Sous-titre : Aux petits soins
Résumé : Cuddy est têtue, House est une DramaQueen
N/A : Il y a un clin d'œil à Docteur Who là dedans, c'est ma période =)
HHHHHHHHHHHHHHH
House s'arrêta sur le pas de sa chambre et haussa un sourcil. Il jeta un coup d'œil derrière lui, vers le salon, songeur. Il était rentré il y avait plus de deux heures et n'avait pas réalisé que Cuddy était là. Pourtant, elle était allongée en peignoir au dessus des couvertures. Le peignoir baillait au niveau de sa poitrine et lui exposait une vue dont il ne se plaindrait pas. House haussa les épaules, retira son pantalon et son tee-shirt et boita jusqu'au lit.
Il s'allongea à côté d'elle et observa un moment le plafond en silence. Il se demandait s'il devait la réveiller quand il réalisa qu'elle ne dormait pas. Sa respiration était irrégulière et elle tapotait légèrement les doigts sur sa hanche.
« A quoi tu penses ? »
Elle n'ouvrit pas les yeux et ne répondit pas tout de suite, si bien qu'il se demanda si elle ne dormait pas en fin de compte.
« Sexe », souffla-t-elle soudain.
Il allait se redresser, prenant ça pour une invitation quand elle continua.
« Et Brad Pitt. »
House se rebiffa et pinça les lèvres. Il la fixa, mais elle l'ignora, les paupières toujours closes. Finalement, il haussa les épaules et tira sur la ceinture du peignoir, se penchant au dessus d'elle.
« T'as qu'à imaginer que je suis Brad Pitt », annonça-t-il en nichant sa tête dans son cou.
« Waouh, ton égo résiste donc vraiment à tout ? »
« J'ai toujours eu un faible pour Angelina Jolie », répondit-il avec un faux air rêveur.
« Et évidemment, tu vas imaginer que je suis elle. »
« Tu vas bien faire comme si j'étais Brad Pitt, je peux pas laisser Angelina être cocue ! », s'outra-t-il exagérément.
Elle sourit légèrement et posa une main sur sa joue. Il crut qu'il avait gagné, mais elle le poussa gentiment sur le côté et il se laissa tomber sur le dos en soupirant. Son propre souffle glissa sur sa poitrine et il frissonna. Il tirait les couvertures sur lui quand il réalisa que quelque chose clochait. Il faisait un froid de canard dans cette pièce pourtant Cuddy était à peine couverte et ne semblait pas dérangée. Il se redressa et observa la peau dénudée de la jeune femme, sans y trouver de chair de poule. Il posa une main sur son front et elle détourna la tête pour la chasser.
« Tu es brûlante ».
« Je vais bien », grogna-t-elle.
Il attrapa son menton et tourna son visage vers lui.
« Ouvre les yeux. «
« Je t'ai dit que… »
« Ouvre », insista-t-il.
Elle soupira, mais s'exécuta. Il comprit à ses yeux injectés de sang et vitreux qu'elle mentait. Elle était loin d'aller bien. Il fronça les sourcils et l'observa de haut en bas. C'est à cet instant qu'il remarqua sa main, toujours posée au niveau de sa hanche droite. Contrairement à ce qu'il avait d'abord cru, elle ne tapotait pas, mais pressait ses doigts contre sa peau, comme il le faisait quand les douleurs de sa jambe le tiraillaient.
« Cuddy », grogna-t-il, mécontent. « Depuis quand ? »
« Je… », commença-t-elle à protester.
Il l'interrompit en dégageant sa main et pressant au niveau de son cæcum. Elle serra les dents, mais ne retint qu'à peine son cri de douleur.
« Non, mais t'es stupide ?! », s'énerva-t-il.
Elle détourna la tête avec entêtement et se redressa en serrant les dents, sifflant de douleur.
« Tire la langue », ordonna-t-il.
« Ce n'est pas l'appendicite », protesta-t-elle fermement.
« On te l'a déjà retiré ? », s'intrigua-t-il.
Et si c'était plus grave ?
« Non. »
« Tire la langue », reprit-il avec insistance.
« C'est une maladie de gamin ! Je n'ai pas… »
Ses mots se transformèrent en balbutiements quand il fourra un doigt dans sa bouche et la força à ouvrir en grand.
« Ta langue est blanche. Symptôme typique de l'appendicite », expliqua-t-il, bien qu'il se doutait qu'elle le savait déjà. « Habille-toi, on file à l'hôpital », déclara-t-il en se préparant à se lever.
« Hors de question », affirma-t-elle, campant sur ses positions.
« Pourquoi ?!», s'exclama-t-il en perdant patience.
Elle releva le menton et évita son regard.
« Je suis le boss. Je ne peux pas me faire soigner pour un truc aussi ridicule que l'appendicite ».
« Là, c'est toi qui est ridicule ».
Elle ne répondit pas, mais ne bougea pas non plus.
« Ok ok. Laisse moi aller chercher mon scalpel et je te règle ça, mais tu rembourseras le prix des draps », concéda-t-il sur un ton sérieux.
Il fit mine de se tourner vers la salle de bain et devina les yeux écarquillés de la jeune femme. Il s'arrêta en entendant ses pieds se poser sur la moquette.
« Non mais ça va pas ! »
« Moi si, toi pas. »
Elle posa une main sur son bras et serra assez fort pour qu'il devine sa douleur.
« Ok, ok », souffla-t-elle, penchée en avant, une main plaquée sur son côté.
Elle disait visiblement cela à contrecœur et il finit par lever les yeux au ciel.
« J'appelle Princeton General pour avoir une ambulance, Sarah Jean Smith », déclara-t-il solennellement.
Cuddy leva ses sourcils froncés vers lui. Il leva les siens et elle comprit. Elle lui sourit et hocha la tête, reconnaissante.
« Oh ne souris pas, tu me revaudras ça. »
HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
« C'est froid ! », se plaint House en rentrant les épaules.
« Oh arrête un peu de faire le bébé, c'est le but ! », s'exaspéra Cuddy en étalant la crème sur sa poitrine.
Il devrait déjà s'estimer heureux qu'elle ne le laisse pas se débrouiller tout seul. Récemment, elle avait découvert que House était encore plus insupportable quand il était malade. Il excellait dans l'exagération et le mélodramatique, ne manquant pas de se plaindre de son état à chaque éternuement.
Il recula la tête et elle leva les yeux pour lui jeter un regard noir.
« Eternue moi dessus, et c'est pas sur ta poitrine que je vais mettre cette crème », menaça-t-elle.
Il cessa de respirer pour se retenir et, à son sourcil dressé, elle devina qu'il se demandait si ça pourrait être une bonne chose. Elle souffla sur sa poitrine recouverte de crème et une sensation glacée le traversa, le faisant frissonner de la tête aux pieds. C'était si froid que ça le brûlait presque…Il se passerait de cette expérience. Il pinça son nez de l'index et du pouce et retint sa respiration. Sitôt que Cuddy se leva du lit, il se précipita sur un mouchoir. Elle grimaça.
« Je peux avoir une tisane ? », demanda-t-il d'une petite voix entre deux vidages de narines.
« Tu détestes la tisane ».
Il pinça les lèvres en une moue suppliante, reniflant exagérément et posant une main sur son propre front pour vérifier qu'il n'avait pas de fièvre. Elle leva les yeux au ciel et soupira.
« Ok, je t'apporte ça. Mais tu as intérêt à la boire ! »
Il hocha la tête avec enthousiasme et remonta la couverture sur lui. Il n'avait qu'une rhinopharyngite, mais donnait l'impression d'être au seuil de la mort à force d'en faire des tonnes. Cuddy plaignit mentalement sa mère, elle n'imaginait même pas ce qu'elle avait du vivre pour le convaincre qu'un rhume n'était pas une justification valable pour manquer l'école…Oui bon, en fait, Blythe avait du vivre à peu près la même chose que Cuddy ce matin quand elle avait du expliquer à House que non, un rhume ne justifiait pas un congé maladie.
Depuis deux jours maintenant, il la faisait tourner en bourrique. Elle l'aurait bien envoyé balader, mais il s'était montré si attentionné – du moins, pour House – quand elle avait frôlé la péritonite qu'elle n'avait pas le cœur à l'abandonner…même s'il n'avait qu'un rhume.
En même temps, il fallait avouer qu'après tant d'années passées à ne se préoccuper que d'elle-même, prendre soin de quelqu'un était étrangement satisfaisant. Elle se sentait utile, elle savait qu'elle l'aidait et il la laissait faire…ce qu'elle considérait, en soit, comme un grand pas en avant.
Elle sourit quand l'odeur de la tisane lui monta aux narines. Elle y ajouta deux sucres, sachant que House se plaindrait du manque de goût si la boisson n'était pas assez riche en glucides. Elle prit la tasse entre ses mains et profita de sa chaleur alors qu'elle avançait jusqu'à la chambre. Le chauffage de House peinait depuis le début de l'hiver, mais étonnamment, le chauffagiste n'avait pas très bien pris le fait d'être traité d'incompétent et Cuddy n'avait pas été surprise quand il reporta leur rendez-vous pour la troisième fois. Du coup, c'était elle qui se gelait les fesses et subissait les rhinopharyngites du propriétaire qui trouvait que se promener en t-shirt en plein mois de décembre était un truc trop cool.
Cuddy alla s'asseoir sur le rebord du lit et posa une main sur l'épaule de House pour lui signaler de se redresser. Elle leva les yeux au ciel en voyant qu'il s'était endormi. Evidemment. Elle aurait été étonnée qu'il boive sa tisane de toutes façons. Elle fit le tour du lit et posa la tasse sur sa table de nuit. Elle ne pouvait jamais s'empêcher de sourire en regardant ce petit meuble plein de ses affaires, et de ses affaires uniquement. Ses vêtements étaient dans le placard, à côté de ceux de House, mais sa satisfaction venait de cette victoire-ci. De ces trois petits tiroirs et de cette lampe de chevet qu'elle avait choisi elle-même. Pour une femme normale, ça ne représentait probablement que peu, pas assez après presque un an de relation, mais pour elle, c'était important, parce qu'elle sortait avec le misanthrope le plus sentimentalement coincé qu'il soit. Alors, Cuddy se glissa sous les draps et ouvrit le premier tiroir de la commode pour prendre son livre et ses lunettes. Elle ouvrit le livre d'une main et prit la tasse de l'autre. Elle s'installa confortablement, jeta un coup d'œil vers l'homme qui ronflait à côté d'elle et sourit.
