Bonjour à tous !

Voilà le chapitre 11, avec un peu moins de retard que le précédent. J'espère que cette suite vous plaira, et j'attends vos reviews avec impatience !

Je voudrais vous remercier pour vos reviews. Solidixit (merci pour ta longue review, ça m'a fait très plaisir ! oui il y aura encore pleins de chapitres pour ma fiction… je ne suis donc pas prête de m'arrêter à écrire sur Jane Austen) pour ton fanatisme, je ne peux que compatir, je me regarde les épisodes de la série de la BBC une a deux fois par mois, Colin le parfait fait si bien Darcy le parfait ! lol, en tout cas merci encore pour tout ce que tu m'as dit, et j'espère que ce chapitre te plaira!) Isaka (j'espère que ton impatience n'a pas été mise à trop rude épreuve avec cette nouvelle attente, mais désormais, voilà le chapitre 11, j'espère qu'il te plaira, et voilà la déclaration que tu attendais tant ! j'attends ta prochaine review avec impatience) Justine (merci pour ta review, il est vrai que j'ai pris beaucoup de plaisir a faire la description de ce paysage, voici un nouveau chapitre) Nathalie (et bien, lectrice impatiente, voilà la suite, en espérant qu'elle ne te décevra pas !) Fanaplume (et bien si Elizabeth avait besoin de temps, je dirais que son amour pour Darcy a fini de la convaincre, alors maintenant, elle est toute disposée à l'accepter… mais faut-il encore qu'il trouve le courrage de se déclarer ! merci pour ta fidélité, bisous) Soleil (ne désespère plus, voilà la suite !)

Je vous souhaite une bonne lecture

oxoOoxo

« Miss Elizabeth ? »

La jeune femme releva les yeux et vit alors le majordome de Mr Bingley dans l'encadrement de la porte. Elle était assise dans l'un des canapés du salon de Netherfield, ayant accompagné Jane qui rendait visite à son fiancé. La seconde des demoiselles Bennet avait tenu à l'accompagner car elle désirait voir Mr Darcy, et qu'il l'avait invité la veille à venir. Cela faisait désormais un peu plus d'une semaine qu'elle avait pris conscience de ses sentiments pour le maître de Pemberley, et qu'elle essayait chaque jour de les dissimuler aux yeux de ce dernier. Seulement, cela devenait de plus en plus difficile, et elle se demandait ce qu'elle ferait si elle ne parvenait pas à trouver le courage de lui avouer.

Ses interrogations et ses doutes n'avaient guère changé et ils ne s'étaient pas faits moins absents… Bien au contraire. Plus les jours passaient, plus elle aspirait à un avenir commun avec lui. Seulement, elle attendait un signe de sa part, quelque chose qui confirmerait la réciprocité de ses sentiments. Elle se demandait souvent comment il réagirait si elle lui avouait tout un jour, n'y tenant plus… Elle aimait à croire qu'il serait heureux d'entendre son inclination et de la lui rendre… Mais rien n'était jamais sûr, et elle ne voulait pas à nouveau souffrir à cause d'un homme.

« Mr Darcy est prêt à vous recevoir. » annonça le majordome une fois que Lizzy se fut levée. « Il discute encore avec Mr Bingley, mais m'a chargé de vous faire attendre dans le petit salon attenant à la pièce où il se trouve. Quant à vous, Miss Jane, Mr Bingley vous rejoindra une fois sa conversation avec Mr Darcy terminée. »

« Bien, merci. » déclara Jane avec un sourire avenant.

« Je vous suis. » lui assura à son tour sa cadette.

Le majordome s'inclina respectueusement devant Jane et prit le chemin du salon où Lizzy devrait patienter. Elle suivit l'homme dans les couloirs de Netherfield, et finit par arriver dans une pièce de taille modeste mais à la décoration raffinée. L'employé de Mr Bingley la fit asseoir dans un canapé moelleux et lui demanda de patienter quelques instants. Il lui proposa un rafraichissement que la jeune femme déclina avec reconnaissance.

L'homme partit et la laissa seule. Elle entendait les éclats de voix des deux hommes dans la pièce voisine, mais leur conversation devait assurément être privée. Elle en fit alors abstraction, et commença son attente en fixant un point dans le vide. Elle se demandait pourquoi Mr Darcy l'avait invité, particulièrement ce jour-là. Les fois précédentes, il lui avait seulement fait part de son espoir de la voir à Netherfield accompagner Jane, mais jamais il ne lui avait fait une invitation formelle comme celle-ci. Devait-elle s'en méfier ? Que pouvait-il bien avoir à lui dire de si important ?

Malgré sa volonté, elle fut alors attirée et intriguée par une question de Mr Bingley à Mr Darcy. Elle n'était pas de celles qui écoutaient aux portes et qui rapportaient tout à leurs voisins par la suite, non. Mais cette question la mortifia, et les phrases suivantes bien encore plus…

« Vous avez donc pris votre décision, Darcy ? »

Le jeune homme releva les yeux vers son ami, et prit quelques instants avant de lui accorder une réponse. Il se trouvait dans la pièce qui lui faisait office de bureau lors de son séjour à Netherfield Park. Tous deux discutaient d'un sujet important, dont Darcy avait fait part à Charles quelques heures plus tôt seulement. Car aujourd'hui, il avait décidé de parler à Elizabeth. Il ne pouvait plus se permettre d'attendre sans se compromettre, si cela n'était déjà fait. Sa décision était prise, et il était déterminé, plus rien ne pouvant le faire reculer.

Il avait tout d'abord décidé de faire part à son ami de ses sentiments à l'égard de Lizzy. Charles était son ami le plus proche, et même si Darcy n'était pas porté sur la confidence, il avait décidé de les lui révéler. La réaction de son ami avait été tempérée, et avec le sourire il lui avait avoué s'en douter. Darcy s'était alors inquiété de savoir si ses sentiments étaient si détectables que cela, mais Bingley l'avait rassuré en lui disant que lui l'avait deviné car il le connaissait bien, tout simplement, et que Miss Bennet ne devait pas s'en douter, ou qu'elle n'en avait alors qu'une vague idée.

« Oui, ma décision est prise. » finit-il par répondre en se tournant vers Bingley. Cela fait plusieurs mois que j'essaie de cacher mes sentiments, mais j'en suis arrivé à un point où cela n'est plus possible. »

« Je le conçois, Darcy » lui certifia son ami. « Avez-vous une idée de la manière dont elle répondra à votre déclaration ? »

« Pour tout vous dire, je l'ignore. Mais j'ose parfois espérer que Miss Bennet m'aime autant que je l'aime. »

« Je l'espère pour vous. » lui assura Bingley dans un souhait encourageant.

Darcy se contenta de hocher la tête en signe de remerciement, et ils se regardèrent une dernière fois avant de sortir. Darcy savait qu'Elizabeth attendait dans la pièce adjacente, et que bientôt il serait temps pour lui de prendre son courage à deux mains et d'affronter celle qu'il aimait. Cet instant qu'il redoutait et souhaitait depuis plusieurs mois était sur le point de se réaliser et il priait de toutes ses forces pour que cela se déroule comme il le désirait.

Bingley et lui sortirent de la pièce et ils rejoignirent Miss Elizabeth dans le petit salon. À leur arrivée, elle se leva et ils échangèrent de chaleureuses salutations, qui n'en restaient pas moins polies et courtoises. Puis, Bingley leur indiqua qu'il allait rejoindre Jane et il partit en jetant un dernier regard à son ami, dont l'attention était déjà toute retenue par la jeune femme présente dans la pièce. Darcy remarqua que sa visiteuse était bien pâle et qu'elle fuyait son regard, comme si quelque chose la préoccupait.

« Tout va bien, Miss Elizabeth ? » la questionna-t-il, inquiet.

« Oui je… » Hésita Lizzy. « J'ai juste un vertige, je pense que cela va passer. »

« Vous êtes sûre ? Vous devriez vous asseoir vous êtes bien pâle. » Lui conseilla Darcy.

« Je crois que… Je ne me sens vraiment pas bien. » Avoua Lizzy en s'asseyant dans le canapé. « Je ne sais pas ce qu'il y a, cela m'a pris tout à coup. »

« Voulez-vous que je fasse apporter de l'eau, ou quelque chose à manger ? »

« Non, merci. » lui assura la jeune femme avec un pauvre sourire. « Je suis vraiment désolée, vous attendiez ma visite et je… »

« Ne vous sentez pas coupable, Miss Bennet. » la coupa gentiment Darcy. « Le plus important est que vous devez aller mieux... Voulez-vous vous allonger un moment ? Je peux demander à Mr Bingley où il y a une chambre de libre. »

Elizabeth ferma les yeux, comme pour refouler une sorte de nausée, et elle fit un signe d'approbation de la tête, ne se sentant décidément pas bien. Darcy acquiesça et sortit du petit salon quelques instants, avant de se diriger vers le salon où se trouvaient son ami et sa fiancée. Il arriva à l'entrée de l'une des salles de Netherfield et attendit un interlude dans la conversation des deux futurs époux.

« Excusez-moi de vous interrompre. » les coupa-t-il poliment.

« Darcy, que se passe-t-il ? » demanda Bingley alors que son vis-à-vis s'inclinait devant Jane pour la saluer.

« Miss Elizabeth ne se sent pas bien, elle voudrait s'allonger. » annonça Darcy d'un ton grave.

« Que se passe-t-il ? » le questionna l'aînée de Lizzy, soudain alertée.

« Elle a des vertiges, et elle est pâle. » répondit Darcy.

« Bien, dans ce cas je vais demander à ce qu'on lui libère une chambre et je vais appeler le Dr Watson tout de suite. » déclara Mr Bingley.

Quelques minutes plus tard seulement, Elizabeth se retrouva dans l'une des chambres d'amis de Netherfield, installée dans un lit confortable. Elle fixait le plafond au-dessus d'elle, ses mains reposant sur son ventre. Elle se sentait légèrement mieux, même si son esprit était encore embrouillé des derniers événements.

Jamais elle n'aurait dû entendre cette conversation… Jamais… Et elle ne s'en porterait sûrement que mieux. La scène repassait dans sa tête sans qu'elle ne semble vouloir s'arrêter. Elle revivait ces événements encore et encore… Son entrée dans le petit salon et une fois qu'elle fut seule… Le début de son attente… Puis, les phrases échangées par les deux hommes… Les mots de Mr Darcy qui résonnaient encore dans sa tête comme si elle venait seulement de les entendre. Chaque mot était gravé dans sa mémoire.

« J'ose parfois espérer que Miss Bennet m'aime autant que je l'aime… »

Cela résonnait dans sa tête comme un refrain, sans fin… « qu'elle m'aime autant que je l'aime… » Mr Darcy l'aimait… Il l'aimait…. Elle peinait encore à réaliser ce que ces mots signifiaient. Ils l'avaient trop prise au dépourvu pour qu'elle ne songe à leur donner un sens pour l'heure. Il avait déjà été difficile d'accepter qu'elle aimait Mr Darcy… Et l'inverse lui semblait si soudain, comme si elle ne s'y était pas préparée. Et c'était la vérité, elle ne s'était pas préparée à entendre ça.

Elle ne fut pas longtemps seule, puisque la porte s'ouvrit bientôt après que l'on ait frappé trois coups. Elizabeth tourna la tête vers la droite et vit alors Jane entrer suivie du Dr Watson. Ce dernier salua sa patiente qui lui rendit ses salutations par un pâle sourire. Jane s'excusa et les laissa pour que Lizzy puisse être examinée par le médecin. Ce dernier lui demanda d'abord les symptômes et elle lui raconta de quoi elle souffrait. Puis, le Dr Watson l'examina avant de lui recommander du repos. Il ouvrit la porte de la chambre, signe que sa consultation était finie, et il fit entrer Jane à nouveau.

« Que se passe-t-il, docteur ? » interrogea l'aînée des Bennet.

« Votre sœur souffre d'un gros excès de fatigue. Je lui ai recommandé du repos et de manger avec appétit, ainsi elle pourra retrouver des forces. » Répondit le médecin. « Il ne s'agit pas de quelque chose de grave Miss Bennet, je vous rassure. »

« Bien, merci docteur de vous être déplacé. » déclara Jane en le raccompagnant jusqu'à la porte. « Je pense que Mr Bingley va vous raccompagner à la sortie, si cela ne vous dérange pas je vais rester quelques instants avec ma sœur. »

« Bien sûr que non, cela ne me dérange pas. Bonne fin de journée Miss Bennet. »

« Vous aussi docteur. » lui souhaita la jeune femme avant de refermer la porte.

Elle se dirigea ensuite vers le lit d'Elizabeth où cette dernière essayait de remettre les oreillers en place. Son aînée l'y aida, puis elle resta assise au bord du lit.

« Tu vas mieux Lizzy ? » demanda Jane.

« Un petit peu oui. » la rassura sa cadette. « Le médecin a dit qu'un peu de repos suffirait à me remettre sur pieds. »

« Tu sais d'où cela vient ? »

« Je pense que c'est un manque de sommeil. » répondit évasivement sa sœur en fermant un instant les yeux. « Je ne dors pas bien ces derniers temps, cela doit affecter ma santé. »

« Alors il va falloir te reposer, et je suis sûre que tu iras bien mieux par la suite. » certifia son aînée. « Je vais te laisser Lizzy, et n'hésite pas à m'appeler moi ou Mr Bingley au cas où quelque chose n'aille pas. »

« Bien… Et s'il te plaît remercie Mr Bingley de sa gentillesse et de sa prévenance. » Lui demanda Elizabeth.

«Je n'y manquerai pas. À tout à l'heure. »

Puis, Jane la laissa, et Lizzy se retrouva à nouveau seule avec ses démons. Durant les heures qui suivirent, elle essaya de se remettre du trouble qui s'était emparé d'elle dans l'après-midi. Au fil de ses pensées et de ses réflexions, elle arriva à assimiler ce qu'elle avait appris de manière incongrue dans le petit salon en attendant Mr Darcy. Désormais, elle comprenait mieux ses agissements et il ne s'agissait finalement pas que d'une relation mondaine. Il était profondément attaché à elle, peut-être autant qu'elle l'était à lui. Sans doute était-ce pour cela qu'il avait pris tant de risques pour la prévenir de la véritable nature de Wickham en mai. L'aimait-il déjà à cette époque ? Ou cela s'était-il fait par la suite, au fil de leurs rencontres ? Elle n'aurait su le dire, et peut-être ne le saurait-elle jamais.

Les heures qui suivirent furent toutes aussi dédiées à la réflexion. Vers le début de soirée, Jane apporta un repas à sa sœur, et elle demeura quelques instants avec elle. Il était environ dix-huit,heures et l'aînée des Bennet devait regagner Longbourn. Elle salua sa sœur et lui souhaita une bonne nuit avant de sortir. Une fois seule, Lizzy souffla les chandelles et se retrouva dans le noir. Elle songea alors au comportement qu'elle allait adopter dès le lendemain avec Mr Darcy. Elle ne pouvait décemment pas lui avouer qu'elle avait surpris sa conversation avec Mr Bingley alors qu'elle se trouvait dans la pièce voisine.

Il fallait qu'elle trouve une solution pour aborder le sujet avec lui sans qu'il ne se doute de rien. À présent qu'elle connaissait ses sentiments à son égard, tout semblait plus clair, et elle ferait tout pour que cela aille dans le sens qu'elle désirait. Ce fut forte de cette décision qu'elle s'assoupit.

XXXXXX

Lorsqu'elle arriva dans la salle à manger de Netherfield le lendemain matin, il était près de neuf heures trente. Elle portait une robe crème que Jane avait fait apporter de Longbourn dans la soirée qui avait précédé. Elle allait désormais mieux, et se sentait presque sereine. Il restait bien sûr un doute quant au déroulement des prochaines heures, mais elle avait plus confiance encore en l'avenir que la veille. Elle trouva Mr Bingley qui déjeunait et elle le salua. Il l'invita à s'asseoir et à se servir, ce que la jeune femme accepta bien volontiers, elle mourait de faim. Elle remercia encore une fois son futur beau-frère de toutes les attentions dont il avait fait preuve à son égard, et ce dernier lui répondit que dans quelques semaines, ils seraient de la même famille, et qu'il considérait cela comme chose faite. Lizzy avait souri devant tant de sollicitude, et le repas s'était poursuivi.

« Où se trouve Mr Darcy ? » demanda-t-elle alors, devant l'absence du maître de Pemberley à leur table.

« Il a déjà fini de déjeuner. » l'informa Bingley. « Il se balade actuellement dans le parc, je crois. »

Elizabeth acquiesça d'un hochement de tête et le remercia d'un sourire. Elle passa le reste de son repas en silence, pensant à ce qui allait se passer quelques minutes plus tard seulement. Une fois son petit déjeuner achevé, elle s'excusa auprès de Mr Bingley et elle lui assura vouloir prendre l'air. Son hôte lui demanda une nouvelle fois si elle allait mieux et elle lui certifia que c'était effectivement le cas. Bingley lui déclara en être soulagé, puis il laissa partir son invité.

Elle sortit dans le parc et savoura un instant les rayons du soleil sur son visage. Elle embrassa du regard les lieux qui s'étendaient devant elle et aperçut alors Mr Darcy un peu plus loin, qui marchait seul semblant perdu dans ses pensées. À sa vue son cœur s'accéléra, mais elle n'y prêta pas attention et descendit les dernières marches qui la séparaient encore de la cour de Netherfield. Là elle fit quelques pas, et se dirigea vers Mr Darcy. Arrivée à sa proximité et voyant qu'il n'avait pas remarqué sa présence elle s'approcha de lui et l'interpella.

« Miss Elizabeth ! » s'exclama-t-il, surpris de la voir. « Je ne vous avais pas entendu arriver. »

« Pardonnez-moi d'être ainsi apparue. » S'excusa la jeune femme.

« N'en faites rien, j'étais perdu dans mes pensées. Comment allez-vous ? » Lui demanda Darcy, préoccupé.

Préoccupé, il l'était. Du moins il l'avait été toute la nuit. Il avait eu vent du diagnostic du Dr Watson qui concluait à un surmenage de la part de la jeune femme. Elle manquait de sommeil avait-il dit. Mais en la voyant debout devant lui à cet instant, et un léger sourire peint sur le visage, il fut bien vite rassuré, et cela fut totalement le cas lorsqu'il entendit la réponse de Lizzy.

« Bien mieux, merci. Je dois dire qu'une bonne nuit de sommeil a beaucoup aidé à cela. »

« Je suis ravi de vous l'entendre dire. » certifia Darcy.

« Puis-je me joindre à vous ? » demanda alors Lizzy.

« Bien sûr. »

Ils commencèrent à marcher côte à côte sans s'adresser le moindre mot. Un silence teinté de gêne régnait entre eux, sans que ni l'un ni l'autre ne semble vouloir l'interrompre. Chacun était perdu dans ses pensées, puisant dans leurs dernières réserves de courage. Car sans s'en rendre compte ils étaient sur le point de faire la même chose. Ainsi, ce fut au même moment qu'ils prirent la parole.

« Mr Darcy je… » Commença Elizabeth.

« Miss Elizabeth je… » Déclara le jeune homme en même temps qu'elle.

Un sourire gêné apparut sur chacun de leur visage et ils détournèrent les yeux. Ils se sentaient embarrassés, mais ce fut Lizzy qui prit les devants et commença à parler :

« Mr Darcy… Il y a quelque chose d'important dont je voulais parler avec vous. »

« Bien sûr, je vous écoute. » l'invita Darcy qui redoutait un peu ce qu'elle était sur le point de lui annoncer.

« Voilà… » Hésita quelques instants la jeune femme à ses côtés. « Je ne vous ai jamais réellement remercié pour ce que vous aviez fait en mai… vis-à-vis de Mr Wickham. »

Darcy resta quelques secondes silencieux à ces paroles. Il était vrai que jamais elle ne lui avait adressé de remerciements, mais il ne lui en avait jamais tenu rigueur. Pour lui, le plus important dans cette affaire avait été qu'elle n'épouse pas Mr Wickham. Il n'avait pas un instant songé au fait qu'elle puisse vouloir le remercier. Elle dut prendre son mutisme pour une invitation, puisqu'elle continua, détournant son regard de lui.

« C'était quelque chose de très important pour moi que de vous dire à quel point je vous en suis reconnaissante. Je réalise que sans vous, je me trouverai prisonnière d'une union malheureuse mais en restant libre, et ce grâce à vous, je me suis vue offrir la possibilité de voir naître de nouveaux sentiments et même une forte inclination. Grâce à vous, je suis libre pour un nouvel engagement mais surtout libre d'éprouver ces sentiments sincères que j'avais toujours espéré expérimenter mais que mes liens avec Mr Wickham ne m'avaient jamais permis de connaître. »

À cette annonce le cœur de Darcy fit un bond dans sa poitrine, mais il ne le montra pas, comme il avait toujours su le faire. Libre de ressentir à nouveau quelque chose pour quelqu'un ? Grand Dieu, était-elle en train de lui annoncer qu'elle en aimait un autre ? À cette simple pensée, il sentit un nœud se former dans sa gorge, mais il la laissa continuer. Ils marchaient toujours l'un à côté de l'autre, sans vraiment se regarder en face.

« Assez ironiquement, cette mésaventure a tout de même engendré quelques aspects relativement positifs. Elle m'a permis de réaliser que le jour sous lequel on voit les gens que nous rencontrons pour la première fois peut s'avérer erroné. Je m'étais forgée une bien piètre et peu flatteuse opinion de vous suite à notre première rencontre. Et pourtant…

« Pourtant ? » l'encouragea-t-il à poursuivre.

« Et pourtant les sentiments que vous m'inspirez à présent se révèlent sans commune mesure avec les précédents. Ils sont bien plus forts que la haine que je croyais vous porter. » Elle cessa de marcher. « Plus agréables aussi. » ajouta-t-elle dans un souffle.

Elle fut alors imitée par le maître de Pemberley, qui cessa sa marche à sa hauteur. Il la regardait fixement, essayant de détecter le sens de ses paroles. Était-elle réellement en train de lui dire qu'elle éprouvait quelque chose de fort pour lui ? Ses sentiments avaient-ils donc changé durant les quatre derniers mois ? Était-il possible qu'elle soit en train de lui confesser son inclination à son égard ? Était-il possible que ce qu'il ressentait fût réciproque ? Il n'osait y croire… Ce qu'il avait espéré durant tous ces mois était-il en train de devenir réalité ?

Elizabeth le fixa également, et finit par détourner les yeux, sentant son regard sur elle. Il semblait l'étudier, sans dire mot et elle sentait l'embarras s'emparer d'elle… Était-il possible qu'elle se soit fourvoyée à ce point ? Non, cela était impossible… Elle avait parfaitement entendu les mots qu'il avait échangés avec Mr Bingley la veille… Elle était en train de se ridiculiser… Il lui fallait une réponse, une affirmation que tout cela n'était pas un rêve… Que tout ce qu'elle avait entendu malgré elle était bel et bien fondé, qu'il s'agissait d'une réalité tangible.

« Par pitié, Mr Darcy, suis-je donc en train de m'humilier devant vous ? Si vous n'éprouvez pas pour moi, en retour, les sentiments que je vous laisse entrevoir alors, je vous en conjure, dites-le moi sans tarder, faites cesser cette confession qui ne peut que nous mettre tous les deux dans une position que nous regretterions. »

« Je vous assure que vous n'avez à concevoir aucune humiliation du fait de vos paroles, miss Elizabeth. » la coupa Darcy d'une voix ferme.

Il refusait qu'elle se mette une telle idée en tête. Elle doutait de ce qu'il pouvait ressentir pour elle… Comment cela était-il possible ? se demanda-t-il. Comment pouvait-elle douter quand ses sentiments à l'égard de la jeune femme semblaient si limpides aux yeux de tous comme ils l'étaient pour son ami Mr Bingley ? Il réalisa alors qu'il ne lui avait toujours pas adressé de véritable réponse, qu'il n'avait fait aucun geste qui puisse faire disparaître ses doutes, rien qui puisse la rassurer sur l'orientation des sentiments que lui nourrissait à son égard.

« J'éprouve… J'éprouve ces mêmes sentiments pour vous, Miss Elizabeth. » Lui assura-t-il en ancrant ses yeux aux siens.

Elizabeth sentit son cœur manquer un battement, ne réalisant pas encore ce qu'il venait de se passer et ce que tous ces mots signifiaient. Ne venait-elle pas d'annoncer à Mr Darcy qu'elle l'aimait ? Et ne venait-il pas de lui répondre favorablement ?

'Mon dieu… c'est bien réel.' Pensa-t-elle, se rendant compte que désormais, tout était avoué entre eux. Elle savait… Il l'aimait, autant qu'elle l'aimait… Leur échange de regard se prolongeait, et chacun semblait prendre conscience que leurs espoirs cachés étaient maintenant réalité, qu'ils s'étaient avoué leur amour réciproque… Que, désormais, de nouvelles perspectives s'offraient à eux.

Il n'en revenait pas. Il venait d'avouer ses sentiments à Elizabeth Bennet… Cette femme qu'il aimait en secret depuis des mois… Il lui avait avoué ce qu'il ressentait, et elle éprouvait la même chose. Ses vœux les plus fous étaient désormais en voie de se réaliser. Il se sentait libéré d'un immense poids La femme qu'il chérissait l'aimait en retour… Qu'aurait-il pu ressentir en cet instant autre que de la joie, du soulagement et un amour qui n'en était que plus grand ?

Un sourire illumina alors chacun de leur visage. Elle le vit sourire pour la première fois, et cela lui confirma que ce qui venait de se passer était bien réel. Qu'allait-il advenir désormais… Allait-il… Allait-il lui demander sa main ? Épouser Mr Darcy… Épouser Mr Darcy ! C'était désormais possible… Et elle avait l'espoir qu'il allait le faire sur le champ… Ou attendrait-il ? Peut-être que cela serait mieux… Elle ne savait pas, ne savait plus. Il y avait tellement de sentiments qui s'étaient emparés d'elle en cet instant.

Ni l'un ni l'autre ne put pousser ses réflexions plus loin puisqu'ils entendirent alors les bruits familiers d'une voiture en approche. Ils tournèrent la tête vers la demeure de Mr Bingley dans un geste presque simultané et virent qu'effectivement une voiture venait d'entrer dans la cour et était sur le point de s'arrêter. Ils échangèrent un regard étonné, et Darcy se souvint alors de qui il s'agissait. Ses soupçons furent confirmés lorsque, quelques secondes plus tard, ils virent descendre du véhicule Caroline Bingley, ainsi que Mr et Mrs Hurst. Bingley était venu les accueillir, sûrement averti par l'un de ses domestiques.

« Nous devrions aller les saluer. » déclara Darcy, dont le sourire avait disparu.

« Bien sûr. » approuva Lizzy, déçue d'être interrompue dans un moment aussi crucial.

Ils se dirigèrent vers les nouveaux venus qui échangeaient déjà des salutations avec le locataire de Netherfield. Une fois arrivés à leur hauteur, ils en firent de même.

Lorsqu'elle vit Elizabeth Bennet arriver aux côtés de Mr Darcy, Miss Bingley se posa immédiatement des questions sur sa présence en ce lieu et à une heure si matinale. Que faisait-elle dont ici ? Il était bien trop tôt pour une visite. Elle échangea cependant des salutations avec Lizzy, mais ne cacha guère sa surprise.

« Miss Elizabeth est ici depuis hier. » annonça alors son frère. « Elle était venue avec Jane mais elle s'est trouvée mal et était trop faible pour rentrer à Longbourn, elle a donc passé la nuit ici. »

« J'espère que vous vous portez mieux, Miss Bennet. » déclara Louisa Hurst, son ton trahissant également son étonnement.

« Oui, merci Mrs Hurst. » lui répondit Lizzy.

« Nous devrions rentrer. » indiqua alors Bingley. « Votre voyage a dû vous épuiser et j'ai déjà fait apporter des rafraichissements au salon. »

« Merci Charles. » déclara Caroline avec un faible sourire

« Sans doute devrais-je rentrer à Longbourn. » déclara alors Elizabeth qui se sentait de trop. « J'ai déjà dû inquiéter ma famille plus que nécessaire. »

« Vous pouvez rester ici, si vous le désirez. » lui assura Mr Bingley. « Votre sœur devrait venir au début de l'après-midi. Nous devons aller à Meryton pour faire quelques achats, mais vous pourrez rentrer avec elle ce soir. »

Elizabeth hésita et son regard croisa un instant celui de Darcy. Elle ne voulait pas s'imposer, mais la perspective de passer la journée avec lui et de – sans doute – poursuivre leur conversation la tentait. Elle remercia Mr Bingley de son invitation qu'elle accepta volontiers et tous finirent par rentrer à l'intérieur.

Durant le reste de la journée, jamais Elizabeth et Darcy n'eurent l'occasion de rester seuls. Miss Bingley semblait vouloir connaître l'avancement du mariage de son frère, tout comme Mrs Hurst. Le mari de cette dernière ne participa que peu à leur conversation et s'éclipsa pour se reposer peu après le déjeuner. En début d'après-midi, Jane arriva et fut ravie et soulagée de voir que sa sœur cadette se portait mieux. Ils allèrent tous faire une balade aux abords de Netherfield, et Miss Bingley parla avec Mr Darcy, laissant Elizabeth à part. Cette dernière pensa un instant qu'elle avait perçu leur rapprochement et qu'elle voulait s'interposer entre eux, mais sans doute se faisait-elle des idées.

Aux alentours de quinze heures, Mr Bingley et Jane durent aller à Meryton pour faire quelques achats concernant leur mariage. Miss Bingley demanda la nature de ces derniers, et devant la réponse de Jane, elle proposa de les accompagner, et sa future belle-sœur fut ravie de cela puisque l'avis de Caroline pourrait lui être d'une grande aide. Ils partirent donc en voiture vers la ville, alors que le ciel s'était couvert de nuages. Mrs Hurst s'éclipsa dans sa chambre prétextant avoir besoin de repos, et Elizabeth et Darcy se retrouvèrent bientôt seuls.

Une certaine gêne s'installa alors entre eux puisqu'ils n'avaient pas reparlé de ce qui s'était passé le matin même. Darcy s'excusa auprès de la jeune femme, il aurait voulu converser avec elle, mais une lettre provenant de son régisseur de Pemberley l'avait alarmé. Elizabeth lui assura que cela ne la froissait pas, et elle lui demanda alors si cela le dérangeait si elle se mettait au piano du salon. Darcy lui assura que non, et alors qu'elle prenait place, il s'installa à la grande table pour rédiger quelques lettres urgentes.

L'heure suivante passa sans qu'un mot ne fût échangé. Elizabeth joua plusieurs morceaux pour le plus grand bonheur de Darcy, rendant ainsi sa correspondance moins pénible à effectuer. Ce fut juste un instant de tranquillité que chacun savoura à sa juste valeur. Ils laissèrent les minutes passer, comme si le temps s'était arrêté et qu'ils étaient seuls au monde. Finalement, ils ne ressentirent pas le besoin de poursuivre leur conversation, comme si, désormais, ils avaient tout le temps pour cela. Mais ce moment prit fin lorsqu'Elizabeth joua son dernier morceau et que, regardant l'heure, elle se rendit compte qu'il était près de dix-sept heures. Elle se leva de son siège, ce qui fit relever les yeux à Darcy.

« Quelque chose ne va pas ? » lui demanda-t-il, inquiet, laissant sa lettre de côté.

« Il faut que je regagne Longbourn. » déclara-t-elle en s'éloignant du piano. « Il se fait tard, et Jane regagnera sûrement la maison après sa promenade à Meryton. »

« Êtes-vous sûre ? » demanda Darcy. « Pourrez-vous faire le chemin ? »

« Oui, je crois même que l'air pur me fera du bien. » le rassura la jeune femme.

Darcy fut un peu déçu de cette décision de départ, mais il vit la lueur de détermination dans les yeux de Lizzy et sut que rien ne pourrait la faire changer d'avis. Il décida alors de la raccompagner jusqu'à la porte et la suivit jusqu'au bas des marches. Il regarda alors le ciel chargé de nuages qui s'étendait au-dessus d'eux.

« Je pense qu'il va pleuvoir. » déclara-t-il alors. « Le ciel est menaçant… Peut-être serait-il plus prudent que vous restiez ici. »

« Je pense que j'ai le temps de rentrer à Longbourn avant l'averse. » lui certifia Lizzy. « Et je serai assurément rentrée avant la nuit, puisque je suis venue à cheval hier. »

« Bien, puisque vous le souhaitez… Mais faîtes demi-tour si jamais le temps devient trop menaçant. » Lui recommanda Darcy.

« Je ferai cela. Viendrez-vous demain à Longbourn avec Mr Bingley ? » l'interrogea Elizabeth alors qu'ils arrivaient aux écuries où se trouvait la jument de Lizzy.

« Sûrement, oui. »

« Dans ce cas, je vous y verrai… Et remerciez encore une fois Mr Bingley pour moi, et priez-le de m'excuser pour ce départ précipité. » Lui demanda-t-elle tout en détachant son cheval, et en y montant avec grâce.

« Je n'y manquerai pas. »

« Bonne soirée, Mr Darcy. »

« Bonne soirée Miss Elizabeth. »

La jeune femme lui adressa un dernier sourire, et finit par mettre son cheval au trot, quittant ainsi Netherfield. Darcy la regarda s'éloigner, inquiet quant à l'incertitude du temps. Puis, il rentra à l'intérieur et alla se remettre à sa correspondance. Cependant, il ne parvenait pas à se concentrer, ses pensées s'égarant vers Elizabeth et la journée qu'ils avaient passée. C'était étrange, car malgré l'aveu qu'ils s'étaient fait, rien en apparence ne semblait avoir changé entre eux. Pourtant, quiconque aurait fait attention aurait vu qu'ils échangeaient de fréquents regards, chargés de sentiments connus d'eux seuls. Il savait que les jours qui allaient suivre allaient être décisifs pour son avenir… ou pour leur avenir commun, il l'espérait. Il savait désormais qu'il pourrait lui faire sa demande, chose qu'il attendait depuis des mois, et que le moment propice lui paraîtrait évident quand il se présenterait.

Un bruit vint alors le troubler dans ses pensées, et il sursauta lorsqu'il entendit le premier coup de tonnerre. Il se leva d'un bond et jeta un coup d'œil vers l'extérieur à travers l'une des grandes fenêtres de la pièce. Il vit un éclair illuminé un instant le ciel, et se rendit compte que la pluie tombait à flot. Il regarda précipitamment l'horloge. À peine dix minutes qu'elle était partie, elle ne devait pas être loin et avait du chercher à se mettre à l'abri.

Sans réfléchir plus, il demanda à un domestique de lui apporter son manteau, et affirma qu'il sortait. Le majordome lui demanda si cela était bien prudent par un tel temps, et Darcy lui assura qu'il devait aller chercher quelqu'un qui se trouvait justement sous la pluie battante. Une fois habillé, il se précipita vers les écuries et y retrouva son cheval qu'il sella lui-même et prépara vite mais sûrement. Il monta sur l'étalon noir et le fit aller au galop pour rattraper le plus vite possible Elizabeth.

Il galopa pendant environ cinq minutes, jusqu'à ce, qu'au bord de la route, il ne remarque la présence d'une chapelle. Il ralentit en arrivant à sa proximité, et vit que sur le côté à l'abri, un cheval semblable à celui d'Elizabeth était attaché. Il se dirigea vers lui et attela sa propre monture avant de prendre la route de l'entrée de l'édifice. Ce dernier était de petite taille et il reconnut alors la chapelle de Longbourn. Ils se trouvaient encore à près de dix minutes à cheval de la demeure des Bennet, et sans doute avait-elle voulu se réfugier ici.

Une fois à l'intérieur, il embrassa les lieux du regard et la vit alors, assise sur l'un des bancs au premier rang. Il la regarda un instant et vit qu'elle était trempée et qu'elle tremblait légèrement. Il n'hésita pas, et s'approcha d'elle.

« Miss Bennet ? » L'interpella-t-il d'une voix douce.

À l'entente de cet appel, Elizabeth sursauta et releva les yeux vers son visiteur qui n'était autre que Mr Darcy. Elle fut surprise de le trouver là, et aussi trempé qu'elle. Il avait sûrement dû partir à sa suite lorsqu'il avait vu la pluie tomber.

« Mr Darcy ! » s'exclama-t-elle, surprise. « Mais que faites vous ici ? »

« Je suis venue vous chercher lorsque j'ai vu l'orage qui grondait au dehors. » expliqua-t-il en s'asseyant à ses côtés.

« Oh…. Et bien je me suis réfugiée ici. Le père Thomas est un ami de ma famille. » Déclara-t-elle.

Ils ne purent poursuivre leur conversation qu'une porte à droite de l'autel s'ouvrit. Un homme se dirigea vers eux, en habit d'église et le maître de Pemberley en déduisit qu'il devait s'agir du Père Thomas. Elizabeth les présenta, et l'homme d'église donna alors une couverture à Elizabeth pour qu'elle se réchauffe un peu. Il demanda à Darcy s'il en désirait une, mais ce dernier déclina poliment son offre. Le prêtre leur proposa alors un bol de thé qu'ils acceptèrent cependant bien volontiers.

« Vous devriez rester ici jusqu'à ce que l'orage se calme. » leur conseilla le Père Thomas. « L'orage a déjà commencé à s'éloigner… Je pense que cela n'est qu'une question de minutes. »

« Bien, merci mon père. » le remercia Elizabeth, reconnaissante.

« Je vous en prie, Miss Bennet. » déclara le père Thomas avant de les laisser seuls pour aller chercher leur thé.

Lizzy et Darcy se rassirent, gardant momentanément le silence. Le prêtre revint avec un plateau où se trouvaient deux bols de thé fumant et les donna à ses deux réfugiés provisoires. Ces derniers le remercièrent avec reconnaissance, et à nouveau l'homme d'église les laissa seul pour retourner à ses affaires dans son bureau. Le silence se prolongea alors qu'ils échangeaient quelques regards, sans qu'aucun d'eux ne parle. Darcy regarda autour de lui, se rendant compte qu'il n'était jamais venu ici depuis un an que Bingley était locataire de Netherfield. L'architecture du lieu était tout à fait raffinée et ravissante, sans pour autant en être prétentieuse. Le lieu respirait tout simplement la sérénité et était accueillant. Un bon refuge par un temps pareil.

Ce ne fut qu'alors qu'il se rendit compte qu'Elizabeth et lui se trouvaient dans une chapelle… Quelle coïncidence quand on savait qu'il comptait lui demander de l'épouser. Il ne retint pas le sourire qui se dessina sur ses lèvres, il n'avait pas peur de s'afficher devant elle. Plus maintenant.

« Qu'est-ce qui vous fait sourire ? » demanda alors Lizzy qui avait perçu son amusement par un élément qui lui était inconnu.

« Je songeais à quel point cette situation était une coïncidence. » répondit-il.

« Comment cela ? »

« Et bien…. Vous et moi, dans ce lieu. » L'informa Darcy en regardant autour de lui. « C'est… Comment vous l'expliquer… Étrange et bienvenu à la fois. »

« Je comprends. » lui assura Lizzy, qui fit alors le lien entre leur situation et ce lieu. « Je pense la même chose. » Continua-t-elle avec un petit sourire.

« Miss Elizabeth… » Commença alors Darcy d'un ton plus sérieux, en posant son bol désormais vide à côté de lui.

« Mr Darcy ? » l'encouragea la jeune femme devant tant de sérieux.

Durant quelques secondes, il n'ajouta rien, et finit par se lever et se plaça alors devant elle. Il sembla réfléchir quelques instants et finit par déclarer :

« Je sais que le lieu et le moment sont peut-être mal choisis, et sans doute aurais-je dû attendre avant de faire ce que je suis sur le point de faire mais… Ce qu'il s'est passé dans le parc de Netherfield ce matin, je l'attendais depuis si longtemps, que lorsque vous m'avez avoué ce que vous ressentiez, cela m'a à la fois rassuré et rendu heureux… Je sais à présent que mes sentiments vous les partagez également, et je désire que nous soyons libres de les vivre au grand jour et pour le reste de notre vie. »

Tout en disant ces mots, il s'était agenouillé devant elle, et Elizabeth sut alors où il voulait en venir. Son cœur s'accéléra et sa gorge se noua sous le coup de l'émotion qui s'emparait d'elle.

« Miss Bennet, me feriez-vous l'honneur de devenir ma femme ? » Demanda alors Darcy, le plus sérieusement du monde, et ancrant ses yeux à ceux de la jeune femme.

Cette dernière sous la surprise et l'émotion resta quelques secondes silencieuse devant tant de sentiments. Il se mettait à nu devant elle, lui avouait ce qu'il ressentait au plus profond de lui… Il mettait son avenir et son cœur entre ses mains, et Lizzy fut alors transportée par une émotion si grande qu'elle n'aurait su la décrire.

« Oui… J'accepte. » Souffla-t-elle, sa voix affaiblie par les larmes qui menaçaient de couler un instant ou a un autre.

La joie, le soulagement et le bonheur lui nouaient la gorge et faisaient battre son cœur à pleine allure. Mais elle s'en moquait… Elle n'avait jamais été aussi sûre d'une décision. Jamais elle n'avait été aussi certaine d'un choix qu'elle avait à faire. Elle lui confiait sa vie et son avenir, comme il le faisait avec elle. Ils se promettaient l'un à l'autre pour le reste de leur vie. Et cela lui sembla alors être une évidence… Rien ne pourrait le faire changer d'avis, rien.

L'émotion qu'elle vit dans les yeux de Darcy la bouleversa. Du soulagement, de l'amour, et un immense bonheur brillaient dans son regard et un immense sourire étira alors les lèvres de la jeune femme. Darcy se releva, et elle en fit alors de même, ne pouvant décrocher ses yeux des siens. Elle se sentait comme transportée vers des lieux si lointains qu'elle ne pensait pas pouvoir en revenir un jour… Elle l'aimait, et n'avait jamais été aussi sûre d'autre chose dans sa vie.

« Miss Elizabeth… Vous faites de moi le plus heureux des hommes de ce monde. » Déclara alors Darcy, d'une voix qui trahissait son trouble.

« Et en me demandant cela vous faites de moi la plus heureuse des femmes de ce monde. » répondit Lizzy avec un sourire.

Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau, et ils reprirent pied avec la réalité lorsque la porte du bureau du père Thomas s'ouvrit, les sortant de leur brume euphorique. Ils se retournèrent tous les deux vers l'homme, et réussirent à reprendre un visage à peu près neutre.

« Je venais juste vous dire que la pluie avait cessé de tomber et que l'orage n'était plus. » leur indiqua l'homme d'église.

« Merci mon père. » lui déclara Elizabeth en souriant. « Nous vous sommes extrêmement reconnaissants de nous avoir accueilli quelques minutes. »

« Mais cela fut un plaisir, Miss Bennet. » lui assura l'homme avec un sourire bienveillant.

Ils remercièrent encore le prêtre et reprirent leurs chevaux pour prendre la direction de Netherfield par la suite. Le ciel s'était éclairci, mais l'orage grondait encore au loin, ayant pris la direction de Meryton. Ils firent le chemin côte à côte, leurs chevaux marchant au trot dans un pas commun. Ils n'échangèrent que quelques paroles et le voyage fut encore une fois un moment magique. Chacun eût alors la certitude que leur vie commune ne serait faite que de cela.

Lorsqu'ils arrivèrent à Netherfield, Miss Bingley, Mr Bingley et Jane n'étaient toujours pas rentrés. Peut-être avaient-ils été dans l'impossibilité de quitter Meryton à cause de l'orage, mais sûrement reviendraient-ils plus tard dans la soirée. Une fois arrivés, ils se séparèrent et chacun alla se changer, Elizabeth bénissant le majordome des Bingley de ne pas avoir fait rapporter ses affaires à Longbourn. Elle se changea et se coiffa simplement, avant de regagner le salon où Mr Darcy lui avait demandé de le rejoindre. Elle le trouva dans l'un des fauteuils près de la cheminée, semblant perdu dans ses pensées. Elle s'approcha de lui, et vint s'assoir dans le fauteuil à sa gauche, lui faisant presque face.

Dès qu'il l'entendit arriver, il détourna son regard des flammes qui brûlaient dans l'âtre de la cheminée, et posa son regard sur elle. Elle avait revêtu une robe de couleur beige qui la rendait ravissante, et avait relevé ses cheveux de manière a ce que quelques mèches seulement ne viennent pas encombrer son visage. Elle lui sourit et prit place dans le fauteuil voisin du sien. Ils ne dirent alors plus rien, se délectant seulement de la chaleur du feu et de la présence de l'autre. Darcy l'admira du coin de l'œil, jamais elle ne lui avait semblé aussi belle. Elle avait les yeux perdus dans la contemplation des flammes, et jouait distraitement avec l'une des mèches de ses cheveux. Il ne s'était jamais rendu compte qu'ils étaient aussi longs, lui arrivant au milieu du dos. Les flammes rouges et or de la cheminée créaient sur son visage à la peau de porcelaine des ombres lui donnant un air angélique. Leur lueur pailletait son regard sombre de pépites d'or et donnaient à ses cheveux des reflets d'ambre.

Elle dut sentir son regard sur elle puisqu'elle releva ses grands yeux bruns vers lui et lui sourit tendrement.

« Qu'allons-nous faire désormais ? » lui demanda-t-elle alors, brisant le silence paisible qui régnait depuis son entrée dans le salon.

« Et bien… Demain j'accompagnerai Mr Bingley à Longbourn, et j'irai parler à votre père. » Répondit Darcy, devinant de quoi elle voulait parler.

Elizabeth n'eût pas le temps de répondre, qu'ils entendirent la porte s'ouvrir, et des éclats de voix résonner. Ils surent alors qu'il s'agissait de Mr Bingley, de sa sœur et de sa fiancée, et après avoir échangé un dernier regard, ils se levèrent pour aller à leur rencontre.