Paprika Star : Voui triste, voui ya pas de passage mignon... mais je voyais difficilement comment en mettre un là en fait ^^ Voui tout ça à cause d'une prophétie...mais si on regarde bien, tout au départ du livre n'arrive qu'à cause d'une prophétie...c'est prévu à l'avance... et comme c'moi qui fait les prophéties là ^.^
Mais bon, là normalement il y a (malgré le fond assez...euh pessimiste) un peu de drôle, un peu de kawaii... Donc voila, enfin après un peu plus de trois jours de retard... un chapitre un peu plus long que les autres (juste le double de la normale -_-)
Donc voila.
Enjoy ;)
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Rentrer chez lui. Dire au revoir. Dormir. Partir. C'était ainsi, seulement avec des ordres et des objectifs simples, qu'il parvenait à penser sans se soucier de rien d'autre. Son esprit était totalement vide.
En y repensant il s'était avoué que ça devait être le choc, l'explosion de Danny, et tout un tas d'autres choses qui le faisaient être ainsi... aussi hagard.
Il ne prit pas le temps de se rendre présentable ou d'effacer la lassitude, le trouble et le désespoir...non pas le désespoir le vide, de son visage et transplana au manoir Malfoy sitôt le Lord sorti de la chambre... du moins il le pensait, il n'avait pas bien vu...
Il apparu devant les lourdes portes de fer forgé délimitant le domaine. D'un pas trainant, sans conviction aucune il s'avança dans l'allée, ouvrit la porte et se dirigea vers les escaliers histoire d'aller se préparer et dormir avant de partir demain.
Mais il fut interrompu au milieu du hall.
-Drago! Tu es déjà rentr.... Oh par Merlin qu'est-ce qui t'es arrivé? Ce sang...
-N'est pas le mien mère, calme toi. Je vais bien.
-Alors... qui?
-Danny... de ce que j'en sais. Et non avant que tu ne poses la question ce n'est pas moi qui l'ai tué.
-Bien... j'aimerais te parler. Va prendre une douche et reviens me voir d'accord.
Il soupira mais néanmoins acquiesça. C'était un fait, même au bord de la mort il n'arriverait jamais à refuser quoi que ce soit à sa mère. Il fit donc ce qu'elle lui avait demandé. Et ce machinalement. Il se déshabilla, se mit sous le jet d'eau glacial (se souciant moins que tout de la température) il laissa le sang qui était sur sa peau s'écouler avec l'eau. Il sourit lugubrement en voyant la couleur que prenait l'eau justement. Un mélange rouge rose. Puis quand il ne resta plus de sang il commença à se laver. Sitôt fini il sortit de la cabine de douche, prit des vêtements au hasard les enfila et descendit.
Il retrouva sa mère dans son salon préféré (à elle). Dans ce manoir il était appelé « salon des dames » il possédait une immense baie vitrée donnant sur les serres du manoir. A cette époque de l'année, en hiver, il regorgeai de fleurs blanches, bleues, pâles en somme. On l'aurait dit gelé mais non. Il était vivace et magnifique. Calmement il s'assit. Narcissa était presque lumineuse, on aurait dit qu'elle irradiait littéralement. Elle était calme, du moins en apparence, avec un thé à la main. Elle attendait certainement que Drago prenne la parole en premier. Mais quand il ne le fit pas au bout de quelques minutes elle se décida.
-Tu veux m'expliquer ce qui te met dans un état semi amorphe ou je t'explique d'abord ce dont je voudrais te parler?
-Les dames d'abord mère.
-Ton air hypocrite ne t'empêchera pas de me raconter tout dans les moindres détails mon cher fils. Mais passons. Tu auras d'ici...environ sept à huit mois un frère...ou une sœur, prions pour un fils.
Sous le coup de l'étonnement et des questionnements (et aussi pour ce qui s'était passé plus tôt) l'héritier (encore unique à l'heure) resta sans bouger, le regard fixe et étrangement expressif pendant quelques longues minutes. Toutes sortes de questions se bousculaient dans sa tête. Pourquoi? La raison précise, il pouvait assumer le poids d'engendrer une descendance même si les femmes ne l'intéressaient pas le moins du monde, voir le dégoutaient un peu. Mais pour la pérennité du nom il aurait volontiers fait abstraction de ses préférences...au moins pour une nuit...
Passons le fait que les parents Malfoy entretenait un amour (certes) mais un amour plus fraternel que l'amour que se vouent normalement des époux. Ils s'étaient, l'un et l'autre, il y avait de cela vingt ans presque forcés à concevoir Drago. Et vu la façon dont ils évitaient le sujet il était clair qu'aucun des deux ne voulaient renouveler l'expérience. Pas parce qu'ils ne s'appréciaient pas, mais parce qu'ils se refusaient à entretenir ce genre de relation entre eux. Par moral si l'on peu dire.
Le silence qui laissait place au chaos de questions dans l'esprit du plus jeune fut brisé par la voix de la femme.
-Ferme la bouche Drago c'est inconvenant.
-Mais...Mère...pourquoi? J'aurais pu...
-Oui. Nous le savons Lucius et moi, tu aurais très bien pu, seul, assumer la descendance dont a besoin la famille. Mais sachant tes préférences nous avons décidé, lui comme moi, que ce serait plus... supportable, pour toi et l'hypothétique future épouse, puisqu'un bâtard dans la famille aurait été très mal venu.
-C'est absurde. Même en étant sorcière tu cours un risque en portant cet enfant mère... Et, comment dire... enfin, père et toi vous ne...
Elle sourit à l'hésitation de son fils devant cette question pourtant simple. D'ailleurs ce n'était même pas une question, plutôt une affirmation très claire, mais qu'importe.
-Je sais Drago. Je sais... Ton grand-père avait très fortement insisté pour que tu sois conçu normalement dira-t-on. Mais tu n'es pas sans savoir qu'il existe certaine potions, illégales mais ça ne nous a jamais arrêté, pour concevoir. Et Severus est, comme nous le savons tous, un excellent maître en potions.
-Malgré cela tu ne m'empêcheras pas de penser que c'est une erreur de faire cela mère.
-Aucun enfant né sang pur ne sera jamais une erreur Drago. Et qu'importe, il est là, il viendra au monde. J'espère juste que tu le considéreras comme ce qu'il est. Ton frère, de sang. Je serais attristée de vous voir vous quereller juste parce qu'il existe.
-Ne t'inquiète pas mère, j'en ferais à ta volonté. Je l'aimerai comme le frère qu'il est pour moi.
Elle se leva alors, un sourire sur les lèvres.
-Bien, merci. Ceci dit tu devrais aller dormir, tu as une mine affreuse. Tu me diras demain ce qui te préoccupais. Dors bien, du moins essaie. Bonne nuit Drago.
Puis elle s'en fut le laissant seul devant son thé refroidissant. Ce n'était vraiment pas une bonne soirée. Quelle idée avaient-ils eu d'avoir un second enfant? Mais il n'avait pas le temps de s'arrêter sur la question. L'enfant serait là d'une façon ou d'une autre, qu'il le veuille ou non, alors autant ne plus y penser pour le moment.
Tranquillement (dans une attitude détachée de tout en fait...) il se dirigea jusqu'à sa chambre et s'y enferma. Il avait des choses à faire... Il dénicha au fin fond d'une armoire encastrée dans un mur un sac sans fond. L'avantage de ses objets était leur contenance près de dix fois supérieures à ce qu'elle paraissait et l'allègement du poids. Il prit rapidement quelques vêtements, na sachant pas bien ce qu'il devait prendre mais peu lui importait. Dans sa chambre il prit tout ce dont il pensait avoir l'utilité, absolument tout. Il hésita cependant longtemps avant de prendre l'un des présents du Lord. Un poignard, il avait été forgé du temps de Salazard avait-il dit, un présent d'un des peuples elfes qui ne vivait plus ici depuis longtemps. La lame était d'un métal presque transparent et d'une pureté plus que visible. Elle était ciselée sur toute la longueur formant des arabesque harmonieuses. C'était autant un poignard de corps à corps que de lancé. L'idée voulait qu'une fois lancé il ne rate jamais aucune cible.
Au moment auquel il réfléchissait un hiboux cogna du bec contre la fenêtre. L'ordre de mission sans doute. Il déplia le parchemin mais fit rester l'oiseau. Il en aurait besoin pour un courrier à envoyer au manoir. Seuls les oiseaux envoyés par le Lord pouvaient entrer et sortir à leur guise avec des messages non contrôlés.
Il déroula le parchemin et à la fin de sa lecture se contraignit à ne pas trembler. Il lui avait déjà été donné des missions de recherche quasi impossibles mais là...là ce n'était plus de la recherche.
Tu trouveras un autre parchemin avec une liste de mangemorts dans mes rangs à l'étranger et en Angleterre. Certains parmi eux sont des traitres. Trouve qui ils sont, confond les et tue les. Fait passer cela pour des accidents mineurs. Tu as pour toi tout ce que tu veux. Tu auras l'aide des mangemorts si tu en fais la demande. Utilise ce que bon te semble. Ne reviens qu'une fois ta mission accomplie. Et soit certain de ce fait.
Jusque là l'ordre était simple, mission d'exécution banale. Mais ce qui était intéressant c'était la liste qui allait avec. Si Drago en éliminait la moitié (en se disant que parmi ceux cités la moitié n'était pas traitre) il lui faudrait des années avant d'avoir fini de mener ses enquêtes et tuer tous les coupables. Ce n'était pas impossible comme mission...c'était juste titanesque et très long....très, très long. Il soupira, il n'avait pas le choix. Enfin si il avait le choix, mais ce choix là (mourir si il refusait en substance) ne lui plaisait guère. Il fit un double du parchemin, il le laisserait ici en partant demain, il ne comptais pas s'expliquer auprès de ses parents, ça serait trop difficile pour lui. Oui c'était lâche mais peu lui importait.
L'oiseau commença à s'impatienter, certainement pas l'habitude de rester après un envoie.
Drago prit une plume et écrivit. A Harry paradoxalement. Enfin pas tant que ça, il n'avait plus le droit de remettre les pieds là bas sans avoir fini sa mission alors il devait prendre un intermédiaire. Il lui expliqua rapidement qu'il ne pourrait plus venir le voir avant longtemps, et il lui demandait de donner la boite qu'il avait jointe au Lord. Si Harry voulait d'autres informations plus précise c'était directement à Voldemort qu'il irait les demander.
Dans la boite justement (petite boite carrée normale et très banale) il mit le collier de Serpentard (il voulait s'en dessaisir puisqu'il ne lui appartenait pas, qu'il lui rappellerait trop souvent Voldemort et que si quelqu'un le reconnaissait qu'importe qu'il n'ait pas la marque il serait identifié en tant que mangemort), il y mit aussi le collier de maintient. Pour ce dernier il prit un temps fou (selon lui) à l'enlever. C'était presque douloureux et dès qu'il ne l'eut plus autour du coup il ressentit un grand vide et surtout une grande faiblesse, une carence en magie. Il avait voulu ôter ce collier juste par bravade cette fois ci. En possession de Voldemort ce dernier devrait le rendre à la famille Malfoy. C'était juste pour cela. Et enfin il griffonna à la hâte deux mots « pardonnez moi ».
Ainsi remplie et fermée la boite fut réduite, allégée, attachée à la patte de l'animal avec son message. Puis l'animal s'en fut avec pour ordre de délivrer son message à Harry Potter et non à son maître légitime.
Maintenant qu'il avait son ordre de mission il put compléter son sac simplement. Il y mit quelques armes blanches (des dagues principalement, personne ne soupçonnerait un meurtre de sorcier si c'était fait à main nue), diverses potions que les moldus et sorciers seraient bien en peine de détecter et d'autres choses utiles.
Ainsi fait il prit une longue cape chaude et descendit avec son sac. Il déposa la copie de son ordre de mission sur la table de la sale à manger, ses parents le trouverait aisément. Il ajouta seulement une note au bas :
Désolé de ne pas avoir le courage de vous expliquer, de ne pas pouvoir être là quand il naitra, de n'avoir rien dit... Envoyez moi des nouvelles, s'il vous plait. Je vous aime, Drago.
L'étalage de sentiments n'était pas serpentard, n'était pas digne d'un Malfoy, mais pour l'heure il s'en fichait éperdument. Quand il eut fini et qu'il fut certain de ne rien avoir oublié il sortit du domaine et transplana.
Il réapparut sur le chemin de travers. Sa première destination: Gringott, la banque sorcière. Si, comme il le pensait, cette mission durait plusieurs années, il lui faudrait de l'argent partout où il irait. Entré dans la banque il demanda à un des gobelin de créer autant de compte à son nom qu'ils avaient de banques sorcières affiliées. Puis il demanda de faire fluctuer des sommes aléatoires sur chacun des comptes à des intervalles de temps irréguliers. Ainsi les Aurors ne pourraient pas le suivre en fonction des mouvements d'argent. C'était au moins cela. Il retira aussi une petite somme, histoire de pouvoir vivre quelques jours à l'endroit de sa première destination.
Paris.
Il avait plusieurs noms, mais quand il arriva dans la capitale française il se dit que...non il ne connaissait personne. Certes il était déjà venu, mais juste pour le tourisme en gros, et toujours avec soit sa mère soit son père, qui eux avaient des relations ici. Mais bon. Pour la nuit il se prit une chambre d'hôtel tranquille sans chercher réellement quoi que ce soit de particulier.
Au matin il se réveilla en sueur, le cœur battant sans avoir aucune raison. La veille au soir il ne s'était pas vraiment rendu compte qu'il s'était endormi. Mais à présent il se demandait ce qu'il allait faire pour trouver ceux qu'il cherchait. Après avoir prit une douche et refait son sac il descendit manger avant de repartir.
Bien...maintenant qu'il était à Paris ne lui restait plus qu'à trouver les mangemorts résidents en France... quoi de plus simple? Il se dit que, tant qu'à être dans la capitale du luxe, autant aller flâner un peu, qui sait trouverait-il peut-être quelque chose.
Donc il prit son temps dans les grandes allées marchandes (sorcières cela va de soi). Si en Angleterre il existait une allée des embrumes il devait certainement y avoir un équivalent en France. Alors il chercha...peu de temps certes mais chercha tout de même. Quand il trouva ce qu'il cherchait il se dit que, oui la France était la capitale du luxe mais que, à l'inverse, elle avait des côtés bien plus morbides que l'allée des embrumes...
Il s'engagea néanmoins dans la rue, cherchant un quelconque signe de quoi que ce soit qui put le mettre sur une piste (même hasardeuse) d'un groupe mangemort. Puis après trois ou quatre heures de recherches infructueuses il se décida à arrêter là pour manger un peu. Il trouva l'auberge la moins minable qu'il put et se fit servir, se disant qu'il devrait s'habituer à cela assez rapidement...
-Malfoy? Drago Malfoy?
Le sus-nommé leva les yeux pour voir une jeune homme, probablement pas plus âgé que lui. Les cheveux courts d'un châtain très clair parsemé de quelques mèches argentées, des yeux bleus glace purs. Il semblait dénoter d'avec le décor. Par qu'il soit particulièrement vêtu de façon qui criait la richesse, mais son apparence générale était trop...nette pour qu'il appartienne à ce milieu.
-Je peux m'asseoir?
-Comme vous voulez...
Méfiant de nature cet accord n'était que pure politesse, la baguette de Drago, dans la manche, était déjà prête à fonctionner. Il regarda le nouveau venu sans rien dire. Cet homme le connaissait, d'accord, il lui voulait quelque chose, fort bien...il n'avait qu'à parler. Ce qui ne tarda pas à arriver et d'une façon que n'attendait pas le moins du monde le blond.
-C'est vrai que vous ressemblez beaucoup plus à Sylas que nous autre en France. Sachant votre venue il a dit qu'il serait heureux de vous rencontrer, Chimeria ne tarie pas de paroles à votre sujet.
-Qui êtes vous?
-Eric Malfoy. La branche française de la famille, nous sommes peu mais nous existons.
-Qu'en saurais-je?
-Bon sang ne saurait mentir. Puis, les deux noms que je vous ai donné devrais vous suffire. Pourrions nous aller autre part que ce taudis pour parler?
Sans attendre de réponse le dénommé Eric se leva tranquillement et sorti sans savoir si Drago le suivait (bien qu'il le suive effectivement). Une fois tous les deux dehors le châtain prit le bras de son homologue et les fit transplaner tous les deux. Il arrivèrent dans une pièce parfaitement éclairée dans un appartement parisien. Appartement certainement assez couteux vu le luxe qui transparaissait. Sans que Drago le voit très bien le châtain enleva une sorte de voile de devant un miroir.
-Hey! Les taupes, revenez à Paris, je l'ai trouvé. On règlera les comptes un peu plus tard. Je préviens père.
D'abord surpris le blond entrevit dans le miroir deux autres visages. Des miroir de connexion. Ça surprenait mine de rien quand on ne s'y attend pas. Avant qu'il n'ait eu le temps de faire mine de penser à poser la question son hôte se tourna vers lui avec un grand sourire.
-Désolé... C'était ... Mère a eut des triplés en fait, c'était les deux autres. On savait que tu allais venir, quand c'était à voir, mais on savait que tu viendrais. Donc on s'est séparés pour te chercher en ayant plus de chances de te trouver.
-Vous avez parié sur qui me trouverait en premier...?
Le ton de l'héritier était froid, comme si il reprochait quoi que ce soit à l'autre. Alors qu'il s'amusait plutôt de la situation. Il voulait juste voir jusqu'où il pourrait aller pour augmenter la gène de son hôte. C'était amusant.
-Hé bien...oui, enfin en quelque sorte c'est pas...
-Combien?
-Ho pas grand chose juste...une dizaine de galions, en gros... je crois.
Bon on arrête la torture...il n'était pas là pour ça en fin de compte...
-C'est tout? Je ne vaudrais pas plus que dix misérables galions...?
-Nan, nan c'pas ça....c'est que....
Il fut sauvé dans ses grandes explications par deux craquements sonores, signe de deux transplanages. Drago vit alors apparaître les deux autres membres du trio. L'autre garçon ressemblait trait pour trait à son frère et la sœur était une copie conforme...mais beaucoup plus féminine. Et c'est cette dernière qui prit la parole. Enfin parole... elle alla étreindre très fortement Drago qui n'en menait pas large à ce moment, mais qui le dissimulait assez bien.
-Merci! Merci, merci. Tu me sauves d'un Enfer sans précédent! Les deux feignasses qui me servent de frère sont en vacances, mais Beatubaton refuse que les pensionnaires sortent pendant cette période. Pour cause la montée du Seigneur Noir, et d'autres conneries. Et cette décision est sans appel sauf! Sauf urgence familiale. Tu vois, tu es une urgence. Tu vaux plus que dix galions.
-Mira...
-Oui..?
-Laisse le respirer.
-Pas drôle.
Puis les triplés s'éloignèrent un peu de Drago. Ce dernier affichait une mine froide et pourtant au fond de ses yeux dansait la flamme de la tristesse. De quoi? Les voir ainsi lui qui avait toujours été enfant unique. La fatigue peut-être un peu. Les raisons qui l'avaient poussées à venir ici. Lui...
Puis le seul qui n'avait encore parlé le fit. Il avait, contrairement à Mira et Eric, un ton beaucoup plus calme et posé.
-Père devrait arriver d'un moment à l'autre. On devrait retourner à la maison.
-Rabat joie.
-Trouble paix. On l'a trouvé, on rentre.
Et sans plus un mot il transplana. Et malgré un début assez hostile, c'est vers lui que Drago irait. Il était le plus calme des trois. Puis Mira prit la parole une fois encore.
-Direction la maison alors. Fait pas attention à lui Drago. Sebastian est un peu... froid on va dire.
Et sans lui demander son avis ou n'importe quoi d'autre elle le prit par le bras et transplana. Ils arrivèrent devant un manoir, en plein cœur des Vosges, surplombant la Forêt Noire. La bâtisse était ancienne. Le portail en fer forgé était envahis savamment de lierre, laissant les armoiries visibles. Il était beaucoup plus éclairé que le manoir en Angleterre. Les pièces étaient aussi beaucoup plus colorées, sans l'être trop pourtant. Là où le manoir de Malfoy en Angleterre semblait traditionnel tant dedans que dehors, en France il semblait plus jeune, plus neuf. Et pourtant il datait de bien plus longtemps.
Une fois entrés ils furent accueillis, premièrement par des elfes de maisons qui vinrent les délester de leurs manteaux, et ensuite par le maître de maison.
Après une visite sommaire du manoir Drago et lui parlèrent tandis que les triplés étaient on ne sait où vaquant à leurs occupations.
Le père, Ulrich, avait reçu le matin une missive des parents de Drago expliquant la situation. L'autre branche de la famille, plus éloignée, en Allemagne avait reçu un courrier semblable. Tôt ce matin donc il avait transplané en Angleterre et avevc le repérsentant de la famille allemande s'étaient mis d'accord. Dans ce qu'ils connaissaient de l'Europe les Malfoy aideraient Drago où qu'il aille. C'était un plus à ne pas négliger.
Suivant son arrivée il fut donc aidé, par les triplés et leur père dans ses recherches. Enfin, ils lui montrèrent les mangemorts les plus important, lui expliquèrent le fonctionnement et l'organisation des groupes sur le territoire français. Mais ils n'allèrent pas beaucoup plus loin n'étant pas mangemorts eux-même. De la famille au grand complet seuls ceux vivant en Angleterre étaient aux ordres de Voldemort.
Une certaine monotonie s'installa alors dans les habitudes de Drago. Il cherchait des noms, des informations, des emplois du temps. Ensuite il allait sur place pour constater, chercher encore mais sur le terrain, aux côtés des personnes qu'il soupçonnais. Et enfin après s'être assuré de toutes les manières possibles qu'il avait raison sur le fait que ces personnes là précisément étaient des traitres il les tuait. Quelques fois, lorsqu'il se trouvait (se laissait) le temps il allait dans la Fôret Noire, parler à Sylas, le Premier Malfoy, le Père de la lignée, il gardait ainsi aussi un contact avec Chimeria. Malgré cette organisation il n'avançait pas beaucoup. Il y avait énormément de monde sur cette fichue liste. En un peu plus de sept mois il n'avait trouvé que deux gêneurs. Et sept mois uniquement en France. S'il avait pensé que le travail était titanesque à la base...il n'avait en rien revu son jugement.
Cependant cette mission lui devint encore plus pénible à l'issu de ces sept mois.
Il reçut un lettre de son père. Dès qu'il l'eut entre les mains et sans l'avoir ouverte il se dit que c'était une mauvaise nouvelle. Et il en obtint la confirmation après lecture.
Narcissa avait accouché. Un fils, Liandre. Né le même jour que son frère à seulement vingt ans d'écart. Jusque là rien de bien inquiétant, si ce n'était l'écriture un peu moins assurée que d'habitude de son père. Cette écriture un peu (très légèrement) tremblante qui fit penser à Drago, une fois de plus, que cette lettre était de très mauvais augure. Si quelqu'un d'autre avait été dans la pièce quand il finit la lettre il aurait put le voir perdre le peu de couleurs qu'il avait et il l'aurait aussi vu trembler sans qu'il puisse contrôler quoi que ce soit.
Oui, l'enfant était né, en bonne santé, il vivrait c'était certain. Mais cette vie avait eu un prix.
Après une journée passée à se remettre de l'accouchement Narcissa était morte. La première conclusion était de fatigue. Mais la nouvelle n'en était pas moins insoutenable pour le blond. Il avait toujours adoré sa mère. Il l'avait mise en garde contre cette grossesse. Il lui avait promis d'aimer ce second enfant, oui il n'avait aucun problème contre lui. Ce n'était pas lui qu'il commençait à haïr, mais c'était lui-même, Drago Malfoy. Qui n'avait pas été capable de l'empêcher, de la raisonner, de passer outre ses préférences (qu'il voyait à l'heure comme un caprice) afin de donner un héritier à la famille. Non, il ne détestait pas Liandre, il n'avait aucune raison de le faire, mais il se dégoûtait lui même de sa faiblesse...encore une.
La lettre lui avait délivré ces informations et son père lui demandait de venir, si ce n'était pour les voir, au moins pour être là lorsque Narcissa serait mise en tombe, deux jours plus tard. Mais cela Drago ne pouvait le faire. D'une part parce qu'il avait une mission, ça c'était la bonne conscience qu'il se donnait, la bonne excuse, celle derrière laquelle on se cache et on cache ses peurs. D'autre part parce qu'il ne supporterait pas, il le savait, il ne pourrait voir sa mère, d'habitude si vive, si heureuse, même en apparence, il ne pouvait se résoudre à la voir allongée, inerte, froide... S'ajoutant à cela la honte de n'avoir pu rien faire, de n'avoir pas été là, d'être trop sensible pour aller la voir une dernière fois...
Il passa plus de deux heures sans bouger, à genoux (ses jambes l'avaient trahis peu de temps après la fin de la lecture de la lettre mais il ne s'en était qu'à peine rendu compte), avant que le maître de maison ne le trouve. Pendant ces deux heures il ne put s'empêcher de penser à tout ce qu'il aurait pu, ce qu'il aurait dût faire, pour l'empêcher, la raisonner, faire que cela n'arrive pas. Et plus le temps passait plus il s'enfonçait dans des idées sombres, tristes et emplies de désespoir. Il fallut qu'il soit secoué durement par l'autre homme pour revenir à un semblant de réalité.
La semaine qui suivit l'annonce le vit endormi. Pas une fois il ne se réveilla en une semaine. Mais il rêva.
Il revit sa mère et tous les moments qu'il avait passé avec. Mais c'est la mort dans l'âme qu'il s'était réveillé, et sans aucun état d'âme qu'il s'était remis à travailler.
Il s'efforçait de ne penser à rien d'autre qu'à ce qu'il devait faire. Il vint même un temps où il oublia pourquoi il le faisait. Il savait juste qu'il devait le faire, rien d'autre. Il se noyait dans ses recherches, ses questions, ses obligations. Il ne pensait à rien d'autre, devenant presque un fantôme dans le manoir. Accepter aurait été trop difficile, il préférait alors oublier. Oublier pour ne pas savoir et ne pas reconnaître que ça s'était passé, que c'était sa faute, et qu'il avait manqué le dernier hommage qu'il aurait pu lui faire en venant. Les rares fois où il s'oubliait à penser à ce moment il finissait immanquablement pas être malade. Pas physiquement, non de ce côté là il allait plutôt bien, mais mentalement il se renfermait encore plus qu'à l'accoutumée, ne parlait plus, ne mangeait presque pas. Mais ces phases de déprime aigüe ne duraient pas souvent longtemps.
Puis un jour il épuisa les ressources en information de la famille, tant française qu'allemande. Et il avait, au bout de près de deux ans, réussit à faire le tri entre les traitres et les fidèles dans à peu près toute l'Europe.
Il se sentait fatigué. Vide. Seul.
Durant ces deux années il avait du trouver des trésors d'ingéniosité pour tuer chaque personne d'une façon différente. Mais il avait beaucoup appris, et il avait appris qu'un homme traqué fait toujours des erreurs... Des erreurs stupides... en général il faisait l'erreur de croire que celui qui le chasse puisse faire preuve de pitié ou de compassion. A ceux qui lui disaient que c'était insensé de suivre Voldemort dans ses projets, qu'il ne devait avoir aucun cœur pour tuer ainsi et obéir aux ordres, que ce ne devait être qu'un misérable pantin...et tant d'autres choses. A ceux là il disait simplement qu'il s'en fichait, du moment qu'il était content de lui et qu'il l'accepte de nouveau il serait prêt à détruire le monde. Ce n'était pas insensé de le suivre, ils avaient les mêmes idées et le Maître avait trouvé un moyen de parvenir à cette fin. Il n'avait aucun cœur pour parvenir à tuer si facilement, il n'était qu'un pantin...oui et cela il l'acceptait puisque c'était son cœur, prisonnier entre les mains de son Maître, qui tirait ses ficelles. Au final il n'était guidé que par son cœur...comment tous ces traitres pouvaient comprendre ça? Ils disaient avoir des familles à protéger. Soit Drago comprenait cela, lui aussi avait une famille... même s'il rejetait la honte de sa conduite et de sa lâcheté sur cette famille justement... Mais qu'importait il avait une famille, lui aussi.
A la fin de ces deux ans aussi, les Aurors et l'Ordre avaient commencé à suivre sa piste. Enfin, pas la piste de Drago Malfoy, mais la piste de celui qui leur retirait tous leurs espions. Mais bref. Il n'avait pas été assez discret finalement. Mais peu lui importait, son travail en Europe était fini. Il allait changer d'endroit, changer de pays, de continent. Les noms, enfin les lieux liés à ces noms se trouvaient désormais en Amérique.
Là bas il n'aurait aucune aide... il devrait se contenter de ses facultés à chercher, à survivre, à trouver des alliés pas trop encombrant ou à les tuer dès qu'ils l'auraient servit. Un enseignement utile de Machiavel... Il ne faut ou n'avoir aucun complice ou s'en débarasser une fois qu'ils nous ont servit. Et c'était encore une des meilleures façon de ne laisser aucune trace.(*)
Il appliqua ce conseil scrupuleusement. A la lettre. Il était devenu une ombre, un faucheur, il tuait sans distinction de genre, d'âge, de race, de quoi que ce soit, du moment que ladite personne avait été confondue et révélée en tant que traitre à la cause du Lord. La seule chose qui changeait en Amérique fut que les susnommés traitres allaient se cacher dans le monde moldu beaucoup plus présent là bas. Mais bon tout était beaucoup plus présent là bas...
Finalement au bout de quatre années et un peu plus de neuf mois, il avait enfin fini. Quelque chose pourtant le troublait. A plusieurs reprises (six si il se rappelait de toutes) il avait été obligé d'éliminer des suiveurs. Il ne s'était pas attardé sur qui cela pouvait être mais quelqu'un en avait après lui. Cela avait été plus flagrant en Amérique qu'en Europe. Sans doutes les Aurors un peu plus téméraires sur l'autre continent... Du moins il l'espérait.
De ces quatre années il ne retirait aucune fierté. Il n'avait rien gagné en fin de compte. Rien excepté une balafre, sur l'œil droit. Elle partait d'environ le milieu du front pour s'échouer sur le milieu de la joue. Mais grâce à quelques sorts appliqués avec rapidité après avoir exécuté la vermine qui lui avait fait cela, il pouvait affirmer que cette cicatrice n'avait rien qui soit esthétiquement répréhensible. C'était arrivé stupidement en plus. Il était allé chez un des traitres, comme d'habitude, une ombre parmi les ombres de la nuit, et il avait tué le traitre... du moins il l'avait cru. En fait, il avait lancé un banal avada sur la forme allongée dans le lit... Il s'était avéré ensuite que ce n'était pas le traitre mais sa femme... Alors ledit traitre, lui réveillé, avait lancé un sort de découpe qui avait manqué Drago de très peu, trop pour ne lui laisser aucune trace.
Mais excepté cela... il se sentait blasé. Plus rien ne lui procurait le moindre sentiment. Autant il avait adoré faire des recherches, désormais cela n'était plus qu'une nécessité pour trouver des informations utiles. Tuer, avant, avait été grisant, une source de pouvoir sans comparaison, maintenant c'était juste une formalité. Devoir changer de lieu, de connaissances, n'avoir aucune attache fixe, était devenu un quotidien lassant alors que ça avait été une expérience amusante pourtant au début.
Il avait fini par se rendre compte qu'il n'avait plus goût à rien. Enfin si... une seule chose lui apportait parfois un sourire, même triste, même faible, un sourire tout de même.
Il recevait de temps à autres des nouvelles de son père et de son frère. C'était le seul lien qu'il s'accordait à garder avec la réalité. Il avait donc appris, avec quelques heures de retard, les premiers pas de Liandre, ses premiers mots ; pour ces derniers il en fut horriblement touché (même si ce qui lui avait été dit faux il s'en fichait) son père lui avait rapporté que, certes le premier mot du dernier né avait été (sans grande surprise) « père », mais le second aurait été « Drago ». Le jeune garçon était alors devant une photo de son grand frère. Bien qu'il ne le reconnu que très tard, cela l'avait bouleversé.
Donc excepté ces quelques moments de joie dans sa mission, tout avait été terne et vide. Il y avait un avantage (maigre mais existant) à cette absence de tout, il n'avait plus pansé au Lord et à ses sentiments pour lui. Il avait oublié, non pas qu'il l'aimait, mais la sensation que cela faisait de se trouver devant lui. Il avait remisé au fin fond de la mémoire et de son esprit tout ce qui le liait sentimentalement à son ancien amant. Il n'avait pas voulu y penser, alors il n'y pensait plus...
Mais tous ces éléments n'étaient que latents et attendait un bon moment pour revenir à l'esprit du jeune blond. Il ne lui fallait qu'un élément déclencheur. Et cet élément il l'eut.
Puis aux environs novembre, quatre ans après son départ il reçut la première lettre manuscrite de son petit frère. C'était amusant de voir la prose du dernier né. Enfantine, légère, simple, avec des mots d'enfant, tellement simple... Ce fut la seule lettre à laquelle il répondit. La seule pendant ces années, il s'était refusé à répondre quoi que ce soit, il ne voulais pas que l'on puise le retrouver par retour de chouette, ç'aurait été trop bête. Mais cette fois-ci, il n'avait plus rien à cacher. Il avait atteint son objectif, il doutait que les Aurors aient deviné qu'il était celui qui avait tué tant des leurs et de membres de l'Ordre, surtout au vu de ses déplacements. Alors il pouvait se permettre cette fois ci, juste un jour avait il décidé, avant de retourner définitivement au manoir, chez lui, il pouvait se permettre de répondre. Ce fut une réponse courte, mais qui avait apporté un sourire éclatant sur le visage de Liandre quand il la reçut.
Je rentre demain petit frère.
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(*) Une vraie citation de Machiavel... dans le Prince (il y a de grandes chances... ^.^)
La semaine prochaine: panorama sur ces quatre années mais du côté de Voldemort. Et après retour à la normale des chapitres aux points de vus alternés.
