Ma vie de privé

Rating : PG-13

Pairing : SS/Lupin

Nombre de mots : 1646

Disclaimer : Harry Potter est la propriété de JK Rowling.

Pour l'anniversaire de zazaone, voici donc un troisième volet de notre privé préféré !


Meurtre et romans roses…

.

Elle entra dans le bureau sans même frapper. Je levais vaguement le nez de la Gazette du jour (0), pour apercevoir un minois fardé comme une œuvre d'art, une robe anthracite sortie sans nul doute de la plus chic des boutiques de Pré au Lard, et un voile de grand deuil encadrant des mèches noires artistiquement arrangées.

Dites moi qu'elle était venue jusque dans mon antre pour un petit cinq à sept !

A ce moment là, et tandis que je virais du siège visiteur une pile de dossiers que je devais classer depuis la mort du père Noé, je compris pourquoi son visage m'était familier, je le voyais dans le papelard depuis trois jours, depuis qu'on avait retrouvé l'auteur le plus surfait du monde magique dézingué dans son burlingue à coup de coupe-papier kabyle.

Romilda Vane, toute récente veuve Lockhart.

Autant pour le cinq à sept.

La poupée s'installa à mon bureau, tamponnant son petit nez d'un mouchoir de dentelle tellement fin que c'est à se demander s'il pourrait servir à quelque chose et me proposa une somme astronomique pour retrouver le particulier qui avait changé son époux en macchabé.

Ma foi, autant je ne supportais pas ce jobard enfariné, autant l'idée qu'une part de son magot tombât dans mon escarcelle était loin de me déplaire. Cependant, les Aurors du Ministère, à commencer par Shacklebolt, poulet en chef, ne me portaient pas dans leur cœur, et auraient même rincé la dalle au type qui me refroidirait. Entraver une enquête officielle n'aiderait pas mon cas, ce que je signalais à la douce enfant, tout en zieutant ses courbes, parce que se rincer l'œil n'a jamais tué personne.

Se penchant en avant, dans un geste sans nul doute exercé, elle me mit son décolleté, fort rempli, sous le nez. Il en fallait plus qu'une paire de roberts pour me faire pencher, cependant.

.

Quoique c'était une fort joli paire.

.

Bon, à la rigueur, si l'avance sur salaire était suffisante….


Lockhart avait été retrouvé déjà froid par un de leurs elfes de maison, avec autant de trous dans le corps que faire se peut…Il laissait une épouse éplorée, ma cliente, un roman qui resterait à jamais inachevé (1) et une confortable fortune, due à son activité de pisse-copie pour une maison d'éditions érotiques.

Quand il pondait des fariboles héroïques, les ménagères ne se sentaient déjà plus. Lorsqu'il avait, après la guerre, mis à son actif la littérature olé olé pour damoiselles(2), c'était devenu hystérie dans les gaines de maintien à tous les étages de la société sorcière…

Il paraîtrait que même cette sale garce de Lestrange dévorait ses œuvres, vautrée sur son grabat d'Azkaban !

Une semaine plus tard, j'en savais beaucoup trop à mon goût sur la maison d'éditions Frissons roses, et pas assez sur qui avait pu refroidir l'autre jocrisse.

Sur qui aurait eu des raisons, là, j'avais pléthore de candidats, par contre.

La môme Vane-nouvellement-Lockhart, par exemple.

Vingt ans d'écart à la louche, un époux nombriliste au dernier degré et un paquet d'oseille, à s'en mettre plein les fouilles.

Cormac McLaggen, le directeur de publications de la maison d'éditions en question. Vu à se prendre le chou avec l'arc-en-ciel ambulant trois jours avant le meurtre.

Zabini, sinon. Le secrétaire du dit macchabé…Une veuve carrossée comme la luxure elle-même, un patron qui le traitait comme un chien …

Moi. Pour une sombre histoire de Saint Valentin à l'époque où j'enseignais chez les dingues et où un vieux dingo citronné faisait de me caser sa croisade secondaire, juste après empêcher une guerre magique.

Ou alors, un zozo quelconque et encore anonyme, amoureux des belles lettres et qui avait pensé qu'il était temps d'arrêter le massacre. ….


Finalement, la solution était simple.

Chercher la femme.

J'aurai juré que la citation s'appliquait à la veuve et si j'avais entrepris de la suivre, c'était persuadé qu'à un moment ou à un autre, je la trouverai en train de partager le fric avec un amant, Zabini sans doute.

Quand j'escaladais la glycine de cette auberge de campagne pour zieuter la chambre, je m'attendais vraiment à trouver la bougresse au lit avec un quelconque maroufle !

Dans le rôle du dit, je m'attendais pas du tout à trouver Ginny Weasley, ni à les apercevoir échanger de la salive en plus de l'oseille.

Je me barrais avant qu'elles commencent à échanger autre chose.

Potter devait être un bien mauvais coup pour que deux de ses conquêtes se réorientent ainsi.


« Je viens parler au grand manitou ».

Weasley releva la tête de son bureau, pour essayer de me persuader que, quelque soit le coup tordu où je m'étais enfilé cette fois, il se ferait une joie de m'enfoncer lui-même la tête sous l'eau, mais je tins bon et réclamait Shacklebolt à corps et à cri. Le jeune bleubite parut vexé comme un pou, mais j'avais mieux à faire que de lui passer la brosse à reluire pour l'instant.

Tout dégoiser aux Aurors.

En règles générales, je n'aimais pas balancer, mais je détestais encore plus être pris pour un cave, et la veuve joyeuse et sa …quoi ? Petite amie ? Gigolette ? Enfin, la veuve joyeuse et Weasley femelle allaient le savoir très vite.

Tandis que j'observais les circonvolutions ophidiennes de la fumée de la clope de Shacklebolt qui se consumait, abandonnée, dans le cendrier sur le bureau tandis qu'il prenait ma déposition, j'eus une petite pensée pour ce jobard de Lockhart. Penser qu'une souris dont il aurait pu être le père acceptait son plumard comme domicile conjugal pour autre chose que son argent, fallait qu'il soit barré…

Pauvre type. J'espérais quand même qu'il n'avait pas vu venir le coup.

Le jour tombait quand je décarrais discretos du Ministère, pour regagner l'Allé des Embrumes. J'avais le gosier sec d'une journée passée à jaspiner dans l'oreille de la flicaille ce que je savais de l'histoire, et aussi un goût acre dans la gorge, qui pour une fois ne venait pas de ce que j'avais été rond comme une queue de pelle douze heures avant.

Les amantes meurtrières étant en train de découvrir les joies de la promiscuité carcérale et l'odeur d'ammoniaque propres à ces lieux dans les geôles du Ministère, rien ne disait quand je serai payé.

Ni même si quelqu'un m'allongerait la monnaie un jour. Grommelant, je me traînais le long de rues en observant leur spectacle.

Tapins à tous les coins de rues, marchandages dans les encoignures de portes…Quelque part, je préférais ça. Ici, au moins, on annonçait la couleur franco. Si on vous dépouillait, c'était pas en faisant un beau sourire, plutôt en vous collant un coupe-chou sous la jugulaire.

Le bruit d'une porte qui claquait et un pochtron vint embrasser le trottoir à mes pieds. Levant le nez, je constatais que j'étais venu traîner devant Le Boudoir de Morgane, plus chic bordel du coin, sans même y penser et que c'était Lupin, son videur et mon amant occasionnel qui venait d'envoyer le poivrot voir ailleurs.

« T'es dans un bel état, gloussa le lycan en étudiant mon état, tu sors d'une poubelle ?

—Du Ministère », grognai-je, mais après tout, c'était peu ou prou la même chose.

Il gloussa une seconde fois, parut réfléchir puis désigna le type en train de vomir tripes et boyaux trois mètres plus loin.

« On a une piaule qui vient de se libérer.

— J'n'ai pas les moyens de me payer une des demoiselles sous ta garde, Lupin. Et quand j'ai du fric, je préfère me payer un coup à boire qu'une pute. Moins dangereux à long terme, je préfère la cirrhose à la syphilis. »

Il souleva un sourcil avec un petit air mariole qui me donnait envie de lui filer une torgnole. Mais juste à cet instant, je saisis où il voulait en venir, alors je la fermais bien soigneusement en le suivant à l'intérieur.


Les draps étaient parfumés d'une odeur trop fruitée à mon goût, et je n'avais jamais eu besoin d'une collection de photographies mouvantes et égrillardes comme celle qui ornait les murs pour me mettre en jambes, merci.

Cependant, tandis qu'un loup-garou nu ricanait à ce que je venais de lui raconter, et me disait que sa patronne achèterait mon récit, quelques sous, vu l'état de ton compte en banque, ça ne peut pas te faire de mal, (3) pour en faire un des numéros de l'établissement et que les « Amantes meurtrières » allaient avoir un succès du tonnerre, les vieux libidineux adorant à la fois les histoires d'amour saphiques et les histoires de crimes, je me fichais du cadre.

A cet instant, la main de Lupin glissa encore un peu plus bas, signe que la pause papote était fini, je gémis, et envoyais balader le souvenir de Lockhart, de sa veuve et de tous les Weasley que la terre avait jamais portés. J'avais beaucoup mieux à faire pour l'instant.

.

.

(0)Pas qu'elle est grand intérêt toute façon. Enième atteinte à la pudeur sur la voie publique de Potter, ce qui est une façon élégante de dire qu'il s'envoyait une de ses groupies dans une allée sombre, et malversations financières au Ministère.

(1)Quelque chose que le meurtrier pourrait mettre en valeur devant le Mangamot comme service rendu aux belles-lettres sorcières.

(2)Quoique le terme de littérature était mal choisi. D'après ce que je savais, tous les bouquins suivait le même scénario : une jeune gourde tombait successivement : sur un os, dingue de son sauveur et en cloques. Ça portait des noms comme « L'Auror qui m'aimait », « Le Secret du vampire » et « Sorcière en mal d'amour » et j'aurais préféré être piétiné par un hippogriffe que de devoir me farcir ce genre de torchons.

(3)Je lui aurais bien dit d'aller se faire foutre, mais ça aurait manqué d'impact, vu qu'on était à poil dans un pieu et que c'est exactement ce qui venait de se passer.

**fin.