FRINGE

Parallaxe - 3 -

Fringe ne m'appartient pas. Tant pis….

Note : voilà donc une petite suite. Je promets de poster le prochain beaucoup plus vite ;)

Merci à tous ceux/celles qui m'ont écrit pour me donner leur avis sur cette fic, j'espère que ce chapitre vous plaira !

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"Walter, s'il te plait, arrête de tourner en rond, tu me rends fou!" finit par s'exclamer Peter à bout de patience.

Il avait sa tête des mauvais jours, celle des jours où il n'avait pas assez dormi et où il n'arrivait plus à se contrôler face à la conduite impossible de son père.

Il attendit tout au plus une dizaine de secondes mais le professeur Bishop continuait à tourner sur lui-même, la tête levée vers l'obscurité du tunnel au-dessus de lui. Il murmurait des phrases décousues et les ponctuait de bruits incongrus et de petits soubresauts en agitant les bras comme un chef d'orchestre. Finalement, n'y tenant plus, Peter se précipita en haussant le ton.

"Walter ! Je te parle…" lui dit-il à l'oreille d'une voix sifflante.

Il savait qu'il n'aurait pas dû traiter Walter de la sorte, mais il était fatigué, il avait faim, cette histoire avec April lui tapait sur le système et retourner dans ce tunnel grouillant de flics et de pompiers, pour être tout à fait franc, il s'en serait bien passé. S'il avait eu le choix, il aurait de loin préféré un repas tranquille chez Nobu en tête à tête avec Olivia voire tout seul. Vu son état de fatigue, rester seul était sans doute été préférable. Il attrapa son père au vol par le bras, tout en résistant à la tentation de le secouer.

"Walter ? Tu m'entends ? Tu arrêtes s'il te plaît ?"

"Hein… quoi… oh, --ooh. C'est toi Peter ? Je croyais que c'était dans ma tête…"

"Tu pourrais te calmer cinq minutes Walter ? Excuse-moi, tu es là à t'extasier mais ce n'est pas exactement le plafond de la Chapelle Sixtine."

"Peter, tu ne comprends pas, c'est tout bonnement extraordinaire ! Jamais je ne suis rentré dans le métro, enfin je ne suis jamais rentré dans les tunnels du métro. Je veux dire sans métro."

"C'est fascinant en effet. Je suis content que ça te plaise. Ecoute maintenant, je ne voudrais pas traîner par ici trop longtemps. Pour ne rien te cacher, le plus tôt je remonterais, le mieux je me porterais. Je commence à devenir claustro. Alors si tu veux bien, c'est par ici..."

"Oh, bien sûr, Peter. Je me doute que toi et Olivia avez autre chose à faire que de rester ici à piétiner dans le noir," commenta Walter en prenant un air déconfit.

"Pour la dernière fois Walter, Olivia et moi, nous… Ca va, laisse tomber. Viens. Je veux que tu regardes soigneusement et que tu me dises ce que tu en penses."

"Tu veux dire que tu as déjà échafaudé une théorie, mon garçon ? Oui, bien sûr, je suis idiot, tu as certainement eu le temps de te faire une idée. Après tout, tu as eu toute la matinée pour ça pendant que j'étais mort d'inquiétude à l'hôtel, sans nouvelles de toi ou de l'agent Dunham."

"Arrête ça tout de suite Walter. Quand Astrid est passée te prendre à l'hôtel ce matin, je venais de te parler au téléphone et tu te levais à peine. Je ne vois pas comment tu aurais pu matériellement avoir le temps de t'inquiéter."

"Mais j'aurais pu Peter. Tu comprendras quand tu seras père, ce n'est pas facile."

"Tu fais fort ce matin. Bon, restons-en là. Je ne vais pas te mentir, nous avons une grosse journée devant nous. Alors disons que je ne vais pas la gâcher en m'énervant après toi. Essaie simplement de te concentrer," dit-il en le conduisant devant la rame qui s'était encastrée dans la pile.

Le reste des wagons avait été emmené dans un tunnel secondaire et les équipes de secours travaillaient d'arrache-pied à collecter tous les indices possibles avant que les ingénieurs n'entrent dans la danse et ne taillent dans le vif en se mettant à découper la tôle.

"Ah. Intéressant, très intéressant," disait Walter en faisant le tour de la rame. "Je dirais que le wagon s'est trouvé pris dans la maçonnerie quand la matière est redevenue solide."

"Si c'est tout ce que tu peux me dire, tu pouvais rester à Boston."

"En 1978, j'avais émis le postulat suivant..."

Il s'arrêta pour prendre sa respiration, réfléchit quelques secondes et un sourire éclaira son visage au fur et à mesure que les souvenirs revenaient à la surface.

"Tu comprends, j'avais besoin d'une notion quantique à la fois simple et intuitive afin de pouvoir expliquer des phénomènes difficilement interprétables et valider mon procédé."

"Ton procédé ? Tu veux dire que ce merdier c'est ta faute ?" s'énerva aussitôt Peter.

Il fit quelques pas, les yeux dans le vague, les mains enfoncés dans ses poches. Walter le fusilla du regard.

"Patience, Peter, patience!" continua-t-il.

Peter se rapprocha, la tête baissé, un pli profond lui barrait le front. Il commençait à piaffer sur place, les yeux rivés sur ses chaussures. Les puissants projecteurs qui les entouraient dessinaient des ombres aveuglantes autour d'eux.

"Tu conçois qu'il existe plusieurs univers distincts dans le même plan dont notre univers observable, n'est-ce pas ? J'imagine que tu as dû lire quelques ouvrages de science-fiction qui embrassent cette théorie du multivers. Je dirais même que certains auteurs ont écrit quelque chose de très proche de la vulgarisation scientifique. Evidemment, ils n'en savent rien," conclut Walter avec un petit rire.

"Walter ?"

"Oui, oui, j'y arrive. Grâce à la théorie des cordes, on répond élégamment à une question majeure de la physique théorique. On unifie tout simplement la mécanique quantique et la relativité ! C'est merveilleux !"

"Et ?"

"Mais enfin Peter !" s'écria Walter, avant de faire une grimace de dépit. "Evidemment, si tu n'avais pas abandonné tes études, tu comprendrais." Il hocha la tête et lui tourna le dos.

"Walter ne recommence pas avec ça," dit Peter qui avança de quelques pas pour lui faire face. "Tu sais parfaitement que je comprends," il écarta les bras. "Alors qu'est-ce que tu veux me dire, que tu as inventé une machine à voyager dans le temps ?"

"Presque !" Walter virevolta dans sa direction et s'approcha de lui en baissant la voix. "Donc partant de cette hypothèse, j'ai conçu un dispositif que je qualifierais de particulièrement ingénieux."

"Qu'est-ce qui se passe," intervint alors Olivia. Elle se campa devant les deux hommes et passa la main sur son front las.

"Du nouveau ? Est-ce que Walter sait ce qui s'est passé ?"

"Je pense oui, mais il n'a pas encore donné d'explications claires. Mais d'ores et déjà, il a confirmé ce que j'ai expliqué tout à l'heure à Veronica."

"Veronica? Je la connais?" demanda Walter. "Elle est jolie ? Je suis sûr qu'elle est rousse !"

"Oui, tout à fait. Et je t'en parlerais plus tard. Pour l'instant, le multivers, tu te souviens ?"

"Et bien rien de vraiment étonnant. J'ai bombardé le point avec un canon à particule portatif."

"Un canon à particules ?" s'exclama Peter. "Portatif ?"

"J'ai pu ouvrir brièvement une faille dans le tissu spatiotemporel et faire passer de l'autre côté des… objets." Il se retourna à nouveau, faisant mine de s'absorber dans ses réflexions.

"Walter ? Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es en train de me dire que tu as envoyé des animaux dans le temps ?"

Walter restait obstinément face à la rame. Peter haussa les épaules et avec un coup d'œil d'excuse à Olivia s'approcha de son père et le força à se retourner.

"Walter, dis-moi, tu as envoyé des… gens ?"

Walter baissa la tête d'un air penaud tout en hochant la tête.

"Qui Walter ? Il faut que je sache."

"J'étais sûr de pouvoir le récupérer sans encombre. Mais ça ne s'est pas exactement passé comme prévu. Tu comprends, j'avais utilisé la fusion froide pour faire marcher le canon et je n'ai pas pu stabiliser le flux énergétique."

"La fusion froide ? Tu es au courant que les expériences de Fleischmann et Pons de 1989 n'ont jamais pu être reproduites par leurs pairs ou pas ? En tout cas tu m'annonces que tu maîtrisais la fusion froide en 1978 ?"

"Non, non, en 1979."

"Tu plaisantes, c'est ça ?"

"Bien sûr que non Peter. Mais enfin, quelle mouche te pique ? Je ne m'amuserais pas à plaisanter avec l'atome. Mais c'était trop cher, je n'ai pas pu continuer mes recherches à ce moment-là. Mes financements n'étaient pas encore tout à fait acquis. Sans compter les effets secondaires. Tu n'imagines même pas, si ta mère avait su…"

"Admettons. Je n'en reviens pas… la fusion froide…" dit-il en hochant la tête et en prenant Olivia à témoin.

"Je ne comprends pas," demanda Olivia.

Peter lui fit un signe de la main et elle n'insista pas.

"Donc tu l'as perdu ? Tu l'avais envoyé où, ou plutôt quand ? Tu n'as pas été inquiété ? Walter !"

"Doucement, je ne peux pas répondre à plusieurs questions à la fois. Hum. Tu te souviens de notre voisin, monsieur… heu…"

"George ? Watson ? O'Mara ?"

"Je-je ne me rappelle plus. Enfin, je m'étais dit puisque j'arrivais à faire passer les souris, les rats et les chats, il fallait que je trouve plus gros. Mais je ne voulais pas me servir de Brutus, parce que j'avais eu des problèmes pour retrouver mes premiers sujets et que Brutus était un très bon chien."

"Mon dieu," soupira Peter.

"Alors j'ai appâté le chien du voisin, Hercule, tu te souviens, c'était un magnifique Mâtin de Naples, il mordait tous les gamins du quartier…"

"… et son maître était un crétin doublé d'un dangereux activiste d'extrême-droite. Tu as envoyé Hercule dans le temps ?"

"Oui."

"Mais quand ?"

"Oh, en septembre ou octobre 1979 je pense."

"Non Walter, je veux quand, --quand ? Tu sais bien ce que je veux dire," expliqua-t-il à grand renfort de gesticulations.

"Peter, calme-toi, ça ne sert à rien que tu t'énerves après lui. C'est du passé," intervint Olivia.

"Ah bon, tu trouves ? Il envoie O'Mara aux calendes grecques et c'est tout ce que tu trouves à dire ? Même si c'est un imbécile, il ne mérite pas ça. Et depuis quand est-ce qu'il y a prescription pour les meurtres ?"

"Mais il n'est pas mort !" protesta Walter. "Et je ne l'ai pas envoyé. Il-il… il a juste suivi son chien. Je ne pouvais pas prévoir, tu comprends… Il m'a vu avec Hercule et il a couru. Et… voilà."

"Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça Olivia ? On nage encore une fois en plein délire !"

"Je n'ai rien pu faire," soupira Walter. "Même si j'avais voulu, je n'aurais pas pu rouvrir la brèche, leur masse corporelle combinée avait eu raison de mon appareil."

"Est-ce que vous reconnaissez votre canon, Walter ?" demanda Olivia. Elle lui tendit les photos prises le matin même.

"Oui, oui ! C'est lui ! Je le reconnaîtrais partout. Brave UIR763," ajouta-t-il avec des trémolos dans la voix.

Peter leva les yeux au ciel et poussa Walter dans la rame.