Disclaimer : Bien évidemment rien ne m'appartient, tout est à la génialissime Stephenie Meyer, et j'utilise ses personnages seulement pour le plaisir d'écrire et dans aucun but lucratif…
Et encore un grand merci aux lecteurs, particulièrement ceux qui m'ont mis en alerte, ou dans leurs favoris, et bien plus encore à ceux qui ont déposé des reviews, comme d'habitude Hilaidora mushu1, et aussi cleolys.
J'ai un peu avancé l'écriture, mais comme j'ai repris les cours, ça avance moins vite que je ne le voudrais... mais bon, ça avance quand même... Sur ce, bonne lecture.
Cœur de pierre
Chapitre 8
Je m'apprêtais à lancer, lorsqu'Alice eut un hoquet de frayeur. En une seconde, il fut près de Bella, et nous le rejoignîmes. Alice semblait… surprise.
- Alice ?
La voix d'Esmé reflétait son inquiétude et sa tension.
- Je n'ai pas vu…, murmura ma sœur. Je ne savais pas.
- Que se passe-t-il ? demanda Carlisle, d'une voix calme.
- Ils ont voyagé beaucoup plus vite que je ne m'y attendais. Je me suis trompée sur leur trajectoire.
- Elle a changé ? interrogea Jazz, en adoptant une position protectrice, comme à chaque fois qu'il craignait un quelconque danger pour elle.
- Ils nous ont entendu jouer et ils ont bifurqué, avoua Alice, penaude.
Mes yeux se posèrent un instant sur Bella. Elle n'était pas en sécurité, ici. Elle devait s'éloigner. Tout dépendait de quand est-ce…
- Quand seront-ils là ? s'enquit Carlisle.
Edward se concentra.
- Moins de cinq minutes. Ils courent. Ils veulent jouer avec nous.
- Tu crois y arriver ?
Même Edward ne le pouvait pas. C'était trop loin.
- Non. Pas si je la porte… Et puis, la dernière chose souhaitable, c'est qu'ils flairent son odeur et se mettent en chasse.
- Combien sont-ils ? demanda Emmett.
- Trois.
- Trois ! répéta-t-il, bandant ses muscles. Qu'ils viennent donc !
Pour sûr que ça pourrait être… amusant. En tout autre circonstance. Edward était bien trop inquiet pour Bella, et je devais avouer que cela était bien fondé. Avec nous, passe encore, mais d'autres membres de notre espèce… ce n'était pas vraiment recommandable.
- Continuons à jouer, décida Carlisle. D'après Alice, ils sont juste curieux.
Moi aussi, j'étais curieuse. Et parfois, cela m'avait menée en chasse. Edward m'adressa une brève œillade peu amène. Je lui adressais mes excuses intérieurement.
- Ont-ils soif ? demanda Esmé.
La question n'était pas perceptible à Bella, d'après son léger froncement de sourcils. Edward secoua la tête de droite à gauche, et je fus assez soulagée. C'était déjà un point positif. Plus ou moins.
Edward dit à Esmé de prendre sa place et il se planta devant Bella. Je rejoignis le monticule, ne pouvant m'empêcher de scruter les environs. Edward indiqua à Bella de détacher ses cheveux, et de ne surtout pas bouger.
- Ça ne servira à rien, dit Alice. Je la flairerais à l'autre bout de la prairie.
Et moi, peut-être même de plus loin.
- Je sais, grinça Edward.
Carlisle, qui tenait la batte, frappa ma balle, mais pas très fort. Personne ne s'écartait du champ extérieur. Je me désintéressai de la partie pour fixer les arbres autour de nous.
Bientôt, je les entendis. Avant de les voir, l'un derrière l'autre. Je rejoignais Edward, pour me poster sur la droite de Bella.
Le premier mâle – aux cheveux châtains, coupés ras, comme l'autre - qui surgit s'arrêta pour laisser le second prendre la tête, un grand brun. Le troisième était une femelle aux cheveux flamboyant. Ils resserrèrent les rangs en s'approchant de nous. Leurs prunelles n'étaient pas d'un pourpre foncé, mais elles étaient tout de même bordeaux, assez sombre.
Le brun se plaça face à Carlisle – qui s'était avancé vers eux, prudent, Emmett et Jasper avec lui -, et prit la parole. Je reconnaissais l'accent français, dont j'avais fini par être presque totalement dépourvue, après des années de vie anglophone.
- Nous avons cru percevoir un match en cours. Je m'appelle Laurent.
- Je vous présente Victoria et James.
Indéniablement français.
- Carlisle, répondit mon père. Voici ma famille, Emmett et Jasper, Rosalie et Claire, Esmé et Alice, Edward et Bella.
Il ne désigna personne en particulier, sa main nous englobant tous.
- Vous accepteriez d'autres joueurs ? demanda Laurent, avec courtoisie.
- Nous venons juste de terminer la partie, répondit Carlisle, la même politesse dans le ton, mais ce sera avec plaisir. Vous comptez rester longtemps dans la région ?
- En fait, nous allons dans le Nord, mais nous étions curieux de voir qui habitait les environs. Nous n'avons rencontré personne depuis si longtemps.
Je supposai Jasper avait utilisé son don pour détendre l'atmosphère.
- Je n'en doute pas. Le coin est d'ordinaire désert, mis à part nous et les visiteurs occasionnels tels que vous.
- Où se situe votre terrain de chasse ? s'enquit Laurent.
- Du massif de l'Olympus à la chaîne côtière. Nous gardons une résidence permanente alentour. Il existe une autre colonie semblable à la nôtre près de Denali.
- Permanente ? répéta Laurent. Comment y arrivez-vous ?
Certainement pas en cédant à la tentation que le sang humain a sur nous.
- Pourquoi ne pas nous accompagner à la maison pour en discuter confortablement ? proposa Carlisle. C'est une longue histoire.
Ils tiquèrent à la mention de mot maison, mais Laurent fut celui qui manifesta le moins de réaction.
- Voilà qui est très alléchant et aimable, dit-il en souriant. Nous sommes en chasse depuis l'Ontario et nous n'avons guère eu le temps de faire un brin de toilette.
Je voulais bien le croire. Ils ressemblaient en tout point à des nomades. Des vêtements plus adaptés à la randonnée, assez usés, ils étaient nu-pieds.
Je n'aimais pas le regard de l'autre mâle. James. Quelque chose dans ses yeux me faisait penser à Démétri. Il étudiait chacun de nous avec précision et concision – je m'étais concentrée sur lui pour percevoir son esprit. Il darda son regard sur moi plus longtemps, puisque je le fixais.
- Ne le prenez pas mal, s'il vous plaît, poursuivait Carlisle, mais nous apprécierons que vous vous reteniez d'opérer dans les parages immédiats. Nous devons éviter d'attirer les soupçons, vous comprenez.
- Naturellement. Il n'est pas question d'empiéter sur votre territoire. Nous avons mangé juste après Seattle, de toute façon.
Il éclata de rire, mais je n'y prenais pas garde. Le silence de la femelle, Victoria, et de James, me préoccupait davantage. Le mâle ne cessait de nous fixer, je le voyais à travers ses propres yeux.
- Nous allons vous montrer le chemin. Si vous voulez bien courir derrière nous… Emmett et Alice, accompagnez Edward et Bella pour récupérer la Jeep.
Une brise ébouriffa légèrement les cheveux de Bella, répandant son odeur faiblement, mais suffisamment pour un vampire averti et sensible. Quelqu'un d'habitué à se fier à ses sens. Un traqueur.
Edward se tendit alors que James tournait la tête vers Bella pour la détailler. L'instant d'après, il se précipita vers elle, prêt à bondir. Je sortais de son aura.
Edward gronda, montrant ses dents. Je protégeais les flancs droits de Bella. Hors de question qu'il l'approche d'un seul millimètre.
- Que se passe-t-il ? s'exclama Laurent, étonné.
Ni James, ni Edward n'esquissèrent le moindre mouvement. Celui-ci feinta sur le côté, Edward le contra. Instinctivement, je me décalai légèrement tant vers Bella que vers James.
- Elle est avec nous, affirma fermement Carlisle, envers James.
Laurent flaira tout à coup l'odeur de Bella. La compréhension illumina ses traits.
- Vous avez apporté un casse-croûte ? lança-t-il.
Edward gronda une nouvelle fois, lorsque Laurent avait fait un pas involontaire vers Bella, il recula.
- J'ai dit qu'elle était avec nous, répéta Carlisle, plus sèchement.
- Mais c'est une humaine !
- Oui, confirma Emmett.
Il se rapprocha de Carlisle, sans quitter James des yeux. Celui-ci se redressa lentement, ne cessant de fixer Bella, les sens à l'affût. Je ne relâchai pas ma garde, tout comme Edward.
- J'ai l'impression que nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, dit Laurent, d'une voix calme, destinée à détendre l'atmosphère.
Je quittai James des yeux pour me concentrer sur Victoria. Elle nous fixait tour à tour ; son regard se posa sur moi, flatta ma position, ni défensive, ni offensive, mais prête à devenir l'une ou l'autre. Elle n'avait pas amorcé un seul mouvement.
- En effet, concorda Carlisle.
- C'est avec plaisir que nous accepterions votre invitation. Il va de soit que nous ne toucherons pas à la fille. Comme je l'ai dit, pas question d'empiéter sur votre territoire.
James le regard un bref instant, plus agacé qu'autre chose, et il échangea un regard avec Victoria. Cela ne me semblait pas vraiment de bon augure. Au contraire.
Carlisle finit par dire :
- Venez. Jasper, Rosalie, Claire, Esmé ?
Je cédai la place à Alice, pour me rapprocher de Carlisle, masquant toujours Bella.
- Allons-y, Bella, dit Edward d'une voix faible, presque nasillarde.
Ils se dirigèrent vers l'orée des bois, Alice et Emmett en arrière, et une fois les arbres atteints, Edward prit Bella sur son dos et ils se mirent à courir.
Je reportai mon regard sur celui, calculateur, de James. Laurent adressa une brève œillade à James, qui inclina le menton d'un millimètre, me fixant tout à coup. Il me détailla, et adopta une position plus offensive.
Je comprenais mieux la logique de leur clan. Lorsque nous étions en solo – en traque - et que nous rencontrions les vampires que nous voulions ou d'autres, je parlais, Démétri observait. Il était bien meilleur traqueur que moi, du fait de son don. J'avais l'impression qu'il en allait de même pour eux. Laurent n'était pas leur chef de clan. C'était James.
- Claire, m'appela Esmé, d'une voix tendue.
Je partis à reculons, ne cessant de fixer James et Victoria, qui ne bougèrent pas.
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Nous nous levâmes lorsque nous entendîmes le ronronnement bruyant de la camionnette de Bella, venant de la route, s'engouffrant dans le chemin. Quelques minutes plus tard, ils entraient. Bella, dans les bras d'Emmett, Edward et Alice à leurs côtés.
Je ne quittai pas Laurent des yeux. Valait mieux prévenir que guérir. Emmett poussa un grognement sourd, tout en posant Bella près d'Edward.
- Il nous traque, annonça mon frère en fixant Laurent.
- C'est ce que je craignais, avoua-t-il, un air malheureux plaqué sur le visage.
Je n'arrivais pas à deviner s'il était sincère ou non. Jasper et Alice grimpèrent à l'étage, Rosalie rejoignit Emmett, dardant Bella d'une lueur peu amène.
- Que va-t-il faire ? demanda Carlisle, d'un ton glacial.
- Je suis désolé. J'ai tout de suite compris en voyant votre fils la défendre qu'il ne s'arrêterait pas.
- Pouvez-vous l'en empêcher ?
- Non. Rien ne l'arrête lorsqu'il a commencé.
Comme nombre de traqueur chevronné et suffisamment doué pour pallier aux attaques externes.
- Alors, nous serons les premiers, jura Emmett.
Nous n'avions pas d'autres options. Nous étions plus nombreux, qu'il soit seul, à deux ou à trois ; mais nous n'étions pas une bande de traqueurs ; j'étais la seule à avoir de l'expérience dans ce domaine. Et, à l'époque, je me reposais bien plus sur les aptitudes de Démétri que sur les miennes.
- Vous n'y arriverez pas. En trois cents ans d'existence, je n'ai jamais rien vu de tel. C'est un tueur. C'est pourquoi j'ai intégré sa bande.
Je ne m'étais donc pas trompée. Il s'agissait bien du clan de James, et non celui de Laurent. Il détailla Bella avec perplexité.
- Vous êtes certains que le jeu en vaut la chandelle ?
Edward poussa un feulement extrêmement convaincant, qui amena Laurent à se replier légèrement. Ce n'était pas un combattant, ni un tueur. Il aspirait seulement à la tranquillité.
- Vous allez devoir choisir, lui indiqua Carlisle, grave.
Après un instant de réflexion, nous observant tour à tour, puis le salon.
- La vie que vous menez m'intrigue, révéla-t-il. Mais je refuse de me retrouver au milieu de toute cette affaire. Si je n'éprouve nulle animosité à votre encontre, je ne m'opposerai pas non plus à James. Je crois que je vais gagner le Nord, ce clan de Denali… Ne le sous-estimez pas, nous avertit-il. C'est un esprit brillant, et ses sens sont aiguisés. Il est tout aussi à l'aise que vous parmi les humains, et il n'attaquera pas de front… Je suis navré de ce qui vient de se produire, vraiment désolé.
Il baissa la tête, non sans jeter un nouveau coup d'œil à Bella.
- Allez en paix.
Après un dernier regard circulaire, qui nous engloba tous, il sortit rapidement.
- Où est-il ? demanda Carlisle.
- A environ cinq kilomètres de la rivière. Il opère un contournement afin de retrouver la femelle.
- Elle l'attend à la rivière, indiquai-je.
Je la percevais à peu près, plutôt floue.
- Qu'avez-vous décidé ?
- Nous l'attirons ailleurs pendant que Jasper et Alice emmènent Bella vers le sud.
- Et ensuite ?
- Nous le chassons.
Le plan me plaisait. Simple, pas difficile à comprendre ; peut-être plus difficile à mettre en œuvre. D'après Laurent, James n'était pas un débutant. Je le suivrais à la trace.
- J'imagine que nous n'avons pas d'autre choix, soupira Carlisle.
- Monte avec elle et échangez vos vêtements, ordonna Edward à Rosalie.
- Pourquoi ferais-je ça ? riposta-t-elle. Qu'est-elle pour moi ? Mis à part une menace… un danger que tu as décidé de faire peser sur nous tous.
Elle ne savait donc pas se retenir ? Elle n'avait donc aucune… aucun sentiment d'affection ? De compassion au moins ou autre chose ? Apparemment non, puisqu'elle refusait de seulement accorder cette petite faveur.
- Rose… soupira Edward, posant une main sur son épaule.
Elle se dégagea, et il n'insista pas. Il se tourna vers moi, puis avisant mes vêtements, se tourna finalement vers Esmé. Il était vrai que, pour le peu que je connaissais de Bella, elle n'aurait pas trop apprécier le short assez court que je portais ; et j'étais presque aussi mince qu'Alice, alors qu'elle mesurait vingt centimètres de moins que moi. Esmé emporta Bella à l'étage.
- Claire, me dit Edward, va te changer, je t'ai pris des vêtements de Bella. On va avoir besoin de toi.
J'acquiesçai et filai à l'étage pour mettre le jeans et la chemise qu'Edward m'avait donnés. Le pantalon était un peu trop grand, j'y ajoutai une ceinture, mais il avait la bonne longueur. Je chaussais des Converse abîmées et je redescendis juste derrière Esmé et Alice, qui portaient Bella.
- Esmé et Rosalie prendront ta voiture, Bella, indiqua Edward.
Elle hocha la tête.
- Alice et Jasper, utilisez la Mercedes. Les vitres teintées vous seront utiles, dans le Sud. Nous quatre serons dans la Jeep, continua Carlisle. Mordra-t-il à l'hameçon ?
Je l'espérai de toute mon âme. Enfin, façon de parler. Nous fixions Alice, qui s'était immobilisée.
- Il vous suivra, finit-elle par dire. La femme se chargera de la camionnette. Nous devrions pouvoir partir après.
Elle était sûre d'elle.
- Alors, allons-y, déclara Carlisle en se dirigeant vers le cuisine.
Je lui emboîtai le pas, Emmett aussi, après un dernier baiser pour Rose. Edward alla serrer Bella contre lui. Il l'embrassa, brièvement, la fixa un instant, puis nous suivit.
Dix secondes plus tard, nous étions dans la Jeep, Edward conduisait, traversant le chemin à toute vitesse, Emmett et Carlisle à l'arrière, et moi en co-pilote. J'avais ramené mes genoux contre ma poitrine, le menton posé dessus, me concentrant, tâchant d'oublier le bruit du moteur, poussé à fond.
Je me concentrai pour trouver l'aura de James. Je la traquai, me rappelant la manière dont il percevait les choses, pour m'en imprégner, m'approcher de lui. Je le repérai.
D'après ce que je voyais à travers lui, il courait. Je tâchai d'écouter ce qu'il entendait. Le bruit de la route filtrait, pas très fortement. Il était loin… parmi les arbres, sur la droite de l'autoroute que nous empruntions, menant droit à Vancouver.
Je ne laissai pas l'aura du traqueur m'échapper une seule seconde, pas un seul instant, je ne le quittai. Il ne devait pas deviner que Bella n'était pas là, nous devions l'emmener avec nous.
J'écoutais, j'entendais, je voyais ; Edward aussi, à travers moi.
- Tu peux entendre ses pensées ? demanda Carlisle.
- Non, répondit Edward. Il est trop loin. Claire sait où il est. A l'Est, il nous suit.
Il se faisait plus proche à chaque seconde. Il s'arrêta. Il flaira notre trace, avant de se remettre à courir. Je continuai de le suivre ; il courait à l'allure où nous roulions, juste à côté de nous.
