Coucou !

Voilà un chapitre qui vient plus rapidement que les deux derniers ! Je suis dans une phase de générosité peut-être :-) Ce chapitre est une sorte de transition, il ne s'y passe pas grand-chose, à part qu'on a des explications sur l'arrestation de Wickam… Je sais que c'est un peu gros le coup de l'arrestation, mais pour tout vous dire, ça me dépanne pas mal ! Et puis bon, ce n'est pas un saint non plus le méchant vilain pas beau… n'est-ce pas ? En tout cas, merci pour vos reviews, et je sais que ça tombe à pique, mais heureusement finalement ! Et encore une fois, merci à ma Lily de prendre tout le temps de me corriger. J'attends vos reviews avec impatience !

Bonne lecture !

oxoOoxo

La nouvelle fit le tour de Meryton aussi vite qu'une traînée de poudre, et la famille Bennet fut bientôt le centre des parloirs des comères de la ville. Car c'était bien chez eux que, le Lieutenant George Wickam , fiancé de la seconde des filles Bennet, avait été arrêté par le chef de la police, Mr Simmons. On avait exagérer la situation en essayant de deviner ce qui avait bien pu se passer pour qu'un homme si apprécié de tous, fut arrêté ainsi. Les heures et la journée qui suivirent furent consacrées à découvrir les raisons de l'arrestation de cet homme si charmant Et la réponse arriva vite, lorsqu'on apprit que, Mr Wickam avait d'énormes dettes envers Mr Chase, l'un des notables du village, mais qu'en plus – et c'était un acte non répréhensible par la loi mais bien par la morale – que Wickham avait fréquenté lors d'une nuit nulle autre que Miss Lucy Chase. Tout cela alors qu'il était fiancé à Miss Elizabeth Bennet.

Tous avaient jugé ses accusations tout à fait scandaleuses, et aucun évènement à dix miles aux alentours n'avait fait tant de bruit depuis bien longtemps. Chacun se demandait comment il avait pu être séduit par cet individu qu'ils savaient à présent si abjectes. Et bien vite, se fut vers Elizabeth Bennet que tous les regards se tournèrent. 'La pauvre enfant !' disait-on souvent… On se demandait si elle pourrait se relever d'un tel choc, comment elle n'avait pas deviné les vices de son futur mari…. On la plaignait, on la comprenait. Pourtant, personne n'alla la voir chez elle, où une animation certaine régnait.

« Vous rendez-vous compte, ma chère sœur ?! » s'écria une nouvelle fois Mrs Bennet, en proie à une crise de nerf, alors que sa sœur, Mrs Phillips, se trouvait dans la même pièce qu'elle. « Dire que cet individu infame allait devenir mon gendre… Et si rien avait été découvert avant le mariage, que serions-nous devenus ? Notre famille aurait-été déshonorée… »

« Nous avons tous été trompés par cet être malfaisant, chère sœur. » appuya Mrs Phillips. « Et nous pouvons remercier le ciel que les autorités aient découvert sa culpabilité avant qu'il n'épouse Elizabeth. »

« Oh, pauvre pauvre Lizzy, ma chère enfant ! » renchérit Mrs Bennet en faisant les cent pa. « Mais comment pourra t'elle se relever d'un tel drame ? Quel homme voudra d'elle après tout cela ? »

Trouver un nouvel homme à épouser était bien la dernière préoccupation d'Elizabeth en cet instant. Depuis que l'évènement avait eu lieu, deux jours plus tôt, elle n'avait osé sortir de chez elle, de peur d'être – comme elle le savait – le centre d'attention de tout le voisinage. Elle qui détestait monopoliser les places de premiers rangs dans les ragots, s'était chose faite cette fois. Elle se souvenait encore de la venue du Colonel Forster et de Mr Simmons, alors qu'elle se trouvait en compagnie de Wickam et de Mr Darcy L'officier de police avait annoncé l'arrestation de son ex-fiancé, et se fut tandis qu'il le menait à la voiture avec plusieurs autres hommes, que le Colonel du régiment lui avait expliqué les raisons de cette soudaine arrestation.

Mr Wickam avait d'immense dettes auprès de Mr Chase qu'il avait tout bonnement escroqué, et à qui il devait une somme d'argent importante Mais la pire nouvelle était arrivée bien plus tard aux oreilles de Lizzy et avait été un nouveau coup de couteau dans le dos, comme si toute cette mascarade n'avait pas suffit. Elle avait appris pour l'aventure de Miss Lucy et de son ex-fiancé, la jeune fille se défendant en affirmant qu'elle avait été charmée et trompée, comme tous les autres. Elizabeth en doutait fortement au souvenir des regards qu'ils se lançaient lors de la soirée qu'ils avaient tous passée chez le Colonel et Mrs Forster quelques jours plus tôt. Comme si les mensonges et les trahisons de Wickam n'avaient pas suffi à son mal-être, il l'avait en plus trompé, alors qu'il lui était promis. Cette information lui était restée en travers de la gorge, et elle devait désormais faire face à cette douleur et cette humiliation supplémentaire.

Même si cela était très ironique, l'arrestation de Wickham n'avait pas eu que des conséquences négatives. EN effet, cela l'avait dispensée de trouver des excuses satisfaisantes pour ses proches quant à la rupture de leurs fiançailles. Finalement, cet évènement tombait à point nommé, lui donnant une raison officielle d'éconduire Mr Wickam.

Elle ne désirait pour le moment sortir de sa chambre ou de la bibliothèque, ne voulant affronter les exclamations permanantes de sa mère, ou quelque autre visiteur quoiqu'aimable, qui serait venu lui parler avec un air condescendant. Elle ne voulait pour le moment que la tranquillité que lui offrait son foyer, ne se sentant décidément pas prête pour affronter le monde extérieure.

À cet instant, Elizabeth se trouvait dans la bibliothèque, comme elle en avait pris l'habitude ces jours derniers. Elle était en train de lire la première partie de 'La vie de Marianne' de Marivau, alors que son père s'adonnait à une activité semblable, installé à son bureau. Il était le seul – avec Jane, dont Lizzy pouvait encore tolérer la compagnie, du moins pour l'instant. Son père et sa sœur âînée étaient les seuls qui ne la regardaient pas avec méfiance, condescendance ou compassion… Voire pitié. Elle ne pouvait supporter les incessantes exclamations de sa mère, les remarques déplacées de Kitty, et entendre l'analyse philosophique de Mary ne l'avait guère plus confortée. Il était encore dur d'affronter le regards des autres, même si elle savait que c'était inévitable. Mais sans doute pouvait-elle encore les éviter pendant quelques temps pour s'y préparer.

Elizabeth ressentait seulement le besoin d'être tranquille, pour essayer de se remettre de cette histoire. Elle voulait guérir, guérir de cette trahison, et de l'attitude plus que scandaleuse de son fiancé. Elle n'avait mis personne au courant hormis Jane de leur violente dispute la veille de son arrestation. Il était évident qu'elle ne voulait en rien ébruiter les affaires privées de Mr Darcy. Elle lui devait bien ça, après le risque qu'il avait pris en lui avouant tout sur la véritable nature de Wickham.

Peut-être aurait-elle put en parler à son père… Ils n'avaient pas encore aborder le sujet directement, Mr Bennet laissant à sa fille cette décision. Il jugeait qu'il n'avait en rien le droit de la forcer à lui en parler, et pensait que seule elle pourrait savoir le bon moment, celui où elle serait prête. Il aurait voulu l'aider, lui assurer qu'il était là et qu'il la soutiendrait envers et contre tout. Mais que pouvait-il faire ? Rien ne pouvait aider Elizabeth, hormis le temps. Et ça, tous deux le savaient parfaitement.

Le soutien de Jane durant ces deux derniers jours avait été d'un grand secours à Lizzy. Pourtant, elle avait comme une irrépressible envie d'en parler à son père. Elle savait qu'elle pouvait compter sur sa discrétion, et que jamais il ne révèlerait ce qu'elle avait appris sur Wickam. Il était, avec Jane, la personne en qui elle avait le plus confiance… Et étrangement, bien qu'elle ne fut plus une enfant, sentir le réconfort de son père pourrait peut-être la faire se sentir mieux. Alors, elle décida de lui en parler, et ferma son livre, le posant sur ses genoux.

« Père, pourrais-je vous parler de quelque chose ? » interrogea t'elle Mr Bennet.

« Bien sûr, Lizzy. » approuva ce dernier. « De quoi s'agit-il ? »

« D'un aspect de ma rupture avec Mr Wickam, dont j'ai tue l'existence. » répondit sa fille en plongeant ses yeux dans les siens.

« Dont vous avez tu l'existance ? » répéta son père, légèrement surpris. « Et bien, mon enfant, racontez-moi tout cela, je vous écoute. » certifia t'il à sa fille en allant s'asseoir à ses côtés dans le canapé.

Elizabeth prit une grande inspiration, et se mit à lui raconter tout ce qu'elle avait exposé à Jane quelques jours plus tôt. De la lettre qu'elle avait reçu en provenance de Netherfield écrite par Mr Darcy, à sa réaction, à la réception chez les Forster en terminant par sa dispute violente avec son ex-fiancé. Elle fut encore saisie d'intenses émotions à ce souvenir, et se laissa même aller à quelques larmes, consolée par la bienveillance et l'affection de son père.

Après son récit, Mr Bennet resta silencieux de longues secondes. Alors Elizabeth avait été au courant avant eux de la véritable nature de Mr Wickam. Il se demanda un bref instant pourquoi sa fille n'était pas venue lui en faire part plus tôt, mais chassa bien vite cette pensée de son esprit. Il était persuadé que Lizzy était tout à fait capable de prendre ses décisions seule, et il ne devait pas la blâmer pour les choix qu'elle avait faits dans ces circonstances. Se séparer de Wickam était plus que judicieux après ce qu'elle avait appris sur lui, après ce qu'il lui avait caché.

« Je dois bien vous avouer que, s'il n'avait pas été arrêté, j'aurais bien eu des difficultés pour me justifier auprès de vous, mais surtout de mère. » déclara Elizabeth à la fin de quelques secondes de silence. « Je n'aurais pas révéler les affaires de Mr Darcy à tous… Si ce n'est à Jane et à vous, comme je l'ai fait. » conclut-elle.

« Je peux parfaitement le concevoir, Elizabeth. » la rassura son père. « Le comportement de votre fiancé justifie à lui seule votre choix… Quant à la décision que vous aviez prise je l'aurais tout autant approuvée sans son arrestation. »

« Merci. » souffla Lizzy, sincèrement touchée.

Elle resta alors un long moment sans parler, et la gorge nouée, elle se laissa aller à plus de confidences.

« Que vais-je devenir, père ? Mon avenir me semble plus sombre que jamais… J'ai peur de ne pas réussir à oublier cette trahison, à ne pas retrouver confiance en les autres après cette dure épreuve. »

« Vous y parviendrez, mon enfant. » lui assura Mr Bennet. « Je vous mentirai en disant que cela sera chose aisée, mais avec le temps vous y arriverez… Il faut vous occuper l'esprit, ainsi vos nouvelles occupations prendront peu à peu la place de ces horribles souvenirs… Cela vous marquera toute votre vie, mais je suis persuadé que vous aurez la force de vous relever. »

Elizabeth lui sourit faiblement, émue aux larmes de temps de sollicitude. Lorsque son père lui adressait des paroles de réconfort, cela avait toujours eu le don de balayer ses doutes. Ce ne fut que brièvement le cas, mais ses paroles lui firent chaud au cœur, et lui donnèrent une once d'espoir et de courage qu'i lui manquait jusqu'alors. Elle repensa aux paroles de son père, et au fait qu'elle devait s'occuper l'esprit. Ce n'était pas une mauvaise idée, après tout, depuis qu'elle lisait l'ouvrage de Marivau, elle aimait se laisser aller au fil de l'histoire et des aventures de son héroïne. Elle pourrait très bien lire d'autres livres – même si elle avait lu presque tout ceux que leur famille possédait – et pourquoi pas se remettre au piano… Ou au cheval… Ou à l'étude des langues… Il y avait après tout bon nombre de choses à faire… Pour la première fois depuis plusieurs jours sombres, Elizabeth voyait un aperçu des prochaines semaines, et cela la rassura… Lui donna de l'espoir.

XXXXXX

Un mois s'était écoulé depuis l'arrestation de Mr Wickam. Les commères de Meryton avaient finalement épuisé le sujet, et peu à peu, Elizabeth ne fut plus le centre des comérage. Une semaine environ après la discussion qu'elle avait eu avec son père, Lizzy s'était rendue à Meryton en compagnie de Jane, décidant ainsi d'affronter le regard et les murmures des habitants, cela serait enfin fait. Cette épreuve n'avait pas été simple, et elle avait accepté les quelques assurances de soutien qu'on lui avait adressé avec une sympathie feinte. Elle n'avait jamais su ce que les gens pensaient d'elle, puisque tout se disait tout bas… Mais elle s'en moquait bien, dès lors qu'ils n'avaient pas avec elle une attitude qu'elle jugeait trop hypocrite, trop haineuse, ou trop insultante. Puis, elle revint plusieurs fois à Meryton, faisant ainsi taire les rumeurs qui couraient sur sa prétendu apathie.

La vie reprit son cours, et l'été s'installa progressivement sur le Hertfordshire. C'était un bel après-midi de la mi-Juin, et la famille Bennet vivait une journée des plus normales à Longbourn. Encore une fois, Lydia et Kitty s'étaient rendues à Meryton, profitant pour l'une des dernières fois de la présence des officiers du régiment qui devaient partir vers le Nord une semaine plus tard. Mary , Elizabeth, Jane et leur mère se trouvaient dans le salon. La première étudiait une œuvre philosophique, 'La République' de Platon, la seconde s'exerçait au clavecin, alors que les deux dernières discutaient autour de la table, Mrs Bennet racontant à sa fille aînée les dernières nouvelles qu'elle avait ramené de son dernier voyage chez sa sœur, Mrs Phillips.

Lizzy tourna la page de la partition qu'elle entreprenait de jouer, et reprit l'enchaînement des notes. Ces dernières semaines avaient été plutôt paisible, et elle avait passé beaucoup de temps à ses nouvelles occupations. Ainsi donc, elle partageait le clavecin avec Mary, qui avait été à la fois chagrinée de ne plus pouvoir y passer autant de temps qu'avant, mais aussi enchantée que l'une de ses sœurs s'adonne à ce qu'elle considérait comme l'une de ses activités préférées. Elizabeth, qui avait toujours été assidue, avait fait des progrès, bien qu'il lui restait encore beaucoup de travail. Sans professeur, il était dur de savoir l'étendue de sa progression, mais elle faisait visiblement moins de fausses notes et jouait un peu plus rapidement. Elle avait momentanément abandonné la lecture pour passer ses matinées à l'étude de langues. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans, elle avait suivi comme ses sœurs un apprentissage de l'anglais, bien évidemment, mais aussi du latin et du français. Elle s'était remis à ce dernier qu'elle avait laissé de côté et voulait désormais apprendre l'Allemand, et pourquoi pas l'Italien. Elle s'était un matin souvenu d'une discussion qu'elle avait eu avec Mr Darcy et Miss Bingley, lors d'une visite à Netherfield lorsque Jane était malade. 'Pour être accomplie une femme doit avoir la connaissance du dessin, de la musique, de la danse et des langues étrangères…' avait dit la sœur de Charles Bingley. Et bien… Si elle continuait Elizabeth allait avoir toutes ces connaissances… Sauf peut-être celle du dessin…

Ce n'était pas une soif soudaine de savoir qui s'était emparée d'elle. Elle avait juste suivi le conseil de son père, et il s'était révélé très judicieux. En effet, plus elle apprenait de chose, et plus elle s'y plongeait avec intérêt, plus les mauvais souvenirs et les brides de sentiments s'estompaient. Elle avait ainsi passé de longs après-midi à lire ou étudier, oubliant totalement, mais momentanément, les douloureux souvenirs qui se rattachaient au mois de mai. Il était encore dur d'y repenser, mais elle le faisait tout de même avec moins de ressentiment et d'appréhension et avait retrouvé des couleurs, le sens de l'humour et le sommeil.

Durant ces quatre dernières semaines, elle n'avait pas vu beaucoup de monde, se contentant de sa famille. A l'occasion, Mr Bingley et Mr Darcy venaient leurs rendre visite, et elle passait alors quelques minutes à parler avec le Maître de Penberley. Étrangement, depuis l'arrestation de Wickam, tous deux parlaient plus qu'avant, même s'ils n'abordaient pas la question du jeune officier. Ils ne désiraient ni l'un ni l'autre rouvrir les blessures du passé qui n'avaient pas encore cicatrisé pour certaines. Ils ne parlaient pas tant que ça, pas autant que Lizzy pouvaient le faire avec Jane, mais ils abordaient de vastes questions comme l'art, la littérature ou l'histoire. S'était étrange… Car elle avait revu Mr Darcy dans le cadre d'occasion publiques, et il se montrait toujours de manière hautaine et distante avec les autres… Excepté en sa présence, en celle de Mr Bingley et même en celle de Jane. Il ne lui parlait que lorsqu'ils allaient se promener, accompagnés le plus souvent de Jane et Mr Bingley, parfois de Kitty, de Maria Lucas et toujours de l'un de leurs parents. Cela montrait encore une certaine réserve de sa part, mais Elizabeth avait été surprise… Agréablement surprise… Comme son père et Jane, Mr Darcy étaient des rares personnes à connaître la vérité, et il ne la regardait jamais avec condescendance ou pitié. Il la traîtait comme si rien de tout cela ne s'était passé, tout en prenant garde à ne pas aborder le sujet douloureux de Wickam. Lizzy se demandait ce qui pouvait bien justifier une telle attitude envers elle, mais préférait pour le moment ne pas y penser, ayant bien assez à faire avec ses démons.

Elle fut interrompue dans son jeu, alors que Beth, l'une de leurs domestiques, leur annonça l'approche iminante de Mr Bingley du domaine. Toutes furent plutôt surprise, puisquaucune invitation n'avait été formulé pour ce jour précis. Mrs Bennet se leva, remercia Beth et pressa ses filles à remettre un peu d'ordre dans la pièce de part la venue de leur voisin. Chacune des trois filles Bennet présentes s'activa à la tâche, et tout semblait parfaitement normal, lorsque Mr Bingley entra dans la pièce.

De chaleureuses salutations furent échangées, et on aborda des banalités , comme le temps qu'il faisait ou les quelques derniers évènements dénués d'intérêt qui étaient survenus dans les environ. Mrs Bennet assura qu'elle était chagrinée de voir le régiment s'en aller, ôtant ainsi une grande source de distraction à la population de Meryton. Elle ne se rendait pas compte du soulagement que cela procurait à Elizabeth, et de l'indifférence qu'éprouvaient Jane et Mr Bingley à ce sujet. Pour cette dernière, il n'avait pas été si difficile que ça de revoir Mr Bingley, et elle avait assuré par plusieurs fois à Lizzy que désormais, ses sentiments ne la tourmentaient plus. Seulement, elle n'avait pas prédit que le locataire de Netherfield revienne les voir à plusieurs reprises, bien que toujours accompagné de Mr Darcy et parfois de l'une de ses sœurs. Ils avaient alors repris des discussions animées, comme celles qu'ils partageaient avant le départ précipité de Bingley du Hertfordshire au mois de Novembre précédant. L'aînée des Bennet s'était promis de ne pas retomber dans la spirale des sentiments amoureux, mais comment pouvait-elle résister à un homme si attentionné, charmant et adorable à son égard ?

Durant toute la conversation, Mr Bingley montrait quelques signes de nervosité qu'il essayait tant bien que mal de dissimuler. Mrs Bennet sembla le remarquer, et son regard s'illumina, comprenant alors ce qui avait amené Mr Bingley à venir leurs rendre visite. Il ne pouvait s'agir que de cela… Il était venu seul, alors que d'ordinaire il était toujours accompagné de Mr Darcy, et il revenait les voir seulement le lendemain de sa dernière visite. Hors, ces dernières avaient toujours été espacées de plusieurs jours. Il ne pouvait s'agir que de cela, Mrs Bennet en était persuadée… Seulement, il lui fallait une confirmation… C'était un grand évènement s'il était bien là pour la raison qu'elle pensait… Mais autant fallait-il en être sûre plutôt que de mettre son aînée dans une situation fâcheuse.

« Mr Darcy réside t'il toujours à Netherfield ? » demanda t'elle alors, innocemment.

« En effet. » répondit Mr Bingley. « Son retour dans le Derbyshire n'est pas prévu pour tout de suite. »

« Bien. » répondit simplement Mrs Bennet, satisfaite.

Cependant ? comme elle s'en doutait, Mr Bingley n'ajouta rien, et un nouveau silence s'installa entre tous, silence teinté de gêne ou d'embarras, nul n'aurait su le dire. Mrs Bennet devait dés lors prendre les choses en main, mais elle devat le faire avec subtilité, si tentait qu'elle y parvienne. Elle porta alors un long et insistant regard sur Mary qui, devant l'insistance de sa mère osa demander :

« Que se passe t'il, mère ? »

« Oh, mais rien, mon enfant ! » lui assura Mrs Bennet, feignant l'étonnement. « Cependant, votre question me rappelle qu'il y a effectivement quelque chose qui nécessite que je m'entretienne avec vous, pouvez-vous me suivre, s'il vous plaît ? »

Mary regarda ses sœurs, un peu surprise, mais devant leur incrédulité, elle choisit d'obéir à sa mère, et se leva. La maîtresse de maison s'excusa auprès de son invité, mais une chose importante nécessitait leur présence. Ainsi, elle partit avec Mary, laissant Elizabeth, Jane et Mr Bingley, seuls dans le salon. Le silence se poursuivit, et Jane jetait de brefs regards craintifs à sa sœur, suppliant Lizzy de ne pas la laisser seule. Elle commençait à comprendre ce qui se passait, et la perspective de rester seule avec Mr Bingley la terrifiait. Cependant, ce ne fut qu'un peu plus d'une minute après que Beth arriva.

« Excusez-moi de vous interrompre mais… Miss Elizabeth, on vous demande à l'étage. »

Lizzy fut surprise, mais se rendit alors compte du manège de sa mère… Seulement, puisqu'elle avait fait venir Beth, elle ne pouvait faire autrement que de la suivre. Elle lança un regard navré à Jane qui blémit légèrement, et monta à l'étage sur les talons de Beth.

« Mère, que signifie tout cela ? » demanda t'elle, une fois arrivée en haut. « J'avais promis à Jane de rester avec elle. »

« Restez donc ici, Lizzy ! » s'exclama Mrs Bennet en chuchotant, comme si Jane et Mr Bingley pouvaient les entendre, alors qu'elles étaient à l'étage. « Plus que cinq minutes, et le tour sera joué ! » ajouta t'elle, les yeux brillants.

Elizabeth soupira. Elle avait donc eu raison, sa mère était persuadée que Mr Bingley venait demander la main de Jane… Cela ne l'aurait pas surprise, bien évidemment, mais elle croyait pourtant que Mr Darcy et Miss Bingley avaient averti Bingley de l'imprudence d'une telle union. Elle en voulait toujours à Mr Darcy d'avoir ainsi brisé le bonheur de sa sœur… Jamais ils n'en avaient parlé, et sûrement ignorait-il qu'elle le savait… Se pourrait-il que le retour des Bingley à Netherfield ne soit pas, une coïncidence ? Mr Darcy aurait-il pu se rendre compte de son erreur, et aurait-il persuadé Mr Bingley de son tord ? Et pour quelle raison aurait-il changé d'avis ? Mr Darcy était plutôt du genre à ne jamais revenir sur une décision… Alors pourquoi celle-ci ?

Les minutes s'écoulèrent lentement, et l'anxiété de Lizzy ne cessait d'augmenter avec elles. Que pouvait-il bien se passer en bas ? Que se disaient donc sa sœur et leur voisin ? La demandait-il réellement en mariage ? Ou restaient-ils juste muets ne parvenant ni l'un ni l'autre à dire quelque chose ? Cette perspective la mortifia un instant… Jane qui était si timide et réservée devait bien se sentir mal à l'aise si cela était le cas. Elle regarda l'horloge de la pièce, et vit que les cinq minutes étaient désormais bien passées. Voilà pourquoi, Mrs Bennet ne broncha pas lorsqu'Elizabeth sorti de la chambre pour se diriger vers le salon. Il semblait également vrai que sa fille ne lui en avait pas laissé le temps.

Lorsqu'elle arriva au rez-de-chaussée, Elizabeth trouva Mr Bingley assis aux côtés de sa sœur sur le canapé, elle pleurait doucement, et il avait pris sa main dans la sienne, comme pour la rassurer de quelque chose dont seuls eux avaent connaissances.

« Oh, pardonnez-moi ! » s'exclama Lizzy, se rendant alors compte qu'elle les avait peut-être dérangés.

« Non, n'en fait rien, Lizzy ! » lui assura son aînée avec un sourire sur le visage.

Mr Bingley lui adressa un regard rassurant, confirmant à la jeune femme qu'elle ne les avait pas interrompus. Il murmura quelque chose à Jane que Lizzy ne perçut pas, et les laissa seule en se dirigeant vers le bureau de leur père. Elizabeth s'assit à côté de Jane, ayant désormais la confirmation de ce qui venait de se passer.

« Mon Dieu, Lizzy ! » s'exclama Jane, des larmes de joie ne pouvant s'empêcher de couler de ses yeux. « Si tu savais comme je suis heureuse ! Je me suis trompé.. Il m'aime Lizzy, il m'a toujours aimé, jamais je n'ai quitté ses pensées… Je suis tellement heureuse. »

« Je le suis tout autant pour toi, Jane. » lui assura Lizzy avec un sourire radieux, ravie de voir le bonheur de sa sœur. « Vous serez tellement heureux ensemble, j'en suis sûre ! »

« J'en suis sûre également. » certifia l'aînée des Bennet

Les deux sœurs s'enlacèrent chaleureusement, aussi heureuses l'une que l'autre, même si Jane rayonnait bien plus de bonheur que sa cadette. Jane la prévvint qu'elle devait avertir leur mère, et ne cessait de répéter son bonheur, ce qui ravit sa sœur. Alors, Jane monta à l'étage prévenir leur mère, laissant Elizabeth seule, mais heureuse pour son aînée.

XXXXXX

Londres, le 21 Juin

Chère Lizzy,

Je réponds à la lettre que vou m'avez envoyé il y a déjà qelques jours, jointe à celle de Jane. J'ai été vraiment ravie d'apprendre ses fiançailles avec Mr Bingley, bien que je n'ai jamais eu le plaisir de le rencontrer. Mais l'enthousiasme dont à fait preuve votre sœur dans sa lettre m'a ravi, et de ce que m'avez-vous-même dit sur son fiancé, il a l'air d'être un homme tout à fait charmant. Votre oncle, vos cousins ainsi que moi-même seront bien entendu présents à la date que nous a indiqué Jane. Nous lui avons déjà fait part de nos félicitations et de l'assurance de notre présence.

Je suppose, Lizzy, que cette nouvelle vous a aussi ravi. Je sais à quel point Jane et vous êtes proches, et je suppose que le bonheur de l'autre est une chose qui vous importe beaucoup. Je n'ose imaginer l'enthousiasme et la joie de votre mère à l'annonce de cette union future. S'ils sont aussi semblables que vous l'avait narré dans votre dernière lettre, il ne fait aucun doute qu'ils auront un mariage très heureux, ce dont je me réjouis pour votre sœur.

Et vous, ma chère nièce, comment vous portez-vous ? J'ai cru comprendre que les fiançailles de votre sœur prenait le plus clair du temps de votre famille depuis ces dix derniers jours, ce qui est tout à fait compréhensible. Mais vous, mon enfant ? Apprenez-vous toujours le piano avec autant d'aciduité ? Lisez-vous toujours autant ? J'ai vraiment hâte d'entendre les progrès que vous avez faits, et cela sera chose faite dans quelques jours, puisque nous venons toujours vous rendre visite, et je vous confirme ainsi notre arrivée le vingt-neuf dans l'après-midi. J'ai pour cela envoyer une lettre à votre mère, vous n'avez donc pas nécessité de lui en faire la comission.

Lizzy, votre oncle et moi aurions une proposition à vous faire. Vous souvenez-vous du voyage dans la région des Lacs que nous avons prévu mi-Juillet ? Vous deviez au départ nous y accompagner, puis ce projet a été abandonné…. Mais cela vous plairait-il ? Nous serions vraiment ravis que vous acceptiez notre invitation, mais sachez que si vous ne vous en sentez pas la force ou l'envie, nous ne serons nullement offencés. Sachez que nous réitérons notre invitation.

Et bien, ma chère Lizzy, je n'ai d'autres nouvelles à vous communiquer. Nous préparons progressivement notre départ pour le Hertfordshire, et j'ai grande hâte de vous revoir. Je vous souhaite de vous porter bien jusqu'à notre arrivée à Longbourn.

Affectueusement,

Helen Gardiner.

XXXXXX

Elizabeth replia la lettre de sa tante, une fois sa lecture achevée. Elle se trouvait dans le jardin de Longbourn, profitant de la douceur de cette fin d'après-midi d'été. L'air était chargé de parfum, accentuant la légèreté de l'atmosphère. Ces derniers jours avaient été marqué de joie et de ravissement, suite aux fiançailles de Jane et Mr Bingley. Mrs Bennet ne s'était pas privée de faire connaître à tout le voisinage, la future union de sa fille aînée avec Mr Bingley de Netherfield possédant cinq milles livres de rente annuelles. Jane elle, rayonnait, et les visites de Mr Bingley à Longbourn ou de l'aînée des Bennet à Netherfield étaient désormais quotidienne. Lizzy l'y accompagnait parfois, restant cependant plus au calme dans leur maison ces trois derniers jours.

Si elle avait été au départ enchantée par le bonheur de sa sœur et qu'elle l'était encore aujourd'hui, cette union future ne pouvait que la ramener à des souvenirs beaucoup moins agréables. Elle était vraiment heureuse pour Jane, et elle pensait sincèrement qu'elle méritait ce bonheur. Elle savait à quel point son aînée avait souffert du départ de Mr Bingley en Novembre, et le dénouement qu'avait pris cette histoire ne pouvait que tous les ravir… Sauf peut-être Miss Bingley et Mrs Hurst… Du moins, de ce qu'en pensait Elizabeth. Cependant, ces fiançailles, ce mariage futur, cette joie à la perspective d'un bonheur à deux la ramenaient aux premiers temps de ses propres fiançailles, un peu plus de quatre mois plus tôt.

Il était pour elle évident, que l'affection qui liaient sa sœur et Bingley était bien plus profonde et sincère que l'esquisse de sentiments qu'elle avait éprouvé à l'égard de Wickam. Mais la similarité de ces évènements la rendait nostalgique… morose. Il était encore dur de repenser à tous ses évènements. Bien qu'elle est l'esprit occupé par les derniers changements et ses nouvelles occupations, une fois seule les yeux grands ouverts dans le noir, ses émotions refaisaient surface. Elle réussissait le plus souvent à les enfouir dans un coin de sa mémoire. Elle savait qu'à force, ils finiraient par disparaître… Mais le chemin était encore long. Alors, malgré toute la joie qu'elle éprouvait vis-à-vis du nouveau mariage de sa sœur, elle ne pouvait s'empêcher de penser, de manière égoïste peut-être, qu'elle serait seule une fois Jane mariée. Elle savait bien que cela était inévitable, mais maintenant que ce moment approchait, cela l'effrayait et l'amenait à d'autres questions.

Pourrait-elle un jour connaître le même bonheur que sa sœur ? Elle qui rêvait d'un grand amour, était-ce encore un luxe qu'elle pourrait se permettre ? Elle le devait. Elle avait été une fois sur le point de se marier, plus par raison et par convenance et persuasion d'un fragile bonheur, et elle se retrouvait quelques mois plus tard, blessée et trahie. Elle ne pourrait s'unir à un homme que lorsqu'elle serait convaincue de la sincérité et da profondeur de ses sentiments envers elle. L'épreuve qu'elle avait vécu par la faute de Mr Wickam aurait donc eu pour effet de renforcer son désir de se marier seulement au nom de l'amour le plus total. Mais trouverait-elle un tel homme ? Et pourrait-elle à nouveau faire confiance ?

Elizabeth soupira, une nouvelle fois assaillie et criblée de doutes. Il était dur de croire qu'elle, si sûre d'elle en apparence, pouvait être la proie de temps d'interrogations… Mais cette épreuve l'avait ébranlée dans sa confiance en elle et en les autres, s'était une chose évidente et irrémédiable pour l'heure.

Il y avait également un autre sujet qui occupait ses pensées. Comme si ses propres interrogations ne suffisait pas, elle se demandait ce qui avait finalement poussé Mr Bingley à revenir en Hertfordshire après plus de six mois d'absence. Elle savait par une inadvertence du Colonel Fitzwilliam, que le cousin de ce dernier était intervenu dans les affaires de son ami, sûrement aidé de Miss Bingley.

Mr Bingley s'était il rendu compte de la profondeur de ses sentiments pour Jane et avait-il décidé de revenir de lui-même à Netherfield ? Ou par un retournement de situation bien improbable et innattendu, Mr Darcy et Miss Bingley l'avaient assuré de leur erreur ? Cela semblait bien impossible à Lizzy, pour l'un comme pour l'autre. Malgré le fait que ses relations avec le maître de Penberley se soient améliorées, il n'en demeurait pas moins hostile aux membres de sa famille et lorsqu'ils n'étaient pas seuls tous les deux, il ne lui adressait guère la parol ou si peu. Elle se souvenait encore des mots du Colonel Fitzwilliam à Rosings en Janvier… 'C'était sa famille qui était indésirable et préjudiciablle'. Du moins était-ce ses termes à quelques détails près. Mr Darcy avait-il parlé d'elle, de ses sœurs et de ses parents en général ? Ou était-ce juste de sa mère, de Lydia et de Kitty ? Elle savait parfaitement que certains des membres de sa famille ne savaient pas tenir leur rang. Mais elle jugeait cette raison bien peu valable pour oser justifier la séparation de deux êtres semblant s'aimer. Etait-ce leur infortune qui avait également orienté leur choix ? Ces questions resteraient sûrmeent à jamais sans réponses, mais elle mourait d'eenvie de savoir le fond de l'histoire. Elle ne pensait pas Mr Darcy capable de revenir sur une décision qui lui semblait juste… Quant à Miss Bingley cela aurait relevé de la farce.

Pourquoi donc devait-elle ressasser sans cesse le passé ? Jane n'était-elle pas désormais heureuse et fiancée à Mr Bingley ? Mais voilà, Elizabeth avait toujours eu le besoin de connaître les choses qui concernaient sa famille en détail. Et même si Mr Darcy avait fait de grands sacrifices pour elle, des concessions qu'elle n'osait imaginé, et qu'il se montrait courtois avec elle lors de leurs discussions qui n'avaient finalement pas été si nombreuses, il n'avait guère changé d'attitude pour autant… Non, s'en était trop ! Tout ce qui concernait Mr Darcy était bien trop contradictoire pour qu'elle puisse en tirer quelque chose. Il fallait qu'elle arrête de se torturer ainsi pour un homme qui, même s'il était la presque impossible raison des fiançailles de sa sœur, était responsable d'un malheur qui l'avait mortifiée pendant des semaines.

Il était pour elle difficile de dresser le caractère de Mr Darcy, et d'identifier les sentiments qui s'y rapportaient. D'un côté, elle gardait en tête l'image de cet homme hautain et froid qu'elle avait rencontré à Meryton près d'un an plus tôt… Cependant, toutes ses certitudes s'étaient envolées, le jour où elle avait reçu sa lettre, puis leur de leur entretien à Netherfield quelques jours plus tard. Et leurs suivantes rencontres avaient été du même ordre… courtoises, des discussion intéressantes… Un aspect de sa personnalité qu'elle ne lui connaissait pas… Tout était contradictoire lorsqu'il était question de lui, et ses véritables intensions restaient pour Elizabeth une totale énigme.

Elizabeth décida alors de se détacher de ses pensées embrouillées, pour se reporter à la seconde partie de la lettre de sa tante. Elle relut le passage où Mrs Gardiner lui proposait de partir avec elle et son oncle dans la région des lacs. Il était vrai que ce projet avait été délaissé suite à ses fiançailles avec Mr Wickam, leur mariage était prévu pour août. Seulement, maintenant qu'elle n'avait plus cet engagement, elle pouvait parfaitement les accompagner. Et quitter un peu le Hertfordshire ne pourrait lui faire que du bien. Ils devaient partir pour une quinzaine de jours entre le mois de Juillet et d'Août, ils auraient assurément beau temps. Et jane ne lui en voudrait probablement pas de s'en aller, elle aurait bien assez à faire avec les préparatifs de son mariage qui devait avoir lieu en Novembre, et de la présence deleurs deux cousins. Alors oui, elle partirait dans la région des Lacs avec les Gardiner. Elle sourit à cette perspective, et décida alors de rentrer à l'intérieur où le thé allait bientôt être servie.