Chapitre 5 : En eaux troubles
« - Faites de beaux rêves Sasuke-sama, se mit à sourire Naruto en observant le visage paisible de son maître. Car les miens ne seront que cauchemars… »
Son esprit avait sombré dès lors qu'il était entré en contact avec le regard de sa servante. Si limpide et trouble à la fois. Il s'était senti partir, perdre conscience et pousser la porte des rêves.
Il dérivait doucement, flottant sur la plaine herbacée balayée par le vent, au parfum vivifiant des fleurs environnantes. Le ciel d'azur, qui s'étendait au dessus de lui, rappelait le visage boudeur et rieur de Naru…Si bien qu'il ne pu refreiner un sourire franc.
C'était le domaine des rêves et toute chose pouvait être créée selon sa volonté. Cet endroit calme, reposant et paradisiaque, n'existait que pour lui, que dans son esprit. Façonné à l'image qu'il se gardait de montrer de lui aux yeux du monde réel.
Alors qu'il dérivait en soupirant de bienfaisance il sentit l'air se refroidir brusquement. Le ciel bleu se nuança de gris et des nuages noirs menaçants se chargèrent de bientôt le faire disparaître.
Il faisait sombre, la prairie reposante avait disparu et le vent se mit à souffler fortement. Il se fit happer par un courant violent et s'écrasa au sol, aride et couvert d'herbes grillées par les flammes. Les arbres avaient perdu leur vitalité et semblaient avoir été destitués de leur essence.
Le vent ne lui apportait plus aux oreilles le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux mais un crissement affreusement angoissant.
Son monde s'écroulait.
L'effroi lui parcourut soudain l'échine si bien qu'il se retourna vivement, avant de tomber en arrière incrédule de ce qu'il voyait.
Devant lui, haut de plusieurs dizaines de mètres se tenait un énorme renard de pierre, assis sur ses pattes arrières. Renard qui ressemblait étrangement à Kyuubi.
Il semblait tenir entre ses mains une immense porte de pierre, ciselée d'arabesques visibles par endroit sous l'épaisse couche de lierre qui s'y était entremêlée.
« C'est quoi ce bordel ? » Se releva le brun pour s'approcher de la structure peu accommodante.
Il tira plusieurs lianes, bien décidé à savoir ce qu'était ce truc qui avait osé réduire à néant son coin de paradis.
Au bout de quelques minutes d'acharnement et les doigts en sang, il s'éloigna effrayé. Fondu à demi dans la porte, le corps de Naruto était maintenu par des chaînes.
Il était comme ça, devant lui, les paupières fermées, avec l'impression qu'il dormait paisiblement.
« Cela y est je suis fou, Kiba avait raison ! Il va falloir que j'aille voir un psy… » Murmura-t-il pour lui-même en ne pouvant détacher son regard.
Un désir ardent naissait en lui depuis quelques minutes, insatiable, il voulait toucher cette statue, serait-elle aussi douce que la peau de cet abruti ?
Il tendit le bras vers le visage du garçon et s'en rapprocha doucement. Il s'apprêtait à la frôler quand le feuillage qui recouvrait la porte mourut instantanément et tomba en poussière sous les yeux inquiets de Sasuke qui se recula.
« C'est un rêve…c'est un rêve…c'est un…rêve…. »
Il essayait de se persuader que tout ça n'existait pas quand soudain une chaîne s'enroula autour de ses bras et l'attira face à la statue, la frôlant presque.
Anxieux, le brun déglutit difficilement.
Les yeux de la statue s'ouvrirent soudain sur un rouge sang le faisant sursauter et hurler.
« Aaaaah ! Bordel, c'est quoi ce truc ! Qu'on me sorte de là ! Naru ! Naru !
- Bienvenue dans mes cauchemars mon maître.
- Ça parle ! Ce truc parle ! Bordel de merde ! Essaya de se dépêtrer des chaînes Sasuke.
- Où voulez-vous allez mon maître ? »
Un sourire diabolique se dessina sur le visage du blond et cela n'inspirait pas confiance à Sasuke qui se faisait de plus en plus serrer par les chaînes à mesure qu'il s'efforçait d'en sortir.
« Lâche-moi ! Tu-tu n'existe pas ! Lâche-moi !
- Maître ! Supplia la statue.
- Lâche-moi ! Je te hais ! Tu n'es pas Naru ! Tu es…tu es un cauchemar et je vais me réveiller et tu n'existeras plus !
- Sasuke ! »
Les sens en alerte le brun chercha d'où venait la voix qui l'appelait.
« Sasuke !
- Neji ?!
- Sasuke ! »
Devant le brun apparut un saule pleureur sur une colline verdoyante où se trouvait Neji avec un sourire réprobateur, Kiba et Shikamaru ne tardèrent pas eux aussi à faire leur apparition.
« Les gars ! Fit tout sourire Sasuke qui avait complètement oublié la situation dans laquelle il se trouvait. Attendez-moi ! »
Il ne s'en rendit pas compte toute de suite mais les chaînes étaient devenues poussière, et lui courait en direction de ses amis. Lorsqu'il les eut rejoints un sentiment de protection et d'apaisement l'envahit.
Tandis qu'une lumière aveuglante et rassurante inondait la prairie, il vit la statue pleurer des larmes de sang.
La lumière engloba tout et il ne tarda pas à se réveiller secoué par Neji.
« Oh ! Sasuke ! Sasuke ! Bordel de merde fainéant t'as pas assez dormi ! Espèce de limace baveuse !
- Neji ton langage ! Pouffa Kiba.
- Répète-moi ça pour voir ?!
- Eh il ouvre les yeux ! Indiqua Shikamaru aux deux abrutis en train de se disputer.
- Sasuke ! Cria presque Neji en l'enserrant dans ses bras. Bordel tu m'as fait une ces peurs ! »
La surprise passée, Sasuke se mit à sourire en serrant lui aussi son ami.
« Moi aussi je suis content de te revoir »
Il avait peur au fond de lui, il ne savait pas pourquoi mais il avait peur. Se raccrocher à Neji était un sentiment de protection mais pourquoi ? Pourquoi ressentit-il une peur pareille ?
Il avait vu quelque chose dans son sommeil mais il n'arrivait plus à s'en souvenir.
« Tu faisais un de ces cauchemars ! S'exclama Kiba.
- Ah bon ?
- Tu plaisantes ? S'étonna Shikamaru. T'étais en sueur et tu hurlais ''Non lâche moi ! Je te hais ! C'est un rêve ! Tu n'existeras plus !''...Ce genre de truc quoi.
- Ah.
- Neji était en panique, fit Kiba.
- Je n'étais pas en panique ! Je-je me faisais du souci simplement !
- Ah d'autres beau gosse, déclara Kiba qui n'y croyait pas. Tu parlais de qui ? Ou de quoi ? »
Sasuke essaya de se souvenir mais tout ce dont il se rappelait était un saule où en-dessous ses amis l'appelaient, ainsi qu'une grande peur qui l'habitait encore.
« Je ne sais plus. »
Il remarqua soudain qu'il était dans le petit kiosque du jardin alors qu'il s'était endormi dans l'herbe après que le blond l'ai embrassé sauvagement.
La sensation du baiser lui revint soudain en mémoire si bien qu'il piqua un fard en voyant les images de son comportement, suppliant des baisers et son corps assoiffé d'envie dans son esprit.
« Il est encore malade ! J'en étais sûr ! Regarde la fièvre qu'il a ! Il est tout rouge ! S'insurgea d'inquiétude une nouvelle fois Neji.
- Ah les rafraîchissements sont là ! » Déclara Kiba en voyant Naru arriver avec un plateau.
Le blond tenta un regard vers son maître qui dévia le sien automatiquement, honteux.
« Vous avez bien dormi maître ?
- J'ai rêvé de ses trois idiots, je ne sais pas si on peut appeler ça un rêve, sourit le brun à ses amis qui prenaient la mouche faussement, conscient que le brun les taquinait.
- Je suis heureuse que vous n'ayez pas fait de cauchemar, s'inclina Naru.
- Bien sûr que si il en a fait ! Contra Neji.
- Je te dis que je ne m'en souviens pas ! Soupira Sasuke.
- Eh bien moi je me souviens ! Clama Neji.
- Oh revoilà maman poule ! Pouffèrent Shikamaru et Kiba.
- Répétez un peu vous deux ?! »
Sasuke, distrait, regarda Naru partir comme si de rien n'était, il n'avait fait aucune allusion, peut-être était-ce banale pour lui d'embrasser un homme ? Ça ne représentait rien ?
« Sasuke tu m'écoutes ?! Tapa sur sa tête Neji.
- Mmh ? Tu disais ? » Reporta son attention sur ses amis Sasuke.
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Naruto tourna à l'angle de la maison et se laissa tomber contre le mur en serrant son plateau en argent. Il avait mal au cœur. Son maître venait d'y faire une entaille qui peut-être ne se refermerait jamais.
« Pourquoi avez-vous rejeté la résonance maître ? Pourquoi avez-vous fait ça ? Je ne suis pas assez bien, pas assez fort, pas assez humain, ou tout simplement trop sombre pour vous ? »
Des larmes affluaient sur ses joues, incontrôlable tellement la douleur était déchirante.
« J'ai fait le pacte parce que vous le vouliez alors pourquoi ne m'acceptez-vous pas ? Pourquoi ? »
Mikoto qui dormait paisiblement dans sa chambre, s'était réveillée, attirée par de tristes reniflements. Elle était sortie par le battant extérieur de sa chambre et observait Naru. Le pauvre enfant ne méritait pas ça.
Elle le vit écarter le haut de son yukata comme pour toucher son cœur meurtri. Naru observait fixement sa poitrine, les yeux baignés de larmes. Blasé et un sourire mélangé de tristesse et de peur, elle le vit laisser tomber ses bras amorphes tout en fixant le ciel.
Après quelques secondes Mikoto s'aperçut de ce qui avait provoqué ce sourire.
« Une ronce ? »
Elle l'avait dit tout haut sans s'en rendre compte si bien qu'elle s'était cachée dans sa chambre de peur que Naru ne la surprenne. Entendant des bruits de pas venir vers elle, Mikoto se recoucha prestement sous son futon et feinta le sommeil.
« Mikoto-sama ? »
C'était Naru, elle l'avait reconnu et préféra ne pas bouger de peur d'être prise pour une voyeuse.
« Mikoto-sama, je sais que vous l'avez vu »
Pourquoi... pourquoi fallait-il qu'elle se soit levée ? Pourquoi avait-elle été si curieuse ?
« Je-je voulais juste une tasse de thé...
- Menteuse…murmura Naru. Vous mentez Mikoto-sama je vais faire comme si vous n'aviez rien vu ! Je vous apporte votre thé tout de suite si c'était vraiment là ce que vous désiriez.
- Oui, je te remercie Naru.
- ...
- Naru ! »
Naruto s'arrêta sur le pas extérieur de la chambre, sans dénier se retourner, inquiet de ce que lui dirait Mikoto.
« Oui ?
- Courage Naru, courage. »
Mikoto observait de ses yeux sombres la réaction du blond mais celle-ci ne vint pas, Naruto resta immobile et finit par s'en aller sans rien dire.
Elle entendit le chahut que produisaient les amis de son fils et ne doutait pas un seul instant qu'il était la cause du trouble qu'éprouvait Naruto. Elle ne pouvait pas lui en vouloir d'avoir eu peur.
C'était totalement compréhensible et d'un autre côté elle ne supportait pas de voir son fils faible et lâche.
Que pouvait-elle faire pour remédier à ce problème ? Pas grand-chose, hélas.
Son fils était impliqué dans une situation qui le dépassait et pour lequel il n'entrevoyait, voir n'imaginait même pas l'existence.
« Miko ?
- Fu-chan ? Sursauta-t-elle.
- Désolé je t'ai fait peur ?
- Ce n'est rien j'étais perdu dans mes pensées.
- N'en fait pas trop ma chérie dans ton état tu sais que ce n'est pas recommandé, se dirigea vers elle Fugakku.
- Je vais bien, je ne suis pas en sucre non plus ! Plaisanta-t-elle.
- Arrête ! Cria plus fort qu'il ne l'aurait voulu son mari. Tu sais comme moi ce qui s'est produit à la naissance de Sasuke ! Je ne veux pas que ça se reproduise.
- Tu crois que j'ai fait exprès peut-être ?! Que ce qui lui est arrivé me ravit ?!
- Tais-toi ! Me crier dessus ne sert strictement à rien ! S'insurgea Fugakku.
- Je te hais ! Je te hais ! Je te hais ! »
Fugakku tenta de se maîtriser mais n'y tenant plus, il gifla sa femme.
Mikoto se tut et ne bougea plus, assise sur son futon, la tête penchée vers la droite, ses cheveux défaits couvraient son visage.
Des reniflements teintèrent aux oreilles de l'homme et bientôt il s'en voulut.
« Miko. Supplia-t-il.
- Laisse-moi ! Va t-en ! Je serais obéissante et je resterais à la maison, cloîtrée dans la chambre ça te va ?!
- Miko, tu sais bien que...
- Va t-en !
- Que se passe-t-il ici ? On vous entend dans toute la maison ! Fit remarquer Naru qui tenait le plateau avec le thé.
- Fais le sortir Naru je t'en supplie ! Supplia Miko qui partit se réfugier aux pieds du blond.
- Miko tu es ridicule enfin ! » Soupira Fugakku en se dirigeant vers elle.
Devant la détresse de sa maîtresse Naruto s'interposa.
« Je vous prie de sortir monsieur.
- Naru ! Voyons !
- Je suis désolé mais ma maîtresse m'a donné un ordre.
- Eh bien moi je t'ordonne de me laisser passer.
- Je suis désolé mais les ordres de madame priment sur les vôtres.
- Ah oui ? » Sourit narquoisement Fugakku.
Naru haussa un sourcil intrigué.
« Il me semble que tu dois obéir à Sasuke n'est-ce pas ?
- Vous n'oseriez pas ?
- Et pourquoi pas ?
- Parce qu'il est occupé avec ses amis et je trouve cela fort déplacé d'attirer l'attention sur cette dispute ridicule, à moins que vous ne souhaitiez répandre des rumeurs sur l'ambiance familiale ?
- Tss, sois ! Mais ne la laisse pas faire n'importe quoi ! Partit enragé Fugakku.
- Merci Naru.
- La prochaine fois ne m'impliquez pas dans votre dispute, je ne tiens pas à ce que mon maître se mette inutilement en colère, s'en alla le blond. Il est déjà assez affaibli comme ça.
- Naru ! Attend !
- Je suis désolé mais je dois vous laisser, il me reste beaucoup de travail. »
Mikoto le vit s'incliner sans aucune expression dans le regard, sans vie. Ce garçon avait perdu l'étincelle qui le faisait briller si intensément.
« Maman ? »
Mikoto sursauta, décidément elle n'était pas dans son état habituel. Etre ainsi surprise par sa propre famille cela faisait bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé.
« Sa-chan ?
- J'ai entendu des éclats de voix, ça va ?
- Oui, tout va bien, tes amis sont partis ?
- Non, ils sont dans ma chambre, je vais les retrouver, je m'inquiétais pour toi.
- C'est gentil mon petit chat mais c'est de Naru dont tu devrais te faire du souci.
- Pourquoi cela ? Il va très bien.
- Sa-chan, il y a des choses qu'on ne voit qu'avec le cœur. »
Sasuke regarda interloqué sa mère, quand les images du baiser fougueux de sa servante lui revinrent en mémoire. Mikoto le vit secouer énergiquement la tête, contrarié.
« Et moi il y a des choses que j'aimerai bien oublier ! » S'en alla-t-il énervé sous le regard penaud de Mikoto qui s'en voulait de créer ainsi un tel sentiment de frustration et de colère chez sa famille.
Sasuke, d'un pas énervé, regagna sa chambre, où ses amis s'étonnèrent de le voir ainsi en colère alors qu'il les avait quittés impassible pour ne pas dire heureux dans le langage de Sasuke.
« Ça ne va pas ? Fit Neji.
- Si, c'est Naru. Il s'est passé beaucoup de chose et depuis qu'elle m'a... »
Sasuke s'arrêta net, il allait commettre une bourde, dire à ses amis que Naru l'avait embrassé les ferait jaser. Il en était certain.
« Qu'elle m'a ? Répéta Kiba intrigué.
- Rien laissez tomber. » Soupira Sasuke en s'asseyant avec ses amis.
Le thé était servi ce qui l'étonna.
« Naru est venu ?
- Elle était dans ta chambre quand nous sommes arrivés.
- Qu'est-ce qu'elle faisait ?
- On n'en sait rien, elle avait une boite à la main et des sachets dans une autre, expliqua Shikamaru.
- Qu'est-ce qu'elle a encore fichu ?!
- Calme toi, ça ne peut pas être si grave, tu viens de te réveiller, ménage toi un peu ! » S'alarma Neji qui voyait déjà le brun se lever pour aller voir Naru.
Sasuke soupira une fois de plus et reprit place.
« Tiens, ça c'est tous les cours que tu as raté pendant un mois, lui tendit un sac Neji.
- Tout ça ? Soupira une fois de plus Sasuke.
- T'inquiète pas, même moi j'ai tout compris, on l'avait déjà fait avec le prof particulier l'année dernière ! Fit remarquer Kiba.
- Ah, dans ce cas c'est bon, repoussa le sac loin de lui le brun.
- Dis Sasuke ? Minauda Kiba.
- Quoi ?
- Il y avait quoi dans la chambre de Naru ?
- C'est vrai ça, depuis que tu devais aller voir, il s'est passé tellement d'événements.
- C'était une horreur ! Un carnage vestimentaire ! Je n'oserai jamais porter un truc pareil !
- Ça ne peut pas être si pire, atténua les choses Shikamaru.
- Tu plaisantes ?! Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi nul en couture ! Ça ne ressemble même pas à un vêtement !
- Et le pire c'est que tu vas bientôt être obligé de le porter ! Se mit à rire Kiba.
- Comment ça ? Fronça les sourcils le brun.
- Eh bien, avec tout ce qui s'est passé, et ton absence pendant un mois, on est déjà arrivé à la fin de l'année Sasuke. Dans deux semaines tu vas devoir défiler sur le podium de l'école avec la création de ta servante.
- C'est vrai que ça arrive à grands pas ! Heureusement moi, Hinata l'a terminé ! Se sentit rassuré Neji.
- Moi aussi ! Annonça Kiba.
- Je ne dirais pas que c'est de la haute couture, mais c'est portable.
- Pareil, acquiesça Kiba.
- Je suis dans la merde !
- Tu n'as pas fini d'angoisser mon vieux, soupira Shikamaru.
- Pourquoi tu dis ça ? Crache le morceau !
- Comme tu le sais je suis président du conseil des élèves et de ce fait j'assiste aux réunions directoriales.
- Et ?
- Eh bien, Hidan-san a décidé de varier le défilé.
- Comment ça varier ?!
- Ils ont décidé que le défilé serait thématique, en gros le vêtement créé doit pouvoir s'adapter à trois situations.
- Je vais devoir défiler trois fois ?!
- Oui, et les thèmes ont été choisis par Hidan-san, autant dire qu'elle n'y ait pas allée de main morte.
- Tu me fais peur là.
- Elle a choisi ''élégance hypnotique'', ''damnation charnelle'' et ''Ombre de mort''.
- Elle veut me tuer ?!
- N'exagère pas Sasuke ! Fit Neji.
- Tu ne te rends pas compte ?! ''Damnation charnelle'' tu sais ce que ça veut dire ?! Tu te rends compte de ce que je vais subir après ce défile ! Ces troupeaux de phéromones ne vont plus me lâcher ! ''Uchiha-sama prenez ma servante elle vous sera d'une grande aide dans votre maison'', ''Uchiha-sama, voici ma fille nous venons d'une famille noble et influente depuis des générations une alliance entre nos familles nous serait bénéfique à nous et à vous également''.
- Tu n'y peux rien, intervint Shikamaru. Tu es obligé de venir.
- Je vais me faire porter malade encore deux semaines ! Affaire résolue !
- Sasuke ! Tapa du poing sur le sol Neji. Si tu ne viens pas Naru ne peux pas passer en deuxième année ! Ce défilé c'est leur examen final !
- Mais tu te rends compte qu'il est public ?!
- Et alors, tu ne vas pas en mourir ! » Soupira Kiba.
Un blanc s'installa dans la chambre, tous les trois comprenaient le malaise de Sasuke. Mais il n'y avait pas lieu de tergiverser, il devait y aller.
La cloche du petit temple se mit à sonner perturbant leur réflexion à tous.
« Il est quelle heure ? S'alarma Kiba.
- Dix-huit heures, regarda sa montre Neji. On devrait y aller »
Il fut suivi par Kiba et Shikamaru.
« On se voit demain, annonça Neji qui sortait en dernier de la pièce.
- Oui à demain. »
Après un instant à fixer la petite table basse, le brun décida de se lever. Il sortit et gagna la chambre de Naru ou il entra sans même s'annoncer.
« Naru ?! »
Le blond était au sol en train de coudre à la main une dentelle sur un ruban.
« Oui maître ? S'efforça-t-il de sourire.
- Qu'est-ce que tu faisais dans ma chambre ?
- J'ai ramassé ce qui traînait avant que vos amis n'arrivent.
- Ils ont dit que tu avais une boite à la main, fronça les sourcils Sasuke.
- C'est à moi ! S'insurgea le blond en la cachant derrière son dos avant que Sasuke, qui venait de la voir, ne s'en empare.
- Si c'était dans ma chambre ce n'est pas à toi ! Tenta de la lui reprendre Sasuke.
- Non ! Elle était pour moi !
- Ne mens pas ! » Le poussa brusquement sur le côté Sasuke, récupérant la boite dérobée.
Naru resta au sol, la violence de son maître lui fit mal au cœur.
Sasuke l'ouvra et reconnut aussitôt le velours rouge qui l'habillait à l'intérieur.
« C'est la boite du collier, murmura-t-il surpris. Je ne l'avais pas jeté ? »
Naruto écarquilla les yeux puis serra son poing. Contrarié, il se redressa, ôta la boite des mains de son maître et le gifla.
« Idiot ! Vous n'êtes qu'un idiot ! Je vous déteste ! » S'en alla en courant le blond, les larmes aux yeux.
Sasuke resta figé, surpris que le blond l'ait giflé. Il ne porta qu'après sa main sur sa joue, où la douleur naissait. Ce n'était qu'une boite, pourquoi avait-il réagi ainsi ?
Durant sa réflexion, son regard fut attiré par les sachets qui trônaient dans un coin de sa chambre.
Curieux il se dirigea vers eux et les ouvrit. Les sachets étaient remplis de bandages imbibés de sang, de pansements, de produits désinfectants.
Soudain il se rendit compte d'une chose, ce sang, ce sang devait venir de son dos et de son épaule.
Il écarta les pans de son yukata et caressa sa peau. Il n'y avait rien, son épaule n'avait rien ?! Son bras fonctionnait normalement, il n'avait même pas été plâtré !
Pourtant il était certain que le renard les lui avait brisées. Il ne l'avait même pas remercié mais plutôt blâmé depuis qu'il s'était réveillé.
Pourquoi fallait-il toujours qu'il soit comme ça ?
« Sasuke ? »
Surpris, le brun se retourna.
« Tachi, ce n'est que toi.
- Moi aussi je suis content de te revoir, se sentit vexé celui-ci. C'est quoi cette fois ?
- Comment ça ?
- Toute la maison a entendu Naru te traiter d'idiot.
- C'est rien.
- Ok, j'ai compris, je n'insiste pas, sinon tu n'as rien à me dire ?
- Je peux dormir avec toi ce soir ? » Le regarda sérieux Sasuke.
Itachi se sentit pris au dépourvu, son frère ne lui avait pas demandé de dormir avec lui depuis un bon moment alors pourquoi maintenant ? En éprouvait-il un besoin subitement ?
« J'ai fait un cauchemar et j'ai peur qu'il se reproduise.
- Un cauchemar ? Quel genre ?
- Je ne sais pas, je ne m'en souviens plus, tout ce que je sais c'est que cela m'a terrifié.
- Si tu y tiens, je ne te dirais pas non Sasuke, tu le sais bien. Mais j'espère que ce n'est pas dû à Naru.
- Qu'est-ce qu'il aurait à voir là-dedans ? » S'étonna le brun.
Itachi fronça automatiquement les sourcils au souvenir qu'il s'apprêtait à lui confesser.
« Cet idiot t'a fait boire son sang ! Ça ne m'étonnerait pas que cela t'es affecté.
- Du sang ? Murmura Sasuke.
-...
- …Du sang…..
- Sasuke ? Ça va ? »
Itachi posa sa main sur le bras de Sasuke qui au contact d'un autre corps eu une vision floue du souvenir de son cauchemar. Quelque chose qui le tirait inexorablement vers un endroit sombre, et une statue qui pleurait des larmes de sang. Son cœur se mit à accélérer et il ne put s'empêcher d' hurler de terreur, prisonnier de ces images qu'il se remémorait.
« Sasuke ! Sasuke ! Le secoua Itachi. Qu'est-ce que tu as ?! Regarde-moi ! Sasuke je suis là ! Tu ne crains rien calme toi, je t'en prie ! »
Itachi désespérait face à l'état de son petit frère qu'il voyait hurler, le regard dans le vide. Totalement déconnecté de la réalité.
Le brun prit sur lui et le gifla espérant le faire revenir à lui. L'effet escompté se produisit, Sasuke s'arrêta automatiquement d' hurler, mais il respirait très rapidement et son visage s'était couvert de sueur.
« Sasuke ? Tu m'entends ? Est-ce que ça va ? » Prit-il le visage de son jeune frère entre ses mains.
Pour toute réponse Sasuke se jeta contre son torse pour le serrer le plus fort possible, cherchant la sécurité.
« Ça va aller, c'est rien Sasu, calme toi, je vais rester avec toi, ok ?
- …Ok…. »
Itachi le prit dans ses bras, Sasuke venait de perdre conscience, il le souleva et l'emmena dans sa propre chambre. En sortant il vit Naru accolé au mur qui n'avait pas perdu une miette de la scène mais n'avait pas esquissé le moindre geste.
« Tu vois ce que ta folie a provoqué ? Jeta-t-il un regard noir au blond.
- Mon maître n'a eu qu'un aperçu de ce que je suis, il va devoir le supporter.
- Ça m'étonnerait qu'il veuille supporter ça ! Se retint de lâcher Sasuke, Itachi, pour aller coller son poing dans la figure de Naru.
- Alors c'est qu'il ne me mérite pas.
- C'est toi qui ne le mérite pas ! S'en alla Itachi. Sasuke ne pourra jamais supporter ça ! Cria-t-il au niveau de la porte de sa chambre.
- Alors je n'aurais pas d'autre choix que de le tuer. » Fit sérieux le blond tandis que son cœur se serrait à l'idée de cet acte qui le répugnait.
Itachi fit volte face en entendant cela, mais il n'y avait plus personne, le blond s'était volatilisé. Il pénétra dans la chambre et déposa son petit frère sur son futon.
Son frère avait toujours été fragile. Que ce soit mentalement ou physiquement, des problèmes s'étaient régulièrement fait sentir. Il n'avait pas aimé la réaction que son père avait eue. Il avait obligé Sasuke à pratiquer plusieurs arts martiaux, à obéir. Il était devenu le petit soldat obéissant de son père.
Il n'était pas dupe, il savait très bien que sa famille cachait des événements sombres et importants sous la prétendue faiblesse de son frère.
Il ne niait pas qu'il le jalousait pour ça, de ne pas être mis dans la confidence comme son petit frère, même s'il doutait que Sasuke connaisse la totale vérité.
Il n'appréciait pas tous ces mensonges et ces non-dits qui entouraient sa mère et son frère. Aussi il menait son enquête de son côté. Même si d'un autre côté il avait un peu peur de ce qu'il découvrirait.
Pour le moment ce qu'il avait découvert ne donnait pas lieu à de véritables trouvailles, rien d'exceptionnel mais il restait tout de même méfiant.
Il coucha son frère convenablement et le recouvrit. Il dormait paisiblement. A l'abri, en sécurité comme il l'avait toujours ressenti sous leurs fausses querelles.
Si fragile, si maladroit et en même temps si mystérieux.
Il ne put s'empêcher de caresser les cheveux soyeux de celui-ci, ses lèvres, sa joue droite, son coup gracile. Il était diablement beau.
Un sourire s'étala sur ses lèvres à un souvenir qui lui revint en mémoire. Il se pencha et souffla dans l'oreille de son frère qui se mit à ronchonner en se mettant en boule dans son sommeil.
« Petit matou. » S'en amusa Itachi qui décida de laisser son frère dormir.
Il sortit et referma le bâtant sur le visage apaisé du brun. D'un pas décidé, il gagna la cuisine où une agréable odeur s'en dégageait. Lorsqu'il arriva, il trouva son père d'un calme olympien assis à table, sa mère en face de lui, dînait. Toutefois la pâleur de son visage lui faisait froid dans le dos. Elle semblait épuisée et au bord de l'évanouissement.
« Bonsoir.
- Où est Sasuke ? S'en étonna son père, alors qu'il prenait place entre les deux.
- Il était épuisé, il se repose. »
Itachi scruta Naru qui servait son repas sans que celui-ci ne lui accorde aucun regard.
« Mère savez-vous ce que m'a dit Naru tout à l'heure ?
- Non, comment le saurais-je ? Cacha un haut le cœur Mikoto derrière la manche gauche de son kimono.
- Parles enfin ! » Tonna son père.
L'ambiance était lourde et tendue. Le moment idéal pour obtenir des informations du, ou des secrets enfouis et tabous.
« Eh bien Naru m'a fait part de son désir de mettre fin au jour de son maître si Sasuke n'arrivait pas à ne faire qu'un avec lui, d'ailleurs je me demande bien de quel « un » il mentionne »
Naru faisait comme si de rien n'était tandis que Mikoto et Fugakku se regardaient anxieux
« Je suggère de renvoyer Naru.
- C-c'est impossible. » Fit prestement Mikoto.
Trop prestement au goût d'Itachi qui voyait un secret à découvrir sous la nervosité flagrante de sa mère.
« Enfin Itachi ! On ne peut pas renvoyer Naru, fit son père qui tentait de garder son sang froid.
- Et pourquoi donc ? Mangeait le brun en faisant fit de la nervosité ambiante.
- Ta mère ne se sent pas bien ! Elle ne peut pas assurer les taches ménagères ! Nous avons plus qu'avant besoin de lui, expliqua Fugakku.
- Donc j'en déduis que ce que je vous ai dit ne vous inquiète pas pour le moins du monde ?
- Maître Itachi a dû se fourvoyer sur ce qu'il a cru m'entendre dire, intervint Naruto.
- C'est cela, ce ne peut être que ça Chi-chan ! Fit sa mère qui s'empressa de sauter sur l'occasion.
- Me fourvoyer ? Depuis quand une servante donne son point de vue sans qu'on ait eu à lui demander son avis ? »Le regarda durement Itachi.
Le blond le fixa, muet, il s'était permis de parler alors qu'il n'y était pas autorisé. Mais c'était un choix qu'il avait fait, que son maître avait fait…ou bien n'était-il devenu son maître que pour sauver sa vie ?
Ce doute l'angoissait, il ne voulait pas des conséquences qui en ressortirait si son maître ne voulait pas terminer le lien.
« Veuillez m'excuser maître d'avoir abusé du devoir de soumission et d'obéissance qui m'était inconvenu. » S'inclina Naruto avant de quitter la pièce surprenant au passage Itachi qui s'apprêtait à lui sortir une de ses remarques acerbes.
Il fallait absolument que son maître s'intéresse à lui autrement qu'en tant que son maître. Il longea les couloirs et gagna la chambre du frère de son maître. Une fois entré, il referma le bâtant. La pièce était plongée dans la pénombre, signe que la nuit était tombée.
D'un pas discret il s'approcha de son maître, s'assit et se mit à lui caresser les cheveux tout en murmurant au creux de l'oreille.
« Quand sonnera le glas de la résonance, votre cœur battra pour moi, jamais je ne vous laisserez partir, emprisonné par les chaînes du destin vous serez mien. »
Il effleura les lèvres tendres et offertes de son maître avant d'y apposer les siennes, tendrement.
Il se redressa et admira le visage apaisé de son maître si fragile, il comprenait la convoitise des filles de l'école. Son maître était riche, bien élevé, respectable, intelligent… Quelle mère ne voudrait pas l'avoir pour gendre et confier sa fille à une famille qui ne manquerait jamais de rien ?
Ces pensées qui jaillissaient dans son esprit n'étaient que possession et perversion.
Comment pourrait-il voir son maître se dévouer à quelqu'un d'autre que lui ? Il en mourra à petit feu, ou bien il commettra pure folie pour que jamais il ne l'abandonne.
Oui, la folie… Il tuerait tous ceux qui s'approcheraient de son maître.
Un sourire fou étira ses lèvres charnues, avant qu'il ne délaisse son maître.
Attentif aux bruits de pas qui s'étaient faits entendre dans le couloir, il disparut précipitamment par le bâtant extérieur, se fondant telle une ombre dans l'obscurité.
Quelques secondes plus tard Itachi entrait. Il balaya la pièce du regard, méfiant, et certain d'avoir entendu quelqu'un parler.
Mais il n'y avait que son frère blotti dans son futon. Il ne tarda pas à se déshabiller et le rejoindre. Le serrant contre sa poitrine pour lui procurer un maximum de sécurité, certain qu'il veillerait sur ses rêves ainsi.
« A quoi peux-tu bien rêver petit frère… Avec un visage si suppliant et ses joues rougies, s'en amuser son frère.
- ….Naru….. »
Itachi fronça les sourcils et serra plus fort son frère.
« Comment peux-tu l'appeler même dans tes rêves après ce qu'il t'a fait ?! »
Son frère ne lui répondit évidemment pas, si bien qu'il préféra s'endormir. Bien qu'il eut du mal à y parvenir.
Trop épuisé, il n'entendit pas son jeune frère errer dans ses cauchemars au milieu de nuit.
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La prairie, qui accueillait les rêves de Sasuke comme chaque fois, se transforma soudain en la plaine désertique des brides de souvenirs qu'il avait.
L'immense porte qui apparut brusquement devant lui, fit resurgir le moindre détail de son premier cauchemar. Si bien qu'il partit en courant aussitôt la statue de Naruto eut ouvert les yeux.
« Laisse-moi tranquille ! » Hurla Sasuke en courant comme un forcené rejoignant le saule pleureur tout en se persuadant que cela le sauverait comme la dernière fois.
Mais rien ne se produisit une fois qu'il l'eut rejoint.
« Que cherchez-vous mon maître ? »
Sasuke se retourna et sursauta. Il recula, acculé contre le tronc de ce qu'il voyait.
Devant lui se tenait la statue qui se mouvait comme un homme, faisant fit de la dureté de la pierre.
« Na-ruto ? » Tenta Sasuke.
Celui-ci sauta en l'air, un sourire énorme sur le visage.
« Je suis si heureux maître ! Vous vous souvenez de moi !
- Ah…mm, ne se sentait pas à l'aise du tout Sasuke.
- Vous êtes enfin revenu me voir.
- Oui c'est ça, tu sais comment on sort d'ici ?
- Sortir ?
- Oui, il faut que je me réveille !
- Bien sûr que je peux vous réveiller ! Se colla à lui la statue.
- Lâche-moi !
- Non ! »
Sasuke se sentit décontenancé par le refus catégorique du blond.
Un silence lourd s'installa tandis que Naruto le fixait avec son sourire niais qui s'avérait être de plus en plus faux et inquiétant. Il ne remarqua seulement maintenant que les yeux de la statue n'étaient pas rouge sang, mais bien bleu.
A peine venait-il de s'en rendre compte que le son d'une cloche retentit.
« Je reconnais ce son c'est celui de notre petit temple !
- Zut, moi qui voulais vous garder pour moi ! Pourquoi est-il déjà minuit ?! Ronchonna la statue.
- Je vais me réveiller ? » Tenta Sasuke.
La statue le fixa soudain, ses yeux se noyèrent de rouge et des larmes de sang se mirent à couler.
« Mon pauvre petit maître, si je vous laisse partir, c'est parce qu'il le faut, vous comprenez je dois lui obéir.
- Kyuubi ?
- Pourquoi m'appelez ainsi ? Vous aviez dit mon nom toute à l'heure, je suis lui et il est moi !
- C'est un rêve, c'est rêve, c'est un rêve. Se répéta Sasuke.
- La cérémonie commence, huma l'air la statue comme si elle avait quelconque pouvoir d'olfaction. Vous devez y être, c'est pour ça que je vous laisse partir…
- ….
- C'est dommage que vous ne soyez pas venu à temps.
- A temps pourquoi ?
- Trop tard ! Se mit à l'étrangler la statue, vous auriez dû lui faire confiance, à partir de maintenant ce sera beaucoup plus difficile.
- Qu'est-ce qui …argh…kuf….difficile….argh…
- Oh ? Vous êtes bien curieux tout à coup ! Sourit-il tout en continuant de l'étrangler.
- …..Argh…
- Quand la pleine lune survient à minuit, la lumière sacrée descend des cieux et quand la prochaine viendra la lumière dévastera si le lien n'est pas concrétisé…
- Quoi ?
- Maintenant dormez mon maître. »
Sasuke sentit les mains se resserrer et l'air ne plus affluer. Sa vision s'assombrit sous l'écho du rire fou de la statue.
Tandis qu'il se sentit mourir, il se réveilla en sursaut et en sueur.
Il observa rapidement la pièce et constata rassuré qu'il était dans la chambre de son frère et à côté de celui-ci, dormant profondément.
Ce cauchemar était beaucoup trop réaliste à son goût. Il devait se changer les idées. Après s'être dépêtré des bras de son frère et sorti de la pièce, il perçut nettement le son de la cloche du temple.
La maison était sombre et inquiétante. Néanmoins il perçut une lumière bleutée, douce et rassurante sous la porte de sa chambre. Il s'y précipita certain que Naru devait y être.
« Naruto ?! » Ouvra le bâtant Sasuke.
La lumière, puissante, l'éblouit brutalement. Une fois légèrement habitué, il se rendit compte que la lumière ne venait pas de sa chambre mais de l'extérieur par l'autre bâtant ouvert.
Il s'avança jusqu'au dehors et s'habitua totalement à la lumière. Ses yeux s'agrandir. Non pas d'effroi mais d'incompréhension, de surprise. C'était impossible mais pourtant cela avait bien lieu sous ses yeux.
Un yokai…un esprit se tenait là devant lui, il avait l'apparence d'une femme, de dos à lui. Elle était nue, entourée de volutes astrales. Une longue chevelure. Un corps svelte. Il n'arrivait pas à en discerner les couleurs. Tout lui semblait bleuté. Elle tourna doucement la tête pour observer l'intrus du coin de l'œil. Ses yeux rouge sang se levèrent vers les étoiles.
Sasuke fit de même, et son cœur rata un battement lorsqu'il vit la pleine lune étinceler dans le ciel dépourvu de nuage.
Il reposa ses yeux sur l'esprit qui le fixait de face. Impossible de distinguer quelconque forme. Ses contours étaient épurés. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle posa ses mains sur sa poitrine, attirant son regard plus bas.
Il s'aperçut alors de la naissance d'une chaîne, blanche, étincelante, hypnotisante, qui prenait naissance sur sa poitrine. Elle fit glisser ses mains sur la chaîne et la tendit vers lui.
Elle continuait de sourire, insouciante, comme une fleur naissante avant la pluie déchirante de l'orage d'été.
Il laissa son regard voguer sur la chaîne. Elle tapissait le sol, au pied nu de l'esprit. Elle s'entrecroisait tel un serpent dansant, illuminant les brindilles d'herbe laissées libres.
Sasuke finit par trouver la fin de la chaîne, mais plus il la suivait, plus elle se rapprochait de lui.
Son souffle se coupa lorsqu'il trouva la fin de celle-ci. Elle était directement implantée dans sa poitrine. Il releva précipitamment et inquiet le regard vers le yokai. Il s'aperçut alors des larmes qu'elle versait. Contrairement à la statue effrayante de Naru, celle-ci pleurait des larmes dorées.
C'était inconcevable et plus cela durait, plus il la regardait sous la lumière irréelle de cette pleine lune et plus il se disait qu'il rêvait encore.
Il y avait trop de choses surréalistes et qui défiaient les lois rationnelles de son cerveau.
Mais ses pensées se dispersèrent lorsque l'esprit s'approcha de lui. Si proche qu'il pouvait la toucher et pourtant il n'arrivait toujours pas à définir les contours de celle-ci.
Ce fut autre chose qui l'inquiéta que sa proximité. L'esprit prit délicatement la chaîne entre ses mains. Elle la caressait avec le plus grand soin. C'est à ce moment qu'il s'aperçut que sa chaîne n'était qu'une illusion. Elle était transparente contrairement à l'autre moitié qui partait de la poitrine de l'esprit. Pour s'en assurer il tenta de la prendre comme l'esprit mais sa main passa au travers ce qui sembla attrister l'esprit.
Elle se rapprocha de lui, inlassablement l'hypnotisant du regard il sentit ses lèvres glacées bruler les siennes à peine les eut-elle frôlées. Son corps fut parcouru d'un désir brûlant. Il connaissait cette sensation et ne souhaitait que l'approfondir, obtenir un véritable contact.
Tandis qu'il sentait la main gauche glacée de l'esprit passer au travers de ces cheveux, une brûlure plus forte se fit sentir à cet endroit… Un bruit survint dans la maison.
« Sasuke ? »
Il reconnut la voix lointaine de son frère qui semblait le chercher, mais il n'arrivait pas à détacher son regard. L'esprit l'observait inlassablement attendant quelque chose.
« Sasuke ?! »
Au deuxième éclat de voix, celle-ci se recula et d'un geste gracieux se retourna en se transformant en renard avant de s'évaporer comme la brume. Et de réapparaître au milieu des buissons.
Quelques secondes après, son frère arriva à ses côtés, inquiet.
« Sasuke ça va ? » Posa-t-il une main soucieuse sur son épaule.
Le brun ne répondit pas, hypnotisé par le yokai qui continuait de le regarder.
Son frère balaya le jardin mais ne vit rien.
« Sasuke rentre, tu vas attraper froid à rester dehors au beau milieu de la nuit.
- Tu ne la vois pas ?
- Qui donc ? » S'étonna le brun qui jeta de nouveau un œil dans le jardin.
Sasuke le voyait bel et bien, ce renard spirituel alors pourquoi son frère ne le voyait-il pas ?
« Sasuke, qu'est-ce que je dois voir ?
- La lune, tu as vu elle est pleine. Mentit Sasuke pour ne pas passer pour un fou.
- Oui, en même temps c'est la pleine lune aujourd'hui, allez viens. » Le prit par l'épaule son frère.
Sasuke jeta un coup d'œil en arrière et vit le renard disparaître.
Etait-il devenu fou depuis qu'il avait créé ce pacte avec Naruto ?
« Sasuke, tu peux me le dire si ça ne va pas.
- Oui, ça va…Je me sens bien. »
La nuit passa comme s'il ne s'était rien passé pour Itachi mais c'était autre chose pour Sasuke qui n'avait cessé d'y penser.
Le réveil avait été tout en douceur pour Sasuke. Naru était entré furtivement dans la chambre et avait murmuré d'une voix tendre à son oreille, lequel avait poussé son grognement ronchon habituel.
« Sasuke-sama, je vous emmène dans la salle de bain.
- Pourquoi ? Murmura endormi Sasuke.
- Nous sommes lundi maître c'est l'heure d'aller au lycée »
Malgré les dires de sa servante Sasuke ne se leva pas.
Naruto n'était pas dupe, son maître n'était pas encore totalement remis mais s'il ne le réveillait pas il lui en voudrait. Aussi prit-il son maître des bras de son frère et l'emmena au dehors de la chambre, direction la salle de bain. Où il avait fait couler un bain chaud.
Toujours à moitié endormi, Sasuke se laissa déshabiller.
Il n'émergea réellement que lorsqu'il reçut de l'eau tiède sur sa nuque, coulant dans son dos et parcourant son torse.
« Aaah ! C'est froid !
- C'est tiède. » Rectifia Naru, amusé, qui appréciait de retrouver son maître tel qu'il était.
Sasuke baissa les yeux et se rendit compte qu'il était nu.
« Tu m'as déshabillé ?! Paniqua Sasuke en regardant furieux Naru.
- Quel est le problème ? Je suis aussi un homme ! Se vexa Naru.
- Ça na rien à voir, c'est mon intimité ! Se leva du petit tabouret le brun tout en se cachant les parties intimes.
- Vous êtes un idiot ! Vous passez votre temps à me rejeter en ce moment, et à me crier dessus sans raison ! Mais si ça vous dérange à ce point d'être tout nu, s'énerva le blond. Eh bien vous ne serez plus tout seul ! Tira avec agilité Naru sur la ceinture de son yukata.
- Qu'est-ce que tu fais ?! Paniqua le brun en le pointant du doigt.
- Il y a des choses qui vous trotte dans la tête, je le sais bien, mais je ne peux rien y faire, mais si c'est d'être nu devant moi qui vous gène alors je vais y remédier. Tira sur les baguettes de ses cheveux Naru, laissant la cascade dorée jeter dan son dos.
- Je t'interdis de faire ça ! C'est embarrassant ! Se recula le brun contre le lavabo.
- Maître Sasuke, je joue peut-être le rôle d'une femme mais je n'en demeure pas moins un homme. » Ecarta vivement les pans de son yukata Naru, avant de le laisser tomber au sol.
Sasuke resta de marbre puis se mit à rougir ce qui amusa Naru.
« Maître ? Minauda-t-il.
- Tais-toi ! » Intima énervé Sasuke.
Naru ne dit rien, mais Sasuke le vit froncer les sourcils. Il l'attrapa par le bras et le plaqua rudement contre le bois noble des murs de la salle de bain.
« N'oubliez pas grâce à qui vous êtes en vie, vous me le devez maître. Mon si fragile petit maître. » Murmura Naruto dont le nez frôlait celui de Sasuke.
Ses yeux avaient la même tristesse que l'esprit de la veille et son visage était aussi rude et effrayant que la statue de ses cauchemars.
La situation était étrange et dangereuse. Il devait reprendre les rênes. Une seule chose marchait avec Naru, une chose qu'il se sentait obligé de faire.
« Je t'ordonne de te rhabiller et de disparaître de ma vue ! Fit d'un ton imposant Sasuke.
- Vous ne devriez pas faire ça, grimaça Naruto comme empreint à une douleur invisible.
- Je décide et tu obéis ! » Ordonna Sasuke.
Naru ferma les yeux et s'inclina.
« A vos ordres mon maître. »
Sasuke vit la cicatrice sur le cou du blond, d'où en sortit un tissu de soie bleu nuit. Lorsqu'il se releva, Naru portait le collier qu'il lui avait offert. Il enfila son yukata et sortit de la salle d'eau.
Une violente douleur lacéra le dos du brun qui, par son reflet dans le miroir, constata que les cicatrices du pacte s'étaient mises à saigner. Il avait dû effectuer un mouvement trop brusque et les plaies fragiles s'étaient rouvertes.
Encore un peu endormi et embrouillé par d'innombrables pensées qui l'obsédaient, Sasuke gagna le lycée après avoir fait sa toilette, déjeuné et s'être habillé. Naru ne l'avait pas attendu, sûrement vexé de ce qu'il lui avait dit. Il retrouva ses amis qui s'étonnèrent de ne pas le voir arriver avec le blond.
« Vous vous êtes encore disputé ?! Se mit à rire Kiba en l'attrapant par l'épaule.
- On peut dire ça. »
Sasuke tenta bien de trouver Naru au cours de la journée, mais chaque fois qu'il allait dans sa classe on lui sortait : « Naru ? Elle est partie aux toilettes », « Je crois que Hidan-san voulait la voir », « Naru, Naru, Naru, la dernière fois que je l'ai vu c'était devant la salle de danse »
Il retenta une dernière fois à la fin des cours mais la réponse ne tarda pas à se faire attendre. Même auprès d'Hinata se fut décevant.
« Naru ? Elle a dit qu'elle allait à la bibliothèque, pourquoi ?
- Pour rien. » S'en alla Sasuke.
Il était épuisé d'avoir passé son temps à le chercher…non à vrai dire ça durait depuis ce matin. Chaque mouvement qu'il faisait lui donnait la désagréable impression qu'il allait s'évanouir.
Il était peut-être trop tôt pour lui de reprendre les cours après une si longue convalescence.
Il tenta le tout pour le tout et gagna la bibliothèque de l'école mais bien sûr après avoir fait minutieusement chaque allée et rayon, il ne l'y trouva pas.
Il s'apprêta à quitter la pièce quand il repensa au yokai de la nuit dernière. C'était un renard il en était quasiment certain mais à quoi cela rimait-il ?
Il s'aventura alors dans l'allée sombre et mystérieuse de la bibliothèque qui renfermait de vieux ouvrages plein de poussière qui n'était plus ouverts depuis des années.
La section « L'occulte du Japon »
Lors de la rénovation de l'école il y a plusieurs années, la directrice Tsunade avait découvert des ruines anciennes d'un ancien temple.
Aucun objet de valeur disons matérielle, pas de statue en or, pas de cercueil pas de grand prêtre, pas de trésor sacré. Non, mais une quantité non négligeable de vieux rouleaux relatant des légendes.
Il ne s'y intéressait pas, mais pour le coup, il allait y jeter un coup d'œil.
Les ouvrages avaient soigneusement été entreposés et quiconque souhaitait les lire devait porter des gants. Autant dire que les étudiants ne s'y sont jamais bousculés.
Il enfila une paire de gants mise à disposition au début du rayon et commença à parcourir les livres.
Il en prit plusieurs qui semblaient correspondre à sa recherche mais après lecture il n'y avait rien ou très peu d'information.
Ce qui revenait souvent était la terreur que représentaient les renards. Rien d'autre n'était évoqué, à croire que des secrets y étaient cachés, qu'il ne fallait murmurer sous peine d'être d'ensorcelé.
Il prit tous les livres qu'il avait sorti et les rangea. Cela ne servait à rien de rester là à chercher des informations absentes. Alors qu'il remettait le dernier livre il sentit un courant d'air qui lui glaça le sang.
Il devait être fatigué, il n'y a pas de courant d'air dans un endroit pareil. Faisant fi de l'irrationalité qu'il crut avoir senti, il regagna sa table où attendait gentiment son sac.
Mais lorsqu'il arriva à celle-ci, il se stoppa. Une chose n'était pas à sa place juste devant sa trousse.
Un vieux livre très vieux, très épais, et assez abîmé. Il s'assit et observa l'ouvrage, anxieux. Il n'y avait pas de code barre sur la tranche, ce livre n'était donc pas la propriété de la bibliothèque. Quelqu'un l'avait définitivement laissé là.
Il effleura le livre mais le regretta vite lorsqu'une intense brûlure se fit sentir.
Mais malheureusement l'improbable continua, la couverture miteuse se mit à luire d'une aura bleutée. Chaque parcelle du livre se mit à être reconstituée et recouvrait sa beauté d'antan. Les pages jaunies et décrépies étaient redevenues uniformes et blanches.
Lorsque la lumière disparut il put nettement voir la couverture. Effrayante, jamais il n'aurait voulu la revoir. La porte de ses cauchemars, la statue aux larmes de sang.
Il se recula près à céder à la panique qui était loin d'être dans ses habitudes.
Plus rien ne se produisit. Il rêvait debout, il s'était sûrement endormi sur un livre poussiéreux pour rêver de pareilles événements.
Il s'avança et tourna le livre pour voir l'autre couverture. Il n'aurait pas dû. Elle représentait l'esprit qu'il avait vu la veille.
Sasuke tenta de l'ouvrir mais l'ouvrage se recouvrit aussitôt d'une chaîne blanchâtre.
Cette fois c'en était trop ! Il quitta la pièce à la recherche de la bibliothécaire.
« Chiyu-san ! Chiyu-san !
- Je suis dans la remise ! »
Il contourna le comptoir de l'entrée et descendit des escaliers derrière une petite porte entrouverte.
Elle donnait sur une cave aménagée qui constituait la réserve.
« Chiyu-san ?
- Ici, indiqua-t-elle. Viens m'aider à porter ce carton Sasuke.
- Comment saviez-vous que c'était moi ? Arriva-t-il près de la vieille femme.
- Qui d'autre que toi peut rester aussi tard ?
- C'est pas faux. Dites moi vous n'avez pas vu une servante blonde avec des yeux bleus ? Questionna pour la forme Sasuke, s'attendant déjà à la réponse habituelle, tout en portant le carton.
- Tu parles de ta servante mon petit ?
- Oui.
- Mmm je crois l'avoir vu entrer mais pas ressortir.
- Chiyu-san, il n'y a personne dans la bibliothèque, soupira Sasuke en montant les escaliers.
- C'est ce que je dis, elle est bizarre cette jeune fille. »
Si seulement elle savait.
« Que me voulais-tu Sasuke ? Demanda-t-elle une fois qu'ils furent arrivés et qu'elle eut fermé la porte.
- J'ai un livre étrange et il n'a pas de code barre, je me demandais si vous le connaissiez
- Allons voir ça, pose ça là veux-tu » Gagna la grande salle, la vieille femme.
Ils se dirigèrent vers ses affaires. Elle se stoppa, s'appuyant sur sa canne.
« Alors où est ton livre ?
- Il était là ! Indiqua sa table Sasuke.
- Il n'y a rien, constata-t-elle.
- Je vous jure qu'il était là Chiyu-san !
- Je te crois mais c'était sûrement le livre de quelqu'un qui est venu le récupérer entre temps, ne t'attardes pas sur des choses futiles, s'il a retrouvé son propriétaire il doit en être heureux. » S'en alla-t-elle.
A peine eut-elle tourné le dos que le livre était de nouveau sur la table.
« Chiyu-san !
- Oui ? Se retourna-t-elle.
- Là regardez ! Indiqua le brun.
- Il n'y a rien mon petit »
Sasuke constata effectivement que le livre avait de nouveau disparu.
Devant son air perdu elle revint vers lui tandis que lui, dépité, s'était laissé tomber sur sa chaise.
« Ce livre Sasuke, à quoi ressemble-t-il ?
- Il est en cuir avec deux couvertures différentes et une chaîne blanche autour.
- Y a-t-il des personnages ? Demanda celle-ci intriguée.
- Une statue, un esprit et un renard.
- Mmm, as-tu déjà vu ces éléments ?
- Si je vous dis oui, vous allez me prendre pour un fou. Soupira le brun.
- Non, non, raconte-moi. Prit-elle place en face de lui.
- Je fais des rêves… Plutôt des cauchemars à vrai dire… La statue ressemble à Naru et elle essaie de me faire entrer dans une porte surplombée d'un renard.
- L'esprit, dans quel genre de rêve l'as-tu vu ?
- Ce n'était pas un rêve, je l'ai vu. Raconta Sasuke de manière morne, qui ne semblait pas non plus y croire.
- Tu veux dire que tu étais éveillé ? Agrandit les yeux Chiyu-san.
- Oui… Enfin je crois, il était minuit et la pleine lune éclairait le corps de cette femme.
-...
- Vous me prenez pour un fou ?
- Il y a des choses en ce monde que les yeux ne peuvent voir. Un vieux sage m'a dit, lorsque j'étais haute comme trois pommes, ''on ne voit pas avec les yeux mais avec le cœur, la noirceur du monde n'ait à craindre que si elle est vue avec les yeux, rien n'est impossible à un cœur averti.''
- C'est censé vouloir dire quoi ?
- A l'époque, on priait les dieux, on les voyait, ils nous parlaient, nous récompensaient, nous punissaient, mais le monde a peu à peu perdu son cœur et les yeux sont devenus une lumière d'effroi. Voir des esprits, des scènes surnaturelles n'étaient pas une malédiction au contraire, mais aujourd'hui, on dit que les gens sont fous, qu'ils sont déconnectés de la réalité et j'en passe…
- C'est du folklore de notre culture, fit rationnel Sasuke.
- Et si ce folklore était réel ? Sur ses mots Chiyu-san se leva.
- Où allez-vous ?!
- Je rentre chez moi, il est tard.
- Vous pensez que je suis fou alors ? Tenta Sasuke.
- Je ne suis pas assez sage pour pouvoir te répondre, si c'est un renard que tu vois, alors va en voir un plus vieux que moi. Fut presque sortie Chiyu-san.
- Où ça ? ! Se leva Sasuke, désireux de régler son problème.
- Au temple sacré de Fushimi à Kyoto, la demeure des renards, vois avec le cœur et expose ta requête à leur soin. »
Chiyu-san sortit du champ de vision de Sasuke, le laissant encore plus perdu.
Pourquoi personne ne lui disait les choses telles qu'elles étaient ? C'est tout ce qu'il souhaitait… Qu'on lui indique quoi faire, lui qui pour une fois ne savait pas quoi penser.
Les inquiétudes, les questions, se bousculaient dans sa tête, tout semblait se produire en même temps et cela ne faisait que le perdre.
Il était perdu, ses règles, sa stabilité, ses connaissances… Plus rien n'était comme avant, le monde changeait trop vite autour de lui.
Sasuke continuait de fixer la porte où Chiyu-san avait disparu. Perdu dans ses pensées, il émergea brutalement en sentant quelque chose de froid frôler sa main droite.
Avec appréhension il baissa le regard vers le sol.
« Qu-qu'est-ce que… »
Une brume sournoise avait envahi la bibliothèque, impossible pour son esprit rationnel. Sasuke déglutit difficilement tout en baissant le regard.
Le livre enchaîné était là, sous ses yeux, sur cette table.
Une mélodie s'éleva dans l'air, envoûtante, hypnotisante. La brume s'éleva en tournoyant.
Sasuke n'eut aucun mal à deviner l'esprit qui l'appelait chez lui la dernière fois. Dansant autour de lui dans un rythme endiablé. Elle s'arrêta soudain face à lui et de ce qu'il devina une main, elle frôla son visage, l'attirant vers elle.
Elle se détourna et se dirigea vers la sortie.
Le brun attrapa le livre et le fourra dans son sac avant de la suivre. Elle ouvrit les portes avec vivacité. Celle-ci donnait sur l'extérieur, il faisait nuit noir et le clair de lune éclaira d'une puissante lumière le corps brumeux.
Sasuke l'a suivi, cet esprit qui le hantait, lorsqu'il arriva au dehors ses yeux furent attirés au ciel.
La lune, belle et ronde, illuminait la cour de l'école.
« Sasuke-sama »
Cette voix… Cette sonorité, une pointe de désespoir, une demande impatiente.
Ce ne pouvait être que lui.
Ses yeux quittèrent la contemplation de la lune et se posèrent sur l'esprit. Son cœur rata un battement.
« Naru…to ? »
Ce n'était pas une femme. Cette peau, cette lumière, ce regard, cette envie irrésistible de toujours être avec lui, les événements étranges, le livre, la chaîne…le renard…
…Ce sourire…
C'en fut plus que son cerveau, fatigué et mis à rude épreuve dernièrement, put supporter.
La lumière disparut soudain et la voix lointaine et angoissée de sa servante résonnant à ses oreilles.
« Sasuke-sama ! »
Il ne savait pas si sa tête avait heurté le sol, tout ce dont il était sûr, c'est que la voix mélodieuse le berçait d'une chanson angélique à l'heure actuelle.
Au loin de cette voix il percevait celle d'autres personnes.
« Très bien, je compte sur vous, j'espère que vous y arriverez »
Son père ?
« N'ayez crainte, je prendrais soin de lui, il sera en sécurité ici »
La voix d'un vieil homme ?
« Je l'espère sinon sa mère me tuera »
Sa voix tremblait, pourquoi était-il nerveux ?
« Comment va-t-elle ?
- Cela semble mal parti, Tsunade nous a donné des herbes mais je crains qu'elle ne le perde.
- Je prierai le Nekomata pour elle, afin qu'il épargne le fruit de sa fidèle servante.
- Je vous avoue que je n'adhère pas à ces pratiques ! Sa soi-disante divinité et une ombre de mort !
- C'est pour cela qu'elle est un formidable assassin monsieur Uchiwa.
- Tout de même ! Si ça ne tenait qu'à moi, il y a longtemps que je l'aurais éloignée de ces pratiques !
- Vous avez choisi d'embrasser la vie d'un esprit, par conséquent, cette même vie ne vous appartient plus.
- Mais Sasuke...
- Votre femme est venue demander l'aide de l'esprit du renard pour sauver son fils décédé. Son esprit, le bakeneko, a ressuscité le cadavre de votre enfant et celui du Kyuubi lui a offert la force de vie. Sa vie ne tient qu'à la volonté du renard. Prenez garde à ne pas offenser les esprits monsieur Uchiwa !
- Tss ! Il n'y a que nous pour encore croire à de pareilles balivernes ! »
Des bruits de pas…
« C'est parce que nous y croyons qu'elles vivent monsieur Uchiwa. Si l'on cesse d'y croire, elle meurt, comme votre fils est en train de le faire, la vie lui échappe chaque jour un peu plus.
- Sauvez-le, c'est tout ce que nous demandons.
- Comprenez que sa guérison ne tient pas de moi, les pactes sont...
- Il a déjà passé ce pacte ! Alors pourquoi hurle-t-il la nuit ?! Pourquoi l'entends-je hurler le désespoir au travers de ma femme, il devait être sauf !
- Votre peur des esprits, votre souhait qu'il soit un enfant normal, tous ces secrets que vous lui avez caché, c'est cela et rien d'autre qui l'a perturbé… »
Des bruits de pas retentirent et le silence se fut, quelqu'un était parti.
« Bien, par quoi allons-nous commencer ? »
Encore des bruits de pas…
« Si tu te réveillais maintenant Sasuke-kun ? »
Ses yeux s'ouvrir doucement, il se redressa doucement. Devant lui se dressait un moine.
« Où suis-je ? Frotta sa tête le brun.
- Au temple du renard.
- Kyoto ? Comment suis-je arrivé ici ?
- Votre père vous a amené.
- Père ?! Se leva précipitamment Sasuke en cherchant du regard dans la nuit noire la trace de son père.
- Il est déjà parti, revenez vous asseoir.
- Non je dois rentrer chez moi… La bibliothèque, Naru… Je dois le voir ! »
Il s'apprêtait à quitter le petit pavillon par l'extérieur quand deux yeux se mirent à luire dans le noir, puis une ribambelle suivirent.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Se recula effrayé le brun.
Il avait déjà vu ses yeux. Il se mit à courir vers le moine et partit se terrer en boule dans un coin de la pièce, tétanisé.
« Ne les laissez pas s'approcher ! Par pitié ! Ne les laissez pas ….
- Il n'y a aucune crainte à avoir, ce sont les protecteurs de notre temple. Venez mes amis, approchez, vous faites peur à notre invité ainsi. »
Sasuke ouvrit un œil entre ses bras et vit les petits et des plus grands renards entrer.
« Voyez, c'est votre souffrance et votre odeur qui les ont attirés.
- Ma souffrance…mon odeur ?
- Ils ont lu dans votre cœur, ils sont inquiets, quelqu'un a disparu, quelqu'un de cher à votre cœur et pourtant vous ne savez pas si vous devez le retrouver.
- Sasuke-kun, où est le porteur du Kyuubi ?
- Il est parti.
- Parti non, un pacte ne peut être rompu si facilement, racontez moi, approchez »
Sasuke hésita puis fit face au moine, peu après, les renards ne tardèrent pas à venir les encercler.
« Je fais des rêves étranges…. »
Durant un long moment Sasuke raconta son histoire au moine. Mais une fois terminé celui-ci se mit à rire.
« Vous vous moquez...
- Non, bien sûr que non. Simplement, tu as peur d'une chose que tu ne connais même pas.
- Vous ne pouvez pas comprendre.
- Oh si je le peux, je vais moi-même te raconter une histoire, ton histoire.
- Quoi ?
- Chut ! Par une nuit d'orage, je fus réveillé aux abords de minuit, les renards s'agitaient et étaient venus me réveiller. Je les ai suivis au travers des couloirs du temple, ils me menèrent à la grande salle sacrée.
-...
- Une femme hurlait désespérée en tenant son enfant vers le haut sous le renard de notre protecteur, Kyuubi. L'enfant était horrible, sa peau était noire et sang, il n'avait rien d'un humain, c'était un cadavre auquel la divinité Bakeneko avait redonné vie.
-...
- Cette femme c'était ta mère qui avait pactisé avec cet esprit chat.
- L'enfant…
- C'était toi, Sasuke.
- C'est impossible !
- L'accouchement avait dû très mal se passer, elle implorait qu'on redonne la force de vie à la créature qu'elle tenait, elle implorait le Kyuubi d'en faire son serviteur. Je me suis manifesté devant sa douleur. Le Kyuubi n'avait accordé sa clémence à personne depuis des temps immémoriaux. Elle ne devait pas se bercer d'illusion. Mais pour faire revenir véritablement à la vie ce corps qui était le tien, il fallait faire un pacte, et ce pacte ne pouvait être réalisé que si le dieu décidait d'incarner un être de chair et de sang.
-...
- J'aime à penser que le dieu jugea bon de te sauver, qu'il avait d'autres projets pour toi. Car un renard entra dans la salle, tenant entre ses crocs le couffin d'un nourrisson. C'était le destin. Ce nourrisson à peine orphelin de quelques heures, au même moment que ta naissance, était arrivé dans la soirée au temple, apporté par ce même renard.
- Ça suffit, ce ne sont que des balivernes comment voulez-vous que je vous crois ?! »
Le moine ne fit pas attention à sa remarque et il continua.
« Une énergie spirituelle s'est emparée du nourrisson, le Kyuubi prit forme et le sang de ce nourrisson fut versé sur ton corps, ce fut le pacte de sang.
- Vous avez sacrifié un nourrisson ?
- Sacrifié ? Non, il est toujours en vie, Naruto, c'est ainsi qu'il se nomme.
- Naru -to ? C'est impossible… Ecarquilla les yeux le brun.
- Arrête de penser avec ta tête, lui tapa sur le front le moine. Il faut croire ce qui est en toi, tapa-t-il ensuite sur sa poitrine.
- Admettons, concéda au bout de quelque minutes Sasuke. Mais j'ai fait un autre pacte avec lui.
- Il existe plusieurs pactes : le sang, la chair, l'unité, l'obéissance et bien d'autres. Tu as fait le sang étant enfant, puis tu as fait celui de l'obéissance, faisant de Naruto un esprit enchaîné.
- C'est faux.
- Comment cela ?
- La chaîne, elle n'est pas complète. Repensa à l'esprit Sasuke.
- Tu as refusé le pacte de l'unité c'est pour cela.
- Comment le savez-vous ?
- En faisant le deuxième pacte, toutes tes actions ont été acceptées par Naruto mais toi tu as refusé de franchir cette porte que tu as commencé à voir, par peur des démons qui se tapissent au fond de son cœur, tu as refusé d'accepter son monde car il t'effrayait.
- Que se passera-t-il si je ne la franchis pas ?
- Naruto rejoindra ses illustres renards que tu vois, condamné à une vie animale… Ils sont plus vieux qu'on ne pourrait le croire… Attendant que le prochaine enfant naisse et que le Kyuubi le possède.
- Il est parti, il ne reviendra pas.
- En es-tu sûr ?
- Je l'ai cherché ! Je l'ai appelé ! S'en voulut Sasuke.
- Essaie avec ton cœur et non pas avec tes mots. Un servant n'est délivré de son pacte que si la mort fauche son maître. Et à en juger par ton état vital, je pense pouvoir confirmer que tu es en vie, Sasuke Uchiwa. » S'en amusa le moine.
Il se leva et se dirigea vers la porte laissant le brun pensif.
« Mais si dans trois jours tu n'as pas fait ce lien, Naruto disparaîtra totalement sous une forme animale, prisonnier à jamais de ce temple.
- Trois jours…Murmura inquiet le brun.
- En attendant, tu vas rester ici. La salle de bain est au bout du couloir à gauche et à droite se trouve la cuisine et ta chambre. J'espère que ma modeste vie ne te dérangera pas trop... » Quitta la pièce le moine.
Sasuke resta au sol un moment. Tous les événements de ces dernier temps, les révélations faites par le moine, Naruto qui avait disparu, son père qui l'avait amené ici au beau milieu de la nuit. Tout cela pesait si fort sur son cœur qu'il était certain que ses jambes ne le porteraient pas s'il se levait de suite.
Au bout d'un long instant, il finit par se décider. IL gagna la salle de bain avec une boule au ventre et la sensation qu'il allait vomir de suite. Il se déshabilla, remplit la minuscule baignoire et commença à se savonner, l'esprit occupé par des milliards de pensées.
Il se frottait frénétiquement essayant de faire partir cette sensation de saleté qu'il ressentait en lui.
Ce ne fut que lorsque sa peau se mit doucement à rougir qu'il ne se stoppa, perturbé par les mots du blond qui lui revenaient en mémoire.
''Votre peau est si blanche maître, je la trouve magnifique'', '' Je suis heureux d'être le seul à la voir rougir'', ''Maître ?'', ''Maî-tre ?!''
Il revoyait les mimiques innombrables du blond dans son esprit, un immense sentiment d'insécurité le submergeait. Il avait besoin de lui, où était-il ?
Il se glissa dans l'eau chaude qui piqua sa peau irritée. Sasuke se recroquevilla et se mit à pleurer en silence.
« Naruto….Naruto….. »
Où était-il en ce moment et que pouvait-il bien faire ? Pensait-il à lui ? Ou préférait-il devenir un renard pour toujours ?
Au fond il l'avait frappé, insulté, humilié plusieurs fois…. Pourquoi voudrait-il rester auprès de lui ?
Mais cette voix qui avait crié son nom lorsqu'il était sorti de la bibliothèque, il était tout à fait certain qu'elle appartenait à Naruto.
Il se laissa glisser dans l'eau et son regard se leva au plafond laissant sa nuque reposer sur la baignoire.
C'est la qu'il le vit.
Ses cheveux d'or, son visage inquiet…
Une fraction de secondes où son cœur s'apaisa avant qu'il ne disparaisse brutalement de la petite fenêtre de bois qui permettait à la vapeur de s'échapper.
Il se leva précipitamment, manqua de tomber et s'agrippa au barreau de bois, cherchant du regard.
« Naruto ?! »
Il le vit en train de s'enfuir, du moins il pensait que cette forme pâle, sous les rayons de la lune, appartenait au blond.
« Naruto ?! » Tenta de l'appeler en vain Sasuke.
Au fond de lui-même, qu'espérait-il ? Que Naruto revienne comme une fleur auprès de lui, après tout ça ? Non il préférait sûrement rester sous la forme d'un renard plutôt qu'avec lui.
Mais tout cela était-il seulement vrai…
Une fois son bain pris, il gagna la chambre, indiquée par le moine, avec une boule au ventre.
« Pourquoi ne puis-je pas être un garçon normal, avec une vie tranquille et une servante ordinaire ?...Non, c'est faux ! Tu ne fais que te mentir Sasuke ! » Ouvrit-il furieusement son futon.
Il se coucha, rabattit la couverture et se roula en boule.
« Je ne veux pas d'une vie normale….Je veux qu'il soit là….. C'est triste d'ennui sans lui….Naruto….. Je t'en prie reviens….. »
Assailli par l'incertitude et épuisé par tous les événements succins, il tomba profondément endormi…
…mais très loin du pays des rêves.
A peine ses yeux fermés sur les murs du temple, qu'il les rouvrit sur la prairie calcinée de ces cauchemars. Et la sournoise et maléfique statue se retrouva à ses côtés à le railler.
« Gentil petit maître apeuré, vous êtes revenu ? Je ne vous laisserai plus repartir ! » L'agrippa celle-ci.
Sasuke déglutit difficilement tout en fixant cette porte fermée en face de lui.
« Je n'ai pas l'intention de repartir, se défit de la prise le brun et marchant droit vers la porte.
- Comment ?! Fit surprise la statue. Vous n'avez plus peur ? Le suivait-elle.
- Si j'ai peur… Mais pas de toi….
- Mais...
- C'est de moi dont j'ai peur, j'avais peur que tu disparaisses si j'ouvrais cette porte, que notre quotidien change, mais c'est en agissant ainsi que tu t'es éloigné de moi… Peu importe ce qui se trouve derrière, je la franchirai, car j'ai besoin de toi Naruto…
- J'en suis flatté mon maître. » S'inclina la statue de pierre avant de disparaître en poussière.
Sasuke se retrouva seul face à la porte, il prit une profonde inspiration, et posa ses mains sur chacune des anses et tira un grand coup.
La double porte s'ouvrit laissant place à une obscurité béante.
« Je vous attendais depuis si longtemps, mon maître. »
Devant Sasuke, à quelques centimètres de lui, apparut le sosie de Naruto, mais quelque chose était différent.
« Vous embrassez enfin la voie des ombres. »
Le Naruto l'embrassa brusquement. Ce même baiser, aussi passionné et profond que la dernière fois mais avec une touche de brutalité.
Alors qu'il perdait pied, le blond lui mordit soudain la lèvre inférieure. La violente douleur lui parcourut l'échine, et Sasuke ouvra subitement les yeux…..sur le plafond du temple.
Il se redressa, légèrement étourdi mais avec un goût désagréable de fer dans la bouche.
Il posa sa main droite sur celle-ci puis l'observa. Sa lèvre saignait.
« Ce n'était pas un rêve… » Se massa les tempes le brun.
Il était temps d'accepter tous les événements de ces derniers mois.
Mais plus que cet étrange événement, une chose attira son regard. Collé, tout contre lui, un énorme renard d'un blanc immaculé se complaisait contre sa hanche gauche et sous la couverture de son futon.
Il s'apprêta à hurler, au risque de réveiller la bête, quand il aperçut un objet bien familier.
Le collier, il était au cou de ce renard.
Son cerveau hurlait que c'était impossible, mais son cœur lui criait que ce ne pouvait être que lui.
« Naruto…Ne me quitte plus jamais ! »
A suivre…. ^^
Chapitre 6 : Lumière ténébreuse.
N'hésitez pas à commenter comme toujours, je suis preneuse de vos avis !
