Les reviews marchent à nouveau ! Yepee ! J'espère avoir répondu à tout le monde !
Concernant aujourd'hui, je ne vais pas vous mentir... ce chapitre est mon préféré.
Cher Guest, voici la suite !
Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Azradh, Lien et Nael, eux, sont mes OCs qui ont bien voulu se prêter au jeu le temps d'une histoire.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.
Bonne lecture~
PARTIE II
Chap. I.
— Quelqu'un a-t-il déjà pensé à envoyer à Hannibal une carte explicative sur ce qu'il s'apprête à faire ?
Ugryn hoqueta de surprise et recracha sa gorgée de thé dans sa tasse avant d'être pris d'une violente quinte de toux. Désolée, la barde glissa une serviette propre vers lui.
Le vieux pub avait retrouvé un volume sonore habituel, entre les discussions à voix basses et les éclats de rire, les verres que l'on entrechoque pour porter un toast et les couverts tintant sur les assiettes. Le mage-ingénieur toussa dans la serviette avant de prendre plusieurs inspirations erratiques, puis leva un regard sur Lien de l'autre côté de la table, son luth à ses côtés. Elle avait posé cette question le plus sérieusement du monde.
— Si cela pouvait être aussi simple…, soupira Ugryn. Azradh, votre ami, a été également contacté.
— Par vous ?
— Non, par Aztragoz.
— Vous êtes fou.
— Il a tenu à y aller lui-même. Et, de par les marques rouges sur sa gorge, j'imagine qu'il n'a pas pu s'empêcher de jouer sur la corde sensible.
Lien baissa les yeux et les ferma, dans un bref instant de recueillement. Ugryn en profita pour ajuster ses lunettes, passa une main dans ses cheveux gris, et attendit sagement que la femme revienne vers lui.
— Pardonnez-moi, murmura-t-il quand la femme rouvrit les yeux, je ne voulais pas…
—… jouer sur la corde sensible ? acheva Lien avec un petit sourire. J'ai fait mon deuil de Nael, mais pas Azradh. Il était très attaché à elle.
— Etaient-ils… ?
— Non. Mais ils étaient très proches. Ils se connaissaient déjà quand je les ai rencontrés.
— Quand était-ce ?
Lien fronça les sourcils, détailla l'homme en face d'elle et lâcha un petit rire, mi-figue mi-raisin :
— Vous cherchez à savoir si je connais toute l'histoire, n'est-ce pas ? Je suis conteuse d'histoires, Maître Ugryn, c'est mon métier de voyager, avec ou sans mes compagnons, à travers le monde et de conter. Mais aussi de les rassembler. Ne vous leurrez pas, personne de mortel ne connaît la véritable histoire, il y a trop de zones d'ombre, trop de magie pour notre temps. Les seuls qui savent, ce sont les Dieux et les Diables… enfin, ce qu'il en reste…
— Pourtant, vous êtes une partie de la mémoire de notre Monde.
— Notre Monde a changé, contra Lien d'une voix plus dure. Il a changé il y a bien longtemps, car Hannibal a tenté de déchoir les Dieux et les Diables. Il a échoué, contré par un groupe d'aventuriers. Les Codex ont voyagé, changé maintes fois de mains. Puis ils ont disparu. Cachés ? Détruits ?... Ou ont-ils trop changé pour que l'on ait pu suivre leur trace ?
— Les rumeurs racontent qu'ils seraient aux mains de ces fameux aventuriers, souffla Ugryn d'une voix plus basse qu'à l'accoutumée.
— Les rumeurs racontent maintes choses qui se contredisent toutes. Seule une entité connaît les tenants et les aboutissants, et il s'agit du Maître des Dés.
— Une autre personne ?...
— Vous pensez que Nael m'aurait dit quelque chose avant de mourir ? Si elle était au courant, elle n'a rien lâché. Et elle n'aurait rien lâché, pas même sous la torture.
— Vous n'étiez pas là…
— Non, le coupa-t-elle. J'aurais aimé. Qu'elle n'ait pas eu à mourir seule.
Ugryn but une gorgée de thé tiède sans ajouter un mot et laissa un silence s'installer entre eux. Il cherchait comment relancer la conversation sans paraître malpoli ou blessant pour ne pas la brusquer et faire échouer sa mission par la même occasion. Mais ce fut Lien qui, après avoir bu la dernière goutte de son chocolat viennois, planta son regard dans celui d'Ugryn :
— Qu'est-ce que le Maître des Dés attend de moi, exactement ?
.
Bob força une inspiration profonde à gonfler ses poumons alors que son mal de tête revenait en force. Dans sa besace, il fourra un pantalon de rechange, une gourde d'eau claire, et un nécessaire de soin. Rien de magique. Il laissa également sa baguette en épicéa sur son bureau, passa une cape sombre sur ses épaules et sortit de ses appartements pour tomber sur Shin qui l'attendait, toujours caché dans ses éternels habits bleus et adossé au mur, et qui leva un baluchon plein à craquer :
— Tiens, venant droit des cuisines. Grunlek est encore en cours en ce moment.
— Merci, sourit Bob.
Il faillit tendre la main pour que Shin lui donne le baluchon mais son ami quitta son poste pour commencer à marcher sans un mot. Bob esquissa un sourire, ajusta la sangle de sa besace et emboîta le pas, marchant à côté de lui en silence.
Shin l'accompagna un moment jusqu'à ce qu'ils sortent du Château et qu'ils retrouvent Théo. Le regard de Bob se posa immédiatement sur une curiosité : une épée au flanc du professeur de DCFM. Shin lui tendit le baluchon de nourriture, puis leur adressa un petit signe de la main avant de s'en retourner à ses serres.
— Allons-y, dit Théo en commençant à se diriger vers la Forêt Interdite.
Bob hocha la tête avant de déglutir, jeta un coup d'œil au ciel rougeoyant de l'après-midi et leva son capuchon sur sa tête, suivant Théo. Courage. Courage…
.
Le trajet s'était fait en silence, Théo n'étant pas forcément très loquace dans ces moments-là et Bob se concentrant pour garder une puissante magie sous contrôle. Ce dernier fut presque soulagé quand son regard se posa sur une maisonnette de pierre, et sur les sceaux au sol l'entourant, marqués de rochers blancs qui commençaient à luire dans le soir.
Théo passa les protections et laissa Bob les franchir à sa suite avant de lever les mains, les poser sur le mur invisible que formait le dernier rempart extérieur et psalmodier des mots dans une vieille langue, activant le sceau. Une protection. Un piège mortel. La dernière alternative. Rien n'y rentrerait, rien n'en sortirait. Et si, par le plus grand des malheurs, tous les autres sceaux venaient à être détruits, il se rétracterait vers son épicentre, tuant tout ce qui y était enfermé. Eux. Lui.
Bob recula pour entrer dans la maison. Une seule pièce, le sol dallé garni de tracés. Dans un coin, il déposa ses affaires, avant de retirer ses robes rouges et d'observer sa peau. Elle rougeoyait légèrement, et sur le dos de ses mains se dessinaient des débuts d'écailles.
Il inspira, puis expira, la boule au ventre. Par acquis de conscience, il passa une main sur son front et dans ses cheveux, puis se pencha pour retirer ses bottes et ses chaussettes, ne gardant que son pantalon. Il se dirigea vers l'épicentre, scruta les tracés. Théo avait dû y passer des heures. La nuit entière. Trois sceaux d'astreinte, plus dangereux les uns que les autres. Théo lui-même pourrait passer le quatrième sceau d'astreinte, mais les deux hommes savaient pertinemment qu'il était le quatrième sceau. Lui et son épée.
Et si le quatrième sceau venait lui aussi à tomber, il en resterait deux à l'extérieur de la maison, puis le dernier rempart.
Sept sceaux qui devraient tenir une nuit.
.
Bob fit jouer ses muscles, puis s'assit au centre des sceaux. Théo entra dans la maisonnette, ferma la porte derrière lui, puis déposa également sa propre besace, le sac de nourriture et sa cape dans un coin. Bob se coucha, dos nu contre les dalles froides, puis expira douloureusement.
— Prêt ? demanda-t-il.
Théo ne répondit pas, posa le genou droit en terre et sa main droite sur le premier sceau. Les tracés s'illuminèrent brièvement, arrachant un cri à Bob qui se couvrit le visage, crachant un juron dans une langue impie. L'autre homme se recula, activa le deuxième de la même manière, arrachant encore un cri à Bob. Puis le troisième.
Seule la respiration saccadée de Bob tranchait le silence quand Théo activa le quatrième sceau. Puis il se releva, sortit son épée de son fourreau et s'adossa contre le mur de pierre, observant Bob qui s'était recroquevillé en position fœtale, et posa la pointe de la lame sur les dalles. Tous les tracés s'illuminèrent une dernière fois, le hurlement de Bob leur faisant écho.
Théo ferma brièvement les yeux, murmurant une prière silencieuse, alors qu'un craquement sordide brisa le silence, accompagné d'un gémissement. Théo rouvrit les yeux, scruta le corps de Bob, immobile, et décala son pied pour répartir le poids de son corps plus intelligemment.
Une langue de feu jaillit vers lui et frappa le premier sceau.
Bob se redressa sur ses genoux, lui fit face. Ses yeux étaient uniformément rouges, des cornes recourbées avaient poussé sur son crâne. Elle était en train de sortir. L'entité tapie à l'intérieur de Bob.
Bob se releva lentement, et Théo et lui se fixèrent un long moment sans rien dire.
Une langue de feu frappa à nouveau le premier sceau.
Elle testait les protections. Elle les testait toujours.
Bob se plia en deux, hurla alors que les flammes se déchaînèrent autour de lui, emplissant le dôme protecteur. Quand, de longues minutes plus tard, les hurlements se turent enfin et que les flammes eurent disparu, Théo détailla la forme humanoïde qui se tenait au centre des sceaux. Deux ailes membraneuses rouges et griffues se rétractèrent par manque de place dans son dos. Sa peau rougeoyante était presque totalement parsemée d'écailles. Des griffes avaient remplacé les ongles. La créature lui adressa un sourire cruel, dévoilant ses canines affutées qu'elle n'hésiterait pas à planter dans la gorge de son vis-à-vis, et une langue serpentine vint goûter l'air à la recherche de la peur. Non, Théo n'avait pas peur. Pas encore.
La créature leva la main vers Théo, et une gerbe de flammes sortit du corps de la créature et vint frapper la première protection. La gerbe ne cessa pas, et si la créature faisait preuve de calme pendant les premières minutes, les flammes ne tardèrent pas à s'intensifier.
Combien de temps passa ? Des secondes, des minutes, des heures ?
La première protection céda.
.
Théo jeta un coup d'œil aux tracés alors que la créature s'acharnait contre le second sceau. Puis, il tourna la tête et sonda les ténèbres de la Forêt Interdite par une fissure dans le mur de pierre, essayant de deviner combien de temps s'était écoulé.
Le second sceau vacillait. La créature força. Le second sceau se brisa. La créature lui adressa un sourire, entre satisfaction vorace et cruauté inhumaine. Théo serra un peu plus la poignée et le pommeau de son épée.
La créature tendit les deux mains vers Théo. Les flammes vinrent frapper avec force le troisième sceau.
.
— HORS DE MON CHEMIN, MORTEL !
Théo quitta son mur, fit un moulinet d'épée pour s'assouplir le poignet, surveillant l'état du sceau du coin de l'œil. Il pouvait presque sentir le souffle chaud de derrière le troisième sceau. Qui commença à vaciller.
La lame brilla préventivement, alors que la créature s'acharnait sur la protection. Elle hurla de rage.
Puis les flammes s'évanouirent.
Elle braqua un regard haineux sur Théo avant de s'avancer vers le sceau, posa ses mains griffues contre la barrière qui pulsa à son contact et s'arqua, de l'énergie magique entourant ses mains. La barrière la rejeta, elle glissa jusqu'à se retrouver à nouveau au centre. Furieuse, elle tendit à nouveau les mains, des flammes s'échappant de son corps pour venir s'écraser contre la protection, et ce fut à ce moment-là que Théo le remarqua.
Un point de rupture dans la barrière.
C'était la première fois que la créature employait une telle technique.
Théo serra les dents alors que la rupture commençait à s'étendre le long du dôme, s'efforça à calmer les battements frénétiques de son cœur en s'imposant une respiration lente et se mit en position de défense, sur le côté de la créature, presque dans son dos, pointe de la lame vers elle, prêt à bondir et ses boucliers les plus puissants se déployant autour de lui.
Les flammes s'évanouirent. La créature vacilla, hurla et Théo fut contraint de se boucher les oreilles, lâchant son épée par la même occasion. Lorsqu'il put se redresser, la créature était tombée à genoux, et ses ailes commençaient à disparaître.
Théo lâcha malgré lui un soupir de soulagement en ramassant puis rengainant son épée. Ils n'étaient pas passés loin.
Bob reprit le contrôle de son corps, lentement, sûrement. Il hurla plusieurs fois, entre hoquets de souffrance et larmes de soulagement. Parfois, le sol s'embrasait, une boule de feu était lâchée au hasard, mourant avant d'avoir pu atteindre la protection que Théo consolidait en attendant.
Ce ne fut qu'au bout de longs instants que la voix éraillée de Bob émergea :
— Oh putain… oh putain ch'uis de retour… on est pas passé loin…
Il roula sur le dos et éclata d'un rire faiblard alors que Théo alla fouiller dans la besace de Bob pour en sortir le pantalon – puisque celui que portait l'homme n'avait pas résisté à la première gerbe de flammes – et la gourde d'eau. Il ouvrit la porte de la maisonnette, promena son regard au dehors, puis revint vers Bob. Il abaissa le troisième sceau avec maintes précautions, retenant sa respiration quand la chaleur le frappa de plein fouet, puis alla s'agenouiller à côté de l'homme et l'aida à boire à la gourde.
— Merci vieux… ch'uis crevé…
Un petit rire narquois échappa à Théo et il lui donna le pantalon et la gourde avant de se détourner et de sortir de la maison, appréciant l'air frais sur son visage. Il s'éloigna encore de la porte, contourna la maisonnette, puis s'effondra contre un mur, son cœur prêt à bondir hors de sa poitrine.
Ils n'étaient pas passés loin. Putain, ils n'étaient pas passés loin.
Il se força à retrouver son calme avant que Bob n'émerge de la maisonnette, titubant mais lui-même et habillé, chassant les dernières miettes de nourriture du coin de ses lèvres. En prenant son temps, Théo abaissa les trois autres protections, prit la besace et la cape que son ami lui tendit de ses bras tremblants de fatigue, puis ils se mirent en route vers le Château.
— Tu fais cours aujourd'hui ? demanda Bob d'une voix nasillarde.
— Seulement l'après-midi.
— Oh. Tes premières années font leur première séance sans moi. Faudrait qu'tu les disciplines un peu, ces marmots.
— Pas mon boulot, j'suis pas Directeur de Maison.
— Tu devrais. Quoique, on aurait une mini-armée à Poudlard. Ce s'rait bizarre…
Bob s'appuya contre Théo pour passer un enchevêtrement de racines sans se casser la figure. Une fois cet obstacle passé, Théo arrêta son ami et sortit son épée de son fourreau avant de se retourner :
— Y a un truc qui cloche.
Bob généra une boule de feu préventive au creux d'une de ses mains. Enfin, tenta. Puisque la boule de feu mourut lamentablement à peine née, et Bob fixa ses mains entre énervement et lassitude.
— Continuons, lâcha Théo.
Il se retourna et posa le regard sur le bourdon magique gravé de runes rougeoyantes contre lequel s'appuyait à présent Bob. Mais il choisit de ne rien dire.
Un trait les frôla et continua sa route pour s'écraser loin d'eux dans l'ombre des arbres. Théo leva son épée vers l'origine du trait et le bout du bâton de Bob s'enflamma, prêt à cramer tout ce qui bougeait dans cette foutue forêt.
— C'est bon, c'est moi les mecs !
Ils reconnurent la voix avant d'avoir pu apercevoir la silhouette se déplaçant agilement entre les arbres pour les rejoindre.
— Shin ! s'exclama Bob, soulagé.
— Désolé, leur dit le professeur de Botanique en s'arrêtant à leurs côtés. J'ai cru voir quelque chose dans les ombres.
— Des acromentules, sûrement, gronda Théo.
Bob devina plus qu'il ne vit la moue dégoûtée de Shin derrière son masque, puis posa le regard sur l'arc long qu'il tenait.
— En route, lâcha Théo.
Shin les laissa passer devant, puis généra une flèche de glace qu'il encocha préventivement, attentif aux ombres autour d'eux alors qu'ils retournaient au Château.
.
Azradh donna un petit coup de pied dans le cadavre de l'araignée, transpercée d'une flèche de glace – Aztragoz avait bien formé son élève. Malgré la grosseur de l'arachnide – soixante-dix centimètres à tout casser –, l'homme ne reconnaissait pas une acromentule. Non. Cette sale bête avait la carapace trop solide, les pattes trop fines pour être une de ces créatures. Un bref éclat sur la carapace attira son attention. Prudemment, Azradh s'accroupit, souleva une patte raide, et posa son regard sur un fragment minéral.
Un fragment minéral suintant de magie.
Azradh reconnut sans peine une gemme de pouvoir.
Il y a des choses que l'on ne peut vaincre qu'avec une ancienne magie, un ancien serment... Un serment oublié, mais gravé...
Il y a des choses qui sont parfois vouées à se répéter... Mais parfois, si l'on prend la peine, si l'on tend l'oreille, on peut peut-être les changer...
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A samedi~
(Oui, après Faire plus ample connaissance, je m'étais promis de ne plus mettre Bob à poils... Manqué, on dirait.)
Et si la description de l'entité tapie au sein de Bob diffère de ce que l'on a pu voir dans un certain épisode, c'est normal, ce chapitre a été écrit bien avant cet épisode.
