Sous-titre : Mindy et le roi

Résumé : Cuddy surprend une femme chez House

N/A : Je commence sérieusement à prendre gout à cette Cuddy. Après tout, faut bien justifier le fait qu'elle soit encore célibataire =). Et puis, je crois pas que ça soit le genre de femme facile à vivre, alors avec House…

J'avoue, ce OS-ci est un de mes chouchous. C'est bien tordu et…je sais pas, mais je l'aime =)

HHHHHHHHHHHHHHH

Cuddy se figea sur le pas de la porte. Là, à genoux au milieu du salon se trouvait une jeune femme blonde en extra-mini-short et haut qui ne cachait rien.

« Bonjour », l'accueillit l'inconnue en souriant.

« Qui êtes vous ? », s'exclama Cuddy, ahurie.

C'est ce moment que choisit House pour apparaître, deux bières à la main.

« Lisa Cuddy, Mindy. Mindy, Lisa Cuddy », fit-il distraitement les présentations. « T'as pas ramené à manger ? », s'étonna-t-il avec un air déçu.

« Il y a une prostituée au milieu de ton salon », articula-t-elle lentement.

« Alors ça, c'est pas sympa. Excuse-là, Mindy, sa mère ne lui a jamais appris à ne pas tirer de conclusions hâtives. »

« Oh mon dieu ! Vous n'êtes pas… », commença Cuddy, confuse de ses propos.

« Si, je le suis », la rassura Mindy.

Lisa jeta un regard noir à House.

« Imagines que tu aies eu tort. Ca, ça aurait été gênant », déclara-t-il avec un air faussement désolé.

Elle inspira profondément.

« House, pourquoi est ce qu'il y a une prostituée à genoux au milieu de ton salon ? »

« Tu dis ça comme si c'était mal », grimaça-t-il.

Elle serra les poings et se retint de ne pas lui envoyer son sac à main à la tête.

« Je ferais peut-être mieux d'y aller », intervint Mindy, visiblement gênée.

Elle se leva et attrapa ses bottes à talons aiguilles.

« Quoi ?! Mais on a même pas commencer notre partie d… »

Il se tut quand un sac à main entra en collision avec son crâne.

« OUTCH ! », exagéra-t-il avec un regard appuyé vers Cuddy.

Regard qu'elle ignora, trop occupée à le fusiller du sien et à se retenir de ne pas l'étriper. House mit théâtralement les mains sur les hanches avec sa mimique la plus incomprise.

« Quoi ? Qu'est ce que j'ai encore fait cette fois ? »

« Tu oses poser la question ?! », s'outra-t-elle.

« Aux dernières nouvelles, on n'avait pas établi si sucer c'était tromper, mais il me semblait clair que jouer aux échecs ne l'était pas. »

Elle cligna des yeux un moment. Son cerveau avait bugé au mot « sucer » , la rage l'avait envahie et une image affreuse s'était imposée à son esprit, si bien qu'elle ne comprit pas très bien le sens du reste de la phrase.

Mindy profita du silence qui suivit pour se glisser entre eux et vers la porte, mimant quelques paroles – auxquelles Cuddy ne prêta pas attention - à House.

« Tu…jouais aux échecs ? », balbutia Lisa.

House leva les yeux au ciel, hocha exagérément la tête et alla s'asseoir sur le canapé.

« Alors où est le plateau d'échecs ? », interrogea-t-elle soupçonneusement en posant les mains sur ses hanches.

« Je m'apprêtais à aller le chercher quand une folle furieuse est entrée et a commencé à insulter ma partenaire d'échecs », accusa-t-il en appuyant sur le dernier mot.

« Et tu crois vraiment que je vais gober ça ? »

« Non, puisque tu n'as visiblement pas confiance en moi. Mais, c'est ok, je n'en attendais pas moins de toi. »

« Excuse-moi de sauter à des conclusions hâtives en trouvant une prostituée à moitié nue chez toi », tenta-t-elle d'ironiser.

« C'est bon, je te pardonne », établit-il en haussant les épaules et allumant la télé.

Elle vint se placer juste devant le poste de télévision.

« Tu me pardonnes ?! », cria-t-elle, incrédule.

Il la scruta un moment, les yeux plissés.

« T'es en pleine crise d'hystérie, là, hein ? », interrogea-t-il en la sondant du regard.

Je…

Elle se calma et passa une main dans ses cheveux.

« Non », ajouta-t-elle plus calmement.

« Cool parce que Scrubs commence dans cinq minutes et j'ai déjà la migraine. »

Elle le regarda de travers. Il invitait une prostituée chez lui et il parvenait presque à la convaincre que sa réaction était excessive. Elle ne l'était pas. Elle était rationnelle et justifiée. Malheureusement, quand House avait décidé qu'il ne voulait pas se disputer avec elle, il était presque impossible de le faire sortir de ses gonds et elle se retrouvait à jouer le rôle de l'idiote en train de crier dans l'oreille d'un sourd. Elle croisa les bras sur sa poitrine pour se retenir de ne pas éteindre la télé comme une gamine en pleine rébellion.

« J'attends », explicita-t-elle.

« T'avais pas dit que tu ramènerais un seau de poulet ? Parce que j'ai le souvenir de toi disant que t'irais chercher du poulet, mais je ne me souviens pas t'avoir jamais vue avec un sac KFC sous le bras. »

« Tu sais ce que tu peux en faire de ton poulet espèce de…. », ragea-t-elle entre ses dents.

« Pour en faire quelque chose, il faudrait déjà que j'en ai », précisa-t-il.

Il fit la moue, serra les mains sous son menton et cligna répétitivement ses grands yeux bleus implorants. Elle n'en crut pas ses yeux. Elle crut encore moins le fait qu'elle songea immédiatement à passer chez KFC demain avant de venir. Elle était donc stupide et malléable à ce point ?

« Ne change pas de sujet ! », s'agaça-t-elle.

D'une façon ou d'une autre, elle s'était retrouvée juste en face de lui. Elle portait toujours son manteau et son écharpe à moitié défaite pendait misérablement autour de son cou. House en attrapa le bout et tira dessus, si bien qu'elle fut obligée de se pencher vers lui.

« Enlève ta veste et viens regarder la télé avec moi », susurra-t-il à son oreille entre deux mordillements au creux de sa mâchoire.

« La prostituée, House », insista-t-elle en s'éloignant juste assez pour le regarder dans les yeux, déterminée.

« Est la meilleure joueuse d'échecs que j'ai pu trouver. Elle passe régulièrement pour faire une partie. C'est tout. »

« Et tu n'as jamais couché avec elle ? »

« Je ne couche pas avec elle. »

« Mais tu l'as déjà fait. »

« Qu'est ce que ça changerait ? »

Elle lui jeta un regard appuyé, cherchant une réponse dans ses yeux. Il les leva au ciel en soupirant.

« Laisse-moi deviner : je suis à ce moment de la conversation où j'ai le choix. Soit je te dis que j'ai déjà couché avec elle et tu te mets à crier que je suis un salaud. Soit je te dis que je n'ai pas couché avec elle et tu cries au mensonge. Dans les deux cas, je ne verrais pas Scrubs, ne mangerais pas de poulet et te verrais partir en claquant la porte. Je crois donc que je vais opter pour la réponse c : je ne couche pas avec elle en ce moment, je couche avec toi et toi uniquement. Mais visiblement, ça ne sera pas le cas ce soir. »

Il posa deux mains sur ses hanches et la poussa sur le côté alors qu'il se levait. Ne s'y attendant pas, elle tomba assise sur le canapé, à sa place.

« En conclusion, j'aime autant aller me coucher tout de suite. Je ne te dis pas de claquer la porte en partant, je suis sûr que tu te débrouilleras très bien toute seule. »

Il boita jusqu'à la chambre, la laissant – littéralement et métaphoriquement parlant – sur le cul.

HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH

Allongé dans son lit, House écouta Cuddy fouiller la maison. Il eut envie d'aller lui dire qu'elle n'avait pas besoin de tout retourner, qu'il possédait bien un plateau d'échecs et qu'il était en évidence sur le comptoir de la cuisine, il comptait le ramener au salon quand elle était arrivée, mais avait les mains pleines. Il regarda sa montre et se demanda combien de temps elle mettrait avant de réaliser que ce qu'elle cherchait était juste sous son nez. Huit minutes avaient passé quand un long silence se fit et – dans la mesure où il n'avait pas entendu la porte claquer – il supposa qu'elle était bêtement en train de fixer le plateau d'échecs, de réaliser qu'elle avait encore réagi excessivement. Il dut concéder que pour une fois, ce n'était pas si excessif que ça. Il n'avait pas couché avec Mindy et n'en avait pas l'intention, et il n'était pas non plus près à cesser de jouer aux échecs avec elle comme il le faisait régulièrement depuis deux ans sous prétexte qu'il sortait avec Lisa. Il ne faisait rien de mal… mais Cuddy n'avait aucun moyen de le savoir…mis à part de lui faire confiance et d'être convaincue qu'il ne la tromperait pas. Il n'avait jamais trompé une femme - c'était un de ces principes peu nombreux, mais infranchissables qu'il gardait - pourtant, il comprenait pourquoi elle ne lui faisait pas confiance. Il ne pouvait pas la blâmer, il ne se ferait pas confiance non plus s'il ne se connaissait pas si bien.

Il fut agréablement surpris quand la porte de la chambre s'entrebâilla et que Cuddy entra dans la chambre. Il l'observa se déshabiller à la lumière du salon qui filtrait dans la pièce. Elle enfila sa nuisette – elle s'entêtait à appeler ça une chemise de nuit, mais c'était bien trop indécent pour être qualifié ainsi…pas qu'il s'en plaigne – et glissa sous les draps à côté de lui. Il garda le regard fixé sur le plafond. Il ne lui en voulait pas, mais il jugeait qu'il devrait défendre son honneur en boudant un peu. Elle ne se colla pas à lui comme elle le faisait parfois, mais elle s'allongea assez près pour que leurs épaules se touchent, lui signifiant qu'elle n'était plus vraiment en colère. Ils restèrent un moment ainsi, à fixer le plafond, le statut quo flottant dans l'air.

« Pourquoi tu ne joues pas aux échecs avec moi ? », demanda-t-elle soudain d'une petite voix.

« Tu ne sais pas jouer », soupira-t-il.

Il avait espéré qu'elle avait abandonné ce sujet, mais visiblement, elle n'en avait pas fini avec Mindy.

« Tu peux m'apprendre. »

« Tu ne serais pas une bonne joueuse », répondit-il, lassé de la conversation.

« T'en sais rien », répliqua-t-elle simplement, bien qu'il sentait qu'elle se retenait de montrer qu'elle était vexée.

« J'en ai encore eu la preuve ce soir. Tu ne prends pas le temps de t'asseoir et réfléchir. Tu te colles à la première idée qui te vient et fonce tête la première. »

« C'est faux. »

Il ne répondit pas, et bien qu'elle garda les yeux fixés au plafond, elle sut qu'il dressait un sourcil sceptique. Elle soupira.

« Je ne veux pas que tu traînes avec des prostituées. »

Il ricana.

« Tu ne veux pas que je traîne avec quiconque a un vagin, à part toi », fit-il remarquer.

Elle fronça les sourcils. Eh, c'était censé être lui le membre le plus possessif et jaloux de ce couple !

« Tu vas la revoir ? », ne put-elle s'empêcher de questionner, la gorge serrée.

Il soupira exagérément. Il tendit le bras, alluma la lampe de chevet et prit son téléphone portable. Elle grimaça sous la lumière, ne s'y attendant pas. Il mit soudain le téléphone juste sous son nez, un numéro était déjà composé.

« Arrête de prétendre que ta question n'est pas « est ce que tu me trompes ». Et puisque tu ne me croiras visiblement pas, demande le lui à elle. »

Elle écarta son bras, éloignant le téléphone.

« Je ne vais pas l'appeler, ça ne se fait pas. »

« C'est une prostituée, elle n'en a rien à faire des conventions. »

Cuddy réfléchit une seconde avant de s'allonger sur le côté pour le scruter.

« C'est pour ça que tu l'aimes bien ? Parce qu'elle n'a pas de principes ? »

« Elle a des principes », protesta-t-il.

Lisa haussa un sourcil dubitatif.

« Elle ne fait rien avec les animaux…et les russes. Bien que je n'ai jamais bien compris ce qu'elle a contre les animaux », ajouta-t-il sur un ton faussement sérieux.

Elle ne put s'empêcher de sourire.

« Juste des échecs ? »

« Elle touchera mon cavalier, mais jamais ton étalon », affirma-t-il solennellement, mimant un accent qu'elle ne reconnut pas.

« Y a plutôt intérêt », conclut-elle avec un air menaçant.

Elle s'approcha et posa sa tête sur sa poitrine, enroulant son bras autour de sa taille. Il grimaça, les câlins c'était vraiment pas son truc, surtout quand il voulait juste dormir, mais il sentait que ce n'était pas le moment de la rejeter. Ils restèrent un moment ainsi et il finit par sourire, amusé.

« Tu veux que je te note son numéro ? », devina-t-il.

« S'il te plait », avoua-t-elle avec une grimace contrite.