Hey hey hey !
Déjà le premier chapitre, mais sinon, je vais pas avoir le temps, alors je profite ^^
Donc, j'espère que vous aimerez ! Hésitez pas à donner votre avis !
Grosse dédicace à ma Bibi, pour qui j'ai fait l'histoire à la base, je t'adore !
Chap. I "Réveil"
Myghan se réveilla, courbaturée. Ce qui était déprimant, puisque c'était là la première fois depuis plusieurs mois qu'elle dormait dans ce qui s'apparentait le plus à un vrai lit, sans la peur d'être tuée. Enfin... Si, elle avait encore peur, mais elle n'était plus seule avec Jodie. Evidement, il aurait fallu craindre qu'ils s'en prennent à elles, mais Myghan ne pouvait se résoudre à oublier sa confiance en l'humanité, juste à cause d'une simple invasion de zombies. Maintenant, c'était eux les ennemis, pas deux jeunes filles. Et puis, elle avait vu de très près leurs armes, et avait peut être même aperçu une arme à feu. Sûr que durant leur sommeil elles ne risquaient pas grand chose de la part des morts vivants.
Ses sauveurs étaient déjà debout, et mangeaient, installés autour d'une table, leurs armes à portées de mains. Prudents. Parfait. Elle s'en serait voulue de s'être laissée aller à dormir aux côtés d'inconscients.
Il y avait des céréales, pas de lait, évidement, mais du café. De la confiture, sans pain. De l'eau.
Elle sentit son ventre se nouer. Tant de nourriture... Son dernier repas consistait en des nuggets froids. Sûrement périmés aussi. Alors, ce café... Elle en sentait les effluves jusqu'ici. Les souvenirs aussi, mais elle les repoussa, les contenant tour en fond d'elle.
Myghan secoua légèrement son amie, qui se redressa vivement, ses cheveux châtains en broussaille, les yeux bleus écarquillés, affolée. Elle lui fit signe de calmer, et Jodie comprit qu'elle n'avait rien à craindre, pour l'instant.
Elles rejoignirent timidement les hommes attablés.
- B'jour, grommela un grand brun, avec des lunettes.
- 'lut, fit un petit châtain.
- Bien dormi ? S'enquit un troisième.
Un autre les dévisagea, peu amène et le dernier, l'air ravagé, ne les regarda même pas.
- Bonjour, dit timidement la plus petite, aux cheveux châtains.
- On n'a pas eu le temps de bien se présenter, j'suis Myghan Fox, se lança celle ci, voici mon amie, Jodie Deen.
- Antoine Daniel, se présenta l'homme à lunettes, se levant pour leur tendre la main.
Myghan se figea, bouche-bée. Ses yeux chocolat alternaient entre sa main, et son visage. Sa main, son visage. Sa main, son visage.
- Sommet, Mathieu, dit finalement le plus petit, rejoignant son ami, un peu perdu, tentant de comprendre la situation.
Jodie explosa de rire. Littéralement. Elle riait à en avoir mal aux cotes, se les tenant, tandis que des larmes coulaient de ses yeux.
- Ma... Mathieu et... Antoine ? Bégaya Myghan.
- Mon dieu ! C'est pas possible ! J'y crois pas ! Hahahahah !
Les garçons gardèrent le silence, se dévisageant, hésitants. Même le plus mutique sortit de sa torpeur pour replonger dans une stupéfaction profonde, devant le spectacle de ces deux jeunes femmes.
- Ça va? S'inquiéta Nyo.
Myghan se rendit compte que quelque chose clochait puisqu'elle détourna les yeux d'Antoine, pour contempler avec incrédulité son amie.
- Jodie, ça va ? Lui demanda la brune.
Jodie se redressa avec un gloussant nerveux puis dévisagea les autres membres de ce groupe. Pour repartir dans un fou rire encore plus intense.
- Le fossoyeur ! Hahahaha ! Putain, le fossoyeur et Link ! Mon dieu ! Je rêve !
- Nyo, souffla la deuxième femme, bloquant de nouveau sur l'intéressé, gêné.
Celui-ci eut pour réflexe de rentrer la tête dans les épaules.
- Bon, vous avez fini ? S'énerva François, passé un temps de consternation.
Myghan détacha son regard et fixa piteusement ses pieds. Jodie s'arrêta immédiatement et s'excusa.
- Excusez moi, mais faut me comprendre, se justifia-t-elle, c'est comme si en plein milieu de le fin du monde, vous tombiez sur un groupe constitué de Pénélope Cruz, Angelina Jolie, Scarlet Johansson, Emma Watson et Jennifer Lawrence. C'est... Spice.
Sa remarque, bien que piteuse tira un sourire à Nyo et un haussement de sourcil à Mathieu.
- J'suis Nyo, reprit-il, rompant le silence gêné.
- François. Et voici Alexis, rajouta-t-il, après le silence obstiné de celui ci.
Les filles s'installèrent en leurs côtés. Myghan mangea comme hier, avalant presque sans mâcher ses céréales. Tout à fait à l'opposé de son amie qui refusa de toucher à quoi que ce soit. Elle prit une gorgée de café, mais s'arrêta, en se mordant la lèvre.
- Vous comptez faire quoi de nous, finit-elle par demander, la gorge sèche.
La brune avala de travers et se mît à tousser bruyamment.
- Et bien... Commença François, qui apparu aux yeux des jeunes femmes comme le chef.
Il s'arrêta, et personne n'interrompit sa réflexion. On fit rapidement comprendre aux deux femmes qu'ils devaient se concerter, seuls.
- On ne peux pas les abandonner, craqua Antoine.
- On leur laisse des vivres et de quoi se défendre, tenta Nyo.
- Elles ont 20 ans Nyo ! Se récria Mathieu.
- Elles pourraient nous ralentir, précisa François.
- Et donc on les laisse crever, c'est ça le plan?
- Calme toi Mat' ! Non, mais ça demande réflexion.
- On vote, dit Antoine d'un ton sans appel.
- Bien, ceux qui sont pour les garder, levez la main, céda le fossoyeur.
Deux mains se levèrent.
- Ceux qui sont contre?
Deux nouvelles mains.
- Putain Alexis ! Explosa Nyo. Bouge ! Tu veux quoi ?
- J'm'en fous...
- Alexis, siffla Antoine, menaçant.
- Ok ok ! On les accueille, mais au premier assaut, on ne joue pas les héros, c'est tant pis pour elles. C'est du fifty-fifty.
- Mouais, ça va nous coûter cher en nourriture, se plaignit Nyo.
Personne ne rajouta rien. C'était un peu de leur ancien ami qui venait de ressortir. Cet Alexis pragmatique. Rien que pour ça, ils ne voulaient pas aller contre sa volonté. Le groupe alla rendre compte de leur verdict aux deux filles qui attendaient à côté.
Elles étaient nerveuses. L'une mangeait ses ongles, se faisant saigner le bout des doigts, l'autre faisait les cents pas, rouge de frustration, ses cheveux bruns bouclés sautillant sur ses épaules de rage. Elles attendaient leur sentence, comme des condamnées à mort.
- Vous pouvez rester, expliqua François. Mais ça ne veut pas dire qu'on est là pour vous protéger. On vous fournit en vivres, mais vous allez devoir mettre la main à la pâte.
Jodie hurla de joie, et son amie, plus mesurée lâcha un discret soupir de soulagement.
Mettre la main à la pâte. Au départ, elles devaient effectuer des tours de gardes, et François se dévoua pour leur expliquer chacune leur tour comment tuer un malade. En passant par les travaux pratiques directement, malgré le regard terrifié de Jodie.
Ils partirent tous les deux dans la forêt, et tombèrent assez rapidement sur un zombie.
Un homme. 40 ans. Des cheveux dégarnis et d'un blond sales, qui tombaient devant ses yeux écarquillés au maximum. Une partie de son cuir chevelu avait été littéralement arraché. Ces saloperies avaient, semble-t-il, développé une résistance hors du commun. Ce qui n'arrangeait pas les affaires des survivants.
Heureusement, celui-ci ne les avaient pas remarqué.
François montrait l'exemple, défonçant le crâne du monstre, s'acharnant, même un fois qu'il fit tomber à terre, s'aspergeant d'un sang plus clair et visqueux.
- Deux coups, toujours, lâcha-t-il, se relavant une fois que crâne fut réduit en bouillie sanguinolente.
Puis, ce fut au tour de l'élève. À quelques mètres, un autre, l'épaule déboîtée, gémissait doucement. C'était ce qui était le plus troublant chez eux. Si la maladie les défigurait, les déshumanisait, leur voix, à part lorsqu'ils n'avaient plus de gorge, restait humaine.
Jodie hésita longuement, et ne pût fendre convenablement la tête de son adversaire du premier coup. Il tenta de riposter, l'agrippant au coup, mais François intervint. Jodie détestait ces pseudo-cours.
Myghan se révéla beaucoup plus efficace, et dit avoir de l'expérience dans le maniement de l'arc, ce qui pourrait être utile, une fois qu'ils en auraient trouvé un.
Pour survivre jusque là, elles n'avaient pu compter que sur le talent de Myghan, et leur discrétion. Le brun se résigna, et entreprit d'apprendre à Jodie à se servir d'une arme comme la lance d'Antoine, partant de rien.
En fait, Jodie n'avait aucun talent particulier. Sa bonne humeur peut être ? Quoiqu'à part améliorer l'ambiance, en combat... Savoir reconnaître des plantes comestible, ça, ça avait de la valeur ! Mais, aussi surprenant que cela pouvait paraître, personne n'avait eut une réelle passion pour l'herbe, avant la catastrophe. Et maintenant, il leur fallait apprendre sur le tas.
Le soir, Myghan surveillait les alentours avec Antoine. Ils parlèrent avec enthousiasme de toutes les manières de tuer un de ses monstres, en faisant une liste, se disputant joyeusement entre le pistolet à clou, ou la broche pour poulet rôti au coude à coude pour la 7eme position. Ils rirent beaucoup. Et Myghan sortit parfois inconsciemment des anciennes vannes d'Antoine, entrées dans son vocabulaire courant. Antoine ne s'en formalisa pas, et ne lui en fit pas la remarque. Pas besoin de rajouter au malaise. Tout ça sans oublier de scruter les environs. Mais, il remarqua que Myghan restait distante et voire un peu sombre peut-être, dès qu'elle arrêtait de rire. Ce qui n'avait rien d'étonnant lorsqu'on y réfléchissait. Tout le monde avait perdu quelqu'un, et qui sait ce qu'elle avait vécu, seule avec Jodie, depuis le début de l'extermination. Cet instant n'était qu'un petit intermède.
oOo
Elles étaient avec eux depuis une semaine déjà, et les deux filles commençaient enfin à se sentir plus à l'aise.
La brune avait même déjà fait une sortie nourriture avec un petit groupe.
Le soir, elle alla faire sa garde, avec Antoine, un nouveau moment de détente vigilante.
Myghan partit se coucher, après son tour de garde, remplacée par Mathieu.
Les deux hommes ne se parlèrent pas au départ. Ils étaient mal à l'aise.
- Je comprends pourquoi tu m'en veux, finit par dire le plus vieux, aux yeux bleus. Mais, je ne t'approuve pas. Sans moi, tu serais mort.
- Sans toi, réplique l'homme à lunettes, elle serait en vie.
- Antoine, merde ! Si je n'étais pas venu, avant même l'état d'alerte général, tu aurais été pris dans les émeutes et tu serais mort, toi aussi !
- Pas forcément.
- Tu l'as bien vu ! Ne sois pas de mauvaise foi.
- Tu aurais du me laisser y aller.
- Tu l'as appelée ! Tu ne pouvais pas faire plus, ça aurait été te mettre en danger inutilement.
- "Inutilement" ? "Inutilement" ?! Je lui aurai sauvé la vie !
- C'est bon, j'ai compris.
Heureusement pour Mathieu, Jodie vint prendre la place du plus grand, évitant involontairement mais bien heureusement que leur dispute ne dégénèrera encore.
- Salut, dit elle, enjouée.
- Lut, lui répondit l'autre, plus taciturne.
Elle s'abstint tout commentaire sur sa dispute avec Antoine, qu'elle avait malencontreusement interceptée de façon partielle.
- Vous êtes ici depuis longtemps?
- Le début de l'été, grommela-t-il.
- Deux mois ! Et c'est sûr ?
- Pour l'instant... On a une très bonne vue, mais, lorsqu'il commencera à faire froid, il va falloir bouger. On pourra pas faire de feu, ça les attirerait, et je compte pas mourir de froid pour autant. Alors, on lèvera le camp.
- Oh...
- Et toi ? Tu viens d'où ?
C'était un peu dans le top trois des questions tabou celle là. 3- D'où tu viens ? 2- Tu faisais quoi avant ? 1- Qui t'as perdu ? Avec se variante, plus détournée, il te reste de la famille ? Mais, Mathieu avait perdu toute notion de tact, s'il en avait eu un jour. Et Jodie, avait développé une technique pour arriver à raconter son histoire sans fondre en larme comme une gamine. Le blocage. Ce n'était plus sa vie, mais plutôt celle d'une autre personne. Comme si elle racontait un film.
- De Paris, enfin juste à côté. Si Paris existe encore ! Ria-t-elle. Myghan et moi nous connaissions avant, on était colocs. Elle faisait des études de neurochirurgienne et moi de psycho. On est arrivé trop tard après le départ des camions. On avait été prise dans les émeutes et les mouvements de foules. On est un peu resté, on attendait de voir s'ils allaient renvoyer des personnes pour nous chercher. On était quand même nombreux dans ce cas là ! Et on s'est enfuit lorsque les... Monstres ont envahis la ville. Juste avant que les humains la bombardent. Je plains ceux qui sont restés... ils n'ont pas pu survivre et à une attaque de zombies, et à un bombardement ! Nous, nous nous sommes cachées, s'éloignant de la ville, s'enfonçant dans la campagne. C'était plus sûr. On a rencontré personne, on les évitait. En plus d'un an, ça fait un peu bizarre ! J'ai eu peur de venir vous voir, mais Myghan m'a convaincu. De toute façon, on avait plus rien à manger, c'était juste la mort si on ne retrouvait rien à bouffer.
- Juste toutes les deux ? Souffla Mathieu.
- Yep ! Enfin, c'est elle qui m'a défendu pendant tout ce temps, vous vous en êtes bien rendu compte, elle est douée ! Et vous ? Rajouta-t-elle après un temps.
- On a été prévenu un peu en avance. En fait, l'État nous avait à tous demandé de faire une annonce pour convaincre nos abonnés de partir avec les convois. Mais, c'était vraiment trop dangereux, on s'en rendait bien compte, on avait aucun moyen de différencier les contaminés des autres à cette époque. On savait même pas en quoi consistait exactement cette maladie ! Alors parquer toute la population ensemble, sans distinction, pour les envoyer dieu sait où... Nous, on s'est enfuit, certains ont préféré rester, et puis, il y a eu des morts aussi. M'enfin on s'en est sorti, et c'est surtout grâce à François. Lui et Alexis étaient assez décidés et raisonnables. Enfin, c'était avant... Bref, François a pris la tête, et c'est grâce à lui qu'on est vivant.
-Oh...
Ils ne parlèrent pas d'avant. Pas du tout. Jodie ne lui confia pas sa peur pour sa famille, dont elle n'avait plus de nouvelles depuis la Grande Fuite, nom donné à ce jour, où le pays entier était parti, par véhicules spéciaux, dans une zone protégée selon le gouvernement. Des bunkers, disséminés partout dans le pays. Mathieu ne lui raconta pas la séparation avec l'équipe du Seb et Fred qui étaient restés, ni la perte de la famille d'Alexis, ou de la sienne, mais de toute façon, tout le monde avait perdu sa famille ici.
- Y a des villes épargnées, ou reconstruite par des survivants?
- On n'en a pas vu, ni les groupes qu'on a croisés.
Jodie se mordit la lèvre de frustration.
La race humaine allait donc finir ainsi? C'était... Ridicule. Une fin qui ne ressemblait à rien. Mathieu, il ne voulait pas finir ainsi, et Jodie non plus. Ils se comprirent très bien, la même volonté de vivre brillant dans leurs yeux bleus.
