Paprika-Star : Pouquoi la dernièe phrase...? Ca fait tragique, je prépare le terrain ^.^ Pour la surprise de Harry non, il n'y en a pas puisque à la base quand Drago était espion auprès de l'Ordre il avait déjà bien fait comendre qu'il couchait avec Tom. En ensuite pendant que Hary est au manoir, ils ont beaucoup parlé... Et de ça aussi.

Enjoy ^.^

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Depuis cet incident qui avait failli coûter sa place à Drago ce dernier prévenait s'il restait au manoir. Il parlait au Lord des états d'âme du Survivant afin qu'il sache si oui ou non il allait le retrouver dans la chambre de son amant. Et si c'était le cas qu'il ne s'en offusque pas. Et surtout qu'il n'y voit rien de plus que ce qui était visible. Cette situation dura quelque temps... près d'un an et demi en fait. Jusqu'à ce qu'un moment, quelques détails changent et ne précipitent l'Histoire.

Au bout d'un moment Drago devint un peu plus nerveux que d'habitude, plus agressif aussi envers tous ceux qui n'étaient pas le Lord. Et en ce qui concernait ce dernier... hé bien il n'était plus le même non plus. Il semblait dans un autre monde à chaque fois qu'ils se voyaient. Voldemort l'avait bien remarqué, mais que voulez-vous faire face à quelqu'un qui reste muré dans son silence? En fait, Drago avait de plus en plus de mal à ne rester que l' « amant » de son Maître, et non plus. Son amour pour son aîné le rongeait tant il le dissimulait sous de l'admiration, de la fidélité, et d'autres sentiments bien loin de ce qu'il ressentait en réalité. Il se disait que c'était une folie de l'aimer (déjà), une folie de lui cacher, mais il se dit que c'était une pire folie que de lui révéler... Cependant son regard changea quant à cette dernière folie.

Un soir, après une étreinte particulièrement passionnée entre Voldemort et lui, Harry était venu. Le Lord dormait tranquillement, les problèmes avec ses alliances, les mangemorts qui faisaient des leurs, l'Ordre qui ne lâchait pas l'affaire, tout un tas de soucis le faisaient dormir assez profondément. Quand Drago avait entendu des coups à la porte de la chambre il s'était rapidement levé et avait enfilé au plus vite un pantalon, puis avait ouvert la porte le plus silencieusement possible. Il reconnu au premier coup d'œil la tignasse noire du Survivant et soupira avisant son regard perdu.

Depuis quelques temps le susnommé Survivant avait des regrets, des remords, faisait des cauchemars et rarement des nuits complètes. Alors il venait se confier, se confier sur tout, absolument tout... Et cette nuit ne faisait pas exception à la règle...Seulement si Drago avait voulu, et Merlin là il le voulait, refuser à Harry ce moment de calme, il savait que a nuit suivante serait pire. Il avait déjà fait l'essaie... et ça avait été presque traumatisant. A croire que le blond était le calme incarné de ces deux là.

Le Lord devenait dangereux si Drago n'était pas dans les parages. Harry devenait dépressif s'il ne pouvait pas parler à Drago une fois par jour. Et Drago lui...lui commençait à lâcher prise, à devenir violent et dépressif...

Forcément, on se servait presque de lui comme d'une pensine. Il accueillait dans sa tête les états d'âme du Sauveur (qui ne méritait plus trop ce titre mais bon) et il vivait baigné dans la magie du Lord, mine de rien c'était difficile à supporter... Surtout quand on continue à effectuer ses missions comme si de rien n'était, qu'on joue son rôle de fidèle mangemort uniquement attiré par la reconnaissance de son maître...

Mais bon, tranquillement, il s'effaça de la porte pour laisser entrer Harry dans la chambre lui faisant signe d'être le plus discret possible. Rapidement il mit en place un sort de silence sur le lit (dont il ferma le dais) puis il s'installa sur le canapé, créant, là aussi un sort d'intimité. Ainsi ils pouvaient parler de tout sans gêner le Lord, et sans être gêné par lui.

Alors toute la nuit, Drago à moitié allongé sur le canapé, Harry allongé contre (à moitié sur) lui, ils parlèrent. Enfin Potter parla et Drago écouta, donnant son avis de temps en temps, mais son rôle revenait surtout à écouter et à rassurer son ancien camarade. Le rassurer sur sa survie ici, sur le bien-être de ses amis, sur sa totale amitié pour lui, sur le fait qu'il pouvait lui faire confiance,...sur tellement de chose que Drago en perdait souvent le fil. Puis ils finirent par s'endormir l'un sur l'autre.

Au petit matin le Lord les trouva ainsi. Drago allongé tenant son pire ennemi par la taille, ce dernier la tête posée sur le torse du blond. Il ne put s'empêcher (comme à chaque fois) de se dire qu'ils étaient l'antithèse l'un de l'autre. Puis, comme souvent dans ces moments là, il se drapa dans sa robe de sorcier habituelle masquant son visage, et prit le jeune brun dans ses bras. Comme à chaque fois il ne le réveilla pas, mais ce jour là Drago (sous le manque de chaleur) se réveilla. Les yeux brumeux de sommeil il s'excusa, avant même d'avoir conscience de pourquoi il s'excusait. Puis quand le Seigneur des Ténèbres fut sortit avec son fardeau pour le ramener dans sa chambre, Drago se leva, l'esprit encore un peu flou et alla tranquillement prendre une douche. Après être entré dans la douche et avoir ouvert l'eau il fondit en larme littéralement, s'écroulant à genoux sur le carrelage de la douche.

La raison à cela? Il l'ignorait totalement et c'est ce qui l'inquiétait le plus et faisait redoubler ses larmes.

Peut-être le point de rupture de ses nerfs. Peut-être un simple besoin de pouvoir être faible alors qu'il ne devait montrer le moindre signe de faille devant le Lord ni devant Harry. Peut-être la solitude et le confinement (bloqué entre le manoir Jedusort et le manoir Malfoy ). Peut-être le manque total de réaction du Lord face au tableau de son amant et de son pire ennemi dans les bras l'un de l'autre. Peut-être son indifférence. Peut-être les sentiments que Drago se devait d'enfouir au plus profond de son cœur, de son âme et enfermés dans son esprit. Peut-être cette lueur lasse et blasée dans les yeux sanguins. Peut-être simplement son humanité qui lui faisait désirer ce qu'il ne pouvait avoir. Car il est bien connu que l'Homme ne désir que ce qu'il ne peut obtenir.

Peut-être tout cet ensemble de difficultés qu'il traversait, le manque de sommeil ajouté... Peut-être tant de choses. Cependant, savoir ou deviner ce qui provoquait cet état de quasi-désespoir, ne suffisait pas à endiguer ses larmes. Pendant bien 10 minutes il ne put cesser de pleurer, il ne put retenir ces larmes qui sortaient de nulle part. Quand enfin, il put respirer après ces quelques minutes, il se releva l'eau ruisselant toujours sur lui le réchauffant et le frigorifiant à la fois. Il ne savais pas, ou plus,....

Il ne distinguait plus non plus ses larmes de l'eau qui coulait. Tout se brouillait, dans se tête, dans son cœur, autour de lui, tout... Il avait du mal à respirer. A cause de cet étau autour de sa poitrine, à cause des larmes qui le faisaient suffoquer à moitié, à cause de la vapeur de l'eau beaucoup trop chaude qui faisait rougir sa peau. Au bout de quelques minutes il se décida à se laver, puis à sortir de la douche. Ses larmes ne s'étaient toujours pas taries. Et il n'y avait trouver toujours aucune raison. Mais à quoi bon finalement? Cela allait bien s'arrêter tout seul un moment ou un autre. Rien ne dure toujours...

Pas même sa relation avec Voldemort se surprit-il à penser.

Cette constatation lui fit ouvrir les yeux en grand. Il se trouvait devant le miroir et vit alors ses yeux s'embrumer plus encore. C'était cela alors... Tout finalement ne tournait qu'autour du Lord et des sentiments qu'il lui portait, bien à contre cœur d'ailleurs. Son père lui avait pourtant maintes fois répété : « ne t'attache à personne Drago, reste ton seul maître, reste maître de ce que tu veux et poursuit tes vœux, même si tu viens à le servir.» . Et non, bien sûr, il avait fallut qu'il tombe amoureux du plus insensible et du moins enclin à l'amour... forcément... C'était tellement ironique.

Il avait été élevé dans l'optique de masquer au mieux ses émotions, de ne s'attacher à personne, et il avait parfaitement réussit. Jusqu'à ce jour en haut de la tour d'astronomie, ce jour où il avait dut fuir Poudlard, ce jour où les ¾ de ses amis lui avaient tourné le dos. A partir de ce moment il avait commencé une longue descente faite de trahisons et de stupidité de sa part. D'une, il avait accepté d'être l'amant du Lord, de deux, il avait continué à l'être même alors qu'il se rendait parfaitement compte qu'il éprouvait beaucoup plus qu'il n'aurait dut, et finalement il s'était lié d'amitié avec un condamné à mort, Potter. Il avait foiré sur toute la ligne...

Du bruit dans la chambre lui fit relever la tête. Il se rappela que, comme d'habitude, le Lord allait le chercher pour lui assigner ses missions. Si il le trouvait comme ça il allait y avoir un problème... Pas qu'il l'ait jamais vu nu, ça c'était un fait, mais rarement tremblant et les yeux rougis, à deux doigts de la crise de nerf totale.
Sachant pertinemment que le Lord le trouverait très vite il se munit d'une serviette et commença à se sécher les cheveux. Ainsi il masquait son visage et, de plus étant de dos à la porte, Voldemort ne risquait pas de voir quoi que ce soit qui fut compromettant.
La porte s'ouvrit alors, comme prévu sur le Lord quelques secondes après.

-Bonjours Drago...

Il s'arrêta net avant de commencer à penser finir sa phrase. Le blond était loin d'être dans son état normal. Il pouvait le voir et le sentir. Il soupira et s'appuya sur l'encadrement de la porte de la salle de bain, croisant les bras.

-D'accord... qu'est-ce qui ne va pas Drago?
-Rien du tout! Qu'est-ce qui peut vous faire croire qu'il y a quelque chose d'anormal?

Le brun sourit, décroisa les bras et s'avança dans la pièce.

-Premièrement, ta réponse bien trop prompte pour être sincère, ton comportement trop agressif depuis quelque...trois mois. Ensuite... Jamais tu ne me tournes le dos pour me parler comme tu le fais, jamais encore tu ne paraitrais nu, même devant moi, lorsque tu sors d'une douche, et finalement, tu ne mets pas autant de temps à te sécher les cheveux. Et, enfin, si tu veux vraiment une autre raison, jamais plus tu n'as tremblé devant moi depuis que nous sommes amants. Hors, maintenant, et ta voix, et ton corps tremblent. J'ai assez de raisons pour te demander ce qui ne va pas? Ou bien je dois en trouver d'autres.

Drago baissa les épaules et lâcha la serviette qu'il utilisait à moitié, puis ferma les yeux après cette tirade, se disant que, vraiment, il était trop transparent pour son propre bien. Encore heureux que le Lord lui fasse assez confiance pour ne pas fouiller sa tête sinon il était mort. Encore heureux aussi que Voldemort ne pense pas de prime abord au fait que son amant puisse l'aimer. Si jamais une des deux solutions avait effleuré l'esprit du brun, Drago se disait qu'il ne serait plus là depuis bien longtemps.

Ses pensées s'arrêtèrent dès qu'il sentit deux bras l'enserrer doucement. Les mains du Lord se posèrent naturellement sur le ventre plat du blond. Ce dernier sentait un poids agréable sur ses épaules, la chaleur que dégageait son maître, et la puissance magique dont il l'enveloppait.
Il se sentait juste bien là, rassuré.

-Qu'est-ce qui ne va pas Drago? Je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas depuis quelques mois.
-Ce...ce n'est rien Maître. Juste... peut-être un peu de fatigue... Cela va passer.
-Ne me ment pas Drago...

Il avait une inflexion dans la voix qui faisait plier Drago à chaque fois. Un ton las et horriblement sérieux, un peu impérieux. Donnant un ordre déguisé sous un ton aimable. Mais cette fois là Drago devait trouver quelque chose à dire qui tenait la route. Dire à son maître qu'il l'aimait...était pure folie dans la situation présente.
Alors il se tut simplement. Ne dit rien, ne bougea pas quelques instants... avant d'essayer de se dégager de l'étreinte du Lord. Ce qui n'était pas prévu dans les plans de ce dernier qui raffermit sa prise sur le corps pâle du blond. De protectrice et attentionnée, sa prise s'était faite plus contraignante.

En un mouvement du Lord il les plaça devant un miroir en pied. L'image qui se reflétait troubla Drago. Si, et le Lord le lui avait déjà dit, il était l'antithèse de Harry, cela n'avait aucune commune mesure avec ce qu'il voyait.
Le Lord était entièrement vêtu en noir, ses cheveux encadrant son visage insistaient sur cet effet. Drago par contre pouvait aisément incarner une image de pureté. Sa peau pâle en parfait contraste avec le tissu qui le recouvrait à moitié. Avec ses mains sur le ventre du plus jeune Voldemort masquait les attributs de son amant (les manches de sa robe étant très amples), qui rappelons le était alors toujours nu et passablement mouillé.
Ainsi présenté le blond ressemblait à un ange emprisonné dans les ténèbres d'une incarnation de la Mort faite homme.
Mais s'il représentait un ange, il semblait aussi fragile. Sa peau déjà blanche à la base ressortait infiniment plus, on l'aurait dit fait de porcelaine fine. Fine, fragile et précieuse. Cette impression était renforcée par le rouge soulignant ses yeux, séquelle des larmes qu'il avait versé plus tôt.

-Qu'est-ce que tu vois?

La question de son Maître le prit au dépourvu, mais quelques secondes après il put répondre, la vois un peu tremblante.

-Je vois la faiblesse que vous devez supporter de ma part. Je vois mon inutilité. A quoi est-ce que je peux bien vous servir? Je n'ai pas l'intelligence de père pour trouver des stratégies imparables, ni la dextérité de parrain pour les potions, ni la combativité de ma tante et son mari lors des descentes, ni la diplomatie de mère qui sait trouver une solution à chaque problème. Ce que vous me demandez de faire un elfe de maison s'en acquitterait aussi bien que moi en ce qui concerne Harry. Pour les recherches vous disposez de nombreuses personnes qualifiées. Pour les petites missions d'espionnage vous pouvez utiliser toute une flopée d'espions bien plus doués et discrets que moi. Je n'ai aucune formation en rien, légalement je ne suis même pas un sorcier reconnu. Et je suis encore là à me plaindre de mon sort alors que vous avez certainement bien d'autres choses à faire que m'écouter.

Il avait baissé la tête au fur et à mesure de ses paroles. A la fois parce qu'il ne voulait plus voir son reflet dans la glace, et d'autre part pour masquer les larmes traitresses qui s'échappaient à nouveau de ses yeux. Une des mains remonta alors le long du corps un peu tremblant, jusqu'à relever le menton et forcer le blond à replonger son regard d'orage dans le miroir.

-Cela devait bien arriver un jour ou l'autre. J'aurais pensé que tu tiendrais moins longtemps que cela. Je me suis trompé pour cette fois.
-Que voulez-vous dire?
-Je veux dire que cela fait quelque temps que je me dis que tu supportes énormément, de ma part, de Harry, de tout le reste. Il fallait bien un moment de rupture...

Le blond se dégagea cette fois-ci fermement de l'étreinte, qu'il commençait malgré tout à trouver bien agréable.

-Je comprends mal ou c'était prévu que je ne supporte pas cela?
-Non, calme toi. Ce n'était pas prévu. Mais vu la tournure des événements depuis que Harry est là il semblait évident que tu ne tiendrais pas.
-Serais-je donc si faible que cela, pour que ce fait se voit autant?

Il avait de nouveau baissé la tête sa voix se faisant simple murmure. Avec un sourire le Lord le pris dans ses bras, le serrant contre lui.

-Il ne t'est jamais venu à l'esprit que ce soit peut-être pour cela simplement que je te gardais? Bien sûr, tu n'es ni comme tes parents ni comme Severus ou Bella. Mais toutes les missions que je te donne, il n'y a que toi pour les réussir parce que tu connais ceux que tu espionnes, ceux sur qui tu fais des recherches, et même Harry sur le bout des doigts. Tu connais toutes leurs habitudes dans les moindres détails. Ce que je vois moi, dans ce miroir, quand je nous regarde, c'est que j'ai besoin de toi. Alors arrête de penser en fonction des autres et sache que si je t'ai avec moi, c'est pour de bonnes raisons.

Il sourit éloignant le jeune homme de lui. Puis, prit d'une envie soudaine, il l'embrassa, sans qu'il y ait aucun signe avant coureur. Cela n'avait absolument rien à voir avec leurs précédents baisers. Cette fois-ci c'était, doux, attentionné, tendre. Quelque chose à quoi Drago n'était pas préparé du tout venant de son Maître. Mais qui, au delà de la surprise le ravit au plus haut point. Quand leurs lèvres se séparèrent le plus jeune avait un air perdu mais les yeux éclaircis. L'ainé arborait un sourire inhabituel mais se ressaisit rapidement, prenant son vis-à-vis dans ses bras et le portant jusqu'à la chambre.

-Maintenant tu vas me faire le plaisir de finir la nuit dont tu n'as pas profiter. Ce serait une trop grande perte de te tuer à la tâche n'est-ce pas?

Puis il le posa doucement au creux des draps de soie.

-Dors, tu n'as rien à faire aujourd'hui pourquoi rester éveillé?

Et Drago obéit promptement. Fatigué par le Lord, par Harry, par ses nerfs, il s'endormit rapidement. Mais il s'endormit sur l'idée que, peut-êrte, ses sentiments puissent êre partagés. Ou du moins que le Lord ressentait quelque chose de plus fort qu'un simple et banal attachement que l'on offre à un amant. Finalement avant que Morphée ne vienne le pendre il se dit qu'il pourait peut-être lui dire qu'il 'aimait...un jour...

Voldemort quant à lui retourna dans ses appartements. Précisément dans sa chambre cherchant une pensine qui, il l'espérait, lui remettrait les idées en place.
Ce matin-là il revit, encore une fois comme trop souvent en ce moment, la prédiction de sa mort. Il se devait de garder cela à l'esprit. Si il s'attachait trop émotionnellement à Drago, il en mourrait aussi certainement que s'il se prenait un avada en plein cœur.

Lorsqu'il releva la tête de son souvenir le Lord se dit qu'il était... dans une situation assez dérangeante. Il s'était parfaitement aperçut qu'il appréciait (il avait toujours du mal à dire qu'il l'aimait...un Seigneur des Ténèbres n'aime pas) un peu, beaucoup, trop, Drago. Et tous ses fichus plans défaits en ce moment...Il n'avait vraiment pas besoin de s'encombrer avec de stupides sentiments! Il se laissa tomber en arrière sur son lit, les bras ouverts.
De partout dans le monde où il avait des mangemorts tout ce qu'il tentait se finissait immanquablement par un échec cuisant. Il y avait sur place des personnes bien trop informées...Et bien trop discrètes. Ses espions sur place ne parvenaient que difficilement à obtenir des renseignements sur ces...empêcheurs de tuer en rond. Il lui fallait des résultats! Et vite. Les mangemorts ici, en Angletrerre, commençaient à se poser des questions. Ils ne faisaient plus d'attaques (ou alors des mineurs qui ne servaient en général pas à grand chose), ils devaient se faire discrets, leur Lord ne faisait rien alors que Potter était à sa merci... C'est sûr, cela pouvait surprendre. Mais il ne pouvait rien dire et rien laisser filtrer tant qu'il n'était pas absolument certain qu'aucun espion n'était dans ses rangs. C'était primordial.

Et avec ça l'Ordre du phénix et les Aurors qui s'activaient plus que la normale pour trouver Potter. Les investigations allaient bon train...voir trop rapidement. Ses mangemorts finiraient par se faire trouver à ce rythme. Encore heureux que les plus importants soient sous fidelitas. Il n'imaginait même pas perdre les Malfoy (encore moins Drago), les Lestrange, Rogue, Rosier, et tant d'autres. Il avait besoin de personnes fiables et si ceux là étaient trouvés, emprisonnés, ou tué... Il devait trouver quelque chose...un plan, une idée, pour que cela n'arrive pas... Ouvrir des appartements dans la demeure semblait la meilleure solution... Encore fallait-il qu'il y arrive. Le dernier occupant (Salazard lui-même) avait truffé le manoir de sorts divers et variés, tous plus létaux les uns que les autres. Et...bien évidement la plupart des chambres était protégée. Il avait réussit à en ouvrir quelques unes, mais certaines ailes du manoir étaient complètement inaccessibles...enfin pour le moment. Si la situation tournait aussi mal qu'il l'imaginait, il devrait faire quelque chose... mais il n'en était pas encore là, et heureusement.
Alors...en plus de cela s'il devait s'occuper de gérer une histoire... sentimentale on va dire, il n'allait pas s'en sortir. Quelle idée aussi de...

Ses pensées furent interrompues par une voix qu'il n'avait alors que peu entendue.

-Jedusort! Hey!! Tommyyyyyyyyyyyyy!!

Et cette voix, inlassablement continuait à l'appeler. Il allait brûler ce tableau. Chimeria s'était faite discrète jusque là, pourquoi donc ne pas continuer? Pourquoi l'appeler juste maintenant? C'était un comble, le summum du dérangeant. Que pouvait-elle vouloir en plus? Les morts n'ont pas de besoins, les fantômes moins encore, quant aux tableaux... Mais, malgré tout, il se leva, de très mauvaise grâce.
Il passa seulement la tête par la porte sans aller plus loin.

-Qu'est-ce que vous voulez?
-Parler à quelqu'un de vivant. Les tableaux sont d'un enduit mortel!
-Et parler de quoi au juste? J'ai des doutes sur le fait que mes idées pour asservir le monde vous soient utiles, et même dans ce cas là je doute de vous les dire, un Malfoy, reste un Malfoy, même mort, enterré et dans un tableau.
-Tout de suite, mauvaise langue. Je ne sais pas moi. Parlez de vous...dites moi pourquoi tous mes descendants qui vous sont fidèles dépriment en ce moment.

A ce moment le Lord fut piqué au vif... Comment ça ils déprimaient...? Sortant de sa chambre il alla s'asseoir dans le canapé en face de la cheminée, en face du tableau de la jeune fille. Elle était toujours dans ses habits de mariée, mais le cadre avait changé. Il l'avait vue dans le parc du manoir sous la neige dans la chambre de Drago, il n'avait pas prêté attention lorsqu'elle était dans le salon blanc du manoir Malfoy. Mais là pour l'occasion il avait fait peindre la falaise devant le manoir Serpentard. C'était amusant de voir les cheveux blonds/blancs être soulevés par un vent juste peint.

-Quelle est encore cette ineptie de déprime? Aucun des trois n'a montré de signe à cette encontre.
-C'est que tu ne sais pas regarder...ou plutôt que tu ne sais pas les regarder, eux, Malfoy. Montrer un signe de faiblesse est un déshonneur dans notre famille plus que dans aucune autre. Alors montrer des signes de déprime, c'est inimaginable. Lucius se terre dans son bureau, Narcissa cherche sans relâche jour et nuit et Drago... Drago ne fait simplment rien. D'habitude il lit, il écrit, il cherche, il fait quelque chose. Mais depuis...environ trois mois, il ne fait plus rien.
-Tu as une explication?
-Oui

Il y eut un silence. Le Lord attendait la suite, une réponse claire en somme. Chimeria cherchait à énerver son vis-à-vis. Ce qui fonctionna assez.

-Qui est...?
-Qui est fort simple. Tout part d'un même point. Lucius et Narcissa aiment Drago. Si lui déprime il vont chercher une solution, ne la trouvant pas ils s'énervent, et commencent à regarder leur fils plonger seul sans qu'il dise rien. Et ça...cela les peine. Mais on ne peut comprendre cela que lorsqu'on a eut une famille qu'on n'a pas tué.

De nouveau un silence prit place. Mais celui là n'attendait pas de réponse. Il était tendu. Chacun savait que parler ainsi de la famille de Voldemort était... désagréable pour ce dernier. Qui plus est il cherchait à voir pourquoi Drago serait déprimé en ce moment. Certes il y avait eu cette petite crise quelques temps plus tôt dans la matinée mais rien de bien grave en vérité. Puis la voix de la jeune fille s'éleva de nouveau, un peu enjouée mais terriblement froide.

-Bien! Trêve de mondanités je ne vous ai pas fait venir pour cela. Je vais vous demander...avec toute la révérence dont je puis encore faire preuve de...comment dire cela... sortir de la vie intime de Drago.
-Pourquoi donc?
-Restons tranquille... je vais vous exposer cela. J'ai fait, il y a de cela environ...339 ans, une prophétie, une prédiction si vous préférez. Celle là annonçait votre mort. Et avec vous, je l'appris plus tard, celle de mon dernier descendant. Je refuse cela simplement. C'est pour ça que...
-C'est toi qui a fait cette satané prophétie?

La jeune fille prit un air surpris et un peu fâché aussi avant de reprendre un peu sur la défensive.

-Oui...pourquoi? Ils...ils n'ont tout de même pas supprimé mon nom?
-Les seules informations de cette sphères sont la date et qu'elle me concerne, rien d'autre. Et dans la prophétie elle-même on ne voit le prophète que de dos et à contre jour donc....

Chimeria sur le moment avait l'air profondément choquée. Pas de grands yeux effarés, pas de cris outrés non... juste un visage blême plus qu'à l'ordinaire et une respiration hachée. D'un mouvement de sa main blanche une chaise en fer blanc apparue, elle s'y assit tranquillement, très doucement, comme faisant attention à quelque chose.
Puis dans le silence qui s'était installé on entendu la voix de la première Malfoy résonner.

-Il faisait un temps exécrable, il ne pouvait pas y avoir de contre jour. Les prophètes sont toujours de face dans les sphères. Les noms ne sont pas ignorés. Mon nom n'est pas Malfoy à l'origine...

Puis pendant le reste de la journée le tableau ne cessa de parler que lorsque le Lord lui demandais des précisions. Elle lui raconta le contexte dans lequel le tableau original (en France) avait été peint. En mai, le 21 mai 1661. Un jour de pluie, gris, couvert, sombre... Le jour de son mariage. Elle devait épouser un riche héritier d'une prestigieuse famille de sang-pur. Seulement alors qu'elle se préparait une de ses suivantes entra dans la pièce et parla d'un fou qui avait énoncé une prophétie justement sur son futur mari. Il avait dit qu'il donnerait naissance à un mage noir, puissant, qui se ferait tuer par celui qu'il aimait. Le nom avait été dit, Grindelwald. Et à ce moment là, sans savoir si cette histoire était fondée, Chimeria s'était mise à voir défiler devant ses yeux de nombreuses images. Elle ne comprenait pas bien ce qu'il se passait. Quand les images s'étaient arrêtées elle se trouvait par terre. Quand elle avait relevé la tête elle avait vu les visages scandalisés de ses suivantes et celui de son fiancé, tout aussi horrifié. Elle n'avait pas compris jusqu'à ce que l'un parle. Elle avait énoncé une prophétie, une prédiction, une prévision... Chez les Sang-Purs cela était une grande faute. Une anormalité. Une calamité, une tare... Ce don était considéré très mauvais et impur. Ensuite, elle ne se rappelait pas bien ce qu'il s'était passé. Juste une grande souffrance, pendant longtemps. Puis plus rien. Elle s'était réveillée, seule, toujours dans sa robe blanche mais déchirée, sale, avec de nombreuses traces de sang...le sien. Et sur son ventre, tailladé à même la chaire, le mot « malfoy », en France, à l'époque, de mauvaise foi, menteur ou traitre en somme. Elle était dans une forêt, se révélant être la Forêt Noire par la suite, seule, fatiguée et faible.

Puis, au bout de quelques jours, elle était plus ou moins littéralement tombée sur quelqu'un. Sylas. Au début, fatiguée, affamée et assoiffée, elle l'avait pris pour un ange. Elle n'avait vu de lui que des traits fins et de grandes ailes blanches avant de s'évanouir. Lui l'avait sauvée, avait pris soin d'elle et l'avait soignée. Près d'une semaine plus tard à son réveil elle se trouvait dans un village de furies de la Forêt Noire. Il en était le chef. Elle lui devait la vie et la lui avait offerte. Sa vie et bien plus. Pas plus d'un an après qu'il l'eut sauvé elle lui donnait un fils et mourait en couche, à 15 ans. Cet enfant avait tous les traits de sa mère, la nature sorcière avait pris le pas sur la nature de furie.

Sylas avait appelé l'enfant Frey, Frey Malfoy. Ce dernier avait vécu de la fortune de sa mère, dans le monde sorcier, n'ayant que peu de contacts avec son père. Puis la lignée s'était perpétrée, avait gagné en influence, en pouvoir. Une branche s'était plus ou moins éloignée, s'installant en Angleterre.

Un bruit léger fi releve la tête au Lord qu regardai fixemnt le tableau jusque là. Drago entra dans la pièce, les yeux embrumés de sommeil alors qu'il avait dormi presque la journée entière. Il avait les cheveux en désordre, portait juste un pantalon lâche et le draps qui avait recouvert le lit de la chambre qu'il occupait. C'est lui qui finit le récit de sa famille. Il s'installa à côté (enfin...calé entre les bras) de Voldemort, se reposant sur lui comme si c'était parfaitement normal. Puis il raconta que cette branche de la famille avait intégré la chambre des Lords moldus et le Conseil des Mages, ainsi ils s'étaient peu à peu mêlés à la population, préservant le sang et créant des alliances. Et peu à peu ils en étaient arrivés à acquérir un statut honorable au sein de la société sorcière. A partir de là, ils s'étaient finalement établis et depuis ils faisaient fructifier leur argent et en vivaient tranquillement.

Puis le jeune homme s'était endormi tranquillement, encore une fois, enfermé pour sa plus grande joie, dans l'étreinte et la chaleur du Lord. Enfin il tomba dans une sorte de demi-sommeil.
Vous savez, cette phase entre sommeil et éveil, celle où vous entendez, répondez aux questions sans y réfléchir, mais vous ne comprenez pas ce que vous dites ni ce qu'on vous demande.
C'est à ce moment que la Première se manifesta à nouveau. Elle parlait à son descendant comme si il était parfaitement éveillé alors que ce dernier dormait à moitié. Cependant il lui répondait, la voix trainante et chuchotée mais tout de même. Et malgré ses réponses leur dialogue fut de courte durée.

-Tu abandonnes facilement Drago.
-A quoi bon résister...? J'ai rendu les armes Madame... pourquoi résister...?

Et ce fut tout avant qu'il ne rejoigne le Sommeil en son royaume. Puis le silence s'installa une fois de plus. Il devait se faire tard, dans les environs de minuit. Les seules lumières subsistantes dans la pièce étaient celles de la lune et des étoiles. Le salon était baignée d'une clarté pâle, on ne voyait que les contours de deux formes sur le canapé, l'une endormie, et l'autre bien éveillée. Puis un chuchotement interrompit une fois de plus le silence.

-Si vous éprouvez ne serait-ce qu'une once de pitié, ou quoi que ce soit d'autre qui ne s'approche pas de la haine... laissez-le.
-Pour quelle raison? Si ce que vous avez vu est vrai nous mourrons de toutes façons.
-J'aime à penser que si vous le laissez maintenant cela pourra être évité. Et puis... allez-vous le retenir alors qu'il est amoureux?
-Am....!De quoi parlez vous?
-Il vient lui-même de le dire... Enfin. Dans notre famille, l'amour est un combat que nous ne devons pas perdre. L'amour rend faible c'est un fait empirique. Donc...dès que l'un des notre prononce une phrase dans le style « j'ai abandonné », « j'ai perdu », « j'ai rendu les armes » dans le cas présent cela signifie clairement qu'il est amoureux. Alors... pour vous deux, il serait préférable que vous le laissiez partir.

Puis en parlant de partir, elle s'en fut désertant le tableau et laissant les deux amants.

L'un endormi comme un bienheureux dans les bras de celui qu'il aime, l'autre légèrement (très) perturbé. C'était vrai... de quel droit pouvait il retenir Drago. Il lui avait assuré ne jamais le forcer à être son amant, si le jeune homme voulait s'engager autre part il n'avait pas le droit, tout Seigneur des Ténèbres qu'il était, de l'en empêcher.
Et puis...mais ça c'était vraiment quantité négligeable (du moins essayait-il toujours de le croire) il se disait qu'il n'aimerait pas être la raison de la tristesse du blond. Une idée lui vint un moment, qui le fit glisser un peu plus vers la noirceur qui emplissait son cœur avant, l'attitude du jeune homme ces derniers temps provenait certainement de ce fait précis. Quoi de pire que ne pouvoir montrer qu'on aime de peur de mourir?
Parce que, oui il avait tenté de convaincre Drago de ne plus le craindre, mais cela s'était révélé chose vaine. Encore quelques fois quand le Lord s'énervait le blond tremblait un peu. Moins qu'avant bien sûr...mais toujours. Jamais il ne lui avait rien refusé jusqu'à présent, certainement par peur de le décevoir, d'attiser sa colère, ou d'autres raisons encore...

Le Lord, sourit un peu, un sourire triste, soupira, puis se leva prenant soin de ne pas réveiller celui qui le prenait pour un oreiller, puis réintégra sa chambre. Il avait choisi. A partir de demain il commencerait à sortir, comme l'avait demandé Chimeria, de la vie intime de Drago. Peut-être le lui annoncerait il, mais il en doutait encore. Il doutait aussi de pouvoir se passer de la peau pâle, de la chaleur, des gémissements, de la présence et de tout ce qui faisait Drago...