Disclaimer : Bien évidemment rien ne m'appartient, tout est à la génialissime Stephenie Meyer, et j'utilise ses personnages seulement pour le plaisir d'écrire et dans aucun but lucratif…
Pour Ewena : Merci beaucoup pour tes compliments, ça me fait très plaisir, et je suis contente que le personnage de Claire te plaise ; j'essaie de faire au mieux pour qu'elle paraisse réaliste… A propos du match de football, je dois avouer que je ne préfère pas rentrer dans la catégorie sport ; j'ai essayé, surtout pour le prochain chapitre (je sais maintenant en quoi consiste le baseball !!!), et pour la partie de foot, mais c'était plutôt catastrophique… alors j'ai préféré m'abstenir. Enfin bon, je te remercie pour tes encouragements.
Et merci également à Hilaidora, et mushu1.
En ce moment, ce qui a tendance à m'énerver et me déranger énormément, j'ai un peu de mal à écrire. Je sais parfaitement où je veux en venir, mais je n'arrive pas à y mettre les mots pour…
Enfin bref, voilà le chapitre 7, maintenant que le site marche enfin…
Bonne lecture.
Cœur de pierre
Chapitre 7
Le lendemain, j'étais encore plus impatiente que la veille ; bien que je ne pensais pas que cela fût possible. Je fus soulagée lorsque nous rentrâmes à la maison. Il pleuvait à sauts. Edward ne rentra qu'aux environs de sept heures. Je l'avais brièvement aperçu avec Bella, dans la Volvo, devant chez elle, et je m'étais détournée de son esprit. Il m'était resté très flou, de toutes façons. Les changements auxquels il était sujet étaient vraiment… étranges. Mais certainement dans l'ordre des choses.
Je fixai la pluie diluvienne qui se déversait à l'extérieur, par la fenêtre du salon. J'étais seule, debout au milieu de la pièce, je venais de rentrer de la chasse. Edward s'approcha et se posta à côté de moi.
- Je vais demander à Alice de m'accompagner, pour chasser, demain après-midi. J'espère que cela ne t'ennuie pas.
Non, bien sûr. Elle ne résisterait pas à la tentation d'aller lui parler, si elle savait que tu n'étais pas là.
Il eut un mince sourire.
- J'espère que toi, tu résisteras. Je préfère que tu restes. Je sais que si quelque chose… arrivait, durant mon absence, tu serais en mesure de…
Ne t'en fais pas, je veillerai sur elle, pour toi.
Il me remercia dans un murmure.
Parle-moi d'elle, demandai-je.
Il me regarda avec une pointe de curiosité et d'étonnement.
Je voudrais la connaître.
- Elle est très maladroite, me dit-il avec un sourire. En venant à table, ce midi, elle a trébuché deux fois, alors que le sol est parfaitement plat.
Je souris.
- Elle a beaucoup de cœur. Elle n'aime pas beaucoup qu'on s'occupe d'elle, elle aime être forte – alors qu'elle est si fragile. C'est très paradoxal. Elle a le sens des responsabilités, et connaissant sa maladresse, elle est prudente. Elle est têtue, elle ne lâche rien tant qu'elle n'a pas obtenu quelque chose. Je crois qu'elle te ressemble un peu, elle devine énormément de choses. Elle a tout de suite su que nous n'étions pas… que nous étions plus qu'humain, pour reprendre ses mots. Elle a aussi le don de se fourrer dans les ennuis, rien qu'entre moi, et ce qui s'est passé mardi…
Il s'interrompit, ferma les yeux pour se calmer. Il en parlait avec tellement de ferveur… comme si c'était vraiment fascinant. Il reprit finalement, un sourire tendre aux lèvres.
- Elle paraît plus mature que les autres humains. C'est vraiment très étonnant. Elle a toujours des réponses inattendues à mes questions. Je ne suis pas habitué, c'est… déroutant.
Pour une fois que quelqu'un peut te surprendre !
Il rit.
- Ses cheveux ont un reflet roux, au soleil.
Tu l'as vue, lundi ?
- Oui.
Tu l'aimes vraiment, n'est-ce pas ?
- Plus que tu ne peux te l'imaginer. Elle… hante littéralement mes pensées. C'est comme si… du jour au lendemain, elle était devenue le centre de mon univers, que tout tournait autour d'elle.
Je suis heureuse pour toi. Tu le mérites plus que n'importe qui.
- J'aimerai pouvoir en être aussi sûr que toi.
Ça se passera bien, samedi. J'ai confiance en toi.
- J'aimerai tellement que tu aies raison. Alice…
- Ces visions sont subjectives, Edward. Tu y arriveras. J'ai confiance en toi, répétai-je.
Il n'ajouta rien.
J'espère que j'aurais bientôt le droit de lui parler.
Il m'adressa un regard peu amène.
- Tu es presque aussi agaçante qu'Alice. Sauf que tu utilises le chantage affectif.
Et ça marche ?
- Non.
Il ébouriffa mes boucles auburn avant de s'éloigner dans les escaliers.
Pour le moment.
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Edward venait tout juste de quitter la maison. Il était revenu tout juste deux heures auparavant, de chez Bella, et il y retournait. Pour passer la journée entière avec elle. Seul.
Les paris tenaient à cinq contre deux. Alice et moi d'un côté, et les autres contre nous.
J'affichais une assurance et une confiance dont j'étais loin de ressentir la totalité. J'étais bien plus anxieuse que je ne le laissais paraître – sauf à Jasper, peut-être – si bien que j'étais incapable de me concentrer sur quoi que ce soit.
Je décidai d'aller chasser, bien que j'y sois allée seulement jeudi. Alice m'accompagna. Alors que nous courrions en direction de la frontière canadienne, Alice me dit :
- Trois des nôtres vont bientôt arriver.
- Nous les connaissons ?
- Non.
Edward allait devenir intenable quand il saurait ça. Déjà qu'avec Peter et Charlotte, il était au bord de la crise d'anxiété ; mais avec trois vampires inconnus, il allait devenir pire que surprotecteur. En prenant en compte le fait que Bella s'en sorte indemne cet après-midi.
- Tu crois que ça va aller ? demandai-je.
- Pour le moment… je crois que ça ira. Mais… tout est tellement changeant le concernant… c'est extrêmement déroutant.
- J'ai de plus en plus de mal à saisir son esprit, avouai-je.
Les sourcils d'Alice se haussèrent brièvement, interrogateur.
- Je suppose que… découvrir ce qui le liait à Bella, modifie en profondeur sa manière d'appréhender les choses, de voir les gens, de les percevoir. Il découvre toute une facette de nouveautés. Je pouvais le voir à Denali, mais je crois que s'il y retournait, je ne le verrai pas. Il n'est plus tel que je le connaissais.
Alice hocha la tête, pensive. Une vision fugace la traversa, et je retins une grimace.
- Ne t'inquiète pas, je suis sûre que tout va bien aller.
J'avais presque l'impression de me convaincre moi-même…
- On n'a même pas eu l'occasion de lui parler ! ajoutai-je.
- Edward est vraiment insupportable. Quand il rentrera, il aura intérêt à vouloir venir avec elle à la maison. Je ne supporterai pas d'attendre plus longtemps.
Je souris. Moi aussi, il me tardait de la connaître.
- Vous allez au bal, ce soir ? demandai-je après un instant.
- Non, répondit Alice. On ira au bal de fin d'année. Ce sera mieux.
J'imaginai qu'elle espérait pouvoir pomponner Bella. J'étais impatiente de voir ça…
- De toute façon, je suppose que tu n'irais pas ? ajouta Alice, presque hargneuse.
Je ne pus qu'acquiescer. Les froufrous, robes et smokings, les slows, très peu pour moi. Et puis la danse n'avait plus vraiment d'attrait à mes yeux depuis les années quatre-vingt.
Le vent nous envoya directement la fragrance de plusieurs cerfs ; et la conversation s'en tint là. Je me concentrai brièvement, oubliant ma sœur près de moi, qui m'imitait. En quelques secondes, je repérai les animaux et portait mon choix en fonction de l'odeur qu'elle dégageait. Je m'élançai.
En quelques secondes j'atteignis ma proie ; l'affaire fut promptement réglée, il avait eu à peine le temps de relever la tête que j'étais sur lui. Son sang chaud – si différent et tellement moins agréable que le souvenir de celui d'un humain – coula dans ma gorge, se répandit dans tout mon corps. Je poursuivis ma chasse. Un puma ou un ours serait idéal pour me distraire un peu.
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Je sortis de ma chambre, arrangeant le col de la chemise que je venais de passer ; il valait mieux se changer après une partie de chasse. Tout en passant dans le couloir, je croisais Alice qui m'adressa un sourire lumineux avec un clin d'œil. Je me stoppai et me concentrai pour percevoir l'esprit d'Alice où brillaient avec précision les deux possibilités d'avenir pour Bella, aucune n'avait le dessus sur l'autre. Parts égales.
En une seconde, je me retrouvai au salon, où Emmett et Jazz regardaient un match de baseball.
- Vous me devez trois cent dollars chacun, et j'ajoute les dernières Converse que j'ai vues. Je vous donnerai la facture.
Emmett me jeta un regard noir. Je lui souris avec toute l'hypocrisie dont j'étais capable.
- Merci les garçons.
Emmett gronda et je lui envoyai un clin d'œil.
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Il était sept heures lorsqu'Edward rentra. Le sourire de mon frère, léger mais franc, était agréable à voir. Il s'était changé rapidement, et j'avais à peine eu le temps de lui dire qu'on l'attendait dans la matinée, avec Bella. Il rit. Il me semblait que cela faisait des lustres que son rire, un vrai et franc rire, n'avait pas retenti à nos oreilles.
En fait, je ne crois pas avoir jamais entendu un tel rire venant de lui. Je commençai tout juste à percevoir les changements dont il était affecté, et qui rendait son esprit flou à mes introspections, lorsqu'il n'était pas près de moi. Je trouvai cela absolument… magnifique.
Je trépignai d'impatience, Alice avait confirmé qu'Edward viendrait avec Bella. Rosalie avait poussé un grognement de rage, en marmonnant des injures qu'il ne valait mieux pas que notre frère entende. Emmett et elle étaient à présent dans leur chambre.
Pour patienter, je me remettais au développement de mes photos. Une de mes dernières pellicules ; datant tout juste du mois précédant ma transformation.
J'étais en train de faire tremper une photo où je me trouvais dans la voiture - Grand-père m'apprenait sans doute à conduire, à ce moment-là – quand j'entendis le ronflement du moteur de la Chevrolet de Bella. Je terminai aussi vite que je pouvais me le permettre, et je sortis précautionneusement de la chambre noire, au moment où Edward disait, au rez-de-chaussée :
- Où sont Alice, Jasper et Claire ?
J'entendis Jasper et Alice descendre les escaliers, et je me dépêchai de les rejoindre. Je m'arrêtai en haut de l'escalier pour voir Alice qui embrassait Bella sur la joue, et elle ne put s'empêcher de faire remarquer :
- Tu sens très bon, je ne l'avais pas encore remarqué.
Jasper se dirigea vers eux, et salua simplement Bella, sans trop s'approcher. Edward nous avait mis en garde.
- Bonjour, Jasper, répondit Bella de sa voix fluette, un peu aigue.
Intimidée, peut-être.
En une seconde, je fus près d'eux. J'adressais un grand sourire à Bella.
- Salut, Bella. Je suis contente que tu sois ici.
J'allai l'embrasser brièvement sur la joue. C'était vrai que son odeur était exquise. Freesia, sans aucun doute. Et lavande. Cependant, elle provoqua seulement la réaction habituelle qui m'éprenait en présence d'humain, que je parvenais presque facilement à oublier. J'adressai un clin d'œil à Edward, qui leva les yeux au ciel. Bella me sourit sincèrement.
- Je suis très contente de vous rencontrer. Vous avez une très belle maison.
- Merci, répondit Esmé. Nous sommes enchantés que tu sois venue.
Je ne la quittai pas des yeux. Pour une fois qu'on pouvait l'approcher ! Son regard se posa sur le piano d'Edward. Esmé remarqua elle aussi son intérêt.
- Tu joues ? lui demanda-t-elle.
- Pas du tout. C'est un merveilleux instrument. Il est à vous ?
- Non, rit Esmé. Edward ne t'a pas dit qu'il était musicien ?
Si tel était le cas, c'était incorrigible de sa part.
- Jamais, affirma-t-elle en adressant un regard noir à Edward. Quoique j'aurais dû m'en douter, j'imagine.
Je ne comprenais pas trop ce que cela signifiait.
- Edward réussit tout ce qu'il entreprend, non ? s'exclama Bella.
Je ris avec Jasper. La révérence avec laquelle elle avait dit cela, l'évidence que cela semblait lui être, était vraiment drôle… et étrange.
- J'espère que tu n'as pas fanfaronné, le morigéna Esmé. Ce n'est pas très élégant.
- Juste un peu, tempéra Edward d'un air joyeux.
On va te croire, Edward.
- En réalité, il a été trop modeste, intervint Bella.
Qu'est-ce que je disais…
Edward sourit, tandis qu'Esmé lui enjoignait de jouer, pour Bella.
- Tu viens juste de dire que fanfaronner était mal élevé.
- J'aimerai t'écouter, insista Bella.
Du moment que Bella le lui demandait, il ne pouvait refuser. Il fut poussé par Esmé vers l'estrade, et il entraîna Bella avec lui. Il commença à jouer le morceau préféré d'Esmé. Un hymne à l'amour que se portait Carlisle et elle. Bella en restait ahurie, ce qui me fit rire. Je n'étais pas la seule, du reste.
Nous les laissâmes seuls, et je retournai à l'étage, pour poursuivre mes développements.
Je me demandai si j'aurais l'occasion de prendre quelques photos de Bella, si elle accepterait. J'étais persuadée qu'elle ferait un modèle superbe ; elle avait une telle douceur sur le visage, son regard était très expressif, et ses yeux, lorsqu'ils se portaient sur Edward, brillaient. L'amour qu'elle portait à mon frère était parfaitement lisible sur ses traits ; ce serait un véritable défi pour moi de pouvoir le rendre palpable, visible sur le papier glacé. Je ferais tout pour la convaincre.
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Un peu plus tard, alors que j'étais en train de pendre mes tirages pour les faire sécher, on frappa à ma porte. Je terminai de suspendre les photographies avant de sortir de la chambre noire, dont je fermais soigneusement et rapidement la porte.
- Oui ? demandai-je à Alice et Jasper, qui étaient entrés dans ma chambre.
- Il va y avoir un sacré orage ce soir, me dit Alice.
- Partante pour une partie ? poursuivit Jasper. Emmett en a très envie.
Je souris et Jasper fut ravi de l'enthousiasme qu'il ressentait en moi, au vu de sa mine joyeuse. Un grognement tenu parvint de la chambre d'à côté. Nous nous figeâmes, avant de sourire. Nous étions que bien trop enclin à nous inquiéter d'un grognement qui n'était pas destiné à cet objectif. Alice sortit de ma chambre en sautillant, Jasper et moi la suivîmes.
- On peut entrer ? lança Alice, pimpante.
- Comme à chaque fois qu'il était question de Bella, en vérité.
- Venez, venez, nous cria Edward.
Il semblait plus joyeux et heureux que jamais. Cela faisait véritablement plaisir à entendre. Et à voir. Lorsque j'entrai à la suite d'Alice, qui s'était assise en tailleur au milieu de la pièce, je ne pus m'empêcher de sourire face à la posture de Bella, assise sur les genoux d'Edward. Elle semblait véritablement gênée, puisque ses joues rosirent d'une teinte absolument charmante.
- Nous avons cru que tu t'apprêtais à manger Bella et nous sommes venus voir si tu étais prêt à partager ton déjeuner, déclara Alice.
Quelle entrée en matière ! Qui eut le don de faire rire Edward, cependant. Le changement était véritablement… étonnant. Néanmoins pas désagréable.
- Navré, mais je n'en ai déjà pas assez pour moi, rétorqua-t-il en resserrant son étreinte sur Bella.
- En fait, indiqua Jazz en s'esclaffant, et avançant un peu, Alice annonce une vraie tempête pour ce soir. Emmett a envie de jouer. Tu en es ?
Le regard d'Edward pétilla, mais il ne répondit pas.
- Naturellement, tu viens avec Bella, murmura Alice.
- Ça te dit ? demanda Edward à Bella, aussi excité qu'un gosse le matin de Noël.
- Bien sûr, répondit-elle. Euh… quel rapport entre la météo et…
- Nous devons attendre qu'il y ait du tonnerre, pour jouer, expliqua Edward. Tu comprendras sur place.
- Il faut que je prenne un parapluie ?
J'éclatai de rire avec les autres.
- Elle en aura besoin ? s'enquit néanmoins Jasper.
- Non, répondit-elle. L'orage restera cantonné sur la ville. Le champ devrait être sec.
- Génial ! m'exclamai-je.
Jouer dans la boue n'était pas très agréable. Mais si comme Alice le prédisait – et elle ne se trompait jamais côté météo – il ne pleuvait pas sur le champ, ça promettait une soirée merveilleuse.
- Allons voir si Carlisle veut jouer, décréta Alice, en se levant.
- Comme si tu ne le savais pas ! persifla Jazz.
Je souris. Je refermai la porte dernière nous et regagnai ma chambre.
