Disclaimer : Orgueil et Préjugés (univers, personnages, etc) ne m'appartient pas et je ne suis pas payée pour écrire cette histoire. Cependant, cette fanfiction est la propriété de son auteur, à ne pas publier sur tout autre support que ce soit, sans son autorisation.

Notes de l'auteure : Pour être tout à fait honnête avec vous, à l'heure où je commence cette histoire, je n'ai que les grandes lignes en tête. Cette idée de réécriture peut paraître étrange, mais c'est une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment. Et comme toute idée de fanfiction, j'ai voulu voir ce que ça donnait. On peut dire qu'il s'agit d'un univers alternatif à partir du bal de Neitherfield, c'est en cette occasion que survient le premier évènement qui diverge du canon.

Avec cette réécriture, je ne pense pas faire mieux que Jane Austen, ça serait franchement présomptueux de ma part. Mais c'est un univers avec lequel j'ai eu envie de travailler, alors j'espère que cette humble histoire vous plaira. J'ai essayé de rester la plus fidèle possible au canon, notamment en ce qui concerne le caractère des personnages. Pour ce qui est des us et coutumes du XIXème siècle, on va être honnête, je ne suis pas franchement une pro de l'étiquette et dud comportement attendu en société. Des choses vous sembleront donc sûrement incongrues voire déplacées, mais j'ai fait de mon mieux. Si j'avais le temps de faire toutes les recherches possibles pour coller au maximum à la réalité historique, je le ferai. Mais hey, je dois bosser pour la fac alors… la vie est cruelle.

J'attends vos avis, bons, mauvais et constructifs. J'ai conscience qu'on ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai espoir que cette fic distraira quelques personnes et que j'y partagerai avec vous mon amour pour Jane Austen.

Edit d'avril 2023 : cette fiction a récemment était relue, dans une volonté de rendre mon profil FFNet un peu plus présentable. J'ai seulement retravaillé la forme, comme les fautes de frappes, de grammaire ou les tournures de phrase un peu alambiquées. Je ne suis pas infaillible alors il reste peut-être des erreurs. Mais en relisant les reviews, j'ai vu qu'on mentionnait plusieurs fois les fautes de frappes notamment, j'espère que c'est maintenant plus lisible. Dans les commentaires, plusieurs personnes relèvent également les erreurs (si ce n'est pas pour dire les énormes faux-pas) sur les conventions sociales de l'époque, du genre, de trop grandes libertés prises par Elizabeth et Darcy, dans le fait qu'ils correspondent et se voient seul à seul… à l'époque où j'ai écrit cette fiction, j'avoue que je n'avais pas conscience de tout ça et désormais, je n'ai pas l'énergie de tout réécrire pour que ça soit historiquement adéquat. Je suis donc désolée si la sensibilité de certains lecteurices est heurtée, sincèrement je peux comprendre, c'est le genre de trucs qui peut me faire cringe même si c'est dans d'autres fandoms… Bref, c'était juste pour dire que j'avais pris connaissance de ses erreurs et je comprendrais si ça vous rebute pour lire la suite.

Je vous souhaite quand même une bonne lecture.

OxoOoxo

La voiture de la famille Bennet s'arrêta devant la demeure de Netherfield, alors que le bal avait déjà débuté. Tous les membres de la famille étaient emballés à l'idée et à la perspective de cette soirée, qui avait occupé toutes les pensées et les conversations de la semaine passée. L'enthousiasme avait animé la vie de Longbourn pendant plusieurs jours. Chacune des demoiselles Bennet se réjouissait en vue de cette soirée, bien que chacune ait ses raisons pour son impatience.

Pour Lydia et Kitty, cet évènement représentait quelques heures de plus passées avec les officiers du régiments, et leur goût prononcé pour la danse ne faisait qu'apporter plus de vigueur à leur empressement. Pour Mary, cela serait une occasion de jouer en public, et elle s'était entraînée toute la semaine au piano et au chant. Pour Jane, c'était une occasion de passer une soirée en l'agréable compagnie de Mr Bingley. Plus leurs rencontres se faisaient fréquentes, plus son inclination envers lui s'imposait à elle. Quant à Mrs Bennet, elle profiterait sans aucun doute de ce nouveau bal pour souligner, auprès des autres dames de sa connaissance, l'intérêt que le locataire de Netherfield portait à son aînée, mais aussi de venter le mérite de ses quatre autres filles qu'elle cherchait plus que jamais à marier. Quant à Elizabeth, son ravissement de revoir Mr Wickam l'avait fait être de bonne humeur toute la semaine. Elle trouvait le jeune officier tout à fait charmant et agréable, et les discussions qu'ils avaient déjà eu la confortait dans ses ressentis à son égard.

Se fut par Charles Bingley et ses sœurs que les Bennet furent reçus. Le premier salua chaleureusement chaque membres du clan Bennet, les accueillant dans sa demeure avec ravissement. Ses sœurs, quant à elles, furent un chaleureux accueil à Jane et se contentèrent de salutations polies pour le reste de la famille. On leurs présenta Mr Collins, qui ne tarrissait pas d'éloge sur la beauté et la grandeur de la demeure. Puis, ils entrèrent dans la salle de bal, et tous se dispersèrent bien vite.

De nombreuses personnes étaient déjà présentes, et en embrassant les lieux du regard Lizzy aperçut Charlotte Lucas, Sir William ainsi que Mr Hurst et Mr Darcy. Charlotte vint d'ailleurs à sa rencontre, la saluant avec un sourire. Elizabeth lui présenta son cousin, Mr Collins, qui assura être ravie de rencontrer les amies de sa chère cousine, et qui révéla qu'il n'avait jamais vu autant de charmantes jeunes fille qu'en Herfortshire. Alors que son amie et son cousin entamaient une conversation où le pasteur renouvellait ses éloges sur sa bienfaitrice Lady Catherine de Burg, Elizabeth parcourut la foule du regard avec l'intention d'y trouver Wickam.

Elle l'aperçut alors en pleine conversation avec Mr Denis, un peu plus loin. A cette vision, elle sourit légèrement et prit congés de Charlotte et Mr Collins pour aller rejoindre les deux officiers. Elle les salua respectueusement, s'excusant d'avoir interrompus leur conversation.

« N'en faîtes rien, Miss Bennet. » lui assura Mr Denis. « Vous n'interrompez aucun échange d'une importance capitale, et je devais de toute façon aller saluer d'autres personnes, je vous prie donc de m'excuser. »

Mr Wickam et Elizabeth le laissèrent s'en aller, avant que chacun ne reporte son attention sur l'autre.

« Je suis heureux de vous voir, Miss Bennet. » assura Wickam avec un sourire des plus aimable. « Vous portez-vous bien ? »

« Très bien, merci. » répondit Lizzy avec un sourire, inclinant légèrement la tête sur le côté.

« J'ai aperçu vos sœurs ainsi que vos parents, je ne devrais oublier d'aller les saluer. » déclara l'officier en portant un regard sur Lydia et Kitty, déjà en pleine conversation.

« Je suis sûre qu'ils en seront ravis. » certifia la seconde des demoiselles Bennet. « La réception vous plait-elle ? »

« Oui, cette demeure est tout à fait charmante. » reconnut le jeune homme en embrassant la pièce du regard. « Et passer un si agréable moment avant mon départ de demain m'enchante grandement. »

« Que voulez-vous dire ? » demanda Elizabeth, soudain inquiétée par la précédante révélation de son vis-à-vis.

-« Je pars demain à la première heures pour Londres. » expliqua Mr Wickam. « Une affaire urgente requière ma présence là-bas. Mais je ne voulais pas partir plus tôt je ne voulais pas manquer l'occasion de me distraire avant de retourner à une activité moins réjouissante. »

-« Je comprends. » assura Miss Bennet. « Et vous savez combien de temps vous serez absent ? » mais elle sembla se rendre compte de la nature de sa question et se confondit en excuses. « Oh, pardonnez-moi d'être aussi indiscrète. »

« N'en faîtes rien, Miss Bennet, cela ne me semble pas indiscret.' Lui assura-t-il. Cela ne devrait pas être plus de quelques jours. » l'informa George Wickam avec un léger sourire.

Durant les minutes qui suivirent, , ils partagèrent une conversation pleine d'entrain et d'animation, sur la semaine passée. Mr Wickam conta à Elizabeth les différentes anegdotes de la vie du régiment, et celle-ci lui fit part des préparatifs que cette soirée avait nécessité au sein de sa famille. La jeune femme était tou à fait ravie de cette échange, trouvant son interlocuteur de plus en plus charmant à mesure que les minutes passaient.

Ils furent interrompus par Lydia et Kitty, venues saluer Mr Wickam. Instinctivement, Elizabeth sentit son enchantement diminuer, et s'excusa auprès de ses deux cadettes et de Mr Wickam, afin de se rendre auprès de Jane que Mr Bingley avait délaissée quelques minutes pour aller converser avec Mr Darcy.

-« Lizzy ! » s'exclama l'aînée des Bennet à la vue de sa sœur. « Vas-tu bien ? Je te croyais en pleine conversation avec Mr Wickam. »

-« Je l'étais. » déclara Elizabeth avec un léger sourire. « Mais Lydia et Kitty sont arrivés, et il fallait bien que je vienne te tenir compagnie. » ajouta-t-elle, rieuse.

-« Oh, je n'étais pas seule depuis longtemps ! » lui révéla Jane. « Mais raconte-moi… Comment se passe ta soirée ? Tu n'as pas un instant quitté Mr Wikcam. »

-« Je pourrais en dire autant de toi et Mr Bingley. » la taquina Elizabeth. « Mais il est vrai que les conversations en compagnies de Mr Wickam sont très agréables. » reconnut elle, presque honteuse.

-« Oh Lizzy ! » s'exclama son aînée, ravie. « Te plairait-il donc ? »

-« Cela se pourrait bien Jane. » avoua Lizzy en baissant les yeux. « Mais ne nous empressons pas à tirer des conclusions. » déclara-t-elle ensuite, raisonablement. « Il n'est ici que pour la durée de l'hiver, dois-je te le rappeler ? »

-« En effet. » approuva Jane. « Mais peut-être sa présence pourrait-elle être prolongée, pour des raisons encore obscures… »

-« Le temps nous le dira. » répondit simplement Elizabeth, songeuse.

Bien sûr, elle espérait que les présages de son aînée se révèlent exacts. Malheureusement, elle gardait à l'esprit que l'établissement du régiment à Meryton n'était que temporaires. La discussion avec Jane continua, ainsi que la soirée. Elizabeth se vit invitée à danser par Mr Wickam mais également Mr Collins, ce qui ne l'enchantait guère. Elle échangea de longues conversations avec Charlotte ou Jane. Elle passa sa soirée, sans se rendre compte que dans la foule, un gentleman l'observait discrètement.

Depuis le début de la soirée, Darcy n'échangeait que de rares discussions avec Caroline Bingley, sa sœur ou son frère. Charles était plus empressé aux côtés de Jane Bennet, ce qu'il comprenait parfaitement. Ainsi donc, dès qu'il avait vu Miss Elizabeth Bennet discuter gaiement avec Wickam, il n'avait pu s'empêcher de les guetter discrètement. Oh, bien entendu il n'éprouvait pas de jalousie quelconque, aucunement. Mais son aversion pour Wickam le forçait presque à guetter ses agissement, et l'hypocrisie feinte avec laquelle il se comportait au sein de cette assemblée. Il devait reconnaître à George Wickam, un certain don pour former des contacts avec autrui. Il savait se faire apprécier de tous, et ses manières étaient tout à fait séduisantes. Malheureusement, Darcy ne pouvait lui accorder plus de mérite, en connaissance de ses agissements passés.

Pourtant, malgré la connaissance de ces faits, il n'alla pas prévenir Miss Bennet, même lorsqu'elle se retrouva seule. Il songea plusieurs fois à l'inviter à danser, pour essayer de déceler ce qu'elle pensait de Wickam. Mais il se résolut bien vite, se disant bien que leurs affaires ne le regardait en rien, et quil serait malvenu de sa par, sans doute, d'importuner ainsi Miss Elizabeth. Pourtant, plus la soirée passait, plus il se posait de question sur l'intérêt qu'il portait à la seconde des demoiselles Bennet. Bien sûr, il avait déjà remarqué son vif caractère et son intelligence, qui aurait pu en outrer plus d'un… Mais pas lui… Il était intrigué par elle, comme captivé par sa vivacité d'esprit, mais également - comme il l'avait dit à Miss Bingley – de la beauté de ses yeux. Son intérêt grandissait, mai Darcy se refusait de se l'avouer… Elizabeth Bennet resterait pour lui un mystère, c'était mieux comme ça.

Ainsi la soirée passa. Les danses et les discussions s'enchaînaient, reprenant de plus belle après le suculant dîner offert par leurs hôtes. Elizabeth passa des moments plus qu'agréables avec Mr Wickam, et Darcy se contentait de laisser le bal passer, discutant parfois avec ce qu'il avait de connaissances au sein de cette assemblée.

Tout au long du bal, Elizabeth avait été inquiétée par une éventuelle rencontre entre Mr Darcy et Mr Wickam. Elle savait la haine réciproque qu'ils se vouaient, notamment venant du maître de Penberley, et craignait pour la bonne entente générale. Mais jamais ils ne se croisèrent, et l'affaire qui les occupait tous deux ne fut jamais abordée entre Elizabeth et le jeune officier.

L'heure du départ arriva bien vite selon Elizabeth, et avec lui sa séparation d'avec Wickam. Bien sûr, elle le reverrait assurément en allant se balader à Meryton, mais la perspective de son départ du lendemain ne la ravissait pas du tout. Cependant, elle dut lui dire au revoir bientôt.

-« Miss Bennet, j'ai été ravi de passer cette soirée en votre compagnie. » assura le charmant officier, sourire aux lèvres.

-« Moi également monsieur. » lui certifia Lizzy, souriante.

-« J'espère vous revoir très prochainement à Meryton. » lui confia le jeune homme.

-« Je l'espère aussi. » avoua Elizabeth.

-« Bonsoir, Miss Bennet. » la salua Wickam, avant de s'incliner respectueusement et de prendre congés.

Elizabeth le regarda s'éloigner, puis gagna la voiture où toute sa famille l'attendait. Elle passa le voyage du retour vers Longbourn à songer à la soirée qui venait de s'écouler, en savourant jusqu'au moindre souvenir, bercée par les exclamations de ses plus jeunes sœurs, de sa mère et de Mr Collins.

Arrivée à bon port, elle se coucha avec Jane dans leur chambre. Elles échangèrent de brèves impressions sur la soirée, mais la fatigue les emporta vite et toutes deux s'endormirent, le cœur léger.

XXXXXX

Les jours qui suivirent ne furent pas de tout repos à Longbourn. Des émotions fortes avaient agité la famille Bennet, notamment lors de la demande en mariage de Mr Collins à Elizabeth, et du refus plus que catégorique de cette dernière. A présent, leur cousin était reparti pour Hansworth, mais les nerfs de Mrs Bennet ne semblaient pas s'en être totalement remis.

En ce début d'après-midi, chacun vaquait à ses occupations à Longbourn. Elizabeth et Jane se trouvaient dans le salon, lisant chacune un livre avec attention, alors que Mary s'exerçait à son clavecin. Mr Bennet était dans son bureau, et Mrs Bennet ainsi que Lydia et Kitty s'étaient rendues à Meryton chez Mrs Phillips. Se fut sur les coups de quatre heures que les trois sœurs entendirent des pas de chevaux à proximité, venant du dehors. Elizabeth et Jane échangèrent un regard étonné, puis, Lizzy se leva, fronçant les sourcils devant la venue de visiteurs. Elle demanda à Jane et Mary si elles soupçonnaient l'identité de leurs invités, mais les deux répondirent par la négative. Alors, Elizabeth alla prévenir son père, et tous deux sortirent ensuite du bureau, attendant les nouveaux venus.

Quelques secondes plus tard seulement, l'un de leurs domestiques leur annonça l'arrivée de Mr Bingley et Mr Darcy. Les deux aînées des sœurs Bennet échangèrent un regard interrogateur, puis leurs visiteurs entrèrent et de chaleureuses salutations – du moins de la part de Bingley furent adressés à la famille demeurant à Longbourn.

-« Nous chassions dans le voisinage, lorsque nous avons décidé de faire un arrêt à Longbourn. » leur expliqua Mr Bingley. « J'espère vraiment que nous ne vous importunons pas. »

-« Aucunement. » lui assura Elizabeth, souriante. « Malheureusement, notre mère ainsi que Lydia et Kitty se sont rendus à Meryton chez notre tante. » exposa-t-elle.

-« Vraiment ? » demanda le locataire de Netherfield, légèrement surpris. « Quel dommage, nous les verrons donc une prochaine fois. » assura-t-il.

-« Voulez-vous rester boire un thé ? » demanda Jane, poliment avec un petit sourire sur le visage.

-« Avec plaisir. » répondit Bingley. « À moins que vous n'y voyiez un inconvénient, Darcy ? » ajouta-t-il ensuite, se tournant vers son ami.

-« Aucun. » assura ce dernier.

Jane sembla ravie de cette réponse, et Mr Bennet demanda à se qu'on prépare le thé. Ils s'installèrent tous autour de la grande table, Mary retournant à son clavecin pour jouer un de ses morceaux favoris. Ainsi donc, les discussions commencèrent, Mr Bingley, Jane et Mr Bennet échangeant avec animations. Darcy et Lizzy restaient étrangement silencieux, jusqu'à ce que le jeune homme ne brise le silence.

-« Vous portez-vous bien, Miss Bennet ? » demanda-t-il à son ravissant vis-à-vis, alors qu'on leurs apportait le thé.

-« Très bien, merci. » répondit Elizabeth en penchant légèrement la tête sur le côté.

-« Vous êtes vous reposée du bal de Netherfield ? » poursuivit Darcy après avoir bu une gorgée de thé. « Aviez-vous passé une bonne soirée ? » s'enquit-il ensuite.

-« Oui, très bonne. » lui répondit Lizzy avec un petit sourire au souvenir du bal et de sa compagnie avec Mr Wickam. Mais elle déchanta bien vite, se rappelant l'aversion qui liait les deux hommes. « Et vous ? »

-« Cela a été. » répondit simplement le maître de Penberley, ne désirant pas s'attarder sur la question. « Je trouve la demeure de Netherfield très agréable. » reconnut-il ensuite.

-« Même si la société qui l'entoure est quelque peu rustre ? » questionna Elizabeth, sans méchanceté dans la voix, ne sachant pourquoi elle avait dit cela.

-« Elle ne l'est pas toute entière. » répondit simplement Darcy, d'un ton qui intrigua Elizabeth.

Cependant, ils ne purent échanger d'autres mots. Elizabeth essayait de comprendre le caractère de cet homme dont on lui avait dit tant de choses contradictoires. Mais ce qui demeurait était le portrait que lui en avait fait Mr Wickam. Et malheureusement, même si elle avait essayé de percevoir chez lui autre chose que les défauts dont lui avait fait part le jeune officier, rien dans la froideur de son comportement n'allait dans le sens contraire.

Pour Darcy, le silence devint vite insoutenable et gênant, mais il sut ne rien en montrer. Ces derniers jours n'avaient pas été calmes dans le flots de ses pensées, et l'intérêt et l'attention grandissante qu'il portait à Elizabeth Bennet y était pour beaucoup. Il avait beau se répéter maintes et maintes fois qu'il ne devait rien en être, ce sentiment restait toujours là. Mais il était persuadé qu'une fois qu'il aurait quitté le Herfortshire, il reviendrait à des pensées plus raisonnables et plus posées.

Ils échangèrent par la suite quelques banalités, et décidèrent de se joindre à la conversation qui se tenait à leurs côtés, si bien qu'ils en oublièrent presque leurs préoccupations respectives. L'heure qui suivit passa calmement, puis les deux invités prirent congés, devant rentrer à Netherfield pour le dîner. On les raccompagna, et les membres de la famille Bennet reprirent leurs activités, peu avant que Mrs Bennet, Lydia et Kitty ne reviennent de Meryton. Lorsque Mrs Bennet apprit la venue de Mr Bingley en leur demeure, elle fut ravie et assaillit Jane de questions. Puis, tout au long de la soirée, elle ne cessa de répéter que ce gentleman s'intéressait trop à son aînée pour ne pas penser au mariage, et sa famille ne l'écouta que peu, désormais habituée à ses longs monologues.

Plus tard, alors que Jane et elle étaient couchées dans leur chambre, Lizzy repensa à la venue de Mr Darcy. Il était difficile de croire qu'un jeune homme de sa condition puisse autant malmener un homme si charmant comme l'était Mr Wickam. Pourtant, elle connaissait la vérité, et aucun comportement de la part de Darcy ne l'avait démenti. Ainsi donc, elle ne pouvait qu'accorder toute sa sympathie à Mr Wickam. Ainsi, se fut en pensant à lui qu'elle trouva enfin le sommeil.