Bonjour à tous ! Et bien voilà le chapitre 12 avec une attente qui n'aura pas été trop longue j'espère. Ce chapitre répond à certaines des attentes que vous avez exprimées dans vos reviews. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, même s'il est d'une teneur beaucoup plus romantique que les autres. Pas de choses traumatisantes dans ce chapitre, c'est de la guimauve, employons les mots qui correspondent. Pour déjà avoir réfléchi longuement au chapitre suivant, je peux vous dire qu'il sera moins tranquille, même s'il garde toujours un fond de romantisme. J'espère qu'il vous plaira et que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j'en ai pris à l'écrire.

Merci encore une fois pour vos adorables reviews Isaka (il est vrai que la déclaration d'amour entre Darcy et Lizzy dans le parc de Netherfield a été l'un des plus durs passages de ma fictions jusque là. Je l'ai beaucoup retravaillé, et je suis heureuse qu'il donne quelque chose de bien, pour tes attentes, certaines se réalisent dans ce chapitre, dis-moi ce que tu en penses !) Choupinette (merci beaucoup) Fanaplume (oh, je suis ravie que ce nouveau chapitre t'ait plu ! pour ce qui est de l'entretien de Darcy et Mr Bennet, en fait j'ai peur que tu ne sois déçue pour ce chapitre, en fait il est prévu qu'on le voit sous forme de flashback, dans le chapitre 15 ou 16 à une occasion tout à fait spéciale, alors pour le moment il n'y aura qu'Elizabeth ruminante devant sa porte, mais ne t'inquiète pas on aura l'entrevue de Darcy et Mr Bennet plus tard ! pour les moments intimes de Darcy et Lizzy, j'en ferai un, dans ce chapitre, après il n'y en aura pas jusqu'à leur mariage… j'aurai bien envie, mais le contexte de l'époque Géorgienne ne le permet pas trop, en tout cas j'espère que ce chapitre te plaira !) Solidixit(et bien, heureuse que tu l'aies retrouvé à la fin de tes vacances ! il est vrai que j'aime beaucoup les musiques du film de 2005, je ne savais pas le nom du compositeur… Pour ce qui est de mes prochaines fictions, je ne peux pas vraiment les révéler, cela gâcherait le suspense…. Elles seront toujours sur Orgueil et Préjugés, l'une se passant après le livre et l'autre changeant complètement le contexte de la rencontre de Darcy et Lizzy… mais je n'en dirais pas plus. Vraiment, tu as des idées ? c'est très intéressant ! j'espère pouvoir te lire un jour ! en attendant j'espère que ce nouveau chapitre te plaira )

oxoOoxo

L'impatience et l'angoisse s'emparait d'elle, au fil du temps qui passait. Elle se trouvait devant le bureau de son père, le lendemain en début d'après-midi. Elizabeth poussa un soupir, et porta un instant son regard sur ses sœurs et sa mère qui la regardaient étrangement. Elles chuchotaient entre elles, mais ne poussaient aucun cri d'exclamation, ce dont Lizzy les remerciait silencieusement. Elle était bien assez angoissée comme ça, sans que sa famille n'en eut rajouté.

Après le retour de Jane, de son fiancé et de sa futur belle-sœur à Netherfield la veille au soir, les deux demoiselles Bennet avaient profité d'une éclaircie pour rentrer à Longbourn sur leur cheval respectif. La cadette avait longuement salué Mr Darcy, mais ne pouvait s'attarder trop longtemps pour ne pas éveiller les soupçons Ils avaient décidé d'un accord commun de dissimuler leurs fiançailles, temps qu'ils n'en auraient pas fait part à Mr Bennet et qu'ils n'auraient pas eu sa bénédiction. C'était la gorge nouée mais en attente du lendemain qu'Elizabeth avait quitté Darcy, qui lui avait promis de venir la voir le jour suivant en même temps que Mr Bingley.

La soirée et la nuit précédentes avaient été calmes pour Lizzy, contrastant avec son agitation des dernières semaines. Désormais que l'avenir était plus clair, elle était plus sereine, même s'il persistait une certaine appréhension quant à la réaction de son père et du reste de sa famille. Elle n'avait pas soufflé mot à Jane de se qui s'était passé l'après-midi même entre elle et Mr Darcy, ne brisant pas son accord passé avec lui. Elle trouva le sommeil plus facilement que précédemment et se fut une nuit reposante.

Cependant, emplie d'impatience, elle s'en trouva éveillée alors que le soleil se levait juste, à à peine sept heures. Elle avait longuement tourné dans son lit, tentant de ne pas réveiller Jane, mais essayant de s'endormir à nouveau. Peine perdue, cela avait été vain. Alors après une heure passée à fixer le plafond, elle avait fini par se lever et était descendue prendre son petit déjeuner au rez-de-chaussée. Les heures qui avaient suivit lui avait semblé s'écouler avec la lenteur des années, et même ses occupations n'y avaient rien changé. Mais après le déjeuner, alors qu'elle lisait dans la bibliothèque, on avait annoncé l'arrivée de Mr Bingley et de Mr Darcy, et elle s'était précipitée dans le salon. A cet instant, et dès qu'ils furent dans la même pièce, Darcy et elle échangèrent un regard pleins de sentiments, qui lui fit chaud au cœur. Même s'ils s'étaient salués comme d'ordinaire.

Après l'échange des banalités habituelles, tous avaient décidé d'aller se balader dans les alentours, comme à l'accoutumée, et Mr Bennet ne les accompagna pas, s'enfermant dans son bureau. Alors que la marche commençait, Jane et Bingley distancèrent le reste du groupe, imités par Elizabeth et Darcy Un long silence fit alors sa place entre eux, mais le simple fait de se trouver aux côtés de l'autres les contentait entièrement. Se fut cependant Lizzy qui brisa le silence, n'y tenant plus.

« Allez-vous parler à mon père aujourd'ui ? » se risqua t'elle à demander.

« Telles étaient mes intentions, effectivement. » lui répondit Darcy. « Je pensais aller lui parler une fois que nous regagnerons Longbourn. »

« Bien. » déclara simplement la jeune femme, sans ajouter quoi que se fut de plus.

« Appréhendez-vous sa réaction ? » la questionna alors Darcy, après un bref silence.

« Un peu, oui. » avoua la jeune femme, comme fautive. « Mais j'ose espérer que cela se passe pour le mieux et comme nous le désirons. »

« Je l'espère aussi. »

Ils discutèrent alors de choses différentes et suivirent le reste du groupe tout au long de la ballade. Et ils regagnèrent Longbourn environ une heure après. Cela étonna tout le monde lorsque Darcy demanda à aller voir Mr Bennet, et il adressa un long regar d'encouragement à Lizzy avant d'aller s'entretenir avec son père.

Et désormais elle était là, à faire les cent pas comme si cela avait pu faire passer le temps plus vite. Elle aurait tout donné pour savoir ce que son père et Mr Darcy se disaient derrière cette porte, mais elle savait parfaitement que cela était chose impossible.

Elle sursauta presque lorsqu'elle entendit la porte devant elle s'ouvrir. Elle releva les yeux, et vit alors Mr Darcy et son père échanger quelques paroles qu'elle n'entendit pas, et Darcy se tourna vers elle. Elle essaya de lire dans son regard et y vit quelque chose semblable à du soulagement, mais elle ne préféra pas s'avancer. Darcy s'inclina respectueusement devant son père et adressa un rapide regard à Elizabeth avant de sortir pour l'attendre.

« Elizabeth, venez-vous mon enfant ? »

Lizzy se retourna vers son père et acquiesça d'un hochement de tête. Elle pénétra dans la bibliothèque qui servait également de bureau à Mr Bennet et il l'invita à s'assoir sur l'un des canapés après avoir refermé la porte. Un long silence s'installa entre eux, et Elizabeth le trouva vite pesant.

« Je dois vous avouer, Lizzy, que j'ai été fort étonné lorsque Mr Darcy m'a adressé sa requette. » commença alors Mr Bennet, brisant ainsi le silence. « Je ne m'y attendais pas, pour tout vous avouer. »

« Je le comprends, père. » lui assura Elizabeth avec un petit sourire.

« En effet… J'avais certes remarqué les changement de vos rapports depuis plusieurs mois au cours des repas que Mr Bingley et lui sont venus partager à Longbourn. Même s'il restait tel que nous l'avions toujours connu, il semblait agir différemment à votre égard. »

« Vous l'aviez remarqué ? » questionna sa fille, surprise.

« Effectivement. » appuya Mr Bennet, avec un léger sourire. « Mais je ne savais aucunement qu'il y avait ce genre de sentiments entre vous. Je crois me souvenir que dans les premiers temps vos rencontres étaient plutôt froides et qu'il ne vous traîtait qu'avec peu d'intérêt. »

« C'était en effet le cas, père. » approuva Lizzy, se souvenant elle-même de ses premières rencontres avec Mr Darcy. « Mais ses ressentiments sont bien loins désormais. »

« C'est ce que j'avais cru comprendre. » « Devant la sincérité de ses propos que je vous tairais cependant, je lui ai bien évidemment accorder sa demande… Mais je voulais m'entretenir avec vous à ce sujet Lizzy. »

« Que vouliez-vous savoir, père ? » l'interrogea Elizabeth, essayant de contenir le soulagement et le bonheur qui s'emparait d'elle.

Mr Bennet resta un instant silencieux, choisissant avec précaution les mots qu'il allait employé. Il avait accepté la demande de Darcy, devant la sincérité et la ferveur avec laquelle il lui avait parlé des sentiments qu'il éprouvait à l'égard de la seconde de ses filles. Pourtant, un doute demeurait. Il n'avait pas pu s'empêcher de repenser aux mois précédent, et aux premières fiançailles de sa fille avec Wickam.

Il savait qu'elle avait lourdement souffert de cette trahison et de cette rupture, et quelque part, la voir aimer un homme à nouveau l'inquiétait. Il aurait cru que cela aurait pris davantage de temps à Elizabeth pour se remettre de cette blessure. Il ne doutait nullement du fait que sa fille prit une décision mûrement réfléchie. Là où il l'aurait fait pour Kitty, Lydia et peut-être même Mary, il savait qu'après une histoire comme celle qu'Elizabeth avait eu avec Wickam, cette dernière ne se réengagerait jamais à la légère. Il devinait que, si Lizzy avait accepté la demande de Mr Darcy, s'était que de forts sentiments devaient les unir. Étrangement, il avait perçu cela en voyant la lueur qui s'était allumée dans les yeux bruns de sa fille, lorsqu'il lui avait dit avoir accepté la demande du maître de Pemberley. Ils s'aimaient, s'était évident. Et même s'il n'avait pas vu leurs sentiments changer à ce point, il leurs faisait finalement confiance. Un homme tel que Mr Darcy n'avait aucun profit à tirer d'un tel mariage, si ce n'était celui de vivre avec une femme qu'il aimait. Quant à Elizabeth, elle était suffisemment mûre et réfléchie pour être sûre de sa décision. Mais malgré tout cela, il avait besoin d'une confirmation, ne désirant pas voir sa fille souffrir à nouveau.

« Êtes vous sûre de votre choix, mon enfant ? » demanda Mr Bennet en s'approchant de sa fille. « Cette décision est très importante et déterminante, vous allez partager avec lui le reste de votre existence. J'ai conscience que cela ravivera en vous de bien douloureux souvenirs… Mais laissez-moi m'inquiétez, Lizzy…. A l'aune de vos précédentes fiançailles, je m'interroge sur votre bonheur, qui est mon vœu le plus cher en ce monde. »

« J'en ai tout à fait conscience, papa. » lui assura sa fille, plongeant son regard dans le sien comme pour appuyer ses dires. « J'ai parfaitement conscience qu'il sera le compagnon de toute ma vie, et cette perspective me rempli de bonheur… Père… Je l'aime. » s'autorisa t'elle à confier à son père, n'ayant pas peur de lui révéler cela. « Je comprends votre inquiétude, et je puis vous assurer que je n'ai jamais été aussi sûre de toute ma vie… J'ai mis longtemps à accepter ces nouveaux sentiments, je l'avoue et je me suis posée de nombreuses questions… Mais je puis vous certifier avec force de mon amour pour Mr Darcy, et de sa réciprocité. »

« Et bien, Elizabeth, je ne peux que m'incliner devant un homme qui a réussi à prendre votre coeur et a qui vous le rendez si bien. » certifia Mr Bennet avec un sourire ravi qu'il n'adressait qu'à elle et Jane. « Je vous donne ma bénédiction. »

« Merci papa. » souffla Lizzy, émue au larme, enlaçant son père prise d'un élan de reconnaissance et de respect.

Mr Bennet lui rendit son étreinte, lui aussi ému de ce qu'il venait de se passer. Puis il ne retint pas sa fille plus longtemps , et après qu'elle lui ait adressé un dernier remerciment elle sortit de la pièce et se dirigea vers l'extérieur, n'accordant aucune attention au reste de sa famille qui trépignait d'impatience. Elle voulait avant tout parler à Mr Darcy, elle aurait bien le temps de les affronter plus tard.

Elle sortit de la maison et le retrouva à l'extérieur, attendant patiemment, les yeux fixés dans le vide. Il dut l'entendre approcher car il releva les yeux vers elle lorsqu'elle fut à sa hauteur. Leurs yeux se rencontrèrent instantanément, et ils purent y lire les mêmes sentiments… Soulagement, bonheur et amour…. Lizzy s'approcha de son fiancé – car elle pouvait désormais le dire - et un sourire léger étira ses lèvres. Elle se trouvait désormais dans une sorte d'embarras, ne sachant pas comment se comporter vis—à-vis de Mr Darcy.

Alors qu'ils étaient plus proches l'un de l'autre, il prit ses mains dans les siennes et Elizabeth frissonna à se premier contact. Ils se sourirent, puis avec douceur, Darcy la prit par la taille et l'amena contre lui, la serrant dans ses bras. Aucun mot n'était nécessaire, cette étreinte suffisait à les conforter dans leur bonheur nouveau et euphorique. Ils n'auraient su quoi dire, voilà pourquoi ils se turent. Lizzy ferma les yeux, savourant cette nouvelle proximitée tant attendue.

Darcy l'imita un instant, se laissant submerger par les émotions qu'ils ressentait. Enfin…. Ce fut le seul mot qui lui venait à l'esprit. Il la serrait enfin contre lui comme il en avait tant rêvé. Il avait eu le droit à la vie à la quelle il aspirait depuis plusieurs mois, il pouvait maintenant vivre cet amour qui le consumait depuis tout ce temps. Désormais, ils étaient promis l'un à l'autre, et elle partagerait le reste de son existence, cela suffisant à son bonheur. Pourtant bien trop tôt à son bout, ils durent se séparer, et leurs regards s'accrochèrent à nouveau, il avait à nouveau les mains d'Elizabeth dans les sienne.

« Je vous aime. » murmura t'il, ne trouvant d'autres mots à dire, ceux-ci lui paraissant si justes.

« Je vous aime aussi. » répondit Elizabeth, la voix vibrante de sincérité.

Chacun d'eux se rendaient bien compte que c'était la première fois qu'ils adressaient ces mots, et jamais, l'un comme l'autre, ils n'avaient été aussi sûrs de leur sincérité et de leur vérité. Ils redescendirent cependant sur Terre, et d'un accord commun silencieux, ils regagnèrent Longbourn pour affronter la famille d'Elizabeth.

Au grand étonnement de cette dernière et par une force divine qu'elle remercia, ni Mrs Bennet, ni même Lydia et Kitty n'adressèrent de remarques mal placées. Elizabeth en fut étonnée mais ne s'en plaignit pas pour autant. Tous les félicitèrent chaleureusement, Mr Darcy et Mr Bingley restèrent prendre le thé, puis après avoir salué longuement leur fiancée respective, ils reprirent la route de Netherfield. Une fois qu'ils furent assez loin, Mrs Bennet se retourna vers Elizabeth et laissa exploser sa joie.

« Oh ma chère Lizzy ! » s'exclama t'elle en prenant sa fille dans ses bras. « Mon enfant vous nous comblez de bonheur… Vous imaginez-vous ? Dix milles livres de rente ! Jamais je n'aurais espérer temps pour l'une de mes filles, Dieu s'est montré si clément ! »

Elizabeth ne releva pas la remarque, s'y attendant parfaitement de la part de sa mère. Son père lui adressa de nouvelles félicitations sincèrent, et Mary en fit de même, apparemment ravie de voir son aînée si heureuse. Kitty et Lydia, comme Lizzy le redoutait un peu, lui firent des remarques du même genre que cells de sa mère, en l'assurant de son bonheur et de sa sérénité future. avec un tel mari.

« J'aimerai tellement trouver un fiancé, comme celui de Lizzy ou de Jane ! » s'exclama Lydia.

« Sans doute le Lieutenant James n'est-il pas aussi riche, mais il pourra parfaitement te rendre heureuse, Lydia ! » lui assura Kitty, taquine.

« Ne dis dont pas de sotises, Kity ! » rougit Lydia à l'évocation du jeune officier qui lui accordait une telle attention.

Kitty pouffa et sa cadette fit la moue, avant de passer dans la pièce voisine. Ce soir là, à Longbourn, on prépara un dîner de fête, honorant ainsi les fiançailles d'Elizabeth et de Mr Darcy dont les dix mille livres de rente ravissaient plus que jamais Mrs Bennet. Elizabeth et Mary se succédèrent au piano, et les discussions allèrent bon train. Par la suite, chacun alla se coucher.

Elizabeth et Jane se retrouvèrent dans leur chambre à l'étage. Elles se préparèrent pour la nuit, chacune de leur côté. Elizabeth savait qu'elle allait devoir certaines explications à sa sœur, que ses fiançailles avec Mr Darcy avaient du surprendre. Il était vrai que son aînée ignorait tout des sentiments qu'elle éprouvait pour le maître de Pemberley. Mais maintenant que tout était révélé, elle voulait lui faire part de tout ce qu'elle avait vécu en secret ces dernières semaines.

Toutes les deux se mirent au lit, et Lizzy repensa alors à la journée qui venait de s'écouler. Elle ne réalisait pas encore tout ce qui allait changer dans sa vie pour les mois à venir… Elle savait juste qu'elle était heureuse à la simple idée de devenir l'épouse de Mr Darcy… Jamais elle n'avait été aussi heureuse.

Jane l'observait, curieuse et ravie de la voir avec un sourire sur le visage. Elle avait été surprise lorsqu'elle avait vu Mr Darcy demander un entretien avec leur père, puis de l'annonce de leurs fiançailles… Elle avait bien noté le rapprochement entre sa sœur et son futur époux, mais jamais elle n'aurait cru qu'ils s'aimaient…. Oui, ils devaient s'aimer, Elizabeth ne l'aurait jamais accepté sans cette condition… Surtout après sa première mésaventure avec Wickam.

« Pourquoi me regardes-tu ainsi, Jane ? » la questionna Lizzy, la faisant sortir de sa rêverie.

« Pour rien. » lui assura son aînée avec un léger sourire. « Juste que tu as l'air heureuse, et que j'en suis ravie. »

« Je le suis. » approuva Elizabeth. « Je sais que je ne t'ai parlé de rien Jane, et que cela a dut te surprendre. »

« Exact… Mais si tu ne m'en as pas parlé, je pense que tu avais de bonnes raisons pour ne pas le faire. » certifia Jane. « Et tu n'as pas besoin de te justifier. »

« Merci Jane… » souffla sa cadette. « Mais maintenant, je peux te raconter en détails si tu le veux. »

« Vraiment ? J'en serai ravie, Lizzy. »

XXXXXX

La nouvelle des fiançailles d'Elizabeth Bennet avec Mr Darcy de Pemberley dans le Derbyshire se répandit à une vitesse fulgurante. Ce mariage à venir fit beaucoup parler à Meryton et aux alentours. Tous avait en mémoire les précédentes fiançailles de Lizzy Bennet, mais tous avaient conscience que Mr Darcy, sous ses apparances orgueilleuses et hotaines, traîterait sans doute mieux Elizabeth que ne l'aurait fait un homme tel que Mr Wickam, par lequel tous avait été trompé cependant On ne sut quelles furent les raisons qui poussèrent ses deux êtres à s'unir, mais c'était un fait, et cela était prévu pour la fin du mois de Février. Cela les amenait certes au cœur de l'hiver, mais les futur époux en avaient parlé tout les deux. Les cinq mois qui allaient suivre étaient nécessaires et à la fois sufisants pour préparer le mariage, et ils ne voulaient attendre plus longtemps. Si Elizabeth avait pu, ils se seraient mariés sur le champ, mais elle savait que la bienséance, et toutes autres règles de conduite l'en empêchaient.

Mais, bien que l'annonce du mariage à venir avait surpris, et même ravi les habitants de Meryton et de ses alentours, ce n'était pas le cas de tout le monde. Lorsque Miss Bingley avait appris de Mr Darcy lui-même ses fiançailles avec Miss Bennet, elle en avait été mortifiée. Il avait fallut quelques secondes pour qu'elle comprenne ce qui avait été annoncé, lors d'un repas que les Bennet, Mr Darcy, Mr Bingley, les Hurst et elle partageaient à Netherfield. Charles, bien que déjà au courrant, les avait félicité chaleureusement, sa sœur et son beau-frère se contentant de leurs adresser des félicitations polies.

Miss Bingley elle, était restée interdite quelques instants avant de se reprendre et de les féliciter à son tour, non sans froideur, ce que même son frère remarqua. Pourtant, Miss Bingley ne fit aucune remarque désobligeante, elle était bien trop mortifiée pour cela… Mr Darcy épouser Elizabeth Bennet… Que cela lui paraissait irréel… Mais quelles raisons motivaient une telle union ? Du côté de Lizzy, cela n'étonnait pas Caroline Toutes jeunes femmes bien censées aurait accepté sans hésiter la main d'un homme tel que Mr Darcy, ce qui montrait ironiquement à Miss Bingley qu'Elizabeth Bennet était ne serait-ce que légèrement Sensée. Mais les raisons qui avaient poussé Mr Darcy à la demander en mariage lui étaient en cet instant bien obscures. Elle ne pensait pas qu'un amour sincère pouvait les unir… Pourquoi donc aurait-il aimé une femme telle que Miss Bennet ? Si méprisante d'autrui et se comportant avec une telle suffisance. Mais elle ne pouvait exprimer ses opinions, elle savait qu'ainsi, elle blessrait non seulement la famille Bennet – bien que cela lui importait peux – mais aussi Mr Darcy. Elle n'était pourtant pas de celles qui gardent leur opinion secrète, cependant, cette fois-ci, elle jugea bon de rester silencieuse.

Si Mr Darcy était promis à une autre, mais qu'il nétait pour l'instant pas marié, il restait une chance pour Caroline de lui faire comprendre qu'il commettait une grav erreur en choisissant de s'unir à une telle femme. Miss Bingley avait toujours nourri de grands espoirs quant à une éventuelle union avec Mr Darcy, et elle refusait de se laisser prendre sa place, qu'elle pensait légitime, par une jeune femme de la campagne. Elle ferait comprendre, par des moyens détournés évidemment, au maître de Pemberley qu'il n'était pas favorable pour son rang et sa réputation d'accéder à une telle union, et en temps que jeune femme parmi les plus honorables de la haute-société londonnienne elle en savait quelque chose.

Il étai sans doute machiavélique d'agir ainsi, mais Caroline était persuadée que cette place lui revenait de droit, après toutes les années qu'elle avait passé à essayer de le faire comprendre à Mr Darcy, tout ce temps où elle y avait aspirer secrètement. Elle savait qu'elle n'était pas a seule jeune femme célibataire qui aspirait à un mariage avec l'homme le plus riche du Derbyshire. Mais elle avait la chance qu'il fasse partie des plus proches connaissances de son frère. Pourtant, c'était une autre femme qu'il avait choisi, et cela, Miss Bingley n'arrivait pas à le comprendre. Elle doutait de la capacité d'Elizabeth à devenir maîtresse de Pemberley, ce qui requiérait un savoir et des qualités que l'éducation qu'elle avait reçue ne lui avait sans doute pas inculqué. Était-elle digne de devenir Mrs Darcy ? Cela, Caroline en doutait, mais les cinq mois qui allaient suivre allaient être décisifs.

Lizzy était loin d'imaginer tout ce que la situation inspirait à Miss Bingley, et n'avait que peu d'intérêt pour l'avis des autres sur son mariage avec Mr Darcy. Elle savait ce qui se disait tout bas, mais elle n'en avait cure. Elle allait épouser un homme qu'elle aimait plus que cela ne lui était jamais arrivé, et elle était convaincue de son bonheur futur aux côtés de son fiancé.

Les jours qui suivirent l'annonce de leurs fiançailles prédirent à Lizzy des instants semblables à ceux que Jane vivait depuis les quatre derniers mois. Partagée entre les préparatifs de son mariage, les visites de Mr Darcy à Longbourn et les siennes à Netherfield, elle se confortait dans ces nouvelles habitudes qu'elles savait n'être que temporaires. Mais cela présageait une nouvelle vie, une vie qui s'offrirait à elle une fois son mariage célébré… la vie d'une épouse, d'une maîtresse de maison… et peut-être d'une mère, qui savait…. Ils auraient des enfants un jour, et cette pensée la terrifiait un peu. Elle s'imaginai avec bonheur fonder une famille avec Darcy, mais il n'était pas encore temps d'y penser.

En ce jour qui sonnait la fin du mois de Septembre, Elizabeth et Jane avaient rendu visite à leurs fiancés à Netherfield. Le soleil régnait, mais la température avait déjà commencé à se rafraîchir, la campagne du Hertfordshire habillée des couleurs de l'automne. Lizzy admirait tout cela, alors qu'elle se promenait aux cotés de Mr Darcy, devancée par Jane et Mr Bingley, ainsi que Miss Bingley et Mrs Hurst qui discutaient devant eux. Cela faisait un peu plus d'unne semaine que les deux futurs époux avaient annoncer leur union à venir, et qu'ils se voyaient quotidiennement, attendant chaque soir avec hâte la venue de l'après-midi du lendemain. Malgré le fait que leurs relations aient changé, ils se comportaient encore de façon égale l'un envers l'autre, bien qu'une tendresse se lisaient dans leurs regards. Certains gestes avaient faits leur apparition, comme le fait que lorsqu'ils marchaient Darcy tenait le bras de sa promise, chose qui aurait été déplacée avant.

C'était d'ailleurs le cas en cet instant, lorsqu'il brisa le silence léger qui flottait entre eux depuis quelques secondes. Elizabeth marchait tout près de lui, son regard perdu dans le vague, un léger sourire peint sur ses lèvres.

« Miss Elizabeth, j'aimerai vous faire présent de quelque chose. » déclara alors le jeune homme, arrêtant leur marche.

« Vraiment ? » le questionna Elizabeth, ne perdant pas pour autant son sourire.

« Oui. Vous souvenez-vous de la journée où j'ai été absent la semaine dernière ? »

« Oui, parfaitement. » acquiesça Elizabeth, au souvenir de cette courte absence de son fiancé, qui s'était en réalité absenté de son départ un soir au matin du surlendemain.

« Cette absence avait un but précis, dont je vous ai tu la raison pour l'instant. Mais désormais, cela peut vous être révéler. » déclara t'il en se mettant face à Elizabeth. « Je devais normalement le faire le lendemain de nos fiançailles, mais je dois vous avouez que j'ai été un peu pris par le temps. » continua t'il, semblant fouiller dans la poche de sa veste.

Elizabeth n'ajouta rien et le regarda faire, intriguée. Elle vit alors qu'il sortait un petit objet. Un écrin, c'est ainsi qu'elle l'identifia. Darcy le regarda un bref instant, et finit par lui tendre. Sa fiancée s'en saisit, les mains légèrement tremblantes, présageant ce qu'il y avai à l'intérieur de ce petit objet. Elle inspira imperceptiblement elle finitt par ouvrir la petite boîte, et y révéla ce qu'elle s'attendait à trouver à l'intérieur. Un anneau d'or fin et délicat surmonté de trois pierres, qu'elle osa identifier comme un diamant et deux rubis, y reposait. Elle était à la fois élégante et précieuse, toute en restant discrète et d'une simplicité subtile. Elle la trouva alors, parfaite, il n'y avait pas d'autres mots. Elle savait qu'il était dans la coutume que le futur marié offre une bague de fiançailles à sa promise, mais elle devait avouer qu'avec tous les évènements de ces derniers jours, cela lui était sorti de la tête.

« Cette bague me vient de ma grand-mère maternelle. » expliqua Darcy, alors que Lizzy relevait des yeux émus vers lui. « Lors de ses fiançailles avec mon père, elle a hérité de la bague de son côté. Ainssi la bague de ma mère sera destinée à ma sœur, et celle-ci, Elizabeth, vous revient aujourd'hui. »

« Elle est… Sublime. » déclara la jeune femme, la gorge nouée par l'émotion devant le symbol que cela représentait. « Je la trouve parfaite. »

« Je suis heureux de l'apprendre. » répondit Darcy avec un léger sourire. « Puis-je ? » l'interrogea t'il alors, prenant ses mains dans les siennes pour en retirer l'écrin.

Elizabeth acquiesça silencieusement, et elle vit Darcy sortir la bague de son écrin. Il lui prit délicatement la main, et glissa le bijou à son annulaire gauche. La jeune femme resta un long moment à l'observer ainsi à sa nouvelle place, jusqu'à ce que son fiancé ne porte sa main à ses lèvres pour y faire un baise-main. Cela fit rire la jeune future mariée. Elle déclara alors, pour le taquiner.

« Me voilà choquée, Mr Darcy devant une telle prise de liberté. N'est-ce pas de ces intentions qui ne s'adressent habituellement qu'aux femmes mariées ? »

-« Il est vrai, effectivement. » approuva Darcy, passablement espiègle. « Mais, Miss Bennet, oseriez-vous me taquiner de la sorte ? »

« J'ose, en effet, monsieur. » annonça sa future épouse, les yeux rieurs. « Je crains que vous ne vous apprêtiez à épouser l'une de ses femmes qui prennent la liberté impromptue de taquiner leur époux. »

« Me serais-je donc fourvoyé à ce point à votre égard ? Cependant, notez bien que l'attention dont vous avez fait l'objet s'adresse d'ordinaire aux femmes mariées, ma dans très peu de temps, cela sera votre cas. »

Elizabeth rit à cette remarque, et fut une nouvelle fois en même temps surprise et ravie de l'aise avec laquelle il se comportait lorsqu'ils étaient seules. Elle savait parfaitement que l'apparence qu'il se donnait en société n'était qu'une façade, un moyen de se protéger.. Mais elle l'avait connu si froid que cette attention et cette aise la surprenait encore. Elle savait que leur future vie commune ne serait faite que de moments comme celui-ci, et cette simple perspective la remplissait encore plus dejoie, son mariage lui hâtant d'avantage.

Les jours s'écoulèrent donc ainsi, sans évènements perturbateurs, dans une délicieuse routine qui laissait les futurs mariés dans une complicité et un univers qui semblaient leur appartenir.

Deux semaines passèrent, jusqu'à la célébration du mariage de Jane et de Mr Bingley. La dernière soirée que passa l'aînée des Bennet au sein de son foyer fut chargée de joie mêlée à de la mélancolie. Tous étaient attristés par le départ de Jane, mais aussi heureux pour elle devant le bonheur auquel elle semblait être destiné. Elle passa sa dernière nuit de jeune fille avec Elizabeth, dans la chambre qu'elles avaient partagé durant vingt-ans. La future Mrs Bingley fit part à sa sœur de ses inquiétudes, celle-ci la réconfortant et la rassurant comme elle le pouvait. Elles parlèrent du futur, et de leur séparation à venir, bien que jusqu'à son mariage avec Mr Darcy, Elizabeth rese assez proche du nouveau foyer de sa sœur. Elles abordèrent aussi des souvenirs qui n'appartenaient qu'à elles, mais se couchèrent tout de mêmt tôt, une journée éprouvante attendant Jane le lendemain.

La cérémonie et la journée qui suivit fut tout simplement parfaite. Jamais Jane n'avait semblé aussi belle aux yeux de ses invités, et lorsqu'elle sortit de l'église au bras de son futur mari, elle resplendissait de bonheur. La réception avait ensuite eu lieu à Netherfield, et tous les convives avaient adressé félicitations et vœux de bonheur aux nouveaux époux. Elizabeth et son aînée s'étreignirent longuement, alors que Mr Darcy assurait ses vœux de bonheur à son ami, qui le remercia avec gratitude de tout ce qu'il avait fait pour Jane et lui, omettant le passage sombre de l'hiver qui avait précédé. Puis, le dîner fut servi, et tous furent subjugués par l'organisation parfaite de la réception.

Le bal fut ouvert par les jeunes mariés, et leurs invités se joignirent bientôt à eux. Darcy invita galemment sa fiancée à danser, et ils se rendirent compte tous les deux qu'il s'agissait de leur première danse. Ils se placèrent l'un face à l'autre, et une nouvelle danse jouée par l'orchestre commença. Tout au long de la chanson, leurs yeux ne se quittèrent pas, comme si rien autour d'eux n'existait. Elizabeth avait l'impression qu'ils étaient seuls au monde, et elle eut même l'impression de flotter, comme si elle dansait sur les nuages. Ce moment magique passa à la fois comme l'éclair, mais leurs sembla durer une éternité, et se fut sans se quitter des yeux qu'ils applaudirent l'orchestre à la fin de la musique. Tout au long de la soirée, ils partagèrent d'autres danses, biens qu'Elizabeth fut invitée par son père, Mr Bingley et même Sir William Lucas. Elle passa aussi de longues minutes à converser avec Jane, qui essayait de contrôler vainement les effusions bruyantes de leur mère.

Alors que dix heures sonnaient, mais qu'il restait encore beaucoup de monde dans les différents salons de la demeure des Bingley, Elizabeth décida de s'éclipser quelques minutes pour aller prendre l'air. Sur les conseils de Jane elle revêtit un châle car la nuit était fraîche et elle sortit sur l'un des balcons de Netherfield. Elle fut instantanément enveloppée de la fraîcheur nocturne, ce qui lui fit du bien, puis elle s'avança sur le balcon, comme pour contempler la vue qu'il offrait.

La nuit était calme, et le ciel étoilé dépourvu de tout nuage. Elizabeth releva les yeux et contempla un instant la lune pleine et les milliers de paillettes d'argent qui sintillaient d'une manière irréelle dans le ciel d'un bleu-sombre. Elle ferma un instant les yeux savourant cette tranquilité. La journée avait été riche en émotions, et elle avait été ravie du bonheur presque palpable de sa sœur et de son beau-frère. Ils formaient décidément un couple charmant, promis à un bonheur parfait.

Darcy fit un pas sur le balcon où il savait que sa fiancée se trouvait. Alors qu'il discutait avec Charles, il l'avait vu sortir et s'était excusé auprès de son ami pour aller la rejoindre. Il la trouva au bout du balcon, dos à lui. Jamais il ne l'avait vu aussi belle qu'en ce jour, Elle était tout simplement radieuse dans sa robe de mousseline d'un bleu-pâle délicat, ses cheveux coiffés de perles. Elle était la plus belle femme du monde à ses yeux, et bien que l'amour qu'il lui portait pouvait déformer son jugement en théorie, il le concevait comme une vérité indiscutable. Il décida alors de l'interpeler, pour ne pas la surprendre trop brutalement.

« Miss Elizabeth ? »

« Mr Darcy ! » s'exclama Lizzy en se retournant, un ravissant sourire dessiné sur ses lèvres. « Je ne vous avez pas entendu. »

« Pardonnez-moi si je vous ai effrayé. » s'excusa son fiancé en s'approchant d'elle.

« Non, ne vous inquiétez pas. » le rassura t'elle d'une voix douce. « Je croyais être seule. »

« Tout va bien ? » s'enquit Darcy, inquiet.

« Oui, tout va bien. J'avais juste besoin de prendre l'air. » assura Lizzy. « Surtout que la nuit est magnifique. » ajouta telle en jetant un regard au ciel étoilé au-dessus d'eux.

« C'est vrai. » approuva Darcy. « Passez-vous une bonne soirée ? »

« Oui, très bonne. Je suis tellement heureuse pour Jane et Mr Bingley… Et la réception ainsi que le bal sont tout à fait parfait. »

« Cela est vrai… Il semble que Mr et Mrs Bingley soient destinés l'un à l'autre… » approuva Darcy en se plaçant à ses côtés au bord du balcon. « Peut-être comme nous le sommes l'un pour l'autre. » poursuivit-il, après quelques secondes de silence.

« Je le pense également. » avoua Lizzy, soudain songeuse.

Elle avait toujours eu l'impression que, d'une façon ou d'une autre, elle était liée à Darcy. Que se fut au tout début de leur rencontre, et encore maintenant, un lien particulier et désormais immuable était tissé entre eux, un lien que rien ne pourrait jamais briser. Ils s'aimaient, d'une force invincible et sincère, comme s'il en avait toujours été ainsi, et qu'il en serait toujours ainsi. Ils étaient destinés l'un à l'autre, à la fois si différents et si semblables…. Et ils avaient connaissance de la réciprocité de leurs sentiments. Ce n'était pas sur la question de leur amour et de leur bonheur commun qu'ils auraient pu avoir des doutes. Depuis leurs fiançailles, trois semaines plus tôt, ils avaient toujours été d'une grande transparance sur la question de leurs sentiments et de leurs ressentis. Comme si, se confier à l'autre avait été une chose naturelle.

Le mariage de Jane et Bingley avait rappelé à chaque instant à Elizabeth son union à venir. Elle aurait voulu se marier bien plu tôt avec l'homme qu'elle aimait, mais savait que c'était chose impossible. Alors elle s'atelait à la tâche de faire de leur mariage le plus beau jour de sa vie et de celle de sonfiancé, comme si son bonheur était la chose la plus importante à ses yeux… Et cela l'était sûrement. Elle savait que sa vie était en train de changer et qu'elle allait sortir du cocon familiale pour affronter sa vie d'adulte, fonder sa propre famille, avoir son propre foyer…. Mais la présence de Darcy à ses côtés balayait tous ses doutes.

« Vous êtes bien pensive. » déclara alors son fiancé, la sortant de sa réflexion.

« Oh, pardonnez-moi… » s'excusa Lizzy.

« N'en faîtes rien…. Mais puis-je savoir ce qui acapare tant votre attention ? »

« Je repensais à tous les évènements de ces dernières semaines. Avoua la jeune femme. « Au mariage de Jane, à son départ de la maison…. Je sais que toutes ces choses devaient arriver un jour ou l'aure, mais cela m'attriste un peu. Ma vie est en train de changer, et je suis en train de vivre les derniers instants d'une partie de mon existance. »

« Le regrettez-vous ? la questionna Darcy.

« Non…. Bien sûr, je repenserais toujours avec mélancolie à mes années à Longbourn, de ma vie au quotidien avec ma famille… » annonça la jeune femme en se mettant face à lui. « Mais ce qui m'attend me semble bien plus beau que tout cela… Différemment certes, mais l'avenir que j'entrevois m'enchante… Ma sœur, l'un des êtres qui m'est le plus cher au monde a épousé un homme qu'elle aime sincèrement… Et je suis sur le point d'en faire de même. »

Darcy sourit à cette pensée, et prit alors les mains d'Elizabeth entre les siennes. Lui aussi entrevoyait un avenir parfait aux côtés de celle qu'il aimait. Il avait attendu de nombreuses années de connaître un sentiment aussi intense que celui qu'il éprouvait à l'égard de Lizzy, et ce dernier était bien plus fort que tout ce qu'il avait espéré.

« La seule chose qui me hâte aujourd'ui, est de vous épouser. » déclara t'il, plongeant son regard dans les yeux sombres de sa fiancée. « Malheureusement, la bonne conduite nous a fixé un certain délais que nous nous devons de respecter. » ajouta t'il, comme un échos aux pensées qu'Elizabeth avait eu un peu plus tôt. « Mais je suis sûr d'une chose, c'est que lorsque nous seront mariés, je serai comblé. Vous avez déjà fait de moi le plus heureux des hommes en acceptant de devenir ma femme, et une fois cela fait, tout sera parfait. »

Elizabeth fut émue de ses mots , et ne put que lui sourire tendrement devant une telle sincérité et de telles paroles. Ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre sans s'en rendre compte , et étaient désormais front contre front, dans une proximité peut-être déplacée. Mais rien d'autre ne comptait à cet instant que la présence de l'autre, et toutes les émotions qu'ils pouvaient éprouver. Leurs yeux ne purent plus se quitter, et dans une lenteur presque irréelle, leurs visages se rapprochèrent.

Les lèvres de Darcy sur les siennes furent au départ aussi légères que la caresse d'une plume, lui arrachant un frisson. Puis, ils échangèrent réellement leur premier baiser qui fut au départ hésitant, quelque peu maladroit mais qui se mua vite en une tendresse et une sincérité totale. Ils furent à cet instant plus complices et plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été, cet instant n'appartenant qu'à eux, plus rien ne leur importait autour. Leur univers ne se limitait plus qu'à l'autre, à sa chaleur, à cette étreinte qu'ils avaient refoulé pendant toutes ces semaines. Darcy posa une main sur la joue d'Elizabeth dans un geste presque automatique, son autre main placée dans le creux de ses reins pour l'attirer tout contre lui. La jeune femme avait entouré sa nuque de ses bras, encore plus proche de lui. Cet instant fut magique et délicieux, et leurs sembla durer une éternité.

Puis, doucement, ils se détachèrent l'un de l'autre à nouveau front contre front. Elizabeth tremblait légèrement sous le coup des émotions et des sensations qu'elle avait ressenti en un si court instant. Ils se sourirent, et gravèrent chaque seconde de ce moment dans leurs mémoires, pour ne jamais l'oublier… Puis, ils finirent par se séparer à contre-cœur, et Darcy offra son bras à Elizabeth qui l'accepta, avant qu'ils ne rentrent à Netherfield, laissant le balcon désert sous le ciel étoilé.