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Toute la meute était réunie pour faire le point sur l'affaire en cours.
Ils savaient enfin ce qu'ils chassaient : un katchina malfaisant, issu de la mythologie amérindienne. Selon Deaton, pas une partie de plaisir.
« On devrait se séparer en plusieurs groupes pour couvrir une plus grande partie de la ville », proposa Derek, une carte de Beacon Hills étalée devant lui.
« C'est pas trop dangereux de se disperser sachant ce que cette créature peut faire ? » Demanda Lydia.
« Pas plus que d'habitude à mon avis », répondit Allison tandis que Scott et Stiles acquiesçaient.
« Mes hommes peuvent couvrir le cimetière jusqu'à Main Street sans problème, ça nous permet d'avoir moins de distance entre les groupes », annonça Chris en retraçant la zone d'un doigt.
Peter choisit cet instant pour entrer dans le loft, comme si de rien n'était. Tout le monde se tourna vers lui, plus ou moins exaspéré.
« Quoi ? » Badina le retardataire.
« On avait dit quinze heures », s'agaça son neveu. « Il est seize heures trente passées. »
« Vous avez déjà sauvé le monde pendant mon absence ? Non ? Alors je n'ai rien manqué… Sexy, ce jeans », susurra-t-il lorsqu'il passa près de Chris avant de poser les mains sur la table et de se pencher sur la carte, comme s'il était subitement passionné par l'objet de cette petite réunion.
Les autres échangèrent des regards confus.
« Hé ! » Souffla soudain Allison. « C'est pas le t-shirt que je t'ai offert pour ton anniversaire, papa ? » Demanda-t-elle en pointant Peter du doigt.
Chris Argent serra les dents. Comment cet idiot faisait-il pour que tout le monde… ?
Peter gratifia l'adolescente d'un sourire provocateur et Derek se racla la gorge.
« Bon, on peut terminer, maintenant que tout le monde est là ? »
L'enthousiasme excessif dont la meute fit preuve était tellement factice que l'oncle Hale en jubila. Il réussissait non seulement à embarrasser Chris, mais aussi tous les autres.
Ah ! La vie était géniale, parfois.
L'accalmie fut cependant de courte durée pour le chef des chasseurs.
Alors que tout le monde discutait tranquillement, Derek attrapa Chris par le bras et l'entraîna un peu plus loin… Ce qui était assez ridicule quand on savait que la majorité des personnes présentes avait une ouïe surnaturelle.
« Il se passe quoi, à la fin ? » Souffla le loup.
« Je te demande pardon ? »
« Ecoute, je suis vraiment content que Peter ait trouvé quelqu'un… Vraiment ! Mais cette affaire est importante. On ne peut pas se permettre de tout faire rater ! Il faut rester concentré. »
« Pour la dernière fois, je ne couche pas avec lui », s'agaça Chris.
« Alors n'attendez plus, parce que ça devient vraiment insupportable. On n'arrive pas à se concentrer quand vous êtes là, tous les deux ! »
Derek fit jouer ses sourcils magiques pour exprimer l'intensité de son agacement et retourna auprès des autres. Avant que Chris, médusé, ne puisse faire le premier pas, sa fille l'accosta.
« Papa, on peut discuter ? »
« Je suppose que je n'ai pas vraiment le choix. »
« Tout va bien avec Peter ? Je dois m'inquiéter ? Est-ce qu'on va devoir le tuer ? Je m'en voudrais s'il te fait du mal. Malgré tout, je ne me suis jamais opposée à ce que… »
Chris posa ses mains sur les épaules de sa fille.
« Allison ! Tout va bien, je gère la situation. Et pour la dernière fois… »
« Je suis contente pour toi, en tout cas », le coupa-t-elle. « Tu as l'air plus heureux. »
Elle lui sourit et embrassa sa joue puis rejoignit Scott.
Chris se pinça l'arête du nez. Il avait besoin d'un verre.
Il sentit des lèvres se presser furtivement contre sa nuque et frissonna parce que bon dieu, il aurait adoré ça dans d'autres circonstances.
« Arrête de faire ça. »
« Tu adores ça. »
« C'est faux. »
« Ton corps parle pour toi », répondit Peter en haussant les épaules.
« Tout le monde pense qu'on couche ensemble et ça ne te fait ni chaud ni froid ? »
« Ça devrait ? »
« On se déteste », déclara Chris, comme une évidence.
Peter passa un bras autour de sa taille.
Chris ne se déroba pas, le défi se lisant dans ses yeux.
« J'aime bien ce t-shirt. Je crois que je vais le garder quelques temps… » Il se pencha un peu et murmura : « Comme ça, j'aurais ton odeur sur moi partout où j'irais. »
« Ok tout le monde ! C'est le moment ! » S'exclama Derek, au grand soulagement de Chris qui s'échappa de son arapède. « Deaton, Lydia et Boyd, zone A. Scott, Marine et Stiles, zone B. Allison, Erica et moi, zone C. Chris, Peter et Isaac, zone D. Des questions ? »
« Je suis vraiment obligé d'aller avec eux ? » Se plaignit Isaac.
« On n'a pas le temps pour ça, Isaac. On y va. »
OooOooOooO
Leur plan était simple : réduire la zone de frappe de la créature en la coinçant grâce à de la poudre de basilic pourpre censée fonctionner comme le sorbier.
Chris conduisait, Peter, pour une fois, se tenait tranquille et Isaac boudait à l'arrière.
« J'ai l'impression de faire une sortie avec mes deux nouveaux pères », marmonna-t-il. « J'aurais pu conduire, d'ailleurs. »
« On n'en a pas pour longtemps », fit Chris, sourcils froncés. « Peter, enlève ta main de là. »
Le chasseur resserra ses doigts autour du volant en se mordant la lèvre inférieure alors que Peter, loin d'obtempérer, faisait remonter la coupable le long de sa cuisse. Il pila subitement et coupa le moteur.
« Hé ! Ça va pas ?! » S'énerva l'adolescent qui avait failli se manger l'appui tête du siège avant.
« C'est là », dit Chris en désignant le coin de la rue. « On va devoir tracer le symbole que nous a montré Deaton avec le basilic. »
« Je m'en charge ! » S'empressa de dire Isaac, en récupérant le petit sachet à la volée.
Lorsqu'il claqua la portière, Chris se tourna vers Peter.
« J'aimerais que tu arrêtes ça. »
« Ça quoi ? »
« Me tripoter. Tout le temps ! C'est insupportable. Garde tes mains dans tes poches si tu ne veux pas que je te les coupe. »
« C'est pas de ma faute si à chaque fois tu te pavanes devant moi, j'ai envie de profiter de la marchandise ! »
« Je ne me pavane absolument pas. »
« Ah oui ? Et ce jeans alors, c'est quoi ? A moins que tu l'aies piqué à ta fille, il m'a l'air un peu trop serré pour toi… Pas que je m'en plaigne. »
« Ce n'est… Absolument pas… » Bafouilla le chasseur alors que la main baladeuse du loup reprenait l'exploration de sa cuisse. « Pourquoi tu fais ça ? »
« Pourquoi pas ? »
« Peter. »
« Je me suis bien amusé toutes ces années, mais j'en ai marre de jouer. Je veux passer aux choses sérieuses. »
En disant cela, il avait fait remonter sa main le long du torse de l'humain et attrapé sa nuque, la massant légèrement. Chris plongea dans son regard hypnotique et déglutit. Oui, après tout pourquoi pas ? Ce n'était pas comme si le chasseur ne s'était jamais fait plaisir en pensant à lui, même s'il ne se l'avouait pas vraiment. Après tout, il l'appréciait… à sa manière.
Le visage du loup était dangereusement proche. Leurs souffles se mêlèrent et leurs lèvres se frôlèrent doucement.
« Hé, désolé de vous déranger, mais vous pouvez déverrouiller la portière ? Il commence à pleuvoir ! » S'exclama Isaac de l'autre côté de la vitre.
Tout compte fait, Chris haïssait Peter. Et il décida de lui faire la peau incessamment sous peu.
Le reste du trajet fut éprouvant pour chacun des occupants de la voiture. Isaac mourait d'envie de se jeter par la fenêtre, Chris n'arrivait pas à se convaincre que non, Peter Hale n'était pas une bonne chose pour lui, et Peter… Eh bien, il ne lâchait pas des yeux le chasseur.
Ils poussèrent tous un soupir de soulagement lorsqu'ils arrivèrent enfin au loft. Isaac ne demanda pas son reste et quitta la voiture aussi vite que possible.
Chris sortit sous la pluie –cette satanée pluie qui ne cessait de tomber- et entreprit de verrouiller le véhicule. Lorsqu'il se retourna, il fut rudement plaqué contre la carrosserie et des lèvres avalèrent son grognement de surprise.
Peter l'embrassait avec force. Il lui mordit la lèvre inférieure pour lui faire ouvrir la bouche et y glissa sa langue dans un baiser sulfureux et intense, ses mains se perdant sur ses hanches.
À bout de souffle, ils finirent par desceller leurs lèvres. Chris, encore étourdi, s'accrocha au t-shirt –son t-shirt, d'ailleurs- de Peter.
« Il va falloir que tu m'en passes un autre », plaisanta le loup alors que la pluie tombait toujours.
« Ne rêve pas trop. »
Peter sourit avec malice et se détacha du chasseur.
« J'accepte. »
« Quoi donc ? »
« Ton invitation à dîner, demain soir, chez toi », fit Peter. « J'en profiterai pour te rendre ça », poursuivit-il en désignant le vêtement détrempé.
« Il est hors de question que tu viennes dîner à la maison. »
« Parfait ! On dit vingt heures ? »
Sans que Chris puisse répondre quoi que ce soit, Peter prit la direction du loft, le laissant comme un con sous la pluie.
Parce que oui, vu l'allure débraillée qu'il devait avoir, il avait sans doute l'air d'un con sous la pluie qui venait de mordre encore une fois à l'hameçon.
A suivre...
