Chapitre 6

Chapitre 6

« Bah alors Nabot, tu te décides enfin à émerger ? »

Edward, les yeux fermés, fronça les sourcils et voulut se renfoncer sous son oreiller pour ne plus à avoir à entendre la voix d'Envy, acide et sarcastique.

Attendez une seconde…la voix d'Envy ?!

Edward se redressa brusquement, les yeux écarquillés. Tout lui revenait en mémoire. Le combat qui l'avait opposé à Envy, sa blessure, la fuite, et enfin le chant hypnotique puis le trou noir…jusqu'à maintenant. Il regarda où il se trouvait, légèrement paniqué.

Il était dans un grand lit à baldaquin, aux draps bleus clairs et bien propres.

La pièce aussi était assez grande et éclairée par des torches. Très luxueuse. Un carrelage blanc et brillant aux motifs délicats, une tapisserie de couleur violette claire représentant de très belles fleurs ainsi que de très belles courbes dorées. Et puis de beaux meubles en bois précieux qui devaient valoir une petite fortune…

Il s'arracha soudain à sa contemplation en sentant quelque chose lui enserrer le poignet gauche. Il se tourna vers elle et vit qu'il était retenu par une paire de menottes à l'un des barreaux du lit où il était appuyé avec son oreiller. Il tira dessus, furieux.

« C'est pas la peine Nabot, t'y arriveras pas… »

Ed se retourna vers la voix. Ses yeux dorés lançaient des éclairs. En clair, on voyait très bien qu'il avait des envies de meurtres. En particulier sur l'homonculus installé nonchalamment non loin de lui sur un fauteuil ayant l'air confortable et qui le regardait avec un amusement qu'il ne cherchait pas à dissimuler.

« Putain et moi qui espérais que ce n'était qu'un mauvais rêve ! Pesta le Fullmetal, rageur.

-Tu dois être déçu mon pauvre Nabot…ricana Envy.

-ARRETE DE ME TRAITER DE NABOT CONNARD !! » Gueula Edward en voulant se jeter sur lui mais il fut arrêté net dans son élan à cause des menottes qui le maintenait au lit.

Il tenta de nouveau de les retirer mais c'était vain. Et il le savait.

Il arrêta bientôt de s'acharner dessus et poussa un grognement vraiment mécontent. Il se tourna vers Envy et vit que celui-ci s'était levé et qu'il se tenait face à lui, un grand sourire triomphant lui barrant le visage.

« Tu sais que je te préfère endormi Nabot ? Là au moins, tu gueules pas, t'es plus docile, et puis…tu es aussi plus mignon !

-Hein ? » Fit Edward, croyant avoir mal compris cette dernière phrase.

Le sourire de l'homonculus s'élargit.

« Bah ouais, au moins quand t'es inconscient, t'as l'air plus doux et puis comme je l'ai déjà dis, tu cries pas à tord et à travers…

-Pourquoi tu me dis ça ? T'es complètement taré ma parole !

-Parce que tu en doutais ? »

Edward ne répondit pas. Avec un air dégoûté, il se réinstalla sur le lit, loin d'Envy. Enfin, aussi loin que les menottes ne lui permettaient. De plus, il venait de se souvenir qu'il était blessé au ventre à cause de la douleur qui l'avait rappelé à l'ordre. Il grimaça.

« Où est mon frère ? Et Amstrong ? Et Niniane ? Qu'est ce que vous comptez faire de nous ?

-Ce que l'on compte faire de toi, tu dois t'en douter, par contre pour la petite conne et ce gros tas qui te sert de garde du corps, on compte les utiliser pour le sacrifice. Logique non ?

-Et mon frère ? Et Alphonse ?

-Alors, lui, j'en sais rien. Faudra voir ça avec notre boss.

-Parce que vous avez un boss ? » Demanda Ed, étonné.

Il ne reçut comme réponse qu'un sourire malsain. Le Fullmetal poussa un soupir désabusé.

« Et dis, j'suis obligé de te supporter ici pendant encore longtemps ?

-Pour le moment j'attends les instructions.

-Brave bête… »lâcha Edward, ironique.

Un éclair de colère traversa les prunelles mauves de l'homonculus et en un bond, il fut sur Edward, le saisissant par le col de son t-shirt. C'est à ce moment là qu'Ed se rendit compte qu'il n'était vêtu que d'une chemise à manches courtes blanche, et d'un short bleu pâle.

« Retire ce que tu viens de dire Nabot sinon...ordonna Envy, menaçant.

-Va chier connard ! lui répondit le Fullmetal en essayant de se dégager de sa main libre. C'est-à-dire avec son auto-mail.

Mais l'homonculus de l'Envie la lui emprisonna de son autre main. De cette manière, nous pouvons constater la force d'un homonculus. Non parce que pouvoir immobiliser le bras droit d'Edward…

Ce dernier se retrouva donc impuissant à se défaire de l'emprise d'Envy. Mais cela ne l'empêchait pas de fixer son adversaire avec une lueur de défi dans le regard.

Durant plusieurs minutes, ils restèrent là à ce regarder avec colère. Envy était à califourchon sur le ventre d'Edward et Ed, bah, il devait le supporter. Sauf qu'au d'un moment, il en eut marre et râla :

« Bon, tu bouges ? T'es lourd…et dans les deux sens du terme ! »

Son vis-à-vis resserra sa prise. Un peu plus et il pouvait broyer le bras de métal du Fullmetal.

Celui-ci s'en rendit compte en attendant le léger grincement que produisit son auto-mail.

Il commençait à avoir un peu de mal à respirer à cause du poids de l'homonculus. Et puis pourquoi ce dernier le fixait de cette manière ? Toute trace d'animosité avait disparu du visage d'Envy. Au contraire, il le fixait avec une sorte de mélancolie, comme s'il regrettait quelque chose. Puis, sans avertissement, il se pencha vers le jeune alchimiste et l'embrassa.

Trop surpris, Edward ne réagit pas tout de suite. Ce ne fut que lorsque Envy introduisit sa langue dans la bouche d'Ed que celui se débattit.

« Arrête ! » Cria t-il.

Envy se redressa et le toisa, narquois.

« Ca ne te plaît pas Nabot ? J'aurais pourtant espérer que si…enfin tant pis pour toi. »

Et sans un mot de plus, il reprit possession des lèvres d'Ed. Le jeune alchimiste se débattit avec fougue, mais ayant ses deux bras emprisonnés, il ne pouvait pas faire grand-chose. Après avoir lutté pendant encore de longues minutes, il finit par abandonner toute résistance…

Niniane ouvrit péniblement les yeux. Elle avait mal au crâne. Elle se redressa une main sur le visage. La jeune fille tentait de se rappeler les évènements survenus quelques heures plus tôt.

Edward. Le combat. Les…homonculus. Homonculus !

Elle retira vivement son bras, et regarda la pièce où elle se trouvait, les yeux écarquillés de terreur. Complètement déboussolée. La pièce était exactement semblable à celle où se trouvait Edward bien qu'elle ne sache pas où celui-ci se trouvait. Mais à la différence du jeune blondinet, elle était seule. Seule mais menottée elle aussi. Comme Ed, elle tira sur ses menottes mais fini par renoncer. Elle tenta alors de faire le point : en fait, il n'y avait pas grand-chose à mettre au clair. Ils étaient dans la merde point barre. Niniane poussa un soupir de découragement. Mais comment avait-elle fait pour se retrouver dans un pétrin pareil ?

Rien. Ah si, elle avait combattu Edward et était tombée dans les pommes du coup Alphonse l'avait prise avec eux. Ho et puis elle avait accepté de les conduire jusqu'au Père Cornello qui s'avérait être un imposteur. Quelle gourde ! Que pouvait-elle faire maintenant, mise à part attendre ? Rien. Elle ne pouvait pas bouger du lit. La jeune fille eut un mouvement d'humeur : s'il y avait bien une chose qu'elle détestait, c'était d'être impuissante à faire quoique ce soit. Vraiment, c'était rageant !

Soudain, elle entendit la porte qui se trouvait à sa droite s'ouvrir et une personne entra.

Niniane eut un hoquet. Les yeux grands ouverts, bouche bée, elle fixait l'homonculus qui lui faisait face avec stupeur.

Grudge esquissa un sourire moqueur. Elle s'avança vers celle qui avait été sa sœur jadis.

Niniane n'avait pas bougé. Pourtant elle déglutit avant de dire, les larmes aux yeux :

« Ma…Maria ? C'est toi ? Je…je suis heureuse de te…revoir… »

Le sourire de Grudge s'agrandit et elle s'assit sur le rebord du lit, face à sa jumelle.

« Vraiment ? C'est très étrange pourtant… murmura t-elle, pensive.

-Pourquoi ? Après que tu sois morte, j'ai tout fait pour te ramener ! Cela a prit du temps mais on dirait que j'y suis parvenue… »

Soudain, elle se rappela les paroles que lui avait dites Alphonse pendant qu'Edward se battait contre Envy :

« Je ne sais pas qui est Maria mais si c'est elle que tu as tenté de faire revivre alors oui, elle est devenue un homonculus. Mais ne te fais pas d'illusions. Si tu la croises, elle n'aura rien à voir avec ton amie… »

Niniane regarda sa sœur plus attentivement. Oui…elle avait l'air différente, outre ses vêtements et l'étrange couleur de ses yeux et de ses cheveux.

La jeune fille se mordit les lèvres, l'air soucieux.

« Tu n'es pas Maria ? »

Cette question arracha un sourire mesquin à son vis-à-vis.

« Je te mentirais si je disais que oui…

-Mais alors…

-Ce que tu es bête ! Aurais-tu oublié ?

-Oublier quoi ?

-Que c'est toi qui a tué ta sœur ? »

Niniane regarda son interlocutrice, la bouche grande ouverte tant elle était surprise.

« Mais…non ! Si c'est moi qui t'avais tuée je n'aurais pas tenté de te faire revivre ! C'est absurde ! Et pourquoi t'aurais-je tuée ?

-Par rancune.

-Quoi ? »

Le visage de Grudge était devenu mortellement sérieux. Dans ses yeux luisait la haine et plus que tout, la rancune. Chose que Niniane ne comprit pas.

Soudain, l'homonculus la saisit à la gorge. La jeune fille n'avait rien vu venir, tant son interlocutrice avait été rapide. Elle attrapa la main qui l'étranglait, essayant vainement de desserrer les doigts qui serrer son cou.

« Par rancune sale petite peste ! Souviens toi, voyons ! J'ai toujours était la meilleure de nous deux et ça, tu ne pouvais le supporter, toi, la pauvre petite fille qui foirait tout ce qu'elle entreprenait ! Et parce que j'étais la meilleure, tu m'en voulais, tu me haïssais à tel point qu'un jour, tu m'as tuée ! Mais si, rappel toi, c'était avec le joli poignard que papa conservait dans sa vitrine d'objets plus ou moins précieux ! Tu l'as volé et tu es venu me voir avec ton petit air innocent et CHLAK ! Un beau coup de couteau bien placé ! Ca m'a fait très mal tu sais ?

-N…non ! » bafouilla Niniane, qui suffoquait.

Grudge resserra sa prise, une joie mauvaise éclairait maintenant son visage pâle.

« Ho mais si…mais comment se fait-il que tu ne t'en souviennes pas ? T'aurais t-on effacé la mémoire ? A moins que tu ne souffres d'amnésie sélective? »

La jeune fille aux yeux verts commençait sérieusement à manquer d'air. Elle voyait des petits points noirs qui dansaient devant ses yeux. La bouche grande ouverte, elle tentait désespérément de respirer tandis que son visage virait petit à petit au rouge. Soudain, alors qu'elle était à deux doigts de perdre connaissance, Grudge la lâcha. Niniane retomba à bout de souffle sur le lit, aspirant l'air à grande goulée, le cœur battant la chamade.

L'homonculus la regarda, l'air dégoûté.

« T'as de la chance, on doit te garder en vie pour le sacrifice. »

Puis elle lui tourna le dos et se dirigea vers la porte.

« On viendra te chercher quand il sera l'heure d'y aller. En attendant, tu vas rester ici. Le temps qu'il faudra. On t'apportera à manger tout à l'heure. »

Elle s'arrêta devant la porte, une main sur la poignet et se tourna vers sa « sœur », un sourire cruel sur le visage.

« Au fait, ne m'appelle plus Maria. Mon nom, maintenant, c'est Grudge, tu l'auras peut-être deviné. »

Puis sans un mot de plus, elle sortit laissant Niniane qui reprenait son souffle, allongée sur le lit qui se tenait le cou de la main droite, l'autre étant attachée.

La jeune fille se retourna sur le dos et regarda le plafond. Une envie de pleurer.

« Rancune… »

Alphonse releva la tête en entendant quelqu'un ouvrir la porte de la cellule dans laquelle il était emprisonné. On l'avait enchaîné de sorte qu'il ne puisse plus faire un geste. Cela faisait depuis au moins quatre heure que ses compagnons et lui s'étaient fait piégés dans le temple dédié à Létho, le dieu Soleil. Le commandant se trouvait lui aussi dans une cellule, non loin de lui. Ils avaient parlé un moment pour savoir s'ils allaient bien, si l'un des deux savait où se trouvait Edward et Niniane, et enfin pour trouver une solution pour se sortir de là.

Pour répondre à ces questions, sachez que Alphonse et Amstrong allaient bien, que non, aucuns des deux ne savaient où pouvait se trouver leurs deux amis et enfin, ils n'avaient aucune idées qui pouvaient les aider à se libérer.

La porte de la prison d'Alphonse s'ouvrit donc, laissant deviner la silhouette de Lust accompagnée comme toujours par Glutonny. Les deux homonculus s'avancèrent vers lui. Alphonse les fixait, se demandant ce qu'ils voulaient au juste.

Lust s'arrêta devant l'armure et le dévisagea pendant quelques secondes avant de déclarer :

« Comme la dernière fois, mon cher petit, tu nous serviras d'otage afin que le FullNabot accomplisse ce que nous attendons de lui sans problème.

-Att…attendez ! Où est-il ? Où est mon frère ? Et…et Niniane ? Pourquoi n'est-elle pas avec nous ?

-Ne t'inquiète pas pour ton frère, il est avec Envy.

-Et vous dites que je ne dois pas m'inquiéter ?!

-…quant à la jeune fille qui vous accompagnait, elle est avec sa « sœur ». Continua Lust sans prendre en compte l'interruption d'Alphonse.

-… »

Al baissa la tête. Il espérait de tout cœur qu'Envy ne fasse pas de mal à Ed sans savoir que ce dernier n'avait pas l'air de souffrir en ce moment (XD).

Et puis il s'inquiétait aussi pour Niniane, si elle était avec Grudge, qui sait ce que celle-ci peut lui faire ?

« Vous savez, nos supérieurs savent que nous sommes là, ils finiront par se douter de douter de quelque chose si vous persistez à nous maintenir séquestrés ! Tonna Amstrong qui avait entendu leur conversation depuis sa cellule. De là où il était par contre, il ne pouvait pas les voir. Aussi ne vit-il pas le sourire de mauvais augure qui naquit sur les lèvres de Lust.

« C'est fort possible…mais vous serez morts bien avant…

-Bien avant ! Bien avant ! » Répéta Glutonny en battant des mains.

Et sur ces dernières paroles, les deux homonculus s'en allèrent laissant Alphonse et Amstrong seuls.

A suivre…

Le sale quart d'heure de l'auteur :

Mustang : Edward ! Tu m'as trompé ! Oo

Ed : Maiiiis !! C'est Envy qui m'a presque violé !!

Mustang : Et tu as fini par te laisser faire !

Ed :…éè

Envy : Mustang est jaloux euh !

Mustang : toi tu vas me le payer !!

Envy : Avec la monnaie que tu veux !

Ed : Hé !èé

Akina : Vous êtes désespérants…

Ed : C'est pourtant toi qui écrit ce qu'on dit ! Donc…

Akina : …

Mustang : Bravo Edward, tu as réussi à lui clouer le bec !

Envy : Euuuh, il aurait pas dû…

Ed : Pourquoi ?

Envy (désigne Akina qui est retourné sur son ordi) : Euuh parce que là, elle va se venger…

Akina (sur ordi) : Edward dit à Envy : « je vais chanter les bisounours en tenue de pom-pom girl et des souliers vernies… »

Ed : AAAAAAAAAAARGHHHHHHH !!

Envy : Elle serait parfaite dans le rôle de l'homonculus de la Rancune !