Titre : Laissez-moi vivre – Bonus II.

Auteur : Rukyoshû & son alpha lecteur qui souhaite garder son anonymat.

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Bonne lecture !

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VI – Où le grand frère découvre la chose à cause d'un déchet mal camouflé.

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Toshiya, de son côté, hésitait entre appeler Miyavi pour lui demander s'ils mangeaient tous les trois ensemble ce midi, et attendre l'heure normale du rendez-vous en stressant inexorablement pour son frère. D'accord, Shinya était un grand garçon, mais il avait bien remarqué ses cernes et son état de déprime. C'était angoissant… Alors il choppa son portable et composa le numéro de son ami.

Surpris par la vibration de son portable dans sa poche, Miyavi partit s'asseoir sur son lit, et décrocha.
« Oresama vous écoute, simple mortel, souffla-t-il en se vautrant. »

« Le simple mortel t'emmerde, Miya, répliqua Toshiya en s'installant lui aussi sur son lit. »

« Blasphème, tu seras foudroyé pour ton audace. Comment ça va ? »

« Bah, comme un dimanche venteux, seul chez moi, répondit-il. Et toi ? »

« Comme un dimanche venteux, avec ton frère en train de dormir à côté de moi, pouffa-t-il. »
Rester comme d'habitude serait encore le meilleur moyen de ne pas paraître suspect.

« Tiens, il dort encore ? s'étonna Toshiya. Il n'a pas fait de cauchemars ? »

« Négatif mon commandant. Il a dormi comme un loir. »
Excepté le pré-sommeil et le post-sommeil…

« C'est une excellente nouvelle qu'il faut à tout prix fêter ! On mange ensemble ce midi ? »

« Si t'as le courage de te traîner jusqu'ici, sourit-il. Au fait, t'es déjà réveillé ! »

« Et oui… Parfois, les miracles arrivent. »

« Suspect ce miracle, pouffa-t-il. Tu peux me le dire, si t'es tombé du lit. »

« Non. Mon père est rentré ivre et a failli tout bousiller dans la maison, apprit-il en serrant les dents. »

« Cool. Faudrait lui piquer ses clefs de maison, il aurait glandé dehors comme ça. Sérieux, pourquoi tu viens pas à la maison comme Shinya ? »

« Parce que je ne serais pas capable de vous regarder vous tourner autour sans rien faire. Et, dans l'espoir futile que vous soyez ensemble, je ne serais pas en mesure de vous regarder vous papouiller sans cesse. »

« Oh, monsieur est un grand sensible ! T'as qu'à te trouver quelqu'un pour tourner autour. »

« Merci. Mais non merci. Bon, je viens pour quelle heure ? Et ça va pas déranger que je m'incruste pour manger ? »

« Bah non pourquoi ? Tu t'incrustes quand tu veux. Vers midi, ça te va ? »

« Perfect ! »
Il se redressa souplement à l'aide de ses abdos et se remit debout.
« A tout à l'heure alors ! »
Il passa dans la salle de bain.
« Oh, et veille bien sur Shinya ! Pas trop de cochonneries ! »
Il n'attendit pas de réponse et raccrocha vivement en riant.

Miyavi poussa un énorme soupir, et raccrocha à son tour. Mentir au téléphone, c'était trop facile. Il verrait l'impro pour tout à l'heure. C'était encore pire qu'un examen…

Toshiya alluma le petit chauffage électrique et s'engouffra dans la cabine de douche. Il n'aimait pas avoir trop chaud, mais le fait de rentrer dans une salle de bain froide, sans la vapeur d'eau laissée par son frère sur les miroirs et les vitres, avait quelque chose de douloureux. Il lui arrivait souvent de s'arrêter à un endroit précis dans une pièce précise et de se rappeler d'un moment précis à une heure précise. La voix grave et douce de son frère qui le réveillait calmement à sept heures, son rire joyeux provenant de la cuisine qui réchauffait son cœur quand il rentrait des cours vers dix-sept heures… Ce n'était pas dans ses habitudes, mais il était nostalgique de la vie qu'il menait moins d'un an auparavant.

Miyavi s'étala de tout son long, et ferma brièvement les yeux. Comment il allait pouvoir dire à Tochi qu'il sortait avec son petit frère chéri et adoré… C'était insensé… Bien que Toshiya plaisante toujours à ce sujet, c'était certain que ça n'allait pas le rendre indifférent. Profitant de l'accalmie, il en profita pour prévenir le reste de la maison que Toshiya venait, afin que tous se tiennent sur leurs gardes. Les monstres seraient de nouveau réunis.

Shinya se retourna légèrement et poussa un gémissement alors que ses reins le brûlaient. Il se força cependant à ne pas se réveiller immédiatement, profitant encore un peu de son semi-sommeil réparateur.
Toshiya finit par sortir de la douche, crevant de chaud, et alla couper le chauffage. Il prit une serviette qu'il noua autour de sa taille et passa dans sa chambre pour sortir des habits de son placard. Il opta pour un jean et une chemise noire. Ce serait parfait.

Princesse sur le réveil, souffla la conscience de Miyavi, qui se redressa sur son lit pour le regarder. Il avait toujours les yeux fermés, mais il bougeait un peu. Il n'allait pas tarder à se réveiller complètement, mais Miyavi ne força pas le destin. Il l'admira juste.

S'installant en position fœtale pour soulager sa douleur, Shinya poussa un soupir en enfouissant sa tête dans le coussin. Non, il ne voulait pas se réveiller.
Enfilant rapidement ses habits, Toshiya descendit jusque la cuisine pour prendre un grand verre de jus d'orange. Puis il vérifia qu'il avait bien ses clés et son portefeuille, choppa ceux de son père avec un sourire un poil psychopathe, et se dirigea vers le garage pour récupérer sa bécane.

En silence, Miyavi se coula jusqu'au bord du lit de Shinya, et posa ses bras sur la couverture pour pouvoir y poser son menton. Il n'avait toujours pas ouvert les yeux, le bel ensommeillé, constata-t-il avec un sourire.

Fronçant les sourcils, Shinya déplia avec lenteur ses jambes et se tourna à nouveau pour s'installer sur le ventre, les mains toujours crispées sur l'oreiller.

Pouffant légèrement, Miyavi allongea son bras, et vint glisser ses doigts dans le cou de Shinya. Plus pour l'engager à se réveiller en douceur que pour l'embêter.

Miaulant de mécontentement, il bougea un peu son bras pour attraper et chasser ce qui l'empêchait de continuer à essayer de se rendormir.

« Debout, souffla Miyavi en se penchant à son oreille. Sinon grand frère sera déjà arrivé sans que tu sois prêt. »

Soupirant, il ne consentit pourtant pas à ouvrir les yeux.
« M'en fous. »

« Quel langage pour une princesse. »

« Chu rebelle, répliqua-t-il en se cachant sous le drap. »

« Tant pis, ça sera grand frère qui viendra te lever, pouffa-t-il en s'éloignant. »

« Reste ! protesta-t-il d'une voix étranglée en enroulant ses doigts autour de son poignet. »
Il s'était légèrement redressé pour plonger son regard inquiet dans celui de Miyavi.

« Sincèrement, où veux-tu que j'aille ? Tu crois que c'est mon genre de te laisser tomber comme ça ? »

Il dénia de la tête en le relâchant sans un mot, baissant la tête de honte et de gêne.

« Shinya, je te laisserai pas. Tu as déjà suffisamment de problèmes pour ne pas t'ajouter celui-là, d'accord ? »

Il acquiesça vaguement en se frottant les yeux, se redressant entièrement pour s'asseoir douloureusement sur ses pieds.

« Allez, on se lève, sourit Miyavi. Toshiya vient manger ici, il doit arriver vers midi s'il se perd pas. Ca te dérange pas ? »

« Hm, répondit-il simplement en s'étirant un peu. »
Il évita cependant de croiser le regard de Miyavi et se releva lentement.

« OK. Je te laisse t'habiller, je vais aller voir si je dois aller préparer un truc en bas. Et je me ferai sûrement engueuler par Aoi pour hier. Tu me rejoins en bas ? demanda-t-il en se levant. »

« Hm, d'accord. »

Profitant de son air peu réveillé, Miyavi posa un chaste baiser sur ses lèvres, puis quitta la chambre. Il descendit ensuite à la cuisine, et décida – une fois n'est pas coutume – de jouer les bons petits garçons, et il aida sa mère à faire la cuisine. Il espérait que Shinya aille mieux que tout à l'heure.

Inspirant profondément en s'asseyant sur le lit, Shinya regarda la porte se refermer sur le dos de Miyavi. Il se laissa tomber dos contre le matelas en gémissant de douleur et posa un bras sur ses yeux. Si son frère ne remarquait pas qu'il s'était passé quelque chose, c'est qu'il était fichtrement aveugle. Se redressant avec lenteur, il avisa un petit tas d'habits à lui et eut un sourire en coin. Miyavi pensait à tout. Il se déshabilla lentement, enfila calmement un boxer blanc, une jupe à volant de couleur blanche également, et piocha malicieusement dans le placard de Miyavi pour lui piquer un débardeur noir trop large pour lui. Puis il sortit calmement de la chambre, s'efforçant de marcher le plus normalement possible, et se glissa dans la salle de bain pour attacher ses cheveux simplement et se maquiller légèrement. Et enfin, il prit une grande bouffée d'air et se dirigea vers le rez-de-chaussée, descendant précautionneusement les escaliers. Ses jambes trop fines flageolaient légèrement sous lui, mais il arriva indemne dans le couloir le menant à la cuisine.

Tout occupé à ses préparations, Miyavi ne remarqua pas l'arrivée de Shinya, et ce fut sa mère que le vit en premier.
« Bonjour Shinya, sourit-elle. Tu as passé une bonne nuit ? »
Miyavi se retourna alors, et leva les yeux au ciel en regardant sa mère.

Il lui fit un léger sourire en hochant la tête.
« Merci. Et vous ? se surprit-il à demander. »

« Très bien merci, répondit-elle. J'espère que mon fils n'a pas trop ronflé. »
« 'Man, je ronfle pas ! s'insurgea Miyavi. »

Shinya eut un léger rire en secouant négativement la tête.
« Il est calme quand il dort. »

« C'est bien le seul moment, fit-elle en ébouriffant ses cheveux. »
Miyavi se dégagea en feignant la bouderie, puis s'en retourna ostensiblement à sa cuisine.

Shinya alla se placer à ses côtés pour le regarder faire.
« Tu prépares quoi ? »

« Quelque chose, souffla-t-il mystérieusement. »

« J'espère que c'est mangeable, taquina-t-il. »

« Bien sûr que c'est mangeable ! N'as-tu pas confiance en le talent culinaire de Miyavi ? »

« Bah… Pour être franc… Pas tant que ça, avoua-t-il malicieusement. »
Doucement, il recommençait à s'ouvrir, ce qu'il n'avait plus fait depuis son « accident ».

« Tsss, tu sais pas ce que tu loupes, fit-il en mélangeant sa sauce. »

« Si ça ressemble à ce que me cuisine parfois Tochi, vaut mieux que je le loupe. »

« Mais Tochi est nul en cuisine, déclara Miyavi comme s'il énonçait une vérité flagrante. Ca m'étonne même qu'il essaye. »

« Il a pas le choix quand je suis absent. »
Il se pencha un peu vers le plat de Miyavi.
« Ca m'a l'air douteux… »
Puis il trempa un doigt dedans et le porta à sa bouche en riant.

« Douteux ! Tu blasphèmes en plus ! T'es bien comme Tochi… bouda-t-il. »

Lui offrant un petit sourire en coin, il planta un bisou sonore sur sa joue et s'occupa de mettre la table.
« En parlant de Tochi, je pense qu'il s'est perdu. Ou alors il dort encore. »

« Rendormi je dirais, pouffa-t-il. S'il s'était perdu, il m'aurait appelé. »

« Sauf si son orgueil, parfois aussi énorme que celui de Monsieur Oresama, ne l'en ait empêché. »

« Moi, orgueilleux ? Tu dois te tromper de personne, sourit-il. »

Shinya allait répliquer quand la sonnerie retentit.
« Ah bah, il est finalement arrivé. Je devrais peut-être lui dire que c'est toi qui as cuisiné, qu'il ait le temps de s'enfuir, se moqua-t-il. »

« Non, le grand Tochi sera vaillant et fort ! Il affrontera ma cuisine comme un grand ! Sinon c'est qu'un dégonflé… »

« Mon frère est un dégonflé, railla Shinya en souriant. »
La sonnette résonna à nouveau.
« Et il s'impatiente. »

« Tsss, aucune maîtrise de lui, soupira Miyavi. Je vais aller ouvrir, surveille le monstre de la casserole. Te fais pas manger, je reviens. »
Et il quitta la cuisine pour aller ouvrir.

S'approchant du meuble, Shinya s'appuya dessus pour ne pas tomber et touilla doucement le mélange qui cuisait tranquillement. Contrairement à ce qu'il pouvait dire pour charrier son désormais petit ami, ça sentait extrêmement bon.
Toshiya salua son ami d'un grand sourire en entrant, posant son casque de moto sur le meuble de l'entrée.
« Ca va toujours ? »

« Ton frère dénigre ma cuisine, bouda-t-il. On croyait que tu t'étais perdu. »

« Shinya ? Dénigrer ta cuisine ? Quelle drôle d'idée ! »
Puis il haussa un sourcil.
« Ca fait plusieurs années que je viens ici, je vois pas comment j'aurais pu me perdre. »

« Sait-on jamais, sourit-il. Dès fois que tu aurais rencontré l'amour en route, taquina-t-il. »

Toshiya lui lança un regard noir et passa devant lui pour rejoindre la cuisine, vexé.

« Mais boude pas ! s'exclama Miyavi en se jetant à son dos. »

Toshiya manqua de se casser la figure mais se rattrapa brillamment.
« Si, je boude ! T'es trop méchant avec moi. »

« Nan c'est faux, chuis pas méchant ! J'essaye de te pousser dans la bonne voix ! »

« Quelle bonne voix ? Celle de la débauche et de l'égocentrisme ? J'espère que t'inities pas mon frère, sans quoi je te casse les dents. »

« Oh, quelle violence ! s'exclama Miyavi. La débauche et l'égocentrisme, tout de suite… Et ton petit frère chéri adoré est assez grand, il a pas besoin de mon avis. »

« Mais je sais à quel point tu es persuasif. »
Shinya, commençant à trouver le temps long, finit par venir voir ce qu'ils faisaient après avoir baissé le feu sous la casserole. Ses jambes avaient toujours un peu de misère à le porter et il avait toujours mal aux fesses, mais ça passait doucement.
« Il y a un problème ? demanda-t-il. »

« Tochi dit que je suis méchant ! se plaignit Miyavi. Dis lui que c'est faux ! »

« Je ne peux nier ce qui est vrai, souffla-t-il en lui lançant un clin d'œil discret. »
« Ah, tu vois ce que je disais ! s'exclama Toshiya. »

« Pfff, vous êtes que des traîtres de toute façon, dit-il en lâchant Toshiya pour aller se réfugier en cuisine. »

Toshiya vint encercler les épaules de son frère pour l'entraîner à sa suite.
« Nous ne sommes pas des traîtres ! s'offusqua-t-il. »
Shinya eut un petit sourire et alla s'asseoir sur une chaise, histoire de laisser ses jambes se reposer.

« Si vous êtes des traîtres ! Vous êtes ligués contre moi, maugréa-t-il en leur tournant le dos. »

« C'est même pas vrai ! protesta Toshiya en croisant les bras sur son torse. »
« Qu'est-ce qui est pas vrai ? demanda Kanon en arrivant à son tour. »
« On est pas des traîtres. »
« Si vous voulez… On mange bientôt ? »

« Ouais. Aoi descend bientôt ? demanda Miyavi avec un petit sourire. »

« Je vais le chercher, proposa Kanon. Essayez de régler votre conflit en attendant. »
Et il fila hors de la salle.

« Y a pas de conflit. Vous êtes juste trop méchants avec moi… »

Shinya eut une petite moue chagrine que Toshiya remarqua immédiatement.
« Oh non, Miya t'es trop cruel, tu vas faire pleurer Shinya ! »

Zut.
« Mais pleure pas ! se récria-t-il, évitant de se jeter à son cou pour ne pas paraître plus suspect qu'il ne l'était. »

« Je suis pas méchant, murmura-t-il. »
Toshiya vint passer ses bras autour de ses épaules, remarquant par la même occasion un fait des plus étranges.
« Depuis quand tu portes les fringues de Miya ? demanda-t-il en se redressant, les yeux comme des soucoupes. »

Miyavi se retourna brusquement.
« C'est vrai ça, c'est à moi ce truc ! s'exclama-t-il. Le pire c'est qu'il te va bien… »

« T'avais même pas remarqué ? se scandalisa Toshiya alors que Shinya retenait mal un sourire. Tu me déçois très cher… »

« Bah écoute non j'avais pas vu. Et alors, il a pas le droit de mettre mes fringues ? »

« Si. Je suis juste étonné, répondit bêtement Toshiya en s'asseyant à son tour. »
« Je… j'avais envie de changer un peu, précisa Shinya en rougissant délicatement. J'espère que… ça te dérange pas. »

« Du tout. Je pique bien les fringues d'Aoi de temps en temps, alors tu peux taper dans mon armoire si tu veux. »

« Et elles sont pas trop petites pour toi ? demanda Toshiya en haussant un sourcil. »

« Bah ça dépend quoi. Pourquoi, tu me trouves trop gros c'est ça ? fit-il en feintant d'indignation. »

Shinya leva les yeux au ciel.
« Gros, pas le moins du monde, mais disons que comparé à tes frères, t'es un peu plus grand quoi, répondit Toshiya. »
« Pas la peine d'enfoncer le clou, soupira Aoi en entrant. »
« Bah moi, j'aime bien ma taille, se défendit Kanon en venant s'asseoir à côté de Shinya. »

« Ouais, moi je les aime bien mes nains de frères ! s'exclama Miyavi en venant leur ébouriffer les cheveux. »

Ils grognèrent en cœur.
« Pas touche sinon fais gaffe à toi, menaça Kanon. »

« Oh, je dois avoir peur, petit frère chéri ? »

« Tu n'imagines pas à quel point, susurra-t-il sérieusement. »
Toshiya échangea un regard avec son frère et tous deux se retinrent de pouffer de rire.

Miyavi pouffa de rire, et s'en retourna à ses casseroles.
« Moi aussi je t'aime Kanon ! »

« C'est ça ouais, grommela-t-il. »
« On mange bientôt ? s'enquit finalement Toshiya. J'ai la dalle. »

« Nan, en fait on mange dans une heure, je vous ai juste appelé pour vous emmerder. Oui on mange bientôt, morfal ! »

« J'ai faim aussi, souffla Shinya. »
Il ne disait pas ça pour bafouer la parole de Miyavi, il constatait seulement un fait qui était pour le moins peu ordinaire. Depuis deux mois, il touchait à peine à ses plats, et si personne ne le forçait à manger, alors il ne mangeait pas. Alors, sentir la faim lui grignoter l'estomac, c'était trop étrange pour qu'il le garde pour lui.

« Oho, vite Tochi, écrit le sur le calendrier ! fit Miyavi avec un sourire éclatant destiné à Shinya. Je me dépêche, un peu de patience. »

Toshiya eut un sourire pour son frère, ravi qu'il reprenne vie. Mais d'un autre côté, il se demandait ce qui lui valait ce revirement de situation, alors que la veille encore, il était renfermé sur lui-même et rechignait à manger ne serait-ce qu'un morceau de pain.

« Bon, maman va revenir, alors soyez sage les enfants, fit alors Miyavi en commençant à poser les plats sur la table, avant d'aller s'asseoir à côté de Toshiya. »
Il se voyait mal se lover près de Shinya maintenant, devant tout le monde.

Ce dernier lui lança un sourire et un regard par-dessous ses longs cils.
« On est pas des gosses, se vexa Kanon. Puis t'es pire que nous ! »
« Laisse tomber Kanon, soupira un Aoi blasé. »

« D'abord, OK chuis pire que vous, mais t'es encore un gosse mon p'tit Kanon ! »

« Gnagnagna, geignit-il d'une voix boudeuse. »

« Tu vois, même pas capable de faire un commentaire constructif, pouffa Miyavi. »

Shinya posa une main délicate sur l'épaule de Kanon, l'empêchant de protester, et se pencha à son oreille pour lui souffler discrètement qu'il n'en serait pas capable non plus. Kanon pouffa de rire en approuvant vivement et Shinya eut un petit sourire pour Miyavi.

« Naaaaaaaaaan, Shinya, pourquoi tu m'abandooooooooonnes ! se lamenta Miyavi en voyant Kanon rire. »

« Je ne t'abandonne pas, répliqua-t-il, je rétablis la vérité. Et j'essaie juste de calmer la brise avant qu'elle ne se transforme en ouragan. »

« Bah de toute façon c'est toujours la tempête à la maison, bouda-t-il. »

« De la faute à qui, riposta Aoi. »

Pour toute réponse, Miyavi lui tira la langue, alors que leur mère revenait dans la cuisine.
« Bonjour Toshiya, sourit-elle sans même accorder un brin d'attention aux gamineries de son fils. »

« Bonjour ! salua-t-il joyeusement. Vous allez bien ? »

« Très bien, si seulement mes fils arrêtaient de se chamailler sans arrêt. »
« Mais je chamaille pas ! protesta Miyavi. »

« Menteur, c'est toujours toi qui commences, protesta Kanon. »

« Chut le nain, les petits n'ont rien à dire ! »

« Enfoiré, persifla Kanon. »
Shinya lança un regard réprobateur à son petit ami avant de tourner la tête vers Kanon.
« N'écoute pas ce qu'il dit, souffla-t-il tout bas, plus c'est grand, plus c'est bête. »
Il hocha la tête en le remerciant d'un petit sourire.

« Et fier de l'être ! s'écria Miyavi. Vous êtes que des nains de toute manière. »

Toshiya toussota légèrement.
« Je serais toi, je ne me mettrais pas les « nains » à dos, fit-il en signant les guillemets de ses doigts. Et puis, je suis aussi grand que toi, alors arrête tes conneries. »

« Bah je t'ai pas compté dans les nains mon Tochi, pouffa Miyavi. Pourquoi, tu t'es senti concerné ? »

« Non, mais je croyais que « vous » regroupait la table complète. »
« Et si on mangeait ? demanda Shinya. »

« Oui, on mange ! s'exclama Miyavi. Filez vos assiettes ! »

Kanon fut le premier à réagir, suivi de Toshiya. Finalement Aoi lui tendit son assiette avec un soupir et Shinya fut le dernier.

Que des morfals, pensa Miyavi en commençant à les servir en essayant de ne pas en mettre partout. Il prit bien soin à être attentif aux réactions de Shinya quand il le servit, histoire de ne pas en mettre trop, mais prenant garde à ce que Toshiya ne remarque rien. Il pouvait lui faire avaler des couleuvres, mais pas à ce point.

Shinya lui offrit un sourire avec un petit signe de tête pour lui dire que c'était suffisant. Il avait faim, mais il fallait qu'il réhabitue son corps à se nourrir petit à petit.

Le reste du repas se passa dans une bonne humeur et un calme maintenus d'une main de fer par la mère des trois Ishihara. Elle était l'exact opposé de Miyavi dans le tempérament, Aoi et Kanon lui ressemblant plus, mais tous les quatre avaient une volonté de fer. Une fois le repas terminé, Miyavi bondit de sa chaise et emmena son meilleur ami et son amant dans sa chambre, désireux de retrouver une atmosphère qui lui ressemblait plus. Ses frères partirent chacun dans leur chambre, et la paix retomba sur la maison.

« C'est toujours un plaisir de manger chez toi, pouffa Toshiya en se laissant tomber sur le lit de Miyavi. »

« Hey, qu'est-ce que tu crois, c'est un restau quatre étoiles ici ! »

« Je parlais de l'ambiance. Niveau cuisine, désolé si je te vexe, mais je préfère celle de mon frère, avoua-t-il. »

« Tsss, t'es qu'un vendu ! Est-ce que je défends mes frères moi, non ! »

« Je défendrai toujours mon frère, et rien ne changera ça. Désolé mon grand, sourit Toshiya. »
Shinya, assis sur son lit, eut un léger rougissement à cette énonciation.

« Hmpf, fit Miyavi en s'asseyant sur son lit. »
Oh, la belle preuve de commentaire constructif !

Toshiya pouffa de rire en se redressant. Son regard se posa alors sur un truc brillant, échoué sur le sol. Il l'attrapa du bout des doigts et chercha à savoir ce que ça pouvait être. Ça semblait légèrement humide et une odeur de latex lui arriva dans le nez. Il ouvrit alors de grands yeux tout ronds en se tournant brutalement vers son meilleur ami.
« Qu'est-ce que ça fout là ?! »

« Qu'est-ce que quoi fout là ? demanda Miyavi en tournant la tête vers lui, avant de refermer la bouche. »
Oho… Miyavi, tu n'es qu'une tâche… Dieu que tu fais bien disparaître les traces.

Il lui balança le déchet à la figure en se relevant brutalement, s'essuyant vigoureusement les mains sur son pantalon.
« J'y crois pas… J'y crois pas, souffla-t-il en faisant les cents pas. »
Shinya rougit vivement, se tassant sur lui-même face aux ondes négatives que renvoyait son frère.

« Oh Tochi, tu te calmes d'accord, fit Miyavi en éjectant l'emballage dans la poubelle la plus proche. Qu'est-ce que ça a de dramatique d'abord ? OK, c'est ton petit frère, OK je suis ton pote, OK je dois le protéger quand il est chez moi, mais je vois pas où est le mal. »

« Où est le mal ? Bordel Miya, Shinya a même pas quinze ans ! Et vous avez fait ça… ici… comme ça ? »
Il se prit la tête entre les mains.
« Oh p'tain, j'y crois pas… »

« Quoi comme ça ! fit Miyavi. D'abord t'y étais pas, et si tu crois que les choses se font « comme ça », t'as encore des choses à apprendre. Tu crois quoi, que j'ai abusé de la situation ? ! »

Shinya déglutit difficilement avant de prendre la parole d'une voix tremblante.
« Je… C'est moi qui… qui ai recherché… ce genre de contact… »

« Tu penses quoi Tochi ? Que s'il n'avait pas voulu, je l'aurais forcé ? »

« J'ai jamais dit ça ! s'exclama-t-il brutalement, sourcils froncés. Mais imagine une seule seconde qu'à votre place, c'était moi et Kanon, comment t'aurais réagi, hein ? »

« Je t'aurais sûrement pété les dents, d'abord. Après j'aurais causé. Et puis Kanon m'aurait cassé la gueule… Et on se serait tapé dessus des années durant jusqu'à ce qu'on soit obligé de porter un dentier. Content ? »

« Très, ça me fait un bien fou. »
Il se laissa tomber au sol, en tailleurs.
« Mais j'arrive toujours pas à y croire. Bon sang, c'est trop… trop… My god, je vais pas en dormir de la nuit ! »

« Faudrait savoir ce que tu veux, ronchonna Miyavi. Tu m'incites à me déclarer, et après tu cries. Faudrait savoir… »

« A te déclarer, pas à lui sauter dessus, bougonna-t-il. »

« Hey, je lui ai pas sauté dessus ! »

« Mouais, fit-il dubitatif. C'était une façon de parler, de toute façon. »

« Alors sinon, ça te fait quoi de m'avoir comme beau frère ? pouffa-t-il en venant s'asseoir près de Shinya qui restait silencieux. »

« Bah… Disons que je sais à quoi m'attendre au moins. Mais c'est pas le fait que vous soyez à deux qui me choque, c'est le fait que vous soyez passé à l'acte ! »

« Tu trouves ça trop… direct ? »

« Un peu. J'avoue que ça me regarde pas mais… merde, c'est mon petit frère quoi ! »

« OK, c'est bon, je sais, calme toi deux minutes, tempéra-t-il. »

« Je suis calme. »
Shinya ne bougeait plus, clignant à peine des yeux. Comment avait-il pu ignorer que son frère le prendrait mal ? Comment avait-il pu ne serait-ce qu'un peu oublier sa réaction ? Il n'avait pensé qu'à son bien-être, et son frère semblait tellement retourné…

« Arrête, on dirait que tu vas imploser. Qu'est-ce qui te fait peur ? »

« Rien. Juste que… je trouve ça jeune, c'est tout. »

« Hm. Mais l'important, c'est pas l'âge… »
Du moins, il s'efforçait de ne pas culpabiliser là-dessus.

« Hm. »
Toshiya s'allongea entièrement sur le sol, passant une main sur son visage, et poussa un profond soupir.

« Tu me fais flipper Tochi… »

« Pourquoi ? fit-il en haussant un sourcil. »

« A t'inquiéter comme ça. OK, c'est légitime, mais c'est flippant. »

« Tu me stresses à me dire que je m'inquiète. Je m'inquiète pas. Et je suis parfaitement calme. »
Ouh, le menteur ! chatonna sa conscience. Toi, ferme-la !

« Nan mais c'est rien… soupira Miyavi. »
Puis il adressa un regard à Shinya qui ne disait rien.

Shinya qui s'était décalé doucement vers le bord du lit, et avait coincé ses mains entre ses cuisses pour s'empêcher de faire une chose regrettable. Ce n'était pas le moment de paniquer, Toshiya semblait le prendre plutôt bien.

« Ca va Princesse ? insista-t-il. »

Relevant la tête vers lui, il cligna tout juste des yeux pour lui répondre, tétanisé. Et s'il disait quelque chose qui empirerait la situation ? Quelque chose que son frère prendrait mal ? Et si Toshiya savait que c'était lui qui s'était presque jeté sur Miyavi ? Qui l'avait supplié d'aller plus loin ?

« Eh, c'est pas dramatique, souffla-t-il en se penchant vers lui pour le prendre dans ses bras. Tout va bien. »

Il lança un regard inquiet à son frère tout en refermant ses doigts sur les vêtements de Miyavi. Au moins, il était sûr de ne rien faire de fâcheux.

« Alala Tochi, regarde, faut rester zen, après tu fais peur à Shinya, fit Miyavi en resserrant un peu plus sa petite princesse dans ses bras. »

« Si ça se trouve, c'est toi qui le traumatises, répliqua Toshiya en boudant. »
« Je… je n'ai pas… peur, souffla Shinya. »

« Tu trembles Princesse. »

« Pardon. »
Et il se concentra pour ne plus bouger, cachant son visage dans le cou de Miyavi.

« Shinya, c'était pas un reproche, souffla Miyavi à son oreille. Laisse-toi aller si ça peut te faire du bien, mais tout est OK maintenant, tu n'as pas à t'en faire. »

« Mais… mais Toshiya… m'en veut, murmura-t-il très bas, la voix étouffée par les habits de son petit ami. »

« Pas du tout Shinya, tu te trompes complètement, répondit-il avec douceur. »

« Il se passe quoi ? s'inquiéta Toshiya. »

« Ton petit frère pense que tu lui en veux, alors que tu ne fais que t'inquiéter pour son bonheur. Me trompe-je ? sourit-il. »

« Mais non ! Je t'en veux pas du tout Shinya, comment tu peux penser ça ?! »
Et il vint se mêler à leur câlin.

« Ouais, câlins ! s'exclama Miyavi en les serrant tous les deux dans ses bras. Je vous aime ! »

« Moi aussi, je vous aime ! renchérit Toshiya. »
« Hm… moi aussi, souffla timidement Shinya. »

« Alors tout va bien dans le meilleur des mondes non ? fit joyeusement Miyavi. »

« Allright ! s'enthousiasma son ami. »
Son amant se contenta d'hocher la tête, même s'il n'était pas certain qu'il aille vraiment bien.

Miyavi s'écarta légèrement du câlin, pour venir poser brièvement ses lèvres sur celles de Shinya.
« T'en fais pas Princesse. »

« Hm, ça va. »
« Quelqu'un pourrait-il m'expliquer d'où est-ce que ça vient Princesse ? demanda Toshiya en se réinstallant sur le sol. »
Il ne se sentait pas encore prêt à s'installer sur le lit où son meilleur ami et son frère avaient échangé leurs premières caresses.

« Bah c'est évident, soupira Miyavi. On dirait que t'as jamais vu ton frère… »

« Mais si ! Mais non, quoi ! »
Shinya s'installa confortablement entre les bras de Miyavi et pencha la tête sur le côté en regardant son frère.

« Sérieux Tochi, mais sors un peu… Shinya a tout d'une princesse ! La beauté, la grâce, la féminité, la timidité, la douceur… Et il est mieux en plus, parce que lui en plus il a du caractère. Mais il a besoin qu'on l'aime. »

Toshiya ouvrit de grands yeux sous les rougissements de son frère.
« T'es sacrément entiché quand même ! »
Il eut ensuite un profond soupir.
« Et dire que t'as jamais voulu m'écouter pour te lancer… »

« Tsss, il y a des choses qui doivent fleurir d'elles-mêmes ! lança-t-il d'un ton dramatique. »
Et que oui, il l'aimait son Shinya.

Shinya eut un petit rire en s'appuyant entièrement sur Miyavi.
« Mouais… Dites, je peux vous poser une question ? fit Toshiya avec un air malicieux. »

« Parce que tu crois que t'as besoin de notre avis pour le faire ? »

« Bah, pour celle-ci, oui, pouffa-t-il. »

« OK, je t'accorde ma bénédiction, demande à ton frère maintenant. »

« Tu peux y aller. »
Toshiya ravala à grand mal un énorme sourire.
« C'était comment ? »

Miyavi ouvrit de grands yeux scandalisés.
« Tochi, je retire ma bénédiction. Fouine ! »

« Oh, allez, soyez sympa ! »
Shinya, aussi rouge qu'un champ de coquelicots, se cacha le visage dans ses mains.
« Tu devrais… avoir honte, protesta-t-il de derrière ses doigts. »

« C'est clair, bonjour la discrétion, fit Miyavi en tirant la langue. »
Quoique s'il avait appris que Tochi avait une aventure avec quelqu'un, il ne se serait pas gêné pour poser la question.

« Tu peux parler, rétorqua son ami. T'as pas trop mal ? demanda-t-il ensuite à son frère. »
« Tochi, arrête ! s'exclama Shinya, aussi rouge qu'il lui était donné de l'être. »

« Ouais allez, tu vois bien que ça le gêne. On en reparlera plus tard. Un jour. Peut-être. »
Sûrement, il ne pourrait pas tenir sa langue indéfiniment.

« Miya ! protesta ladite Princesse en se redressant vivement. Vous êtes vraiment… sans aucune gêne ! »
Toshiya le regarda en penchant la tête.
« Ben nan, juste curieux ! »

« C'est pour ça qu'on a besoin de toi pour nous dire stop, sourit Miyavi. »

« C'est censé être… quelque chose de personnel. Parler de ça, c'est… rompre la magie du moment partagé… entre deux personnes qui se sont aimées plus fort que tout. C'est gênant et… antiromantique… »

« Toi, à notre place, tu le dirais ? demanda Miyavi à son ami. »

« Ca dépendrait de la personne avec qui je l'aurais fait… et de la personne à qui je le dirais. »

« Je suis sûr que tu dirais tout à Shinya. »

« Non. Il serait mal à l'aise et je n'aime pas mettre mon frère mal à l'aise. A toi, sans doute. »

« Merci, sourit-il. »

« Vous êtes… vous êtes vraiment… »
Ne trouvant pas de mot assez fort, Shinya fronça les sourcils en se levant, se dirigeant rapidement vers la porte.

« Tu vas où ? s'étonna Miyavi. »

« Voir ma batterie ! »
Il tourna la poignée et se tourna vers eux, une moue mécontente aux lèvres.
« Vous devriez avoir honte ! »
Et il sortit précipitamment.

« Mais qu'est-ce qu'il a ? »
Passe pour un rustre.

« Aucune idée, répondit Toshiya en fixant la porte avec un air ahuri. »

« Tu crois qu'on devrait aller voir, ou qu'il vaut mieux le laisser se calmer ? »

« Bah, je l'ai jamais vu réagir comme ça. La Princesse se rebelle, pouffa-t-il. »

« Ouais bah c'est pas drôle… bouda Miyavi. »

« Oh, allez, c'est rien. Prends ta guitare, on va aller l'accompagner, sourit-il en se levant. »

« Si tu veux, mais tu rentres d'abord, j'ai pas envie de me prendre une baguette dans la gueule. »

« Pas de problème. »
Et il bondit joyeusement sur le dos de son ami.
Pendant ce temps, Shinya s'était lentement dirigé vers la salle qui recueillait sa batterie. Sa tête lui tournait désagréablement et il avait l'impression que le sol allait se dérober sous ses pieds à chacun de ses pas. Entrant dans la pièce, il pressa l'interrupteur et alla récupérer ses baguettes dans le coin où il les avait laissées. Seulement, en se relevant trop brusquement, il vit des étoiles et se sentit partir en arrière. Puis le trou noir.

Avec un peu de réticence, Miyavi finit par prendre sa guitare, et suivit Toshiya dans le couloir. Il avait l'intime conviction d'avoir blessé Shinya. Mais il n'aurait jamais pensé que ça aurait été jusqu'à le découvrir allongé sur le sol, évanoui près de sa batterie. Immédiatement, il se jeta près de lui, et posa ses mains sur ses joues.
« Princesse… »

Sentant des mains fraîches sur son visage, il se força à rouvrir les yeux.
« Mi… ya… souffla-t-il en essayant de faire le point visuel. »
Toshiya avait juste eu le temps de récupérer la guitare de son ami pour la poser dans un coin et les regardait de loin pour laisser plus d'air à son frère.

« Respire, ne force pas, je suis là, souffla-t-il avec douceur. »

Inspirant et expirant calmement, Shinya tendit doucement la main vers le visage de Miyavi et la posa sur sa joue avec un léger sourire.

« J'aime bien quand tu souris. »

« Merci. J'ai mal… partout… »

« C'est la fatigue. On va aller te recoucher, et tu vas te reposer. »

« Et Tochi ? »

« Lui et moi on va veiller sur toi, t'en fais pas. »

« Désolé… de vous causer… des soucis. »

« C'est rien, ça va s'arranger Princesse. C'est promis. »

« J'ai droit… à un bisou ? demanda-t-il avec un sourire un brin malicieux. »

Miyavi glissa une main dans ses cheveux pour le soutenir, et posa délicatement ses lèvres sur les siennes.

Passant avec difficulté un bras autour du cou de Miyavi, Shinya savoura leur chaste baiser sans chercher à aller plus loin. Il n'en avait pas la force.

Il s'écarta tendrement pour le laisser respirer, puis le prit délicatement dans ses bras pour le soulever du sol. Mieux valait un lit pour dormir plutôt que le plancher.

S'appuyant contre lui, trop épuisé pour faire quoi que ce soit d'autre, Shinya referma les yeux en respirant calmement.
Toshiya lança un regard inquiet à Miyavi, se rongeant les ongles pour gérer le stress.

Miyavi lui répondit d'un petit sourire. Ca irait mieux, son petit frère était juste exténué. D'un signe de tête, il l'invita à les suivre, puis il ramena Shinya à leur chambre, où il le déposa dans son lit avec douceur, prenant garde à ne pas lui faire de mal.

Il se laissa faire sans rechigner, cherchant des mains quelques choses à serrer contre lui pour dormir.
Toshiya eut un petit rire et lança un regard à Miyavi pour savoir ce qu'il allait lui donner. Il imaginait mal son ami avoir un doudou dans sa chambre.

Miyavi songea tout d'abord à aller mettre un coussin dans les bras de son amant, mais son ego lui dicta plutôt de venir prendre Shinya dans les siens en venant s'allonger à ses côtés. Puis, après un clin d'œil, il demanda à Toshiya s'il voulait venir.

Haussant un sourcil, il eut une moue pensive alors que Shinya se boudinait contre le torse de son petit ami. Puis il finit par se jeter à leur côté, se collant au dos de son frère pour le tenir au chaud.

Miyavi eut un grand sourire, et ferma les yeux à son tour.
« Reposez-vous bien… »

« Toi aussi. »
« Miu, répondit Shinya en agrippant les habits de Miyavi. »

Miyavi ne tarda pas à s'endormir, au chaud tout près de son amant et de son meilleur ami. Pouvait-on rêver d'un meilleur sommeil ?

Shinya s'endormit également très rapidement, trop épuisé pour rester éveillé plus longtemps, et Toshiya veilla un instant sur son petit frère et son meilleur ami avant de plonger dans le pays des rêves à son tour.

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A suivre...

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