Nous y voilà.
Comme annoncé, dernier chapitre de la première partie de cette histoire. Le prochain chapitre sera samedi, puis ce sera tous les samedis (parce que les chapitres seront plus longs, et parce que je serais en cours les mercredis).
Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Un OC m'appartenant vous fera ses salutations dans ce chapitre.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.
Un peu de musique, aussi, qui accompagnera une partie de ce chapitre. Il s'agit de La complainte d'un coureur de bois (qui est sur youtube : watch?v=Bz_dRab6otc).
Bonne lecture~
Chap. VI.
Grunlek, d'un coup de baguette, avait attiré à lui un tabouret et s'y était assis pour converser avec l'homme. Ce dernier avait le regard vissé sur la baguette du professeur, perplexe.
— Vous connaissez nos noms, mais nous ne connaissons pas le vôtre, monsieur…
— Bragg…, se présenta l'homme en reportant son regard sur Grunlek. On me surnomme aussi l'Intendant.
— Et vous vouliez nous prévenir, c'est bien cela ?
— C'est exact, Maître nain…
Le regard suspicieux de Grunlek fondit comme neige sous soleil d'été pour se parer d'une expression nostalgique :
— Cela fait bien longtemps que l'on ne m'a pas appelé ainsi.
— Je sais… C'était une jeune femme, n'est-ce pas ?... Nael était son nom…
— Vous la connaissez ? s'enquit vivement Grunlek. Comment va-t-elle ?
— Elle est morte, il y a quelques années… Mes condoléances, je crois savoir qu'elle était une amie pour vous…
— Morte ? souffla le professeur. Comment ?
— Tuée… par l'homme qui vous cherche…
— Vladimir Hannibal, c'est ça ?
— C'est cela, oui…
Grunlek hocha légèrement, assimilant l'information et le goût amer qui y était maintenant associé.
— Pourquoi cet homme nous cherche-t-il ? finit-il par demander.
— Vous et vos amis avez quelque chose qui l'intéresse, répondit Bragg dans un souffle court, si bien que Grunlek pensa lui donner un filtre de force.
— Quoi ?
— Les Codex.
Grunlek fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire toute référence à ces prétendus « Codex ». Mais rien ne lui venait à l'esprit.
— Qu'est-ce que sont ces… Codex ?
— Fut-il un temps où ils étaient des artefacts magiques d'une extrême puissance… Maintenant, peu de gens savent quelle forme ils ont pris…
— Et vous ?
— Non, malheureusement.
— Qui saurait ?
— Celui qui m'a envoyé vers vous…
— Et qui est… ?
Bragg jeta quelques coups d'œil alertes à Renata et balaya la salle du regard, avant de prendre une inspiration et de se pencher vers Grunlek pour lui souffler :
— Personne ne connaît son nom… Mais il se présente sous celui de Mahyar.
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Ecoutez tous mes bons amis
Vous qui vivez bien à votre aise
Je vais vous chanter le récit
De toutes les grandes misères
Qu'on peut avoir sur les chantiers
A travailler à s'ennuyer
Dans une forêt si sévère
Surtout dans le temps de l'hiver…
Le vieux pub était silencieux, malgré sa vingtaine de clients. Seules la voix de la femme et la musique de son luth résonnaient. Le dernier entré resta un instant près de la porte, le temps de nettoyer ses lunettes, puis se déplaça vers le comptoir le plus silencieusement qu'il le put, commanda à voix basse un whiskey avant de s'installer sur un haut tabouret. Il ne pouvait se résoudre à interrompre la femme. Car il était venu pour elle.
Quand faut partir pour les chantiers
Il nous faut tous quitter nos femmes
Nous faut quitter pareillement
Ce qui nous coûte le plus cher
Nos femmes et nos petits enfants
Restés terrés comme des loups
Dans une forêt si sévère
Surtout dans le temps de l'hiver
Le barman le servit avec des gestes économes, essayant de ne pas faire le moindre bruit. Personne ne tourna la tête pour les intimer au silence, leurs attentions fixées sur la femme.
Ici ils nous font travailler
Tous les six jours de la semaine
Le jour de l'an pareillement
Ainsi que tous les jours de fête
Qu'il vente pleuve ou bien qu'il neige
Même s'il fait les quatre temps
La misère est notre salaire
Surtout dans le temps de l'hiver
L'homme balaya la salle du regard, scrutant chaque personne, cherchant le danger en ce lieu enchanteur et enchanté. Mais il ne décela aucune aura belliqueuse, aucune mauvaise intention dans les postures, aucune silhouette ennemie.
C'est par un dimanche au matin
Au début de l'année nouvelle
J'étais couché sur les sapins
Chantant pour dissiper mes peines
En composant cette chanson
C'est en pensant à ma maison
Et c'est en pensant à ma belle
Surtout dans le temps de l'hiver
Il jeta donc un dernier regard à la porte, s'assurant qu'il l'avait bien dans son champ de vision, puis s'accouda au comptoir, verre dans une main, et soupira de contentement. La musique de la femme le délassait. Elle les délaissait tous.
Une vieille magie était à l'œuvre.
Ecoutez tous mes bons amis
Vous qui vivez bien à votre aise
Je viens de vous chanter le récit
De toutes les grandes misères
Qu'on peut avoir sur les chantiers
A travailler à s'ennuyer…
Dans une forêt si sévère
Surtout dans le temps de l'hiver…
Les dernières notes résonnèrent un moment dans l'air avant de s'évanouir dans le silence. Il y eut un moment de battement, comme si chacun essayait de faire durer cet instant magique si rare en ces jours, puis un homme applaudit. Puis un autre, et un autre. Toute la salle applaudit la femme qui posa son luth sur son socle.
L'homme sourit, puis avala une gorgée de son alcool. Il descendit de son tabouret, verre en main, slaloma entre les clients et s'approcha de la femme :
— Il est étonnant d'entendre la voix d'une barde en ces jours sombres.
La femme leva le regard vers lui et fronça les sourcils, soudainement sur la défensive. Mais l'homme ne fit que lui tendre sa main libre :
— Je me prénomme Ugryn. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais vous avez sûrement déjà croisé un de mes amis, Aztragoz.
La femme cilla, puis se détendit légèrement et se leva pour serrer la main tendue :
— Lien.
FIN PARTIE I
Voilà, Destin. Tes pions sont là, ceux dans l'ombre se tiennent prêts. Tes trames vibrent, impatientes.
Echangerons-nous un mot, un regard, un verre avant que tout ne commence ?...
Ou souhaites-tu lancer les dés au plus vite, avant que ton Domaine ne se déchire ?...
