Sali-salut ! Merci de continuer à suivre cette histoire !
Donc je tiens à remercier les deux personnes quoi ont commenté, et corrgié certaines immondes erruers (si vous en voyez d'autre, c'est le moment de ce la jouer grammar nazi, vous avez ma bénédiction !)
Donc, le chapitre 3 !
Chap III "Le château"
Myghan se réveilla. La chambre était froide, ils devaient faire une économie de bois pour le chauffage, et la couverture râpeuse ne la protégeait pas suffisamment des courants d'airs.
Elle voulut se relever mais des bras la retinrent.
- Rmh... Reste, grogna son geôlier.
- Lâche moi, ria la brune. Je dois aider François à renforcer les fortifications.
- Nan ! Il fait froid, reste ! Tu me tiens chaud...
Myghan se rallongea, contrainte, et se retourna pour l'embrasser. Son compagnon soupira d'aise et elle en profita pour se glisser hors du lit, en frissonnant.
- Myghan !
- Antoine, il faut que j'y aille.
Sa voix était douce mais sans appel. Antoine Daniel bougonna, déçu.
- On se revoit ce soir, ria-t-elle, après avoir enfilé son jean, de grosses bottes de chantier, son T-shirt et un gros pull.
Elle croisa Jodie, qui la serra dans ses bras.
- Bien dormi ? demanda la plus petite, ses yeux bleus pétillant.
- Hahaha, ricana-t-elle, sarcastiquement.
Elle partit sans répondre, légèrement agacée.
Ces blagues, devenues quotidiennes, ne dérangeait pas plus que ça la brune. Mais c'était un jeu entre elles.
Elle sortit sur la muraille, et regarda, pensive, le paysage.
Un château. Elle était un peu comme une princesse en fait ! Une princesse dans un château, unique rempart contre une armée de zombies.
Ils l'avaient trouvé, après des semaines d'errance, après la mort d'Alexis. Il sortit du brouillard, comme un îlot de paix dans un océan de chaos. Cette comparaison pédante fit sourire Myghan.
Ils avaient, bien sûr, du massacrer la colonie de zombie qui y avait élu domicile. Heureusement pas de perte. François avait préféré que tous habitent dans une tour, en meilleure état, puis, ils réparaient depuis deux semaines le mur d'enceinte. Déjà, deux zombies étaient passés, maîtrisés rapidement.
L'hiver approchait. Déjà, constatait Myghan, les arbres étaient nus. Ils auraient peut-être de la neige cette année ci. Pour une fois, Myghan ne s'en réjouit pas. Il faisait déjà froid, alors de la neige! Surtout que le toit n'était pas encore réparé, ce qui signifiait que la chambre de Nyo prendrait l'eau. François avait préféré concentrer ses efforts sur la défense plutôt que de répondre aux plaintes bruyantes du dessinateur, qui suppliait de protéger ces feuilles de dessins, extrêmement rares.
La tombe d'Alexis était dans l'enceinte du château, dans un coin près du puits qui permettait au groupe de se procurer de l'eau pour tout ce qui était douche, hebdomadaire, ou brossage de dents.
Il n'y avait pas de corps, mais la volonté était présente. Ses amis lui avait même fait une stèle. Son nom, et les dates de naissance et de mort. Myghan décida même de faire un geste pour lui. Elle prit une pierre, assez solide, sans l'être trop pour autant, et s'enferma plusieurs heures avec pour seule consigne de ne pas la déranger. Elle prit un pic et un marteau trouvés dans la boîte à outil de l'ancien gardien sûrement mort maintenant.
Elle en ressortît, des heures plus tard, avec une gravure. Elle manquait de finesse, la jolie brune le savait bien, mais tant pis, c'était sa première fois. Sur la pierre, un portrait d'Alexis. L'Alexis d'avant, celui avec ses kilos en trop, sa coupe douteuse, et son petit sourire. Elle essaya même de dessiner sa famille, David, Jeremy et Chachou panda. Le résultat était maladroit, ressemblait plus à un dessin d'un enfant de 5 ans, mais tous saluèrent son effort. C'était plus amusant que solennel. Tout ce dont ils avaient besoin.
Nyo la félicita.
- C'est vraiment galère, concéda-t-il. Même moi...
Elle lui sourit pour le remercier.
- Bon, j'aurai besoin d'aide, maintenant !
La voix de François la ramena à la réalité.
Il tenait une lourde charpente en bois, et Myghan se dépêcha de prendre l'autre bout.
La brune s'étira longuement, grimaçant. Elle avait mal partout.
Elle rentrait dans la tour et vit en passant que Jodie et Mathieu s'entraînaient encore dans la cour. Elle avait fait des progrès, sa survie était à ce prix.
La méfiance entre eux tous, et la consigne implicite disant qu'au moindre problème, c'était chacun pour sa pomme, était morte. Pour le plus grand bonheur de Myghan.
Au détour d'un couloir elle croisa Nyo, qui lui sembla sombre, depuis quelques temps.
- Salut.
- Hein ? Oh, salut.
Nyo se mordit la joue. Violemment. Ouille ! Un peu plus et il sentirait du sang dans sa bouche.
- Ça va ? S'inquiéta son amie.
Ah ! C'était bon. Ce goût métallisé écœurant emplissait sa bouche. Beurk ! C'était écœurant.
- Ouais ouais, répondit-il, s'efforçant de cacher sa bouche ensanglantée.
Il reprit son chemin, sans un mot. Elle était peinée de la tournure que prenait leur relation, mais ne voyait pas quoi faire. Elle ne comprenait pas.
Jodie et Mathieu partirent l'après-midi, avec Nyo. Ils allaient faire le plein de nourriture, et autre denrées manquantes, comme du dentifrice.
Heureusement pour eux, il restait encore des aliments dans une épicerie du village à quelques kilomètres de là qu'il n'avait pas encore visité. Mais, bientôt, tous les villages avoisinants seraient complètement vides, et il faudrait s'éloigner. Nyo le savait et redoutait ce moment.
Au départ, ils avaient convenu de se contenter des magasins, les maisons étant trop dangereuses à explorer. Ils rentreraient dans la nuit.
Le soir, ils mangèrent tous ensemble, assez tard pour attendre le retour du groupe, comme à leur habitude. De toute façon, ils étaient tous trop inquiets. Au diner, François discuta travail, fortification et défense, avec Mathieu, sous le regard attentif de Jodie, Nyo était parti se coucher, prétextant une grosse fatigue, et Myghan écouta Antoine déblatérer sur le dernier zombie qu'il avait liquidé, tout "un art" selon lui.
Ils étaient ensemble depuis plus d'un mois. C'était lui qui avait pris les devants.
- J'ai jamais été quelque un de très téméraire, surtout lorsqu'il s'agit de fille, mais, je pourrai mourir demain, alors, j'ai plus le choix. Je t'aime...?
Une déclaration peu conventionnelle et certainement pas des plus romantiques, mais qui avait, à son grand étonnement, fonctionné. Chaque jour, Myghan se réveillait dans ses bras, et chaque jour, elle priait un dieu, qui les avait sûrement abandonnés depuis belle lurette, pour que ce ne soit pas le dernier.
Et, Myghan se croyait sincèrement bénie. Un mois de bonheur parfait. Sans danger.
Nyo était de garde ce soir là. Il n'était sûrement pas tard, mais la nuit était déjà tombée, et Nyo souffla un nuage de buée sur ses mains glacées pour les réchauffer. Il aurait du demander une paire de gants à François lorsqu'il était parti faire les courses, avec Myghan et Mathieu. Il grelotait, lorsqu'une voix forte le fit sursauter.
- Hého ! Y a des humains ici ?
"Merde. Merde merde merde. Je fais quoi ?"
Nyo inspira un bon coup.
- Écartez lentement les bras, ordonna le jeune homme, éclairant les deux inconnus avec une lampe torche.
- Quelle courtoisie, ricana la même voix.
- Excusez moi, pourriez vous m'assurer que vous n'êtes pas des zombies, et/ou des personnes mal intentionnées ?
- Toi, tu n'en es pas un, c'est sûr, elles n'ont pas de sens de l'humour ces saloperies.
Nyo les inspecta. Les deux visiteurs ne semblaient pas avoir d'arme.
- François ? FRANÇOIS ?
- Quoi ? Gueula-t-il. Merde Nyo tu...
- Y a des humains, en bas.
- Hein ?
François se pencha. La personne qui leur parlait depuis le début fit un signe de la main.
- Vos noms ?
- Margrit et Julien.
Margrit devait être la femme qui parlait. Elle semblait plus petite que son ami, avait du être plus ronde. Avant. Maintenant, ils se ressemblaient tous. Des cadavres ambulants, que ce soit à cause de la faim, de la peur, du froid, ou simplement parce que vous étiez l'un d'entre eux.
- Vous voulez ?
- Entrer dans un premier temps. Manger peut être. Dans la limite de vos moyens bien sûr, sans vouloir abuser de vot' indulgence.
- On y gagne quoi ?
- Des infos sur l'extérieur. Vous n'devez pas en avoir beaucoup, enfermés comme vous l'êtes.
François hésita. Longuement. C'est le regard de Nyo qui le persuada.
- Va ouvrir, ordonna le chef, d'une voix froide.
Margrit savoura lentement sa soupe. Elle fit même claquer sa langue de satisfaction.
Elle était dans la cuisine du château, au rez-de-chaussée, qui comportait aussi une salle à manger, et un salon, plutôt confortable. Les deux étages supérieurs n'étaient constitués que de chambres.
- Alors ? S'impatienta François.
Nyo trépignait de frustration, tandis que le compagnon de Margrit, Julien, un homme d'une vingtaine d'années, plutôt baraqué, restait dans un coin de la pièce, méfiant.
- Oh ! Et bien... Des petits groupes de colons se sont regroupés, pour forme des villages. Certains gros centres sont contrôlés par ce qu'il reste d'armés. Mais, là bas, c'est un peu trop rigide à mon goût. Trop de lois, etc... J'y suis allée moi, on m'a désignée comme rabatteuse. Pas génial, dangereux, et peu gratifiant. Mon boulot c'tait de trouver des nouveaux, de vérifier qu'ils soient bien sains d'esprit, et de les ramener. Sauf que, les nouveaux sont pas génialement bien traités, si vous voyez ce que je veux dire, ricana-t-elle. Alors, mon fils et moi, on est partit. On est dev'nu des nomades comme qu'ils disaient. On a eu du mal, mais la perte de mon mari, ça nous a aidés à mettre au point certaines règles. Ne pas parler aux inconnus en fait partie. Alors, venir ici ! Z'imaginez pas à quel point on est au bord du gouffre !
Nyo siffla.
- Waouh...
- Qui me dit que vous n'allez pas divulguer notre camp à l'armée ?
- Espèce de...
Sa mère arrêta son fils, explosant de rire.
- Rien, concéda-t-elle, après s'être calmée. Et vous comptez nous tuer ?
C'était une provocation pure et simple. François eut un sourire de mauvais augure.
- Wow ! François, tu déconnes ?
Jodie entra dans la pièce, les bras croisés, vêtue dans un vieux jogging.
Il la foudroya du regard.
- Bonjour, Jodie, se présenta-t-elle tendant la main à Margrit.
La vieille dame la serra brièvement dans ses bras, la surprenant. Son fils se contenta d'une poignée de main.
- Enfin quelqu'un de civilisé, soupira l'invitée.
- Je dirais plutôt de terriblement niais, grommela le brun.
- Merci jeune fille, continua-t-elle. Je retrouve foi en l'humanité.
Puis, elle éclata d'un rire tonitruant, comme si cela avait été une blague hilarante.
- Et donc, on fait quoi ? Intervint Nyo.
- On ne peut pas les virer comme ça! Se récria son amie.
- On les enferme dans le grenier.
- Mais...
- Jodie ! Je ne veux pas me faire tuer pendant mon sommeil !
- Avec quelle arme ? Demanda Julien, ironique.
- Vous vous voulez vraiment qu'on se lance dans une fouille corporelle complète et poussée ?
- Et bien, bonne nuit, coupa Margrit, désamorçant un début de dispute, et d'une potentielle et désagréable fouille.
François les amena en haut, laissant Nyo et Jodie seuls.
- T'y crois ? Demanda-t-il.
- Hm ?
- Qu'ils ne vont pas s'enfuir avec nos armes et nos réserves ?
- Oh ! Je suis une imbécile, je crois toujours en la gentillesse naturelle du genre humain.
- Ce qui explique bien des choses, railla Myghan qui venait de se lever. C'est quoi cette histoire ?
- Y a des nouveaux. Des humains.
- QUOI ? C'est quoi cette histoire ? D'où ? Combien ? Amis ? Est ce...
- On ne sait pas. Ils ne paraissaient pas agressifs, mais il vaut mieux être prudent.
- 2, rajouta son amie. Ils sont 2.
- Je veux les voir.
- Demain, lui ordonna François qui revenait. Là, ils sont fatigués, et nous aussi. Demain, ok ?
- Nyo, tu retournes monter la garde, on reprend normalement. Tu expliqueras la situation à Mathieu lorsqu'il prendra la relève. Moi, je surveille là haut. Myghan, tu te charges d'Antoine.
Ils se saluèrent, et chacun retourna vaguer à son occupation et diffuser la nouvelle.
Le lendemain matin. Julien mangeait tranquillement. Myghan à côté lui posa quelques questions, mais devant sa réserve préféra se taire.
Mathieu débarqua, plutôt mal réveillé.
- Tout seul ?
Julien releva la tête, ses yeux bruns calme. Son visage était mangé par une barbe brune, il ne semblait pas agressif. Plutôt blasé.
- B'jour grommela-t-il.
- Myghan, qui le surveille ?
- Pour l'instant, moi. Ça te paraît si irréaliste que ça ? Demanda-t-elle légèrement blessée.
- Et sa mère ?
- Elle dort.
Ils mangèrent en silence. Mathieu aurait bien aimé parler avec Myghan, mais celle ci semblait rancunière et se murait dans le même silence que le nouveau venu. Elle n'avait pas apprécié qu'il remette en doute sa crédibilité.
Heureusement pour eux, Jodie arriva, avec toute sa joie de vivre, suivie de Nyo, qui ne devait pas avoir dormir plus de deux heures cette nuit et qui alla se recoucher dans un coin de la pièce.
- Salut ! Bien dormi ? Oh, Julien, ta mère est debout, elle descendra avec Antoine.
Elle s'installa à côté de Myghan et parla joyeusement. Un peu seule. Myghan était perdue dans ses pensées, Mathieu l'écoutait en finissant son café et Julien regardait dehors, mal à l'aise.
- Sali salut !
Antoine débarqua, habillé de son jean et son gris pull en laine, les mêmes depuis plusieurs semaines.
- Ned ? Tenta Myghan.
- Flanders, pour vous servir, dit il en esquissant une révérence.
Margrit entra à son tour, ses longs cheveux blancs, retenus dans un chignon la veille, se répandaient sur ses épaules tombantes.
- Bonjour, chantonna-t-elle.
Puis, elle dévisagea lentement toutes les personnes présentes dans la pièce.
- Coucou m'an. Je te présente Jodie, Mathieu et Myghan.
- Mais oui ! Je la r'connais, c'est la gosse O'Keane !
Les deux filles se regardèrent, interloquées.
- Non, moi c'est Jodie Dean, contredit-elle.
- Et moi je m'appelle Fox.
La vieille dame fronça les sourcils. Et posa sa main sur celle de Myghan.
- Allons bon, voilà qu'on reconnaît même plus son ancienne bonne ! Enfin bon, vous m'direz que les d'moiselles de bonne condition, toutes jolies. bien coiffées et habillées comme des princesses, n'ont pas à fricoter avec les bonniches comme moi, mais j'm'attendais à mieux de votre part m'selle O'Keane! Z'etiez pas comme votre affreuse mère, sans vouloir vous offensez, qui m'parlait comme un chien !
- Je ne vous connais pas madame, et ne vois pas de qui vous parlez, grinça Myghan, étrangement furieuse, retirant sèchement sa main de la table.
- Vous seriez pas en train de m'traiter de menteuse ? Z'avez bien changé d'puis mon départ. J'ai honte ! Honte honte honte...
- Mais vous allez arrêter bordel ! Je ne suis pas Myghan O'Keane ! Explosa-t-elle, fracassant son poing contre la table, se dressant debout.
Julien s'interposa, et même Antoine eut un mouvement involontaire se plaçant aux côtés de sa compagne, se tournant légèrement vers Margrit, comme pour ériger un rempart.
- Pauvre Margaret... Souffla Margrit.
- Margaret ? Murmura Myghan, se mordant immédiatement la lèvre après.
Antoine se retourna vers elle, surpris. Mathieu et Jodie assistaient à la scène en témoin attentif.
- Oui, pauvre Margaret. 13 ans à récurer les latrines de ces riches snobs, et on ne se rappelle même plus d'elle.
Myghan était partagée. Une partie de son cerveau l'invectivait. Elle allait foutre en l'air 3 ans de mensonges pour sa femme de ménage ? Une autre, plus sensible lui glissait que cette femme avait sûrement été ce qui se rapprochait le plus d'une mère.
Et, bien malgré son bon sens, ce fut elle qui l'emporta.
- Margaret, l'appela-t-elle, presque en pleurs.
Elle lui ouvrit les bras, comme elle l'avait toujours fait et elle s'y réfugia.
- Mon pauvre chaton. Ça va aller. Ça va aller.
- Le jour où tu es partie, je... Je...
- Chuuut, ça va, ça va.
Tous les autres appréhendaient ce retournement de situation avec incrédulité. D'autant plus que Myghan n'était pas du genre à fondre en larmes inutilement.
La jeune fille se calma.
- Raconte-moi, lui demanda Margaret-Margrit.
- Oui, raconte nous, répéta François, qui était apparu à la porte. Myghan O'Keane c'est ça ?
Myghan se mordit la lèvre à nouveau, se refusant à regarder dans les yeux ses amis, et surtout Antoine.
Oui, évidemment, c'est une apocalypse zombie, ils auraient ou passer outre. Mais, elle semblait mer avoir menti, et cela était difficilement pardonnable. Leur groupe s'était construit autour s la confiance. Elle leur devait une explication.
- Je... Je suis Myghan O'Keane, la fille d'une grande PDG d'une multinationale pharmaceutique...
Myghan soupira.
- Merde quoi ! J'ai 18 ans aujourd'hui, et personne n'est là pour me le souhaiter !
Ils avaient de l'argent à foison, son père avait tout de même pu ouvrir sa propre boîte de vente de sculpture indienne, des contrefaçons évidement, et ils vivaient dans un château, mais personne n'avait du temps pour lui dire "bon anniversaire !". Sa mère était à une colloque sur une quelconque maladie infantile. Des heures de blabla pathétiques, des fausses promesses pour se donner bonne conscience, et tout le monde rentrait chez lui, s'occuper de la production de médocs pour maigrir, heureux, quelques kilos en plus avec tous ces cocktails. Maman y traînait son grand frère Eymeric. Au début de force, puis, il en vint à apprécier. Après tout, c'était lui, l'héritier de la compagnie ! Myghan détestait ces réunions d'hypocrites, mais aurait tout donné pour passer du temps avec sa mère.
M. O'Keane faisait visiter une de ses usines à des riches investisseurs. C'était la troisième fois qu'il montait sa boîte. À chaque fois un échec cuisant, mais l'argent de mère lui permettait de repartir d'un nouveau pied.
Seule. Elle en frissonna. Seule. La princesse enfermée dans son château. Techniquement, si elle le voulait, elle pouvait partir. Faire ses valises, et adios la famille ! Mais elle l'aimait bien, cette famille. Alors elle restait. Seule.
Avant, il y avait bien Margaret, la domestique qui s'occupait des salles de bains principalement. Des sept salles de bain. Elle avait même un fils. Myghan ne l'avait jamais vu, mais par l'intermédiaire de sa mère. Margaret, elle savait qu'il avait deux ans de plus qu'elle et qu'il s'était lancé dans l'ingénierie.
Mais, Maman trouvait qu'elle ne nettoyait pas assez bien les douches. Qu'elle avait vieilli et qu'elle leur coutait trop chère. C'était peut-être vrai, après tout Margrit avait fêté ses 60 ans. Mais la jeune fille demanda tout de même à ce qu'on la garda. Rien n'y fit. Margaret rendit son tablier et partit, emportant avec elle ses histoires, et son langage si peu convenable selon Mme O'Keane, mais qui amusait depuis tant Myghan. Ces 2 ans, très exactement, âge auquel Margaret était entrée au service de la maison. 16 ans de bons et loyaux services partis en poussières. Elle restait seule, dans son château.
Myghan sourit. Ce matin, elle partait, accompagner sa mère ! Elles allaient en Australie, visiter un labo ! Une manière de s'excuser d'avoir oublier son anniversaire. Un cadeau, plus cher aux yeux de Myghan, que toutes les robes, chaussures, livres et tableaux qu'elle avait reçu.
Les murs n'étaient pas blancs, comme elle s'y attendait. Rien du laboratoire ultra performant quel elle avait imaginé. Non, des traces de rouilles, des tâches noirs, comme si quelque chose avait explosé. Et Myghan s'ennuyait. Elle tenta de le cacher, mais ne pût retenir un discret bâillement. Sa mère, en grande discussion avec des actionnaires russes le remarqua, et d'un coup d'œil éclair, sans un mot, elle la renvoya à l'accueil. Myghan savait très bien qu'elle allait devoir supporter une vive remontrance.
Alors, perdue pour perdue, elle s'élança dans les couloirs, à la recherche, comme une gamine, du département secret où ils confectionneraient un super sérum pour la transformer en WonderWoman, ou élèveraient des araignées mutantes. Rien de tout cela. Juste un dédale de couloir. Elle arriva cependant devant une porte close hautement protégée par un double blindage. Aucun panneau, indiquant la présence de radioactivité, et de toute façon, c'était ici qu'était produit leurs pilules amaigrissantes. Pourquoi y aurait-il des déchets radioactifs ici ?
Elle glissa dans la fente prévue à cette effet le pass de sa mère, qui n'en ayant pas fabriqué un pour sa fille, lui avait sur lui passer le sien. La porte s'ouvrit lentement elle entra doucement dans la zone protégée. Elle sentait que cette bêtise lui couterait beaucoup plus chère que son simple bâillement. Mais, il était trop tard pour reculer, et elle était trop curieuse.
Ce qu'elle vit la glaça d'horreur. Des hommes étaient enfermés. Dans des cages transparentes, vêtus de camisoles, certains dormaient, d'autres parlaient, seuls.
Myghan avança, tremblante. Elle vit du coin de l'œil l'un de prisonniers lui foncer dessus. Elle hurla. Heureusement, il percuta la vitre de sa tête, y laissant une trainée rouge. Sans y prêter attention, l'aborigène australien recommença à se frapper pour casser la glace. Les yeux fous, le blanc des yeux presque jaune, la délimitation entre lui et l'iris ensanglantée et la pupille dilatée à l'extrême. En regard effrayant, affamé et fou qui la fit hurler de plus belle. Un regard qui lui était inconnu jusque là. Un regard qui allait devenir, sans qu'elle ne le sache encore, son quotidien, son cauchemar. Un monstre. Elle hurla.
Myghan ne défît pas ses bagages en rentrant. Au contraire, elle prit deux autres sacs, les remplit, sortit, alla directement au distributeur le plus proche et vida son compte. L'argent ne pouvait pas acheter le bonheur, mais avec ça, elle aurait de quoi s'offrir une nouvelle vie. Sa mère faisait des expériences sur des hommes... Sa mère...
Myghan se le répéta en boucle. Avant d'en arriver à cette conclusion: elle n'était plus sa mère. Myghan n'était plus une O'Keane.
Dans le train qui l'emmenait vers Paris, Myghan s'endormit. Et rêva de ses yeux fous, de cette faim mortelle, de...
- Tu veux dire que... Souffla Jodie.
- Je... Crois... Bégaya Myghan, la gorge sèche.
- Ta mère est à l'origine de l'apocalypse, lâcha François.
Nyo eut un petit rire devant l'énormité de sa déclaration, ne pouvant y croire.
- Oui, acquiesça-t-elle finalement.
Ce mot glaça l'assemblée.
Alors, des réactions ? XD
Désolée pour les fans de Matoine, ce ne sera pas aujourd'hui, mais pour ceux qui aiment les mondes post-apocalyptiques, et le couple Antoine-Mathieu, il y a la très fameuse et génialissime fic de Ranne-Chan ! (Mais restez quand même, je vous donnerai des chocolats !)
Donc, à la semaine prochaine (voire plus tôt, c'est bientôt les vacances, donc moins de devoirs !)
