Bonjour à tous !
Et bien, voilà le chapitre 13 après encore une fois un long délai. Mais je voulais absolument finir le chapitre suivant avant de poster celui-là, parce que les partiels approchent et ont même déjà commencé pour certains et je n'aurais probablement pas beaucoup de temps pour l'écriture. Comme ça vous ne serez pas obligés d'attendre trois mois pour avoir le prochain chapitre si tant est que je retrouve Internet d'ici là… Oui je n'ai pas une vie très passionnante alors j'arrête de vous embêter avec mes histoires.
En ce qui concerne ce chapitre je n'ai pas grand-chose à en dire. Il est moins romantique que les deux précédents – effet Tantine je suppose – mais j'espère néanmoins qu'il vous plaira.
Comme l'a si bien dit Fanaplume j'en suis arrivée à un point de ma fiction où ce que j'écris peut ressembler à 'Ames Sœurs' la fiction de Doddy que comme Fanaplume, j'aime beaucoup. Mon but n'étant pas de recopier ou de plagier le travail de Doddy, je saute beaucoup de passages et le temps défile plus vite. Depuis le chapitre 11 on assiste en fait à une sorte de long épilogue voilà pourquoi les semaines passent plus vite.
Je voulais une nouvelle fois vous remercier pour vos reviews. Elles me touchent toujours autant et me donnent du courage pour écrire j'espère en avoir des nouvelles avec ce chapitre-ci alors merci à toutes celles qui m'ont laissé un commentaire ! Madielizzie (merci tes compliments me touchent beaucoup j'espère que ce nouveau chapitre te plaira) Fanaplume (merci vraiment beaucoup pour ta fidélité à chaque chapitre... pour les dialogue je dois dire qu'en fait je trouve ça plutot amusant d'écrire dans le style du XIXème j'aime beaucoup la tournure des phrases et le vocabulaire employé ça en dit parfois même beaucoup plus que les dialogues contemporains... pour la fic de Doddy je crois que c'est trop tard je l'ai découverte il y a six mois et comme toi je l'adore en tout cas j'espère que ce chapitre te plaira) Inconnue (merci) Mrs Headly (et bien tant de reviews ! cela m'a vraiment fait plaisir je dois dire :p J'aime quand tu dis que Mr Darcy est parfait... En même temps c'est une vérité affirmée : Darcy le Parfait en tout cas vraiment encore merci et toi aussi j'espère que ce chapitre te plaira!)
Je vous laisse désormais lire, au prochain chapitre !
oxoOoxo
Rosings Park, le 3 octobre 1816
Fitzwilliam,
Vous devinez, je suppose, la raison qui me pousse à vous écrire aujourd'hui. J'ai conscience du temps que j'ai mis à répondre à votre lettre, mais je crois que ce temps a été nécessaire pour que l'annonce qu'elle contenait ne fasse son chemin dans mon esprit. Sachez, mon cher neveu, que cette nouvelle a provoqué un grand choc, je dois confesser que j'ai été grandement surprise. Je vous écris désormais pour vous dire mon ressentiment quant à cette union.
Comme vous devez vous en douter, j'ai été outrée d'apprendre que vous comptiez vous unir à Miss Elizabeth Bennet. J'ajoute à cette désapprobation deux arguments, que vous ne pourriez démentir et dont vous reconnaîtrez après votre lecture, la légitimité.
Le premier de mes arguments se trouve en un projet que votre regrettée mère et moi avions pour Anne et vous. Je suis certaine que vous avez connaissance de cette volonté, que vous avez tout bonnement ignoré en dépit des souhaits de votre mère et des miens. Nous avions pour rêve de vous voir unis, Anne et vous, depuis votre plus tendre enfance. Mais il semble que vous ayez omis les responsabilités que vous avez envers votre famille, Fitzwilliam.
À cela j'ajouterai une certaine désapprobation quant à l'épouse que vous avez choisie. Comme vous devez assurément en avoir connaissance, Elizabeth Bennet n'appartient en rien à notre société. Vous connaissez l'infériorité de son rang et de son entourage, elle ne possède aucune parenté dans l'élite à laquelle notre famille appartient depuis des générations. En cela, Darcy, votre union bafouera votre nom et votre réputation. En vous unissant à Miss Bennet vous tournez le dos aux obligations qui incombent à votre rang, il n'en est pas autrement.
Cependant, j'ose espérer que ces rappels vous remettront sur le droit chemin. Souvenez-vous, Fitzwilliam, que votre fiancée a déjà promis cet engagement à un homme, qui n'était ni plus ni moins qu'un vil voleur. Je prie pour recevoir dans votre prochaine lettre une preuve de votre prise de conscience, mon cher neveu.
Lady Catherine De Burg.
XXXXXX
La réponse de Lady Catherine avait provoqué chez Darcy à la fois une grande colère et de l'étonnement, bien que ce dernier sentiment fut moindre. La première émotion, bien plus forte que la seconde, était sans nul doute dut aux mots irrespectueux que sa tante avait utilisés pour parler d'Elizabeth. Elle lui manquait de respect et l'insultait ouvertement, ce que Darcy ne pouvait tolérer. Sa tante pouvait juger autant qu'elle le souhaitait la décision qu'il avait prise en demandant Lizzy en mariage, mais il ne pouvait accepter qu'elle insulte ainsi la femme qu'il aimait.
Tout ce qu'avait dit sa tante, Darcy s'en était servi comme arguments contre la naissance des sentiments qu'il ressentait pour Elizabeth l'hiver qui avait précédé leurs fiançailles. Pour faire reprendre le dessus à sa raison, il avait essayé de se convaincre qu'une union entre Miss Bennet et lui ne pouvait pas être une bonne chose en vue de leur différence sociale. Mais son amour pour elle avait bien vite eu raison de ses misérables arguments qu'il avait aujourd'hui honte d'avoir un jour pensé.
Quant au peu de surprise qu'il avait éprouvé en recevant une réponse aussi emplie d'animosité que ne l'était celle de Lady Catherine, il était tout simplement dû au fait que la réaction de sa tante ne l'étonnait guère. Il avait parfaitement connaissance – comme elle l'avait dit si justement – du soi-disant engagement qui le liait à sa cousine. Il avait une profonde affection pour Anne, comme il pouvait en avoir pour ses autres cousins Mais d'aucune façon il n'aurait voulu qu'elle devienne sa femme. Il s'était toujours promis de se marier avec une femme qu'il aimerait, comme il était sur le point de le faire avec Elizabeth. En rien Anne n'aurait put faire son bonheur malgré toute l'affection qu'il avait pour elle.
Alors que Lady Catherine se permette de formuler de telles inepties lui semblai tout bonnement hors de propos. En aucune façon sa tante n'avait à avoir un droit de regard sur ses affaires les plus intimes. Il ne revenait qu'à lui de choisir la femme avec qui il allait passer le reste de son existence Et il ne regrettait en rien d'avoir pour future femme Elizabeth, car l'amour qu'il lui portait était bien plus fort que toutes les protestations – aussi nombreuses qu'elles puissent être – provenant de Lady Catherine.
Darcy adressa donc à la lettre de sa tante une réponse plutot brève qui lui assurait du maintien de sa décision de se marier avec Elizabeth, ainsi que de la manière dont les propos qu'elle avait tenu à l'égard de sa fiancée l'avaient choqué. Il sut dés lors que Lady Catherine ne viendrait pas à leur mariage, ce qui n'était finalement fait que pour le rassurer. Il ne parla que peu à Lizzy de la réponse de sa tante, lui assurant cependant son désaccord et le fait qu'elle n'assisterait pas à leur union.
Ce que Darcy ignorait pourtant, c'était la force de l'entêtement de Lady Catherine. Lorsque cette dernière reçut la courte missive en réponse à sa précédente lettre, elle entra dans une colère noire, et jugea bon d'agir en conséquence. Si son neveu ne voulait pas entendre raison, il fallait qu'elle parle avec Miss Elizabeth Bennet. Son neveu avait dut être influencé par les charmes de cette jeune fille, et peut-être que cette dernière ferait preuve de plus de bon sens que Darcy. Elle partit donc immédiatement pour le Hertfordshire et prit la direction de Longbourn au troisième jour de Novembre.
XXXXXX
Lorsque Lady Catherine de Burg arriva aux abords de la demeure des Bennet, Lydia, Kitty ainsi que leur mère était de sortie à Meryton, ne demeuraient au foyer que Mr Bennet, Elizabeth et Mary. Jane était désormais la femme de Mr Bingley depuis deux semaines et vivait donc à Netherfield.
À cette heure de la journée, Mr Bennet était enfermé dans son bureau, alors que Mary s'exerçait au clavecin pendant que sa sœur ainée travaillait sa leçon d'allemand. Tous trois furent grandement surpris en entendant les bruits d'une voiture approcher, eux qui n'attendaient pas de visite. Mary cessa de jouer, et Lizzy et elle se rendirent dans le hall pour voir qui venait. Elles furent rejointes par leur père, tout aussi surpris qu'elles, et quelques secondes plus tard, un de leurs domestiques annonçait l'arrivée de Lady Catherine.
Cette révélation surprit encore plus les membres de la famille Bennet présents, seule Elizabeth perçut que cela avait un rapport direct avec ses fiançailles. Elle avait souvenir de la lettre que la propriétaire de Rosings avait adressé à Darcy, et de la colère dans la quelle il était entré. Cela ne la rassura aucunement, et se fut avec le cœur battant qu'elle vit sa grâce entrer dans leur demeure.
Son père l'accueilli, Mary la salua respectueusement imitée par son ainée. Lady Catherine ne leur adressa que de brèves salutations qui ne contenaient aucune politesse, jusqu'à ce que Mr Bennet ne demanda :
« Pouvons-nous faire quelque chose pour votre grâce ? Désirez-vous un rafraichissement après votre voyage ? »
« En vérité, monsieur. » répondit Lady Catherine en ne lui adressant qu'un bref regard « Je ne désire qu'une seule chose, m'entretenir avec Miss Elizabeth. Nous devons aborder un sujet qui me semble essentiel. »
Mr Bennet ne répondit rien et ne se formalisa pas du manque de politesse de leur visiteuse qu'il avait deviné dès qu'elle était entrée dans la pièce. Il se contenta d'adresser un regard interrogatif à sa fille qui lui rendit avant de se tourner vers Lady Catherine. Elle ne prononça que quelques mots, agréant ainsi à sa demande.
Lady Catherine lui demanda s'il y avait un endroit où elles pourraient parler en paix, et Elizabeth lui proposa de faire quelques pas dehors. Le temps n'était pas encore trop froid et le soleil brillait en abondance. Lady Catherine acquiesça d'un bref hochement de tête et suivi Lizzy au dehors.
Elles se retrouvèrent ainsi à l'extérieur de la demeure des Bennet et firent quelques pas dans un silence pesant, du moins pour Elizabeth. Elle appréhendait cette conversation et devinait avec une certaine anxiété les propos que pourrait lui tenir la tante de Darcy.
« Miss Bennet, je suppose que vous devinez la raison de ma présence ici. » commença Lady Catherine, sans détour.
« Et bien je le devine difficilement, mais peut-être votre Grâce pourra t'elle m'éclairer. » répondit simplement Elizabeth.
« Je sais que vous connaissez les raisons de cette conversation, il n'est nullement nécessaire de tourner autour de la question indéfiniment. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour parler pour ne rien dire. » rétorqua son interlocutrice.
« Je vous écoute donc. » déclara simplement Lizzy.
« J'imagine que mon neveu vous a fait part de mon désaccord quant à votre mariage. »
Il s'agissait donc de cela. Elizabeth s'en était douté ce qui ne la rassurait guère. Elle savait avec qu'elle animosité la tante de son fiancé avait parlé de leur mariage, notamment concernant sa désapprobation pure et simple. Elle n'avait pas connaissance de ses dires avec exactitude, mais connaissant bien que peu le caractère de Lady Catherine, elle pouvait aisément les deviner.
« En effet, il m'en a fait part. » répondit-elle finalement après une légère pause. « Mais il m'a tut le contenu précis de votre lettre. »
« Il aurait tout aussi bien pu vous en faire part, puisque je suis venue ici dans le but de vous les adresser, mais également de vous faire changer d'avis. » cracha Lady Catherine.
« De me faire changer d'avis ? » s'exclama Lizzy, incrédule devant tant de franchise mais aussi de manque de diplomatie dans les propos de son interlocutrice.
« Tout à fait. » approuva Lady Catherine. « Vous devez avoir connaissance de plusieurs choses, Miss Bennet, choses que votre opportunisme a dut cacher à vos yeux. »
« Mon opportunisme ? »
« Ne m'interrompez pas, je vous prie ! » la coupa Lady Catherine. « Ces éléments sont essentiels pour que vous compreniez que votre mariage avec mon neveu serait une grave erreur. »
Ainsi, Lady Catherine exposa à Elizabeth les arguments qu'elle avait cités à Darcy dans sa lettre. Elle aborda en premier l'union qu'il y avait entre sa fille et son neveu, lien qu'elle qualifia de sacré et de cher à son cœur ainsi qu'à celui de la défunte mère de Darcy. Elizabeth fut étonnée par ce point. Ainsi les rumeurs qu'elle avait entendu quant à un éventuel mariage entre son fiancé et Miss De Burg avaient été colportés par Lady Catherine elle-même. Elle comprenait mieux certaines choses désormais.
« Je comprends à quel point ce mariage vous tenait à cœur. » déclara t'elle lorsque Lady Catherine eut fini. « Mais je me permets d'informer votre grâce que Mr Darcy a toujours exprimé le désir de choisir lui-même la femme qu'il épouserait. »
« Je le sais parfaitement, il me l'a bien exposé dans sa dernière lettre. » l'interrompit abruptement sa visiteuse. « Je suis cependant la parente la plus proche qu'il possède sur cette Terre et je crois qu'il est en mon droit de me préoccuper de son établissement futur. »
« Et en quoi notre mariage le priverait-il de bonheur ? » la questionna Lizzy, dont la patience commençait à manquer. « S'il juge que nous serons heureux ensemble, pourquoi n'acceptez-vous pas son choix ? »
« Il ne s'agit pas de bonheur, Miss Bennet, mais d'honneur. » rétorqua Lady Catherine. « Les responsabilités qui incombent à son rang doivent être respectés. Et vous n'êtes pas sans savoir que vous lui êtes inférieure par le rang et la fortune. Votre mariage serait un bafouement des valeurs de notre société. »
« Insinuez-vous que je ne mérite pas de devenir son épouse ? »
« Effectivement. Il est aisé de comprendre votre décision en acceptant de devenir la femme de mon neveu, nous en revenons ainsi à la question de votre opportunisme. »
« Je ne vous permets pas de m'insulter ainsi ! » s'insurgea alors Elizabeth, dont la colère se manifestait de plus en plus. « Que vous puissiez croire que j'épouse votre neveu par pur intérêt, et bien soit. Votre avis n'influencera pas mon choix, si vous êtes incapables de concevoir que je l'épouse purement par amour, dans ce cas, je vous prierai de nous laisser en paix. »
« Par amour ? » ironisa Lady Catherine. « Miss Bennet, ne me faîtes tout de même pas croire que vous osiez donner comme raison à votre mariage l'argument de l'amour. »
Lady Catherine rit intérieurement… De l'amour… Cette jeune fille était encore plus effrontée qu'elle ne l'avait cru. Pour elle l'amour n'était que secondaire dans un mariage, surtout dans leur société. Les unions que l'ont célébrait dans la sphère à la quelle sa famille et elle appartenaient n'étaient que rarement des unions d'amour. L'honneur, le devoir et l'intérêt d'associer deux familles dépassaient bien tous sentiments pouvant s'apparenter de près où de loin à l'amour. Elle l'exprima d'abord à son interlocutrice que ce discours laissa à la fois bouche-bée et hors d'elle.
« Si vous l'aimez comme vous semblez le prétendre, vous devez savoir les affreuses conséquences que votre mariage aura sur la vie de mon neveu. Vous serez un déshonneur pour sa famille et son rang, tous vous jugeront comme une paria et vous ne serez acceptés nulle part au sein de la bonne société de ce pays. Vous bafouerez la réputation de Darcy et causerez sa perte. Alors si vous l'aimez tant que cela, réfléchissez à tout ce que je viens de vous dire et songez que peut-être votre union ne fera pas le bonheur de votre fiancé. »
Ces dernières paroles atteignirent Elizabeth en plein cœur. Comment Lady Catherine osait-elle parler ainsi de l'amour qu'elle et Darcy partageaient ? Elle ne parvenait pas à croire qu'une personne d'aussi grande importance que son interlocutrice puisse se permettre de proférer de telles paroles. Lizzy avait du mal à contrôler sa colère, et sa gorge se nouait sous les larmes qui menaçaient de couler. Mais elle ne pleurerait pas, elle ne ferait pas ce plaisir à Lady Catherine. Ni celui d'essayer de la convaincre de son amour pour Darcy.
« Il suffit, Lady Catherine ! Il n'est pas une insulte que vous ne m'ayez épargner. Votre neveu et moi allons nous marier, puisque tel a été notre choix, et si vous ne pouvez l'accepter je vous prierai de nous laisser en paix ! » s'exclama t'elle, le cœur au bord de l'explosion.
« Jamais on ne m'avait adressé de telles paroles. Si vous souhaitez la perte de mon neveu, et bien soit…. Mais j'assisterai à ce désastre tout en sachant que j'aurais tout fait pour l'empecher. » siffla son vis-à-vis. « Je ne prends pas congés de vous Miss Bennet, et je ne vous charge d'aucun compliment pour vos parents vous ne méritez pas une telle faveur. » ajouta t'elle, dédaigneuse, alors que Lizzy et elle avaient rejoint sa voiture et qu'un cochet l'aidait à monter. « Nous partons. »
Elizabeth n'ajouta rien et regarda Lady Catherine partir, au bord de l'évanouissement. Cette entrevue tournoyait dans ses pensées sous formes d'images et de mots confus, et se fut chancelante qu'elle regagna Longbourn.
Lorsqu'elle fut à l'intérieur, elle monta directement dans sa chambre, ne prêtant pas attention aux regards surpris de son père et de Mary. Elle referma la porte derrière elle et se laissa tomber sur son lit, comme vider de ses forces.
Elle ne sut combien de temps elle resta allongée ainsi, à fixer le plafond sans le voir. Elle ne cessait de se remémorer son affrontement avec Lady Catherine et de la violence des propos qu'elles avaient échangé. Jamais elle n'aurait pu croire que la tante de son fiancé puisse faire preuve d'autant de mépris et d'aussi peu de diplomacie. Elle ne s'était pas retenue pour lui exprimer ses opinions avec une animosité sans égal à ce que Lizzy avait put voir auparavant. Lady Catherine les avaient insulté, Darcy et elle sans ménagement, la réduisant elle sans aucune retenue. Comment avait-elle pu oser ? Etait-elle donc à ce point démunie de bon sens pour ne pas réussir à croire que Darcy et elle s'aimaient réellement et que jamais elle n'aurait osé l'épouser parce qu'elle en voulait à sa fortune ? Mais l'amour devait surement être une notion étrangère à Lady Catherine, ce qui ne l'étonnait que peu, finalement.
Tout au long du reste de la journée et de la nuit, Elizabeth revivait ces minutes qui lui avaient été inssuportables. Elle ne parla et ne mangea que peu et dormit encore moins. Elle devait voir son fiancé le lendemain et ne savait pas encore si elle devait lui faire part de la visite de sa tante.
Les dernières paroles de Lady Catherine furent celles qui tournèrent le plus dans son esprit et qui touchèrent le plus son cœur… Plus elle y pensait et plus sa colère disparaissait, pour laisser progressivement place à un profond doute. Elle savait parfaitement que son mariage avec Darcy allait influer sur la vie mondaine de son fiancé. Elle avait conscience qu'il avait toutes ces obligations en horreur, mais elle savait aussi qu'il mettait un certain point d'honneur à préserver la réputation de sa famille, comme ses ascendants l'avaient fait avant lui durant des générations. Et s'était sur ce point qu'Elizabeth avait des doutes. Leur mariage ternirait-il à ce point l'honneur de la lignée des Darcy ? Sa venue dans cette famille causerait-elle leur perte ? Elle n'avait au départ pas voulu accordé de l'importance au propos de Lady Catherine, mais plus elle y songeait plus cette perspective prenait de la place dans son esprit.
Elle aimait Darcy, et ne doutait pas un seul instant de l'amour qu'il lui portait en retour. Et si l'amour ne suffisait pas ? Dans le monde auquel appartenait son fiancé, peut-être que l'honneur et le devoir étaient plus importants… Son souhait le plus cher était de voir le bonheur de Darcy complet. Mais elle douta alors que ses origines ne contribuent totalement à ce bonheur qui était si précieux pour elle.
Se fut le cœur plein de doutes et les traits marqués par le manque de sommeil qu'elle se présenta à Netherfield le lendemain après-midi pour rendre visite à Mr Darcy. Dès qu'elle l'aperçut, ses doutes redoublèrent, tout comme le nœud qui emprisonnait son estomac. Elle ne répondit que vaguement aux salutations de son fiancé qui étaient pourtant si chargés de tendresse, comme à l'accoutumée. Elle ne parla que peu, et salua Jane et son époux tout aussi distraitement. Tous avaient remarqué les traits tirés de son visage et la lueur de fatigue dans son regard sombre.
Cependant, Mr Bingley leurs proposa d'aller faire une balade avant qu'il ne fasse trop froid.
Dans les premières minutes de leur marche, Jane et Elizabeth devancèrent Darcy et Bingley, ce qui avait souvent lieu depuis le mariage de l'ainée des Bennet et du locataire de Netherfield. Seulement, cet après-midi là, Lizzy ne prit que peu parti au bavardage pourtant intéressant de sa sœur. Elle lui demanda simplement des nouvelles de son foyer et de son établissement, et Jane lui adressa une nouvelle fois son ravissement.
« Et toi Lizzy, tout va bien ? » l'interrogea Mrs Bingley, alors qu'elle finissait son récit de la journée de la veille. « Tu sembles préoccupée. »
« Il n'y a rien de grave. » mentit sa cadette avec un pauvre sourire. « J'ai juste mal dormi la nuit dernière, c'est tout… Mais un peu de repos et tout passera vite, ne t'inquiète pas. »
Jane se contenta d'hocher la tête, mais n'ajouta rien. Cependant, elle n'était pas convaincue par les paroles de sa sœur. Elle la connaissait assez bien pour savoir que quelque chose la préoccupait, et cela devait être important pour ne pas qu'elle lui en parle. Elle songea alors qu'il s'agissait peut-être d'une chose qui les concernait elle et Mr Darcy, particulièrement et dans ce cas elle pouvait comprendre que sa cadette ne lui dise rien.
Quelques minutes plus tard, Elizabeth et Jane se séparèrent et l'ainée des Bennet rejoignit son époux, devançant Darcy et sa fiancée. Le maitre de Pemberley offrit son bras à Lizzy qui l'accepta et ils reprirent leur marche dans un relatif silence. Elizabeth avançait, les yeux perdus dans le vague, et son esprit égaré dans le flots de ses pensées. Darcy avait remarqué que sa fiancée était préoccupée et lointaine, ainsi que les traits fatigués qu'elle affichait. Cela l'inquiétait grandement. Mais ce qui l'inquiétait le plus était le mutisme dans lequel semblait s'enfermer Elizabeth.
Le silence se prolongeant et son inquiétude grandissant, il se permit d'interroger sa compagne.
« Miss Elizabeth, puis-je vous demander ce qui vous préoccupe tant ? »
Elizabeth releva les yeux vers lui et lui adressa un sourire hésitant et masquant mal son appréhension. Elle n'avait toujours pas pris la décision de dire ou non à Darcy ce qui s'était passé la veille. Sa rencontre avec Lady Catherine restait encore un souvenir vivace, et les doutes qui en découlaient lui faisaient peur. Pourtant, elle savait que son fiancé et elle s'étaient promis d'être transparents sur leurs craintes et leurs sentiments, puisqu'ils en avaient tous deux ressentis alors qu'ils n'étaient pas encore fiancés. Et même si elle savait que ses révélations allait mettre Darcy dans une colère noire, elle se devait de lui dire la vérité. Et sans doute que cela la soulagerait de tous ces doutes.
« Il s'est passé quelque chose, hier après-midi. » commença t'elle alors prudemment, sans croiser le regard de Darcy. « J'ai… J'ai reçu la visite de Lady Catherine. »
À l'entente de ces mots, Darcy se figea et tous deux cessèrent leur marche. Doucement, Elizabeth lâcha le bras de son fiancé et se retrouva face à lui. Elle ne pouvait qu'imaginer ce qui traversait son esprit en cet instant, et elle le redoutait. Elle ne savait pas exactement les relations qu'avaient Darcy et Lady Catherine, mais de ce qu'elle avait pu apercevoir des deux cotés, elles étaient loin d'être cordiales. Elle avait bien conscience que Darcy essayait de garder son calme, chose qui ne devait pas lui être aisée.
Trop de questions et de sentiments contradictoires harcelaient son cœur en cet instant. Un nombre impressionnant de scènes plus désagréables les unes que les autres se succédaient dans son esprit et il préféra mettre fin à tout cela avant qu'il ne se laisse submerger. Et ce fut d'une voix calme qu'il demanda à Elizabeth :
« Que s'est-il passé, Elizabeth ? » la questionna t'il d'une voix douce, sentant le malaise de sa bien-aimée. « Je vous en prie, racontez-moi. » demanda t'il en prenant ses mains dans les siennes pour lui insuffler du courage.
Lizzy releva son regard sombre vers Darcy et leurs yeux se rencontrèrent alors. Elle sut qu'elle devait lui dire toute la vérité et ne pas craindre ses réactions, car elle savait que jamais il ne s'emporterait contre elle. Alors Lizzy lui conta son entrevue avec Lady Catherine. De la façon impromptue qu'elle avait eu de se présenter à Longbourn, aux paroles qu'elles avaient échangé.
Plus son récit avançait, plus Darcy était la proie d'une foule de sentiments contradictoire. Il fut d'abord choqué et outré de la manière dont sa tante s'était adressée à Elizabeth, de la violence de ses propos et de leur caractère insultant. Il fut assaillit par la colère, mêlée à une rancœur tenace envers Lady Catherine. Il ne pouvait accepter qu'elle puisse ainsi parler à la femme qu'il aimait, à celle qui allait bientôt être sa nièce par alliance. Sa tante n'avait aucun droit de venir voir Elizabeth de la sorte pour lui adresser des paroles aussi abjectes.
Mais plus que tout se fut la culpabilité qui fut le plus tenace. Il se sentait responsable des tourments dont sa fiancée était la proie, elle qui avait déjà tant souffert. Comme si ce qui s'était passé avec Wickam n'avait pas suffit. Lui qui était persuadé de pouvoir la protéger de sa tante, il s'était sans aucun doute fourvoyé. Il ne savait comment il pourrait se faire pardonner d'une telle conduite.
Une fois que Lizzy eut fini son récit, un long silence s'installa entre les deux fiancés. Darcy tenait toujours les mains d'Elizabeth dans les sienne et ce contact rassurait la jeune femme. Elle avait eu besoin de la présence de son fiancé pour lui faire part de tout ce qui s'était passé avec sa tante. Une fois ses explications achevées, elle avait fermé les yeux un bref instant et attendit.
Malgré tout ce qu'il pouvait éprouver de contradictoire en cet instant, Darcy le refoula et reporta son attention sur Elizabeth. Il sentait que la jeune femme ne lui disait pas tout, que quelque chose d'autre, bien plus que son entrevue avec Lady Catherine, la préoccupait.
« Je ne sais comment me faire pardonner des paroles qu'a eu ma tante à votre égard. » déclara t'il. « Jamais elle n'aurait dû vous parler ainsi, et je me sens responsable du tort que cela a put vous causer. »
« Ne le soyez pas. » l'interrompit Elizabeth. « Vous n'êtes en rien responsable de l'attitude de Lady Catherine… Elle est la seule actrice de tout cela, ce sont ses actions, pas les vôtres… Je vous en prie ne vous sentez pas coupable des ignominies qu'elle a pu proférer. »
« Votre sollicitude me touche sincèrement, Miss Elizabeth. » lui assura Darcy. « Mais il est difficile de ne pas se sentir responsable devant la violence des propos de ma tante. » il s'interrompit un bref instant et reprit. « Y a-t-il autre chose ? Vous me semblez encore préoccupée… »
« Je… » balbutia Lizzy.
Elle baissa les yeux, fautive et lâcha les mains de Darcy pour mettre les siennes le long de son corps dans un geste de nervosité. Devant la réaction de son fiancé, elle avait presque honte d'accorder de l'importance aux propos de Lady Catherine. Mais si ses paroles l'avaient autant affecté, cela voulait dire qu'il y avait réellement un doute concernant son mariage avec Darcy, et l'influence qu'il pourrait avoir sur la vie de sa famille. Elle ne quitta pas le sol des yeux et commença d'une voix sourde :
« Lorsque votre tante m'a adressé ses paroles, je n'ai voulu leur accorder aucune importance…. Mais certaines d'elles m'ont tout de même affecté, et plus j'y ai pensé plus elles se sont imposées à moi et m'on faite douter… Il y a des choses dont je ne suis plus sure aujourd'hui. » elle s'interrompit et ajouta, comme pour rassurer Darcy « Il ne s'agit aucunement de ce que je ressens pour vous. Cela est et demeurera pour toujours… Mais Lady Catherine a soulevé un point sensible qui a toujours été source de doute, bien que je ne m'en sois rendue compte qu'une fois qu'elle l'avait évoqué. »
Elle fit de nouveau une pause et reprit sa respiration, comme pour se donner du courage.
« J'ai depuis le début conscience que je ne suis pas issue du même milieu que le vôtre, et que les attentes qu'a formulé votre entourage à votre égard ne seront pas satisfaites par notre mariage… Je sais à quel point l'honneur de votre famille est important à vos yeux… Et j'ai peur de le ternir…. Je sais que l'honneur est peu de chose comparé à notre amour mais… Mon seul souhait est de faire votre bonheur le plus possible… Et j'ai peur de ne pas y arriver si vous veniez à perdre le respect de vos pairs. »
Jamais elle n'avait fait preuve d'une telle transparance, chose qu'il l'étonna elle-même. Elle avait une si grande peur de lui faire du mal qu'elle lui avait tout simplement exposé son cœur, et les doutes qui l'assaillaient. Elle était partagée entre ses doutes et la peur d'être ridicule aux yeux de Darcy en émettant de telles suppositions. Mais les paroles de Lady Catherine avaient été si violentes que cela l'avait ébranlée, au point de briser ses convictions de ne jamais laisser autrui gâcher son bonheur.
À l'entente de ses mots, Darcy resta quelques instants interdit. Jamais il n'aurait cru que les paroles de Lady Catherine puissent autant afecter Elizabeth. Jamais il ne lui avait semblé utile de parler de cela avec elle. Chacun avait conscience de leur différence mais jamais ils n'avaient eu à le formuler puisque leur amour dépassait bien cela. Mais sur ce point il semblait avoir minimiser les doutes de Lizzy. Il ne pouvait pas lui en vouloir de douter ainsi, même s'il lui avait exprimé plusieurs fois la force des sentiments qu'il lui portait. Il n'était pas même déçu par les doutes de sa fiancée et devant la gravité des paroles de sa tante tout cela se justifiait.
Il fallait qu'il rassure Elizabeth, qu'il chasse de ses pensées tous ces doutes qui n'avaient pas lieu d'être.
Darcy se tourna vers Elizabeth et se rendit compte qu'elle avait toujours les yeux baissées. Il s'approcha doucement d'elle et plaça deux doigts sous son menton pour lui faire relever les yeux. Il vit alors que des larmes silencieuses avaient coulé sur ses joues de porcelaine et il entreprit de les effacer de son pouce.
« Je comprends vos doutes. » confia t'il d'une voix douce et apaisante pour rassurer Lizzy. « Mais vous ne devez pas croire ce qu'a put vous dire ma tante. Vous ferez mon bonheur, autant que cela soit possible… La seule chose qui m'importe est de vous avoir à mes côtés pour le reste de ma vie… Si je dois assister à moins de réceptions mondaines, tant mieux je les ai en horreur. »
À ces paroles, un sourire étira les lèvres d'Elizabeth, ce qui le rassura.
« Ne donnons pas à Lady Catherine la satisfaction d'avoir réussi à nous faire douter. »
Lizzy fut soulagée par les mots de son fiancé et lui sourit une seconde fois. Elle ferma un instant les yeux lorsqu'il déposa un baiser sur son front, avant de reprendre son bras. Lizzy lui fut reconnaissante de l'avoir rassurée et murmura un 'merci' silencieux alors qu'il se séparait d'elle pour reprendre leur marche. Ils se rendirent compte que le soleil avait commencé à décliner vers l'Ouest. Ils s'empressèrent donc de rejoindre Netherfield.
Ainsi ils retrouvèrent Jane et Bingley qui les attendaient devant l'entrée de leur demeure. Tous quatre regagnèrent l'intérieur et s'installèrent dans le salon où ils furent bientôt rejoints par Miss Bingley. Jane fit apporter le thé et l'après-midi s'acheva ainsi avant qu'Elizabeth ne rejoigne Longbourn.
Lizzy salua sa sœur et son beau-frère avec autant de chaleur qu'à l'accoutumée et se contenta d'une salutation polie envers Miss Bingley qui lui rendit. Darcy quant à lui l'accompagna jusqu'au bas des marches de Netherfield où la voiture de Mr et Mrs Bingley avait été atelée pour la ramener chez elle. La nuit était tombée et le froid régnait désormais. Alors qu'ils arrivèrent au bas des marches, Darcy se tourna vers Elizabeth et lui sourit comme il le faisait lorsqu'ils se trouvaient tous les deux.
« J'espère que vos doutes quant aux dires de ma tante se sont estompés. » déclara t'il.
« En effet. » approuva Lizzy. « Je vous remercie encore une fois de m'avoir écouté et comprise. »
« Cela est tout à fait normal. Je serai toujours présent pour vous écouter et vous conseiller si vous en ressentez le besoin, n'en doutez jamais… Si des doutes subsistaient dans votre esprit n'hésitez pas à m'en parler. Je sais à quel point les paroles de Lady Catherine étaient abjectes et je m'en excuse encore une fois. »
« Comme je vous l'ai dit, je ne vous en tiens aucunement pour responsable. » lui répondit Elizabeth. « Mais si cela peut vous soulager, je vous pardonne. » ajouta t'elle, rieuse.
Darcy sourit, heureux de retrouver sa fiancée telle qu'il l'avait connu, espiègle et taquine. Dans d'autres circonstances, jamais il n'aurait laissé quelqu'un lui parler ainsi, mais c'était chez Elizabeth un trait de caractère auquel il était attaché, l'un de ceux qui l'avaient séduit… Cela l'amusait et à cet instant lui montrait que sa fiancée allait mieux.
« J'écrirai dès demain à ma tante pour lui réitérer notre demande de ne plus nous attaquer ainsi, si je puis dire. Je crois qu'il est nécessaire que nos rapports cessent un moment. »
« Je suis désolée que vous deviez prendre de telles mesures à cause de moi. »
« Ne le soyez pas, Miss Elizabeth… Si ma tante ne peut se résoudre à notre mariage et bien soit. Mais je ne la laisserai pas vous insulter une nouvelle fois comme elle l'a fait, ou ternir notre bonheur. » déclara solanellement Darcy.
Lizzy lui sourit, alors que la voiture s'arrêtait à leur hauteur. Darcy souhaita une bonne soirée à la jeune femme qu'il aida ensuite à monter en voiture avant de la saluer une dernière fois et de la regarder disparaître dans la nuit.
