Salut, les amis.

Voilà la suite que vous attendez. Merci à OnceIWas qui a pris le temps de m'aider pour la correction de ce chapitre. Vous pouvez la remercier aussi et aller voir sa fic sur son profil.

Deux choses avant de vous laissez lire.

- Je vais essayer garder le rythme de publication que j'ai depuis 2-3 chapitres, soit tous les dimanches. Cependant, partant en vacances le week-end prochain de l'autre côté de la terre, il se peut qu'avec le décalage horaire, je me plante entre le samedi ou le lundi. Je pars 1 mois. Vous êtes prévenue mais quoi qu'il en soit, je publierai.

- Sur ce chapitre, attention âme sensible, s'abstenir sur la partie flashback et le paragraphe qui suit. Regina raconte sans trop de détail son calvaire mais cela peut être choquant pour certains, même si cela est léger par rapport à la suite dans quelques chapitres. Mention: torture, viol, mauvais traitement,...


Sortir la tête de l'eau

Suite à notre conversation, un grand aménagement s'opéra le lendemain. Malgré les protestations et recommandations de Regina sur l'utilisation de la magie, j'agrandis toutes les portes. Pour l'ilot de la cuisine, je baissai celui-ci et y installa la cafetière, j'installai les couverts ou ustensiles indispensable dans les placards du bas enfin qu'elle y ai accès. La salle de bain changea aussi d'aspect afin que le bac de douche soit plus grand et lui permette de se doucher toute seule. Néanmoins, elle n'y allait jamais seule et nous finissions toujours toutes les deux ensemble.

Durant les quinze jours qui suivirent, une routine s'installa. Tous les deux jours, douche, séances avec son ergothérapeute pendant que je sortais en ville. J'en profitais pour aller voir Henry ou mes parents et Archie. Tous les matins, j'utilisais aussi ma magie pour la soigner, si bien que lors de sa visite avec Whales à la fin de la deuxième semaine, celui-ci réduisit les doses d'analgésiques, lui changea ses médicaments. Il était très impressionné de l'avancée de son rétablissement et fut optimiste quant à la suite de sa rééducation qu'il lui expliqua plus ou moins en détail. Peu à peu, une certaine complicité c'était installé entre nous. Nous aimions nous installer ensemble sur le canapé, l'une dans les bras de l'autre, mais cela n'allait pas plus loin.


Aujourd'hui, Archie passait à la maison pour sa séance avec Regina comme convenu. Regina était stressée. Elle se triturait les doigts, elle jetait constamment des regards à la porte. Je m'approchai d'elle gentiment et me mis à sa hauteur.

-ça va bien se passer, tu n'as rien à craindre. Rappelle-toi de tes séances avec lui pour arrêter la magie, la rassurai-je.

-Il est très patient, attentionné, compréhensible. Mais je ne peux m'empêcher d'être légèrement apeuré, confia-t-elle.

-Tu veux que je reste avec toi ?

-Non, je peux le faire, m'affirma Regina, sûre d'elle.

-Tu veux que je t'installe sur le canapé pour être plus à l'aise ? Demandai-je.

-Oui, s'il te plait.

Je la pris délicatement par la taille et la souleva pour l'asseoir sur le canapé, ses jambes reposant sur le pouf. Je restai à ses côtés, lui caressant le dessus de sa mains avec mon pouce, sa tête reposant sur mon épaule, jusqu'à ce qu'Archie tape à la porte. Après lui avoir ouvert, il s'installa sur un divan en face de Regina, je déposai un bisou sur le front de celle-ci et lui souhaita bonne chance avant de partir rejoindre Henry.

Il m'attendait sur les bancs donnant sur le port.

-Comment va ma mère ? S'empressa-t-il de me demander alors que je ne mettais pas encore assise.

-De mieux en mieux, lui annonçai-je

-Quand pourrai-je la voir ?

- Je ne sais pas Henry. Je soupirai en lui annonçant.

-ça fait plus de deux mois depuis son réveil, je n'ai pas encore pu la voir. Elle ne sort pas de chez elle. Je ne peux même pas l'apercevoir de loin, m'assurer que tout va bien, s'impatienta Henry.

-Je sais, il te faut être très patient mais je te promets de faire bouger les choses. Ça te dit de la voir samedi prochain ?suggérai-je.

-J'en serai ravie, mais comment comptes-tu t'y prendre, tu as bien vu sa réaction à l'hôpital ?

-Et si par hasard, au cours d'une promenade, elle tombait sur toi, continuai-je.

-Tu ferais ça pour moi ? Contre son avis ? S'émerveilla Henry, un sourire apparaissant sur son visage.

-Il y aura un moment où il faudra bien qu'elle fasse face à ses peurs. Je pense que la convaincre de sortir ne sera pas le plus compliquer. Par contre, tu feras expressément tout ce que je te dis sinon tu peux faire une croix pour la revoir. Tu devras être le plus doux possible avec elle, ne pas la brusquer, exigeai-je.

Il se pencha vers moi et me murmura une idée dans l'oreille.

-ça lui plaira ? L'interrogeai-je

-Elle va adorer. Ça fait longtemps qu'elle n'a pas eu le temps de le faire.

-Bon, tu m'accompagnes jusque chez Marco pour lui demander ce que nous avons besoin et après, tu m'accompagne jusque là-bas et m'explique tout.

-C'est parti, opération maman, jubila-t-il tout joyeux de pouvoir faire plaisir à sa mère.

Pendant ce temps, à la maison du maire. Un silence planait dans la pièce. Alors que ça trainait en longueur, tous deux face à face, Archie s'élança après avoir lancé l'enregistrement audio.

- Je suis Archibald Hopper, psychiatre, et vous, vous êtes Vous, Regina Mills, maire de Storybrooke et mère d'Henry, ex Evil queen, entama-t-il.

-Ouh ce n'est pas mon rôle préféré ça.

-Regina, vous savez comment je fonctionne. Vous pouvez tout me dire, cela restera entre nous. Je ne suis pas là pour vous juger non plus.

-Je sais bien. Seulement, je ne sais pas par où commencer, si j'aurai la force de le faire, avoua-t-elle.

-Nous avons le temps. Si nous commencions par votre ressenti sur la situation actuelle. Comment vivez-vous votre quotidien avec Emma ?

-Je le vis plus ou moins mal. Je vis mal ma situation handicapante, tout ce qui a un rapport avec mon corps en général. J'ai des jours où ça va et d'autres où ça va pas. Je me dégoute, me trouve moche, infirme, inutile. De ce côté-là, Emma est très attentive. Elle trouve toujours les mots justes pour me réconforter et me montrer que j'ai tort, révéla-t-elle un sourire aux lèvres, les yeux dans le vide en se rappelant les moments qu'elle a partagéavec Emma dans ses bras, ses mots. Elle est une perle rare. Elle me fait me sentir en sécurité, respecté, désiré, ose dire ce qu'elle pense. Je m'en veux de l'avoir traité comme je l'ai fait quand je vois de quoi elle est capable pour moi. Elle retournerait la terre si elle pouvait pour que j'aille mieux. Elle est même allée à l'encontre de mes recommandations pour pouvoir utiliser la magie afin de me rendre la vie meilleure et me soigner plus rapidement.

- Qu'est-ce qui vous fait le plus peur actuellement ? L'encouragea Archie à continuer.

-Plusieurs choses, le regard des autres, le fait de voir de la pitié dans leurs yeux ou qu'ils veuillent m'aider m'est insupportable. Dans le sens où ils veulent faire attention, ne pas me brusquer, me laisser dans mon cocon pour ne pas souffrir alors qu'avec Emma c'est différent. Elle veut m'aider, me protéger mais tout en me poussant dans mes retranchements pour que je sorte de ma léthargie, que j'avance dans mon rétablissement. Je me sens en sécurité avec elle, j'ai confiance. J'ai peur aussi de mon avenir incertain, si jamais je devais rester dans ce fauteuil toute ma vie, admit-elle.

-Regina, je pense que vous pouvez effectivement faire confiance à Emma, elle va être très bénéfique dans votre rétablissement psychologique, vous pouvez lui dire tout ce qui vous passe par la tête, elle saura quoi faire. Restez optimiste. Arrêtez de penser à ce que votre futur vous réserve, il est incertain. Dans votre état, vivez le moment présent, vous en avez besoin, lui conseilla Archie avec le plus de douceur possible.

Regina resta un petit moment muette avant de reprendre la parole.

-J'ai peur pour Emma, proclama Regina.

-Pourquoi ?

-Je…je…, elle prit une profonde inspiration, elle m'est précieuse.

-Qu'est-ce que vous ne dites pas ? N'ayez crainte. Archie la rassurant avec sa voix posée, calme.

-Je … je l'aime. confessa-t-elle. Je ne voudrai pas qu'il lui arrive quelque chose par ma faute en restant avec moi. On ne sait pas ce que sont devenu les Queens of Darkness, si elle revenait et qu'elle faisait comme avec Henry. La fin de sa phrase fut saccadée et mourut dans sa gorge, elle baissa les yeux sur ses mains se tortillant sur ses cuisses.

-Tout se passera bien. Vous ne pouvez pas l'empêcher d'être prêt de vous. C'est son choix pas le vôtre. Je sais qu'elle vous protégera au péril de sa vie si besoin, lui signala Archie pour qu'elle comprenne bien qu'elle y est pour rien dans les décisions d'Emma. J'aimerai que vous me parliez de ce qui vous ait arrivé une fois que vous avez quitté Storybrooke ?

D'après ce que lui avait confessé Emma à propos de sa réaction envers son fils, il souhaita s'écarter du sujet Henry et le remettre à plus tard. Elle n'était pas prête, elle avait les larmes aux yeux quand elle l'avait évoqué.

-Que voulez-vous savoir ? Questionna-t-elle en relevant les yeux vers lui.

-Ce que vous êtes prête à me dire. Je ne suis pas là pour vous faire parlerde choses que vous n'avez pas envie d'évoquer, l'incita-t-il à poursuivre.

- J'étais retenu dans une salle qui sentait l'humidité, la moisissure et l'urine. Les premiers jours ça me donner envie de vomir puis je m'y suis faite. Je dormais sur une couverture à même le sol, humide et sale, débuta Regina d'une voix monotone.

Elle calma sa respiration pendant un petit moment avant de prendre une profonde inspiration et de persévérer dans son récit :

Flashback

Les premiers jours, il me semble, j'étais attachée à une chaise. Etant dans un sous-sol avec des lumières artificielles, j'avais aucune idée du temps écoulé. Après plusieurs discussions et quelques égratignures, voyant que je n'étais pas disposée à parler, mon bourreau me frappa dans le ventre. A chaque fois que j'étais malmenée, Maléfique ou Cruella étaient présentes. Je me mis à cracher du sang sous la puissance de l'impact. Tout mon ventre et flanc droit étaient douloureux.

-Tu finiras par abdiquer, s'esclaffa Maléfique.

Maléfique ricana lorsque le bourreau sortit pour revenir après quelques minutes avec un chariot sur lequel étaient disposés un certain nombre d'instruments tranchants.

-Toujours muette ? Très bien, mais ne viens pas dire que tu n'as pas eu le choix, railla Maléfique.

Il prit alors une lame qu'il enfonça dans ma cuisse, la douleur était immense, mais ce n'était pas encore assez pour Maléfique qui lui ordonna de continuer. Il ressortit la lame en la faisant frotter contre l'os. Je réprimai à grand peine un cri déchirant. S'ensuivit alors pour moi un calvaire qui dura plusieurs heures, je ne pouvais m'empêcher de hurler lorsque ma souffrance devint intolérable, ce qui fut le cas dès les dix premières minutes. Après deux heures de torture, il arrêta son manège, rangea ses ustensiles avant de se diriger vers la porte.

- Soit plus coopératif la prochaine fois si tu ne veux pas revivre ça, pouffa-t-elle.

Quand je fus sûre qu'ils étaient partis, je dus alors me battre contre la douleur qui menaçait de m'engloutir, mais sans succès. Fermant les yeux, je sombrai dans les ténèbres, quittant un moment les douleurs du monde matériel.

Je me réveillai plus tard lorsque l'on me jeta de l'eau au visage. Je fus désorientée et je ne compris pas tout de suite ce qu'il se passait. Je m'en rappelai en levant les yeux vers la personne qui se tenait devant moi, Maléfique. Je ne sais combien de temps s'était écoulé. Je ne pouvais m'essuyer le visage, et lorsque de l'eau s'infiltra entre mes lèvres sèches à cause de la déshydratation, je ne résistai pas à en boire une partie. Je me rendis compte trop tard de mon erreur, c'était de l'eau salée.

- Alors, tu as soif ? Ricana Maléfique, c'est bête, je n'ai que cette eau-là à te proposer. J'espère que tu n'es pas trop difficile.

Malgré moi, j'admis qu'elle était très douée pour les interrogatoires. Je ne pourrai tenir indéfiniment avec le manque d'eau, il me sera difficile de résister à mon besoin d'eau. Celle-ci étant salée, la boire ne ferait que m'assoiffer davantage. De plus, le fait de la sentir couler sur mon visage me rendrait folle rapidement, même si je savais que la boire ne ferait qu'empirer les choses, j'avais déjà du mal à m'empêcher d'essayer d'en recueillir quelques gouttes.

Fin Flashback

-J'ai fini à l'infirmerie car je me suis laissée mourir de faim et de soif. Les vrais ennuis ont commencé après. J'ai été mis à nu et rasé pour bien me faire comprendre que je n'avais plus aucun pouvoir, que je leur appartenais. Je pouvais sentir à chaque fois, les mains rugueuses des gardes sur mon corps meurtri, ils me trainaient dans et hors de ma cellule. Elle voulait récupérer mes pouvoirs mais j'ai refusé. J'ai voulu partir mais ils m'ont rattrapé et m'ont sectionné les tendons d'achille. J'ai été torturé mainte et mainte fois de diverses manières. Elles m'ont infligé des brulures, j'ai été électrocuté, pendu par les bras je ne sais combien de temps au point que je pensai que mes bras allaient lâcher. J'ai été fouetté avec diverses instruments, m'ont infligé des hallucinations grâce à des produits et du venin de serpent, me paralysant ou me privant de mes sens ou encore en affligeant mes nerfs. Des jours, ils me trempaient dans des bassins d'eau salée avec ma chair à vif, m'exposaient mouillé par de l'eau glacé face à des ventilateurs. Ils m'ont asphyxié avec un sac sur la tête ou en me plongeant dans l'eau, j'ai été battu et violé par tous les trous. J'ai eu les os cassés, les ongles arrachés.

Elle avait dit tout cela d'une seule traite, rapidement afin qu'Archie ne l'interrompt pas. Elle craqua et s'écroula dans un sanglot, incapable d'en dire plus. Les larmes dévalant ses joues, son corps pris de tremblement. Archie se plaça à côté d'elle, lui frottant le dos afin de l'apaiser.

-Les coupables payent toujours, d'une manière ou d'une autre. Regina, connaissant Emma et David, cela ne restera pas impuni, promis Archie. Maintenant il faut que vous passiez outre cela. Il faut que vous continuez à vivre pour vous, sans que votre passé occulte votre vie future.

-Je ne lui ai rien dit, elle ne sait pas ce qui s'est passé, l'informa Regina, essayant de retrouver un peu de prestance dans sa voix.

-C'est pas grave. De toute façon, je pense que sur certains points elle le sait déjà. Elle est passée me voir ces derniers quinze jours concernant ce qu'elle avait vu le jour où elle est venue vous chercher. Ce n'est pas glorieux, elle a été choquée mais elle sait l'enfer que vous avez vécu. Si vous avez besoin, n'hésitez pas à lui en parler, elle comprendra. Comment vous sentez-vous maintenant ?

-Un peu soulagé, bouleversé aussi. Même si je n'aime pas revenir sur ce qu'il s'est passé, balbutia-t-elle

-Tant mieux, il faut que ça sorte, ça vous fait du bien. Je suis fière de vous. Vous avez tenu tête à ces femmes au péril de votre vie pour sauver les gens. Tout comme peu de personne arrive à un tel niveau de thérapie en aussi peu de temps, s'extasia-t-il. Vous ne pouvez pas garder cela pour vous et devez continuer à vous battre contre vos souvenirs. J'aimerai que pour la prochaine fois, vous me racontiez en détails. Une partie ou la totalité, comme vous le souhaitez. Je vous laisse le temps d'y réfléchir, nous programmerons la séance quand vous le voudrez. Passez-moi un coup de fil quand vous vous sentirez prête. Tant que vous ne serez pas prête à m'en dire plus, je ne pourrai vous aider plus.

Il resta auprès d'elle à lui frictionner le dos et la consoler comme il put. Une fois calmé, ils firent plusieurs parties d'échec en attendant qu'Emma revienne à la maison en fin d'après-midi. Emma revenu, elle prit le relais, préparant à manger, regardant un film et couchant Regina qui se contenta de répondre aux questions d'Emma. Elle n'évoqua pas sa séance avec Archie.


J'ouvre les yeux, je suis encore dans mon lit, j'aperçois la nuit à travers la fenêtre. Je regarde le réveil et voit l'heure : 2h45. Ça fait seulement 1h30 environ que je dors. Ce qui m'a réveillé est le bruit d'halètement que j'entends à travers le baby phone. Je sors du lit et me précipite dans la chambre de Regina. Je la vois allongée sur le lit, regardant le plafond. La sueur perle partout sur sa peau. Sa respiration s'est accélérée, les battements de son cœur aussi donc je m'approche et prends son pouls. Ses mains tremblent et elle est prise de tremblement.

-Regina, je suis là, soufflai-je

Je prends son visage entre mes mains afin qu'elle me regarde.

Son regard se disperse partout à travers la pièce. Elle s'agite. Je la place en positon demi-assise contre des coussins et me place devant elle en essayant d'ancré mes yeux dans les siens.

-Regina, calme-toi, ce n'est rien, juste une crise. Inspire en comptant jusqu'à 5 . Du calme, du calme, lui demandai-je.

Je lui caresse les cheveux, tout en lui parlant.

-Allez, nous allons le faire ensemble. Suis ma respiration.

Elle essaye de fuir mes bras qui sont sur ses épaules mais je la retiens. Son regard est vague, je me demande si elle est consciente de ce qui se passe autour d'elle.

-Inspire tranquillement, lui susurrai-je.

Je lui pose une main au milieu de la poitrine pour la calmer et suivre ses mouvements thoracique.

-Un, deux,…, commençai-je.

Elle continue d'haleter. Je n'arrive pas à la ralentir. Je me place derrière elle et l'entoure de mes bras qui viennent se poser sur son ventre. Elle m'agrippe les bras avec ses mains. Supposant qu'elle est revenue un peu à elle.

-Il faut que tu respires tranquillement. Essaye avec moi, je vais t'apprendre à respirer. Inspire en comptant jusqu'à 5, repris-je. Inspire, 2,3 4 5, on bloque, 2, 3, 4,5, expire, 2, 3, 4,5. Bien. Continue. Inspire, 2,3 4 5, on bloque, 2, 3, 4,5, expire, 2, 3, 4,5. Imagine que tu souffle sur un chardon en fleur, lui conseillai-je. Voilà, respire calmement, tranquillement. Toute seule.

Elle s'exécute en refaisant la même chose. Je lui frictionne les bras pour l'apaiser. Elle tente de ralentir sa respiration. Au bout d'une ou deux minutes, elle se calme, même si elle est toujours prise d'un peu de sueur et de tremblements.

-ça va mieux ? lui murmurai-je.

-Oui, j'ai fait un cauchemar. C'est fini ?

- Je ne sais pas, Whales m'avais prévenu, c'est des crises d'angoisse ou d'anxiété.

Je me rappelle de la conversation que j'avais eue avec Whales à ce propos.

-C'est dangereux ? me demanda-t-elle, sentant le trouble dans sa voix.

-Non, ce n'est pas dangereux. C'est un trouble émotionnel, rien de grave. C'est surtout physique.

-Physique ?

-Les symptômes de l'angoisse sont surtout physique : étourdissements, bouche sèche, audition déformée, tremblements, respiration lourde, nausée,… rien de grave. Il faut juste que tu arrives à te calmer dans ces moments-là.

-Comment tu as su ? S'enquiert-elle.

-J'ai mis un baby phone dans ta chambre.

-Tu me surveilles ?s'interrogea-t-elle, une pointe d'humour dans sa voix maintenant qu'elle était revenu à elle.

-Tout dépend ce que tu appelles surveiller ? Mais oui, je te surveille par rapport à ce qui vient de se passer.

-Merci d'être là pour moi, me chuchota Regina se laissant porter par sa fatigue.

-Chut, maintenant essaye de te rendormir, tu en as besoin. Je reste là, la rassurai-je.

Je tirai la couverture sur elle et laissa courir mes doigts sur ses avant-bras. Je me mis à chantonner Echoes de Pink Floyd. Je la sentis se détendre quand elle a rejoint les bras de Morphée et je décide de rester un petit moment encore. Même si je ne suis pas habitué et que je trouve cela étrange, j'apprécie de plus en plus ces petits moments « câlins » avec Regina. J'aime prendre soin d'elle, la rassurer,… et échanger des moments intimes. Sans m'en rendre compte, je m'endors là, Regina dans mes bras, dans son lit, en étant bien, apaisée et comblée.


Lorsque j'émergeai de mon sommeil, j'étais bien. Je me rendis compte que j'étais toujours avec Regina dans mes bras. Elle dormait toujours malgré l'heure tardive qu'il était : 9h47. Je laissai vaquer mon regard sur son corps. Sa poitrine se soulevant lentement au rythme de sa respiration, ses mains toujours accrochées aux miennes, ses doigts entrelacés aux miens, son corps étendu contre le miens, apaisée. La vision que j'avais sous les yeux me gonfla le cœur. Qu'est-ce que j'aimerai me réveiller tous les matins avec cette vision. Pourquoi ne pas le faire, après tout, je serai plus proche en cas de cauchemar. Inversement, il ne faudrait pas qu'elle prenne ceci pour une invitation de ma part comme une réponse à ses sentiments envers moi. Je ne sais pas quoi en penser encore, et je ne suis pas prête à m'engager pour le moment. J'ai encore besoin de temps pour y réfléchir.

-Quelle heure il est ? Se renseigna Regina, la voix roque et endormie.

Perdu une fois de plus dans mes pensées, je ne m'étais pas aperçu du changement de rythme de la respiration de Regina.

-10h passé. Bien dormi ?

Je l'admirai se gratter les yeux et les entrouvrir légèrement. Que c'est plaisant. Elle se tourna légèrement pour ancré son regards dans le miens.

-Depuis que tu m'as rejoint, une des meilleures nuits depuis bien longtemps, me répondit-elle le plus naturellement possible.

-Tu es magnifique au réveil.

Ses joues se tintèrent d'une couleur rosée. Elle baissa les yeux et je ne pus réprimer mon envie de l'embrasser sur le front puis de lui faire remonter la tête en la prenant par le menton.

-N'ai pas honte, c'est vrai. Pour une fois dans ta vie, laisse tomber tes barrières, tes peurs, ton masque.

-Je ne sais pas comment faire. Tu connais mon passé, je n'ai jamais été doué pour ça. On ne m'a jamais montré aucune attention, pris soin de moi. Toutes les personnes que j'ai voulu chérir ne m'ont apporté que de la souffrance.

-Laisse-toi chérir, bercer par mes caresses, mes attentions, tes émotions et ton cœur. Je veux que tu prennes du plaisir dans la moindre petite chose. Tu en es capable. Je veux découvrir la vrai Regina, pas l'Evil queen ou Madame le Maire. Je veux voir la jeune fille aimante, insouciante et gentille que tu étais avant que Daniel ne meure. Je sais que depuis pas mal de choses ont changé, que tu as évolué, mais il y a toujours une partie de cette jeune femme au fond de toi. Je veux que tu me la montres. Avec moi, tu n'as rien à craindre, rien à cacher et à perdre.

Tout en lui conseillant ceci, je lui caressais le ventre, posant par-ci par-là, de temps à autre un baiser sur son crâne.

-Et si tu meurs. Je ne veux pas te perdre par ma faute, avoua-t-elle, au bord de l'émotion.

-Il m'arrivera rien, je te le promets. En attendant, je veux que tu sois plus détendu, zen, en paix avec toi-même. Bon, partante pour notre train-train du matin.

Elle hocha la tête pour me donner son autorisation de poser mes mains sur elle pendant qu'elle faisait bien attention de fixer le plafond. Je n'avais aucune envie de la replongée dans son cauchemar et je me dis que si elle avait besoin d'en parler, elle le fera. Je l'allongeai dans le lit après m'être retirée de derrière elle. Je remontai sa couette afin de libérer ses jambes sans pour autant lui faire attraper froid. Je lui pris délicatement l'une d'entre-elles pour commencer à la masser, à lui faire ses exercices comme Whales me l'avait montré. Ceci permettant d'entretenir ses articulations, de garder sa mobilité articulaire et l'assouplissement de ses muscles. Tandis que je m'attaquais à sa deuxième jambe, elle me posa LA question fatidique:

-Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?

-Je pensais … que … l'on pourrait …, hésitai-je de peur de sa réaction.

-Sortir ? Hors de question, Miss Swan et vous savez pourquoi.

J'avais déjà évoqué la question la semaine dernière pour tâter le terrain. Elle savait qu'à un moment ou à un autre, elle serait confrontée à ce problème.

-Et voilà, on retourne au Miss Swan et au vouvoiement, m'esclaffai-je pour détendre l'atmosphère.

-Je ne veux pas sortir, je ne sortirai pas.

-Ah oui, et comment comptes-tu t'y prendre si je te force ?

- En te roulant dessus par exemple ou … en te mordant, … ou en te tapant

-Très drôle, votre Majesté, lui répondis-je avec un sourire jusqu'aux oreilles, ne me laissant pas impressionner.

Regina se renfrogna et essaya de disparaitre dans ses oreillers en voyant que son engouement ne marchera pas.

-Parlons sérieusement, tu comptes rester enfermée pour le restant de tes jours ? Et si tu restais dans cet état ? Tu ne sors pas, tu n'invites personne, je suis la seule avec Archie à te côtoyer. C'est plus possible. Arrête de rouler des yeux, c'est agaçant et cela prouve que j'ai raison. Je sais ce que tu ressens, comment tu te sens pour m'en avoir fait part, que ce qui t'es arrivé est horrible, j'imagine ce que tu penses de mon attitude et de mes idées. Je te demande pas de participer à une fête avec toute la ville, ni d'aller au Granny, seulement j'aimerai que l'on puisse faire des petites promenades comme autour du lac, ou des pique-nique à la plage ou en lisière de forêt. Sortir quoi. Toute les deux, SANS PERSONNE.

-Je comprends ton envie. Tu restes avec moi tout le temps. Je veux bien faire un effort si tu me promets que nous ne rencontrerions personne. Je ne suis pas prête à affronter le regard des autres, céda-t-elle.

-Je ne peux te le promettre à 100% car tu vois, ta voiture ne passe pas inaperçue dans la ville mais pour ce que j'ai en tête, je te promets que nous serons seule. C'est pour ça que je développe mon idée, pour que l'on soit sur la même longueur d'onde. Je ne me leurre pas, tu n'es pas prête pour voir des gens et je le respecte. Comme je te l'ai déjà dit, nous irons à ton rythme.

-Dans ce cas, je pense qu'une sortie me fera le plus grand bien, je pourrai enfin voir autre chose que ma maison et mon jardin. Mais…

- Si ça ne va pas, que le regard des autres te dérange, si l'expédition est trop compliquée à gérer pour toi, on rentre, ça aussi j'en ai conscience, continuai-je sur sa lancée.

-Je vois que tu penses à tout.

-J'ai dit que je te soutiendrai, c'est ce que je fais, je prends en compte tous les paramètres possibles afin de te faciliter la tâche.

Après avoir fini ses soins, j'entrepris de l'habiller avec un de mes joggings comme tous les jours, mes baskets ainsi qu'une polaire bien chaude. Le petit-déjeuner se prépara dans une ambiance décontractée. Je préparai les pancakes pendant qu'elle nous faisait les boissons en chantant après avoir allumé la musique. Si quelqu'un nous voyait, il aurait pu penser que nous formions un couple. L'aidant dans sa tâche pendant qu'elle chantait, je la portai dans mes bras pour la faire danser alors qu'elle rigolait de mes idées immature, puéril comme elle aimait le dire. J'en profitai d'ailleurs pour respirer un peu au passage son odeur, devenu une drogue pour moi.


J'avais déjà tout prévu dans le coffre de la voiture de la Mercedes pour notre sortie, ne me restait plus qu'à l'installer côté passager. Ma voiture n'étant plus qu'une épave suite à l'utilisation de ma magie.

-L'endroit où je veux t'amener est une surprise. Me permets-tu de te bander les yeux ? lui demandai-je une fois installé chacune dans un siège de la voiture.

-Tu restes avec moi ?

-Ah oui, et qui conduira la voiture si je ne suis pas là ?

-Fait-le.

Après m'être exécutée, je pris la route. Elle ne pouvait pas voir les regards lancés par les passants sur notre passage et j'en fus soulagée. Malgré notre avertissement lors de la réunion, certains avaient une curiosité à toute épreuve. Durant le trajet, je ne lâchai pas sa main afin de lui montrer que j'étais toujours là. Arrivé sur place, je m'occupai de la mettre dans le fauteuil avant de me diriger vers le bâtiment en face.

-Cela te gêne si David nous aide ? m'assurai-je avant de lui faire signe de nous suivre.

-Non, pas du tout.

David était passé plusieurs fois à la maison pour m'amener du travail ou discuter de l'avancement de l'enquête des Queens of Darkness. Regina avait l'habitude de le voir et d'assister à nos rendez-vous.

Alors que je continuai à avancer, elle reconnut l'odeur.

-Nous sommes aux écuries ? Emma, je ne peux pas monter, c'est n'importe quoi ! Se renfrogna-t-elle.

- Chut, je n'ai pas fini.

Je poursuivi toujours mon chemin jusqu'à m'arrêter devant un box ouvert.

-Tu es prête à voir ta surprise ?

-Emma je sais déjà où je suis, ce n'est plus une surprise, se moqua-t-elle de moi.

-Tu es loin du compte, là tu n'as qu'un avant-gout.

Je lui retirai le bandeau. Elle se retrouva bouche bée devant un cheval de couleur noire au museau blanc et crinière grise. Il possédait un corps robuste, des pattes musclées, un léger bronzage sur les sabots et des yeux vert. Une selle un peu spéciale était déjà installée, avec des sangles partout et un dossier assez haut.

-Je te présente Khan, c'est lui que tu vas monter, l'informai-je

Elle se déplaça en face de lui, tendit la main. Khan approcha son museau pour venir effleurer sa main.

-Moi je monterai Pilgrim, tout en lui montrant l'autre cheval.

C'était un morgan de 4 ans, à l'encolure fière et à la robe d'un bai si foncé qu'il tirait sur le noir, installé un peu plus loin.

-Emma, tu es complétement folle.

-J'ai fait faire la selle exprès pour toi à Marco. On va t'aider avec David pour monter. Je sais que tu es une cavalière émérite, c'est pour ça que tu vas t'éclater, pense à ce que je t'ai dit tout à l'heure. Une fois installé, on va t'accrocher le buste et les jambes afin que tu tiennes et tu vas me suivre.

-Pourquoi il y a des sacoches sur le tiens ?

-Tu verras plus tard…

Avec David, on la hissa sur le cheval, l'installant confortablement sans trop serrer les sangles. Une fois tous les ajustements parfait, je lui fis faire un tour en guidant le cheval par les rennes dans le bâtiment afin de vérifier que tout aller bien et qu'elle s'habitue.

Une fois fait, je lui rendis les rennes alors que je montai sur le miens. Je n'étais vraiment pas à l'aise. Henry m'avait fait une initiation hier car j'étais novice mais cela ne me rassurai pas pour autant. J'étais stressée mais ne laissa rien paraitre. Jetant un coup d'œil à Regina, je pouvais voir transpirer la réjouissance sur son visage. Elle faisait faire des tours à son cheval, arborant un sourire fier.

-Allez, on y va, annonçai-je fièrement.

-Je te suis.

Nous partîmes en balade à travers champs, chevauchant au grès du vent, puis dans la forêt. Je laissai Regina imposer le rythme, alternant entre le trot, le galop,… Elle riait, me regarda avec des yeux remplit d'amour et de tendresse. Je pris des photos d'elle sous toutes les coutures. Voilà, ce que je voulais voir, cette femme-là, épanoui, insouciante, rieuse,… Je ralentis la chevaucher pour que nous pique-niquions au bord du ruisseau. Je sorti tout le nécessaire de mes sacoches en attendant que Regina arrive. Je l'aidai à descendre et l'installa sur la couverture.

-Prends-moi dans tes bras.

Je m'installai dans son dos, contre le tronc d'arbre et la serra dans mes bras.

-Tu as eu une merveilleuse idée, m'avoua-t-elle

-Je sais, cela n'aurait pas été possible sans l'aide de quelqu'un d'autre.

-Pourquoi n'était-il pas avec nous alors ? Qui est-ce ?

-C'est Henry

Elle se tendit en entendant le nom.

-Il souffre de ne pas te voir, alors quand je lui ai demandé de l'aide, il m'a proposé ça. Il aimerait passer du temps avec toi, lui lançai-je sachant pertinemment que ça ne lui plairait pas.


C'est fini pour aujourd'hui. En espérant que ça vous a plu. Je vous dit à la semaine prochaine. Et n'hésiter pas à laisser votre avis par review ou MP, toute remarque et la bienvenue et constructive pour moi. Vivez une bonne semaine.