Originel : hihi ^^ je voulais terminer par une note positive... J'ai réussi ^.^ Et oui ils vont payer... mais dans le chapitre d'après... J'espère que celui là va te plaire...

Paprika-star : Voui...ça fait du bien un peu de douceur ^.^ Et...même s'il est tout cassé Drago...c'un Malfoy, et les Malfoy s'en sortent toujours ;)

Alors...euh...je vais faire la note de fin de chapitre au début...je sais c'est pas conventionnel mais...la mettre à la fin gâcherait tout selon moi....

Donc! C'est le dernier chapitre avant l'épilogue (épilogue qui aura une forme un peu différente du reste de la fic...). Je tiens à m'excuser pour ce retard (voui...même pour un jour pour moi c'est un retard inadmissible...ou presque... ). Pour ma défense j'ai bossé desus tous les soirs, mais j'ai eu mes épreuves blanche de BTS...et samedi et dimanche j'ai travaillé dessus plus de 4h chaque soir... (enfin...jusqu'à 2h du matin...en commençant à 20h...donc un peu plus de 4h mais bon...). Il est...un peu plus de trois fois plus longs que les autres aussi.... Et, normalement, l'épilogue devrait arriver en temps et en heure... Me reste plus qu'à mettre en forme et tout sera définitivement fini ^.^

Voilà voilà...

Enjoy ;) (enfin...si vous pouvez enjoy quoi que ce soit à la fin du chapitre...-_-' )

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Après ce passage où Drago renouvela sa confiance avec le Lord, son retour au monde des vivants se fit plus facilement. Dès lors il accepta, ou du moins ne rejetait plus violemment, les contacts qui ne lui étaient pas dangereux. Il se détendit aussi peu à peu. Le seul problème persistant était les blessures de son dos. Mais la seule qu'il voyait était celle de son avant bras gauche. Chaque jour où il posait les yeux là où devait se trouver la marque il sentait une pression sur son cœur. C'était un symbole pour lui de son inutilité totale envers son Lord. Mais quelles que soient les potions qu'on lui donnait, les pommades appliquées, les sorts qui étaient tentés, rien n'y faisaient, les plaies ne cicatrisaient qu'à moitié et se rouvraient sous les mouvements brusques du jeune homme. Aussi faisait il attention à tout et particulièrement à ne pas être surpris.

Mais cela n'était réellement utile que lorsqu'il était dans le manoir. La plupart du temps il restait dehors à ne rien faire qu'apprécier la chaleur du soleil de printemps, l'éveil naturel de toute chose, et l'utilité que tout avait par rapport au reste. Il avait observé pendant longtemps les mouvements d'insectes, de plantes, et avait bien vite remarqué que tout avait un sens logique et une fonction précise. Et plus il voyait cela, plus il se demandait à quoi il servait lui... Tous avaient un rôle, mais lui n'était plus qu'une charge depuis cette nuit là, cette nuit où il avait dit la pire chose de sa vie entière.

Lucius lui devait élever Liandre et faire en sorte qu'il devienne un sorcier puissant. En plus de cela il était toujours la bras droit du Seigneur ainsi que son stratège.
Severus était un tacticien de génie et un espion ou coordinateur d'espions hors pair, de plus personne n'avait son talent dans l'art des potions.
Bellatrix, certes un peu fanatique, un peu trop, était une excellente combattante. Elle avait rendu de fiers services au Maître et en était grandement récompensée. Implicitement elle avait entre ses mains la garde rapprochée de Voldemort.
Potter servait les desseins du Maître, sans aucun doute. Chaque fois que Drago pensait à la façon dont il le servait il avait juste envie de vomir jusqu'à mourir.
Même Liandre était utile. Il avait sur ses épaules la charge de la pérennité du nom. Ce serait lui qui hériterait, lui qui ferait en sorte que le nom des Malfoy ne s'éteigne pas.

Mais le pire dans l'esprit de l'ex-serpentard n'était pas de se sentir totalement et parfaitement inutile. Non le pire c'était ses sentiments qui revenaient aussi vite qu'il avait voulu les rejeter. Bien sûr, jamais depuis qu'il se l'était avoué il n'avait cessé de l'aimer. C'aurait été mensonge que de dire le contraire. Mais le fait était que, dans son esprit, et malgré la douceur dont faisait preuve Voldemort, jamais Drago ne pensait que ses sentiments puissent être acceptés un jour. Et puis, il devait servir son Maître et en aucune façon l'entraver avec cette histoire stupide. Quelle idée aussi d'aller aimer celui que personne ne saurait approcher de cette façon? Enfin... personne, Drago n'en n'était plus si sûr que cela. Harry semblait très important à ses yeux.

Drago passait donc ses journées à penser, à réfléchir sur son sort ne voyant que d'un œil vide ce qu'il se passait autour de lui. Pourtant ça l'aurait peut-être aidé à moins sombrer... qui sait?

Mais donc. Les affaires du Lord avançaient, doucement mais sûrement. L'Ordre avait été très mécontent (doux euphémisme) du fait qu'il ne rendre pas les otages qu'il avait avec lui. Et cela arrangeait le Lord puisque la bataille finale se rapprochait de plus en plus. Et cette idée le comblait au plus haut point. Après cette bataille, plus de problèmes avec l'Ordre, les Aurors ni aucune autorité passée. Il serait, lui seul et ceux qu'il aurait choisi, à la tête de toute chose. Il choisirait, déciderait, et ferait ce qu'il voudrait quand bon lui semblerait. Il serait enfin libre de ce carcan de règles oppressantes. Et avec cette bataille venait la fin de la mascarade qu'il jouait auprès de Potter. Enfin fini de jouer les amoureux transits. Cela allait être vraiment agréable. Il pourrait alors se consacrer entier à Drago. Faire en sorte qu'il oublie tout ce qu'il s'était passé dans leur histoire. Les erreur qu'il avait commis, les torts qu'il lui avait fait, les peines qu'il lui avait causé. Il voulait vraiment que Drago lui pardonne. C'était la première fois, dans toute son existence qu'il voulait avoir la reconnaissance, le respect et le pardon de quelqu'un.

Mais il fallait qu'il joue très finement pendant les jours à venir. En effet Drago avait récupéré assez de maîtrise pour contrôler sa magie, du moins en grande partie, et au bout d'un peu plus de deux mois, il était assez bien rétabli. Les seules séquelles restaient, et restent encore, les cicatrices de son dos qui ne se refermaient qu'à leur bon vouloir avant de se rouvrir n'importe quand. Mais avec des sorts et des potions il réussissait à faire en sorte que ça ne soit pas handicapant. Ainsi Drago pouvait-il vivre presque normalement. Les seuls troubles résidaient dans son esprit. Mais peu importait, il allait réintégrer le manoir Malfoy.

C'était une bonne chose au demeurant, mais cela entraînait des complications pour le Lord.
Lorsque le blond était chez son parrain il avait toute latitude pour faire encore croire à Harry qu'il l'aimait, s'il faisait de même alors que Drago parcourait le manoir, il y aurait quelques problèmes. Mais il n'y avait pas lieu de s'inquiéter outre mesure, il avait su faire face à des situations plus épineuses que celle là, il saurait y faire sans trop de problèmes non?

Et en effet il parvint assez facilement à concilier la présence de son amant et celle de son amour. Il avait trouvé un moyen très simple, il s'enfermait la plupart du temps dans une salle du sous-sol, avec les petits de Nagini.

Dargo ne parlant pas fourchelangue les serpents ne l'accepteraient jamais et Harry étant désormais déprécié de leur maître ces reptiles le menaçaient dès qu'ils étaient dans le même périmètre. Tout allait donc bien... Enfin tout allait bien dans le sens où il ne commettait aucun impair avec aucun des deux jeunes hommes. Mais il avait mal de savoir Drago si prêt et de ne pouvoir, de ne vouloir, le voir. Mais des fois, il avait la possibilité de le regarder. Les jours de soleil lorsque Liandre réclamait son frère pour jouer avec lui. Soit simplement un entrainement léger de magie, soit quidditch, soit simplement se promener... mais tout cela se passait dehors, sous les fenêtres du Lord. Alors à ces moments là, il pouvait le regarder, l'admirer. Et tous les jours, ou presque, il le voyait aller mieux. Enfin il lui semblait que le blond allait mieux. Il ne se leurrait pas, les paroles de Lucius rapport à la négation de personnalité revenaient chaque fois plus fortes à son esprit alors qu'il se disait que Drago semblait aller mieux. Et puis, Drago était doué pour la semblance, le paraître et la dissimulation. Il ne pouvait donc pas se fier uniquement à ce qu'il voyait du jeune homme.

Et puis un jour, un jour il s'est passé quelque chose qui a changé la donne. Comme souvent les deux enfants Malfoy étaient dans le parc derrière le manoir. Ils venaient de terminer une partie de quidditch. Liandre faisaient des progrès fulgurants. Il ne craignait pas la vitesse ou la douleur, il se savait protégé alors il ne craignait rien, ou presque, juste les remontrances de son frère lorsqu'il faisait une bêtise. Mais en somme ces jeux se passaient bien. Donc ce jour là, peu après le 28eme anniversaire de Drago ils s'étaient assis (lui et son frère) dans l'herbe, une habitude à eux.

Là Liandre lui avait posé une question qui avait troublé le plus âgé.

-Grand frère...?
-Oui? Qu'est-ce qu'il y a?

Le plus jeune avait semblé très gêné, les yeux baissés, se mordillant les lèvres, puis il avait relevé le visage.

-Tu peux me parler de mère?
-De...de mère? Je veux dire... pourquoi moi? Père t'en parlera beaucoup mieux que je ne saurais le faire, après tout ils se connaissaient depuis très longtemps.
-Je lui ai déjà demandé. Il m'a dit que ça ne servait à rien que je connaisse quelqu'un qui est mort. Je pense qu'il ne voulait pas m'en parler en fait. Je crois qu'il m'en veut, après tout c'est à cause de moi...
-Tait toi tout de suite Liandre. Jamais père ne t'en voudra d'être né. Mère et lui savaient très bien que c'était dangereux pour elle d'être de nouveau enceinte. Tu sais que chez les sorciers au sang pur il n'y a souvent qu'un enfant non pas par soucis de l'héritage mais parce que la mère donne a son enfant une grande partie de sa magie. Dès lors qu'elle a plusieurs enfants sa magie est divisée. Et à diviser trop de fois, la magie s'épuise. C'est ce qu'il s'est passé avec mère. Tu n'y es pour rien d'accord?
-D'accord... Tu veux bien m'en parler alors?
-Mais oui va. Par contre on ne va pas faire ça normalement. Nous sommes sorciers.

Après lui avoir sommairement expliqué les tenants et aboutissants de la legilimencie et de l'occlumancie Drago fit lancer le sort à son frère. Plusieurs fois avant que ce dernier ne parvienne à quelque chose de concluant. Avec beaucoup de patience et d'aide de la part du plus âgé, le dernier né put enfin voir les souvenirs que son grand frère avait de leur mère.
Puis après que Liandre eut fini de voir et de comprendre il se mit à la recherche, avec l'accord de Drago, d'autres souvenirs. Des souvenirs du manoir, de l'existence que Drago avait mené jusque là, du Lord (rien de compromettant ou de dérangeant pour le garçon alors âgé de huit ans à peine), et enfin de Poudlard.
Lorsque le plus jeune arriva à ce stade il se heurta à un problème. Les barrières d'occlumens de Drago étaient érigées et très solides. Il sortit alors de l'esprit de son frère.

-Dray... pourquoi tu ne veux pas que je vois Poudlard? Je vais y aller dans pas longtemps tu sais, pas besoin de me le cacher.
-Pourquoi tu dis ça?
-Tu as mis des barrières autour de ces souvenirs là.
-Non, tu dois te tromper Liandre, je n'ai rien mis autour de ces souvenirs.
-Essaye toi-même, moi je n'arrive pas à les voir.

Poussant un soupire et croyant que son jeune frère n'arrivait simplement pas à remonter aussi loin dans ses souvenirs Drago alla seul faire en sorte que ces souvenirs remontent à la surface. Grand mal lui en prit. Son esprit était arrangé comme une bibliothèque, il pensait à une époque et tous les souvenirs lui revenaient. Et effectivement lorsque Poudlard lui revint en tête, il vit que les souvenirs étaient enfermés soigneusement et surtout très fortement. Alors peu à peu il défit les sceaux autour de cette partie de sa vie.

Dès que ce fut fait il ouvrit ces souvenirs. A la seconde où les souvenirs commencèrent à remonter il fut assaillit par les réminiscences de sa captivité. Tout ce qu'il avait oublié, ou ce qu'on lui avait fait oublié. Absolument tout.
Il vit les tortures, les humiliations, les sorts d'oubliette, tout ce qu'on lui avait dit, les tortures encore, tant physiques que psychologiques, et le tout durant un an entier. Le pire en fait ne fut pas qu'il se souvenait, bien que cela lui fut difficile moralement, ce fut surtout qu'il ressentit ses souvenirs. Toute la douleur, les souffrances endurées à ce moment là étaient à son esprit bien réelles. L'esprit prenant toujours l'ascendant sur le corps il pensait ces douleurs comme étant réelles à ce moment là. Il ressentit alors toutes les douleurs d'un an de tortures sans discontinuité. Et plus il tentait de sortir de ces souvenirs, plus ils l'emprisonnaient dans son propre esprit lui faisant revivre encore et encore ce passé que, définitivement, il aurait voulu oublier.

Depuis sa fenêtre le Lord avait une toute autre vue. Après avoir vu les deux blonds assez calmes, il avait vu Drago s'éloigner brusquement de son frère. Il l'avait vu se recroqueviller sur lui-même, il l'avait vu crier. Et cela seul avait suffit à le faire réagir.
Il avait appelé un elfe de maison et lui avait ordonné de dire à Lucius de prévenir Severus qu'ils allaient sûrement avoir besoin de lui. Puis il partit en direction du jardin. Lorsqu'il arriva Liandre n'était plus là et dans le manoir il entendait du bruit, mais il n'y prêtait aucune attention. Tout était focalisé sur Drago.

Drago qu'il découvrit à terre, recroquevillé sur lui-même, gémissant de douleur, étouffant tant bien que mal ses sanglots. Au moment où Voldemort frôla l'épaule du plus jeune pour le faire réagir, ce dernier fit un écart afin de s'éloigner du brun. Puis il se prit la tête et alors qu'il était à genoux, se balançant d'avant en arrière le Lord put entendre ses murmures.

-Par pitié, arrêtez, faites arrêter cela. N'ai rien dit, secret, toujours, pas trahis. Faites cesser cela, par pitié,...

Et d'autres suppliques encore que le brun ne comprenait pas vraiment. Alors doucement, sans brusquer le blond, il le pris dans ses bras. Il ne réagit pas, continuant à supplier pour que quelque chose s'arrête. Alors Voldemort lui demanda comment. N'obtenant aucune réponse excepté des gémissements de douleur il commença à bercer le plus jeune doucement. Lui susurrant que tout allait aller mieux, tout s'arrangerait.

-Arrêtez mes souvenirs... par pitié Maître.

Ce fut ce qu'il entendit au milieu des autres demandes. Arrêter des souvenirs. Comment faire cela? Oui il était doué pour la legilimencie, voir très doué (sans se vanter) mais de là à endiguer des souvenirs c'était autre chose. Alors il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il surchargea l'esprit du blond jusqu'à temps que ce dernier s'évanouisse. C'était la seule solution qu'il avait vu à ce moment là. L'endormir simplement n'aurait rien empêché, il fallait que l'esprit se déconnecte totalement, pour qu'il ne puisse plus penser à rien et donc plus à ses souvenirs. Dès cet instant le corps du blond se relâcha entre les bras du Lord. Ce dernier ne sut pas vraiment comment réagir mais la seule chose qu'il pensa fut que entre ses bras, c'était là la place du blond, et nulle part ailleurs.
Il sentait ce corps un peu trop fin, ce corps chaud encore tremblant de douleur, ce corps qui se cramponnait avec ses dernières forces à ses habits. Ce corps qu'il vénérait en silence.

Sur ces pensée arrivèrent Lucius et Severus. Sans les regarder le moins du monde il cracha ces paroles, amère.

-Vous avez mis le temps.
-Pardonnez-moi Maître, c'est ma faute je...
-Je m'en fiche Severus. Quoi que tu ais pu faire, je m'en fiche. Où est Liandre?
-Pourquoi vous...
-Où est il Lucius!? C'est le seul qui puisse dire ce qu'il s'est passé.

Puis sans rien attendre il souleva son léger fardeau et le porta jusqu'à un salon, le posa sur un canapé et, avant que quiconque ai put arrivé, caressa le front soucieux de son amour pour finir par y déposer doucement ses lèvres.

Quelques instants plus tard c'est un Liandre tremblant qui raconta ce qu'il s'était passé. Enfin le Lord dit ce qu'il avait fait pour que Drago se calme. Il fut rapidement conclu que les souvenirs qui avaient assailli l'esprit du jeune homme devaient être ceux des tortures qu'il avait subit à Poudlard. Une enclave, due aux nombreux sorts d'oubliettes, s'étaient formée.

Une enclave est une partie de l'esprit qui a été scellée, par l'esprit, à l'insu de la personne, sans qu'elle en ait conscience. Ce sont les traumas moldus en somme. Des événements trop durs à supportés qui ont été remisés, protégés pour finalement être oubliés. De l'amnésie partielle si vous préférez.

Mais donc, l'afflux de ces souvenirs avait dut être trop difficile à gérer pour Drago qui n'avait pas eu le temps de monter ses barrières d'occlumens afin de se protéger. Ce qui avait conduit à la réaction décrite plus tôt. Suite à cela le Lord avait laissé Severus reformer les barrières d'occlumens de Drago. Cependant pour ce faire il dut rechercher tous les souvenirs éparpillés dans l'esprit du blond et y remettre de l'ordre. Cela prit presque la journée entière. Lorsque tout fut fini l'ancien maître des potions avait un visage livide (plus que d'habitude en tous les cas), il ne parla de rien, encore moins de ce qu'il avait vu, demandant juste à rentrer chez lui.

La soirée et la nuit se passèrent tranquillement jusqu'au petit matin, moment où le Lord, rongé par la curiosité, décida d'aller explorer lui aussi les souvenirs qui avaient tant fait souffrir Drago. Assis sur le bord du lit du blond, une main posée sur son front il entama le sort. Avant que deux perles métalliques ne le surprennent. Sitôt il retira sa main comme brûlé ou fautif. Mais il ne récolta qu'une sorte de grognement plaintif suivit d'un rougissement de la part du blond.

-Je...Désolé, je n'aurais pas dut...

Il ne put finir sa phrase, la main du Lord était partie dans ses mèches blondes. Ce simple geste fit perdre ses moyens au blond qui ne put que refermer les yeux et apprécier. Son esprit lui semblait plus embrouillé que jamais, comme s'il y avait un brouillard particulièrement épais dans tous les coins et recoins de sa mémoire. S'il avait été pleinement éveillé il aurait certainement fait quelque chose... n'importe quoi. Mais là...là la sensation d'une main fraiche passant et repassant dans ses cheveux lui était tellement agréable, et tellement apaisante. Cela lui rappelait beaucoup de choses... Sa mère, le Lord lui-même avant... avant... Ses souvenirs ressurgirent de la brume de son esprit, des souvenirs très précis d'un rejet des plus froids.
Il se recula alors de cette main se soustrayant à ses bienfaits. Des bienfaits qui n'auraient jamais dus être. Remarquant le regard du Lord ainsi que son visage fermé Drago baissa la tête.

-Désolé Maître, c'était inconvenant, je n'aurais pas dut. Je vous remercie pour... enfin de m'avoir aidé alors que ce n'était pas votre rôle.

Le ton qu'employa le Lord pour répondre glaça les sangs du blond.

-Puis-je encore décider de ce que je veux faire Drago?
-Oui...oui bien sûr ce n'est pas ce que...
-Alors, si j'ai décidé de venir t'aider à ce moment là, si ma volonté est de t'aider à présent, t'y opposeras-tu?
-... N...Non bien sûr. Je ne...
-Bien. Nous nous comprenons donc Drago. Je te le répète comme cette fois là, je ne veux pas de quelqu'un qui a peur de mes réactions ni qui pense à ma place. Alors laisse moi décider ce que je veux ou ne veux pas faire d'accord.
-Bien Maître.
-Parfait, maintenant raconte moi ce qu'il s'est passé à Poudlard. Tes souvenirs sont revenus, Severus les a vu mais il n'en a rien dit.

Drago releva brusquement la tête, le regard troublé, affecté et passablement paniqué. Il tremblait un peu et cela s'entendait dans sa voix.

-Il... il a tout vu? Dit... Dites moi que ce n'est pas vrai. Je... ce n'est pas possible.
-Si tu ne t'étais pas réveillé je serais en ce moment même entrain d'explorer ces souvenirs. Si tu ne veux pas que je t'y forces, dit moi ce qu'il s'est passé.

Alors, la respiration saccadée, le visage fermé et ayant trouvé un intérêt tout particulier au draps, Drago raconta. Il raconta douloureusement les tortures qu'il avait subit, suivit le plus souvent de sorts de soin pour ne pas qu'il meurt tout de suite, les sorts d'oubliettes qui faisaient que son esprit oubliait mais que son corps gardait les marques et les réflexes. En fin de compte il ne raconta pas tant son histoire qu'il n'expliqua les réactions qu'il avait en revenant. Ce qui fit que le Lord n'était pas plus avancé après qu'avant que Drago n'ait parlé. Mais finalement après réflexion il se dit que, non, il n'avait pas le cœur à le forcer à parler plus que cela. Il soupira alors et se leva.

-Si jamais, par hasard, l'envie te vient de me dire la vérité, ou simplement l'envie de parler, n'hésite pas.
-Bien Maître.

Avec un nouveau soupire il se releva et quitta la chambre sans un regard pour le blond. S'il avait risqué un œil il l'aurait vu, tête baissée, les épaules secouées de sanglots contenus mais le regard figé et déterminé. Déterminé à quoi? A ne plus jamais entendre ce genre de soupire blasé, déçu, ennuyé, sortir de ces lèvres.

Mais finalement à quoi bon? Au fond de son esprit il sentait que ça ne servirait à rien en fin de compte. Quelle importance avait-il pour le Lord? Aucune. Il était désormais faible, tant physiquement que mentalement. Il savait qu'il ne serait plus capable de grand chose, et il savait désormais pourquoi grâce à ses souvenirs. Et puis plus question de regagner les faveurs du Seigneur des Ténèbres, non il avait trouvé quelqu'un pour le remplacer dans son lit. Qu'aurait-il donc fait des sentiments encombrants que Drago avait à offrir?
Ce fut à ce moment qu'il pensa le plus au fait que sa vie était insignifiante, qu'il ne servait et ne servirait plus à rien. S'il disparaissait, quel changement fondamental cela entrainerait-il? Aucun pour sûr...

Durant le mois qui suivit il s'enfonça de plus en plus dans une dépression assez forte. C'était visible, certes peu, mais visible tout de même. Il ne mangeait plus assez, ne dormait que lorsque la fatigue l'emportait, ne parlait que lorsque c'était nécessaire, ne souriait plus ou si peu, et souvent il s'exilait sur les rives du lac au beau milieu du jardin. Il s'abîmait des heures entières devant cette eau, si calme, si froide, si envoutante. Il avait trouvé dans ces ondes une fascination telle qu'il n'en connut plus jamais.

Les autres habitants du manoir avaient très bien noté le comportement du blond. Cependant ils ne faisaient rien, ou du moins il essayaient de faire quelque chose. Mais chaque tentative pour faire revivre Drago se concluait par un cuisant échec. Il restait hermétiquement fermé à toute forme de discussion, ou peu s'en fallait.

Dans l'esprit du Lord tournait et tournait sans cesse cette histoire de négation de la personnalité dont lui avait parlé Lucius. Cette idée qu'il en arriverait à nier sa propre vie. A vouloir mourir parce qu'il n'était pas utile. Il avait fait des recherches sur le sujet, enfin il avait fait faire aussi beaucoup de recherches. Mais le résultat était le même.
Donc cette histoire de négation ne pourrait jamais être totalement contrebalancée mais, il était possible d'en atténuer les effets. A force de patience et de persuasion la personne atteinte de ce trouble pouvait commencer à se dire que si, finalement, elle avait peut-être encore une raison de vivre.

Raison de vivre qui manquait cruellement à Drago en ce moment. Tant qu'il se sentait être un poids pour tout le monde. Même pour lui-même. Et puis...Les eaux du lac étaient tellement tentantes... Froides, sombres, calmes... il pourrait certainement s'y reposer longtemps... pour toujours. Y reposer... à jamais. Comme ça il ne poserait plus aucun problème à qui que ce soit, et il n'aurait plus mal. Mal de l'aimer, trop...

Mais s'il devait partir...ce soir... il aurait le goût de ces lèvres sur les siennes, comme dernier présent qu'il emporterait.

Ce soir là, le Lord s'en rappela précisément. Environ tous les détails se sont incrustés dans sa mémoire. Il devait être environ deux heures du matin, celui qui partageait son lit depuis déjà cinq ans (bientôt six) dormait à point fermés. Il était d'un sommeil imperturbable. D'un côté cela ennuyait profondément le Lord qui lui était à moitié insomniaque, mais d'un autre côté il se disait que c'était une habitude traitresse. S'il ne se réveillait pas au moindre mouvement autour de lui il avait fort à parier que s'il était attaqué dans son sommeil il en mourrait. C'était une idée à creuser. Et Voldemort la creusait gentiment lorsqu'il entendit des bruits sourds à la porte.

L'un des serpents lui dit que c'était Drago. Drago... que faisait-il ici à cette heure de la nuit? Le brun à ses côtés grogna doucement dans son sommeil sans pourtant bien se réveiller. Alors sans plus le déranger, lui parler ne l'enchantait guère, il se leva et alla ouvrir.
Le blond avait quelque chose dans le regard qui glaça directement le sang du brun. Enfin, non il n'avait pas quelque chose et c'est cela qui lui faisait peur sur le moment. Puis Drago sourit, un peu, un sourire triste ou un sourire d'excuse.

-Je suis désolé de vous déranger à cette heure ci Monseigneur.
-Ce n'est rien. Et puis je...

Il ne put finir sa phrase que deux lèvres (trop froides nota-t-il) se posèrent presque timidement sur les siennes. Un baiser, léger, presque furtif, qu'il ne put approfondir avant que Drago ne se recule. Il ne s'était pas départit de son sourire. Il inspira une fois.

-Je voulais...juste encore une fois. Juste pour...
-Tom? Tom qu'est-ce qu'il y a?

Ledit Tom se tourna, visiblement pas très à l'aise. Lorsqu'il parla ce fut d'une vois presque hésitante, mal assurée, mais tout de même claire et autoritaire.

-Harry? Rien, ce n'est rien ne t'en fait pas. Retourne te coucher il est très tôt. Tu devrais dormir.

Mais lorsqu'il se retourna de nouveau pour regarder Drago il ne vit qu'un couloir vide, sans trace aucune de Drago ou de qui que ce soit d'autre. Il n'avait pourtant pas rêvé... Comment rêver cette douceur et ce goût si particulier? Deux bras fins vinrent encercler sa taille avec possessivité, puis une tête vint se poser entre ses omoplates.

-Vient dormir Tom, il est encore tôt, tu n'as pas besoin de te lever si tôt...

Sans que le susnommé Tom ai put dire quoi que ce soit l'un des petits de Nagini (Seisha de son nom) commença à siffler violemment contre le plus jeune. Il le menaçait, l'insultait autant que faire se pouvait, jusqu'à lui faire lâcher la taille du Lord. C'était devenu presque habituel pour le plus jeune qui finissait pas abandonner assez rapidement. La première fois qu'il n'avait pas voulu lâcher prise il s'était fait mordre et il avait fallut trouver rapidement des ingrédients, tous illicites, pour concocter un contrepoison. Il soupira longuement.

-Pourquoi ils font ça Tom? Je leur ai fait quoi? Au début, ils n'étaient pas comme ça. Qu'est-ce qu'il s'est passé à la fin?
-Calme toi tu veux. Je ne sais pas ce qu'ils veulent, même à moi ils ne le disent pas, mais le fait est là. Si tu ne veux pas mourir en te faisant mordre une nouvelle fois, essaie de minimiser les contacts quand ils sont là d'accord.
-Mais....
-Je sors. A tout à l'heure.

Et sans un mot de plus il planta son ennemi de toujours. Seisha se moqua une dernière fois du Survivant avant de partir à la suite de son maître. Rapidement il le rattrapa et vint s'enrouler autour de lui comme à l'accoutumée. Ils parcoururent tranquillement les couloirs vides et sombres du manoir, parlant doucement de tout et n'importe quoi. Seisha posant d'incessantes questions et le Lord d'y répondre avec calme. Puis une questions interpela plus Voldemort qu'une autre.

-Est-ce de coutume que de se baigner la nuit?
-Pourquoi? Enfin je suppose que cela dépend. Certains préfèrent la nuit d'autre le jour. Pourquoi cette question?

Le serpent alors le ramena devant la fenêtre devant laquelle ils venaient de passer. Cette fenêtre (comme l'aile entière) avait vue sur le lac. Le problème était que dans ce lac, se trouvait Drago déjà à moitié immergé et toujours avançant. Le cœur du Lord s'accéléra d'une fois. Il ne prit pas le temps de réfléchir plus avant et parcouru le manoir jusqu'à la plus proche sortie. Si Drago faisait cela, il n'y avait pas cinquante interprétations possibles. Cette histoire avec le collier de maintient lui revenait sans cesse en mémoire. Il va nier qu'il existe et pour le prouver va se tuer. C'était les paroles de Lucius rapport à la négation de personnalité de Drago. Alors dès qu'il l'avait vu, dans le lac, avançant déterminé, la réponse s'était imposée à son esprit.

Le vent chaud de la nuit lui porta les odeurs du petit bois bordant le domaine, mais à ce moment il s'en fichait totalement. Il alla au plus vite jusqu'aux berges du lac. De Drago plus aucun signe. Seisha alors se déroula du corps du brun et sans plus s'en soucier rampa jusqu'au lac dans lequel il s'immergea. Quelques secondes plus tard il reparut à la surface, indiquant par là où se trouvait Drago exactement, la profondeur en moins. Le Lord se défit de sa cape et entra dans les eaux sombres. Non il n'avait pas l'habitude de nager, mais il savait tout de même... même si cela faisait longtemps. C'était comme tuer après tout, ça ne s'oublie jamais. Deux minutes passèrent avant qu'on ne voit les deux hommes allongé sur la barge, tous deux trempés jusqu'aux os, Drago tremblant dans les bras possessifs de Voldemort qui lui répétait presque sans discontinuer de ne jamais refaire cela.

-Pourquoi...

Cela n'avait pas été plus qu'un fin murmure. Un murmure étouffé par des sanglots incontrôlés. Sanglots de peur, de tristesse, d'incompréhension et de diverses autres émotions qui se bousculaient dans le cœur du blond. Il était trempé de la tête aux pieds et pourtant... Pourtant il avait chaud. Il avait chaud parce qu'il était dans les bras de cet homme, que cet homme l'avait sauvé de la mort... Il se demandait pourquoi un tel geste...et pourquoi cette chaleur.
Et pourquoi soudainement elle disparut. L'instant après cette perte Drago rencontra les orbes profondément noires du Lord.

-Pourquoi? Pourquoi quoi? Pourquoi je t'ai sauvé? Ne l'as tu pas encore compris Drago? Je...j'ai besoin de toi. Tu m'importes plus que mes idées, bien plus que ma vie.
-Arrêtez... Ça ne peut pas être vrai. Qu'est-ce que vaut ma vie? Enfin, je veux dire... je ne peux plus rien faire, excepté me plaindre, vous décevoir, être un poids pour père et Liandre, en plus je...
-Tait toi Drago. Je t'en prie. Tu peux encore faire des choses, il faut juste que tu te reposes pour le moment. Tu as traversé quelque chose qui n'est pas facile, personne ne s'en relève indemne. Et depuis que tu es rentré jamais je ne t'ai entendu te plaindre, tu es même beaucoup trop silencieux, au goût de tout le monde. Tu ne m'as jamais déçu, si je t'ai donné cette impression c'est que j'ai mal réagit, pour ça je m'excuse...pour toutes les fois... Et jamais tu ne seras un poids pour quiconque, encore moins pour Lucius. Et Liandre est parfaitement conscient de tes problèmes, il lest accepte sans problème crois moi. Il t'aime plus que tout Drago, jamais tu ne lui seras un poids. Crois moi... Fais moi confiance...

Durant tout le temps où il parla il berça doucement le blond qui ne semblait pas se calmer du tout. Et durant pendant près d'une heure il continua. Le silence régnait dans le parc et Drago réfléchissait. Dans son esprit cela ne pouvait pas être possible. IL s'était persuadé qu'il n'était pas important le moins du monde. Ça ne pouvait pas se produire. Pourquoi le sauver? Il n'était utile à personne... mais si c'était vrai, il ne serait pas là, sur les bords du lac, trempé mais bien en vie dans les bras du Lord... Les faits et ses certitudes étaient en totale opposition. Ce que disait le brun aussi contredisait ses pensées.
Et sans vraiment s'en rendre compte, son corps se détendit, il acceptait, plus ou moins sans le comprendre ce qu'il venait de se passer.

Comme dans un rêve il se sentit soulevé. Sa tête vint naturellement se nicher au creux du coup du brun. Il soupira redécouvrant l'odeur de ce dernier, et sa chaleur, sa force, tout ce qui lui avait manqué. Quelque chose glissa sur lui et vint trouver refuge sur son ventre. Ni froid, ni chaud, juste lourd... agréablement lourd.
Puis la chaleur d'une chambre, d'un feu, d'un lit. Puis l'oubli dans le sommeil.

Le sommeil du blond détendit le Lord. Oui il avait eu peur pour Drago... c'était légitime non? S dès qu'il eut retiré les vêtements mouillés du blond et qu'il l'eut couché ce dernier le retint. Il était déjà partit dans le sommeil mais le retenait quand même, la main crispée sur son poignet. Il se surprit à sourire de cette réaction. Pensant que c'était une très mauvaise idée, il se défit de la main de l'endormi pour se dévêtir à son tour et se coucher à ses côtés.
C'était une mauvaise idée...ça ne pouvait être que ça...

Et il affirma ce soupçon au moins trois fois dans la nuit. Ces trois fois là Drago entrait dans une sorte d'éveil endormi. Il avait les yeux grands ouverts mais dormait toujours. Il répétait inlassablement ''Ce n'est pas moi, je ne l'ai pas fait, ce n'est pas vrai, ils l'ont inventé''. C'était une énigme totale pour le Lord, mais à chaque fois qu'il le prenait dans ces bras, Drago avait tendance à se calmer plus facilement.

Le petit matin les trouva donc enlacés. Les bras du brun serrés avec possessivité autour de la taille du blond, dont la tête était nichée au creux de l'épaule de son coussin vivant. Drago s'éveillait doucement dans la lueur blafarde qui filtrait à travers les rideaux. Il se sentait bien, au chaud, en sécurité comme rarement en ce moment. Un instant il se laissa aller à cette étreinte, échappant un léger soupire.

Étreinte... Ce mot résonna dans son esprit quelques secondes avant qu'il ne prenne la signification du mot. Cela voulait dire qu'il n'était pas seul...qu'il y avait quelqu'un d'autre... logiquement. Il ouvrit soudainement les yeux pour tomber sur un visage qu'il n'aurait plus jamais espéré voir si près et surtout dans ce lieu. Sans y réfléchir il sortit au plus vite du lit, et rapidement trébucha pour finalement tomber et réveiller le Lord.
Ce dernier poussa un gémissement de déception profonde (à moitié dramatique... soyez en assurés).

-Drago...reviens là, j'ai froid...

Le susnommé blond eut un air franchement étonné pour le coup.

-M...Mais....Enfin que... qu'est-ce... qu'il s'est passé...?
-Reviens dans ce lit et je t'explique d'accord...?

Avec appréhension, mais assez rapidement tout de même (le froid aidant, rappelons qu'il ne lui reste que ce que la bienséance ordonne), Drago regagna le lit. Là le Lord le reprit dans ses bras et de force le recoucha à ses côtés, faisant reposer le dos du plus jeune sur sa poitrine. Normalement cela devait aider Drago à se détendre. Ne pas le voir aiderait peut-être... du moins il l'espérait.

-Bien que te rappelles tu d'hier soir Drago?
-P...Pr...Presque rien...Je me souviens être allé...vers...vers le lac et après...c'est...plus rien..je...
-C'est bon...chut détend toi, respire. Tout va bien Drago. Tu as tenté de te noyer hier soir, enfin tôt ce matin.
-Pourquoi m'avoir empêché dans ce cas...? Ça aurait arrangé tout le monde, à commencer par moi...
-Je ne recommencerait pas ce que nous avons dit hier, ça ne servirait à rien. Sache seulement que ce que je t'ai dit il y a quelques années est toujours valable Drago. J'ai besoin de toi.
-Arrêtez de dire ça. Si c'était vraiment le cas vous ne m'auriez pas envoyé à cette mission qui m'a pris quatre ans, vous n'auriez pas pris Harry comme amant non plus. Bien sûr je ne vous demandais pas la chasteté, chose stupide, mais pas lui. Le monde entier si vous demandiez accepterais... lui était le moins probable comme amant... D'ailleurs qu'est-ce que vous faites là? Comme je le connais il doit vous chercher par tout le manoir à l'heure qu'il est.
-Qu'il me cherche, grand bien lui fasse. Je l'ai pris comme amant...peu après ton départ à vrai dire. Il est venu me trouver disant qu'il m'aimait. Depuis qu'il était au manoir je n'ai eu dans l'idée que l'accoutumer à la douceur, au calme, à la facilité, l'endormir pour mieux le trahir. Il m'offrait tout ce qu'il pouvait m'offrir. Son cœur, et ce sans rien demander en retour que coucher avec moi Drago. Alors oui, oui je l'ai pris comme amant. Tu m'avais fait peur en m'avouant que tu m'aimais plus tôt. Je n'ai pas su réagir comme je l'aurais dut. Pendant deux ans j'ai tenté d'oublier que j'avais mal que tu ne sois pas là. Puis dès que ton père m'a parlé des dangers que représentaient le fait que tu ais enlevé le collier de maintient j'ai envoyer des hommes à ta recherche. Pour te ramener, parce que je ne voulais pas que tu soit blessé, que tu meurs... Je ne l'aurais pas supporté. Ni à l'époque, ni maintenant. Alors... Drago, s'il te plait. Une dernière fois, accepte moi. Je sais que je suis dangereux pour toi, que je t'ai fait souffrir bien plus qu'il soit jamais pardonnable. Par toi surtout. Je t'ai rejeté au moment où tu étais le plus vulnérable et depuis que tu es revenu... Je n'ai jamais trouvé la force, le moment, ou je ne sais pas, le courage, de te parler. JE ne te demanderais rien si ce n'est de ne pas me haïr Drago... Dans peu de temps Harry va partir si ça t'intéresse. J'en ai fini avec lui, je l'ai assez attiré à moi pour le briser en le rejetant maintenant.

Il y eut un long moment de silence après la tirade du brun. Un silence lourd, tendu, désagréable. Drago pensait. Il était totalement perdu. Il voulait croire ce qu'il entendait. Mais se rappelaient à son bon souvenir les deux fois où le Lord l'avait rejeté, abandonné, blessé comme il disait. Et deux fois déjà il lui avait promis de ne plus lui faire de mal. Deux fois il se repentait de ce qu'il avait fait...mais à chaque fois il recommençait. A chaque fois il promettait... Mais cette fois il n'avait pas promis...juste demandé en fin de compte. C'était compliqué. Cependant il savait que s'il ne donnait pas une réponse maintenant, jamais il ne trouverait le courage d'aller lui reparler pour le faire. Il devait choisir... maintenant.
Choisir de remettre son cœur et sa santé mentale en jeu une fois encore au risque de tout perdre, ou choisir de rester indéfiniment dans le regret total de n'avoir rien tenté...
Il soupira longuement, puis, les yeux fermés se tourna vers le Lord. Il se cala entre ses bras plus proche encore qu'il ne l'était déjà.

-Prend juste garde à ne pas me tuer cette fois Maître... Je ne survivrais pas à une autre fois comme celles d'avant...

La tension qu'avait accumulé le brun durant ce temps de silence s'en alla d'une seule fois lorsque Drago eut fini de parler. Ce dernier fini par se rendormir dans les bras chauds de son aîné. Il avait accepté, une fois encore, de lui faire confiance, et en toute confiance, il s'abandonnait à lui. Durant une heure Voldemort profita de cette étreinte douce, puis se leva. Il devait être aux alentours de 11h du matin. Ce jour là dans le manoir résonna une dispute aussi violente que courte.

Et le Survivant s'en fut. Dans vos livres d'Histoire il est noté qu'à ce moment le Sauveur s'est libéré une fois pour toute de l'influence néfaste et malfaisante du Seigneur des Ténèbres... D'un côté c'est frai, si on omet qu'il n'a pas vraiment eut le choix de dire quoi que ce soit avant d'être jeté dehors du manoir Malfoy. Mais l'Histoire étant écrite par les vainqueurs... il y avait peu de chance que cela soit retranscrit sur parchemin un jour...
Mais qu'importe. Le dénouement de cette histoire approche.

Pendant près d'un mois suite à ce départ un peu, plus ou moins, précipité, le manoir retrouva un train de vie normal. L'état mental de Drago se stabilisait calmement mais sûrement. Il faisait de moins en moins de cauchemars, souriait de plus en plus, recommençait à parler avec tous ou presque. Il recommençait à vivre. Aidé en cela par le Lord qui lui prodiguait, à loisir (ou peu s'en fallait) douceur, calme, et ce dont avait besoin le blond en général. Stabilité surtout...

Durant ce temps aussi le journaliste toujours retenu dans les cellules du manoir avait été libéré. Les deux époux étaient eux, toujours là. Ils serviraient de monnaie d'échange si un quelconque mangemort se faisait capturé.
Rapport à eux justement, le Lord avait donné des ordres. Ils devaient tous se préparer à être appelé pour se battre à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il sentait que la bataille, désormais que le jeune Potter était rentré dans ses foyers, était imminente.

Cependant cette constance commença à cahoter lorsque le Lord reçut une lettre. De Potter justement... C'est au moment où il lut qu'il se dit qu'il avait dut rater quelque chose dans son idée de briser le mental de son cadet...

Tom
Je me fiche de ce que tu penses. Je refuse de mener une bataille qui entrainerait la mort de beaucoup trop de monde. Déjà sont mort pour rien depuis que cette guerre a commencé. Je te propose un choix simple dans ce cas. Un duel, tout ce qu'il y a de plus simple, dans un endroit que tu choisiras. SI tu refuses cela, je tiens juste à te dire que je connais l'emplacement du manoir Malfoy...du manoir secondaire j'entends. Ils auraient dut fermer la bibliothèque, c'est fou ce qu'on peut trouver dans des archives. Si tu refuses ce que je te propose j'enverrais les Aurors au manoir. Combien de temps tiendront les protections contre les Aurors Tom?

Tu as le choix. J'attends ta réponse dans la semaine, après quoi le manoir ne sera plus qu'un souvenir pour tous.
HP

Tout le monde se souviendra de cette lettre qui figure dans tous les manuels d'Histoire de la magie et du monde sorcier.

Celle qui a scellé le sort de tous. Celle à laquelle le Lord a répondu qu'il voulait voir Harry mourir sur les marches de Poudlard. Mais qu'il demandait trois semaines supplémentaires de délais avant de venir. Ainsi le jour de la bataille finale fut il fixé.
Le 16 novembre 2009.

Cela laissa du temps au Seigneur de se préparer. De donner ses ordres. De tout prévoir. Sa victoire comme sa chute. Dans le premier cas... cela serait un avènement sans nul pareil dans l'HIstoire du monde de la magie. Le cas échéant, tous savaient quoi faire... disparaître pour les moins importants, tenter de sauver leur vie pour les plus impliqués. Tout avait été soigneusement étudié, tourné dans tous les sens, chacun devait s'en sortir... plus ou moins.
Et cela lui avait aussi permis de retrouver la confiance qu'il avait perdu auprès de Drago. Ce dernier était aussi détendu que possible dans les circonstances de lors. De plus il ne savait rien du duel prévu entre les deux sorciers. Il n'aurait fait que s'inquiéter s'il avait été mis dans la confidence.

Pour le Lord, la veille du combat arriva bien trop tôt. Il connaissait les facultés de Harry à l'époque. Il était fort c'était certain mais jamais, à aucun moment, leurs puissances n'avaient été égales. Le plus jeune restait toujours moins fort. Seulement, au vue de la lettre, il semblait énervé. Cela pouvait avoir deux effets sur lui. Un effet normal de perte de contrôle, d'épuisement rapide à force de lancer des sorts à torts et à travers sans se ménager. Soit une puissance accrue. Et ce dernier fait pouvait être un problème. Le Survivant pouvait se donner corps et âme à ce combat et réussir à survivre une fois de plus jusqu'à avoir atteint son but. Son seul but de tuer.

Les deux options étaient à prendre en compte. Et pour une des premières fois de sa vie, le Seigneur des Ténèbres le plus craint de ce siècle eut peur. Peur pour sa vie et pour celle de Drago.

Cette veille là il se rendit dans la chambre du blond. Il voulait que cette nuit là, qu'elle sonne soit sa mort, soit sa victoire prochaine, soit une belle nuit. Il sourit en entrant dans la chambre. L'ambiance générale était toujours aussi presque irréelle avec la lune filtrant à travers les rideaux éclairant ce corps pâle entre les draps sombres. Il soupira. Tant pis si cette nuit se résumait à le regarder dormir, cela lui allait tout aussi bien. Lentement sans faire de bruit il referma la porte et s'avança vers le lit puis s'assit à côté du corps endormi.
Enfin...endormi pas tant que cela visiblement. Drago souriait en le regardant.

-Bonsoir Maître.
-Tu devrais dormir Drago, il est tard.

Le blond fronça les sourcil d'une façon qui fit sourire son aîné.

-Et si je ne veux pas dormir, allez-vous m'y obliger?
-Non. La seule chose que je veuille t'obliger à faire c'est vivre. Mais si tu ne veux pas dormir, en pleine nuit que veux tu ?
-Toi...

C'était hésitant, murmuré simplement les yeux baissé et rougissant. Mais il l'avait dit. Et quelques secondes plus tard ses lèvres étaient ravies par celles de son amour. Il sourit. A la fois de bonheur, et de plaisir simplement. Drago était heureux qu'il soit encore là. Qu'il ait voulu de lui une fois de plus alors qu'il n'était plus apte à grand chose. Mais ses pensées furent raccourcies par une mains chaude le parcourant doucement, avec une douceur qu'il avait oublié jusque là. Cela faisait tellement longtemps pour lui... tellement longtemps qu'il n'avait été sujet de tant de douceur, de calme, de volupté. Bientôt, sous les mains et les lèvres de son amant il ne fut plus que sensations.

Il ressentait tout. Les doigts agiles qui se baladaient sur sa peau nue. Les lèvres et la langue qui prenaient un malin plaisir à le torturer. Les cheveux fins qui balayaient son torse à chaque mouvement du Lord.

Il sentit aussi pleinement lorsqu'une chaude moiteur l'enveloppa. Il se cambra à l'extrême la bouche ouverte dans un cri de plaisir muet. Il le sentit sourire alors qu'il allait et venait sur son membre, jouant de sa langue et de ses lèvres. Accentuant ou relâchant la pression faisant voir des galaxies entières à Drago qui avait fermé les yeux depuis bien longtemps pour ne plus faire que ressentir.

Les mains de l'aîné vinrent jouer à leur tour. Il ouvrit légèrement les cuisses de Drago et inséra un doigt dans son intimité. Prenant précaution de ne le faire souffrir à aucun moment. Mais lorsqu'il releva les yeux il le vit perdu dans un autre monde. Un monde ou l'idée de souffrance était complètement remplacé par le plaisir qu'il lui procurait. Les mains pâles qui torturaient les draps vinrent bientôt se perdre dans la chevelure noire. Lesdites mains se crispèrent une fois. Alors le Lord cessa. Parcouru une fois de plus ce corps blanc de ses lèvres, revenant vers le visage afin de capturer cette bouche qui ne demandait qu'à subir ses assauts.

Mais c'est à ce moment qu'il remarqua les larmes silencieuses qui dévalaient les joues du plus jeune.

-Drago...? Qu'est-ce qui ne va pas?
-Rien Maître...rien.
-Ne me ment pas... pas maintenant Drago. Dis moi...
-J'ai..mal...

Mal? Il ne le touchait pas...ou plus du moins. Il avait fini de le préparer quelques secondes avant. Il le regarda alors, à plat dos, abandonné, les yeux baissés, presque fermés, quelques larmes silencieuses coulant toujours.
A plat dos...
Le brun failli se gifler de cet oubli. Oui Drago allait de mieux en mieux, mais personne encore n'avait trouvé de façon efficace de le soigner complètement. Les plaies qui lui avaient été faite durant sa captivité étaient encore douloureuse et s'ouvraient encore...parfois.
Avec autant de douceur qu'il put il le releva, le faisant asseoir sur lui. Il lui murmura des excuse dans le cou alors qu'il l'embrassait, voulant lui faire oublier sa douleur.

Ses caresses reprirent, apaisantes, rassurantes. Mais rapidement Drago reprit l'initiative. Oui il avait mal...peut-être même qu'il saignait un peu. Mais ce n'était pas une raison pour Voldemort d'être si attentionné. Il allait survivre. Ce n'était pas tellement grave. Alors d'un coup de rein le Lord se trouva couché, Drago à genoux au dessus de lui. Il avait un sourire étrange. A la fois un peu douloureux et en même temps horriblement sensuel.

Le blond savait ce qu'il voulait. Il le voulait lui, maintenant, ici, et il allait l'avoir. Prenant un malin plaisir à faire en sorte que ça soit le plus lent possible, il s'empala sur le brun.
D'instinct les mains du plus âgé vinrent se poser sur les hanches de celui qui menait la danse, pour ce soir.
Puis, les mains posées sur la poitrine de son amant, Drago montait et descendait à une allure torturante au possible. Cependant... tout sadique qu'il eut voulut être il dut se rendre à l'évidence que ce rythme était torturant, certes pour le Lord, mais aussi pour lui. Il voulait plus, plus vite,...plus simplement. Alors il accéléra ses mouvements de hanches.

Avec un sourire son amant l'y aida, rapidement il toucha en lui le point qui fit gémir Drago plus fort que d'habitude. Ses gémissements, au fur et à mesure, finirent par se transformer en cris de plaisir pur. La tête rejetée en arrière Drago ne sut que le Lord s'était relevé que lorsqu'il sentit ses lèvres parcourir son cou, la naissance de ses épaules. Balayant de son souffle des zones aussi érogènes que sensibles. Dès qu'il s'en rendit compte il referma ses bras sur le corps de son amant, le voulant aussi près de lui que possible, quitte à fusionner complètement avec, corps et âme, peu importait, cela serait même mieux que tout à vrai dire.

Puis, comme une vague incontrôlable, il sentit monter en lui de torrent de plaisir. Ce point de non retour qu'il voulait pourtant atteindre de tout son cœur. Et lorsque ce plaisir brûlant, cette douce délivrance, vint le prendre, l'emporter hors des frontière de la terre, tu temps et de l'espace, là où rien ne comptait plus que lui, que son amour, et rien d'autre, à ce moment là alors il ne put retenir les mots qui jaillirent du plus profond de son cœur pour s'échouer entre ses lèvres.

Ce « je t'aime » qui lui avait valu tant de souffrances, aujourd'hui il le disait alors que le plaisir l'emportait, entre les bras de celui qui à jamais le ferait espérer à jamais.

Il ne se rendit pas compte de suite de ce qu'il avait dit. Après que le plaisir les eut ravagé, Drago s'était laissé retomber sur la poitrine secouée d'une respiration chaotique du brun. Mais après un petit moment ce détail, ces trois mots, le frappèrent de plein fouet. Il y avait près de cinq ans désormais, il les lui avait sous-entendu, sans les dire réellement, maintenant il le lui avait dit clairement. Son cœur s'emballa, paniqua, vivement il se défit de l'étreinte pourtant confortable du Lord, cherchant à fuir au plus vite, oubliant un peu qu'il était dans sa propre chambre. Mais avant qu'il n'ait pus descendre du lit, il fut rattrapé par une poigne forte et pourtant douce, ramené contre ce corps chaud, serré à nouveau dans une étreinte réconfortante.

-Pourquoi fuir Drago?
-Je...je n'aurais pas dut dire cela...je suis désolé Maître.
-T'ai-je dit quoi que ce soit à ce sujet?

-Répond moi.
-N...non Maître.
-Alors reste calme Drago. Je voulais ces mots. Je t'ai dit que j'avais excessivement mal réagit la première fois. Je ne savais pas comment réagir. Maintenant... laisse moi juste le temps de trouver la force de te le dire. Simplement le temps Drago...

Alors Drago ne réfléchit pas plus avant et rendit son étreinte au Lord. Il n'avait rien dit clairement, d'accord, mais ces phrases obscures pour le quidam passant sonnaient comme une promesse éternelle à ses oreilles. Non il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, pas clairement, il lui avait demandé du temps pour le lui dire, cela revenait au même non? Il était heureux, il croyait à cet instant que son cœur allait exploser, il était tellement douloureux à cogner si fort. Il sentit quelques larmes s'échapper de ses paupières closes. Il ne savait pas qu'on pouvait pleurer de bonheur....

Voyant cela, et voyant que même endormi il pleurait toujours, Voldemort se dit qu'il le ferait toujours pleurer, de quelque façon que ce soit, dans n'importe quelle situation. Il parviendrait toujours à faire pleurer ces yeux... Ces yeux qui avaient été d'un blanc si pur quelques instants plus tôt. Lorsque la délivrance avait pris ce homme qu'il tenait dans ses bras, dès qu'elle l'avait pris et qu'il lui avait dit cela, à ce moment exacte les yeux de Drago avaient été d'un blanc si pur. Cela avait été magnifique. Si pur...

Il se dit que demain soir, oui...demain soir, lorsque tout serait réglé, que Potter serait enfin mort, le monde à ses pieds...oui...demain soir il reverrait ces prunelles blanches. Et toutes les nuits après, et tout le temps... Oui, à chaque instant il voulait voir cet éclat de pureté dans les yeux de son amour... Pour toujours il voulait qu'il soit heureux, qu'il oublie ses blessures, son passé...leur passé, et qu'il vive heureux, à jamais. Avec lui. A ses côtés. Toujours.

C'est sur ces pensées qu'il fut happé par le sommeil à son tour.

Vers les six heures du matin le brun se réveilla en sursaut. C'était aujourd'hui. Le jour où son destin, celui de Harry, et des mondes sorciers et moldus se scellaient. Il coula un regard vers son amant toujours plongé dans un profond sommeil. Il semblait fatigué jusque dans son sommeil. Sans le déranger il se leva, s'habilla et sortit de la pièce. Autant régler cette histoire au plus vite. Sans attendre que quiconque soit réveillé il transplana à Poudlard.

Le lieu de rendez vous était fixé, l'heure ne l'était pas. Il aurait pu venir n'importe quand. Faire attendre son ennemi de toujours. Lui faire croire qu'il ne viendrait pas. Qu'il abandonnait pour le surprendre ensuite mais non.
Non il était là. Il faisait encore nuit à ce moment, ce mois de novembre était froid, particulièrement. Il annonçait un hiver neigeux. Le Lord sourit à l'idée du manoir Malfoy sous la neige. Oui, c'était une belle image.

-Je n'avais jamais vu de sourire aussi sincère de ta part Tom. Tu serais finalement humain?

Son sourire s'accentua sous l'essaie de sarcasme du Survivant. Mais se changea en un sourire ironique.

-Je pensais t'avoir montré à quel point je peux être... humain Harry. Et mes sourires, tu les as vu tant de fois... et tant de fois je ne pensais pas du tout à toi.
-Qu'est-ce que tu veux dire?
-Sais-tu seulement combien de fois je me suis forcé à dire ton nom à la place d'un autre alors que je te prenais? J'avais même pensé à me jeter moi-même un sort pour faire en sorte qu'à chaque fois que je prononçais son nom, le tien soit entendu. C'aurait été du plus mauvais effet non?
-De quoi tu parles?
-Je te l'ai déjà expliqué chaton. Tu n'étais au manoir que pour m'occuper, pour me distraire. Maintenant qu'il est revenu... tu ne me sers plus à rien c'est pour cela qu'aujourd'hui je vais enfin en finir avec toi et ta manie de survivre tous le temps.
-Drago...?
-Tu en auras mis du temps... Il a été mon amant bien avant toi. Cela te surprendras surement mais il m'a marqué, à sa façon. Si je t'ai marqué comme mon égal ce jour d'octobre. Il s'est imposé comme mon seul maître, ce que tu n'as jamais réussi à faire bien que tu ais essayé de toutes tes forces. Tu étais pitoyable alors qu'il a été grandiose. Tu as lamentablement échoué là où il n'a même pas eu à tenter quoi que ce soit.

Le plus jeune serrait ses doigts autour de sa baguette en proie à une rage bien visible. Le combat qui s'en suivit fut le plus mémorable de notre temps. Les sorts se sont enchaînés les uns après les autres, sans répit aucun pour les deux hommes. Ils rivalisaient en cruauté, en coups vicieux, en attaques traitres.

Mais vous verrez cela en cours de duel... vos professeurs utilisent tout le temps ce combat en exemple. Les sorts utilisés à l'époque n'ont pas évolué. Le Lord usait de sortilèges puissants et douloureux au possible sans qu'ils soient trop coûteux en magie. Alors que le Survivant mettait toute sa force à chaque attaque ou parade.

Mais...laissons ceux là à leur combat et revenons une dernière fois au manoir Malfoy. Drago environ une demi heure après le départ de son amant commença à sortir du sommeil. Le manque de chaleur l'avait poussé au réveil. Il émergea lentement, prenant son temps, se souvenant de sa nuit avec délice. Jamais il n'avait été si heureux dans ses souvenirs. Pour une fois il n'avait pas été rejeté, il avait même été plus qu' accepté. Voldemort lui avait demandé de lui laisser une chance, il l'avait fait et en été on ne pouvait plus satisfait à l'heure. Il prit son temps voyant que le soleil n'était pas encore levé. Puis lorsque ce fut fait il chercha part tout le manoir, chercha après son amant.

Lorsqu'il ne le trouva nulle part il se risqua à aller dans sa chambre, dans l'aile du manoir qui lui avait été réservée. Il faillit repartir dès qu'il ouvrit la porte. Oui il aimait bien les serpents, Nagini ne lui avait jamais été dangereuse, mais être confronté à six serpents de tailles conséquentes, et dont cinq sifflent après vous de manière peu invitante...même si vous aimez les serpents vous avez un mouvement de recul. Mais après quelques secondes les reptiles se turent. L'un vint même s'enrouler autour de lui, tranquillement.

-Ou peut-être votre Maître?

Il caressait la peau froide du serpent tout en murmurant ses questions. Il demandait plus ou moins aux reptiles où se trouvait Voldemort. Il n'avait jamais eu de don d'empathie, ne parlait pas fourchelangue, mais il fut presque certain qu'il avait été compris lorsqu'un des cinq resté à terre l'amena jusqu'à une table. Là il vit la lettre de Potter. Il prit peur dès qu'il eut fini de lire les quelques lignes. Une peur sourde qui gronde dans le cœur et dans les tempes.

Un lieu de rendez-vous... Lequel? Rien n'était précisé sur aucun des papiers qu'il put trouver lorsqu'il fouilla (plus ou moins) dans la chambre. Alors il se contraignit à respirer profondément et à réfléchir. Il aimait les symboles... Où le tuer pour que cela soit symbolique? Godric's Hollow, le cimetière, le manoir Serpentard, Poudlard.

Bon...même s'il devait transplaner à chacun de ces endroits cela ne lui prendrait guère de temps. Mais en même temps, la manoir Serpentard devait être surveillé.

Rapidement il retourna dans sa chambre et prit la dague que le Lord lui avait offerte il y a des années de cela ainsi que sa baguette, qui sait... cela pourrait être bien utile. Il descendit enfin, écrivit rapidement une note à l'intention de son père, ou du premier qui la lirait.

Puis il sortit des barrières de transplanage et prit la direction de l'ancienne maison des Potter.
Rien, ni personne, juste une vieille bâtisse abandonné et rongé par le temps.

Il changea, le cimetière. Un cimetière, banal au possible si on exceptait cette statue... Il eut un micro sourire avant de s'en aller une nouvelle fois.

Poudlard. Il ne restait que cela.
Cependant une fois arrivé il ne put bouger pendant près d'une minute. Tétanisé, les yeux grands ouverts, tremblant légèrement. Son cerveau ne comprenait pas, à ce moment ce qu'il venait de se passer. Il y avait eu une explosion lorsqu'il était arrivé. Une explosion à la fois rouge et verte. Puis deux formes allongée au sol. Deux qu'il connaissait trop bien. L'espace d'une seconde il pria, n'importe qui, n'importe quoi, pour un mouvement. Juste un mouvement. Et il y eut un mouvement. Mais de la mauvaise personne.

Dans un état second, la respiration hachée, ne comprenant pas comment c'était simplement possible, il couru. Comme jamais. Qu'importe s'il s'exposait à un danger de mort quelconque, il avait besoin de savoir. Savoir qu'il était toujours en vie. Qu'il était toujours là. Que toujours il resterait avec lui.

Il laissa tomber toute fierté et tout orgueil en se laissant tomber à genoux aux côté de celui qu'il aimait. Il eut un rire bref, aussi bref que nerveux. Il respirait toujours. Les yeux grands ouverts. Lentement la main du gisant vint se poser sur la joue de Drago.

-Tu ne devrais pas être là Drago...
-Non. Pour une fois, ne me dit pas ce que je devrais ou ne devrais pas faire. Je suis là, compose avec. Reste en vie. Je t'en prie. Ne me laisse pas.
-Ce n'est pas un choix qui m'appartient. C'est déjà...un miracle que je respire encore...

Il finit à peine de dire ces mots qu'une violente toux le prit. Il crachait du sang, mais souriait quand même. Avec ironie, oui, mais il souriait.

-Drago...
-Non...non tait toi, respire. Ne parle pas. Ça ira. Tout ira bien. Hein? Dis moi que tout ira bien. Je t'en prie.
-Il est pitié que je ne parvienne à te dire que je t'aime, seulement lorsque la Mort vient me prendre...
-...Quoi...?
-Je t'aime tellement Drago. Je n'étais pas censé perdre. Ne m'oublie pas...je te demande juste cela...ne m'oublie pas. N'oublie pas...que tu as été le seul, à régner sur moi sans partage Drago... N'oublie pas...que je t'aime...

Ses derniers mots furent perdu dans un soupire. Le dernier. Puis sa mains retomba inerte à côté de lui alors que les larmes de Drago roulaient hors de ses yeux grand ouverts. Il ne se rendait même pas compte qu'il peinait à respirer. Ses yeux lui brûlaient, son cœur battait trop fort... Il se surprit à penser que le sien au moins battait... mais que celui de l'homme pour qui il battait.

Il restait immobile alors que de Poudlard sortaient les professeurs, Dumbledore et MacGonagal en tête, avec dans l'idée de féliciter celui qui avait désormais vaincu.
Ce dernier s'était avancé vers Drago qui était toujours prostré. Le plus calmement possible il posa une main sur l'épaule du blond, ne croyant certainement pas qu'il pouvait représenter une menace pour lui.

-Drago... je suis désolé tu sais...Je n'ai pas eu le choix..ce... c'était lui ou moi... Tu comprends?

Le blond tourna un peu la tête et acquiesça, oui il comprenait...parfaitement d'ailleurs... mieux que quiconque peut-être. Avec une difficulté qui lui arracha le cœur un nouvelle fois il détourna ses yeux du corps désormais sans vie et se leva. Se tourna vers le Survivant, désormais Sauveur.

-Je comprends Harry... Alors comprends moi.

Les yeux du brun s'ouvrirent alors qu'une lame lui transperçait le cœur. Puis le blond chuchota à son oreille.

-Je comprends Harry... Comprends moi à ton tour. Comprends que je ne puisse te laisser vivre. Comprends que...c'était toi...ou moi. C'est toi.

Il retira d'un mouvement sec la dague désormais ensanglantée de la poitrine de celui qui restera à jamais le Sauveur. Mais qui dans certains esprits ne sera qu'un assassin.