CHAPITRE 12 : L'ATTAQUE DE LA CAPITALE
Le capitaine Moxil se présenta pour son rapport à son seigneur dés son retour d'Egzardia. Les choses s'étaient déroulées selon le plan, il était donc fier de lui en entrant dans la salle d'audience. Un garde referma la porte derrière lui, le laissant seul avec son supérieur. Le capitaine s'inclina momentanément face à ce dernier, avant de s'approcher davantage pour faire son rapport.
« Je suis de retour d'Egzardia pour vous faire mon rapport. »
« Comment s'est passé l'attaque de la ville ? »
« Très bien, Monseigneur. Ils ne s'attendaient pas à notre offensive. Leur défense n'avait aucune chance de succès face à nous. La ville a été prise rapidement et laissée en flammes. Les habitants sont en fuite vers les villages et le vieux roi a été arrêté. »
« Très bien Moxil. L'exemple fut brutal, tous les autres royaumes en seront prévenus très rapidement. Vous n'avez laissé paraître aucun indice sur notre identité pour le moment ? »
« Aucunement, Messire. »
« Avez-vous expliquez ce que nous attention de lui à ce qui leur sert de roi? »
« Oui et je crois qu'il ne nous fera pas de problème. Il a vu de quoi nous étions capable et ne tient pas à le revoir de son vivant. Espérons que les autres auront aussi bien compris que lui. »
« Parfait. Que nous troupes se retirent, mais débarrassez vous de toute la résistance que vous rencontrez. Cependant dans le cas contraire, ne touchez pas aux villageois, ils doivent voir que nous n'avons rien contre eux, s'ils ne font rien contre nous. »
« À vos ordres! Et pour la reine, mon seigneur? »
« Il la récupéra demain à la même heure, si aucun signe de révolte est perçu de leur part. »
Le capitaine Moxil s'inclina à nouveau avant de ressortir, laissant son seigneur sourire seul devant son succès. Les choses recommençaient à aller comme prévu, après l'incident qui avait malheureusement laissé la vie au jeune Fanel. Il devrait d'ailleurs s'occuper de lui à nouveau prochainement.
Tous les passagers du vaisseau marchand des Fassa se trouvaient sur le pont où dans la salle de commandement à observer les groupes de citoyens qui s'éloignaient de la capitale en flammes. Plus ils approchaient, pire la situation semblait. Craignant que les attaquants, probablement toujours sur les lieux, n'aperçoivent leur vaisseau en approche, ils atterrirent avant d'arriver trop près de la cité.
« Nous allons aller voir ce qui s'est passé au sol pour ne pas attirer l'attention inutilement. » Annonça Ryon, accompagné de deux hommes de l'équipage.
« Je viens avec vous. » Décida Tarek.
« Moi aussi, » Ajouta Mia.
« Ce n'est pas complètement sans risque. Il vaudrait mieux que vous restiez ici avec les autres, nous reviendront rapidement. » S'opposa Ryon à la venue de l'adolescente. Il ne pouvait par contre refuser à un roi, même couronné depuis peu, le droit de l'accompagner.
Mia aurait facilement pu convaincre Ryon de la laisser venir, mais elle n'en fit rien. Elle décida plutôt de rester au vaisseau avec les autres et interroger les habitants qui passaient par là en quittant la ville.
Ryon et Tarek, accompagné de Egar et Diom, deux frères travaillant dans le vaisseau, progressèrent rapidement vers la ville. Lorsqu'il arrivèrent finalement à la hauteur des murs qui entouraient la capitale, ils s'arrêtèrent à l'affût du moindres mouvements suspects.
« Quelqu'un vient. » Souffla Egar à ses compagnons.
Tarek sortit l'épée de Fanalia de son fourreau, comme les trois autres. Les bruits de pas résonnant sur la pierre s'accentuèrent. Ils approchaient. À l'instant où ils passèrent à leur hauteur, les quatre hommes sortirent de recoin qui les dissimulait. Surpris, les arrivants sortirent leurs épées à leur tour. Durant les secondes qui suivirent personnes ne bougea jugeant à qui ils avaient à faire de part et d'autre. Ryon, Egar et Dian finirent par abaisser leur armes reconnaissant l'uniforme des nouveaux venus.
« Ce sont des soldats Egzardiens. » Spécifia Ryon à l'intention de Tarek, qui ne pouvait pas reconnaître leur tenue n'étant jamais venu dans ce royaume encore.
« Qui êtes-vous? » Demanda l'un des gardes, l'épée toujours levée.
« Nous sommes tous trois Egzardiens, à l'employe de Lord Dryden Fassa, et voici le nouveau roi de Fanalia, Lord Tarek Fanel. »
Les soldats échangèrent des regards surpris, ne s'attendant évidement pas à tomber sur un jeune roi aux portes de la ville. Ils baissèrent rapidement leurs armes et inclinèrent la tête légèrement en signe de respect.
« Que ce passe-t-il exactement? » S'enquit Tarek, ne jugeant pas nécessaire de faire traîner la conversation sur sa nouvelle position dans une situation comme celle-là.
« Nous avons été attaqué par surprise par un ennemi inconnu, Messire. »
« La ville a été presque entièrement détruite par les flammes, la majorité des habitants ont fuit vers les villages du royaume où chez nos alliés. L'ennemi a quitté nos murs dans les dernières minutes. Nous patrouillons dans toute la cité, pour nous en assurer et venir en aide aux citoyens encore présents. »
« J'aimerais rencontrer votre roi pour lui offrir mon support ainsi que celui de Fanalia, pouvez-vous m'indiquer où je le trouverai? »
« Je craints que ce ne soit impossible, le roi et la reine sont introuvables. »
« Que voulez-vous dire par introuvable? » S'inquiéta Ryon.
« Nous n'en avons pas la confirmation, mais l'ennemi a peut-être réussit à les faire prisonniers. » Avoua l'un des soldats.
« Pouvez-vous me conduire à celui qui commande en son absence dans ce cas? »
« Bien sûr, votre altesse, suivez-nous. »
Les gardes Egzardiens ouvrirent la fois en direction de l'Est de la ville. Une fois en chemin, Ryon chercha à obtenir d'autres informations.
« Auriez-vous eu connaissance du départ des résidence du manoir Fassa? »
« Il me semble avoir vu un vaisseau quitter leur demeure. Mais je n'en sais pas plus.» Répondit l'un des soldats après un moment de réflexions.
Les soldats leur résumèrent ensuite ce qu'ils savaient de l'attaque et son déroulement.
Pendant ce temps, à l'écart de la ville, les filles décidées à en apprendre le plus possible, interrogeaient les habitants qui fuyaient la ville dans leur direction. Chacun des récits que l'on leur relatait, parlaient d'attaques soudaines, de destruction, d'incendies, du chaos de la fuite, mais personne n'était vraiment en mesure de donner beaucoup de détails sur les attaquants eux-mêmes.
« Avez-vous vus qui à attaquer la cité? » Demanda Kimito pour une énième fois à une jeune femme qui avait fuit avec son vieux père.
« Je ne sais pas qui ils sont, mais je les ai vu. Ils sont passés dans la rue voisine à chez-moi avec des torches et des épées. Un petit groupe d'homme à tenté de les arrêter, pour donner le temps aux autres de prendre la fuite. Je me suis attardée un instant. Ces étrangers portaient tous des capes, les capuchons baissés sur leur visage. Mais nos hommes, les ont prit par surprise au tournant d'une rue. Ils n'ont pas réussi à les arrêter très longtemps, mais ils en ont quand même blessés une couple, avant de devoir prendre la fuite à leur tour au nom de leur vie. Par contre, durant la bataille, quelques-uns de leurs capuchons ont glissé. J'ai été des plus surprise lorsque l'un de ces capuchons révéla une longue chevelure, car il y a des hommes et des femmes dans leur rang. Un peu moins de la moitié de ce groupe semblaient être des femmes. »
La remarque n'avait pas surprise Kimito sur le coup, étant habituée à des soldats autant hommes que femmes sur terre. Mais en se rappelant qu'elle se trouvait sur Gaea et prenant en compte à quel point cette révélation semblait inconcevable pour l'Egzardienne, elle en conclut que les armées de Gaea ne devait jamais ou presque contenir de soldats féminins. Elle demanda à la jeune femme si elle avait remarqué quoi que ce soit d'autres qui pourrait les aidés. Malheureusement, elle n'avait rien d'autres de très utiles à ajouter. Kimito la remercie grandement d'avoir prit le temps de lui raconter son histoire et la laissa rejoindre les autres en route vers un endroit plus sûr.
Guidés par les gardes de la capitale, Tyo et Ryon arrivèrent sans embûche au poste de commandement improvisé. Ils les conduirent directement à un grand chevalier revêtu de son armure aux couleurs du royaume.
« Général. » L'interpella l'un des gardes de leur escorte.
L'homme se retourna dévoilant un visage d'âge mûr, recouvert d'une légère barbe brune parsemé de plusieurs pointes grisâtres.
« Des visiteurs souhaiteraient vous entretenir un moment. »
« De qui s'agit-il ? » Questionna le général, avec un pointe d'impatience dans la voix, il était en plein combat, ce n'était certes pas le temps de discuter avec les premiers venus.
« Son Altesse Tarek de Fanel, le nouveau roi de Fanalia. » Annonça le garde d'une voix clair.
Le général argua un soucis, intriqué et porta son attention sur le petit groupe de visiteur. Après un rapide tour, il devina lequel d'entre eux était le nouveau souverain de Fanalia.
« Bienvenue à Egzardia, votre majesté. Les circonstances sont, comme vous l'avez constaté, des plus troubles pour vous accueillir comme il se doit. »
« Laissons tomber les formalités voulez-vous, Général. C'est une affaire autre que la politique qui m'a amené dans votre royaume, lorsque j'ai appris la tragédie qui s'est abattue sur votre capitale. Je suis ici pour vous offrir mon support et celui de Fanalia dans ces temps difficiles. »
« Nous vous en sommes déjà reconnaissants, Messire. »
Le général se présenta alors plus en détail. Le véritable général actuel avait perdu la vie dans la bataille un peu plus tôt au début de l'attaque. L'ayant reconnu comme le meneur des troupes, l'ennemi l'avait visé directement. Lui, Gary Saduc, avait alors été nominé général pour le moment, il était en fait l'ex-général du royaume, poste qu'il avait occupé pendant une vingtaine d'année avant de passer le flambeau au défunt général. Tarek apprit ensuite au général Saduc que ses compagnons étaient à l'emploi de Dryden Fassa, l'un des commerçants renommés d'Egzardia et Asturia. Ryon tenta d'obtenir plus de renseignements sur le départ de son associé. Saduc n'en savait pas beaucoup sur la question, mais demanda à l'un de ses capitaines de s'approcher.
« Capitaine Clod, la résidence des Fassas se trouve bien dans votre secteur. »
« Oui, mon Général. »
« Voici, Ryon l'associé de Lord Dryden Fassa, que savez-vous sur l'évacuation du manoir ? »
« Le manoir a été entièrement évacué, mes hommes en ont fait la vérification et peuvent le confirmer. Lord Dryden et quelques autres auraient quitté les lieux à bord d'un vaisseau de taille moyenne à petite lorsque les incendies se sont propagés dans la ville, mes informations situent leur cap vers le sud. Les habitants restants, exclusivement Egzardiens, ont quittés les lieux avec le reste des réfugiés qui ont fuit la capitale, mais il me serait impossible de vous renseigner sur la direction qu'ils ont pris. Comme beaucoup de nos concitoyens, certains ont de la famille dans les villages à travers le royaumes où ils ont pu trouver refuge.»
Ryon avait donc la confirmation qu'il cherchait, tout le monde avait heureusement réussi à partir sain et sauf du manoir et Dryden était belle et bien partit vers le sud dans ce qui devait être son vaisseau personnel. La logique voulait donc qu'il ait prit la route d'Asturia, son pays natal où il avait vécu très longtemps jusqu'à ce que sa défunte femme April tombe malade et désire retourner vivre près de sa famille.
« Où se trouve, votre roi ? » Demanda Tarek, revenant sur la situation présente.
« Nous ne savons pas exactement. Il semble que les intrus aient pénétré dans le château dés le début de l'attaque pour enlever le roi et la reine. Leur disparition est des plus troublante, Lord Tarek. Car, voyez-vous, la garde en place dans le château n'a eu aucune alerte d'infraction. Deux gardes étaient même en poste près de la porte des appartements royaux et jurent n'avoir vu personne. Pourtant, lorsqu'on y entra pour avertir le roi de l'attaque, les quartiers ont été découverts désert. »
« Y a-t-il un autre moyen d'entrer dans les quartiers roi, une porte extérieur, un passage dissimulé ou autres? » Questionna Tarek, sachant que c'était le cas dans plusieurs royaumes, notamment le sien.
« Le seul passage mène au bureau privé du roi donc la seule autre issue même quelques porte plus loin dans le corridor où les deux garde étaient en faction, si on y avait passé, ils les auraient vus. D'ailleurs le passage était toujours dissimulé sans trace d'infraction du côté de la chambre. Pour ce qui est de l'accès extérieur, il mène sur un petit balcon isolé du quatrième étage. Aucun accès n'y mène à moins d'être un oiseau, je ne vois pas comment on aurait pu enlever deux personnes par là. »
Tout le monde présent approuvait le résonnement du général, Tarek, par contre, trouvait l'allusion à l'oiseau ironique, car lui-même pénétrait régulièrement dans sa chambre par le balcon. Néanmoins, le général avait raison de dire qu'il était dur d'expliquer la disparition soudaine du roi.
