Vi, il arrive tôt, puisque je ne serai pas là aujourd'hui. Ou sinon, vous l'auriez eu à des heures indécentes. (Et vous m'auriez tapé sur les doigts.) (Et vous auriez eu raison.)
Merci encore pour vos follows et vos reviews ! :3 Vos mots doux sont une belle source d'encouragements !
Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Azradh, Lien et Nael, eux, sont mes OCs qui ont bien voulu se prêter au jeu le temps d'une histoire.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.
Bonne lecture~
Chap. III.
La vieille Renata, infirmière de l'école de Poudlard, posa une main sur le front de Bragg. L'état de l'homme, après toutes ces semaines, restait stationnaire, sans s'empirer mais également sans s'améliorer. Il s'accrochait tant bien que mal à la vie. Mais avec tous les filtres de force qu'il avalait, Renata craignait un futur empoisonnement.
Elle avait essayé de le faire transférer à Sainte-Mangouste, où les soins lui seraient plus appropriés, mais il ne voulait pas sortir de l'enceinte du Château. Il mourrait, avait-il lâché, d'un ton trop sérieux pour n'être qu'un caprice de malade. Il mourrait s'il sortait.
Mais Bragg lui-même savait que ce n'était plus qu'une question de temps.
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Azradh, arc en main, filait d'un pas silencieux entre les larges troncs au sein de la Forêt Interdite, suivant la piste d'une araignée. Lien était restée aux Trois Balais, sachant très bien que cette petite balade n'était pas pour elle.
Soudain, la piste de l'araignée croisa celle d'un être humain. Un adulte, et plutôt lourd. Et de temps à autre, il trouvait les traces d'un bâton piqué au sol. Un mage ? Ou un promeneur ? Azradh privilégia l'hypothèse d'un mage – aucune personne saine d'esprit ne s'enfoncerait aussi loin dans cette maudite forêt étouffante… sans une bonne raison.
Un mage qui, lui aussi, s'était mis à suivre la piste de l'arachnide.
Azradh humecta ses lèvres, indécis, mais finit tout de même par lever sa main libre et tracer quelques signes dans les airs, avant de caresser les filaments de vent qui se formèrent et filèrent au-devant de lui. Puis l'homme tira une flèche hors de son carquois, l'encocha, et continua sa route en remontant la piste.
Il ne s'arrêta que lorsque les vents revinrent vers lui. Une femme, lui chuchotèrent-ils. Et, tout proche d'elle, un nid d'araignées géantes.
Azradh serra les dents, puis sprinta sur le terrain irrégulier de la forêt, les vents faisant les allers et retours pour le tenir informé de la distance qui le séparait de la femme et de l'activité des araignées. Il ralentit à une centaine de mètres de son but, reprit souffle et ralentit les battements de son cœur, puis continua sa route.
Une femme, en effet, d'après les longs cheveux bruns, lui tournant le dos. Elle était agenouillée derrière d'épais buissons. Mais Azradh ne percevait aucune aura magique autour d'elle, à peine une légère empreinte. Pas une mage, ni une sorcière. Et ce qu'il avait pris pour un bâton de mage était, en fait, une lance.
Et, d'après les vents, les araignées n'étaient pas loin non plus.
Sans faire un bruit, Azradh ramassa un caillou, le soupesa et le lança sur la femme, lui touchant la jambe. Cette dernière attrapa sa lance, se retourna, se mit en position de combat, l'acier pointé dans la direction de l'archer. Ce dernier se planta sur une racine, bien en évidence et, arc baissé, accrocha son regard. Ils se jaugèrent en chiens de faïence pendant quelques secondes, puis Azradh la salua d'un hochement de tête. Il n'attendit pas qu'elle baisse sa lance – pourquoi le ferait-elle ? – et s'avança à sa hauteur, restant à distance de l'arme.
L'homme s'accroupit, appuya son épaule contre le tronc d'un large arbre, puis resta le plus immobile possible. Les vents lui chuchotèrent qu'une demi-douzaine d'arachnides n'étaient pas loin de leur position. Il jeta un coup d'œil à la femme, puis se détacha de l'arbre et lui fit signe de s'apaiser quand elle agrippa sa lance un peu plus fort.
— Des araignées, à environ deux cents mètres. Une demi-douzaine.
Elle sonda son regard, puis hocha la tête avant de se redresser, à peine. Azradh contourna les buissons, puis fit un large détour pour éviter les araignées, la lancière derrière lui. Il grinça des dents; elle était trop bruyante dans sa marche, trop lente, comme peu habituée à ce genre d'exercice, à ce genre d'environnement. Alors il redoubla de prudence, l'attendant parfois afin qu'elle ne le perde pas de vue.
Enfin, ils réussirent à s'approcher suffisamment du nid pour qu'Azradh trouve ce qu'il avait espéré ne jamais trouver.
Il n'y avait pas que des acromentules. Malheureusement. Et, à vue de nez, elles étaient même minoritaires. Parmi toutes les araignées, beaucoup avaient sur leurs corps des éclats minéraux.
La femme serra sa lance, Azradh lui jeta un coup d'œil, afin de s'assurer qu'elle ne charge pas bêtement dans la mêlée. Cependant, rien ne sembla indiquer qu'elle ait eu en tête une telle folie. Alors l'archer entreprit d'essayer d'évaluer leur nombre, mais abandonna vite l'idée. Trop. Elles étaient simplement trop.
Estimant avoir trouvé ce qu'il cherchait et qu'il ne pourrait rien faire de plus, il tapota sur le bras de la femme et se recula avant de rebrousser chemin, le dos courbé. La femme le suivit – trop lente trop bruyante trop bruyante – et ils parvinrent à bonne distance du nid.
— Vous savez ce qu'elles sont, n'est-ce pas ? demanda la femme à voix basse.
— Malheureusement oui. Partons avant que…
Les vents l'alertèrent. Le bruit attira son attention. Son sang se glaça.
Elles arrivent elles arrivent elles arrivent !
— Fuyez, murmura-t-il d'une voix blanche.
La mâchoire de la femme se contracta. Elle prit ses jambes à son cou, l'entraînant à sa suite alors que ses jambes à lui avaient eu du mal à se mettre en mouvement. Il resta derrière la femme, lui faisant changer de trajectoire, jetant des coups d'œil derrière lui à chaque fois qu'il le pouvait. Mais un groupe d'arachnides se rapprochait.
Mais les vents lui apportèrent de tristes nouvelles. Azradh pesta contre ces créatures intelligentes. Il pesta contre le Destin, contre Hannibal, contre ces foutus Codex et ce foutu Monde qui ne cessait de vouloir survivre à n'importe quel prix.
Elles encerclent elles encerclent elles encerclent !
Dût-il mourir aujourd'hui, il en emporterait le maximum avec lui.
Il releva son arc, banda, tira. La flèche fila à côté de la lancière, alla se planter dans le crâne d'une araignée à une trentaine de mètres devant eux. Azradh héla la femme, puis continua jusqu'à un monticule, avant de tirer une seconde flèche qui arracha un cri d'agonie à une autre araignée. La troisième flèche trancha une patte d'une arachnide sans l'achever, mais la quatrième atteignit sa cible. Derrière lui, la femme tua une araignée de quelques coups de lance avant de passer à la suivante.
Trop trop trop…
Quelques araignées s'immobilisèrent dans un concert de cliquetis de crochets insupportable. Azradh tirait ses flèches sans réfléchir, empêchant les araignées d'approcher. Les vents lui apportèrent une nouvelle inespérée.
Sabots sabots sabots !
Un petit sourire étira ses lèvres alors qu'il acheva une araignée plus grosse que les autres de quatre flèches dans les yeux. Il sentait son carquois devenir trop léger trop rapidement.
— ARCHER ! hurla la femme.
Il se retourna, encocha, banda, tira la flèche dans la tête de l'araignée que la femme retenait tant bien que mal de sa lance. Puis retourna à ses propres araignées, notant rapidement que la femme était blessée. Pas le temps de s'en occuper.
Des cris inhumains mais non-arachnides dominèrent les autres cris. Une cavalcade fonça dans leur direction, mit la plupart des araignées en déroute, acheva celles qui restèrent de plusieurs volées de flèches.
Quand, enfin, un silence relatif retomba, Azradh put poser les yeux sur leurs sauveurs, de grandes créatures mi-équines mi-humanoïdes, et abaissa son arc sans pour autant décocher la flèche de sa corde. Ce ne fut que quand l'un d'entre eux donna son arc à un de ses compagnons pour s'avancer vers lui et la femme qu'il enleva la flèche pour la ranger dans son carquois, comptant du bout des doigts le nombre de projectiles restants. Trois. Un joli chiffre, mais extrêmement bas.
Azradh s'avança d'un pas, posa une main sur son cœur et s'inclina très légèrement :
— Tous nos plus sincères remerciements, maîtres centaures. Nous ne serions pas en vie sans votre intervention.
— Un mal ancien a pris possession du nid de ces créatures, répondit le centaure d'une voix profonde. Mars brille haut dans le ciel, et les étoiles annoncent à leurs observateurs des temps troublés.
Oh magnifique, des charades. Mais où était Lien quand il avait besoin d'elle ?
Azradh jeta un coup d'œil derrière lui, posa le regard sur la plaie sanguinolente au bras droit de la lancière, puis revint vers le centaure :
— Qu'annoncent encore les étoiles ?
— Des temps troublés, et l'émergence d'anciens pouvoirs, d'anciens Êtres.
— Que ferez-vous si les étoiles venaient à dire vrai ?
— Nous nous devons d'observer les étoiles, répliqua le centaure en piaffant, et nous n'interviendrons pas, si telle est votre question. Là n'est pas notre place.
— Pourtant, il s'agit de votre monde ! Les anciens Êtres se prennent pour des marionnettistes dansant avec un fou-furieux, et vous vous contenterez d'observer ?!
Les oreilles équines entourant la tignasse sur la tête de l'homme se couchèrent en arrière et le centaure se cabra, alors que les autres créatures reculèrent de la butte. Azradh se rendit compte que les vents se déchaînaient autour d'eux, alors il prit une inspiration, tendit son corps, serra les poings et banda sa volonté pour les apaiser. Quand, enfin, les vents se calmèrent, l'archer relâcha sa respiration et planta son regard dans celui du centaure qui répéta :
— Observer les étoiles sans intervenir, tel est notre rôle.
— Soit, gronda Azradh. Soyez donc acteurs de votre perte, et ne venez pas pleurer que votre peuple aura été décimé. Adieu.
Il descendit de la butte, reprenant au passage plusieurs flèches lui appartenant sur les cadavres des araignées, et arracha un bout de carapace chitineuse où se trouvait un éclat de gemme. Puis il s'enfonça entre les arbres, les vents bourdonnant autour de lui, les murmures agitant ses pensées. Il ne se rendit compte que bien plus tard qu'il était parti sans entraîner la lancière à sa suite. Et il ne fallait pas compter sur les centaures, ces autruches, pour apporter de l'aide à un humain.
Azradh respira profondément, puis fit demi-tour. Il ne tarda pas à retrouver la femme, qui avait pansé sa plaie à l'aide d'un morceau de ses propres vêtements.
— Azradh, se présenta-t-il.
— Arcana, lâcha-t-elle, entre gravité et reconnaissance.
— Il y a un village non loin de la forêt, nous pourrions y trouver un médecin pour votre plaie. Est-ce une morsure ?
— Non, un coup de patte. Je ne suis pas empoisonnée, si c'est ce qui vous inquiète.
Azradh hocha la tête, notant au passage que la lancière connaissait l'existence du poison des araignées, puis ils reprirent leur route. Ils trouveraient bien un médecin – ou un équivalent – à Pré-au-Lard. Sinon, les chants de guérison de Lien pourraient leur être utiles, si faibles soient-ils.
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Le médicomage – étrange de se nommer mage dans un environnement sorcier, parce qu'aux dernières nouvelles, il y avait une connotation… négative quand un sorcier parlait d'un mage – les regarda, légèrement étonné. Mais il s'abstint de tout commentaire et soigna Arcana d'un coup de baguette magique – littéralement – et d'une formule, puis les laissa aller quand Azradh l'eut payé pour son service.
Ils n'avaient guère échangé de paroles sur leur chemin vers le village, et Azradh, se rappelant quelques manières de bienséance, proposa à la lancière un repas chaud dans un endroit sec, afin d'échanger quelques informations. Elle accepta, et ils se rendirent au Trois Balais, croisant sur leur passage un nombre anormal de gamins en robes noires. Des élèves de l'école de sorcellerie non loin, supposa l'archer. Ils n'étaient pas sensés être en cours, en ce milieu d'après-midi ?
Quand Azradh poussa la porte de l'auberge, il fut accueilli par la magie familière que dégageait Lien lorsqu'elle chantait. Accompagnée de son fidèle luth, elle conta une légende en gaélique écossais – le nombre de langages maîtrisés par la barde était ahurissant, qu'ils soient anciens ou plus récents. La grande salle était plus bondée que d'habitude, bien que le volume sonore n'y était pas très élevé. Une chose qui n'avait guère changé avec le temps quand un barde séjournait dans la taverne d'un village. Azradh était heureux de voir que, même dans un village sorcier, certaines traditions anciennes perduraient, même inconsciemment.
D'autant plus que la ristourne sur leur chambre due aux prestations de Lien dans l'établissement était diablement intéressante.
Etrangement, la table du fond, à l'écart, était toujours libre. Azradh y guida Arcana, et comprit en y arrivant que des esprits aériens avaient occupé la place et ne cessaient de créer un courant d'air gênant, que plusieurs sorts n'avaient pas pu dissiper. L'archer sourit, puis tendit la main, sentant à travers ses gants de cuir les filaments de vent s'enrouler autour de ses doigts avant de se dissiper.
Arcana s'installa, posant sa lance contre le mur à côté d'elle, et Azradh s'assit également. Il leva la main pour commander des boissons chaudes et revivifiantes, et alors qu'il allait se pencher vers la lancière pour lui demander ce qu'elle faisait dans les parages, la musique s'arrêta. Lien devait avoir terminé sa ballade. L'archer envoya un courant d'air la taquiner, pour lui faire comprendre qu'il était dans la salle et souhaitait qu'elle le rejoigne, alors que la tenancière ramenait les boissons à leur table.
Azradh la vit s'approcher d'eux, mais elle fut arrêtée par un sorcier en robes rouges. L'archer fronça les sourcils avant de retourner à sa boisson. Lien saurait bien s'occuper du sorcier s'il devenait trop gênant. Elle n'était pas une experte dans le maniement des armes, mais elle savait se défendre.
Cependant, quand l'archer releva les yeux vers son amie, il la trouva en pleine discussion enjouée avec le sorcier. D'accord.
Azradh soupira, se disant que si Lien commençait à discuter de la sorte, il serait bon pour lui faire un compte-rendu de ce qui serait dit avec Arcana, quand son regard se posa sur une étrange personne. Ou plutôt, une demi-personne. Qui lui disait quelque chose…
Il pesta contre lui-même, incapable de mettre un nom sur ce visage, de retrouver où il l'avait déjà rencontré, même en le détaillant. D'autant plus que le semi-homme dut sentir son regard peser sur lui, puisqu'il l'accrocha au bout de quelques minutes.
Et lui aussi semblait essayer de le reconnaître.
En désespoir de cause, Azradh hocha la tête pour le saluer. Le semi-homme l'observa encore un instant, puis son visage s'illumina. Il devait l'avoir reconnu, et il s'avança vers lui avec un sourire. Quoiqu'un peu triste, ce sourire.
Et Azradh se rendit compte, de par la stature du semi-homme… qu'il ne s'agissait pas d'un semi-homme. Il s'agissait d'un nain. Depuis quand n'avait-il… Oh.
Oh.
— Maître Nain, salua l'archer lorsque son interlocuteur s'arrêta face à lui.
— Monsieur, répondit le nain. Je ne me souviens pas de votre nom, mes excuses.
— Azradh. Et je ne me souviens également pas du vôtre.
— Grunlek.
Le nain jeta un coup d'œil derrière lui, et Azradh en profita pour s'enquérir de l'état de Lien. Toujours en pleine discussion. Il lâcha un soupir, puis lui envoya un courant d'air un peu plus puissant qui la dérangea. La barde tourna la tête vers lui, lui jetant un regard noir, mais le sorcier interpela Grunlek. Ils se connaissaient donc.
Lien s'approcha de la table, accompagnée de l'homme. Azradh soupira, et profita du fait que l'échange d'informations ne serait pas pour tout de suite afin de faire signe à la tenancière – encore. Il avait promis un repas à la lancière.
Le regard inquisiteur de la barde se fixa sans surprise sur Grunlek, mais aussi sur son bras métallique.
— Lien, voici Grunlek, les présenta-t-il. Grunlek, voici Lien.
— Enchantée, sourit-elle avant de tendre une main que celle métallique du nain serra.
— C'est une ancienne connaissance de Nael, précisa l'archer.
— J'ai appris pour sa mort il y a quelques temps, dit Grunlek d'une voix grave.
— Nael ? demanda le sorcier en robes rouges en arquant les sourcils, le regard posé sur le nain. Qui était-ce ?
Grunlek leva les yeux vers l'homme et chercha une réponse. Qui était-elle ?...
Une main tendue. Une soupe au potiron, fade dans un premier temps. Un canapé. Un coup de pouce.
Souvenirs du passé, où les dangers étaient moins présents, peut-être...
Peut-être...
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A samedi~
