Résumé : A cœur ouvert, il est souvent plus facile de coucher ses sentiments sur papier que de les avouer à haute voix. Elle en fera les frais… Trop tard…

Disclaimer : Ichigo, Rukia et la bande de dégénérés qui leur sert d'amis ne m'appartiennent pas, ils sont à Tite Kubo, mais je les aurais un jour, je les aurais!

Rating : K, rien de choquant, promis !

Pardonne-moi

Cher Ichigo,

Je ne sais pas vraiment comment te dire tout ce que j'ai sur le cœur. Pour être franche, je crois que les mots me manquent. Ce n'est pas que je ne les trouve pas, mais simplement qu'il n'y a aucun terme assez fort pour qualifier ce que je ressens. Il s'est passé tellement de choses depuis la dernière fois que je t'ai vu. Des choses horribles pour la plupart. La guerre a éclaté, mais ça tu le sais déjà. Tu étais aux premières loges quand tout a commencé, je le sais, j'y étais moi aussi. J'ai perdu tant de personnes à qui je tenais depuis la dernière fois où je t'ai parlé, où je t'ai blessé.

Si tu savais comme je m'en veux de t'avoir dit ça. Je ne sais pas ce qui m'a pris cette nuit-là. Mes mots ont dépassé ma raison, jamais je n'ai pensé une telle chose de toi. Et pourtant, je l'ai dit, je te l'ai balancé en pleine figure, comme ça, sans aucune douceur, avec toute la rage que j'étais capable d'exprimer. Tu en as souffert, je le sais, je l'ai lu dans tes yeux au moment où mes mots ont franchi mes lèvres. Mais tu n'as rien dit. Tu aurais pu répondre, me faire encore plus de mal que je ne t'en avais fait, et pourtant, tu n'as rien tenté. Tu as détaché tes yeux des miens, tu as tourné les talons et tu es sorti de la pièce, de ma vie. Je n'ai pas cherché à te faire du mal en te disant cela, je voulais simplement te faire réagir et te faire comprendre, j'en avais besoin. Tellement besoin. Mais je n'ai fait que te blesser. Parce que je t'ai dis exactement l'inverse de ce que je ressentais, de ce que je ressens toujours pour toi.

J'ai tellement de chose à te dire et je me contente de ressasser le passé, c'est idiot, tu ne trouves pas ? Mais si je remets sur le tapis cette scène qui nous a fait souffrir tous les deux, c'est parce que je veux que tu saches à quel point mes propres paroles m'ont brisé le cœur. Ce soir-là, tout le monde était sur le qui-vive. Tu t'en souviens ? Des Hollows s'étaient infiltrés dans le Seireitei mais ils n'avaient pas besoin de nous pour les combattre. Ils n'avaient envoyé que les 2e, 3e, 5e et 11e divisions s'en occuper. Je me souviens des moindres détails, jamais je ne pourrais oublier cette nuit. C'est toi qui es venu chez moi. Quand tu es entré dans ma chambre, tu avais l'air si préoccupé que j'ai cru qu'il était arrivé quelque chose de grave. En un sens, c'était vrai. Mais je pensais que quelqu'un s'était fait attaquer pas… pas ce que tu avais en tête.

Tu t'es approché de moi d'un pas si décidé, à tel point que j'en ai reculé, jusqu'à trébucher sur mon propre lit. N'ayant plus d'autre choix, je me suis assise dessus, et tu n'as pas tardé à m'y rejoindre. C'était étrange, j'avais l'impression que tu me regardais sans vraiment poser ton regard sur moi, comme si tu cherchais à m'éviter. Ta voix était grave, bien plus que d'habitude quand tu as commencé à me parler. Et tu m'as tout expliquer. Ton plan, la discussion que tu avais eue avec Yamamoto à ce sujet, l'accort qu'il t'avait donné, contre l'avis de la plupart des capitaines, tout. A ce moment-là, j'ai eu peur, vraiment peur. J'étais paralysée. Puis enfin tu as planté tes yeux dans les miens et j'y ai lu une détermination que rien ne ferait fléchir. J'étais perdue. Je ne comprenais plus rien. Pourquoi voulais-tu faire ça ? Rien ne t'y obligeait, absolument rien, surtout pas toi que la Soul Society avait rejeté. Même si je savais que ça ne t'arrêterait pas, je me suis mise à crier. Je ne voulais pas que tu fasses ça, tu n'en avais pas le droit.

Je m'étais levée sans m'en rendre compte lorsque j'avais commencé à hurler. Avec un sourire triste à me fendre le cœur, tu t'es mis debout à ton tour et tu t'es avancé vers moi. Tu as posé ta main sur ma joue et tu m'as demandé de respecter ton choix, un choix que tu ne regrettais pas puisqu'il te permettait de protéger tous ceux à qui tu tenais, de me protéger moi. Ce sont tes propres mots. Avant que j'ai eu le temps de réagir, tu m'as prise dans tes bras et tu m'as serrée, fort, trop fort peut-être, mais je ne pouvais pas, je ne voulais pas me dégager de ton étreinte. Surtout pas après ce que tu venais de me dire. Comme j'aurais voulu te retenir, là, entre mes bras.

Mais ta résolution a repris le dessus, tout doucement, tu t'es éloigné de moi. Tu n'as pas vu les larmes qui sillonnaient mes joues, j'avais retrouvé mes moyens et je te les avais cachées. Pourtant, c'était peut-être la seule chose qui aurait pu te retenir, mes larmes, ma douleur. C'est là que tu me l'as dit. Ces mots que tu m'avais déjà criés un millier de fois mais que je n'écoutais jamais, tu me les as murmurés alors que tu t'en allais, alors que tu venais de me dire que tu allais te sacrifier ! Je n'ai pas pu le supporter, mon cœur a explosé. Je t'ai rattrapé et t'ai retenu. Je me suis campée devant toi, je ne voulais pas que tu partes, c'était trop facile. Tu n'avais pas le droit de me dire que tu m'aimais et que c'était pour ça que tu te sacrifierais sur le champ de bataille. C'était injuste. C'était me condamner à souffrir. Je t'ai giflé, mais plus que mon geste, ce sont mes paroles qui t'ont fait mal. Je t'ai dit que je te détestais, que tu n'étais qu'un fichu égoïste, un idiot qui se moquait bien de blesser ceux qui tenaient à lui, que je te haïssais et que jamais je ne pourrais aimer quelqu'un comme toi. Et tu es parti. Sans un mot, sans un regard, tu as fait demi-tour et tu m'as laissé m'effondrer au beau milieu de ma chambre. Si tu savais comme j'en ai pleuré, comme ces paroles m'ont brisée. Jamais je ne me pardonnerais d'avoir osé te dire ces horreurs.

Mais il est trop tard à présent pour revenir sur le passé, je le sais. Je ne peux pas remonter le temps et quand bien même je le pourrais, je n'en aurais sûrement pas le courage. T'entendre me dire ça encore une fois, à coup sûr ça me tuerait tant j'en aurais mal. De toute façon, j'en suis incapable. Mais je veux que tu saches ce que mon cœur me criait de te répondre lorsque tu as dit m'aimer. En réalité, c'est pour ça que je t'écris cette lettre. Parce que je regrette. Tout, tout ce que je n'ai pas fait. Je regrette de ne pas t'avoir dit à quel point je tenais à toi. Je regrette d'avoir passé tout ce temps à ignorer tes sentiments alors que je ressentais les même pour toi. Je regrette d'avoir laisser la peur de m'engager réduire à néant tout ce qui aurait pu se passer entre nous. Je regrette…

Je regrette d'avoir survécu à cette guerre. Oui, les Shinigamis ont gagné, mais moi j'ai tout perdu. Mon capitaine, mes quelques rares amis, Renji, Nii-sama, ils sont morts, tous. Sur ce putain de champ de bataille qui m'a tout pris. J'ai vu leurs corps, blessés, ravagés, souillés. Je n'en dors la nuit plus tant cette vision me hante. Mais plus encore qu'eux, c'est toi que j'ai perdu. Je t'ai perdu parce que je n'ai pas su te retenir, parce que je n'ai pas laissé parler mes sentiments. Parce que j'étais trop fière et trop terrifiée pour assumer ce que je ressentais pour toi. Parce que j'avais trop peur du qu'en dira-t-on. Mais maintenant…

Si tu savais comme je m'en veux. Si tu savais… J'étais si proche de toi quand sa lame t'a transpercé. J'aurais presque pu intervenir. Presque. Mais voilà, je ne l'ai pas fait. Parce qu'on me l'avait défendu, parce que tu m'avais demandé de ne pas m'en mêler. Tu t'es laissé transpercer pour qu'ensuite tous les capitaines ensemble fondent sur Aizen alors que sa lame était encore fichée en toi. Et lorsque tout le monde est parti, qu'ils ont repris leurs combats, je me suis précipitée sur toi. Tu ne pouvais pas être mort, pas comme ça, pas sans avoir combattu, sans aucune gloire. Tu n'avais même pas sorti ton Bankai. Tu t'es jeté sur le traître, ton Zanpakuto à peine dégainé, comme un bleu. Tu n'as même pas cherché à éviter la lame, tu l'as laissé s'enfoncer en toi, comme dans une poupée de chiffon. C'était ce que tu avais prévu, c'était ton plan. Te sacrifier pour sauver tout le monde. Pour sauver ton monde. Et tu as réussi. Aizen est mort, grâce à toi et l'Ouken n'a pas été créé. Karakura ainsi que ses habitants sont sains et saufs, tous. Sauf toi.

Quand je t'ai vu, allongé sur le sol, baignant dans ton propre sang, je crois que je suis devenue folle. Mon cœur t'a suivi, tu sais. Il est mort avec toi. J'ai tout perdu quand tu t'es effondré. J'ai pleuré longtemps sur ton corps brisé. Si longtemps au milieu du tumulte, jusqu'à ce qu'Ichimaru se penche vers moi. Il avait esquivé la plupart des combats et l'odeur de ton sang avait dû l'attirer. Il s'est foutu de toi, ouvertement, de toi et de ma douleur. Je ne sais plus ce qui s'est passé ensuite. Tout ce dont je me souviens, c'est de ce salaud étendu à mes pieds, gisant dans une mare écarlate. Je crois que je l'ai tué. J'ai vengé Renji par la même occasion, j'ai appris récemment que c'était Ichimaru qui l'avait vaincu. Mais ça n'a en rien apaisé ma peine. Si tu savais comme je souffre. Mon âme et mon cœur sont en miettes. Un Hollow est plus vivant que moi. J'ai l'impression que mon corps n'est plus qu'une chose sans vie, sans âme. Je ne suis plus qu'une coquille vide. J'ai si mal.

Pardonne-moi. Je t'en supplie, pardonne-moi Ichigo. De ne pas t'avoir dit que je t'aimais, de ne pas avoir répondu à tes attentes, de ne pas t'avoir retenu, de t'avoir laisser mourir ainsi.

Je n'en peux plus, tu sais. Je suis seule à présent. Tous ceux à qui je tenais sont morts et toi, toi tu m'as quittée. Je ne veux plus vivre comme ça. Je m'en vais déposer cette lettre aux pieds de ta tombe et je rentrerais chez moi. Je prendrais mon Zanpakuto et je te rejoindrais. Parce sans roi mon royaume ne peut subsister, parce que sans toi je ne peux exister, Ichigo. Ichigo…

Pardonne-moi…

Je t'aime,

Kuchiki Rukia.

*****

Quelques larmes sur une feuille de papier

Une chambre d'enfant abandonnée

La douleur d'une histoire inachevée

Goutte d'eau sur une lame ensanglantée…

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Hello !

Alors petit moment d'émotion (du moins je l'espère) avec cette One Shot plutôt triste. J'avoue qu'en écrivant ces lignes, je n'étais pas d'humeur à rire, mais après coup, je la trouve pas trop mal donc je vous en fait part. Voilà ce qui arrive quand mon frère me fait découvrir la chanson Lettre du front de Kenza Farah et Sefyu. J'espère vraiment avoir réussi à faire passer l'émotion que j'ai ressentie en l'écrivant à travers cette lettre qui est, au choix, le "Premier adieu" ou le "Premier Je t'aime" de Rukia pour Ichigo.

En croisant les doigts très fort pour que ça vous ait plu, je vous dis à la prochaine avec une One Shot un peu moins triste je l'espère ! N'hésiter pas à me dire ce que vous en penser, un com', ça ne mange pas de pain, mais ça nourrit l'imagination de l'auteur !

Bisous !