Salut à tous,

, et bien voilà le troisième chapitre, avant de partir en week-end… Merci encore une fois Fanaplume pour ta review. Je dois bien avouer qu'écrire la deuxième scène m'a vraiment fait horreur, mais il le fallait et les deux prochains chapitres seront aussi durs à écrire, mais il faut bien savoir se sacrifier… non? J'espère néanmoins qu'ils vous plaira et n'oubliez pas les reviews!

oxoOoxo

Le jour se levait lentement sur le Derbyshire en cette froide journée d'hiver. La lueur grise de l'aube se changeait au fil des minutes en une lumière plus vive et colorée, se teintant de rose et de mauve. Les premiers rayons du soleil firent leur apparition alors que le clocher de Lampton sonnait huit heures. Ses lueurs dorées firent étinceler la couche de gel qui recouvrait le paysage, donnant ainsi une dimension presque féérique aux lieux. Les collines et les vallées sintillaient de mille feux aux premiers temps du jour.

Alors que la salle à manger de Penberley se voyait innondée des doux rayons solaires, Georgiana Darcy fit son entrée dans la grande pièce, où l'attendait déjà le petit déjeuner. Vêtue d'une robe crème simple et élégante qui soulignait sa silhouette gracile , elle se dirigea d'un pas léger vers la grande table où son frère avait déjà pris place. Il était plongé dans sa correspondance et semblait très concentré.

La jeune fille prit quelques secondes pour étudier le calme mélancolique de son frère, qu'elle avait pris l'habitude de voir depuis son retour du Hertfortshire. Il ne s'était pas rendu à Rosings Park chez leur tante comme il le faisait chaque année, ayant été retenue dans leur maison du Derbyshire pour cause de travaux de rénovation qui nécessitait sa présence. Lors de son retour, il avait fait escale à Londres où Georgiana se trouvait avec sa gouvernante depuis quelques semaines, et lui avait proposé de venir avec lui à Penberley. Au départ, la jeune Miss Darcy avait été surprise par ce choix de destination, s'attendant à se que son frère parte dans le Kent. Puis, elle avait remarqué ce changement dans son comportement, comme une certaine distance qui n'avait rien d'hostile ou de froide, mais une distance triste et mélancolique, comme si une partie de lui était restée en Hertfortshire. Intriguée et inquiétée par l'état d'esprit de son aîné, Georgiana avait accepté de l'accompagner dans cette demeure qu'elle aimait plus que toutes les autres. Bien entendu, elle aimait Londres et sa perpétuelle animation, mais y étant restée depuis les fêtes de Noël elle était désireuse de retrouver la sérénité et la tranquilité du Derbyshire.

Les semaines avaient passé, et Georgiana restait le plus souvent dans le salon de musique, à jouer du piano comme elle aimait tant le faire. Son frère lui avait acheté de nouvelles partitions à Londres, que la jeune fille s'était empressée de commencer à apprendre. Elle lisait aussi de nombreux livres se trouvant dans l'immense bibliohtèque de Penberley, montait parfois à cheval avec Darcy, qui tenait toujours à l'accompagner, ou encore suivait ses leçons avec son précepteur trois fois par semaine. Un quotidien tranquille s'était installé, laissant la demeure, où ne résonnaient que les mélodies et la voix cristalline de la jeune Miss Darcy, un peu morose.

Bien sûr, depuis la disparition de leurs parents, l'immense demeure avait été plus calme, bercée par des journées semblables les unes aux autres, mais que Georgiana aimait à croire unique. Elle avait toujours été ainsi, saisissant chaque journée comme une nouvelle vie, se délectant des joies comme la musique, la lecture, le dessin ou l'équitation. Elle et Darcy ne s'étaient rendu qu'une fois à Londres pour aller voir un opéra, mais les sorties étaient bien rares en cette saison,, le froid régnant n'aidait en rien, et c'était sans compter l'humeur nostalgique de son aîné. Ils avaient toujours eu l'habitude de discuter avec animation, leurs échanges parfois ponctués d'éclats de rire. Dans l'intimité de sa famille et de son foyer, Fitzwilliam Darcy était loin de l'apparence hautaine et froide qu'il affichait en société. Mais ces dernières semaines avaient été bien calmes, et Georgiana en ignorait les raisons.

Elle sortit de ses pensées, et finit par manifester sa présence auprès de son frère qui ne l'avait pas remarquée jusque-là.

« Bonjour, Fitzwilliam ! » le salua-t-elle d'une voix chantante, accompagnée d'un léger sourire affectueux.

« Oh, Georgiana, bonjour ! » s'exclama Darcy, relevant les yeux de son courrier. « Je suis désolé, je ne t'avais pas entendue arriver…. Tu vas bien ? »

-« Oui, je vais très bien. » répondit sa jeune sœur en prenant place non loin de lui. « Et toi ? »

-« Bien également. » répondit Darcy avec un sourire qui se voulait convaincant. « J'ai reçu beaucoup de courrier, ce qui me donne du travail supplémentaire. Cela va me prendre une grande partie de la journée, je le crains… Et toi, as-tu prévu quelque chose de particulier ? »

-« Je ne sais pas encore. » répondit Georgiana tout en commençant à prendre son petit déjeuner. « J'ai ma leçon d'italien avec Mrs Meyer en fin de matinée. Ensuite… Je pense que je continuerai de travailler sur les partitions que tu m'as offerte. »

-« Te plaisent-elles ? » s'enquit son aîné.

-« Beaucoup. » lui assura sa sœur. « Elles sont un peu plus difficiles que les précédentes, mais avec du travail je pense que je progresserai. »

-« Je suis sûr que tu y arriveras. » dit Darcy avec un sourire bienveillant.

Georgiana se contenta d'hocher la tête, et chacun se replongea dans son repas. Darcy était encore une fois songeur, et il ne s'étonnait plus de se laisser aller au fil de ses pensées, alors qu'il avait tant de travail devant lui. Mais depuis qu'il était rentré de Netherfield, il en avait toujours été ainsi. Lors de ses derniers jours en Hertfortshire, il avait essayé de se persuader que la naissance de sentiments qu'il ressentait à l'égard d'Elizabeth Bennet, n'était du qu'à sa présence à proximité du lieu où il résidait. Il était persuadé qu'une fois le calme de sa demeure retrouvé il pourrait revenir à des pensées plus raisonnables, et tenter de l'oublier.

Le fait de revoir Georgiana à Londres l'avait quelque peu réconforté, et durant ces quelques jours passés dans leur demeure en ville il s'était aéré l'esprit. Seulement, une fois Penberley retrouvé et une fois seul dans son bureau, ses réflexions s'étaient à nouveau tournés vers Miss Bennet, d'une manière qu'il avait préféré juger inconsciente. Les jours passant ne l'aidèrent pas plus, et malgré toute la force qu'il avait mis à essayer de ne plus y songer, ses sentiments avaient subsisté. Ce n'était pas chose ordinaire pour lui, qui ne se préoccupait pas vraiment de ces choses-là habituellement. Mais c'était lorsqu'il avait ressenti cette sensation de manque qu'il avait compris : Elizabeth Bennet n'était pas une femme qui l'intriguait seulement elle était bien plus que ça désormais.

A force de vouloir dresser son caractère et de deviner qui se cachait derrière cette impétueuse jeune femme, il en était venu à découvrir une à une ses qualités. Tout au long de leurs échanges qui n'avaient pourtant été que brefs et éparses, il avait décelé en elle une intelligence, une vivacité d'esprit et une franchise qui n'avaient d'égal dans toutes ses connaissances. Plus il avait songé à elle, plus il avait découvert de nouvelles choses et en était progressivement tombé amoureux. Puisque oui, il avait du s'y résoudre, il était bel et bien tombé amoureux d'Elizabeth Bennet. Malheureusement, son impossibilité de la revoir, et la peur qu'il avait de tout lui avouer l'avait paralysé, l'empêchant de se rendre à Rosings où il savait qu'elle demeurait, du moins chez les Collins à Ansford. Mais il avait été pour lui trop tôt, à peine quelques semaines depuis qu'il s'était aperçu de ses sentiments, et à l'époque il était persuadé de pouvoir l'oublier… Cela lui semblait maintenant impossible.

Depuis donc, il essayait par tous les moyens de mettre ses sentiments de côté, puisqu'il ne savait pas s'il parviendrait à les oublier. Il l'aurait voulu, mais les rêves qu'ils faisait et les espoirs qu'il osait caresser ne lui facilitaient pas la tâche. Il avait tenté de se plonger dans le travail, mais cela n'avait que partiellement fonctionné… Il avait fait de longues balades à cheval, avait longuement conversé avec Georgiana, ou avait lu nombre de livres dans des langues plus étranges les unes que les autres et sur des sujets qui ne l'intéressaient que peu. Mais rien y faisait… Il en était même venu à repenser à ce qui s'était passé en Hertfortshire, et à ce qui se serait produit s'il avait agi différemment avec Elizabeth… Ces interrogations lui avaient permis de réaliser, trop tard malheureusement, qu'il s'était comporté avec la plus grande mauvaise foi vis-à-vis de Mr Bingley. Lorsqu'il avait réalisé l'inclination de son ami pour Miss Jane, il s'était allié à Caroline et avait dissuadé Charles de poursuivre ses sentiments. Collaborer avec la sœur de Bingley n'avait pas été son action la plus sage et, devant les sentiments qu'il développait lui-même pour Elizabeth, il s'était demandé comment il avait pu éloigner Charles de Miss Jane . Si lui était tombé amoureux de sa cadette, Charles l'avait pu également.

Si ce n'était nullement une excuse, il savait qu'il était intervenu dans cette relation naissante parce qu'il était dans le déni de ses propres sentiments. Si lui ne pouvait se lier à Elizabeth, tant c'était déraisonnable et imprudent, il devait en être de même pour Bingley. C'était profondément égoïste, il en avait conscience, mais se préoccuper des affaires de son ami lui avait semblé être une diversion parfaite de ses propres sentiments.

Darcy savait à présent qu'il avait mal agi ce n'était pas dans son habitude de revenir sur ses actes passés, les jugeant toujours justes. Mais toutes ses convictions et les résolutions sages et rationnelles qu'il avait prises après la mort de son père s'étaient envolées lorsqu'il était tombé amoureux d'Elizabeth Bennet. Le simple fait de tomber amoureux lui était déjà étranger auparavant, mais voilà qu'il se remettait en question sur ses agissements. Ainsi, il en était venu à la conclusion que, si lui avait pu tomber amoureux d'une Bennet, Bingley l'avait pu aussi. Il ne s'agissait aucunement de rabaisser son ami, bien au contraire. Si lui, le grand Fitzwilliam Darcy, éternel célibataire, pouvait tombé amoureux, un homme affectueux et attentionné tel que Charles le pouvait bien plus… Quant à l'absence d'inclination de la part de Jane, peut-être était-ce finalement de la timidité… Cela ne lui était apparu que trop tard, et il ne savait s'il pourrait un jour y remédier… Décidément, Elizabeth Bennet l'avait bien changé.

Il s'était au départ renfermé dans son monde pour songer à tout cela, et avait fini par se confier – progressivement – à sa jeune sœur. Il s'était alors rendu compte qu'il devait l'inquiéter, elle qui se préoccupait de lui, comme il le faisait à son sujet. Il avait hésité avant de lui raconter tout en détail, et avait fini par lui parler d'Elizabeth dans une confession faite à mi-mot qui avait été difficile pour lui. Parler de cela avec sa sœur lui avait parut étrange, puis il en était venu à la conclusion qu'elle était peut-être la seule personne devant laquelle il pouvait se dévoiler . Il avait bien évidemment évité le sujet 'Wickham', ne pouvant supporter le simple fait de l'aborder avec Georgiana. Son passé à ce sujet était encore trop douloureux pour qu'il en fusse question.

Ainsi donc, Darcy avait laissé la vie reprendre son cours, malgré ses sentiments qui ne le laissaient jamais en paix. Il savait qu'il devrait désormais cohabité avec l'amour inavoué qu'il ressentait pour une jolie jeune femme du Hertfortshire.

XXXXXX

Le retour en Hertfortshire se passa pour le mieux pour Elizabeth et ses compagnons, et les voyageurs, après avoir rejoint Jane chez Mr et Mrs Gardiner, avaient été accueillies par Lydia et Kitty à Meryton, qui leur avaient confectionné un repas tout à fait délicieux. Elizabeth, désireuse de retrouver Longbourn et de passer un peu de temps avec Jane pour lui parler comme elles aimaient tant le faire, n'écoutait que d'une oreille distraite les bavardages de ses deux plus jeunes sœurs. En effet, Lydia et Kitty leurs racontèrent toutes les nouvelles de Meryton, ainsi que leurs soirées avec Mrs Forster, femme du colonel dirigean le régiment.

Lorsqu'elles arrivèrent à Longbourn, elles furent accueillies par leurs parents, et Mr Bennet salua tout particulièrement ses deux aînées qui lui avaient beaucoup manqué durant ses deux mois d'absence pour Jane et six semaines pour Lizzy. Ils se réunirent tous autour de la grande table, et parlèrent, échangeant des conversations animées. Le dîner se déroula dans la même ambiance, et la soirée fut plutôt calme, Lizzy et Jane allant ranger leurs affaires, après que les Lucas – qui étaient venus chercher Maria – ne furent partis.

Après s'être préparées pour la nuit et glissées sous les couvertures dans leur chambre de jeune fille, Elizabeth et Jane se mirent à parler, échangeant des confidences qui ne seraient connues que d'elles. Elles partagèrent secrets, anecdotes, doutes, espoirs et éclats de rire comme elles le faisaient depuis près de vingt ans, ou du moins depuis qu'elles avaient été en âge de parler. C'était ce qui formait leur si vive complicité, cette aisance à se confier l'une à l'autre. Cependant, Lizzy dut taire tout ce qui concernait Mr Darcy, et notamment son intervention dans la relation de Jane et Mr Bingley. Il était exclus qu'elle parle de tout cela à son aînée un jour. Leur conversation se poursuivit jusqu'à ce que – épuisées par le voyage – elles s'endorment le sourire aux lèvres.

La nuit passa calmement, et se fut reposées que les deux aînées des demoiselles Bennet se levèrent le lendemain matin. Elles s'habillèrent tour à tour, et descendirent prendre le petit déjeuner au rez-de-chaussée. Leur père était en train de lire le journal, alors que Mrs Bennet parlait avec Lydia et Kitty de se rendre à Meryton l'après-midi même. Mary déjeunait silencieusement, perdue dans la lecture d'un nouvel ouvrage. Elizabeth et Jane se servirent et dégustèrent le premier repas de leur journée dans un silence complet mais apaisant et léger.

La journée se poursuivit donc calmement, et déjà les deux aînées des Bennet reprenaient leur train de vie quotidien, comme si elles n'étaient jamais parties. Elles lurent, parlèrent et partagèrent ensuite le déjeuner avec le reste de la famille avant que leur mère et leurs deux plus jeunes sœurs ne partent, que leur père s'enferme dans son bureau et que leur dernière sœur ne se mette à son clavecin.

« Une balade te dirait-elle, Lizzy ? » demanda Jane alors que le repas venait de s'achever. « Il fait un peu frais, mais le temps est beau et l'air nous fera du bien. »

« Bien sûr, je serai ravie qu'on aille se promener. » acqiesça sa cadette avec un petit sourire.

« Alors allons-y ! » indiqua Jane en se levant , quittant ainsi la table.

Les deux jeunes femmes sortirent se balader dans le parc de Longbourn après s'être vêtues chaudement. Certes, il régnait un grand soleil, mais la fraîcheur était toujours là, ce qui était plus qu'ordinaire en cette fin de mois de Février. Leur marche fut au départ silencieuse, puis Lizzy raconta à sa sœur un de ses dîners à Rosings Park et l'attitude de Lady Catherine. L'aînée des Bennet se résolue à prendre sa défence, mais reconnaissait pourtant que les paroles de Lady Catherine manifestaient une certaine prétention. Mais après tout, venant d'une personne de son rang cela ne l'étonnait pas vraiment. Sûrement avait-elle toutes les qualités qu'elle disait posséder, mais peut-être aurait-elle dû le faire avec moins d'insistance et d'extravagance. Du moins, c'était son opinion.

Il étai près de seize heures lorsqu'elles décidèrent de rentrer, s'étant assises sur l'un des bancs du parc pendant de longues minutes où elles avaient conversées. Chacune avait l'impression que jamais aucun sujet ne pourrait être épuisé, et elles aimaient tout particulièrement se remémorer des souvenir de leur enfance. Elizabeth était ravie de voir que sa sœur allait mieux, même si parfois, elle restait de longues minutes silencieuse, le regard perdu dans le vague. Mais sa cadette comprenait très bien cela, et il faudrait sans doute un peu plus de temps avant que la douleur ne disparaisse totalement.

Elles avaient pris la direction de la maison lorsqu'un de leurs domestiques leur annonça qu'un homme était venu voir Miss Elizabeth. Les deux sœurs se regardèrent et demandèrent à ce qu'on introduise leur invité dans le salon. Il s'agissait de Mr Wickham, à la grande surprise d'Elizabeth. Elle ne savait pas vraiment à qui s'attendre à l'annonce d'un visiteur qui était venu la voir elle en particulier. Le jeune soldat avait l'air de bonne humeur, même si un air sérieux demeurait sur son visage. Lizzy s'interrogea brièvement sur ce sujet, mais fut sortie de ses pensées lorsqu'il vint pour les saluer, elle et Jane. Il présenta ses hommage à l'aînée et se tourna vers sa cadette.

« Bonjour Miss Elizabeth, vous portez-vous bien ? » demanda-t-il, souriant.

« Très bien monsieur. » répondit Lizzy en s'inclinant légèrement. « Et vous ? »

« Très bien également. » répondit le jeune homme sur le même ton. « Vos parents sont-ils présent à Longbourn ? »

« Oui, notre père est dans le bureau, je vais le prévenir de votre visite. » indiqua Elizabeth, avant de se diriger vers la dite pièce.

Mary vint saluer Mr Wickham, alors que les autres femmes Bennet étaient encore à Meryton. Mr Bennet arriva et salua son visiteur d'une manière que Lizzy jugea chaleureuse et ils se mirent à converser de brefs instants. Le jeune homme, malgré une apparance relativement détendue et une aisance naturelle ne cessait de jeter de rapides coups d'œil à Elizabeth. Un bref silence sinstalla jusqu'à ce qu'il s'enquièrent de quelques chose auprès de Mr Bennet.

« Monsieur, puis-je me permettre de demander un entretien particulier avec votre fille ? » demanda-t-il, d'une voix assurée.

Elizabeth et son père se regardèrent et les battements du cœur de la jeune Miss Bennet s'accélérèrent. Une peur sourde s'empara alors d'elle Elle échangea un nouveau regard avec son père, qui la sonda. Elizabeth savait ce que cela signifiait, et elle ne savait pas quoi en penser. Elle y avait rêvé, peut être même espéré… Mais de là à ce que cela devienne réalité…

Mr Bennet et Jane s'éclipsèrent laissant les deux jeunes gens seuls. Ils se dirigèrent vers le bureau du maître de maison, et ce dernier ferma la porte. Jane resta un instant silencieuse et se permit de demander à son père :

« Papa, que pensez-vous de tout cela ? »

-« De quoi parlez-vous Jane ? » feignit Mr Bennet.

« Et bien… Si ce qui est en train de se passer est bien ce que nous pensons… Qu'en penseriez vous et que répondriez-vous à Mr Wickham ? »

« Pour tout vous avouer mon enfant, je l'ignore. » avoua Mr BENNET . « Et vous ? Pensez-vous qu'il puisse faire son bonheur ? »

« Et bien… Je ne vous répéterai pas les confidences de Lizzy mais… Je sais qu'elle l'apprécie beaucoup et que tous deux partage une bonne entente et, j'ose croire, une affection réciproque. » répondit Jane.

« Ils semble en effet en les voyant qu'une complicité soit née entre eux. Mr Wickam est quelqu'un qui a des manières tout à fait charmantes… Mais cela suffira t'il au bonheur de votre sœur ? »

« Je le pense, père. » certifia Jane.

Ils attendirent quelques minutes, et jugeant le temps écoulé suffisant, ils se rendirent dans le salon où Lizzy et Mr Wickham discutaient à voix basse. A l'arrivée de Jane, il s'éclipsa et alla parler à Mr Bennet. L'aînée des sœur s'assit prés de sa cadette qui arborait un visage ravi.

« Alors, Lizzy ? » s'enquit Jane d'une voix douce.

« Je ne sais comment me sentir Jane. » lui avoua Elizabeth sur le ton de la confidence.

« Et bien… es-tu heureuse ? » demanda son aînée.

« Je le crois. » répondit Elizabeth en gardant les yeux vixés sur le sol. « Mais je n'imaginais pas que ça se passerait ainsi. »

« Comment ça ? » la questionna Jane.

« Et bien… Je me serais cru éprise et follement et profondément amoureuse… » lui confia-t-elle ensuite plongeant son regard dans celui de sa sœur. « Bien sûr, j'apprécie réellement Mr Wickam, et sans nul doute, suis-je amoureuse… Ou je pourrai le devenir, en tout cas »

« Peut-être t'es tu assagie. » hasarda Jane avec un sourire bienveillant. « Et je suis sûre que vous serez heureux ensemble. » assura-t-elle ensuite.

Lizzy sourit à sa sœur et elles s'étreignirent avec ravissement. Puis, les deux hommes ressortirent du bureau, sourire aux lèvres et Mr Wickham salua brièvement Elizabeth avant de prendre congés. Mr Bennet adressa alors toutes ces félicitations à sa fille Cela lui semblait étrange d'avoir accepté d'offrir la main de sa si chère fille à un homme. Mais Mr Wickham était tout à fait charmant et attentionné envers sa fille. Et il ne pouvait être intéressé, puisqu'elle n'avait ni argent, ni protection. Alors il lui avait accordé sa main, avec une sensation qui notait les prémisses d'un déchirement futur. Sans doute ne vivraient-ils pas loin de Longbourn Mais l'avenir était encore incertain. Elizabeth allait se marier, et il devait déjà le réaliser.

XXXXXX

Londres, le 13 avril

Ma chère Elizabeth,

J'ai appris avec ravissement et une immense joie vos fiançailles avec Mr Wickham que vous m'avez annoncées dans votre dernière lettre. J'espère, chère Lizzy, qu'il sera vous rendre heureuse et puis vous assurer que votre oncle et moi-même seront présents à la date que vous nous avez indiqué.

Je pense donc que notre voyage prévu pour le mois de Juillet dans la région des Lacs devra être annulé, du moins ne compterons nous pas sur votre présence ? ce que nous comprenons parfaitement Elizabeth.

Je ne puis vous écrire plus longuement, votre oncle et moi sommes attendus chez des amis pour le déjeuner, et nous sommes sur le départ. Je vous promets de vous donner plus de nouvelles de Londres dans ma prochaine lettre.

Je vous souhaîte une nouvelle fois tous mes voeus de bonheur.

Bien à voux.

Helen Gardiner.