Sous-Titre : Mon ami Jack

Résumé : House, Cuddy, un lapin et du whisky.

N/A : Je sais ce qu'on va me dire : Cuddy est trop gentille et bonne poire, mais il faut pas oublier que House aussi fait beaucoup de concessions dans l'histoire et…c'est House quoi, elle le déteste parfois, mais jamais bien longtemps, parce que c'est juste impossible de lui en vouloir à long terme.

Petite précision : Anosmie = Perte totale de l'odorat.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Cuddy tambourina furieusement contre la porte. Elle n'entendit rien et recommença. Elle avait les clés dans son sac, mais elle savait que son entrée serait plus magistrale et embêtante si il venait lui ouvrir. Elle tendit l'oreille et entendit un bruit sourd suivi de gémissements et grognements. Un tas de scénarios se développèrent dans sa tête et, voyant que la porte ne s'ouvrait toujours pas, elle céda et prit ses clés.

Sa première réaction fut de se figer, la peur au ventre et le cœur battant sous l'angoisse. Paniquée, elle se précipita vers le corps étalé sur le sol. Elle n'était qu'à deux pas quand House leva la tête et la regarda avec une perplexité significative de son état. Il était saoul. Quelque part, elle aurait du s'en douter. Elle aurait du s'y attendre même, pourtant, ça ne l'empêcha pas d'être en colère.

Depuis des mois, elle lui réclamait une sortie au restaurant. Bien qu'elle ait appris à apprécier le « cocooning à la House » comme l'appelait ce dernier, elle avait envie de voir autre chose que leurs appartements ou la cafétéria de l'hôpital. House n'était pas fan des restaurants ou du cinéma, puisque comme il le lui avait clairement expliqué « on est au 21ème siècle, pourquoi se ruiner pour des trucs qu'on peut avoir à domicile ? ». Pourtant, ce soir, il lui avait promis un repas dans un de ses restaurants préférés. Elle avait enfin trouvé l'occasion de mettre cette robe pour laquelle elle avait eu un coup de cœur, mais n'avait jamais mis. Elle était même allée chez le coiffeur – parce que ce genre de sorties était assez rare pour qu'elle y donne autant d'importance. Elle était aux anges…si bien qu'elle n'avait commencé à être en colère qu'après trois quarts d'heures à attendre l'homme qui n'était jamais venu la chercher.

Et lui, il était là, gémissant, misérablement étalé sur le sol à essayer d'attraper la bouteille de whisky à l'autre bout de la table basse. Elle eut soudain envie de lui casser cette maudite bouteille sur la tête…ou de pleurer….ou de le massacrer.

Elle l'observa abandonner l'idée d'attraper l'alcool et fourrer une main dans sa poche pour prendre son flacon de Vicodin. Pourquoi est ce qu'il se mettait dans des états pareils ? Elle avait pourtant l'impression qu'il était heureux – moins misérable que d'habitude en tout cas- ces derniers temps. Elle faisait de son mieux pour le rendre heureux, mais ça ne suffisait visiblement pas, réalisa-t-elle tristement.

Elle soupira et s'accroupit à côté de lui. Elle lui piqua le flacon de Vicodin avant qu'il puisse l'ouvrir et le lança au loin, sans égard. Il lui envoya un regard rancunier qui perdit de son effet quand il se mit à loucher. Elle se laissa tomber assise à côté de lui. Elle aurait du lui crier dessus, elle avait envie de lui crier dessus, mais la tristesse avait pris le dessus sur la colère. Elle était triste pour lui, pour elle, pour eux. L'illusion que les choses étaient en train de s'arranger venait subitement de s'envoler.

Elle passa une main dans les cheveux de l'homme et il secoua la tête pour la rejeter. Il balbutia quelque chose qu'elle ne comprit pas…Cependant, elle supposa que c'était un avertissement quand, quelques secondes plus tard, il vida son estomac sur sa belle robe. Elle leva les mains, la bouche ouverte entre choc et dégout. Cette soirée était juste parfaite.

Il lui offrit une mine penaude et une grimace. Elle ferma les yeux et inspira profondément pour se calmer…Ce qui n'eut pour effet que d'amener l'odeur immonde à ses narines. Elle regarda sa robe en se demandant si elle pouvait être sauvée, avant d'abandonner l'idée et de songer à une manière de se lever sans aggraver les dégâts.

Une fois debout, elle réalisa que ses efforts pour ne pas propager le vomi avaient été vains, House était parvenu à les salir tous les deux et à imprégner la moquette. Bien visé. Elle grogna. Elle savait que House n'y ferait rien et que ça serait elle, incommodée par l'odeur, qui finirait par laver la moquette.

Elle lui jeta un regard noir qu'il ne vit pas et passa par la cuisine avant de filer dans la chambre. Elle retira sa robe et la fourra directement dans un sac poubelle, le cœur serré par les regrets. Elle allait enfiler une des tenues qu'elle gardait ici quand elle songea que House n'aurait pas la peau d'un autre élément de sa garde robe. Elle enfila un des tee-shirts préférés de l'homme à la place, souriant sadiquement et espérant presque qu'il réitérerait sa régurgitation, ça lui apprendrait.

Quand elle revint dans le salon, son appétit fut définitivement coupé. House avait fait le tour de la table, à quatre pattes apparemment, aggravant les dégâts sur la moquette. Une traînée répugnante l'avait suivi dans tout le salon. Ignorant tout cela, il avait le goulot de la bouteille de Whisky fourré dans la bouche comme un biberon. Elle fronça les sourcils. Elle avait déjà vu House bourré, mais jamais dans cet état, jamais à ce point. Elle alla ramasser le flacon de Vicodin qu'elle avait lancé, inquiète. Il était daté de la veille et il y manquait déjà une douzaine de pilules. Bon sang, qu'est ce qui lui était arrivé pour qu'il fasse de tels abus ? Elle songea à appeler Wilson, c'était sa source la plus sûre concernant House. Cependant, elle savait qu'il s'inquiéterait et rappliquerait probablement à la rescousse. Elle n'avait plus envie de voir personne, elle voulait juste que House s'endorme et qu'elle puisse aller se coucher.

Il poussa un léger cri de douleur quand, fourrant trop brusquement la bouteille dans sa bouche, le verre claqua contre ses dents. Elle se passa une main sur le visage. Dire qu'elle avait songé à avoir un enfant avec cet homme. Elle fronça les sourcils. Qu'elle y songeait encore, d'ailleurs, c'était bien ça le pire. Elle songea à cette citation qui disait que l'amour rendait aveugle et, reniflant la pièce, elle pensa qu'elle aurait préféré que ça rende anosmique.

Elle prit son courage à deux mains et s'avança vers House. Il leva la tête vers elle et parut réaliser pour la première fois qu'elle était là. Elle tendit une main et il serra la bouteille contre sa poitrine. Il s'y prit mal et renversa le peu de liquide qu'il restait sur son tee-shirt. Il lui lança un regard accusateur, comme si c'était sa faute, avant d'observer misérablement son haut. Elle ne sut si elle devait rire ou pleurer de désespoir quand il sortit la langue et essaya de lécher l'alcool sur son tee-shirt. Elle préféra en rire parce que c'était si ridicule qu'elle pourrait se moquer de House pendant des jours pour ça. Il sursauta au son de sa voix et ses yeux se posèrent sur ce qu'elle portait.

« C'est à moi ça », râla-t-il.

Elle s'apprêtait à lui envoyer une réplique cinglante – le fait que House ne voulait rien partager avec elle était un sujet sensible ces temps-ci - , mais songea qu'elle ferait mieux de se servir de ça si elle voulait se coucher avant la prochaine décennie.

« Enlève le tien et je te le rends », décida-t-elle.

Il la scruta un moment et aux mouvements de sa tête, elle comprit qu'il ne devait plus voir très clair. Il attrapa finalement le bas de son tee-shirt et entreprit de l'enlever…sans succès. Il se retrouva vite avec la tête et les bras coincés dans le vêtement. Elle leva les yeux au ciel et l'aida à s'extirper du tee-shirt. Elle glissa ensuite un bras sous ses épaules pour l'aider à se lever et remercia le ciel quand il se laissa faire. Elle le traîna plus qu'elle ne l'aida jusqu'à la salle de bain. Arrivés près de la douche, il fit demi-tour et prit le chemin de la chambre. Elle le rattrapa précipitamment.

« Non non, tu ne t'approcheras pas des draps dans cet état », affirma-t-elle en désignant les tâches sur son pantalon.

Elle aurait voulu préciser qu'il puait horriblement l'alcool et le vomi, mais elle se tut quand il entreprit d'enlever son jeans. Autant le laisser faire, ça lui ferait une tâche en moins à accomplir elle même.

« Le caleçon aussi », ordonna-t-elle.

Il lui lança un regard qui aurait du être vicieux, mais ses yeux louchèrent et il les cligna répétitivement. Elle soupira et tira brusquement sur son boxer, le laissant tomber sur ses chevilles. Il resta penaud durant de longues secondes avant de réagir et de crier un « eh ! » en posant les mains sur ses parties intimes. Elle dressa un sourcil. Il était loin d'être pudique en temps normal et c'était loooiiiiinnn d'être la première fois qu'elle le voyait nu.

Elle eut quelques difficultés à le faire entrer dans la douche, aucune à le faire sortir cependant. Il profita qu'elle ait tourné le dos pour boiter difficilement jusqu'au lit et s'y laissa littéralement tombé, les bras en croix. Il était encore trempé et totalement nu, mais elle était lasse et trop épuisée pour continuer à se battre. Elle prit une douche bien chaude pour essayer de se détendre.

Quand elle retourna dans la chambre, il s'était totalement emmêlé dans les couvertures, à un tel point qu'il ne pourrait certainement plus bouger, et elle songea que ce n'était pas plus mal. Elle était lasse de jouer la nounou. Elle alla dans le salon pour prendre de quoi se couvrir et songea qu'elle ferait mieux de nettoyer la moquette tout de suite, avant qu'elle s'imprègne. Elle abandonna vite l'idée et s'enroula dans le plaid du canapé avant de retourner dans la chambre.

Elle dut jouer des coudes et des genoux pour se faire une place dans le lit, mais House finit par rouler en grognant, s'enroulant encore plus dans le tas de couvertures. Elle s'allongea et se recouvrit du plaid. House ronflait déjà et elle savait qu'elle aurait du mal à s'endormir, qu'elle serait mieux dans son propre lit, chez elle. Pourtant, elle resta là. Il faisait plus chaud ici, avec lui à côté. Elle ne dormirait peut-être pas beaucoup, mais elle dormirait mieux. Elle dormait toujours mieux quand elle était avec lui parce qu'elle n'avait pas à se soucier de comment il allait et de ce qu'il faisait. Il ouvrit un œil et, la repérant, roula vers elle. Il se débattit un moment avec les couvertures qui l'emprisonnaient. Il finit par réussir à libérer une de ses jambes et la posa sur les siennes. Il fourra son nez contre son cou et son bras autour d'elle. Il était collant quand il était saoul, mais elle n'était pas du genre à s'en plaindre. Pas du tout.