Bonjour à tous et toutes !
J'espère que vous n'avez pas tous fui au vu de ma longue et interminable absence... Voici enfin la fin de cette courte fiction, écrite depuis un bon moment d'ailleurs mais je voulais me laisser la possibilité de retoucher l'ensemble le cas échéant. Mais comme je n'imagine pas les choses autrement, j'ai décidé de vous livrer la fin. C'est volontairement court, je vous laisse comme ça la possibilité d'imaginer l'avenir de nos deux protagonistes.
Je vais essayer de répondre à toutes vos gentilles reviews restées en attente, je vous dois bien ça.
Bisous à toutes (et tous, s'il y a)
Anne.
(Et pour ceux qui liraient Shattered Dawn, la fin approche. Un nouveau projet est également dans mes cartons, mais il s'agit d'un crossover avec l'univers de Vampire Diaries !)
"God knows one day you finally see,
That scars will heal but were meant to bleed"
(Hollywood Undead – Believe)
Quand Isabella s'éveilla le lendemain, la jeune fille remarqua immédiatement qu'elle n'était pas dans la maison de son père. Elle détailla rapidement son environnement. Un petit salon aux murs blancs, meublé simplement et avec des éléments récupérés à droite et à gauche. Un canapé en cuir qui semblait avoir vécu de nombreuses vies déjà, un fauteuil en velours vert bouteille qui se décousait par endroits et une table basse en verre sur laquelle trônait un antique téléviseur. Elle ne se trouvait pas chez les Black, ni chez Sam et Emily. Il ne restait donc que Paul. Qui plus est, par la fenêtre, Bella reconnaissait sans mal le paysage de la réserve. L'espace d'un instant, elle paniqua. Comment était-elle arrivée jusqu'ici ?
Son questionnement ne dura qu'une fraction de secondes, les évènements de la veille se rappelant douloureusement à son souvenir. Le retour d'Edward, l'arrivée de Paul pour l'extirper de là et ce dernier sous forme de loup, tandis que Jacob lui disait de grimper pour l'emmener jusqu'à la réserve. Tout était allé si vite …
Doucement, la jeune femme repoussa la couverture tendrement posée sur elle et partit à la recherche de son hôte. Après une infructueuse exploration de la cuisine qui l'avait conduite à la salle de bain tout aussi vide, il ne restait plus que la chambre à Bella. Cette fois, ce fut la bonne. Paul était là, allongé en travers du lit encore tout habillé. Le jeune homme ronflait, la tête enfouie dans l'oreiller. Ce spectacle ne put que la faire sourire.
Elle referma la porte discrètement et se dirigea vers la cuisine. Bella prit le temps d'ouvrir tous les placards ainsi que le frigo dans l'objectif de rassembler de quoi faire un petit déjeuner digne de ce nom. La jeune femme surveillait la cuisson du bacon quand la voix de Paul se fit entendre : « Franchement, je ne vois pas ce que tout homme pourrait demander de plus. Se lever et voir une jolie fille en train de préparer le petit déjeuner sans qu'il n'ait rien d'autre à faire. »
Bella leva les yeux au ciel avant de rétorquer malicieusement qu'il ferait mieux de ne pas s'y habituer. Le jeune homme rit et vint s'asseoir à table. Ils conversaient gentiment, comme le couple normal qu'ils n'étaient pas encore. Bella ne pouvait s'empêcher d'effleurer le bras tendu de Paul qui souriait sans pouvoir s'arrêter.
Après le petit déjeuner, ils firent la vaisselle dans un silence confortable, apaisant. Le couple s'installa ensuite sur le canapé. Après quelques instants, Paul se releva pour fouiller dans un des meubles de la cuisine. Il revint dans le salon un briquet à la main et le donna à Bella qui observa l'objet, interloquée. Le Quilleute s'assit de nouveau à son côté, lui expliquant à mi-voix qu'avec Fuckward Cullen dans les parages, il serait plus rassuré de la savoir en capacité de se défendre ou du moins, de pouvoir lui échapper. En guise de remerciements, elle lui embrassa la joue avant de se blottir un peu plus contre lui. Le bras enroulé autour d'elle, la main de Paul caressait distraitement les cheveux de la jeune femme qui soupirait d'aise à ce contact.
Un hurlement de loup au loin rompit leur quiétude. Lahote s'était figé, tandis que Bella perdait son sourire et blanchissait dangereusement. Le jeune homme reprit ses esprits tout de suite. Il n'y avait pas de temps à perdre.
Il attrapa son téléphone dans l'idée d'appeler un membre de sa meute pour assurer une protection à son imprégnée. Anxieuse, Bella se tenait près de lui et d'incontrôlables tremblements s'étaient emparés d'elle. Tenant le téléphone d'une main, Paul la colla contre lui et lui caressait le dos de sa main libre pour l'apaiser.
Une voix bien connue résonna alors derrière eux, faisant lâcher un petit glapissement effrayé à Isabella. Edward Cullen se tenait dans l'embrasure de la porte. Ses yeux dorés couvaient l'humaine d'un regard énamouré, teinté d'un sentiment de possession qui arracha un haut le cœur à Bella. C'était affreux de voir qu'un être tant aimé, adulé, adoré auparavant, puisse brusquement devenir une source de dégoût.
Paul n'esquissa pas un geste à l'encontre du vampire. Etonnement, il ne tremblait même pas tentant de maitriser sa colère. Il n'y a que lorsque le télépathe esquissa un geste dans la direction de son imprégnée qu'il plaça celle-ci derrière son grand corps, lui chuchotant de courir retrouver Jacob.
La brune refusa de bouger. Cette dernière prit une grande respiration et Paul crut, à ce moment-là, qu'elle allait fuir. Au contraire, elle avança en direction d'Edward qui jubilait. Son sourire narquois en travers du visage, il s'adressa à un Paul pris de tremblements de rage : « Tu vois, sale chien. C'est moi que Bella aime. C'est à moi qu'elle est destinée. Nous allons passer toute notre vie ensembles et tu n'y pourras rien. »
Il attira Isabella dans son étreinte glacée. Paul sentit plus qu'il ne vit sa moitié réprimer sa nausée et comprit le but de tout cela.
Elle voulait distraire la sangsue pour leur donner une chance de pouvoir le tuer. Ils détenaient après tout ce droit à partir du moment où il avait pénétré sur le territoire de la Réserve. Le traité était à partir de ce moment, considéré comme rompu et qui plus est, ce maudit télépathe avait vraisemblablement l'intention de transformer sa Bella en sangsue.
Cette pensée acheva d'alimenter sa colère et explosa dans son enveloppe de loup. Tous crocs dehors, ses yeux noirs et brillants de rage, il fondit droit sur Edward qui déstabilisé, lâcha Isabella qui en profita pour s'élancer au dehors. Elle se retourna une dernière fois pour voir Paul arracher un morceau du bras du télépathe qui hurla.
Arrivée à l'air libre, toute la meute était là, réunie comme un seul homme autour de Sam, leur Alpha. Haletante, Swan fut uniquement capable d'ânonner un faible : « Paul … »
Les yeux jaunes de l'immense loup noir brillèrent de rage et il poussa de son museau, la jeune femme à rentrer dans le rang de sa meute. Un loup de couleur sable identifiable comme étant Seth Clearwater se posta à son côté. Dans son enveloppe de loup au pelage roux, Jacob les rejoignit et se campa devant Isabella, la cachant au regard des autres.
Un hurlement déchirant résonna depuis l'intérieur de la bâtisse. Bella sentit une douleur s'emparer de sa poitrine, tellement violente que des sanglots étaient montés dans sa gorge. L'origine du phénomène tenait dans la nature de son lien avec Lahote. Les imprégnées et leurs loups étaient irrémédiablement liés. L'un ne pouvait se blesser sans que l'autre ne ressente sa douleur. A n'en pas douter, Isabella souffrait pour cette raison. Les autres loups et plus particulièrement ceux qui étaient imprégnés, réagirent et détalèrent à l'intérieur pour porter secours à leur congénère.
Swan se laissa tomber genoux au sol, la tête entre les mains comme cela pouvait éteindre sa souffrance. Seth et Jacob l'entouraient, frottant leurs têtes poilues contre son cou dans l'espoir d'apaiser sa peine. Après quelques instants, la douleur sembla refluer si bien que Bella se redressa en s'appuyant sur la large échine de Jacob. Un craquement se fit entendre à l'intérieur de la maison et l'humaine s'imagina voir apparaitre un Paul blessé mais souriant.
Rien n'en était.
Edward Cullen apparut sur le seuil, sa chemise immaculée barbouillée de sang. Il arborait son sourire le plus charmeur à l'intention de Bella, à laquelle il ne réussit qu'à donner envie de vomir. La jeune femme se pencha sur le loup sable et chuchota : « Seth, vas voir à l'intérieur si tout le monde va bien … »
L'animal pencha la tête sur le côté, le regard plein d'interrogation et l'adolescente lui répondit par un sourire qu'elle souhaitait rassurant. Un peu tremblante mais le visage assuré, Bella avança en direction du vampire. Sa main agrippait telle une bouée de sauvetage le briquet que lui avait confié Paul un peu plus tôt. A son approche, le vampire l'attira contre son torse glacé et susurra ces mots enrobés de miel qui la faisaient fondre à une époque pas si lointaine mais tellement éloignée en même temps. Edward passa sa main gelée sur le visage de l'humaine, lui murmurant combien ils allaient être heureux ensembles dans leur éternité.
Le roux amorça un mouvement pour l'embrasser. Seth, accompagné de Sam et Jared qui soutenait Paul apparurent derrière le vampire. Bella darda ses yeux marrons dans ceux de son loup, ne le lâchant pas du regard tout le temps que les lèvres gelées de Cullen se mouvaient sur les siennes. Derrière elle, la jeune femme sentait l'ombre de Jacob qui interviendrait au moindre mouvement. Lorsque le vampire relâcha enfin sa bouche, elle prit enfin la parole : « Edward ?
- Oui mon amour ?
- Lorsque tu m'as abandonnée dans cette forêt, j'ai cru que ma vie n'aurait jamais plus le moindre sens. Je n'étais rien, juste une loque bonne à pleurer ta perte. J'ai lentement repris goût à la vie, puis j'ai rencontré Paul. Et j'ai su. J'ai enfin su que tu n'étais pas pour moi. Je ne suis pas ta putain de foutue compagne.
- Mais enfin Bella mon ange, tu divagues … Nous sommes faits l'un pour l'autre. Nous ne pouvons pas vivre l'un sans l'autre »
La réponse de sa soi-disant âme sœur glaça le venin dans les veines d'Edward. Isabella éclata de rire. Son rire, profond et clair, était teinté cette fois-ci de tout le mépris qu'elle éprouvait pour cet être. Hilare, l'humaine essuya les larmes qui avaient coulées sur ses joues et cracha : « M'abandonner dans une forêt en me disant que je n'étais qu'une distraction de plus pour ta race se lassant vite des humaines comme moi, c'était ta manière de me montrer que tu ne pouvais pas vivre sans moi ? Mais t'es complètement dérangé mon garçon !
- C'est ces monstres qui t'ont montés la tête contre moi ! Ils sont dangereux Bella !
- Ils n'ont pas manqué de s'attaquer à moi, eux. Tu as rejeté la responsabilité des évènements de mon anniversaire sur Jasper, mais tu es celui dont la soif l'a véritablement submergé. »
La seule réaction d'Edward à cela fut de tenter de l'attraper par le cou et de la secouer pour lui faire entendre raison. Il n'en eut pas le temps. Paul, malgré ses blessures, avait de nouveau muté et lui avait sauté à la gorge. En un unique coup de dents, le Quilleute arracha la tête du reste du corps de ce télépathe de malheur avant de s'évanouir dans sa forme humaine.
Bella se précipita sur le corps inanimé de Lahote, rassurée de sentir son pouls battre. Sam arriva sur le moment, une trousse de secours sous le bras après avoir fouillé dans la salle de bain du blessé. Il s'attela dès lors à panser ses plaies, Bella l'observant faire quelques instants. La jeune femme se releva ensuite et se dirigea vers les morceaux du corps d'Edward Cullen.
Jared était occupé à le déchiqueter en petits morceaux, sans doute pour venger les blessures que cette pourriture avait infligées à son meilleur ami. Gentiment, la jeune femme poussa le loup à lâcher sa proie et murmura : « Il est grand temps qu'il paie. Je veux qu'il brûle. »
Jared muta de nouveau dans sa forme humaine, enfila un pantalon avant d'aller fouiller dans le garage des Lahote pour en ressortir un bidon d'essence. Le jeune homme le tendit à Isabella qui s'en saisit, sans trembler ni éprouver la moindre angoisse à l'idée de faire ce qu'elle allait faire. Entre temps, les garçons avaient été cherchés du bois et avaient réalisé un bûcher sur lequel les morceaux d'Edward Cullen attendaient d'être placés.
Sue Clearwater et les autres anciens venaient d'arriver, observant la scène avec stupeur. Un Paul ensanglanté auquel Sam était en train de prodiguer les premiers soins, les autres loups entourant Isabella qui faisait face à un bucher de fortune qui rassemblait les restes d'un vampire. La mère de Seth et Leah alla immédiatement prêter main forte à Sam, les hommes se dirigeant vers l'autre partie du groupe pour les interroger sur les évènements.
D'une voix égale, Isabella raconta comment Edward s'était introduit chez Paul et avait prévu de la soustraire à son compagnon. Jared expliqua alors comment le télépathe avait blessé Paul avant que celui-ci, dans un dernier effort, ne mute pour le blesser à son tour.
Au fur et à mesure du récit, les Anciens hochaient la tête pour approuver et quand les plus jeunes eurent terminé, Billy Black annonça que la mort était le seul châtiment possible pour le vampire. Après tout, il avait rompu le traité et mis en danger des vies humaines. Personne ne prévint le clan Cullen. Car personne ne devait empêcher la mise à mort du vampire. Personne.
Les garçons déplacèrent le bûcher sur la plage, les anciens et la meute installés en première ligne face au brasier. Paul avait voulu être là, bien qu'encore affaibli.
Symboliquement, on décida qu'Isabella mettrait le feu au corps. L'espace d'un instant, Bella se crut incapable de le faire mais un coup d'œil vers Paul, la convainquit que c'était ce qu'il y avait de mieux pour elle, pour eux. Elle actionna le briquet et le jeta sur le corps arrosé d'essence. Les flammes prirent tout de suite, montant vers le ciel et diffusant une fumée âcre de couleur violette autour d'eux.
Une unique larme coula sur la joue pâle d'Isabella, ultime reste de l'amour partagé pour Edward Cullen, avant qu'elle ne s'en retourne vers la seule personne dont elle n'aurait jamais besoin, Paul Lahote. Grimaçant à cause de la douleur, il la serra tout de même contre lui en embrassant sa chevelure. Au creux de l'oreille, il lui murmura : « Je sais que tu ne l'oublieras jamais vraiment, aussi j'attendrais le temps qu'il faudra… Je t'aime Isabella. »
Le vent s'était levé sur la plage, soulevait les longs cheveux bruns de cette dernière par intermittences. Le soleil était pour une fois présent, ses rayons baignaient les corps d'une chaleur agréable et tellement rare dans la région. Souriante, Bella lui caressa la joue et répondit encore plus doucement : « Edward était comme une cicatrice. Plus assez sanguinolente pour me faire souffrir mais pas guérie pour autant. Il a rouvert la plaie aujourd'hui mais une cicatrice est toujours vouée à saigner de nouveau, sans que la douleur nous paralyse. Je ne ressens plus rien pour lui depuis qu'il m'a abandonné dans cette forêt, à part du dégoût. Il n'y a plus que toi, depuis longtemps. »
Cette tirade fit grandir le sourire de Lahote qui enlaça son imprégnée avant d'enfin joindre leurs lèvres. Leur étreinte relâchée, ils joignirent leurs mains avant de retrouver leurs amis qui les applaudirent, trop heureux de les voir enfin ensembles.
Quelques heures plus tard, Carlisle s'enquit de savoir où se trouvait son fils auprès de l'Alpha. Sam lui annonça froidement sa mise à mort du fait de son impardonnable crime. D'une part, il avait franchi la frontière mais en plus, il s'était attaqué à une imprégnée. La colère à laquelle s'attendait l'Alpha ne vint même pas. Le docteur se contenta de se confondre en excuses avant de raccrocher. Le lendemain, les Cullen avaient quitté la ville à la grande satisfaction de Bella et du reste de la meute.
Une poignée d'années plus tard, on célébrait le mariage d'Isabella Swan et Paul Lahote. Une fois devenue officiellement Isabella Lahote, cette dernière songea aux années écoulées au milieu du lit aux draps froissés qui fut le théâtre de leur nuit de noces. Aussi abimés par la vie qu'on soit, nos cicatrices ne sont jamais une fatalité en soi. On doit apprendre à les apprivoiser, à nous accepter comme l'on est. Ainsi, on trouvera peut être le meilleur pour nous.
Elle finit par s'endormir sur cette pensée, callée contre l'épaule nue de son époux et prête à affronter cette vie d'humaine qu'elle n'abandonnerait pas contre la moindre immortalité.
Fin.
