Ma vie de privé

Rating : PG-13

Pairing : SS/Lupin

Disclaimer : Harry Potter est la propriété de JK Rowling.

Frobisher, Victoria (Vicky) (c. 1981-83 ?) (au moins en 2e année en automne 1995)
Elle est impliquée dans tout un tas d'associations, particulièrement le club de sortilèges. A fait des essais pour le poste de gardien des Gryffondor durant l'automne 1995 et volait mieux que Ron Weasley ; cependant, elle ne fut pas retenue car si les entraînements avaient lieu le même jour que son club de sortilèges, elle ferait passer son club en priorité (OP13).

Note : Attention, dans ce texte se dissimule une référence à un célèbre film français dont les dialogues sont dus à Michel Audiard…Lequel ?


La disparition de Victoria Frobisher

Avoir quitté l'asile Poudlard fut un soulagement, croyez-moi bien.

Le Patron était tordu, un vieux maniaque obsédé par le sucre, sûrement une compensation, les collègues étaient la plus belle collection de déréglés de la caboche dont on puisse rêver et les élèves…des cancrelats.

Cependant, il y avait presque des moments où je regrettais cette époque. Quand je trouvais un huissier avec deux trolls devant l'endroit où je créchais par exemple.

« Hhmmprprfffffff. »

C'était officiel, mon estomac faisait le même bruit qu'un Souaffle qui se dégonfle quand il recevait un pied de troll, du 54 fillette au minimum.

« Je paierais.

—Le proprio en a marre des promesses, Snape, trois jours et après, tu vires de là. »

C'était le problème d'être un privé à son compte : j'avais des clients qui jouaient les filles de l'air avant d'allonger le blé, des frais de teinturiers à chaque fois que les barbouzes du Ministère me balançaient dans une flaque de gadoue pour avoir fourré mon grand nez là où il ne fallait pas…

Il me fallait une affaire pour renflouer la caisse, et vite…J'avais déjà tapé Narcissa deux fois cette année, et on était en Avril ! Je croulais pas sous le boulot en ce moment : depuis l'affaire du gobelin mort dans le plumard de la mère Weasley, je passais mon temps à jouer aux fléchettes sur un portrait du vieux dingue en éclusant.

Je descendis au Centaure borgne, une taverne miteuse de l'Allée des Embrumes dont j'avais fait ma cantine. La bouffe était confite dans la graisse et le tenancier étalait la saleté sur les verres à coup de torchons, mais leur tord-boyaux, c'était plutôt une boisson d'homme !

Juste quand je terminais mon premier verre, la porte s'ouvrit et je vis pénétrer dans la pièce l'un de mes informateurs, le videur du Boudoir de Morgane, le plus chic bordel du coin (0), Remus Lupin, occasionnellement mon amant lorsqu'il était bien luné.

Et dans son cas, c'était pas un jeu de mots grivois

« Je te paye un verre, Lupin ?

—La dernière fois que tu m'as dit ça, je me suis réveillé avec mal à l'arrière train et plus léger de 5 Gallions.

—J'avais besoin d'oseille pour échapper aux Aurors, et je te les ai rendus, non ! Un emprunt, quoi, pas comme si je te les avais chouravé pour de bon»

Il me zieute du coin de l'œil en se hissant sur le tabouret à mes côtés, puis se commande un Pied d'elfe (1)

« Descendu de ton pigeonnier de bureau pour te mêler aux mortels ?

—Je cherche du boulot. T'as rien entendu qui m'intéresserait ?

—T'ai déjà dit de laisser les clients du Boudoir tranquille. Ça m'emmerderait de te mettre les tripes à l'air. »

C'est qu'il le ferait sûrement, ce con !

« J'ai entendu des trucs…

—Fantastique, je serais grillé pour avoir défloré Jeanne d'Arc. »

Il me colla une torgnole, plutôt gentille vu sa force de loup-garou, à l'arrière du crâne. De toute façon, m'étonnerait que ce coureur de Black ait laissé passer intouché ce beau petit lot, dans leurs jeunes années.

« Il y a un type du quartier qui venait souvent au Boudoir, sa femme est morte depuis plusieurs années et il…

—…avait le futal qui le démangeait.

—On le voit plus depuis une quinzaine. Paraît que sa môme a disparu et qu'il aide les Aurors à la chercher.

—Il avait une régulière et il venait quand même ?

—Sa fille, espèce de porc !

—Oh. C'est quoi son blaze ?

—Victoria Frobisher. Te dis quelque chose ?

—Ouais. Une de mes élèves. Pauvre gosse.

—Tu penses qu'elle a pu faire une mauvaise rencontre ?

—Nous sommes dans l'allée des Embrumes, Lupin, Jack l'éventreur lui-même y aurait fait une mauvaise rencontre ! »


Victoria Frobisher. Je m'en souvenais très bien. Petite, les cheveux châtains, ne se débrouillait pas trop mal en potions, mais avec une écriture en pattes de mouche qui m'obligeait à recourir à une loupe pour déchiffrer ses copies.

J'allumais une sèche et je regardais tranquillement la fumée monter vers le plafond en invoquant le visage de la môme. Elle devait être adulte, désormais.

Dans le lit, à mes côtés, Lupin se retourna dans son sommeil. Pour ce soir, j'avais un toit au dessus de la tête, mais la guerre avait aigri le loup-garou et je le voyais mal recueillir définitivement un ex-prof si le proprio me foutait à la rue.

Sans compter que si on se croisait tous les jours, l'un de nous finirait par étendre l'autre, et pas dans le sens plaisant….

Mais bon, demain était un autre jour…j'écrasais ma clope dans le verre sur la table de nuit, et je laissais ma main glisser sur le torse du loup-garou jusqu'à ce que ses paupières cillent….puisque j'étais dans un lit confortable ce soir, autant en profiter !


Les voisins n'avaient rien vu.

Le père Fisher n'avait rien vu.

Les Aurors m'avaient dit d'aller me faire voir.

J'adorais les enquêtes qui commençaient bien.

Il était vingt heures et je traînais d'échoppes crasseuses en magasins du même tonneau, à montrer la photo de la môme, un boulot basique et chiant que ces messieurs du Ministère ont souvent pas le temps de se farcir, en me disant qu'il faudrait bien que je me décide à aller voir si les huissiers étaient chez moi à un moment, quand je récoltais le premier renseignement intéressant.

Le premier clerc de l'étude Tari et Grani, qui se révèlait être cette petite saleté de Crivey cadet, eut une drôle de tête lorsqu'il vit la photo, alors je le travaillais un peu. Je lui foutais toujours les jetons apparemment. Alors qu'il sortait déjeuner, il y a environ deux semaines, il avait vu une jeune femme qui ressemblait à ma photo chez Barjow et Beurk.

J'évitais soigneusement de demander ce qu'il foutait à aller déjeuner chez Barjow et Beurk, son teint ne laissant aucun doute au Maître des Potions en moi. Il y a longtemps que je savais que le trafic de Poudre Hard Bop passait par cette boutique. S'il ne décrochait pas rapidement, il ne ferait pas long feu.

Pourquoi je ne disais rien aux Aurors, dont l'une des équipes de bras cassés cherchaient à démanteler le réseau de cette dope depuis des plombes ?

Parce qu'il faisait bon avoir toujours un atout dans sa manche, et que je ne savais pas quand je pouvais avoir besoin d'un artefact en dehors du circuit, ou d'une baguette clean ……

Barjow et Beurk était bardée de sortilèges pour empêcher des visiteurs indélicats d'empocher l'argenterie (2) …mais pas si bien protégée que cela, si on veut juste entrer…

Ceci dit, sortir sera plus difficile, vu que j'étais maintenant saucissonné sur le sol, en compagnie de Victoria, tandis que nous écoutions déblatérer le Barjow actuel sur les importuns qui mettaient leur nez dans ses affaires.

Apparemment, il avait l'intention de nous éparpiller depuis tous les ponts de la Tamise, en macédoine fine, le tout pour couvrir son trafic. La môme avait un mec tombé dans cette came, qui avait fait des dettes pour se procurer ses doses, et elle était venue les régler.

Seulement, ce gros porc s'était dit qu'il pourrait garder le fric et vendre un peu la fille à ses clients de l'arrière salle.

Pauvre gosse, l'amour l'avait mise dans une sale panade.

J'en était à me demander si le rayon des bonnes actions de ma vie contrebalancerait le reste, quand les Aurors défoncèrent la porte, baguette en pogne, arrêtèrent le bonhomme…et voulurent m'alpaguer comme son complice !

De multiples interrogatoires plus tard sous Veritaserum, c'est Weasley qui me reconduisit le lendemain à l'aube à la porte du Ministère. La gosse avait retrouvé son père, et flanqué le plus beau coup de genou que j'ai jamais vu dans les précieuses de ce petit crétin de Crivey, son mec, qui savait où elle était mais n'avait rien dit, de peur de perdre son job quand sa dépendance à la drogue serait connue et qui ne s'était décidé à prévenir les autorités que lorsqu'il avait vu que, moi non plus, je ne ressortais pas.

J'aurais même eu droit à une récompense, si je n'avais pas craché sous Veritaserum connaître l'implication de Barjow et Beurk dans le trafic depuis des mois. Résultat, cette pustule rousse a convaincu le père de donner la récompense à la prévention contre cette saloperie.

Je rentrais chez moi, moulu.

Bordel, l'huissier était là, en plus.

Alors que je m'apprêtais à perdre toutes mes ratiches des mains de son troll, celui-ci reçut un loup-garou sur le râble…Un troll, ça a plus d'instinct que de cervelle, et même sous sa forme humaine, Lupin pue le prédateur pour tout ce qui y a de l'instinct. Le genre avec des grandes dents, des griffes et une voix faite pour hurler à la lune, ça calme direct.

Lupin resta maître du terrain, faute de combattants, et me traîna à l'intérieur pour soigner mes ecchymoses.

« Arrête de grogner, t'es vivant, non ?

—Mais fauché.

—Tu trouveras un autre job. En attendant, je te paye un petit déjeuner au Centaure borgne. Œufs au plat, café noir et bacon, et tu seras un autre homme. Mais avant, faut que tu passes sous la douche, parce que tu ne sens pas la rose.

—T'es difficile, ma chère. Mais bon, vu que t'as évité à mon nez de dévier un peu plus…Si tu payes aussi mon loyer, je veux bien porter du patchouli, même.

—Rêve pas trop. Mais si le café te réveille assez, t'auras droit à une gâterie, avant que j'aille au boulot. »

.

.

(0) Entendez par là que vous êtes quasiment sûr de vous réveiller vivant. Sans votre bourse, mais vivant. Et les prestations sont sans conteste des plus originales, que ce soit au niveau de l'espèce ou du nombre de participants.

(1) Une dose de Firewhiskey dans une sphère de protection magique, le tout dans un chope de gnôle de centaure. On vide la choppe, puis on croque la sphère. Quant au nom, le pied serait le seul bout qu'on retrouverait d'un elfe qui essayerait de picoler un truc pareil.

(2)Ou l'argenterie d'empocher le visiteur. On ne sait jamais trop, dans une boutique des Embrumes.

.

.

Fin de l'épisode