Merci à tous pour vos mots doux, vos favoris et vos follows ! :3
(Puisque la question a été posée : Lien se prononce comme si c'était écrit "Lienne")
Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Azradh, Lien et Nael, eux, sont mes OCs qui ont bien voulu se prêter au jeu le temps d'une histoire.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.
Bonne lecture~
Chap. II.
Une pluie diluvienne et habituelle inondait l'Ecosse. Dans le train, seule dans son compartiment, Lien fredonnait en feuilletant un carnet à la couverture de cuir. Celui où elle notait toutes les histoires qu'elle amassait au cours de ses voyages. Elle possédait une mémoire exceptionnelle, mais elle appréciait aussi mettre ce qu'elle connaissait sur papier. Une manière de pérenniser son savoir, dans un monde où la tradition orale ne subsistait qu'en quelques poches disséminées.
Du moins, elle posait sur papier tout matériel qui n'était pas un danger potentiel pour le monde. Car certaines histoires n'étaient pas faites pour être dévoilées aux profanes.
La femme soupira puis ferma son carnet, avant de se lever et de descendre l'étui de son luth du porte-bagage. Elle rangea le carnet, puis tira l'instrument et s'installa pour pincer les cordes. La mélodie d'une vieille chanson de geste naquit sous ses doigts, les paroles dansèrent dans l'air avec les notes de musique.
Le temps fila sans qu'elle s'en rende compte. Elle eut du mal à émerger quand la voix du contrôleur annonça par l'entremise de l'interphone que le train arrivait en gare. La barde rangea son instrument, s'assura que l'étui était bien fermé, puis s'habilla pour sortir, attrapa ses affaires et se présenta devant la porte. Elle n'était pas encore arrivée. Loin de là.
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L'auberge des Trois Balais n'était pas bien difficile à trouver; Pré-au-Lard, le village sorcier, lui, avait été plus compliqué à dénicher. Surtout pour une non-sorcière. Lien regrettait presque de ne pas avoir attendu quelques mois de plus pour attraper un Poudlard Express. D'autant plus qu'elle avait dû utiliser un Portoloin. Et qu'elle avait avalé un petit-déjeuner avant. Autant dire qu'il n'était pas resté longtemps dans son estomac.
Dieux, qu'elle détestait ce genre de moyen de transport.
Mais, avec la pluie battante, personne ne fit attention à son arrivée maladroite. Elle put donc continuer sa route et pousser la porte de l'auberge.
La chaleur et l'agitation vinrent la réchauffer. Son regard fut instantanément attiré par la source d'une musique entraînante, et elle avisa sur une petite estrade des instruments enchantés qui jouaient sans musiciens. La barde s'interrogea brièvement sur l'intérêt d'un tel procédé, mais abandonna sa réflexion quand, en pivotant la tête, elle posa le regard sur un visage familier.
Lien dégrafa sa cape détrempée puis rejoignit une table à l'écart. L'homme leva le regard vers elle, puis posa sa chopine et se leva. La barde s'immobilisa, incapable de lire sur le visage fermé de l'homme qui s'avança… et qui l'étreignit :
— Ça fait longtemps, conteuse d'histoires.
Lien sourit et lui rendit son étreinte :
— Trop longtemps, ami archer. Trop longtemps.
Ils relâchèrent leur étreinte et se sourirent, puis Azradh lui tira une chaise à sa table. Lien s'installa, son étui à luth contre sa chaise, sa cape mise à sécher sur le dossier de la voisine, commanda un bouillon de légumes pour son estomac malmené à la tenancière qui s'était avancée vers eux, puis se pencha vers Azradh :
— Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'araignées ?
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Couché à plat-ventre sur son lit, Hans mâchonna le bout de son stylet en cherchant quels évènements il pourrait encore rapporter à sa tante Elisabeth dans sa lettre. Alicia avait été assez gentille pour lui prêter sa chouette Cassis pour qu'il puisse donner des nouvelles à sa tante. Enfin. Après sa lettre à la fin de la semaine de la rentrée, il n'avait pas donné de nouvelles. Plus d'un mois et demi de silence. De quoi se faire tirer les oreilles en rentrant.
Il lui avait parlé de ses camarades de classe, de ceux qui avaient des sorciers dans leurs familles, contrairement à lui – enfin, avec son père et sa mère morts, il ne saurait jamais… Il lui avait parlé des cours, de celui chiant d'Histoire de la Magie avec ce professeur fantôme, de celui génial de Défense contre les Forces du Mal avec le professeur Silverberg, de celui de Botanique où ils avaient eu leur premier petit examen sur table et où un élève ayant triché avait eu sa copie gelée. Littéralement. De son copain Serdaigle qui l'avait invité pour une session de révision dans sa salle commune – une salle commune qui n'avait pas de mot de passe, mais où ils devaient répondre à des énigmes pour rentrer ! Il avait aussi eu une session de travail personnel dans le cours de Sortilège du professeur Lennon, mais il avait préféré jouer à la Bataille Explosive – un jeu où les cartes explosaient si tu n'étais pas assez rapide à les mettre en paires – pendant une partie des deux heures. Il avait dû rattraper son retard pendant une partie de la nuit – trente centimètres de parchemin sur les sortilèges de lévitation.
Il lui avait parlé du plafond enchanté de la Grande Salle et du repas qui apparaissait par magie sur les tables. Des escaliers qui bougeaient et qui les obligeaient parfois à faire des détours et à cavaler pour arriver à l'heure en cours – le professeur von Krayn avait été compréhensif la première fois qu'ils avaient été en retard, mais les avait prévenu qu'ils devraient faire plus attention à l'avenir. Il lui avait parlé d'Eden, la grande louve blanche, et avait minimisé sa peur quand il avait relaté leur première rencontre. Il lui avait parlé des tableaux enchantés qui tapissaient beaucoup des couloirs du Château.
D'ailleurs, en parlant de tableau…
Hans trempa son stylet dans son encrier, habilement calé par les couvertures, puis commença à écrire. Il avait remarqué qu'un personnage de tableau suivait en silence le professeur Silverberg à travers le Château. Une fille. Elle avait l'air d'avoir quinze ans, environ, mais n'avait rien dit quand Hans lui avait adressé la parole. Elle n'était pas habillée comme les élèves de Poudlard, mais elle portait une robe simple, et était toujours accompagnée de plusieurs chats. Quand il avait prudemment fait la remarque au professeur Silverberg, ce dernier avait levé le nez vers le tableau le plus proche, où se trouvait la fille, avait légèrement pâli, mais avait déclaré d'une voix ferme : « Te préoccupe pas de ça, gamin. » avant de tourner les talons et de s'éloigner. La fille, elle, l'avait regardé s'en aller en le foudroyant du regard. Lorsque Hans avait interrogé Justin Douglas, septième année et Préfet-en-Chef de Gryffondor, ce dernier avait haussé les épaules en déclarant que cette fille était un des nombreux mystères du Château, mais qu'elle semblait en vouloir au professeur Silverberg en particulier. Personne ne savait pourquoi. Et le professeur ne lâchait aucune information.
C'était bizarre. Mais pas plus que le calamar géant dans le lac.
Hans relut sa lettre une dernière fois, puis la termina en répétant encore une fois à sa tante qu'il l'aimait très fort et qu'il avait hâte que les vacances de Noël arrivent pour rentrer. Quoique, pensa-t-il, peut-être pourrait-il passer Noël au Château… mais dans ce cas, sa tante et sa grand-tante seraient seules pour les fêtes. Non, alors. Il rentrerait.
Il signa sa lettre, laissa sécher l'encre le temps qu'il aille chercher une enveloppe magique – une enveloppe qui ne laisserait pas son contenu se faire mouiller, très utile avec la pluie écossaise – dans sa malle, puis plia la lettre pour la faire rentrer dans l'enveloppe, cacheta le tout et la fixa à la patte de la chouette avant de lui donner l'adresse de sa tante et la conduire à la fenêtre de la salle commune. Il la lâcha en profitant d'une éclaircie, puis ferma la fenêtre, remonta dans son dortoir et entreprit de rassembler ses affaires pour aller se coucher.
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L'écho de ses pas rythmait sa marche solitaire alors qu'il arpentait les couloirs vides et sombres, à peine éclairés par la lueur d'une torche ou deux. Une main posée sur la garde de sa rapière, l'autre retenant d'épais dossiers, l'homme finit par arriver devant une lourde porte de bois. Il détacha la main de son arme, frappa deux fois contre le bois, puis pénétra dans la vieille bibliothèque en fermant la porte derrière lui.
Un autre homme s'y trouvait déjà, penché sur une table où se trouvaient divers papiers et cartes. Des lettres et des schémas. L'homme à la rapière s'avança et lui tendit les dossiers :
— Les derniers rapports, Sire Hannibal.
Vladimir Hannibal se redressa, puis prit les dossiers et commença à les feuilleter. L'autre homme se rapprocha de l'imposante cheminée et du feu ronflant qu'elle abritait pour s'y réchauffer.
— L'Intendant est donc bien hors de notre portée ? lâcha Hannibal d'un ton égal.
— En effet, même s'il doit être mort à l'heure qu'il est. Il a dû cependant réussir à alerter les aventuriers…
— Ce qu'il en reste, tout du moins. Il sera bien plus facile pour vous de prendre votre revanche sur le nain et le paladin, ainsi que sur le demi-diable.
Un petit rire échappa à l'homme à la rapière et il caressa la garde de son arme, visualisant en avance l'expression de douleur de Théo de Silverberg alors que la lame se glisserait entre sa quatrième et sa cinquième côte.
— Il est temps de finir ce que nous avons commencé, mon ami.
L'homme à la rapière sourit, puis acquiesça. Il en était plus que temps.
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Une trame s'illumina, comme un signal, une alerte. Le Dieu du Destin posa le regard sur elle, puis évalua d'un regard d'ensemble tout son Domaine. Il était donc temps…
Silencieusement, il se glissa entre les Possibles et atteignit un coin reculé du Néant avant de s'arrêter. De poser les yeux sur la masse informe d'ombres qui protégeaient un élément du Jeu. Il hésita légèrement. Très légèrement…
« Le cas échéant, ferai-je de vous mon ennemie ? »
« Si cela est nécessaire, Destin, oui. »
Il étendit la main au-dessus des ombres, murmura des mots dans une langue ancienne et oubliée des mortels. Les ombres se dissipèrent, les trames enroulées autour du corps se retirèrent.
Eveille-toi.
Un pion allait entrer dans la partie.
Les choses s'accélèrent, petit à petit... Mais nos "aventuriers" sont-ils prêts ?...
A samedi~
