Chapitre 4
« Putain, ya plus que des ruines ici ! Grogna Edward, en regardant les maisons et les rues détruites.
-C'est aussi un vrai cimetière… » murmura Alphonse en avisant une bonne dizaine de cadavres sanglants qui jonchaient le sol, éparpillés un peu partout.
Ed se tourna vers Amstrong, furieux.
« Les militaires étaient censés aider ces gens !! Pas de les aider à s'entre-tuer ! Alors pourquoi…
-La situation est trop complexe pour que je puisse vous l'expliquer. Fit Amstrong.
-Non pas que je doute de votre intelligence », rajouta t-il en voyant Edward ouvrir la bouche avec l'air de quelqu'un va commettre un meurtre.
Le jeune alchimiste marmonna de vague menace à peine audible avant de continuer à avancer.
Alphonse le suivit en resserrant le précieux fardeau qu'il tenait dans ses bras.
La fille ne s'était toujours pas réveillée. Inconsciente, ses traits étaient détendus et elle affichait un air calme et doux. Rien à voir avec l'expression de haine intense qu'elle avait eu durant son petit combat avec Ed.
Qui était-elle ? Et comment se faisait-il qu'elle avait pu faire de l'alchimie sans cercles ? Elle avait sûrement dû…
Alphonse secoua la tête. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Il fallait qu'ils retrouvent les homonculus. Mais que ferait-il de la jeune fille s'ils trouvaient et devaient combattre les homonculus ? Elle risquait d'être en danger. Enfin, surtout si elle ne se réveillait pas. Non parce que sinon elle se débrouillait plutôt bien pour se battre.
A ce moment là, la gamine remua et poussa un gémissement, comme si elle avait mal.
« Non ! Non…ma soeur…ma vie…
-Hein ? Fit Edward qui s'était retourné, imité par le commandant, et qui regardait la jeune fille d'un œil perplexe.
-Vie…soeur…Porte… »marmonna encore une fois la fille avant de pousser un long soupir et se taire de nouveau.
Les trois alchimistes la regardèrent avec étonnement. Puis Edward et Amstrong poursuivirent leur chemin en se désintéressant de nouveau de la fille. Seul Alphonse regardait la gamine. Elle avait sûrement beaucoup à leur apprendre…
Soudain, des bruits de fusillades retentirent. Tout proche. Les trois alchimistes se regroupèrent, chacun en position de combat, l'armure serrant contre lui, la frêle jeune fille.
Des habitants de Lior, armés pour la plupart d'armes feu tandis que leurs camarades avaient seulement des poignards, étaient poursuivis par des militaires qui eux avaient tous des fusils ou des revolvers qu'ils ne se privaient visiblement pas d'utiliser. Plusieurs habitants de Lior s'effondrèrent, atteins par les balles. Blessés ou tout simplement morts. Les survivants continuaient de lutter, même s'ils finirent par subir le même sort que les autres. Mais certains avaient quand même réussis à prendre la fuite. Afin de ne pas se prendre une balle perdue, Edward, Amstrong et Al, qui tenait toujours la jeune fille, se réfugièrent dans un bâtiment délabré mais qui tenait encore debout. L'intérieur de la bâtisse en ruine était sans dessus dessous. Des chaises, une table, des meubles étaient complètement détruits. Les murs étaient presque tous criblés de balles. Ne préférant pas s'attarder dans cette pièce, les trois alchimistes montèrent à l'étage par un escalier en bois miraculeusement intact. Sauf que l'avant dernière marche céda quand Alphonse posa le pied dessus. L'armure trébucha, se rattrapa en posant une main sur le sol du première étage, l'autre tenant toujours la jeune demoiselle qui se réveilla soudain, l'air complètement ahuri. Visiblement, elle se demandait ce qu'elle foutait là. Mais ce n'était pas le moment de donner des explications. Edward aida son frère à se dégager et ils coururent vers la première porte qu'ils virent. Ils l'ouvrirent et se précipitèrent dans la chambre qui intact, mise à part le lit deux place au sommier défoncé, et les meubles qui semblaient avoir été projetés avec violence contre les murs.
Dehors, on entendait toujours les coups de feu. Ca risquait de durer encore un petit moment…
Alphonse déposa la gamine sur le lit. Edward s'étira en poussant un soupir à moitié soulagé. Amstrong se tenait à côté de la fenêtre, regardant ce qui se déroulait dehors sans risquer d'être atteint par les balles.
« Comment t'appelles-tu ? Demanda Alphonse à la jeune fille.
-Hein ? Et vous ? Vous êtes des militaires ! Qu'est ce que vous voulez ? S'écria t-elle, agressive.
-On ne veut pas te faire du mal, crois-moi. Je m'appelle Alphonse Elric, j'ai quatorze ans, et voici mon frère, Edward qui en a quinze et le commandant Amstrong… »
La fille regarda les trois militaires avec méfiance avant de bougonner, de mauvaise grâce :
« M'appelle Niniane Dalavir. J'ai quinze ans, bientôt seize et j'aime pas les militaires.
-Sans blague, on l'aura pas remarqué ! » Ricana Edward qui jusque là n'avait pas dit un mot.
Niniane balança un regard haineux à Ed.
« Toi le minus, si tu veux pas que je te latte la tronche, t'as intérêt à calmer ta joie !
-QUI C'EST QUE TU TRAITES DE NAIN DE JARDIN AYANT DES PROBLEMES DE CROISSANCE ?? Hurla le Fullmetal en voulant se jeter sur la jeune fille mais qui était retenu par son frère qui essayait vainement de le calmer.
Niniane regarda la scène avec un mélange d'amusement et d'indifférence.
Amstrong se dressa soudain face à eux et tonna d'une voix forte :
« Allons, allons jeunes gens ! Ce n'est pas le moment de se battre entre vous ! La violence n'a jamais rien résolu et…
-Cela n'empêche pas certaines personnes de la pratiquer ! Le coupa Niniane en désignant la fenêtre du menton..
-C'est malheureusement vrai mais…
-D'ailleurs toi t'es un bon exemple ! C'est pas toi qui a voulut nous tuer tout à l'heure ? Fit Edward, sacarstique.
-La ferme minus. Si vous vous étiez pas ramené, ça ne serait pas arrivé !
-ARRETE DE ME TRAITER DE MINUS OU JE TE…Commença le Fullmetal alchimiste en brandissant un poing menaçant.
-Ed, Niniane, calmez-vous ! Dit Alphonse, en agitant les mains.
-C'est pas ma faute si t'es petit ! T'as qu'à manger plus de soupe même si je doute que ça te fasse quoique soit ! Ricana Niniane, en se levant, une lueur de défi dans son regard vert.
-ELLE ME CHERCHE !!ELLE VA ME TROUVER !!JE VAIS TE… !!
-Bah viens ! Je t'attends minus ! » Le provoqua la jeune fille, en position de combat, près à claquer dans ses mains.
Edward se calma soudainement en regardant les mains de la fille.
« Au fait, comment se fait-il que tu puisses faire de l'alchimie sans cercles ? Tu aurais tenté une transmutation humaine toi aussi ? » L'interrogea t-il.
Niniane sursauta, ses yeux s'écarquillèrent et elle baissa vivement les bras. Plusieurs émotions différentes passèrent sur son visage. Surprise. Douleur. Et tristesse.
Elle ouvrit la bouche, la referma et l'ouvrit de nouveau pour répondre d'un ton sacarstique :
« Je pourrais te demander la même chose mais comme il m'arrive d'être discrète, et que j'ai des principes, je préfère te demander si vous comptez vous éterniser ici… »
Edward fronça les sourcils. Puis il haussa les épaules. Tôt ou tard, il finirait bien par savoir la vérité.
« Pour répondre à ta question, on préfère attendre qu'il y ai plus de calme avant de redescendre dans la rue. On a pas envie de se faire trouer la peau, tu sais. Expliqua Edward en jetant un coup d'œil à la fenêtre.
-Et…je suis obligée de rester avec vous ? Demanda Niniane.
-A moins que tu ne veuilles de faire fusiller…
-C'est toujours mieux que de rester avec vous…
-Je vous en prie , Dit Alphonse, ne recommencez pas à vous disputer. »
Puis il s'adressa à la jeune fille :
« Tu pourrais peut-être nous aider, on recherche le Père Cornello…
-Pfff ! Il doit sûrement être terré au fond de son église bien à l'abri pendant que des milliers d'innocents se font massacrer ! Jeta Niniane, avec dédain.
-Tu pourrais nous y conduire ?
-Et pourquoi donc ?
-On peut pas te le dire…mais c'est important !
-Plus important que d'aider les gens dehors ?
-Euh…
-Laisse Al ! Si elle veut pas nous y conduire, c'est son problème. On finira bien par la trouver cette église.
-L'église peut-être, mais pas sa cachette ! Objecta Niniane, avec un sourire outrancier.
-Tu ne vraiment pas nous y conduire ? Demanda Alphonse, avec un ton un peu suppliant.
-Ca dépend. Vous me proposez quoi en échange ?
-Mon poing dans ta gueule…marmonna Ed, avec un léger sourire aux lèvres.
-Euuh…je ne sais pas quoi…Commença Alphonse.
-Que diriez-vous d'un poste à Central ? J'ai remarqué vos talents d'alchimiste, vous pourriez être très utile ! Proposa Amstrong, en se mêlant de la conversation.
-Je vous ai déjà dit que je n'aimais pas les militaires ! Alors c'est pas la peine de me proposer d'en devenir un !
-Pourquoi ? Lâcha le Fullmetal, assez curieux.
-Ils ont tués mes parents. »
Un grand silence ce fit, seulement troublé par des détonations et des cris venant de l'extérieur.
« Désolé…murmura Al, en baissant la tête.
-…Fit la jeune fille.
-Bon écoute, tu nous aides et tu nous diras ce que tu veux après, okay ? Proposa Edward en se redressant.
-…d'accord… »Acquiesça Niniane, surprenant tout le monde, même Ed.
Tout le monde se rassembla devant la porte, l'ouvrit et descendirent précipitamment les escaliers. Arrivés devant la porte de l'entrée principale, ils échangèrent un bref regard et s'élancèrent à l'extérieur en courant.
Le commandant Amstrong courait devant suivit de près par Edward et Niniane, ainsi que d'Alphonse qui fermait la marche.
« A droite ! » Cria Niniane.
Ils obliquèrent dans la direction indiquée, évitèrent de justesse une volée de balles et continuèrent à courir comme si leurs vies en dépendait, ce qui était le cas.
« Continuons tout droit ensuite prenons à gauche et ensuite tout droit ! L'église se trouve là ! Ordonna la jeune fille, haletante.
-Compris ! » Répondit Amstrong en faisant ce qu'elle disait.
Après une course éprouvante où plusieurs fois ils manquèrent de se casser la figure et de se prendre des balles, les quatre alchimistes arrivèrent devant l'église qui ressemblait plus à un temple qu'à autre chose. C'était un imposant bâtiment blanc qui tirait plus vers le gris à présent, avec des colonnes de pierres qui soutenait un toit de la même matière. Et encore, ça ce n'était que l'entrée.
Nos quatre alchimistes pénétrèrent dans la bâtisse. Leurs pas résonnaient dans ce lieu calme et un peu sinistre.
« Ya personne ici ! Constata Edward en promenant son regard partout.
-C'est un peu trop calme à mon goût… »Renchérit Niniane.
Alphonse et le commandant ne dirent rien. Ils arrivèrent bientôt dans une pièce avec un autel dans le fond et des bancs disposés les uns derrières les autres. Bizarrement, tout était intact.
Les statuts de Létho, le dieu soleil semblaient les fixer avec désapprobation.
« C'est ici qu'avait lieu la messe, chuchota Niniane.
-Merci, on l'aura deviné ! Répondit le Fullmetal sur le même ton.
-Elle est où la cachette du Père Cornello ? demanda Alphonse.
-Par ici, suivez-moi. »
La jeune fille les guida dans un coin du temple. Elle écarta un long rideau pourpre qui dissimulait une porte en bois mais qui avait l'air solide.
« Au fait, comment tu sais où se cache le père Cornello ? S'enquit Ed.
-J'étais l'une de ses prêtresses. » Répondit-elle, comme si ça justifiait tout.
Elle les conduisit le long de plusieurs couloirs avant d'aboutir dans une salle illuminées par des torches. Le plafond était un dôme de pierre soutenu par des colonnes de granits.
« Et mais…cette salle n'était pas là avant ! S'exclama Niniane, perplexe.
-Hein ? Mais comment…? Commença Ed en regardant de tous les côtés, imité par Amstrong.
-C'est normal que tu ne l'ai pas remarquée avant, c'est parce que nous l'avions dissimulée par nos propres moyens… »Retentit une voix forte.
Les quatre alchimistes se retournèrent de concert, en direction de la voix.
Le Père Cornello, une canne à la main apparut dans la lumière, avec un air goguenard.
« Vous en avez mis du temps pour venir jusqu'ici ! Heureusement que mademoiselle était là pour vous guider ! Ricana Cornello en désignant Niniane qui recula d'un pas.
-Vous n'êtes pas le père Cornello ! S'écria Edward, en serrant les dents.
-Non c'est vrai. Bien joué Fullnabot ! » Sourit Cornello, moqueur.
Sur ce, il se transforma. A la place du Père Cornello, apparut un jeune garçon qui avait l'air d'avoir le même âge qu'Edward et Niniane, quoique un peu plus et qui ressemblait vaguement à un palmier à cause de sa coupe de cheveux.
« Envy. J'aurais dû m'en douter…Rugit Ed en serrant les poings.
-Moi aussi je suis content de te revoir Fullnabot ! Ironisa Envy, les mains sur les hanches.
-Tu nous attendais ?
-Bah ouais, la dernière fois, on a été interrompu lorsqu'on a voulu créer la Pierre Philosophale, alors du coup on a eu l'idée de t'attirer ici, dans un endroit où cette fois, personne ne pourra nous déranger…
-T'as toujours pas pigé que c'est pas la peine de compter sur moi pour créer la Pierre à votre place ?
-Bah…faut dire que t'as pas le choix si tu veux pas qu'on bute tes petits amis ! Déclara Envy, d'un ton faussement joyeux.
-Là dessus, tu peux toujours rêver ! Hurla le Fullmetal en transmutant son auto-mail et en se jetant sur son ennemi.
-Ho, tu veux te battre ? Mais ya pas de problème Nabot ! » S'exclama Envy en bondissant à la rencontre d'Edward.
A suivre…
