Bonsoir tout le monde!
Je sais qu'il est tard, mais peu importe, je voulais vous mettre ce premier chapitre tout neuf, à peine terminer (à 01h18 oui oui!!)
Apparement, le prologue vous as plu donc voilà la suite!!
loudee: Eh eh si ça te perturbe, c'est bien!! C'est le but recherché! En fait, c'est une sorte d'univers alternatif (juste le temps du prologue et un ou deux chapitres), ou effectivement Peter n'est découvert qu'en 1992, mais pas dans les mêmes conditions. Tout s'expliquera dans la suite, rassure toi!! J'espère que ce chapitre te plaira!! Bisous.
lilichoco: merci!! Décidément, j'ai bien réussit mon coup, si ça vous intrigue tous, lol!! Voicila suite! Bisous à toi!
Elayna Black: Non non, tu ne t'abuses pas, c'est bien un histoire à remonter le temps, bien que ça n'arrive que dans le chapitre suivant, ou dans celui d'après, je ne sais pas encore! En tout cas, merci bien de tes compliments, j'y ai passé du temps sur ce prologue, j'y ai réfléchi pendant des jours avant de le mettre sur papier. Quand je vois des commentaires comme le tiens, je me dit que j'ai bien fait de ne pas me précipiter!! Bisous!
cassy13: eh eh, on se retrouve ici aussi, c'est cool!! Effectivement c'est un peu triste, mais c'est la base de toute l'histoire! (Et je t'assure que certains de mes OS sont encore plus tristes que ça, lol). J'espère que la suite te plaira tout autant (bien que je doute du contraire!) Gros bisous!!
naiade59: On dit que la curiosité est un vilain défaut, mais dans ce cas, c'est une vraie qualité, lol!! Effectivement, le mystère plane dans cette fic que j'espère meilleure que la précédente (que je terminerai quand même, je te rassure!). Question narcissisme, loin de là, je pense que tout le monde est d'accord avec toi (enfin tous ceux qui se sont prononcés!), ce prologue attise votre curiosité, exactement ce que je souhaitais!! J'espère que la suite te plaira toujours autant!! Bisous!
Chapitre 1
18 août 1977, quelque part en Ecosse.
Une voix se fit entendre, apparemment depuis la cuisine, ne manquant pas de la tirer du profond sommeil dans lequel elle était plongée.
-Anna !! Courrier !!
Un grognement en guise de réponse et la dénommée Anna s'enfonça encore un peu plus sous les couvertures, ne laissant dépasser qu'une mèche de cheveux châtains.
Des pas se firent entendre, résonnant sur le carrelage du couloir, toujours plus proches. Puis ils s'arrêtèrent devant la porte de sa chambre et quelques secondes s'écoulèrent.
Et là, le massacre commença. La porte s'ouvrit à la volée et alla s'écraser contre le mur gauche, conjointement au grincement des gonds auxquels l'huile faisait manifestement défaut depuis un très long moment, le tout provoquant un agréable vacarme qui ne manquait certainement pas de réveiller l'intégralité de l'immeuble, selon Annalee.
S'en suivit un irritant crissement de chaussure sur le parquet de la chambre, indiquant un déplacement dans la pièce, indéniablement se dirigeants vers la fenêtre qui couina également à l'ouverture plus ou moins douce de sa sœur.
Les volets claquèrent agréablement contre le mur, achevant ainsi de réveiller les habitants du quartier et la lumière inonda alors la pièce, révélant ainsi une vague forme au fond du lit.
Une main surgit de sous les couvertures et s'abattit sur le visage de la jeune fille, la protégeant du mordant de l'astre lumineux qui prenait un malin plaisir à la torturer tous les matins.
Les pas quittèrent alors la fenêtre pour s'approcher du lit et Annalee se raidit, dans l'attente de la collision qui s'annonçait imminente.
3…2…1…impact.
Un poids s'abattit sur son ventre et elle empêcha à grand peine son souffle de quitter son corps sans espoir de retour. Elle recommença à grogner comme sa sœur tirait d'un geste brusque les draps, exposant ainsi son corps au froid régnant dans la pièce.
-Allez, debout feignante ! Il y a une lettre qui t'attend à côté d'un gros bol de chocolat encore fumant accompagné de croissants tout juste sortis du four !
Le mot croissant acheva de la réveiller, si cela fut encore possible après tout le soin mis par sa sœur il y a tout juste quelques minutes pour la sortir du lit.
Elle ouvrit péniblement un œil, puis deux, s'habituant peu à peu à la luminosité de la pièce et tâtonna d'une main sur sa table de nuit avant d'y trouver sa paire de lunettes qu'elle posa alors sur son nez.
De l'autre main, elle attrapa son peignoir qui trônait sur une chaise non loin de là et le passa tout en se levant du lit. Elle termina son rituel du matin en chaussant ses pantoufles et passa une main dans sa tignasse mordorée, dégageant ainsi son visage.
Ainsi parée, elle se traîna jusqu'à la cuisine ou elle s'affala sur une chaise, face à son petit déjeuner, consencieusement préparé par sa grande sœur. Le bol était en effet encore fumant et une appétissante odeur de croissant chauds s'élevait jusqu'à ses narines.
Elle en saisit un dans lequel elle mordit à pleine dent, un soupir de contentement lui échappant. Décidément, elle avait une sœur en or, se dit-elle en croquant à nouveau un bout de croissant.
La dite sœur s'installa alors en face d'elle, dans un raclement de chaise, une tasse de café à la main, le journal du jour dans l'autre. Elle ne dit pas un mot, parcourant des yeux la première page du papier tout en sirotant son café.
Quelques minutes après, elle referma bruyamment son quotidien et releva les yeux vers Annalee qui venait de terminer ses croissants et s'attaquait maintenant à son chocolat.
-Alors, qu'est-ce qu'elle dit cette lettre ?
Un déclic se fit alors dans l'esprit d'Ann et ses neurones se connectèrent pour transmettre l'information jusqu'à la partie consciente de son cerveau.
-Une lettre ? De qui ?
-Il me semble qu'elle arrive tout droit de Londres. Apportée par une espèce de gros hibou marron. Ajouta-t-elle dans un sourire. Elle est sur la petite table du salon. Lança-t-elle à sa sœur, qui s'était précipitée dans la pièce jouxtant la cuisine.
Elle revint, triomphante, en agitant une enveloppe beige dans sa main droite, un sourire éclatant sur la figure.
-Elle vient de Jenn !! Pourquoi ne m'as-tu pas avertie plutôt !!
-Je te ferai remarquer que je t'ai appelé dès qu'elle est arrivée, mais tu n'as pas daigné sortir du lit ! Rétorqua sa sœur sur le même ton faussement irrité.
Mais Ann n'écoutait déjà plus, toute plongée qu'elle était dans la lecture de son courrier. La lettre en elle-même n'était pas très longue, à peine une page, mais elle regorgeait d'informations toutes plus croustillantes les unes que les autres, en provenance directe d'une source fiable : Jenny Kendall, sa meilleure amie.
Outre le résumé des ses vacances aux Etats-Unis, cette dernière lui racontait les derniers potins du monde sorcier, mais, la partie la plus intéressante était sans conteste celle ou elle lui demandait de venir passer la fin de ses vacances chez elle, dans la banlieue de Londres, ou elle habitait avec ses parents dans une vaste propriété.
-Dis, Roxanne, tu reprends bien le travail demain, n'est-ce pas ?
-Oui, pourquoi cette question ?
-Jenn m'invite chez elle pour la fin des vacances ! Comme ça je ne resterai pas toute seule à la maison et tu auras l'appartement pour toi toute seule, et tu pourras ramener ton Dimitri sans
avoir besoin de préciser qu'il y a ta petite sœur dans la pièce à côté ! Termina-t-elle, un brin moqueuse.
-Oh toi !! Espèce de…
-Merci grande sœur !! Je file préparer ma valise ! La coupa-t-elle à nouveau, en achevant son bol en quatrième vitesse.
A peine trente minutes après, elle était habillée de pied en cape, sa valise dans la main gauche, son sac de cours et la cage de MacGregor, son chat, dans la droite.
-Roxanne !! On y va ?? Clama-t-elle tout sourire.
Un point de rendez-vous avait été convenu, quelques années auparavant, entre les deux jeunes filles, point à partir duquel un portoloin les emmenait directement chez les Kendall.
Situé à trois quart d'heure de chez Annalee, c'est sa sœur qui l'y déposait en voiture. Comme d'habitude, le trajet se déroula silencieusement, chacune savourant ces derniers moments ensemble. Les deux sœurs savaient bien qu'elles ne se reverraient plus avant l'été prochain, Annalee terminant ses études à Poudlard tandis que Roxanne travaillait en tant que serveuse dans un restaurant.
Avec un seul salaire pour deux, Roxanne évitait de prendre ses congés, préférant travailler et Annalee restait à Poudlard pendant les vacances scolaires, évitant ainsi à sa sœur d'avoir une bouche supplémentaire à nourrir.
En effet, les deux jeunes filles habitaient sous le même toit depuis de nombreuses années maintenant, n'ayant pas voulue êtres séparées à la mort de leurs parents, survenue une dizaine d'année auparavant. Roxanne avait alors sacrifiée ses études afin de trouver un travail pour pouvoir s'occuper de sa jeune sœur, âgée à l'époque d'à peine sept ans.
L'entrée de la jeune fille à Poudlard, quatre ans plus tard, avait été une déchirure pour les deux sœurs, habituées à vivre l'une avec l'autre en continu et à dépendre l'une de l'autre, liées par un lien encore plus fort depuis la disparition tragique de leur parents.
Puis une nouvelle routine s'était installée, chacune se créant une vie loin de l'autre, ne se retrouvant qu'à l'été, et quelques rares fois pour Noël. Ainsi allait la vie…
La petite voiture arriva à destination aux alentours de 11h et se gara devant une vieille gare désaffectée. Annalee descendit et sortit ses affaires du coffre, le refermant dans un claquement sourd.
Alertée par le bruit, Une grande blonde passa la tête à travers une porte à moitié arrachée de la gare et sortit en reconnaissant son amie. Elle alla à sa rencontre, un sourire plaqué sur son visage.
Les deux jeunes filles s'étreignirent puis Jenny salua Roxanne.
-Bien, vous êtes piles à l'heure ! Le portoloin part dans quelques minutes. Annonça Jenny de sa voix cristalline, signifiant ainsi aux deux sœurs que l'heure de la séparation approchait. Elle se saisit de la valise de son amie et s'éloigna de quelques pas, leur laissant un peu d'intimité.
-Bon, eh bien, on se revoit l'été prochain alors…Commença Roxanne.
-Ouais…à moins que tu prennes…
-Anna, on en a déjà parlé. Je ne peux pas me permettre de prendre des vacances, tu sais bien que c'est un peu juste ces temps ci.
-Oui, je sais, je sais, mais j'avais espéré que peut être…
-Je comprends. Allez, viens par là, va. Dit-elle en attirant sa jeune sœur contre elle.
-L'année passera vite, tu verras ! Tu n'auras même pas le temps de penser à moi, occupée comme tu seras ! Et puis dis-toi que c'est ta dernière année, avec tout ce que cela comporte. Les examens à réviser et tout ça…
-Mouais…tu as raison. Répondit Annalee en essuyant machinalement une larme qui roulait sur sa joue. Cette année ne sera pas de tout repos, aves les ASPIC et les cours…
-N'oublies pas que c'est aussi ta dernière année au collège, profites-en au maximum, petite sœur. Il n'y a pas que les études dans la vie, tu as aussi des amis qui t'aiment là bas !
-Oui, je sais tout ça.
-Bien ! Mais j'espère que cela ne t'empêchera pas de m'écrire de temps à temps !!
-Tout comme j'espère que Dimitri ne te prendra pas tout ton temps et que tu pourra ainsi me répondre ! Rétorqua-t-elle en rigolant.
-Hum…Ann, intervint Jenny…il est l'heure.
-Oui oui, j'arrive Jenn !!
-Allez, file, tu va louper le départ !! Renchérit sa sœur.
-Bon, bah, au revoir ! Dit Annalee en étreignant une dernière fois sa sœur.
-Fais bien attention à toi surtout hein !!
-Tu parles, c'est plutôt à toi que je devrais dire ça. J'ai entendu dire que les russes…
-Ouste ! Je ne veux plus rien entendre ! Rigola Roxanne.
Annalee prit le reste de ses affaires et rejoignit son amie qui l'attendait près d'un vieil oreiller dont les plumes commençaient à se faire rares. Elle se retourna et adressa un dernier signe de
la main à sa sœur puis saisit un coin de tissu au même moment que son amie et toutes deux disparurent alors, laissant sur place une Roxanne qui ne retenait plus ses larmes.
Quelques secondes plus tard, les deux jeunes filles atterrirent sans aucune grâce dans le parc des Kendall, à l'abri des regards curieux des éventuels passants. S'époussetant rapidement, Annalee ramassa ses affaires, et, avec l'aide de Jenny, les monta dans la chambre d'amis qu'elle occupait habituellement lorsqu'elle séjournait ici.
Comme à l'accoutumée, la grand maison était vide, les parents de son amie étant pour l'instant au travail. Après avoir traversé le grand hall d'entrée, monté un gigantesque escalier de marbre et avaler le long couloir de l'aile droite, elles arrivèrent enfin à la chambre d'Annalee, qui jouxtait celle de Jenny.
Comme à chaque fois qu'elle venait ici, Annalee ne pouvait s'empêcher d'admirer la grandeur de la propriété et les dimensions impressionnantes des pièces. Un gigantesque lit double siégeait au centre de la pièce, face à une armoire à glaces à quatre pans. Une commode, deux tables de nuit, une bibliothèque, un bureau, un coffre au pied du lit, et une coiffeuse venaient compléter harmonieusement le mobilier.
La première fois, Annalee n'avait pu retenir un hoquet de stupeur face à tant de richesse et s'était demandé si son amie ne lui montrait pas là la suite royale. Mais après un rapide tour d'horizon, elle s'était vite aperçue que l'intégralité de la dizaine de chambres d'amis était meublée de la sorte, sans compter les salles de bain personnelles, communiquant avec chaque chambre, toutes équipées d'une douche et d'une baignoire.
Pour Annalee, partageant un petit trois pièces avec sa sœur, le manoir avait des allures de palace. Elle avait eu beaucoup de mal à accepter une telle démonstration de richesse de la part de son amie, fille unique adulée par ses parents. Elle n'arrivait pas à comprendre comment une villa de cette taille ne pouvait abriter que trois personnes. Encore, s'ils avaient été cinq ou six enfants, elle aurait, à la limite, essayé de comprendre. Mais là…
Elle avait bien tenté d'en parler avec Jenny, une fois, mais celle-ci avait paru si choquée lorsqu'elle avait parlé d'inégalité qu'Annalee avait vite changé de sujet, ne voulant pas détruire leur amitié pour si peu, en fin de compte. Mais intérieurement, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie quand elle voyait Jenny, à table avec ses parents, tous trois heureux d'être ensembles, sans avoir besoin de se soucier d'éventuels problèmes d'argent.
Elle se sentait comme une intruse qui viendrait là leur voler une part de ce bonheur auquel elle n'avait jamais pu gouter. Heureusement, Lynn était généralement là avec elles, et Annalee se sentait ainsi moins étrangère, bien que jamais les Kendall n'aient fait preuve de méchanceté à son égard, bien au contraire. Elle était toujours la bienvenue chez eux et elle n'y manquerait jamais de rien, mais Annalee était ainsi et rien ni personne ne pourrait la changer.
-Au fait, Jenn, tu as invité Lynn aussi je suppose ?
-Oui, oui, bien évidement. Répondit son amie avec entrain. Elle doit nous rejoindre dans l'après midi, sa mère la déposera avant d'aller au Ministère.
Jenny l'entraina ensuite au salon ou elles s'installèrent dans de profonds fauteuils en cuir, chacune un verre de citron vert givré à la main. Jenny se lança alors dans un long monologue ou elle raconta avec une multitude de détails ces vacances américaines, sans oublier de préciser le nombre de ses conquêtes d'un soir.
Jenny était effectivement le genre de fille qui attirait le regard de tout mâle normalement constitué : grande, de longs cheveux blonds, un visage aux traits délicats, une silhouette finement sculptée qu'elle mettait en valeur par des vêtements près du corps, largement décolletés sur sa poitrine généreuse. Le seul point sur lequel elle trouvait à redire était la couleur de ses yeux, marrons. Elle les aurait évidement préférés bleus, comme Alyz. Elle s'en servait cependant avec une facilité incroyable, les habillant simplement d'un léger maquillage, faisant ainsi craquer les garçons d'un simple regard.
Elle enchaînait ainsi les conquêtes, ne restant jamais plus d'une semaine avec le même garçon, prétendant qu'elle s'était déjà lassée d'eux. A Poudlard, elle était considérée comme une de plus belles filles, toutes années confondues, et ne manquait pas de faire usage de cet état de fait pour obtenir ce qu'elle voulait.
Tout l'inverse d'Annalee, qui, loin d'être horrible à regarder, préférait la discrétion à l'admiration des foules et ne passait pas une heure à la salle de bain tous les matins pour se préparer. Certaines auraient pu se trouver des complexes à côté d'une Jenny Kendall, mais pas Annalee qui se suffisait à elle-même et dont l'avis des autres n'avait que peu d'importance.
Jenny ne se ventait jamais ouvertement de sa beauté devant Annalee et ne se servait jamais de sa réputation pour manipuler ses amies, le reste importait peu pour Anna.
Les deux jeunes filles passèrent le reste de la matinée à discuter de choses et d'autres, sirotant leur cocktail. Puis elles sortirent manger en ville et rentrèrent attendre le dernier membre de leur petit trio.
Melynda Elridge fit une entrée fracassante dans le hall de la maison, vociférant après un malheureux passant qui avait eu le « culot » de laisser son chien se frotter sur sa jupe noire toute neuve, y déposant ainsi une touffe de poils beiges malodorante.
Réprimant un fou rire, Jenny et Annalee allèrent à la rencontre de leur amie qui s'égosillait toujours. Levant la tête de sur sa jupe, elle aperçue les deux filles dans l'encadrement de la porte et un large sourire s'afficha sur son visage :
-Ann !! Tu es déjà là, toi aussi !! C'est génial ça ! Hurla-t-elle en sautant sur Annalee qui manqua de tomber sous le choc.
C'est une manie qu'ils ont de me sauter dessus aujourd'hui, pensa la jeune fille, en embrassant néanmoins son amie.
-Si vous saviez ce que ça me fait plaisir de vous voir toutes les deux, les filles ! Continua-t-elle d'un ton plus que joyeux. Tu n'as jamais eu de meilleure idée que de nous inviter pour la fin des vacances, Jenn. Lança-t-elle à la blonde.
Acquiesçant d'un sourire, Jenny lança un regard long de sous entendu à Annalee. Cela faisait maintenant cinq ans que les trois jeunes filles passaient la fin du mois d'août chez Jenny et Lynn leur sortait la même réplique tous les ans.
-Alors, vous devez en avoir des choses à me raconter non ? Qu'est-ce que vous avez fait de vos vacances ? Questionna Melynda.
-Plus tard, Lynn, plus tard ! Viens donc monter tes affaires à l'étage, on aura tout le temps après pour discuter. Répondit Jenny.
-Oui tu as raison. Allez venez, vous me raconterez tout ça en montant. Termina-t-elle dans un grand sourire.
Une fois les bagages dument montés dans la chambre face à celle de Jenny, les trois amies décidèrent d'un commun accord d'une après midi shopping. On est des filles ou on ne l'est pas ! Clama Lynn.
Elles partirent donc direction le centre ville de Londres et passèrent l'après midi à essayer toutes sortes de vêtements et à recherche la perle rare. Finalement, elles s'arrêtèrent vers les cinq heures pour aller boire un petit quelque chose de frais, comme disait Lynn. Elles s'installèrent alors en terrasse d'un bistrot bondé, par cette chaleur, et commandèrent leurs sodas.
Elles terminèrent l'après midi ainsi et rentrèrent au manoir pour le dîner, chargées de leurs emplettes de la journée. Les parents de Jenny étaient rentrés de leur travail et accueillirent les deux invités avec chaleur. Mme Kendall leur avait préparé un repas digne des meilleurs restaurants et les trois filles se régalèrent. La conversation fut joyeuse, et Annalee oublia bien vite la tristesse due à la séparation d'avec sa sœur et profita pleinement des ses amies.
Une fois les reliefs du repas débarrassés, le trio monta au premier et se claquemura dans la chambre de Jenny. Cette dernière était bien plus imposante que celles des deux invités et comportait même un dressing rempli à craquer !
Les trois amies s'installèrent sur les larges coussins qui occupaient un coin de la pièce et commencèrent à discuter. En fait, c'était plutôt Lynn qui parlait, Ann et Jenn écoutant leur amie raconter ses vacances dans les moindres détails.
Ainsi, Melynda était partie quinze jours en France, avec sa mère et sa petite sœur et elles avaient pu visiter le plus grand village uniquement sorcier de France.
-C'est au moins trois fois plus grand que Pré-au-Lard, et rempli uniquement de sorciers !! Les moldus ne peuvent pas y entrer et s'ils le font par mégarde, le village parait instantanément désert et à l'abandon. C'est assez flippant je dois dire, on a vu des photos qui traitaient du sujet, c'est pire que la Cabane Hurlante !!
-Ca devait être génial, soupira Annalee, rêveuse.
Elle n'avait jamais eu l'occasion de partir en vacances et rêvait de parcourir le monde, de découvrir d'autres cultures, avide qu'elle était de connaissance. Elle se délectait alors chaque été à écouter ses amies lui conté leurs souvenirs de vacances. Bien sur, Jenny avait une
fâcheuse tendance à dériver rapidement sur un tout autre sujet que l'histoire et les coutumes locales, mais Annalee avait ainsi l'impression de faire parti du voyage, en quelque sorte.
Puis vint la question tant redoutée :
-Et toi Ann, tu as fait quoi pendant tes vacances ?
C'était bien Lynn ça, toujours à mettre les pieds dans le plat ! Comment leur dire qu'elle avait passé son été entre un petit boulot minable, histoire d'arrondir leur fin de mois, à Roxanne et elle, sa télé et ses livres.
-Oh, vous avez, moi…un peu de ci, un peu de ça…Rien de bien intéressant en fait, comparé à vos supers vacances !!
-Est-ce que tu as écrit quelque chose de nouveau ? Questionna Lynn.
Ah, voilà la nouveauté cette année !! Les filles avaient découvert l'an passé qu'elle avait une espèce de don pour l'écriture en tombant sur un parchemin qu'elle avait gribouillé pendant un cours particulièrement ennuyant d'Histoire de la Magie. Elle n'écrivait que des très petits textes, jamais plus d'une page ou deux, racontant des anecdotes du quotidien, résultant de son observation des gens qui l'entouraient.
Bien évidement, elle s'était empressée de tout dissimuler, ne voulant pas que ses amies se moquent d'elle, croyant que ce qu'elle écrivait ne valait rien ! Mais le peu qu'elles en avaient vu les avait plutôt impressionnée, tant elle arrivait à cerner la personnalité des gens d'un simple coup d'œil.
Tout d'abord réticente, Annalee avait fini par leur faire lire quelque un de ces textes et Lynn avait particulièrement apprécié son style. Jenny, elle n'aimait pas spécialement lire, elle préférait écouter Ann lui raconter ses histoires.
Aussi, c'était devenu un petit rituel entre elles. A chaque fois qu'Annalee avait terminé un nouvel écrit, Lynn s'empressait de le lire puis elle le racontait à Jenny, toutes deux apportant des critiques et améliorant ainsi son style.
-Eh bien, à vrai dire, commença Annalee, j'ai ramené ici tous mes textes de cet été ! Dit-elle en montrant la porte.
-Vrai ?? Vrai de vrai ?? S'exclama Lynn.
-Oui, véritablement vrai !! Renchérit Ann.
-Mais qu'est-ce que tu attends alors !! File les chercher ! Ordonna Jenny.
Riant aux éclats, Ann se leva et disparu dans sa chambre, revenant les bras chargés de plusieurs petits cahiers dans lesquels elle consignait ses travaux.
-Alors, à qui t'es tu attaquée cette fois ci ?
-Jenn, chut !! Garde la surprise !! Gronda Lynn.
Ann se réinstalla confortablement et entreprit de leur lire quelque unes des ces nouvelles, chacune centrée sur une personne de leur entourage.
Elles passèrent ainsi plusieurs heures à rire des descriptions, plutôt justes à dire vrai, qu'Ann faisait de leurs camarades, professeurs ou autres personnes que les deux autres ne connaissaient pas personnellement, mais dont Ann leur parlait quelque fois.
Finalement, elles s'endormirent toutes trois sur le lit de coussins, heureuses d'être de nouveau ensembles, à quelques jours de leur dernière année à Poudlard.
Cela faisait maintenant quelques jours qu'Hannah n'avait pas vu le professeur Dumbledore, pas depuis qu'elle lui annoncé la trahison de Pettigrew en fait. Après une discussion qui avait durée jusque tard dans la nuit, elle était rentrée chez elle et s'était couchée, épuisée des derniers événements.
Elle avait dormi durant près de 20h, d'un sommeil lourd. Même une attaque ne l'aurait pas réveillée. Quand elle émergea finalement, ce fut pour se rendre compte de la terrible réalité : ils étaient perdus. L'Ordre ne comptait plus que douze membres, le professeur et elle y compris, plus un espion.
Face à une armée si puissante que celle de Voldemort, que pouvaient-ils bien faire ? Hannah avait toujours été d'une nature optimiste, mais là, ça relevait plus de l'inconscience que de courage. Cependant, en elle, une petite voix ne cessait de lui souffler de ne pas perdre espoir : Dumbledore était toujours en guerre, tout espoir n'était pas mort. Il les sortirait de là, elle en était sûre…presque…
Pour l'instant, la seule chose qu'elle pouvait faire, c'était prévenir les autres que Pettigrew les avait vendus, comme lui avait demandé Albus. Qu'ils restent sur leurs gardes et se méfient plus encore que d'habitude.
Elle s'habilla donc et sortit, à la recherche des derniers membres de l'Ordre.
Il lui fallut environ une quinzaine de jour pour réussir à prévenir six personnes, et plus le temps passait, plus elle désespérait quant à l'issue de cette guerre. Elle n'avait aucune nouvelle de Dumbledore et sur les six membres qu'elle avait réussit à contacter, deux étaient bien mal en point et un avait succombé dans ses bras.
Ils ne se connaissaient pas personnellement, « Moins dangereux », avait dit le professeur. Tout ce qu'elle savait d'eux, c'était leur prénom et un point de rassemblement où chaque membre devait passer tous les trois jours, c'était là leurs seuls contacts les uns avec les autres.
Hannah ne connaissait que son coéquipier, ayant été étudiante en même temps que lui. Pour ce que ça lui avait apporté….
Ce soir là, elle s'apprêtait à visiter un autre lieu, espérant qu'un de membres de l'Ordre s'y montrerait. Il faisait nuit, mais c'était jour de pleine lune aujourd'hui et on y voyait quasiment comme en plein jour. Rien pour arranger ses affaires…Elle s'approcha d'un parc, plongé dans l'obscurité et se faufila jusqu'à une petite place, au centre du parc. Regardant fréquemment en
arrière, elle s'assura qu'elle n'était pas suivie. Après tout, Pettigrew connaissait autant qu'elle les lieux de regroupement, et il s'était déjà certainement empressé de tout dévoiler à son maître.
Passant d'arbre en arbre, elle arriva finalement à destination. Un frisson parcourut son corps comme elle sortait de sa cachette, baguette en main. Le silence régnait ici, lourd, oppressant, angoissant même. Murmurant quelques mots, elle lança un mince filet doré en direction de la petite place bordée d'arbustes, filet qui prit la forme d'un mini-phénix, symbole de leur groupe.
L'oiseau fit le tour de la place durant quelques secondes puis se posa au centre et s'éteignit dans un crachotement lumineux, éclairant ainsi une vague forme au sol.
Le cœur d'Hannah se serra instantanément. Se pouvait-il qu'elle soit arrivée trop tard ?
Un bruit de pas se fit entendre à quelques mètres d'elle, une branche qui craque sous le poids d'un corps. Elle s'aplatit au sol, tous les sens aux aguets. Puis un éclair fugitif passa à sa gauche, frôlant les feuilles au passage.
Tout s'enchaîna alors à une vitesse fulgurante : des voix montèrent de tous les côtés, murmurant des paroles qu'elle ne comprit pas, les pas se firent entendre distinctement, sans se soucier d'être entendus ou non. Puis un rayon lumineux fila droit sur elle et la frappa de plein fouet avant même qu'elle n'eut le temps de réagir.
Elle se sentit enserrée, sa baguette lui sauta des mains et atterrit à quelques mètres d'elle, dans le noir. Elle était piégée. Elle s'était laissée piégée comme une débutante. Pestant contre elle-même, elle tenta de se défaire de ces liens invisibles. Mauvaise idée. Plus elle se débattait, plus ses chaînes se resserraient sur elle, la comprimant comme dans un étau. Elle se calma et se força à respirer, faisant monter l'oxygène jusqu'à son cerveau afin de réfléchir, non plus en tant qu'être humain, mais en tant que guerrière.
Une silhouette se dessina alors devant elle, impressionnante dans sa large cape noire, bien plus grande qu'elle. Un ricanement froid s'en éleva alors, bientôt repris par tous les autres qui l'encerclèrent rapidement.
-Je sais qui tu es, Hannah ! Déclama la voix. Je te connais, comme je connaissais cet avorton qui croyait pouvoir nous vaincre. Continua-t-il en désignant le corps qui gisait à terre, non loin de là.
Pettigrew les avait bel et bien livrés, tous. Ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'ils arrivent jusqu'au professeur. Elle devait à tout prix se sortir de là et le prévenir.
-C'est trop tard. Reprit la voix. Vous êtes perdus, vous avez perdu la guerre, comme nous vous l'avions toujours dit. Tant de morts auraient pu être évités si vous nous aviez rejoints. Nous aurions tous pu vivre en harmonie au service de notre Seigneur. Ta vie aurait pu être épargnée, si seulement tu ne t'étais pas entêtée à nous combattre. Mais c'est trop tard, tu vas mourir, ici, maintenant, en sachant que tout ce pour quoi tu t'es battue jusqu'à présent a été vain. Termina le Mangemort en éclatant de rire.
Elle ne sentit pas le sortilège partir mais s'effondra lorsqu'il la percuta. Tout son corps n'était plus que douleur et elle fut secouée de spasmes incontrôlables, ce qui eut pour effet de
resserrer encore les plus les liens qui l'emprisonnaient, vidant peu à peu ses poumons de leur air. Puis la douleur cessa.
-Bien sur, je n'ai jamais dit que mourir était sans douleur. Reprit la voix dans un éclat de rire.
Un nouveau sort fusa, plus terrible que le précédent, ses chaînes l'emprisonnant de plus belle. Puis tout bascula en un éclair. Des cris s'élevèrent dans le groupe de Mangemort et elle entraperçut des sorts fusés de tous côtés. Ses liens se rétrécirent encore autour d'elle, lui serrant la trachée, l'empêchant de respirer. Des points noirs se mirent à danser devant ses yeux, si tant est qu'elle put les distinguer dans la nuit.
Elle entendit un corps s'effondrer à côté d'elle et la douleur du sortilège la quitta, tout comme ses liens invisibles qu'elle sentit disparaitre. L'air s'engouffra dans son corps et elle put respirer à nouveau. Elle tenta de se relever et de remettre la main sur sa baguette, se souciant peu de comment elle avait été libérée. Elle avança à tâtons dans le noir, vers l'endroit ou elle avait vu sa baguette tombée. Quelque chose la percuta alors, la projetant au sol.
Elle sentit sa tête cognée une pierre et s'évanouit, le sang s'écoulant de sa plaie et se répandant autour d'elle…
Et voilà, c'est tout pour ce soir!!
En espèrant que ce chapitre vous ai plu, je vous souhaite une bonne nuit!!
Althea
