Disclaimer : Bien évidemment rien ne m'appartient, tout est à la génialissime Stephenie Meyer, et j'utilise ses personnages seulement pour le plaisir d'écrire et dans aucun but lucratif…
Encore merci à ceux qui ont déposé des reviews, j'ai répondu à ceux pour qui je pouvais, je remercie les autres pour leurs encouragements. Et désolée du retard, j'ai eu des problèmes de connexion, cette semaine, ajouté à mes révisions du bac blanc, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire (mis à part mes lectures analytiques...) Je pense que la suite viendra mercredi, ou la semaine prochaine, au pire. J'espère que ce chapitre là te plaira mieux mushu1.
Bref, voilà la suite, et bonne lecture.
Cœur de pierre
Chapitre 9
Il se méfiait, s'arrêtant souvent, nous flairant, puis après quelques secondes, repartait.
- Il faut qu'on s'arrête, murmurai-je.
Edward hocha la tête.
- Pourquoi ? demanda Emmett, sur le même ton.
- Si nous transportions un humain, nous aurions besoin de nous arrêter, répondit Edward.
Nous étions à deux cents kilomètres de Vancouver. Nous nous arrêtâmes quelques minutes. Je descendis, Edward me collant aux basques, sa main sur ma taille, son blouson masquant ma chevelure. Je m'astreignais à une démarche plus gauche, mais c'était difficile ; je faisais de mon mieux. Je fis semblant d'aller aux toilettes et rejoignis Edward, veillant à ce que mon visage demeure invisible.
Je remontai en voiture et poursuivais mon introspection. Il nous suivait toujours, ce qui était une bonne chose, nous étions à présent loin de Phoenix. J'espérais que notre stratagème marcherait encore un moment. Nous pouvions songer alors à nous occuper de lui.
Lorsque nous n'étions plus qu'à quelques kilomètres de Vancouver, Edward se dirigea vers une route, sur la gauche, pour nous donner un léger temps d'avance. Dès lors que nous y étions engagés, il était trop loin, et je le perdais au fur et à mesure.
Edward stoppa la voiture en contrebas du chemin, au milieu de la forêt. Je restai dans la voiture, me concentrant tandis que je sentais de nouveau son aura, mes frères et mon père sortaient. Tout à coup, il s'arrêta. Il était trop loin pour qu'Edward l'entende.
Il prit trois profondes inspirations. Avant de pousser un grognement tenu. De rage, il balança son bras contre le tronc d'un arbre, qui craqua. Son hurlement de colère fut parfaitement audible à tous. Je perçus sa course. Il partait. Je le perdis.
Les garçons remontèrent dans la Jeep, et Edward démarra en trombe, et fit demi-tour aussi vite que le lui permettait la voiture. Il entra de nouveau dans mon champ de perception. Il courait à travers la forêt, qui longeait la route à grande vitesse. Soudain, il bifurqua vers la droite. Edward suivait ses mouvements en même temps que mes pensées, et il emprunta la première sortie. Vers l'aéroport.
James s'arrêta aux abords de l'aéroport, et s'astreignit à une démarche humaine. Il se fit encore plus flou dès qu'il mit un pied dans le hall. Trop loin. Trop de bruit.
Nous garâmes la Jeep sur le parking. Je me concentrai, tâchant de retrouver le vampire. C'était difficile, Emmett et Edward me portaient à moitié. Nous entrâmes dans l'aéroport. Je m'assis au milieu du grand hall, sur un banc inconfortable mais le brouhaha des humains me perturbait. Je n'arrivais qu'à voir des images floues. Plaquant mes mains contre mes tempes, je tâchai d'oublier les centaines de voix autour de moi. Je me remémorai son aura, la forme de son esprit, c'en était à mourir de frustration. Je savais qu'il était là, tout proche, mais impossible de m'approcher de son aura ; elle m'était inaccessible, trop lointaine.
La tête entre les mains, j'ouvris les yeux.
- Elle ne l'a plus, dit Edward. Il y a trop de bruit. Retournons à la Jeep.
Carlisle acquiesça, et Emmett me prit par le bras.
Le silence à peu près convenable de la voiture me fit du bien. Je m'affalai contre l'appui-tête.
- Tu ne le vois plus, Claire ? demanda Carlisle, d'une voix calme.
Je secouai la tête.
- Il est trop loin ; et avec tout ce bruit…
Un avion passa au-dessus de nous.
- Impossible, conclus-je, frustrée.
- Il est reparti à Forks ; pour reprendre la traque depuis le début, dit Edward.
Cela semblait logique.
- Appelle Rose et Esmé, pour savoir ce que fait la femelle, dis-je. Il va sans doute la rejoindre. Il ne peut pas se permettre jouer en solo, il sait que nous sommes tous contre lui.
Carlisle acquiesça et composa le numéro d'Esmé, elle répondit à la première tonalité. Je me concentrai sur Carlisle, pour entendre ce qu'ils se disaient.
- On l'a perdu. Il a pris l'avion, indiqua Carlisle. On pense qu'il retourne à Forks, pour reprendre la traque, avec Victoria. Où est-elle ?
- Nous l'avons suivi, elle est restée ici. Elle est allée chez Bella, pendant que son père travaillait. Elle a passé la nuit à fouiller Forks, les rues, le lycée. Rose l'a suivie, je veille sur Charlie.
- Nous arrivons le plus vite possible, répondit Carlisle. Nous sommes à l'aéroport.
- Très bien, nous continuons de surveiller les environs.
Carlisle raccrocha et composa immédiatement le numéro d'Alice. Elle fut toute aussi prompte à répondre.
- Carlisle, entendis-je.
- Tout va bien pour vous ? demanda mon père.
- Oui.
- On repart à Seattle par le premier avion, Rose et Esmé surveillent la femelle. Apparemment, elle a fouillé Forks pour trouver la trace de Bella. Inutile bien sûr. Nous sommes à l'aéroport. James nous a échappé. Claire n'a pas réussi à le suivre, il était trop loin, et il y avait trop d'interférence. Il vient de prendre l'avion. Nous rentrons à Forks, avec Rose et Esmé. Nous pensons qu'il y retourne pour reprendre la traque.
- Je viens de le voir. Dans une pièce, avec pleins de miroirs, et de l'or qui forme une longue bande. Il y a une table noire avec une stéréo et un téléviseur, c'est là qu'il prend la cassette ; mais il la visionne dans une seconde salle, sombre et noire. Il attend là. Quelque soit la raison pour laquelle il a pris cet avion, elle l'a conduit à ces deux endroits.
Edward tendit la main vers le téléphone et Carlisle le lui donna sans hésitation.
- Tu peux me passer Bella, s'il te plaît Alice ? demanda-t-il.
Il était tendu. Nous l'étions tous. Nous nous tînmes un peu éloignés, Carlisle, Emmett et moi, histoire d'instaurer un semblant d'intimité, tandis qu'Edward parlait avec Bella. Il arborait des intonations douces qu'il ne me semblait pas lui connaître.
Lorsqu'il eut raccroché, nous partîmes immédiatement vers l'entrée de l'aéroport.
Carlisle se chargea des billets ; il appela Esmé pour la prévenir que nous allions arriver dans six heures. Nous avions encore cinq heures à tuer avant d'embarquer.
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Il restait encore deux heures avant l'embarquement. Jamais le temps ne m'avait paru aussi long.
Emmett ne cessait de tourner en rond devant les bancs où nous nous étions installés, alors que je tentais de me concentrer pour voir si James n'avait pas voulu nous berner en prenant un soi-disant avion. J'en devenais dingue de le voir s'agiter de la sorte. Je plaquai ma tête dans mes mains, retenant un grognement sourd.
- Tu ne veux pas t'asseoir, Emmett, intervint Edward. Claire n'en peut plus.
A le voir tourner en bourrique, je me concentrai bien plus sur lui que sur James, et je tournai en même temps que lui. Il allait me rendre complètement folle à piailler d'impatience.
- Je te donne ma part du gâteau, Emmett, murmurai-je, si tu daignes t'asseoir jusqu'à ce qu'on soit à Seattle.
Mon grand dadais de frère sourit et planta sa main sur mon épaule.
- Tu sais me prendre par les sentiments…
Il s'assit. Enfin. Je poursuivais mon introspection, mais cela me semblait de plus en plus inutile. James était bel et bien parti.
Edward, tu as dit qu'il avait entendu la fin du numéro de Bella, c'est ça ?
Mon frère fronça légèrement les sourcils, sortant de ses pensées, et acquiesça brièvement. Je hochai la tête, tandis qu'Edward m'interrogeait du regard.
Je pensais juste que… si James est allé à Forks, pour rejoindre la femelle, il est possible… qu'ils aillent ensemble à Phoenix.
Edward se redressa sur le banc, m'incitant à poursuivre d'un regard insistant.
Je veux dire qu'il sait qu'elle n'est pas avec toi… alors, il pense peut-être qu'elle se tournera vers un endroit qu'elle connaît. Et il ne voudra pas y aller seul.
- Tu penses tout de même qu'il va à Forks ? me demanda Edward.
Démétri et moi aurions fait cela… Avec nos dons conjugués, nous n'avions pas de problèmes à trouver… ceux que nous recherchions. Nous nous rejoignions toujours avant la confrontation. Un soutien physique, je dirais. Aro tenait à ce que nous soyons une équipe. Tout dépend de si Victoria et James en sont une également.
Edward resta songeur un instant, avant de secouer la tête.
- Elle a une foi énorme en lui. Elle croit en ses capacités, et ne doute pas de ce qu'il peut obtenir, en s'en donnant les moyens, elle le suivra pourvu qu'il lui demande. Quant à lui… c'est plus difficile. Il sait qu'il peut compter sur elle – elle est également douée pour se sortir de situation difficile - il se joue de cela. C'est un avantage pour lui, et il en profite. Il ne voudra sans doute pas se passer d'elle…
J'opinai une nouvelle fois. J'espérai que nous ne nous trompions pas de destination.
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Je n'avais jamais éprouvé autant d'antagonisme envers les aéroports et les compagnies aériennes.
Nous avions à peine décollé au-dessus de Vancouver, que nous recevions un appel d'Alice, pour nous avertir qu'elle avait vu le vampire à Phoenix, chez la mère de Bella. Je crois bien que nous les cumulions. N'ayant pas d'autres choix, nous avions attendu patiemment la fin des cinquante minutes de vol que prenait le voyage Vancouver-Seattle. Et maintenant, nous attendions encore une fois à l'aéroport, de Tacoma cette fois-ci, pour monter dans l'avion qui nous mènerait à Phoenix. De là, nous – Edward, Emmett et moi – conduirions Bella à Chicago, pour l'y cacher, quelques temps.
Edward était plus tendu qu'un arc. Il était très soucieux, et extrêmement inquiet. Pour Bella. Il n'irait pas mieux tant qu'il ne l'aurait pas sous les yeux, juste à ses côtés. Sa tension m'exaspérait, et n'était pas vraiment propice à la réflexion. J'avais confiance en Alice, pour ce qui concernait la sécurité de Bella. Le problème ne venait pas de là, selon moi, mais plutôt de ce que James préparait.
Il n'avait pas rejoint Victoria, se contentant juste d'obtenir les informations qu'il désirait sur Bella. Il ne travaillait pas en équipe, mais seul, et c'était plus difficile d'anticiper ses faits et gestes.
Démétri et moi avions une mécanique bien rodée, à l'époque où j'avais fait partie des Volturi, et nous nous y tenions. En mission pour les Volturi, nous fonctionnions toujours ensemble, pour savoir dans quelle direction aller. Démétri repérait la position générale, puis nous nous séparions pour approcher les vampires. Démétri partait avec Jane et Félix, et moi avec Alec et Corin. Tandis que le petit groupe de Démétri se tenait en retrait, je m'occupais des paroles d'usages. Bien que plus jeune, j'étais bien plus pacifique et moins à cran que Jane et Félix sur ce plan-là. Heureusement que seul Démétri savait que c'était pour les surveiller que nous avions réparti les groupes de cette manière ; Jane et Félix ne l'auraient jamais accepté.
Un vampire qui agissait seul était bien plus imprévisible. Il pouvait se permettre de disparaître, pour revenir plus tard, de prendre son mal en patience ; il était maître de ses décisions.
Et celles-ci le menaient à Phoenix, où se trouvait Bella. De toute évidence, le petit détour de la femelle par le lycée de Forks n'avait pas été inutile à James. Et cela n'était pas bon pour nous.
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L'avion venait enfin de décoller, dans un peu moins de quatre heures, nous serions à Phoenix. Je n'aimais pas savoir Edward si stressé et inquiet, c'était communiquant à un point inimaginable. Je regrettai que Jasper ne soit pas avec nous, il aurait pu calmer Edward, et me rasséréner par la même occasion.
Mon frère pianotait sur ses genoux. Ce n'était pas bruyant, mais cela n'en demeurait pas moins lancinant. J'étais tellement concentrée sur lui que je voyais ses faits et gestes, non plus de mes propres yeux, mais à travers les siens, et son esprit. J'entendais les pensées qui tournoyaient autour de lui, mais je fus incapable de savoir ce qu'elles disaient : il les écartait au possible de son esprit, cela ressemblait pour moi à un bourdonnement incessant.
Je m'efforçai de me détourner, tant de ses mains que de son esprit, et je prêtai un œil au film qui était diffusé. Malheureusement pour moi, si je n'avais rien contre le jeu d'acteur de Jack Lemmon ou Tony Curtis, Marilyn Monroe avait le don de me sortir par les yeux. Même cela ne pouvait constituer une distraction acceptable. Vraiment merveilleux. Tout me faisait tourner en bourrique.
Emmett dut avoir pitié de moi – à moins qu'il ne soit exaspéré par mes soupirs, trop nombreux pour un vampire, ou mes dents qui grinçaient, car il demanda à Edward d'échanger de place, pour se mettre à côté de moi. Sortant un jeu de cartes de sa poche, il distribua les cartes pour un poker fermé. Nous n'étions que deux, mais tant pis, cela sera suffisant à me distraire ; et puis, Emmett était Emmett, même dans les pires situations, il trouvait toujours le mot pour rire ; enfin, très souvent du moins.
Lorsque les hôtesses de l'air nous indiquèrent de remettre nos ceintures pour l'atterrissage, Emmett me devait la révision complète de ma voiture – par Rosalie – ainsi qu'un nouvel appareil photo numérique. Quant à moi, je devrais m'acquitter de leur prochaine lune de miel. J'avais l'avantage de pouvoir choisir l'endroit, merci à mon brelan de valet pour avoir pu négocier ça.
