Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Je les emprunte à Stephenie Meyer pour m'amuser un peu et surtout pour votre plaisir personnel. (En particulier avec Paul !)

Notes de l'auteur : Merci à mes bêtas chéries, j'ai nommé Marie et Lydie ! Je vous adore les filles ! Merci aussi à Sandra qui passe du temps sur les textes, les bannières et dernièrement sur un dernier détail que j'ai voulu ajouter pour la suite... Merci pour tout !

Merci à tous ceux qui me suivent au fil des jours et me laissent de belles reviews !

Allez, fini les courbettes, je vous laisse avec Paul et Bella pour leur premier rencard !

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Chapitre 6 : Le "Café en-Seine".

J'avais sonné chez elle à dix-neuf heures précises et elle m'avait ouvert aussitôt, comme si elle m'avait guetté derrière la fenêtre. Je portais un pantalon en lin noir ainsi qu'une chemise vert foncé qui se mariait très bien avec mon teint mat et mes cheveux noirs. J'avais laissé les deux premiers boutons ouverts car je détestais être serré dans mes fringues. Un pull noir au col en V, raccord avec mon pantalon, venait compléter ma tenue du soir. Vu qu'il faisait vraiment froid, j'avais aussi enfilé une veste en cuir assez classe pour la circonstance.

Bella me détailla de haut en bas en souriant et je ne pus rien dire de déplacé quant à son attitude car j'étais en train de faire pareil.

Elle avait revêtu une magnifique robe bleu roi, légèrement échancrée au niveau de la poitrine, ce qui n'était pas franchement désagréable à regarder. Le vêtement lui arrivait juste au-dessus du genou, mais vu que le temps était encore froid et humide, elle avait mis des bottes à talons hauts. Cependant, je connaissais déjà ses jambes par coeur, étant donné que je la voyais presque chaque jour en short. Je savais donc qu'elles étaient magnifiques, musclées et si puissantes qu'elles pourraient mettre au tapis un mec sacrément costaud. Bella avait lâché ses cheveux, lesquels tombaient parfaitement sur ses épaules. Elle s'était légèrement maquillée et portait à ses oreilles des petits anneaux dorés. J'en eus le souffle tellement coupé que je restai quelques minutes à la regarder sans rien dire, ouvrant et fermant la bouche comme un poisson hors de l'eau. Elle rit, ce qui me ramena à la réalité, et je pus enfin lui offrir mon bras pour lui faire descendre la volée de marches située devant l'entrée de sa maison victorienne.

Nous marchâmes jusqu'à Dawson Street où se trouvait un bar-restaurant appelé "Le Café en-Seine". Le Café comprenait trois étages et était décoré selon la mode des années vingt en France. Un vrai retour au dix-neuvième siècle parisien ! La décoration était à couper le souffle et Bella resta sur le seuil, ébahie, à contempler cet endroit plus grand qu'il n'y paraissait de l'extérieur.

- Chaque fois que je viens là, je ne peux pas m'empêcher de prendre le temps d'admirer le cadre. C'est juste magnifique.

- Tu es déjà venue ? m'enquis-je.

- Oui, je viens prendre un verre ici parfois le soir après le boulot. L'ambiance est reposante la plupart du temps et on y joue souvent du jazz en live. Ça me permet de faire le vide après les journées intenses d'entraînement, comme aujourd'hui par exemple.

- Oh… dis-je manifestement déçu de ne pas lui faire découvrir l'endroit pour la première fois.

- J'adore cet endroit Paul et je suis ravie que ce soit celui-là que tu aies choisi. Allez, viens, dit-elle en crochetant son bras au mien. Un adorable sourire était planté sur son visage et je me sentis me liquéfier tellement elle était belle.

Le serveur nous indiqua notre table (j'en avais réservé une un peu isolée des autres) et nous tendit deux cartes. Après quelques minutes de réflexion, nous choisîmes un plat et une bouteille de rosé français. Le serveur nous proposa un apéritif en attendant que les plats soient prêts alors nous prîmes tous les deux un mojito (pas très français, je le concède mais c'était une valeur sûre !).

Le rez-de-chaussée, où nous étions attablés, était un piano bar et l'homme qui était installé derrière l'instrument jouait une musique douce mais agréable. Une jeune femme afro-américaine, à la tignasse bouclée, au visage d'ange et aux jambes interminables, chantait à ses côtés d'une voix magnifique et quasiment envoûtante.

Nous trinquâmes à notre collaboration, aussi courte serait-elle, et nous nous mîmes à discuter vivement des aptitudes de chaque boxeur inscrit aux cours de Bella. Nous étions assez d'accord sur le potentiel de chacun d'eux, ce qui me conforta dans mon idée de, peut-être, devenir recruteur de jeunes talents lorsque viendrait le temps de dire adieu à ma carrière.

Puis, sans que vraiment la situation ne s'y engage, elle se mit à me parler de son enfance, de la disparition prématurée de sa mère alors qu'elle n'était qu'une jeune enfant. Ses parents étaient partis faire une croisière sur un voilier pour un de leur anniversaires de mariage et, contre toute attente, une tempête avait éclaté, faisant tomber sa mère par-dessus bord. Son corps n'avait été retrouvé que quelques semaines plus tard, emporté très loin par les courants. Bella était toute petite et n'avait donc que très peu de souvenirs de sa mère. Elle regrettait beaucoup de l'avoir si peu connue et je ne pouvais pas l'en blâmer n'ayant moi-même jamais rencontré la mienne.

Son père et elle s'étaient installés à Howth juste après le tragique accident et elle avait fait sa scolarité dans de petits établissements, avec des fils et des filles de pêcheurs. Son père avait tout fait pour lui donner une enfance heureuse et agréable et, à priori, il avait bien réussi. Aujourd'hui encore, ils s'entendaient à merveille tous les deux et se téléphonaient au moins deux fois par semaine.

C'est en regardant un match à la télévision qu'il lui avait pris l'envie de boxer. Elle s'était donc inscrite dans un club local à l'âge de seize ans et, très vite, ses entraîneurs s'étaient rendus compte de son talent. Lors de sa dernière année de lycée, ils l'avaient poussée à demander une bourse pour aller à l'université.

Son diplôme de fin d'études et sa bourse en poche, elle entra en Fac de sport à Dublin, prenant la boxe comme option principale. A partir de là, elle enchaîna les matchs inter-universitaires, sous l'œil vigilant de son professeur, qui voyait en elle une future étoile de la boxe anglaise. A vingt et un ans, après avoir obtenu haut la main son diplôme de fin d'études et remporté chaque année le championnat universitaire dans sa catégorie, elle fut recrutée pour participer aux Jeux Olympiques. Mais lors des qualifications, un combat avait mal tourné et elle avait été grièvement blessée, gâchant ainsi totalement ses chances de faire carrière dans la boxe.

Pendant qu'elle parlait, s'ouvrant ainsi totalement à moi, j'avais attrapé une de ses mains et l'avais tenue jusqu'à la fin de son récit. Complètement absorbée par ce qu'elle me racontait, elle ne se rendit d'abord compte de rien, puis lorsqu'elle eut terminé, elle la retira en rougissant légèrement.

- Désolé, je cherchais juste un moyen de te réconforter, dis-je simplement.

- Ce n'est rien Paul.

Le serveur choisit ce moment pour nous apporter nos plats, ce qui mit fin à la gêne certaine qui s'était installée entre nous. Une bavette saignante avec des frites pour moi et un joli filet de poisson accompagné de riz pour Bella. Nous les dégustâmes dans un silence quasi religieux tellement c'était exquis. Le rosé était divin et coulait sur ma langue comme un joyau précieux.

- Et toi alors, comment es-tu devenu boxeur ?

- Le chemin a été difficile et semé d'embûches.

- J'ai tout mon temps ! déclara-t-elle en buvant une lampée de vin.

Voyant que son verre était vide, je la resservis et dit :

- Ma mère est morte en couches, expliquai-je doucement et c'est mon père qui m'a élevé. J'étais son unique enfant alors je suppose qu'il voulait me protéger mais je ne sais toujours pas dire, à ce jour, s'il s'y est pris de la bonne façon.

D'un geste de la main, elle m'invita à continuer. Je lui souris et dis :

- Je faisais beaucoup de sport au lycée mais ce que je préférais par-dessus tout c'était le basket-ball et la boxe. J'avais fini par prendre ces deux sports en option afin de mettre toutes les chances de mon côté pour entrer en Fac de sport comme tu l'as fait. C'était l'un de mes plus grands rêves mais ce n'était certainement pas celui de mon paternel. Mon père est propriétaire d'une grande chaîne de magasins et il a toujours vu en moi son futur associé voire celui qui lui succéderait quand il prendrait sa retraite.

- Mais toi non, devina-t-elle.

- Il m'a toujours élevé dans cette optique de pouvoir, d'économie et de commerce et au début, j'aimais vraiment ça. J'étais fier d'accompagner mon père au bureau et de parfois lui donner mon avis sur certaines choses, certain qu'il en prendrait compte même si je n'avais que neuf ans ! Je me rappelle que petit, devant mes camarades de classe, je me vantais qu'un jour, je serais le patron de tous les magasins implantés en Irlande et que je pourrais avoir tous les bonbons et tous les chocolats que je voudrais.

Bella me sourit et je me mis à rire doucement.

- J'étais naïf et encore jeune, bien sûr, mais cette idée de marcher un jour dans les traces de mon père ne m'a quitté que lorsque je me suis inscrit au club de sport du lycée. Mon père avait accepté de payer la licence de boxe, pensant sans doute que j'avais besoin de me dépenser d'une façon ou d'une autre ou d'évacuer toute la tension que j'avais en moi à cause des cours. Il n'a jamais nié que le sport était une sorte d'exutoire dont toute personne avait, à un moment donné, besoin dans sa vie. Alors il a laissé couler et m'a payé, chaque année la licence dont j'avais besoin pour pratiquer la boxe au lycée.

Je m'interrompis pour héler le serveur et lui demander de nous apporter une autre corbeille de pain puis continuai :

- Lorsque j'ai eu mon diplôme de fin d'études avec la meilleure moyenne de toute l'histoire de mon Lycée et que je lui ai fait part de mon désir d'entrer en Fac de sports afin de percer dans la boxe, il a refusé catégoriquement que je demande une bourse d'études pour, je cite, "toutes ces conneries". Au lieu de ça, il a usé de tout son pouvoir pour que j'obtienne sans délais une bourse pour suivre des cours d'Economie et de Commerce à la faculté de Galway, là où lui-même avait eu tous ses diplômes. Il ne me donnait pas le choix et, pour me forcer à obéir, il a même menacé de me couper les vivres jusqu'à ce que je redevienne raisonnable. Je ne voyais aucun moyen de me dresser contre lui, je n'avais nulle part où aller donc j'ai fait exactement ce qu'il attendait de moi.

- Vu ton niveau, tu ne peux pas lui avoir obéi ! objecta-t-elle.

- J'ai pourtant fait tout ce qu'il m'a dit, jusqu'au bout, souris-je malicieusement. Mais je n'ai jamais arrêté de boxer et ça, mon père ne le savait pas ou alors il faisait semblant de ne rien savoir, je ne sais pas. L'Université de Galway avait un club de boxe où j'allais m'entraîner chaque jour. Grâce à l'argent de poche que me filait mon père chaque mois, j'avais fait des économies monstres afin de pouvoir renouveler ma licence de boxe tous les ans. J'étais chouchouté par les entraîneurs car mon ancien coach du lycée avait mis son grain de sel pour qu'on me traite comme un futur champion. J'ai gagné tous les matchs inter-universitaires dans lesquels je m'étais engagé et j'ai aussi décroché quelques autres titres un peu plus importants mais dont j'évitais de me vanter à cause de mon paternel. J'avais toujours peur qu'il découvre le pot aux roses dans un journal ou à la télévision mais ce ne fut pas le cas. Ou du moins, s'il a vu quelque chose, il ne me l'a pas dit. Mais après tout, il ne lisait jamais ce genre de presse donc je me suis peut-être trop inquiété, soupirai-je durement. Pour toutes ces raisons, j'ai toujours refusé d'aller plus loin. J'ai même été jusqu'à décliner une inscription à un match régional.

- Tu n'as pas fait ça ? demanda-t-elle vraiment horrifiée. J'acquiesçai. A cause de ton père ? suggéra-t-elle.

- Oui et non. Disons que je voulais d'abord finir mes études car j'avais compris que si je n'arrivais pas à faire mon trou dans la boxe alors il me faudrait absolument un autre bagage pour compenser. D'un sens, mon père avait eu raison de me pousser à faire ces études même si je savais que ça allait retarder la carrière de boxeur qui me faisait tant envie.

- Paul, tu es conscient que tu as au moins cinq ans de retard pour envisager une carrière professionnelle ?

- Oui je le sais et c'est pour cela que je suis aussi déterminé.

- Et aussi colérique et plein de rage.

- Aussi, ris-je doucement.

- Qu'as-tu fait ensuite ?

- J'ai obtenu mon diplôme avec les honneurs et deux jours après, j'ai eu une grande conversation avec mon père qui a mal finie. Il a menacé de me couper les vivres mais je m'en fichais car j'avais assez d'argent de côté pour, dans un premier temps, faire le tour du pays puis, en suivant, de m'installer à Dublin pour tenter de me dégoter un bon coach. Et me voilà !

Elle sourit mais je vis qu'elle était tout de même attristée par toute cette histoire. Je lui pris la main, plantai mon regard dans le sien et lui dis :

- Ne sois pas triste pour moi Bella car t'avoir rencontrée est la meilleure chose qui me soit arrivée depuis longtemps.

Elle baissa les yeux vers son assiette vide et le serveur choisit ce moment pour venir débarrasser la table. Je lâchai sa main et elle la posa dans son giron.

- Ça a été messieurs dames ?

- C'était parfait.

- Excellent, renchérit Bella.

- Merci beaucoup, j'en aviserai le chef. Vous désirez autre chose ?

- Un Irish coffee, s'il vous plaît, réclamai-je.

- Une part de tarte au citron et un thé nature pour moi, dit Bella.

- Je vous apporte ça tout de suite, dit-il en tournant les talons.

- Lui as-tu téléphoné depuis que tu es parti de Galway ?

- Non et je ne compte pas faire le premier pas.

- Paul, je…

- Parlons d'autre chose, tu veux bien ? Ne le laisse pas tout gâcher, d'accord ?

- D'accord. Tu as vraiment fait le tour du pays ?

- Oui, à moto avec mon meilleur ami Embry.

- Il est retourné à Galway ?

- Oui, il a ouvert un cabinet d'architecture là-bas et ça semble bien fonctionner pour lui.

- Waouh ! Impressionnant. Raconte-moi tes voyages ! me demanda-t-elle les yeux pétillants de curiosité.

Elle m'avait lancé sur un terrain qui me plaisait et je ne me fis pas prier pour tout lui retracer dans les moindre détails. Elle m'écouta du début à la fin, ébahie par mes histoires parfois rocambolesques sans me lâcher du regard. Lorsque nous eûmes terminé notre dessert, j'invitai Bella à danser et elle accepta. Elle se lova contre moi sans pour autant que ce soit indécent. Elle dégageait un délicieux parfum dont je me délectai en humant légèrement ses cheveux. Sa tête était posée contre mon torse et ses bras étaient enroulés autour de ma taille. Nous bougions au rythme du piano et de la voix lente et sensuelle de la chanteuse. Deux autres couples nous avaient rejoints sur la piste, puis deux autres et ainsi de suite jusqu'à ce que la piste soit quasiment comble.

Nous dansâmes longtemps, sans pouvoir nous arrêter, sans pouvoir nous détacher l'un de l'autre. Trois, peut-être quatre chansons se succédèrent avant que nous nous décidâmes à nous rasseoir. J'avais attrapé une des mains de Bella et avais mêlé mes doigts aux siens. Nous n'avions pas beaucoup parlé durant toute cette partie de la soirée. Peut-être nous étions-nous dévoilé déjà trop de choses pendant le repas et que nous pensions que cela était suffisant pour un premier rencard.

- On va se balader avant de rentrer ? lui demandai-je.

- D'accord, dit-elle doucement.

Je me détachai d'elle, à regrets, et la laissai récupérer son manteau et son sac pendant que je payais la note. Je savais qu'elle allait être salée mais je n'en avais cure. J'avais passé une des meilleures soirées de ma vie et je ne souhaitais pas qu'elle s'arrête là.

En sortant du restaurant, je lui repris la main et elle se contenta de me sourire doucement.

- Viens ! dit-elle simplement.

Je la laissai me guider dans la capitale, me faire découvrir la beauté des choses que l'on ne voyait pas si on ne les cherchait pas ou si on n'avait pas un plan précis de la ville sur lequel était répertorié les secrets qu'elle contenait. Je n'avais pas encore pris le temps de faire du tourisme à Dublin alors ce fut une fin de soirée merveilleuse pour moi.

La visite s'acheva devant sa porte mais je savais déjà qu'elle ne me laisserait pas entrer. Je l'avais senti depuis le début de la soirée et ce genre d'intuition ne m'avait encore jamais fait défaut. Au moment de nous séparer, elle me chuchota un "merci" avant de se mettre sur la pointe des pieds et de poser ses lèvres sur ma joue.

Merde ! Je ne voulais pas d'un baiser sur la joue, je voulais plus que ça, bordel !

Au moment où elle allait tourner les talons, j'empoignai sa main et l'attirai contre mon torse. Surprise, elle resta sans bouger dans mes bras, la tête contre ma poitrine, le souffle court. Je pris sa tête entre mes mains et la forçai doucement à me regarder, yeux dans les yeux. Les siens étaient brillants et légèrement écarquillés par la surprise parce qu'elle lisait très certainement dans mon regard l'envie et le désir qui m'animaient à cet instant précis. Lorsqu'un grondement sourd émana de ma poitrine, elle les ferma pour tenter de se reprendre d'une quelconque façon. Son corps tremblait légèrement contre le mien, encore surpris de mon assaut si soudain. Il fallait que je fasse quelque chose avant qu'elle ne s'enfuie en courant.

A présent, mes pouces caressaient le bas de son visage et alors que je me penchais vers elle pour l'embrasser, elle sembla douter tout à coup, comme si elle se demandait ce qui était bien ou mal dans ce que nous allions faire. Je pris alors tout mon temps pour lui faire comprendre ce que moi je voulais, mêlant d'abord mon souffle au sien sans pour autant poser mes lèvres sur les siennes. Je continuai de la regarder, tentant de lui faire comprendre que je la désirais depuis le premier jour où je l'avais vue et que ce que je désirais le plus, à cet instant, c'était la goûter jusqu'à plus soif. Sa respiration s'accéléra subitement, comme si le message avait bien été transmis à son corps qui, jusqu'à présent, semblait bloqué entre deux émotions contradictoires. J'en profitai pour l'embrasser, doucement d'abord puis plus profondément, passant ainsi la barrière de ses lèvres pour enfin trouver sa langue.

La surprise passée, elle s'abandonna à moi entièrement, glissant même ses bras autour de ma taille pour faciliter notre étreinte. J'en profitai immédiatement pour faire tournoyer sa langue avec la mienne dans une danse sensuelle et érotique. Elle était si douce et sentait si bon que je ne voulais plus la quitter. Je vivais un rêve éveillé, quelque chose que tout au fond de moi, j'avais attendu depuis longtemps sans pour autant l'avoir évoqué à voix haute. Animé par la passion, je la tins plus fort contre moi, pressai mon bas-ventre contre elle pour lui montrer à quel point je la désirais et plongeai mes mains dans ses cheveux soyeux pour approfondir notre baiser.

Je crus la sentir gémir contre moi mais je sus que je me trompais lorsque, soudain, elle se raidit et émit un petit cri de protestation. Je mis quelques secondes à comprendre que quelque chose clochait et ce fut son deuxième cri qui me fit redescendre sur terre. Je mis fin à notre baiser sans pour autant arrêter de la serrer dans mes bras. Ce fut elle qui me repoussa, le plus gentiment possible, en plaquant ses mains contre mon torse. Elle semblait enragée à présent même si l'expression dans ses yeux contrastait nettement avec celle de son corps. Ce qui venait de se passer entre nous lui avait plu mais elle était furieuse que ce soit arrivé. Je me demandais bien pourquoi.

Alors je sus que j'avais merdé, qu'elle ne voulait pas de moi car pour une raison ou pour une autre, ça la gênait. Ou peut-être que ça lui filait la gerbe de s'imaginer qu'on puisse coucher ensemble. Ou peut-être qu'elle aimait quelqu'un d'autre. Il y avait des tonnes de possibilités et Dieu seul savait laquelle était la bonne.

- Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, m'excusai-je comme si ça allait pouvoir tout arranger. En réalité, je n'étais pas désolé du tout mais c'était la seule chose qui m'était venue à l'esprit.

- Ce n'est rien, Paul, dit-elle sans me regarder dans les yeux. Je…hum...Bonne nuit et sois à l'heure demain, d'accord ?

C'est tout ? Elle allait esquiver tout ça dans un claquement de doigts ?

- D'accord, dis-je en restant aussi calme que possible.

La seconde d'après elle s'était enfuie chez elle, s'enfermant sûrement à double tour pour que je ne vienne même pas essayer de la persuader de me laisser entrer. Je me retrouvai donc comme un con, toujours extrêmement excité, planté devant le petit escalier, à fixer la porte bleue, close et inviolable. Et merde !

La soirée avait pris une tournure que je n'avais pas espéré. Je n'avais pas pris de râteau depuis trop longtemps pour ne pas en être affecté.

Putain, ça faisait un mal de chien à mon ego de macho !

Au bout de quelques minutes, je me décidai enfin à rentrer chez moi. Machinalement, je me retrouvai devant le Porterhouse et décidai d'aller me jeter une bière ou peut-être deux. J'entrai sans me poser de questions car j'avais l'impression d'être ici chez moi. Je saluai quelques clients qui me reconnurent tout en me dirigeant vers le bar. Un groupe de musique irlandaise jouait à tue-tête et l'attroupement habituel s'était formé autour des barrières des escaliers. J'aperçus Jacob à une table, Tanya juchée sur ses genoux. Il était en train de lui dévorer le cou de baisers et elle semblait être à l'aise sur le fait qu'ils étaient en public. Je réprimai une grimace mais m'installai tout de même avec eux en lançant :

- Salut ! Ne vous gênez pas pour moi surtout !

- Hey mec, qu'est-ce que tu fais là ? me dit Jacob en reposant Tanya sur la banquette à ses côtés. Où est Bella ?

- Rentrée chez elle, dis-je doucement en lui intimant du regard de se la fermer.

Au loin, je vis Kate, accoudée au comptoir, en pleine discussion avec Garrett. Il me vit, fronça les sourcils mais m'apporta tout de même une bière brune maison.

- Merci Garrett.

- Tu ne devrais pas être là, tu sors tout juste de l'hôpital, gronda-t-il en fronçant les sourcils.

- Tu n'es pas mon père ! Et je vais bien. Merci.

Il ne se laissa pas impressionner pour autant et s'assit avec nous à table. Tanya prétexta devoir se repoudrer le nez et nous laissa discuter entre hommes. Je pus alors tout raconter aux mecs car je savais qu'ils ne me laisseraient pas partir sans savoir ce qui clochait. Et pour le coup, il y avait eu une énorme méprise sur la situation et j'en avais fait les frais.

- Merde, j'aurais pourtant juré qu'elle était folle de toi, lâcha Jacob.

- Moi aussi, dit Garrett.

- Il faut croire que non les mecs, soupirai-je en avalant la moitié de ma bière d'un coup.

- Tu auras au moins essayé de la brancher, dis Jacob. Moi, vu son caractère, je ne m'y suis jamais risqué.

- Crois-moi, si j'avais su, je me serais abstenu.

- T'en fais pas, beau gosse comme t'es, tu te trouveras bientôt une petite poulette au poil, dit Garrett en me donnant une tape sur l'épaule.

- Si tu le dis ! Mais je vais plutôt me concentrer sur les entraînements et obtenir ce que je suis venu chercher. Le reste attendra, je ne suis pas pressé de me caser !

- T'as raison mec, te laisse pas avoir par les nanas !

- Comment ça va avec Kate ?

- Tu veux vraiment savoir ça, mon pote ?

- Je suppose que non, grimaçai-je.

- Tu as laissé passer une sacré nana et c'est moi le chanceux maintenant.

- Je n'en doute pas, mais épargne-moi les détails, tu veux bien ?

- D'accord, mais la prochaine fois, ne pose pas la question ! rit Garrett.

- Promis.

Nous trinquâmes à mon rétablissement et à ma future carrière. Je ne savais pas encore si j'atteindrais les Jeux Olympiques un jour ou si je me planterais complètement mais ce que je savais, c'était qu'il fallait que j'essaie coûte que coûte de parvenir à quelque chose. Car, tout au fond de mon coeur, je voulais que mon père soit fier de moi lorsque j'obtiendrais mon premier titre. Je voulais plus que tout au monde qu'il se rende compte que si j'avais fui le milieu dans lequel il voulait me placer de force, ce n'était pas pour me planter à la première occasion et rentrer vers lui, la queue entre les jambes.

Non, ce que je voulais, c'était me faire connaître dans le milieu, faire des matchs et les gagner tous, un par un, jusqu'à ce que j'arrive en haut de l'échelle.

Oui, ce que je voulais, c'était être un champion. Un grand champion.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Notes : Tadaaaaaaaaaaaaaaaam ! Ne hurlez pas au scandale ! Bella semble avoir encore des petits problèmes avec sa conscience... Laissons-là prendre son temps !

La question est : que va faire Paul ? Insister ? L'ignorer ? Laisser tomber et se plonger dans sa carrière ? Hum... Réponse dans... x semaines ! Je ne sais pas ! :) En attendant j'attends toutes vos propositions ! ^^

Zou, je file me "bunkeriser".

Bisous ! Et à la semaine prochaine !