Bonjour !
Je sais, ça fait un bail ... Ce chapitre est prêt depuis un moment mais comme je me suis pas mal concentrée sur Shattered Dawn (ma fiction Jella si vous ne le saviez pas ;) ) du coup, j'ai un peu oublié Wolf On Fire. La suite et fin de cette fiction est en préparation, je vous tiens au courant ^^
Merci pour votre soutien, que vous déposiez des commentaires, que vous m'ayez ajoutée en favori ou simplement, que vous suiviez cette fiction.
Bonne lecture :)
Anne.
Acte 4
"Am I the one and only ?
'Cause you're the only one."
(Timbaland – Morning After Dark)
Après le pique-nique sur la plage de la Push, Paul avait revu Bella plusieurs fois. Elle venait à la réserve pour profiter de la plage en compagnie d'Angela, Kim et Emily. Les quatre filles discutaient entre elles, le sujet étant évidemment des préoccupations typiquement féminines, mais cela lui apportait peu. Il aimait la savoir proche de lui, même si la banale cordialité instaurée entre eux commençait à lui peser.
Leur premier vrai rapprochement eut lieu deux semaines après le pique-nique de la meute. Ce jour-là, les filles n'avaient pas pu être là et seuls Paul, Sam et Jared étaient à la réserve, les autres ayant été envoyés en patrouille. Le Lahote avait alors saisi sa chance. Ce dernier savait que s'il ne trouvait pas un prétexte pour la retenir à la réserve, elle repartirait.
Le loup gris l'avait alors entrainé dans une balade en forêt. Pendant qu'ils marchaient, il lui avait raconté les légendes. Paul avait abordé leurs transformations, leur lutte ancestrale contre les vampires et enfin, l'imprégnation. L'intérêt d'Isabella se fit plus prononcé encore à l'évocation de ce lien d'amour immuable entre un loup et l'humaine qui lui était destinée. Elle voulait savoir à quoi elle servait, ce que c'était, si le phénomène était rare. Des questions fusaient tellement rapidement entre ses lèvres que Paul lâcha avec un sourire amusé : « Une question à la fois, ma belle.
- Pardon, s'excusa-t-elle
- Donc selon les anciens, l'imprégnation est un moyen d'assurer la descendance de notre peuple. En d'autres termes, c'est une espèce de sélection naturelle pour la reproduction.
- Ca ne peut pas être que ça ! Tu m'as dit que Sam et Emily étaient imprégnés, et on ne peut pas dire qu'ils ne soient pas amoureux l'un de l'autre …
- Ah bah ça, ils sont tellement collés l'un à l'autre ! » ricana Lahote
Isabella éclata elle aussi de rire et Paul décréta que c'était le plus beau son du monde. Il lui avait ensuite raconté une pléiade d'anecdotes plus ou moins humiliantes sur Jacob, Embry et Quil. Lahote conta entre autres, la fois où sous sa forme de loup, Jacob avait croqué dans un malheureux mulot. Le fils de Billy s'était lavé les dents une bonne dizaine de fois pour effacer le goût de la bête dans sa bouche. Bella avait alors raconté que lorsqu'ils étaient enfants, l'hériter d'Ephraïm Black s'était malencontreusement assis sur un tas de fourmis rouges.
Le récit d'autres souvenirs d'enfance s'était succédé et ils n'avaient pas vu le temps passé. Ils se racontèrent d'autres morceaux de leur vie, ce qu'ils aimaient dans la vie et ce qu'ils en attendaient. Bella fut surprise de découvrir qu'ils aimaient tous deux un grand panel de style de musiques. En effet, Lahote affectionnait comme elle passer d'un morceau de hard rock à de la musique classique, en passant par du hip hop en fonction de ses humeurs. C'était quelque chose qui avait toujours dépassé Edward, l'homme des années 1900 incapable d'écouter autre chose que Debussy. Leur complicité faisait plaisir à voir et les poussa à échanger leur numéro de téléphone. Mais le temps passa bien trop vite et il fut rapidement temps pour Bella de rentrer chez elle. Paul la raccompagnait jusqu'à sa voiture quand Isabella s'autorisa une dernière question : « Je repense à notre conversation de toute à l'heure.
- Laquelle ?
- A propos de l'imprégnation. J'me demandais … Tu t'es imprégné ? »
Les lèvres de Paul s'étirèrent en un franc sourire, tandis qu'une légère tension semblait gagner le corps de Bella. Elle appréhendait cette réponse, il le sentait. Impulsivement, sa réponse franchit ses lèvres : « Oui, je me suis imprégné. Mais elle a souffert à cause d'autres qui ne la méritait pas, donc j'ai peur de sa réaction.
- Peut-être qu'elle n'attend que ça ? sourit Bella
- J'essaierai quand je serais sûre qu'elle ne pense plus à celui qui l'a tant fait souffrir. »
Entre temps, ils étaient arrivés à la voiture de la jeune Swan. Avant de monter à bord, celle-ci l'embrassa sur les deux joues tandis qu'un rougissement très éloquent s'inscrivait sur son visage. La Chevrolet démarra dans un tourbillon de poussière et quand elle disparut au loin, Paul se tenait encore la joue droite avec un air béat.
Durant les semaines qui suivirent, le jeune homme ne la revit pas à la Push. Il se posa énormément de questions. Avait-elle compris ce qu'il ressentait pour elle ? Et de ce fait, avait-elle eu peur ? Pire encore, est-ce qu'elle ne voulait pas de lui ?
Au bout d'un moment, agacé par le comportement du loup gris, Jacob mena sa petite enquête avec l'aide de son père qui était le meilleur ami du père d'Isabella. Les professeurs les assommaient sous une masse de devoirs jugée considérable par Charlie lorsqu'il avait évoqué le sujet devant Billy Black. Mais la jeune fille tenait bon, prête à tout pour avoir des résultats scolaires suffisants pour entrer dans l'université de son choix. Après son lâche abandon par Edward, Isabella s'était plongée dans le travail et avait montré qu'elle savait être une élève brillante, à la fois attentive et active en cours.
Charlie était plus que fier de sa fille. Celle-ci avait dépassé la douleur de son abandon par Cullen et en avait fait une force. Lui-même, lorsque Renée était partie, n'avait été bon qu'à se complaire dans sa tristesse. Il n'en avait pas moins envie de coller une raclée au garçon qui avait brisé le cœur de son enfant, mais ce départ avait au moins eu du bon. Elle s'était rapprochée d'Angela et des garçons de la Push avec lesquels des liens d'allure indestructible s'étaient formés. Peut-être que parmi eux, Isabella trouverait quelqu'un pour l'aimer comme elle le méritait ? Dans son cœur de père, Charlie l'espérait tout en souhaitant que ce moment n'arrive pas trop vite …
Au moment où le chef Swan arrêtait ses divagations pour se replonger dans une conversation plus légère à propos de sa prochaine sortie de pêche avec Billy Black et Harry Clearwater, Isabella quittait enfin le lycée après avoir passé deux heures à plancher sur une dissertation concernant la Guerre de Sécession. Angela était avec elle et les deux adolescentes retournaient au parking. Ces dernières avaient dans l'idée de prendre la Chevrolet de la Swan pour se rendre à la Push voir leurs amis. Elles discutaient joyeusement quand Bella se figea en plein milieu d'une phrase, regardant fixement dans une direction. Inquiète, Angela chercha ce qui troublait tellement sa meilleure amie et repéra le problème d'un coup d'œil. Négligemment appuyé contre le camion d'Isabella, se tenait Edward Cullen.
Il était là, comme s'il n'était jamais parti.
Instinctivement, avant que ce dernier n'aperçoive Bella, Weber la traina dans la direction opposée. Les deux amies retournèrent même à l'intérieur du bâtiment, se dissimulant dans un coin près des toilettes des filles. La Swan semblait au bord de la crise d'angoisse et Angela la prit dans ses bras pour tenter de calmer ses tremblements. Sans succès. La fille du pasteur tenta alors autre chose.
Elle fouilla dans la poche de la veste en cuir de son amie et arriva à attraper son téléphone portable. Angela le déverrouilla rapidement, le code étant la date de naissance de la propriétaire. La Weber passa en revue les contacts de sa meilleure amie avant de trouver le numéro qu'elle cherchait. Fébrile, elle attendit que son seul espoir décroche : « Bella ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Paul, c'est Angie.
- Angela ?! Pourquoi tu appelles avec le téléphone de Bella ?!
- On a un problème, Paul. Il est là … »
Lahote comprit immédiatement le message. Pour qu'Angela le contacte ainsi, il n'y avait qu'une seule raison possible. Fuckward Cullen était de retour, prêt à revendiquer sa Bella. Paul sortit en courant de chez lui, ne prit même pas la peine d'attacher ses vêtements à sa cheville avant d'exploser dans sa forme lupine. Une fois muté, ses quelques frères transformés s'interrogèrent sur son apparition soudaine puisqu'il ne prenait sa patrouille que cette nuit. Ce dernier se contenta de grogner un vague « Cullen » dans leur conscience collective mais cela suffit pour mettre en alerte toute la meute.
Embry et Jacob changèrent immédiatement la trajectoire de leur patrouille pour rejoindre Paul qui courrait à perdre haleine jusqu'au lycée de Forks, avec une unique idée fixe en tête. Si cette sale sangsue avait ne serait-ce qu'oser poser les yeux sur Bella, il le réduirait en charpies …
Pendant ce temps, Angela avait presque réussi à calmer les tremblements de Bella. Cette dernière s'était ressaisie, principalement parce qu'elle avait entendu que Paul allait venir. Soutenue par sa meilleure amie, les deux filles retournèrent au parking. Cullen était toujours là, appuyé contre la portière rouge de la Chevrolet. La fille Weber voulut faire demi-tour en voyant qu'il n'avait pas bougé, mais une pression de son bras de la part de Bella la convainquit d'avancer. Irrémédiablement, le visage taillé dans le marbre du vampire finit par se tourner vers elle et se para d'un sourire lumineuse en apercevant le visage de l'humaine. De sa voix qui se voulait beaucoup moins envoutante aux oreilles de son ancienne petite amie, il murmura d'un air enamouré : « Mon amour, ma Bella … Enfin je te retrouve … ! Pardonnes moi, je t'en supplie !
- Otes toi de mon chemin, Edward … grimaça le dit amour en relâchant son étreinte sur le bras de son amie
- Mais nous sommes enfin réunis ! protesta le télépathe
- Et si je n'en avais pas envie justement ? » s'était écrié Isabella, les poings serrés
Le télépathe allait rétorquer quelque chose quand un bras lui comprima la trachée. C'était celui de Jacob. Paul arriva juste après et se dirigea immédiatement vers Bella. D'instinct et sans s'embarrasser de ses considérations habituelles, la brune se jeta au cou du Quilleute. Elle pleurait tandis que le jeune homme chuchotait des paroles rassurantes à son oreille. Embry se tenait près d'Angela, qui observait le vampire avec au moins autant d'animosité que les membres de la meute.
L'héritier d'Ephraïm fit signe à ses frères. Jacob entraina le fils Cullen dans la forêt, tandis que Paul relâchait Bella, non sans avoir murmuré à son oreille qu'il passerait la voir chez elle après. Embry déposa un baiser sur la joue d'Angela et emboita le pas à ses amis. Une fois hors de vue, le fils Black jeta le vampire au sol. Celui-ci se releva en émettant un sifflement mauvais, adressé en particulier à Paul : « Tu n'as pas à la toucher, sale chien !
- Parce que tu crois avoir plus de droit sur elle que je n'en ai ? railla Lahote
- Elle m'aime.
- Elle t'aimait. Ca fait une sacrée différence.
- Je sais que c'est faux. »
Paul se repassa intentionnellement les souvenirs de leurs moments ensembles, ce qui arracha un nouveau grognement bestial au sang-froid. Edward ne supportait pas la vision de sa Bella riant, discutant ou souriant à un autre. Il était parti pour la protéger, avait souffert martyr d'être loin d'elle et là, il la retrouvait fricotant avec un autre. Elle n'avait pas le droit. Ses yeux dorés étaient devenus noirs, signe de la colère et de la jalousie qui l'habitaient. Sans se laisser impressionner, le Quilleute se campa sur toute sa hauteur et lâcha : « Elle est à moi. Renonces, sangsue.
- Elle est ma compagne.
- Dans ce cas, pourquoi je me suis imprégnée d'elle ?
- C'est sûrement un de vos trucs de sorcier vaudou ou je ne sais quoi, mais elle est destinée à devenir un vampire !
- A l'évidence non, Cullen.
- Elle est à moi.
- Et si tu lui laissais le choix, pour une fois ? »
Les yeux de Cullen lançaient des éclairs, le venin coulait à flots sur ses lèvres fines. Il avait l'air d'une bête sauvage prête à bondir. Paul commençait à trembler, signe d'une transformation à venir. Leurs regards étaient accrochés l'un à l'autre, arrêter cet échange revenant à un aveu de faiblesse le plus pur. Aux côtés de Paul, Jacob et Embry étaient prêts à arrêter leur ami si la confrontation dégénérait.
Après un long silence, Edward reprit la parole : « Laisses moi te dire une chose, le chien. Si je ne peux pas l'avoir, personne ne l'aura. Personne. »
Et en un souffle de vent, la sangsue n'était plus là.
Paul réagit en quelques secondes, explosant dans sa forme lupine et s'élançant vers la maison d'Isabella. Il devait l'emmener ailleurs pour la protéger. Si ce fils de pute de Cullen lui faisait quelque chose, il ne s'en remettrait jamais … Embry et Jacob étaient dans ses pas, prêts à l'épauler au combat dans l'idée où Fuckward était déjà sur place. Les trois loups arrivèrent à première vue avant le vampire mais il fallait agir vite. Jacob renfila rapidement un short et frappa à la porte des Swan, pendant qu'Embry et Paul restaient à l'ombre des bois.
Bella vint lui ouvrir la porte, sourire aux lèvres avant de le perdre en constatant qu'il ne s'agissait pas de Paul. Inquiète, elle s'apprêtait à demander où était ce dernier quand son meilleur ami lui coupa la parole : « Bell's, il va bien. Simplement, il faut partir.
- Quoi maintenant ?
- Je t'expliquerais ! Mais je préfère que tu sois en sécurité à la Push pour ça. »
Le jeune Black l'attrapa par le bras, lui laissant à peine le temps de fermer la porte. Il l'amena ensuite à ses amis, toujours sous leur forme de loup. Le regard noisette de Bella vogua entre Jake et les deux loups, cherchant probablement comment ils allaient aller à la réserve. L'héritier d'Ephraïm surprit son regard et éclata de rire quand elle demanda : « Et tu comptes m'y emmener comment ?
- A dos de loup bien sûr !
- T'es sérieux ? »
Seul le rire de Jacob lui répondit. Le jeune homme la prit par la main pour l'entrainer vers le loup gris qu'elle savait être Paul. Son meilleur ami lui indiqua comment se positionner sur l'animal et une fois certain qu'elle était bien accrochée, se transforma lui aussi. Le visage dans la fourrure grise, Bella inspirait à pleins poumons l'odeur de l'animal dont Paul avait pris les traits. La bête sentait à la fois comme l'homme, cette odeur si particulière mêlant des notes de bois de santal et d'épices, avec une pointe de terre mouillée. Bercée par les mouvements de l'animal et détendue par l'odeur rassurante de son pelage, Bella finit par s'assoupir.
A leur arrivée à destination, Jacob se retransforma le premier pour la dégager du dos de Paul le temps que celui-ci reprenait forme humaine. Ceci fait, Lahote récupéra son précieux chargement et la ramena chez lui.
Il installa la jeune fille sur son canapé, plaçant une couverture sur elle. Celui-ci s'installa ensuite dans le fauteuil juste en face d'elle, s'improvisant comme le gardien de ses songes. Il ne pouvait plus être le seul et l'unique homme de sa vie, mais une chose était sûre.
Elle était la seule à compter pour lui, alors il ferait tout pour être le dernier homme de sa vie.
A suivre.
