Titre : Laissez-moi vivre – Bonus II.

Auteur : Rukyoshû & son alpha lecteur qui souhaite garder son anonymat.

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Bonne lecture !

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V – Ou comment un cauchemar dérive en un échange passionnel et passionné.

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Cela faisait presque deux mois et demi qu'il vivait chez Miyavi. Physiquement, il s'était parfaitement remis de ses blessures. Psychiquement, il en était loin. Un rien le faisait sursauter et il était plus renfermé que jamais. Un soir sur deux, il dormait mal, et l'autre, il cauchemardait. Il se réveillait souvent en appelant Miyavi, terrorisé, emmêlé dans ses draps, et couvert de sueur froide. Cette fois-là, son père s'en prenait à son ami, le torturant de manière abjecte, et il ne pouvait rien faire, attaché à un poteau métallique. Il hurlait mais ça ne faisait que rire plus fort son père. Il n'avait pas le droit de s'en prendre à Miyavi, à celui qui faisait tant pour lui, jusqu'à faire battre son cœur plus vite et plus fort. Quand son ami poussa un cri puissant de douleur profonde en recevant de l'acide sulfurique sur le corps, Shinya se réveilla brutalement, au bord des larmes. Se dépêtrant des draps, il se leva souplement et alla jusqu'au lit de son ami pour vérifier qu'il s'y trouvait bien. Les faibles rayons de lune lui permirent de constater que ses yeux étaient paisiblement fermés et, prit d'une crainte horrible, il posa sa main sur son épaule pour le secouer doucement.
« Miyavi, appela-t-il timidement, de peur que son impression ne fut juste. »

Plongé dans son sommeil, Miyavi ne se rendit pas compte que Shinya essayait de le réveiller. Et très sincèrement, il n'en avait pas la moindre envie. Il était en train de rêver. Malheureusement – ou heureusement – ses visions étaient très floues, mais suffisantes pour ne pas avoir envie que Toshiya l'apprenne. S'il savait qu'il rêvait de son frère, probablement peu vêtu aux vues de ses épaules nues, il viendrait immédiatement l'enlever pour le soustraire à ses griffes de pervers. Non… non, il n'était pas pervers. Ce n'est pas parce qu'il rêvait de Shinya, ou qu'il le matait à la dérobée qu'il était pervers, si ?

Non ! Non, il n'avait pas le droit de l'abandonner ainsi… Otant fébrilement la couverture, tremblant et inquiet, il souleva rapidement son t-shirt pour vérifier son état. Mais il n'y avait pas une seule marque, juste sa peau lisse et délicate d'une blancheur laiteuse.
« Miya… appela-t-il à nouveau. »
Retenant tant bien que mal des larmes de désespoir, il le secoua un peu plus fort, ses longs doigts fins s'enfonçant sans le vouloir dans l'épaule de Miyavi.

Décidément, quelqu'un semblait prendre un malin plaisir à le tirer de ses rêves interdits… Quelqu'un l'appelait. Et ce n'est qu'au bout d'une fraction de secondes qu'il tilta que ça ne pouvait être que Shinya. Forçant son cerveau à se réveiller, il papillota un instant des paupières, avant de réussir à faire le point sur le visage de son protégé, juste en face de lui. Plusieurs choses lui parurent alors anormales : sa main crispée sur son épaule, et le fait que son ventre soit largement découvert. Oui il y avait un réel problème, ou alors son rêve s'était transposé de façon extrêmement bizarre dans la réalité.
« Shinya ? souffla-t-il, comme pour vérifier qu'il était bien réveillé. »

« Miyavi, sanglota-t-il presque de soulagement en se jetant à son cou. »

« T'as encore fait un cauchemar ? demanda-t-il en essayant de faire abstraction de leurs deux corps trop découverts, et trop proches pour que ça ne soit pas frustrant. »

« Hm, meurs pas, supplia-t-il en resserrant son étreinte. »

Alors là, s'il mourrait maintenant, ça serait vraiment trop con.
« T'inquiète, je meurs pas, je suis là, y a aucun problème… »
Si ce n'est qu'il avait du mal à ne pas profiter de la situation.

« Je veux pas te perdre Miya, le laisse pas te faire de mal. Sans toi, je suis plus rien… »
Puis lentement mais sans réelle hésitation, il grimpa sur le lit pour se coller contre lui.
« Me laisse pas tout seul… »

« Eh, t'inquiète pas, j'en ai pas du tout l'intention… assura-t-il d'une voix douce pour le calmer. Tu crois que je suis du genre à me laisser faire ? »

Il dénia de la tête en posant une main sur son ventre.
« Mais il est fort… »

Pourquoi la tentation arrive toujours au plus mauvais moment…
« Moi aussi je suis fort. Il m'arrivera rien, et à toi non plus. »

« Tu avais… »
Il déglutit difficilement. C'était la première fois qu'il lui racontait un de ses cauchemars.
« Il te versait de l'acide sulfurique sur le torse et le ventre et… tu hurlais… Et avant, il te… tailladait avec une lame émoussée et… y avait plein de sang et… tes gémissements de douleur emplissent encore mes oreilles… »
Il remonta sa main sur son torse comme pour vérifier qu'il n'y avait réellement aucune trace.

Le laissant faire, il se demandait s'il n'aurait pas préféré subir toutes ces horreurs, plutôt que de se faire tripoter par Shinya sans pouvoir en profiter.
« J'ai rien, et jamais ça n'arrivera. Je te le promets, rien n'arrivera… »
Et il passa une main qu'il voulait purement amicale sur sa joue.

Soupirant doucement, il plongea son regard dans le sien. Ciel d'orage contre ciel de pluie.
« Miya, est-ce que tu m'aimes ? »

Capté, non, pas possible ! Je suis censé dire quoi maintenant ? ! Oui, non, peut-être, comme un frère, comme un ami, comme un dingue ? Ca paraissait une bonne réponse… Mais comment il le prendrait ? Oh, et zut, il en avait trop envie, et Shinya avait besoin de réconfort.
« Oui je t'aime, comme un dingue… souffla-t-il en répondant à son regard, totalement immobile. »

« Sincèrement ? demanda-t-il en sentant son cœur battre plus vite. »

Il eut – enfin – son petit sourire charmeur, et laissa glisser ses doigts dans son cou.
« Sincèrement, et à un point pas possible. »

« Montre-le moi, souffla-t-il alors. »

Il ne lui en fallait pas plus pour briser la barrière de sa retenue. Avec souplesse, Miyavi se redressa légèrement, passant son autre main dans la nuque de Shinya, et pressa ses lèvres contre les siennes. Ces lèvres si douces qu'il avait maquillées à chaque occasion, sans pouvoir les atteindre réellement. C'était un pur délice.

Se laissant faire avec bonheur, il se rapprocha un peu plus de lui. Hésitant sans bien savoir quoi faire, il entrouvrit les lèvres pour mêler son souffle à celui de Miyavi.

Un léger sourire aux lèvres, Miyavi fit confiance à son instinct quand à la suite. Avec douceur, mais sensiblement, il passa les lèvres de Shinya pour aller à la découverte de sa langue, ses mains se resserrant doucement dans sa nuque, et ses jambes se contractant sous l'envie.

Un peu timide tout de même, Shinya alla à la rencontre de la langue de Miyavi avec retenue, la caressant doucement de la sienne. C'était doux et ça avait quelque chose d'exaltant. Avec soin, il finit par se mettre à califourchon sur le ventre de son ami pour intensifier l'échange. Sans comprendre ce qui le poussait à agir ainsi, il sentait qu'il voulait plus.

Et ce n'était pas Miyavi qui allait s'en plaindre, bien au contraire. L'une de ses mains finit par glisser le long d'une de ses épaules, longeant son dos pour finir dans le creux de ses reins, flattant l'arête de sa hanche au passage. Il devait le rassurer, mais ne pas se montrer trop entreprenant non plus, du moins pas sans son accord explicite.

Frissonnant violemment, il glissa une de ses mains dans les cheveux de Miyavi, l'autre partant caresser ses côtes. Il appuya un peu plus le contact de leurs langues pour plus de sensations, essayant de lui faire comprendre d'aller plus loin.

S'il le demandait, il n'avait aucune hésitation à avoir. Repliant légèrement ses jambes, il laissa sa deuxième main rejoindre la première sur ses hanches, puis elles glissèrent sous le t-shirt de Shinya, parcourant la peau fine avec envie, sans plus se cacher sous une retenue feinte. Calquant son rythme sur le sien, il l'embrassa avec passion.

Gémissant doucement en sentant les doigts de Miyavi caresser ses côtes, il mordilla doucement sa langue avant de s'écarter pour reprendre son souffle, partant rapidement explorer son cou de ses lèvres. Jamais il ne s'était senti aussi peu maître de lui.

Commençant à se laisser emporter par ses envies naissantes, et ses ressentis, il commença à relever totalement le vêtement, pris de l'envie de parcourir un peu plus son torse fin. Sous les actions de plus en plus volontaires de Shinya, il pencha la tête en arrière pour lui laisser tout le loisir d'explorer son cou à sa guise.

Respirant un peu plus vite, il laissa un moment son souffle courir sur sa peau avant d'y apposer ses lèvres. Il traça une colonne de baisers de la base de son cou à son oreille, puis refit le chemin à l'aide de sa langue.

Miyavi finit par soupirer le nom de Shinya au creux de son oreille, alors qu'il parcourait inlassablement son corps de ses mains de plus en plus aventureuses. C'était compliqué de faire plus dans cette position, mais c'était également délectable de se laisser découvrir ainsi.

Il frémit entre ses bras et se redressa légèrement pour pouvoir le regarder. Il avait chaud et les mains de Miyavi ne cessaient de l'enflammer toujours plus.
« Donne m'en plus, supplia-t-il. »

Un sourire aguicheur aux lèvres, il s'empara du bas de son t-shirt, et quelques secondes plus tard, il gisait à côté du lit, et commença à embrasser son torse frêle si convoité, passant sa langue de temps à autre pour goûter à cette peau si fragile et si délicieuse.

Son souffle se fit plus saccadé et il sentit une boule de chaleur se loger dans son bas-ventre. C'était excitant et délicieux, et il rejeta la tête en arrière en soupirant.

De plus en plus en confiance, Miyavi se redressa totalement, poussant Shinya à s'installer sur ses cuisses, et remonta pour prendre possession de son cou avec avidité, ses mains partant explorer ce corps si fin de plus en plus bas.

Passant ses bras autour de ses épaules pour se retenir, il se laissa explorer un moment, soupirant et ne restant pas insensible à toutes ces attentions. Puis, ne voulant pas rester inactif, il ôta rapidement le t-shirt de Miyavi pour parcourir sa peau également.

Absolument ravi, il ne put s'empêcher de tressaillir violemment, parcouru par un plaisir nouveau et particulièrement attrayant. Le souffle de plus en plus court, il commença à longer le bord de son boxer, ses envies devant de plus en plus précises à mesure qu'ils échangeaient caresses et baisers.

Impatient de sentir ses mains sur le reste de son corps et de libérer son éveil, il se déhancha sensiblement contre lui en une supplication muette de continuer. Il était grisé par toutes ces nouvelles sensations, et n'avait qu'une envie : en ressentir davantage encore.

Incapable de se retenir plus longtemps, il passa ses mains sous le dernier vêtement de Shinya et étouffa un soupir sous son déhanchement pour pouvoir se contenir encore un peu. Il avait véritablement faim de lui. Il ne pensait plus à rien d'autre qu'à lui, les yeux baignés de son image, et son corps raisonnant sous ses doigts.

Fermant les yeux en se collant contre lui, il savoura intensément les mains douces de Miyavi sur la peau plus sensible de son corps. Donnant un nouveau coup de bassin, il poussa un profond soupir de bien-être mêlé d'envie.

Miyavi laissa s'échapper un gémissement de plaisir, tant les actions de Shinya étaient plaisantes. Il découvrait une autre facette de sa personnalité, beaucoup moins timide, et beaucoup plus sensuelle. Ses lèvres partant retrouver son cou découvert, il le mordilla légèrement en commençant à abaisser la barrière de tissu.

Penchant la tête pour lui laisser plus d'espace, il se figea en entendant des coups donnés à la porte.
« Miya, c'est Aoi, j'ai besoin de la guitare, rends-la moi ! »
Plantant son regard dans celui de Miyavi, Shinya posa ses doigts sur ses lèvres pour intimer le silence.
« Miya, tu dors ? »
Shinya eut un petit sourire malicieux. Ah ça non, il ne dormait pas à en juger l'érection naissante qu'il sentait sous ses doigts.

Furieux contre son frère, Miyavi prit le parti de ne pas répondre. Il l'interrompait, tant pis pour lui, il ne lui rendrait pas sa guitare. D'autant plus que son attention était plutôt concentrée sur les doigts de Shinya qui dérivaient dangereusement plus bas sur son corps.

« Shinya ? appela alors Aoi. »
Celui-ci eut un sourire un peu plus grand, et appuya son contact sur le membre de Miyavi, gardant son autre main sur ses lèvres pour les caresser sensuellement.

C'était bien la première fois que Shinya le maintenant sous son emprise de façon aussi… directe. Essayant de contenir son plaisir pour ne pas se trahir, il se mordilla l'intérieur des lèvres, avant de reprendre de lentes caresses appuyées sur les fesses de Shinya.

Retenant de justesse un gémissement, il ôta ses doigts des lèvres de Miyavi pour les remplacer par les siennes, l'embrassant tendrement pour contraster avec les lents mouvements qu'il entreprit d'exercer sur son membre.

Il n'était pas loin de penser que Shinya était un peu sadique sur les bords, cependant, vu le plaisir intense que cela lui procurait, il n'allait pas s'en plaindre. Répondant au baiser en essayant de retenir sa passion trop grande, il se rapprocha un peu plus de lui, impatient de le déshabiller totalement.

« Fais chier, grommela Aoi. »
Des bruits de pas leur indiquèrent qu'il partait, et Shinya mit finalement plus de passion dans le baiser en glissant sa main sous le boxer de Miyavi pour s'occuper de son plaisir sans plus de frontière.

Enfin, Aoi était vraiment acharné par moment. Il approfondit le baiser avec ardeur, boosté par les actions véritablement plaisantes de Shinya, et sans vraiment y réfléchir, il s'approcha de son intimité, montrant maintenant plus que clairement ses intentions, alors qu'il était sûr de ne plus être dérangé.

S'arrachant brutalement au baiser, cessant ses attentions en même temps, il attrapa ses épaules en se laissant doucement tomber en arrière pour s'allonger tout en étant dominé par Miyavi, s'offrant entièrement à lui.

Profitant de l'occasion, Miyavi retira entièrement le boxer de Shinya, et le souffle court, il parcourut son torse de mordillements légers, embrassa ses hanches avec passion, ignorant volontairement la zone plus sensible, et caressa doucement ses cuisses du bout des doigts.

La respiration hachée et poussant des gémissements non contenus, il se cambra doucement en écartant les cuisses, lui demandant inconsciemment d'aller plus loin.

Avalant avec difficulté sous l'émotion, Miyavi releva les yeux, partit mordiller son épaule fine, et poussé par une envie de plus en plus dévorante, il entra un doigt en lui, caressant ses flancs de l'autre.

Fronçant les sourcils en geignant d'inconfort, il ondula légèrement du bassin pour s'habituer plus rapidement à cette présence bizarre mais pas désagréable.

Miyavi se sentit rongé par une envie plus dévorante que jamais devant la volonté de Shinya. Même sous lui, il affichait clairement ses intentions. Ils partageaient les mêmes, mais mieux valait ne pas aller trop vite. Se penchant vers lui pour lui mordiller les lèvres, il ajouta un deuxième doigt avec un long et lent mouvement de poignet. Il était désirable comme jamais.

Poussant un petit cri de douleur, il écarta ses cuisses au maximum en respirant le plus lentement possible et en plongeant son regard noir dans le gris de Miyavi. Ca faisait mal, mais il en voulait toujours plus.

Un petit sourire aux lèvres, il entreprit de légers mouvements en lui, à la fois pour le détendre et pour accéder à sa demande muette, mais non moins explicite. Il lui tardait d'aller plus loin encore, mais sûrement pas en faisant mal à Shinya.

Son corps s'habitua bien vite à cette intrusion et il se remit à gémir son plaisir. Puis, impatient de recevoir Miyavi, il rassembla ses idées pour former une phrase cohérente…
« Préservatif… tiroir… hm… boxer… »
… ou pas.

Non, il avait fouillé ses tiroirs ?! Il connaissait mieux sa chambre que lui ! Bon, ce n'était absolument pas le moment de se poser trop de questions, il avait largement mieux à faire. Les gémissements de Shinya l'incitaient bien plus à autre chose. Alors il retira ses doigts, trouva son bonheur en suivant les indications floues de Shinya, retira son boxer, et une fois prêt à assouvir son désir, il rejoignit son aimé sur le lit. Après un long échange de retrouvailles, il s'empara doucement de ses hanches pour le surélever légèrement, et entra en lui avec le plus de douceur possible, se mordant la lèvre pour retenir son plaisir.

Retenant un cri, il poussa un râle de plaisir et de douleur mêlés, fermant les yeux pour savourer l'extase du moment. Il avait l'impression d'être déchiré en deux, mais jamais rien n'avait été aussi jouissif.

A la fois rongé par un plaisir intense qui ne demandait qu'à continuer, et par la peur de faire trop mal à Shinya, Miyavi cessa de bouger un instant, préférant attendre qu'il se fasse à sa présence. Relevant la tête, il embrassa et suçota l'arête de sa mâchoire, ses mains caressant ses hanches pour le détendre.

Tournant légèrement la tête pour attraper ses lèvres, il entoura sa taille de ses jambes et se déhancha doucement pour lui demander explicitement de commencer. Il crevait d'envie de se noyer plus encore dans un océan de plaisir, d'atteindre le nirvana et de décrocher les étoiles pour les offrir à son amant.

Resserrant ses mains sur les hanches de Shinya, l'embrassant avec toute sa passion, il commença à bouger, gémissant sous le plaisir de partager quelque chose d'aussi intense avec Shinya. C'était tellement bon de se mouvoir en lui qu'il ne tarda pas à aller un peu plus vite, un peu plus loin, lui faire ressentir le plaisir extrême.

Accompagnant ses mouvements, il sentit un liquide chaud couler sur ses cuisses mais il ne s'en soucia guère, suppliant Miyavi d'aller encore plus loin et plus profond. Il voulait qu'il le marque comme sien et sentir qu'il le dominait entièrement. Il voulait être à lui comme jamais.

Répondant à sa demande sans attendre, mourant sous le plaisir de sentir Shinya à lui, totalement offert, il accentua ses coups de reins, sentant l'extase prendre possession de ses sens et de son corps, alors qu'il gémissait sans se retenir. Tout était trop fort pour pouvoir cacher ce qu'il ressentait.

Criant son plaisir à chaque coup de rein, Shinya s'arqua un peu plus. Miyavi toucha alors un point encore plus sensible et il se mordit la lèvre pour ne pas hurler alors que sa vue se brouillait sous le plaisir.
« En… core… articula-t-il. »

Son Shinya semblait posséder de multiples facettes bien distinctes, toutes plus plaisantes les unes que les autres, et c'est avec un plaisir non dissimulé qu'il continua de voluptueux va et vient, profonds et intenses. Les cris de son amant raisonnaient délicieusement à ses oreilles. Il voulait l'entendre encore crier son plaisir sous ses coups de hanches.

De plus en plus perdu, des millions de décharges électriques parcourant son corps, de la lave en fusion à la place du sang, Shinya rejeta la tête en arrière en criant plus encore. Miyavi lui faisait ressentir tant d'émotion, touchant de plus en plus sa prostate, qu'il eut l'impression de ne plus toucher terre.

Enivré de tant de plaisir et d'émotion, il accéléra encore, cherchant à atteindre le summum de l'extase, et d'emmener Shinya avec lui pour toujours. Insidieusement, il sentait sa fin approcher, et c'est avec un cri de délice qu'il déchargea ses derniers coups de reins en Shinya, sentant son amant trembler de tout son être.

Sentant Miyavi se relâcher, il eut l'impression que tout son corps explosait, que son âme s'échappait de lui en même temps qu'il se libérait entre eux en un puissant cri de plaisir. Pantelant et tremblant, il se sentit merveilleusement bien et les petits papillons de son ventre allèrent caresser son cœur de leurs ailes.

Le souffle court, Miyavi essaya de reprendre un rythme cardiaque normal, avant de se rendre compte qu'il ne pouvait absolument rien y faire, et il se laissa rouler aux côtés de Shinya, tremblant encore un peu. Il n'arrivait pas à y croire. Il n'arrivait pas à croire ce qu'ils avaient fait. Mais cela le plongeait dans une félicité sans bornes.

Gardant les yeux fermés pour rester le plus longtemps possible dans cet état de plénitude totale, il se réfugia tout de même tout contre Miyavi, laissant ses doigts glisser avec légèreté sur son torse, sans aucune arrière-pensée.

Par réflexe, Miyavi attrapa la main de Shinya et la serra entre ses doigts. Il sentait le sang de son amant pulser dans ses doigts, au même rythme que son cœur fou. Complètement vanné, il ferma les yeux, et laissa au temps le soin de lui faire reprendre un état normal. Si un jour il pourrait redevenir normal.

Sa respiration se fit de plus en plus calme, son esprit se remit à fonctionner de plus en plus normalement, et Shinya frissonna un peu en se resserrant contre son amant sans rien dire. Il ne dirait rien de plus ce soir, par peur ou par honte de ce qu'il venait de montrer à Miyavi.

Avalant avec difficulté, il finit par passer ses bras autour de Shinya pour le serrer contre lui. Il devait avoir froid, après le feu ardent qui venait de les consumer. Lui était complètement grillé en tout cas, grillé d'amour.

Frottant ses yeux d'une main, Shinya cala sa tête dans le creux de l'épaule de Miyavi et se laissa doucement emporter par Morphée. Il espérait ne pas refaire de cauchemar, et se dit qu'avec ce qu'il venait de vivre, ce serait vraiment un manque de chance total.

En le sentant s'appuyer contre lui un peu plus fort, Miyavi se douta que Shinya n'allait pas tarder à s'endormir. Alors autant le laisser flotter, avant de le replacer correctement pour pas qu'il ne prenne froid.
« Dors bien. Je t'aime Shinya, souffla-t-il. »

Sans rien répondre, il s'endormit calmement en s'agrippant un peu plus à Miyavi, comme s'il avait peur qu'il ne s'envole pendant son sommeil.

Les yeux grands ouverts, Miyavi fixa le plafond un instant. Il s'était attendu à une réponse, il ne pouvait pas se le cacher. Mais Shinya s'était endormi, ce qui était en soi quelque chose de compréhensible. Mais il ne put s'empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Avec douceur, il prit Shinya contre lui sans le réveiller, et s'arrangea pour le replacer dans le sens du lit, avant de rabattre le drap sur lui, et de se glisser à ses côtés. Il était trop fatigué pour aller prendre une douche de toute manière. Il appréhendait légèrement le lendemain…

Un rayon de soleil à travers les rideaux vint caresser ses paupières et Shinya bougea légèrement pour y échapper, manquant de s'arracher un bras. Il se décida alors à ouvrir les yeux pour constater que le bras en question était en réalité coincé sous le cou de Miyavi. Il mit bien cinq minutes à se souvenir de la veille et vira au rouge brique.
« Merde ! jura-t-il tout bas. »
D'accord, ce n'était pas dans ses habitudes d'être vulgaire, mais il avait fait une énorme connerie. Miyavi lui avait dit qu'il l'aimait, il aurait dû sauter au plafond. Malheureusement, il se sentait réellement mal face à cette réalité. Il aurait préféré essuyer un refus. Passant sa main libre sur ses yeux avant de la faire glisser dans ses cheveux, il se demanda comment il allait se sortir de cette situation…

Miyavi finit par s'endormir profondément, malgré toutes ses appréhensions. Le sommeil le happa sans concession, l'assommant comme un marteau. Peut-être qu'il n'aurait pas dû accepter le « défi » de Shinya. Il n'était pas vraiment bien en ce moment, et ça se comprenait. Mais là… Ils avaient quand même… Enfin bref, peut-être que ça avait été une erreur. Même si lui aimait Shinya, peut-être que lui ne le considérait que comme un ami. Un ami très proche, vu les circonstances… Mais juste un ami.

Réfléchir calmement. S'il avouait à Miyavi qu'il l'aimait, il se ferait deux fois plus emmerder qu'avant, et Miyavi devrait subir également toute cette pression. S'il mentait à Miyavi en lui disant qu'il ne le considérait que comme un ami, il y avait de forte chance pour qu'il blesse à jamais Miyavi et que lui-même tombe en dépression. Shinya soupira. En plus, son bras commençait à lui faire mal.

Miyavi bougea un peu dans son sommeil, mais n'ouvrit pas les yeux. Il était bien là. Il n'avait pas envie de se réveiller. Il n'avait pas envie que Shinya lui dise qu'il n'était qu'un ami. Même un meilleur ami. Il l'aimait. Et il voulait que Shinya l'aime à son tour. Ca faisait un peu chantage, mais il savait très bien qu'il vivrait très mal un amour à sens unique.

Shinya profita de ce léger mouvement de la part de Miyavi pour récupérer son bras. Des fourmillements désagréables coururent sur toute sa longueur et il le massa doucement, cherchant toujours une solution à son problème. Et s'il n'en reparlait pas ? C'était peut-être ça, la meilleure chose à faire. Se comporter comme si rien ne s'était passé ?

Miyavi soupira. Et s'il rouvrait les yeux maintenant ? Il avait sentit Shinya bouger, il devait être réveillé. Est-ce qu'il lui dirait ? Et est-ce que lui devait aborder le sujet ? Peut-être que Shinya attendait de lui qu'il le guide… Oh que c'était galère, Miyavi, depuis quand tu te poses des questions existentielles ! T'es un fonceur non ? Alors fonce ! Et il rouvrit les yeux, pour tomber sur le visage enchanteur de Shinya. Malgré le sommeil encore présent sur ses traits, il était angélique. Et Miyavi en perdit la parole. Il a encore des progrès à faire, le démon hyperactif…

En entendant Miyavi soupirer, Shinya avait refermé les yeux, posant ses bras sur son ventre. Faire le mort, et attendre que ça passe. Il n'avait toujours pas décidé du comportement à adopter et se disait qu'il aurait préféré que rien ne change jamais. Rester le jeune homme craintif, chétif et harcelé par les autres. Il s'y était habitué et savait comme se conduire. Mais pour le coup, il était perdu.

D'une main douce, Miyavi replaça une mèche de Shinya, puis déposa un baiser sur sa tempe. Il n'avait pas pu s'en empêcher. Et en plus il était romantique. Avec un nouveau soupir, il lui caressa une nouvelle fois le visage, puis s'extrada des draps. Il fallait qu'il prenne une douche, qu'il s'éloigne un peu de l'objet de son amour pour refaire le point. Il se rhabilla vaguement, puis sortit de la chambre.

Shinya soupira en entendant la porte se refermer et se tourna sur le ventre pour enfouir sa tête dans l'oreiller, se rendant compte par la même occasion qu'il avait franchement mal aux reins et aux fesses. Cherchant une position un peu plus confortable, il finit par se rouler en boule au milieu des draps, serrant le coussin de Miyavi entre ses bras pour s'abreuver de son odeur. Se redressant légèrement, il constata avec une boule dans la gorge qu'une tâche carmine s'étalait sur les draps. Il se mordit la lèvre et passa sa main sur ses cuisses, recouvertes de traces de sang, et sur son ventre souillé de son propre sperme séché. Et sans qu'il ne comprenne pourquoi, il se mit à pleurer comme un petit enfant abandonné.

Le cœur lourd, Miyavi s'enferma dans la salle de bain avec l'envie de frapper quelque chose. Il n'aimait pas ce sentiment d'insatisfaction, ce goût d'inachevé. Shinya n'allait pas bien. Qui pouvait savoir si ce qu'ils avaient fait la nuit précédente ne l'enfoncerait pas un peu plus dans le marasme de la déprime ? Il avait l'impression d'avoir profité de lui…

Se casant dans un coin du lit, il gratta avec vigueur son ventre pour enlever les résidus de leur nuit. Il ne pouvait pas faire ça à Miyavi, il ne pouvait pas lui voler sa liberté. Sanglotant de plus belle, il enfonça ses ongles dans sa peau, cherchant désespérément un moyen d'échapper à sa douleur.

Progressivement, Miyavi monta la température de l'eau, comme pour se laver de ce qu'il avait fait. Il n'avait pas le droit de lui faire ça. Il était censé le protégé, pas… Toshiya allait le tuer s'il apprenait ça. Après tout, même s'il avait engagé Miyavi à se déclarer à son frère, il n'empêchait qu'il ne serait pas forcément heureux de savoir qu'il avait touché à son petit frère.

Il finit par sentir quelque chose de poisseux sur ses doigts. S'apercevant que c'était du sang, il hoqueta et se releva pour aller chercher un mouchoir. Il se prit les pieds dans les draps et se cassa la figure en descendant du lit. Puis il se releva et tituba jusqu'à son sac. Ses jambes tremblaient violemment et il essuya les fines lignes rouges qui barraient à présent son ventre.

Soupirant sous le jet d'eau, Miyavi finit par couper l'eau, et sortit pour se sécher et se rhabiller correctement. Il n'avait envie de rien. C'était désespérant… Après s'être sommairement coiffé, il sortit de la salle de bain sans croiser personne, et hésita. Chambre, ou petit déj ? Peut-être que Shinya s'était réveillé. Sous un nouveau soupir, Miyavi ouvrit la porte de chambre, et remercia son sang-froid qui l'empêcha de crier.
« Mais qu'est-ce que t'as fait ! s'exclama-t-il en voyant Shinya en sang, sur le sol. »

Relevant la tête vers lui, Shinya lui lança un regard humide.
« C'est… par… parce que… je… t'aime, sanglota-t-il. »

Oh mon dieu. Oh mon dieu, ne panique pas. Surtout ne panique pas. Miyavi ferma brièvement les yeux pour se reprendre, et vint s'agenouiller près de son Shinya abandonné.
« Je vais m'occuper de toi, souffla-t-il en le prenant dans ses bras. Et quand ce sera fait, et que tu seras plus calme, je veux que tu me le redises, d'accord ? »
Egocentrique patenté !

Il acquiesça d'un signe de tête, incapable de faire autre chose. Tout s'effritait doucement, sa colère, ses peurs, sa haine… Tout, à condition que Miyavi soit là.

Miyavi répondit d'un bref signe de tête entendu, puis amena Shinya dans la salle de bain, où il le déposa avec douceur dans la baignoire. Puis après avoir vérifié la température de l'eau, il ajouta une bonne dose de gel douche, et laissa la mousse caresser la peau de Shinya. Ca piquerait sûrement, mais il fallait bien ça pour soigner ses blessures.

« Ca pique, souffla Shinya en essuyant de protéger son ventre de ses bras. »

« C'est normal. Laisse filer, ça va passer. Si ça pique, c'est que ça soigne. »

Il hocha la tête et glissa contre le bord de la baignoire pour s'installer plus confortablement et soulager ses reins brûlants. Il frotta ensuite ses joues puis chercha à attraper une main de Miyavi.

Main que Miyavi n'hésita pas à lui offrir. Après tout, maintenant, il n'avait plus aucune raison de râler. Il devait juste prendre soin de Shinya. C'était ça, le plus important. Que Shinya s'en sorte.

Attrapant un gant de toilette d'une main tremblante, Shinya alla délicatement nettoyer ses cuisses, ne réalisant pas bien la situation. Il était encore fatigué et ne voulait pas réfléchir. Du moins, plus pour le moment…

« Tu as mal ? demanda Miyavi en s'installa au bord de la baignoire. »
Il se doutait bien que la première fois n'était jamais sans conséquences.

Il affirma d'un signe de tête. Mais ce n'était pas grave, ça finirait par passer. Toutes les douleurs finissent par disparaître.

« OK. Enfin… hésite pas à le dire. »
Il voyait mal ce qu'il pouvait faire d'autre. Protéger les gens, il savait faire. Mais les soigner… c'était une autre paire de manches.

« Hm, d'accord. »
Fermant les yeux en se laissant glisser un peu plus encore dans l'eau tiède qui le réchauffait doucement, il bâilla légèrement.
« J'suis fatigué, marmotta-t-il en posant sa joue sur le céramique blanc. »

« Ca peut se comprendre, sourit Miyavi du côté de son oreille. »

« Mmh, miaula-t-il. »

« T'endors pas Princesse. »

« Si, dodo, ronronna-t-il avec une moue gamine. »

« Très bien, à ta guise, pouffa Miyavi en resserrant sa main sur la sienne. Bonne nuit. »

« Hmpf, soupira Shinya en se forçant à rouvrir les yeux, je suis pas lavé, et je vais me noyer. »

« Tu te noieras pas si je suis là. Je veille. »

Shinya se redressa en grimaçant et récupéra son gant pour se nettoyer, insistant particulièrement sur ses cuisses et son ventre.

« Besoin d'aide ? proposa Miyavi. »
Il ne savait pas si c'était une bonne chose. Il ne savait pas si Shinya accepterait ou apprécierait. Mais il avait envie de s'occuper de lui.

Il cligna plusieurs fois des yeux en le regardant un moment sans réagir, avant d'hocher timidement la tête.

Avec un sourire en coin, Miyavi s'empara du gant de Shinya, et commença à passer doucement sur ses blessures, avec lenteur, comme s'il avait envie de les effacer. Il s'était vraiment bien arrangé tout à l'heure. Et s'il n'était pas arrivé, qu'est-ce qui se serait passé ?

Baissant la tête pour se cacher derrière ses cheveux, rougissant légèrement, Shinya se mordilla la lèvre. Et si Miyavi n'était pas arrivé ? Aurait-il repris de plus belle après avoir essuyé le sang de son ventre ? Serait-il passé à ses cuisses ? Aurait-il lacéré autant de peau qu'il en avait pour tout oublier ? Il n'en savait rien, et pourtant il était persuadé que ça aurait été le cas.

« Ca te gêne ? demanda Miyavi en captant les rougissements – adorables – de Shinya. »
Il fallait dire qu'après la passion dont ils avaient fait preuve la veille, rougir pour ça aurait été paradoxal. Mais l'amour en lui même était paradoxal. Ils ne se ressemblaient en rien. Mais chacun avait avoué, à des intervalles très larges, leurs sentiments pour l'autre.

« Je… Pas vraiment… murmura-t-il. »
Il avait simplement peur de ce qui aurait pu se produire. Mais il ne l'avouerait jamais, il enfouirait ces pensées honteuses au fond de son esprit et ne les sortirait plus jamais, les oublierait peut-être même. Et tout irait pour le mieux, puisque Miyavi serait là.

« T'es certain ? Je veux dire… t'as pas vraiment l'air dans ton assiette. »
Il adoucit encore ses gestes. Mieux valait ne pas le brusquer, et les gestes parlaient parfois beaucoup mieux que les mots.

« Tu crois que… je suis dérangé ? »
Il n'osa pas le regarder en prononçant ces mots, penchant davantage la tête pour échapper à sa vue.

Miyavi haussa un sourcil, perplexe.
« Non pourquoi ? »

« Se faire du mal… c'est pas… normal. Je… Peut-être que je suis… malade… Ou… peut-être même que… je recherche… cette douleur… Quoiqu'il en soit, je… ne suis pas… normal. »

Oh mon dieu, on était dans les grandes profondeurs de la psychologie, songea Miyavi en se mordillant la lèvre.
« Shinya, t'es tout sauf malade. Si tu « recherches » une douleur quelconque, c'est pour pouvoir t'y habituer, pour ne plus la ressentir, et pour la maîtriser. Ca n'a rien d'anormal. C'est juste très effrayant. Et c'est temporaire. »
Du moins, il l'espérait.

« Et si ça ne l'est pas ? Si ça continue ? Qu'est-ce que je vais devenir ? questionna-t-il en relevant la tête. »

« Ca n'arrivera pas parce que je serai là pour l'en empêcher, quoi que tu en penses, et quoi que tu en dises, affirma Miyavi. »

« Et si on nous sépare ? »
Il n'y pouvait rien, lui, s'il était terrorisé…

« On ne nous séparera pas. C'est promis, et juré. Je serai toujours près de toi. »

Se mettant à genoux comme il put, grimaçant sous la douleur de ses muscles, il se mit face à Miyavi.
« Merci, souffla-t-il avant de l'embrasser doucement. »
Jamais il n'avait eu confiance en quelqu'un d'autre que Toshiya, mais il était prêt à confier son corps, son cœur et son âme à Miyavi, il savait qu'il en prendrait soin.

Complètement fondu, Miyavi en oublia sa tâche première pour passer ses bras autour du corps fin de Shinya, et le serra comme il le put contre lui pour presser délicatement ses lèvres contre les siennes. Quand il disait que les gestes étaient plus parlants que les mots, il n'avait pas tort…

Entourant son cou de ses bras, Shinya approfondit tendrement l'échange, sans brusquerie. Il voulait juste qu'il sente à quel point il l'aimait. Même s'il serait sans doute distant au collège, même s'il l'éviterait probablement la majeure partie du temps. Il l'aimait. Et toutes les mutilations du monde n'y changeraient rien.

Avec un léger sourire dans le baiser, Miyavi caressa doucement la peau humide de Shinya sous ses doigts. Il allait devenir vite complètement cinglé. Il l'était déjà, mais avec les douces et délicates attentions de l'homme qu'il aimait – sa Princesse – ça ne pouvait qu'empirer. Il le laissa mener la danse à sa guise, ne voulant pas le brusquer.

Shinya finit par séparer leurs lèvres et enfouit son visage dans son cou, respirant son odeur. Il se blottit autant que possible contre lui, imbibant ses habits d'eau mais s'en fichant comme de sa première chemise. Il voulait juste ressentir sa présence chaleureuse contre lui, garder son point d'accroche pour ne pas vaciller davantage et s'éloigner du bord du gouffre.

« Ca va aller Princesse, je suis là, souffla-t-il en l'accueillant avec plaisir. »

« Si tu es là, tout va bien, approuva-t-il. »

« Hm. Et comme je serai toujours là, tout ira toujours bien. »
Et il en était fermement convaincu. Plus jamais il ne laisserait quelqu'un faire du mal à Shinya. Un mot de travers, et il ferait un malheur.

« Hm. »
Fermant les yeux en frissonnant doucement, il chercha à se coller un peu plus encore contre lui.
« J'ai froid, murmura-t-il dans un bâillement. »

« Je sens que tu vas aller continuer ta nuit toi, sourit Miyavi. Tu vas finir de te laver, et j'irai te recoucher dans ton lit, d'accord ? »
Il en profiterait pour changer les draps du sien… Mieux valait ne pas laisser de traces, au cas où sa mère et ses frères passeraient dans le coin.

« Toshiya doit venir, aujourd'hui ? »

« Dans l'aprèm. Tu auras le temps de dormir un peu comme ça, il est encore tôt. Je suis sûr qu'il préférerait te voir bien reposé. »

« Hm, tu as raison. »

Il se mordilla la lèvre en fronçant les sourcils.
« Ne lui dis pas… pour les griffures… »

« Ne t'inquiète pas pour ça, je sais très bien rendre Toshiya aveugle quand il le faut. Je ne dirais rien. »

« Tu… Tu veux… lui dire… pour nous ? demanda-t-il en baissant la tête, les joues brûlantes. »

Miyavi se sentit soudain mal à l'aise.
« Euh… tu sais… je préférerais qu'il s'en rende compte lui-même. Je me vois mal lui annoncer… »
Il serait capable de croire qu'il avait profité de la situation.

Shinya rougit un peu plus encore.
« Pas ça… Mais que… enfin… qu'on sort ensemble ? »
Puis il eut une moue inquiète.
« A moins que… qu'on est pas… enfin que tu considères que… qu'on est pas… »
Il n'arrivait pas à se décider à dire le mot.
« Un couple, chuchota-t-il. »

Miyavi ouvrit de grands yeux, avant de faire face à Shinya.
« Bien sûr que si ! Princesse, depuis que je t'ai vu, je crève d'envie qu'on soit ensemble ! Alors maintenant… que c'est… officiel… Jamais je ne dirais le contraire. »

Shinya resta en bug un moment, surpris par la force des sentiments de Miyavi, avant d'attraper sa main pour la serrer entre les siennes.
« Merci… »

« De rien ma Princesse. On est ensemble pour toujours maintenant, et rien ni personne ne pourra y changer quoi que ce soit. »

Il lui offrit un léger sourire avant de s'écarter un peu plus de lui.
« Il faudrait… que je finisse de me laver. »

« Hm. Je te laisse faire ou… ? »

Shinya rougit délicatement une nouvelle fois en hochant la tête.
« Tu devrais mettre tes draps dans la machine à laver. Ils sont… tâchés… de sang… »

« Hm, j'ai vu, souffla-t-il. Je vais m'en occuper. Toi… soigne-toi bien, je reviens vite. »

« Hm. Et prends… des habits… s'il te plaît… »

« OK, ne t'en fais pas, fit-il en posant un baiser sur son front. »
Il se redressa doucement, et regarda Shinya un instant.

Il attrapa le gel douche et entreprit de se nettoyer calmement. Il se serait bien lavé les cheveux, mais ne s'en sentait pas le courage, et puis se mettre debout dans la douche lui semblait être une épreuve insurmontable. N'entendant pas la porte se refermer, il leva les yeux et se rendit compte que Miyavi n'avait pas bougé.
« Qu'est-ce qu'il… y a ? demanda-t-il alors en contrôlant un rougissement. »

« Je te trouve magnifique, souffla-t-il en plongeant ses yeux dans les siens. »

Prenant une jolie teinte cramoisie, Shinya eut un léger sourire.
« Moins que toi. »

« Oh que non. Moi je suis un clown. Toi tu es une princesse. »

Il pouffa, légèrement gêné.
« Tu n'es pas un clown, fit-il sérieusement. Tu es un chevalier. »

Miyavi eut un petit rire en ramassant le drap traînant à terre.
« Peut-être un peu des deux alors… »

« Hm. »
Et il lui fit signe de déguerpir au plus vite.

Miyavi lui souffla un baiser, puis fila dans sa chambre afin de pouvoir s'occuper de son lit. Il ne fit aucun tri, virant tous les draps qui passaient, et descendit tout mettre dans la machine à laver. Puis il passa reprendre des draps propres, et déposa le tout dans sa chambre.

Une fois Miyavi parti, Shinya retrouva une expression douloureuse. Il baissa la tête vers son ventre. Les griffures n'étaient pas si profondes qu'il le pensait, mais bien présentes. Ramenant ses genoux contre lui, les entourant de ses bras, il appuya son menton dessus. L'eau autour de lui commençait à refroidir et il avait la chair de poule. Mais peu importait. Il n'était pas aussi rassuré qu'il avait laissé Miyavi le croire. Ce qu'il s'était fait n'était peut-être qu'un désir inconscient, refoulé depuis trop longtemps. Peut-être ne pourrait-il s'empêcher de recommencer encore et encore, jusqu'à y laisser sa dernière goutte de sang. Sa dernière parcelle de vie. Fermant les yeux en se tassant un peu plus encore sur lui-même, il poussa un léger soupir. Miyavi ne le laisserait jamais faire. Du moins, il l'espérait du plus profond de son âme.

Avec application et rapidité, Miyavi changea tous les draps, veillant à ne laisser aucune trace derrière lui, puis partit fouiller un instant dans le tiroir réservé à Shinya. Il lui choisit quelques habits pour tout à l'heure, qu'il posa sur son propre lit fraîchement changé, puis piocha t-shirt et boxer pour qu'il puisse aller se recoucher. Une fois tout préparé, il vérifia la chambre une dernière fois, puis repartit en direction de la salle de bain. Il frappa doucement, puis entra pour voir Shinya toujours recroquevillé dans la baignoire.
« Tout est prêt ! sourit-il en approchant. »

Relevant vaguement la tête vers lui dans un bâillement, il hocha la tête.
« Merci. »

« De rien Princesse, à votre service. Tu as besoin d'aide pour quelque chose ? demanda-t-il doucement. »

« Je peux avoir une serviette ? demanda-t-il en se redressant légèrement. »

Sans un mot, avec un sourire, Miyavi en prit une dans l'armoire de la salle de bain, et la tendit à son amant.
« A vos ordres mademoiselle, fit-il dans un clin d'œil. »

Shinya se mit debout en rougissant et s'empressa de cacher sa nudité dans la serviette que son amant lui tendait. D'accord, ça semblait un rien paradoxal suite à la nuit qu'ils venaient de passer de se montrer si pudique, mais il ne put s'en empêcher. Ses jambes tremblèrent sous lui quand il entreprit de sortir de la baignoire et il se rattrapa de justesse au lavabo.

Miyavi s'approcha doucement de lui, un sourire amusé ourlant ses lèvres, et s'arrangea pour passer ses mains à la taille de Shinya.
« Je serais toi, je me laisserais faire Princesse. Sauf si ça te dérange ? »

Il dénia de la tête en plongeant son regard dans celui de Miyavi.

« Parfait, ronronna-t-il en posant un baiser sur son front. »
Avec douceur, il entreprit de sécher Shinya sans le lâcher des yeux, un sourire en coin et un brin enjôleur sur les lèvres. On ne le changerait pas, il jouait les maîtres du monde en permanence. Seuls ses gestes trahissaient sa douceur envers sa Princesse.

Se laissant faire sans rechigner, Shinya luttait contre le sommeil qui refaisait surface au grand galop. Il bâilla grandement, une main devant la bouche, et de petites larmiches vinrent se perdre au coin de ses yeux.

« Je connais quelqu'un qui brûle d'envie de nous jouer la Belle au Bois Dormant, sourit-il Miyavi. Me trompe-je ? »

Se battant contre la fatigue qui lui ordonnait de fermer les yeux, il affirma d'un signe de tête avant de dénier, un peu perdu quant à ce qu'il était censé répondre à Miyavi.

Miyavi pouffa de rire, et termina de le sécher en constatant qu'il était vraiment en phase de se rendormir.
« Je te laisse t'habiller, avant de t'enlever ? »

« Hm. »
Il attrapa ses habits, manqua de tomber, enfila son t-shirt à l'envers et galéra à passer ses jambes dans son boxer.

« Je t'ai connu plus doué, taquina Miyavi en l'aidant à s'habiller correctement. »
Il avait l'impression d'avoir un charmant bébé devant lui, et une fois qu'il fut prêt, il le porta dans ses bras. Comme la Princesse qu'il était.
« Mademoiselle la Belle au Bois Dormant est-elle prête à rejoindre son lit ? »

Sans rien répondre, Shinya cala sa tête contre l'épaule de Miyavi et s'endormit sans demander son reste. Avec un peu de chance, il ne ferait aucun cauchemar. Avec un peu de chance, l'amour de Miyavi lui avait permis de se libérer un peu de ses doutes et de ses craintes. Avec un peu de chance…

Sans un mot, juste un sourire, Miyavi sortit de la salle de bain en vérifiant que personne ne traînait dans le couloir, puis emmena Shinya dans leur chambre. Il le déposa avec précaution sur son matelas, et rabattit doucement la couverture sur lui pour qu'il n'ait pas froid. Et avec un soupir, il s'agenouilla pour le regarder dormir un moment.

Et, inconsciemment, Shinya attrapa son coussin entre ses mains et le serra fortement entre ses doigts, comme pour garder contact avec la réalité, pour ne pas se perdre entièrement dans le pays des rêves.

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A suivre...

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