés dans le système de Felucia, vous serez responsable de son transfert vers le Devastator, qui fera alors route vers le Château Bast. Vous ne ferez votre rapport qu'à moi.
J'ai pas pu m'en empêcher.
J'ai dégluti.
Et difficilement en plus. Je connaissais suffisamment les rumeurs qui couraient sur l'imprenable Château Bast.
Imprenable... Et dont il était impossible de s'échapper.
Si Vador changeait pas d'avis (et j'étais parfaitement sure qu'il ne le ferait pas), bin j'étais pas dans la merde, moi ! En tout cas, une chose était sure.
- Je vous hais.
Vador a tourné la tête vers moi, comme s'il s'attendait à ce que je lui saute dessus si les Stormtroopers étaient pas là pour m'empêcher de bouger. Je sais pas quelle tête je devais avoir, avec mes blessures et ma tenue, mais je m'en foutais. Tout pour faire comprendre à ce tueur ce que je pensais de lui. Je pouvais pas voir sa tête, mais j'ai brièvement voulu qu'il ressente une infime portion du feu haineux que je pouvais sentir m'étouffer.
- C'est bien… Cette haine te servira.
Puis il a fait demi-tour et a quitté le pont.
Je le suis fait entraîner à travers les couloirs métalliques du vaisseau, avec quatre soldats qui faisaient attention à mes moindres faits et gestes. J'ai bien failli envoyer plus d'une vacherie dans leur figure à force de me sentir poussée dans le dos une nouvelle fois.
Nan, rectification : je leur AI envoyé une vacherie dans la figure.
Mais je me suis reçue la crosse d'un blaster dans la partie encore intacte de ma mâchoire en réponse.
Et franchement, ça fait vraiment mal ! Il avait pas tapé aussi fort que Fett, mais j'étais déjà trop amochée pour répondre au coup. J'avais toujours un goût de sang dans la bouche quand ils m'ont poussé dans mon nouveau "chez moi", sans même me retirer mes menottes. M'enfin j'imagine que c'est normal, quand on est pensionnaire du niveau carcéral de haute sécurité...
J'ai entendu un subtil changement dans le bruit infernal des moteurs, indiquant que l'Executor faisait demi-tour, prêt à passer en vitesse lumière.
Et c'est là que la réalité m'a durement frappée, à l'aide, si possible, d'une massue, d'un marteau et d'une enclume.
J'étais seule.
Complètement seule.
Teran avait réussi à s'enfuir à bord du Faucon, avec Chewie et Leïa. Et je savais maintenant parfaitement qu'ils avaient réussi à sauver la peau de Luke, à voir la réaction de Vador quand le coucou du contrebandier givré avait disparu...
En me laissant derrière.
Bien sûr qu'ils avaient pas eu le choix ! Mais il n'empêche que j'avais un goût plutôt amer dans la bouche et un estomac aussi tordu qu'un torchon qu'on essore en me rendant compte que j'aurais personne pour assurer mes arrières pour quand je sortirais d'ici...
SI je sortais d'ici.
A moins que ce soit le fait de me sentir complètement abandonnée à mon sort qui passait mal...
Je me suis renfoncée dans mon banc en métal tandis que le vaisseau impérial partait dans l'hyperespace en essayant de m'incruster en temps qu'ornementation murale dans la paroi. Je me retrouvais seule ? Soit. Je me démerderais, puisque je n'avais plus rien à perdre.
Vador avait tué ma mère, me privant de quelque chose que je ne connaitrais jamais, et il était bien trop tard pour y faire quoi que ce soit.
Vador voulait me briser.
Mais je pouvais vous promettre une chose.
La seule chose dont je pouvais être sure à cet instant précis.
Je ne céderai jamais.
Eeeet... C'est presque fini ! Il manque plus que l'épilogue qui arrive tout de suite :))
