Coucou tout le monde !

Et bien, voilà le chapitre quatre (je suis fière j'en ai pondu trois dans le week-end !) et donc voilà le suivant. Je dois dire que, l'histoire avance un peu vite à mon gout, mais je ne voyais pas trop quoi raconter, je vous l'avoue. J'espère donc que ce nouveau chapitre vous plaira et qu'il ne vous décevra pas !

Merci pour vos reviews Fanaplume (comme toujours tu es fidèle voilà donc un nouveau chapitre) Merytre (oui, tu peux m'appeler Lily :- :-) Et bien, ta review m'a fait très plaisir, alors pour ce qui est des fautes d'orthographe, non tu ne me vexes pas, c'est juste qu'en fait je n'ai qu'une synthèse vocale pour me relire et que ce truc marche quand il veut ! pour ce qui est de la réaction de Darcy et bien la voila dans ce chapitre justement, et moi non plus je ne porte pas Wickham dans mon cœur, en tout cas, merci beaucoup !) Carylyse (je dirais que à, c'est du harcèlement surtout que tu as trois chapitres d'avances… je suis contre le sitting, mais pour que tu continuues à laisser des reviews… quand au moment avec Caroline il arrive ici).

Je voudrais dédier ce chapitre à mon homonyme Lily, qui a voulu me tuer mais aussi pour son soutien et ses encouragements !

Bonne lecture

oxoOoxo

Un soleil radieu brillait au-dessus des terres du Hertfordshire en ce bel après-midi de mai. La demeure de Netherfield Park avait retrouvé une certaine animation depuis que Mr Bingley y avait à nouveau élu domicile. Les comères de Meryton ne parlaient plus que de ça, y compris et en premier plan, Mrs Bennet. Cette dernière avait pendant les mois précédents venter le fait que sa fille Elizabeth était désormais fiancée à un gentleman, dont la moitié de la ville s'était éprise. Mais l'arrivée de Mr Bingley avait donné lieu à des ujets de conversations plus enrichissants les uns que les autres aux oreilles de Mrs Bennet, qui ne pouvait pas songer à autre chose qu'un éventuel mariage avec son aînée, Jane. Bien sûr, elle était bien loin de penser qu'il avait quitté si précipitamment le Hertfordshire quelques mois plus tôt, convaincu par sa sœur et Mr Darcy que sa fille aînée ne ressentait rien pour lui. Mais Mrs Bennet était bien loin de toutes ces questions de sentiments, elle voulait voir ses cinq filles mariées le plus vite possible et avec un bon parti de préférence.

En cette matinée de mai, le locataire de Netherfield se trouvait dans la salle à manger, avec ses deux sœurs, Mr Hurst et Mr Darcy, chacun vaquant à ses occupations alors que les deux sœurs partageaient une conversation animée. Cela faisait désormais près de trois jours qu'ils étaient arrivés en Hertfordshire et avaient retrouvé progressivement leurs marques dans la demeure. Mr Bingley avait tenu à revenir dans la région, après une longue conversation plus que mouvementée qu'il avait partagée avec Darcy. En effet, celui-ci avait quelque chose de changé, et Charles se demandait bien de quoi il pouvait s'agir. Alors que quelques mois plus tôt, il lui présentait les inconvénients qu'il aurait à s'unir avec Jane Bennet, il était finalement revenu sur sa décision… Cela ne lui ressemblait pas, et il avait dû se produire quelque chose de très fort pour qu'il change d'avis. Mais il ne voulait en rien forcé son ami à la confidence, et peut-être lui en parlerait-il le moment venu.

Quant à Darcy, il se demandait ce qui lui avait pris d'accepter l'invitation de son ami de revenir en Hertfordshire. Il avait beaucoup de travail et sûrement de quoi s'occuper pendant longtemps à Penberley. Mais voilà, la perspective de revoir Elizabeth l'avait forcé dans sa décision, décision qu'il jugeait plus que déraisonnable désormais. Qu'espérait-il ? Qu'en venant ici, tout soit simple et qu'il n'ait qu'à lui avouer qu'il l'aimait, de la demander en mariage et qu'elle accepte ? Et accepterait-elle ? Après tout, que pensait-elle de lui ? Sûrement le méprisait-elle ou lui était-il indifférent… Ce simple fait lui martyrisait le cœur, mais il savait pourtant que c'était le plus plausible. Les choses n'avaient pas vraiment changé, et il restait toujours amoureux de Miss Bennet, sans pouvoir autant lui dire.

Alors qu'un certain silence s'était installé, Miss Bingley souhaita prendre la parole et faire part à ses compagnons de la dernière nouvelle qu'elle avait apprise, nouvelle qui la réjouissait plutôt et dont elle avait hâte de voir l'effet sur Mr Darcy.

« J'ai eu, » dit-elle, « Vent d'une nouvelle tout à fait étonnante, qui concerne une certaine famille proche d'ici. »

« Vraiment ? » demanda son frère, qui se doutait qu'elle parlait de la famille Bennet.

« En effet. » approuva Caroline. « J'ai appris de source sûre, que Miss Elizabeth Bennet était fiancée depuis près de trois mois à Mr Wickham, l'un des officiers du régiment. »

Instantanément, elle porta son regard sur Mr Darcy qui buvait une gorgée de thé à cet instant, et l'effet fut immédiat. Il s'étouffa avec ce qu'il buvait, et Miss Bingley retint un sourire satisfait. Elle n'éprouvait pas un réel plaisir à tourmanter ainsi le Maître de Penberley, bien au contraire. Mais lui faire savoir que désormais, Elizabeth Bennet n'avait plus de raison d'attirer son attention lui procurait une certaine satisfaction, plus proche de la jubilation, mais cela elle n'oserait jamais se l'avouer.

Darcy se remit tant bien que mal de l'annonce de Miss Bingley. Il mit plusieurs secondes à reprendre son souffle de la manière la plus distinguée dont il était capable, secondes durant lesquelles il assimila la nouvelle. Elizabeth… Fiancée à Wickham… Impossible ! Cela ne pouvait être qu'un cauchemar… Un affreux cauchemar et un terrible mal entendu. Il ne pouvait en être autrement. Elle ne pouvait épouser Wickham, le pire homme sur cette terre… Et la blessure que cette nouvelle provoqua à son cœur le lança au-delà du supportable.

Mr Bingley remarqua la vive réaction de son ami et, innocemment et ignorant, il pensa que cela avait un rapport avec Wickham. Il avait connaissance de l'affaire qui concernait les deux hommes, même s'il n'était pas au courant de tout. Mais il jeta un regard en biais à sa sœur, lui en voulant silencieusement d'avoir prononcé le nom de George Wickham devant Darcy. Il préféra penser qu'elle ne l'avait pas fait exprès, mais pourtant, le petit sourire qu'elle affichait n'ogurait rien de bon.

« Vraiment ? » demanda Louisa Hurst, intervenant en faveur de sa sœur. « Cela ne m'étonne guère. » précisa-t-elle. « Je me souviens de les avoir vu longuement converser au bal donné ici avant notre départ…. C'est sûrement le déroulement logique des choses. »

Ces paroles furent un nouveau poignard dans le dos de Darcy, mais cette fois il réussit à ne pas le montrer. Il préféra ne pas écouter la conversation que Miss Bingley et Mrs Hurst avaient concernant les fillançailles de Wickham et Elizabeth… Cette seule pensée provoquait chez lui un frisson de dégoût, et son trouble ne passa pas inaperçu aux yeux de Charles.

« Tout va bien, Darcy ? » lui demanda-t-'l à mi-voix, alors que ses sœurs parlaient toujours avec animation.

« Oui, tout va bien. » le rassura son ami avec un demi sourire peu convaincu. « Mais je viens de me souvenir que j'avais une affaire urgente à régler, je suis désolé, mais je vais devoir vous quitter un instant. »

« Bien…. Aucun problème. » répondit Bingley, tout de même étonné.

Darcy le remercia silencieusement de ne pas lui poser plus de questions et il prit congés avant de monter dans la chambre d'ami qu'il occupait à l'étage. Une fois la porte close, il se mit à faire les cent pas à travers la pièce.

Révolté… Il était profondément révolté… Comment Wickham pouvait-il prétendre mériter Miss Elizabeth ? Comment avait-il pu la demander en mariage ? Il ne le croyait pas avoir changé, cela était impossible. L'hypothèse qu'il soit fou épris de Miss Elizabeth relevait presque de la plaisanterie pour Darcy. Les raisons qui avaient poussé Wickham à demander la main d'Elizabeth lui étaient à cet instant, complètement obscures. Objectivement, la famille Bennet n'avait rien à lui offrir ni argent, ni terre, ni demeure. Peut-être espérait-il qu'en se mariant, il pourrait faire appel à la responsabilité de sa belle famille pour régler ses dettes de jeu ? C'était bien peu, selon Darcy, mais, après l'incident avec Georgiana, près de deux ans plus tôt, peut-être le soldat s'était-il résigné à abaisser ses standards financiers et sociaux, afin de trouver tout de même épouse.

Bien sûr, Darcy ne prétendait pas mériter Elizabeth, au moins au regard de la manière dont il avait agi à son égard. Mais son orgueil toujours présent, lui disait qu'il la méritait… Bien plus que Mr Wickham cela allait s'en dire.

Étrangement, il ne pouvait en vouloir à Elizabeth. Après tout, elle n'avait pas connaissance des actions passées de Wickham , et Darcy savait combien il pouvait se montrer convainquant, séduisant et enjôleur aux yeux d'autrui. Lorsqu'on ne connaissait pas George Wickham, il était fort simple d'être trompé sur son compte et sa personne.

Des questions de plus en plus pressantes envahissaient son esprit, et Darcy ne savait plus quoi penser. La simple idée que la femme qu'il aimait allait s'unir avec l'homme qu'il méprisait le plus au monde lui était quasiment insupportable… Que pouvait-il faire pour ça ? Pouvait-il l'empêcher ? En avait-il seulement le droit ? Pouvait-il se permettre d'intervenir ainsi dans la vie d'Elizabeth Bennet ? Alors qu'ils se connaissaient si peu ? Sûrement que toute personne sensée aurait jugé cela déplacé, même indiscret. Seulement, lorsqu'il s'agissait de Miss Bennet, Darcy perdait toute notion de jugement rationnel, le simple fait de tomber amoureux en était la preuve.

Il resta ainsi pendant de longues minutes à se demander s'il devait intervenir ou non… Car le seul moyen qu'il aurait de le faire serait de révéler à Elizabeth la véritable nature de Wickham. De lui parler de ses actes passés, et notamment de ce qui s'était produit avec Georgiana. Le croirait-elle ? S'il en appelait au témoignage du Colonel Fitzwillliam, peut-être que oui. Il savait par son cousin que ce dernier s'était bien entendu avec Elizabeth lors de leur séjour commun à Rosings Park. Peut-être qu'il n'aurait pas dû aller au bout de la démarche qu'il était en train d'entreprendre. Mais l'idée que Miss Bennet puisse passer le reste de sa vie avec Wickham lui était inconcevable… Sans doute souffrirait-elle, sans doute lui en voudrait-elle… Mais il fallait qu'il lui fasse part du passé de son fiancé. Peut-être ne changerait-elle pas d'avis, peut-être ne tiendrait-elle pas compte de ses dires, mais il aurait au moins tenté d'épargner à la femme qu'il admirait, un mariage qui ne pouvait être que malheureux avec cet homme qu'il méprisait… Même pas de la jalousie… Juste une volonté de rétablir la vérité, et d'ouvrir les yeux d'Elizabeth.

Darcy cessa d'arpenter la chambre, et se dirigea vers son bureau pour se saisir de quoi écrire… Sa décision était prise, quelques en soient les conséquences…

XXXXXX

Le retour de Mr Bingley à Netherfield avait fait beaucoup de bruit au sein de la famille Bennet. On avait parlé que de ça pendant plusieurs repas, Mrs Bennet se demandant ce qu'il pouvait bien faire là, et s'outrageant du fait qu'il était arrivé depuis trois jours et qu'il n'était toujours pas venu les voir. Jane préférait ne pas l'écouter, , et Lizzy s'inquiétait toujours de savoir comment son aînée se sentait avec Mr Bingley si proche. Sa sœur se contentait de lui assurer que tout allait bien, et que désormais – près de six mois après le bal de Netherfield et le départ de Mr Bingley – elle avait retrouvé tous ses esprits et allait bien mieux. Elle affirmait même à sa cadette qu'elle pourrait le rencontrer sans en éprouver aucune peine, ce qu'Elizabeth s'efforçait à croire. Surtout, que de son côté la seconde des demoiselles Bennet était très occupée par les préparatifs de son mariage.

A cet instant, Lydia, Kitty, Jane, Elizabeth, Maria Lucas, Sir William et Mr Wickham se baladaient aux alentours de Longbourn. Les deux fiancés restaient légèrement en retrait, pour échanger une conversation discrète. Elizabeth était heureuse, de cela elle en était persuadée. Ses premiers doutes avaient bien vite disparu devant le soutien de son fiancé. Bien que ce dernier se soit absenté pour quelques jours durant les trois dernières semaines. Il restait présent pour elle, malgré son poste au régiment. Ce n'était pas le bonheur transcendant qu'avait espéré Lizzy en se mariant un jour, mais elle se confortait dans cette routine agréable et légère. Elle se sentait bien auprès de son fiancé, et avait appris à le connaître jour après jour. Le fait qu'il s'entende bien avec tous ses amis aidait aussi à cela, et il n'avait pas eu de mal à trouver sa place à Meryton.

Elizabeth savait bien qu'après son mariage – qui était prévu pour le mois d'Août – elle devrait sans nul doute quitter le Hertfordshire, puisque Mr Wickham devait entrer dans l'armée régulière pour leurs procurer un revenu convenable. Elle se promenait donc aux côtés de Mr Wickham, alors que Jane discutait avec Maria sous le regard bienveillant de Sir William, et que Lydia et Kitty les devançaient. Depuis quelques secondes, le silence s'était installé entre les deux futurs époux, et chacun semblait perdu dans ses pensées, du moins pour ce qui était d'Elizabeth. Wickham s'en rendit compte et lui demanda :

« Tout va bien, ma chère ? » lui

« Oui, très bien. » confirma Elizabeth d'un ton rassurant. « Pourquoi cette inquiétude ? »

« Vous semblez songeuse. » répondit simplement Wickham.

« Oh, je suis toujours en train de penser à quelque chose. » lui assura sa fiancée en éclatant de rire.

« J'espère que ce ne sont pas les préparatifs de notre mariage qui vous provoquent de tels soucis. » s'avança Wickham.

« Ne vous inquiétez pas, tout se passe bien. » lui certifia Lizzy.

Wickham se contenta de sourire et ils continuèrent leurs marches, rejoignant bientôt les jeunes femmes qui les accompagnaient. Kitty et Maria entammèrent une discussion avec le fiancé d'Elizabeth, alors que celle-ci débutait une conversation avec Jane. Cette dernière était décidément ravie pour sa sœur, et la voir ainsi sereine ne pouvait que la combler. Lizzy semblait heureuse même si elle lui confiait encore ses peurs dans le secret de leur chambre. Mais son aînée ne s'en inquiétait pas au-delà du nécessaire… Après tout, quelle future épouse n'avait pas d'inquiétudes ? Le contraire l'aurait bien plus préoccupé.

Imaginer sa cadette partir loin de Longbourn ou du Hertfordshire, était une chose à laquelle Jane s'empêchait de penser. Elle ne voulait pas songer à cette séparation qu'elle présageait douloureuse. Lizzy et elle avaient toujours vécu ensemble et ne plus la voir tous les jours comme cela était le cas depuis vingt ans la blessait un peu. Pourtant, elle savait que cela devait arriver… Elle était presque certaine du bonheur de Lizzy avec Mr Wickham… Mais parfois, elle s'interrogeait sur les sentiments de sa sœur. Elle qui lui avait toujours juré qu'elle ne se marierait que par un amour sincère et pur… Elle savait qu'elle appréciait Mr Wickham… Mais cet amour ardent ne semblait exister… Elle pensait alors qu'Elizabeth s'était tout simplement assagie et que, le fait que la demande de Mr Wickham fusse la deuxième qu'on lui adressait l'ait poussé à ce choix. Sans doute Elizabeth s'était-elle dit qu'elle n'aurait sûrement jamais l'occasion de se marier avec un homme qu'elle apprécierait autant qu'elle appréciait Mr Wickham.

Elles poursuivirent leur conversation jusqu'à arriver à Longbourn, quelques minutes plus tard. Lizzy invita son fiancé à se joindre à elles pour le thé, mais il assura qu'il devait retrouver Meryton. Les autres jeunes femmes s'éclipsèrent, et Lizzy raccompagna Mr Wickham, le saluant et le regardant partir avant de regagner l'intérieur. Arrivée dans la salle, elle retrouva Mary au piano, et ses trois autres sœurs qui s'étaient attablées pour prendre le thé. Il ne faisait pas encore nuit à cette heure, les jours ayant rallongés. depuis l'arrivée du printemps. Les températures étaient douces, et les promenades des sœurs Bennet étaient devenues plus régulières.

Elizabeth s'installa à côté de Jane, et la remercia lorsqu'elle lui servit une tasse de thé. Une certaine joie de vivre régnait entre les deux cadettes de la famille, toutes deux invitées à passer la soirée chez Mrs Forster. Mary continuait à jouer à son clavecin, alors que Mr Bennet se trouvait dans son bureau, comme à son habitude. Mrs Bennet s'était rendue pour quelques minutes en cuisine afin de traiter du dîner avec la cuisinière.

Alors qu'Elizabeth et Jane parlaient de la robe de mariée de la jeune femme, une de leur domestique arriva, une enveloppe à la main.

« Miss Elizabeth ? » interpella-t-elle la cadette d'une voix basse, ne permettant pas à Lydia et Kitty de se rendre compte de cette entrevue.

« Oui Beth ? » demanda Lizzy à l'adresse de la jeune femme.

« Ceci est arrivé pour vous. » répondit Beth en lui tendant la lettre. « Elle provient de Netherfield. »

« Netherfield ? » s'étonna Elizabeth.

« Oui mademoiselle. » lui assura son vis-à-vis.

« Oh… » lâcha la future mariée, plutôt surprise. « Et bien… Merci Beth. »

Cette dernière s'inclina respectueusement et prit ensuite congés. Lizzy regarda l'enveloppe où son nom était inscrit dans une écriture fine. Elle se demanda qui avait bien pu lui envoyer cette lettre, surtout en provenance de Netherfield Park. Mais ses interrogations trouvèrent bien vite des réponses, car le nom de l'expéditeur était inscrit au dos.

Jane scruta attentivement la réaction de sa cadette, et lorsqu'elle vit son visage blémir, cela l'inquiéta.

« Lizzy ? » l'interrogea-t-elle. Mais devant le mutisme de sa sœur, elle réitéra son interpellation. « Lizzy, tout va bien ? »

« Oh, pardon ! » s'excusa sa cadette, semblant sortir de réflexions profondes. « Oui… Tout va bien… » essaya-t-elle de convaincre Jane. « Mais si tu veux bien, je vais monter à l'étage pour voir de quoi il s'agit. »

« Oh… Oui très bien. » acquiesça son aînée, un peu prise au dépourvu.

Elizabeth se contenta de lui adresser un signe de la tête, et s'éclipsa pour prendre la route de leur chambre, laissant derrière elle une Jane plus que soucieuse et perplexe.

Elle grimpa quatre à quatre les marches qui la menaient à sa chambre, et s'enferma à double tour, le cœur battant et l'esprit embrouillé. Elle se saisit à nouveau de la lettre et l'observa longuement, relisant de nombreuses fois le nom de son émetteur. Nom qui l'avait plutôt surpris, voir même bouleversé, et qui avait fait naître en elle des interrogations plus vives les unes que les autres. On pouvait clairement lire au dos de la lettre : 'From Fitzwilliam Darcy'.

Mr Darcy… Mais pourquoi donc lui envoyait-il une lettre ? Elle ne lui avait pas parlé depuis des mois, et avait même penser ne plus jamais avoir de ses nouvelles, ni même le revoir. Et son mariage prochain avec Mr Wickham en était l'une des principales raisons… Le fait qu'il lui écrive pour lui adresser ses vœux de bonheur était bien improbable, ou relèverait dans ce cas du mauvais goût. Mais même si elle savait Mr Darcy capable d'orgueil et de froideur envers autrui, elle le savait bien trop gentleman pour s'abaisser à lui adresser des félicitations emplies d'ironie et de condescendance. Non… Plus elle réfléchissait, plus les raisons de cette lettre lui semblaient obscures… Mr Darcy… Lui qui ne s'était intéressé à elle que brièvement Il était impossible que cet homme puisse songer correspondre avec elle… Surtout alors qu'il se trouvait à Netherfield qui n'était qu'à trois miles à peine de Longbourn…. Qu'avait-il à lui dire qui ne pouvait nécessiter un déplacement ?

Elizabeth poussa un profond soupir de confusion et fixa à nouveau ses yeux sur l'enveloppe. Il n'y avait qu'un seul moyen de savoir ce qui avait poussé le maître de Penberley à lui adresser cette lettre. Elle inspira pour ainsi trouver le courage de l'ouvrir. Elle retourna l'enveloppe et la décacheta, le cœur battant…