Salutations très chers, j'espère que vous avez passé une bonne semaine (et un bon Live ! :3) ! Merci à tous pour vos mots doux, favoris et follows ! :3
Ce chapitre est le dernier que j'ai d'écrit en avance, pour la simple et bonne raison que mon emploi du temps est overbooké ce semestre... et que les journées ne font que 24h. TT Je ne sais pas si j'arriverai à maintenir le rythme de une publication par semaine. Je verrai.
A. Aries : Contrairement aux apparences, Azradh a des bonnes manières... il faut juste qu'il se souvienne de les utiliser. Et de les enseigner aux vents car non, ça ne se fait pas de garder une place ainsi... Même si c'est vachement pratique, avouons-le. :3 (Et je suis flattée si tu penses à ce baroudeur par ce petit clin d'oeil ! :3)
Et j'avoue n'avoir jamais relevé de soupe au potiron grâce à du gingembre (mais j'avoue qu'après avoir fureté sur le net pour quelques recettes, ça me donne envie...). (Et aurais-je relevé un sous-entendu ? Trololo. XD)
Disclamer habituel : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Azradh, Lien et Nael, eux, sont mes OCs qui ont bien voulu se prêter au jeu le temps d'une histoire.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.
Bonne lecture~
Chap. IV.
— On veut pas d'toi ici, crevard !
Grunlek tenta de pointer l'un de ses agresseurs de sa baguette mais elle lui fut arrachée de la main et il récolta un violent coup de poing dans l'estomac. Le souffle lui manqua. Il tomba à genoux, puis de côté. Il tenta de se protéger du mieux qu'il pouvait, mais avec un seul bras, il n'arriva pas à stopper les coups qui pleuvaient sur lui. Ils n'utilisaient pas de magie. Il n'en valait pas la peine.
Les sorciers, étrangement, eux qui étaient habitués à une telle diversité dans leur monde magique, étaient des monstres d'intransigeance envers ce qui était… à la fois semblable et différent d'eux. Il n'était pas humain. Il n'était pas gobelin. Il ne pouvait être catégorisé comme une créature magique.
Une anomalie. Une erreur.
Finalement, les coups s'arrêtèrent de pleuvoir. Grunlek entendit encore des éclats de voix, des insultes et des menaces, puis ses agresseurs, lassés, s'éloignèrent. Il souffla, détendit ses jambes et son corps meurtris, et tenta de se relever. Il geignit de douleur, serra les dents, se traîna jusqu'au mur le plus proche, la pluie diluvienne le trempant jusqu'aux os. Finalement, il réussit à s'adosser au mur de brique et tenta de reprendre son souffle malgré la douleur sourde qui engourdissait son corps.
Etrangement, la pluie arrêta de s'écraser sur son crâne et il leva les yeux. Une personne. Humaine. Tenant un parapluie, une jeune femme posait sur lui un regard inquiet, avant de poser un genou sur les pavés inégaux et avancer sa main. Grunlek ne réagit que lorsqu'il sentit ses doigts effleurer la peau sensible et une chaleur s'en dégager. Il eut un mouvement de recul instinctif, se heurtant l'occiput aux briques, puis se toucha la joue avec précaution : la douleur avait disparu, la plaie avait désenflé et était guérie.
— Pouvez-vous vous lever, Maître Nain ?
Nain. Nain. Grunlek cilla, ouvrit la bouche puis la referma sans un mot et hocha la tête. Elle se releva, changea son parapluie de côté et lui tendit une main pour l'aider à se mettre sur ses pieds.
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Après avoir récupéré la baguette et que la femme se soit assurée que Grunlek n'avait pas de blessure potentiellement mortelle, étrangement, ils quittèrent le Chemin de Traverse et le Londres sorcier et s'engagèrent dans des ruelles peu fréquentées du Londres moldu. En faisant abstraction de la douleur sourde, Grunlek parvint à sentir quelques portes par lesquelles ils passaient… et qui n'étaient pas de magie sorcière. Non. Etait-il possible que cette femme soit une mage ? Non, elle n'en avait pas la présence. Elle était beaucoup plus terre-à-terre.
En effet, ils avaient quitté Londres pour une petite ville, alors que cela ne faisait qu'une dizaine de minutes qu'ils avaient commencé à marcher. Elle le guida jusqu'à une maison ; elle y possédait un appartement. Elle l'aida à monter les marches malgré ses blessures, puis une fois la porte refermée, elle le lui demanda de s'asseoir et de lui montrer ses blessures. Elle lui soigna les plus graves par apposition des mains, sortit un kit de soin pour les autres. Aucune baguette n'avait été sortie. Elle n'était pas sorcière, pas avec cette aisance dans les soins à la moldue ou par ses appositions des mains. Quand il lui posa franchement la question si elle était une sorcière, elle répondit que non. Quand il lui demanda si elle était une Moldue, il dut lui expliquer ce que cela voulait dire, et elle semblait plus mitigée sur la question.
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La soupe n'était pas très appétissante, mais elle avait le mérite de le réchauffer. En face de lui, la femme, après sa première cuillère, regarda son bol d'un air circonspect, puis se leva et fouilla dans ses placards, marmonnant des paroles intelligibles.
— Si vous avez de la muscade et de la crème…, proposa Grunlek.
La femme lui jeta un regard par-dessus son épaule, puis fouilla à nouveau et en sortit un sachet. De la muscade. Puis elle sortit de son réfrigérateur un pot de crème.
— Tenez, lui dit-elle en lui ouvrant le sachet et le pot et en les lui tendant, vous semblez mieux vous y connaître que moi.
Grunlek lâcha la cuillère et se saisit des ingrédients afin de relever la soupe. Puis, dès qu'il eut trouvé la bonne dose de poudre et de crème, il attira à lui le bol de son hôte pour en verser.
— Essayez.
La femme se rassit à sa place, ramena son bol vers elle, remua la soupe puis goûta. Grunlek vit une étincelle éclairer son regard et elle lui sourit :
— Merci, Maître Nain.
Il lui rendit son sourire, puis retourna à sa soupe avec un peu plus d'entrain. Il en reprit, saupoudrant de la muscade et y versant de la crème, et se rendit compte trop tard qu'il avait fini la casserole et que la femme ne s'était pas resservie une seule fois. Mais le regard et le sourire qu'elle lui adressa le rassura sur le point : elle avait fait exprès de ne rien dire.
Elle rassembla la vaisselle et la posa dans l'évier avant de lui demander :
— N'avez-vous pas de la famille dans les environs ?
— Non, admit Grunlek.
— Quelqu'un que vous pourriez contacter ?
Ses amis, peut-être ? Théo était Auror depuis quelques années, mais allez savoir où il s'était fourré… Bob, qui avait continué des études en magie, avait ses propres problèmes, tout comme Shin qui voyageait beaucoup à travers le monde aux dernières nouvelles…
La femme l'observa un instant alors qu'il gardait le silence, puis lui offrit :
— Restez ici quelques jours et reposez-vous. Vous pourrez aviser par la suite.
— Je…
Le regard calme qu'elle lui adressait lui fit comprendre qu'elle n'avait pas offert son aide par simple courtoisie, ni par pitié. Juste par bonté. Alors, presque soulagé, il accepta et la remercia.
— De rien, Maître Nain.
— Grunlek, se présenta-t-il enfin. Grunlek von Krayn. Et vous ?
— Nael.
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Vivre dans une maison à dimensions humaines n'était pas agréable au premier abord, mais cela valait tout de même mieux qu'une chambre miteuse sous les toits d'une bicoque du Chemin de Traverse. Nael était facile à vivre, elle qui était souvent en vadrouille la journée. Cependant, Grunlek avait insisté pour prendre les rênes de la cuisine, à la fois pour la remercier et pour être sûr de pouvoir manger sans grincer des dents. Tout était mangeable – dans le sens non-toxique du terme –, mais pas forcément très appétissant.
Quelques jours étaient devenus quelques semaines, puis quelques mois. Plus d'une demi-année. Il se plaisait avec Nael, et elle semblait partager ce sentiment.
Il avait naturellement migré du vieux canapé vers la petite chambre d'ami, et dès qu'il en trouvait, effectuait quelques petits boulots – parfois au noir – chez des herboristes et potionnistes sorciers.
Il avait rencontré un ami de Nael – Azradh, un bourlingueur vu son allure – et, à trois, ils avaient échangé sur l'existence d'une communauté magique parallèle, cachée à la fois au monde sorcier et au monde moldu. Ce fut quand l'homme quitta l'appartement de la jeune femme que Grunlek leva les yeux sur elle, lui demandant ce qu'il avait remarqué tout au long de la discussion :
— Mon misérable moignon vous intrigue encore ? Après tout ce temps ?
Nael lui adressa un regard légèrement surpris, sans la moindre once de contrition, puis répondit, songeuse :
— Disons que… J'ai, dans mes connaissances, un mage qui cherche un cobaye pour une expérience. Quelque chose alliant technologie et magie. Je crois qu'il pourrait vous donner un coup de pouce.
Un mage. Peu de sorciers pouvaient se nommer ainsi. Peu de sorciers se nommaient ainsi. La tendance à l'élitisme rebutait.
— Un mage ? répéta-t-il, entre curiosité et scepticisme. Qui est-il ?
— Il se prénomme Ugryn. Il m'en a parlé il y a quelques jours. Si vous le souhaitez, je peux vous mettre en contact.
Sa main vint se poser pensivement sur son moignon d'épaule. Quel genre d'aide pourrait-il bien recevoir ? A moins que ce mage n'ait un sort pour lui rendre son bras, alors que les médicomages avaient échoué avant lui ?
Le bruit d'une tasse que l'on déposait sur la table basse devant lui le sortit de ses pensées. Nael vint s'asseoir dans le fauteuil à côté du canapé, attendant patiemment sa réponse. La main du nain lâcha son épaule pour prendre la tasse d'infusion qu'elle lui avait préparée – la seule chose qu'elle était capable de préparer sans que ça ait un goût étrange – puis lui répondit :
— Pourquoi pas…
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Deux jours plus tard, Nael l'informa que Ugryn avait accepté de le rencontrer dans son atelier. Elle lui donna une cape – que Grunlek enchanta pour qu'elle soit à sa taille – et il remarqua, avant de sortir de l'appartement, que la jeune femme avait passé à sa ceinture sous sa propre cape… une épée. Il laissa son regard posé dessus une demi-seconde de trop, mais quand il le releva et qu'il croisa celui de Nael, elle ne dit pas un mot.
Un système de portes, encore une fois. Plus agréable qu'un portoloin, et Grunlek soupçonnait cette… magie alternative. Mais ce qu'il trouva à la fin de cette série de portes laissa ses sens suffisamment en émoi pour qu'il ne pense pas à poser de questions.
Parmi les ruelles tortueuses de la vieille ville, une le fit frémir d'impatience. Nael jeta quelques coup d'œil autour d'eux avant de les arrêter devant la porte d'une maison à colombages, frapper trois fois à l'huis d'acier, puis ouvrir la porte d'entrée, laissant Grunlek passer en premier et refermant la porte derrière elle.
— UGRYN ! cria Nael dans le vestibule.
Le silence lui répondit, la jeune femme lâcha un profond soupir. Elle enleva sa cape et l'accrocha à des crochets, et Grunlek lui donna la sienne pour qu'elle fasse de même.
Un bruit sourd résonna à l'étage. Nael jura, se précipita dans les couloirs alors qu'elle dégainait son épée, Grunlek sur ses talons et baguette sortie.
— Tout va bien ! entendirent-ils alors qu'ils montaient les escaliers de bois. Je me suis pris les pieds dans le tapis !
Un homme aux cheveux grisonnants émergea en haut des escaliers en se tenant le coin de la mâchoire. Nael resta immobile un bref instant, puis rengaina son épée à son flanc en marmonnant entre ses dents. Grunlek abaissa sa baguette, détaillant l'homme qui le détaillait en retour. Ce dernier ajusta ses lunettes sur son nez, puis descendit les quelques marches les séparant, passant à côté de Nael qui s'écarta à peine, puis tendit une main – la main gauche – à Grunlek :
— Ravi que vous ayez fait tout ce chemin pour me rencontrer, Maître Nain. Je me nomme Ugryn, et vous êtes… ?
Grunlek rangea sa baguette avec un soupçon de méfiance, mais serra tout de même la main de l'homme.
— Grunlek. Grunlek von Krayn.
Ugryn leva les sourcils :
— Un membre de la vieille famille von Krayn dans mon humble demeure ?
— Une ancienne vie, tiqua le nain.
L'homme hocha la tête, avant de lui proposer une tasse de thé que Grunlek accepta. Nael déclina l'invitation, prétextant avoir quelques affaires à régler, et assura à Grunlek qu'elle le rejoindrait dans la soirée.
Ugryn exposa donc, autour d'un thé noir fumant, son idée à Grunlek. Allier magie et technologie. Quelque chose d'expérimental, certes, mais le nain se laissa tenter par l'idée, peut-être influencé par l'enthousiasme du mage-ingénieur.
Nael revint, comme promis, dans la soirée et Grunlek et elle regagnèrent l'appartement de cette dernière, discutant tout au long du chemin. Le nain eut beaucoup de mal à s'endormir, l'esprit regorgeant de questions et d'espoir.
Un bras. Retrouver son bras droit. Ne plus se sentir incomplet, mutilé, inutile…
Grunlek repensa, cependant, à ce qui allait alimenter son bras. Des cristaux. De la magie sous une forme cristalline, capturée, pour mieux être redistribuée à son bras. Ugryn ne lui avait pas caché que son bras serait aussi relié à lui-même, comme son bras de chair, peut-être même plus encore. Relié à son corps, mais aussi à son esprit.
Il avait certes du mal à tout saisir – une journée entière à se creuser le cerveau, à faire miroiter l'espoir –, mais il était prêt à saisir cette chance…
Prêt à tenter cette aventure.
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L'opération, Merlin merci, fut effectuée sous anesthésie. Grunlek avait perdu toutes ses couleurs en voyant les bistouris.
Lorsqu'il se réveilla dans la chambre d'ami d'Ugryn, il croisa le regard attentif de Nael à son chevet. Il eut juste le temps de lui sourire, un peu groggy par l'anesthésie, avant qu'un violent mal de crâne ne l'assomme et qu'il ne retombe dans l'inconscience.
Quand il s'éveilla à nouveau, Ugryn avait rejoint Nael à ses côtés et auscultait son épaule peu sensible. Il entendit quelques cliquetis de métal, et le mage-ingénieur releva bien vite la tête vers son visage :
— Doucement, Maître Nain, un pas après l'autre… Comment va votre tête ?
— Mal…, répondit Grunlek d'une voix éraillée et la bouche pâteuse.
— Connexion bras-psyché. Heureusement que je n'ai mis qu'un peu de poussière de gemme…
— Ugryn…, gronda Nael.
— Oui oui oui… Fermez votre poing, maître nain.
Grunlek se rendit compte que sa main était entourée de celles de Nael. Il les serra doucement, attirant l'attention de la femme qui détourna son regard d'Ugryn pour le poser sur Grunlek, et il lui sourit un peu maladroitement – la faute à cette foutue anesthésie. Et elle lui répondit en serrant sa main et en lui rendant son sourire.
Le mage-ingénieur se racla la gorge pour réclamer leur attention, puis pointa quelque chose de l'autre côté de Grunlek :
— Ce poing-ci, maître nain…
Grunlek tourna la tête et aperçut une coque métallique entourant son moignon d'épaule. Il redressa la tête, aidé d'une main ferme de Nael, puis laissa son regard courir sur un bras de métal noir, pour le poser sur une main. Il se concentra, malgré la migraine qui lui vrillait à nouveau les tempes.
Ses doigts frémirent, puis se plièrent lentement.
Un éclat de rire échappa à Ugryn – ou peut-être était-ce à lui-même – et la main de Nael raccompagna sa tête sur l'oreiller.
— Ça sera dur, ça sera long, mais vous êtes en bonne voie, Maître Nain.
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Ce fut dur, et ce fut long. Retrouver un poids sur son côté droit, retrouver une extension de soi qui pouvait bouger… Il avait appris à ne faire qu'avec un seul bras, il devait à présent réapprendre à manier deux bras. Quelques bibelots en avaient souffert – rien qu'un Reparo ne pouvait arranger –, mais Nael avait rapidement mis en sécurité le peu auxquels elle tenait.
Ce qui lui semblait étrange, c'était les gemmes. Ugryn lui avait donné un mouchoir où était apposé un sceau qui, une fois déployé, captait la magie ambiante pour la cristalliser. Il avait longuement observé ce lent processus, fait tourner les petites gemmes dans ses doigts de chair pour en admirer les reflets internes…
Une chose, pourtant, lui laissait une pointe de déception. Son bras métallique ne ressentait rien. Oh, il était parfaitement capable de savoir s'il avait touché quelque chose autrement qu'en entendant un bruit de céramique se briser au sol. C'était même étrange. Il savait sans sentir. Mais il ne ressentait aucunement la chaleur de la main de Nael quand elle la posait sur son bras, à l'occasion. Il savait juste que sa main était en contact avec le métal.
Ugryn lui avoua, en ajustant ses lunettes, qu'il ne savait pour l'instant pas comment faire. Ce bras était une expérience. Mais, malgré tout, Grunlek était plus qu'heureux.
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Un jour, un hibou se présenta à la fenêtre du salon. Ce fut Grunlek qui lui ouvrit, et tomba dans ses mains une enveloppe, avec le cachet de cire familier de Poudlard, l'Ecole de Sorcellerie où il avait passé sept années de sa jeune vie.
Il décacheta l'enveloppe et en tira une lettre. Il dut s'asseoir, et relire plusieurs fois le message. Viktor Oppenheimer, ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal, avait été promu en tant que Directeur de l'Ecole en début d'année scolaire – Grunlek n'avait pas suivi les nouvelles de la communauté sorcière depuis son emménagement chez Nael – et il cherchait un professeur de Potions remplaçant, le temps que le titulaire du poste sorte de son arrêt maladie. Des anciens élèves de Poudlard ayant eu un Optimal aux A.S.P.I.C., Grunlek était le seul qui lui semblait disponible… Prière de répondre rapidement.
Le nain posa le regard sur le hibou qui le fixait du haut du dossier de la chaise. Puis il observa son bras mécanique. Il avait longuement discuté avec Ugryn sur les possibles interactions entre son bras et la magie. Mais, selon les dires du mage-ingénieur, il ne devrait pas y avoir de problème… « devrait ».
Et puis, c'était un poste de remplacement. Le temps que les problèmes se manifestent, le professeur titulaire serait revenu et aurait repris sa place.
Grunlek se leva, prit une lanière de bacon dans le réfrigérateur qu'il donna au hibou pour le récompenser et le faire patienter encore un peu, puis fouilla dans un tiroir pour en sortir une enveloppe et du papier à lettre, ainsi qu'un stylo. Il rédigea sa réponse positive, la signa, puis la glissa dans l'enveloppe qu'il scella et accrocha à la patte du rapace, avant de lui ouvrir la fenêtre et de le regarder s'envoler et s'éloigner.
Il garda un sourire aux lèvres tout au long de la journée, commençant à préparer une liste de tout ce qu'il aurait besoin. Dès que Nael revint le soir venu, il partagea immédiatement la nouvelle. Elle fut heureuse pour lui, et lui proposa de fêter ça autour d'un verre.
— Vous détestez les fêtes et les endroits trop bondés, pointa Grunlek.
— Peut-être, mais c'est important pour vous, non ?
— Je préfèrerais rester ici, fêter ça au calme, avoua-t-il.
Nael hocha la tête, et ils s'attelèrent ensemble à la confection d'un bon repas – inutile de dire que la jeune femme avait tout de même fait des progrès en cuisine lors de leur cohabitation – qui se termina par une infusion sirotée sur le canapé, sous les couvertures, à échanger les quelques anecdotes encore à raconter. Ils parlèrent jusque tard dans la nuit, s'endormant sans s'en apercevoir.
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Si, auparavant, les regards se posaient sur lui à cause de sa petite taille et de son moignon, ils se posaient à présent sur lui à cause de sa petite taille et de son bras métallique. A Poudlard, il retrouva Bob – Balthazar Octavius Barnabé –, ce flamboyant Serdaigle, comme professeur de Sortilèges en poste depuis une année scolaire, qui l'accueillit avec une accolade et des tonnes de questions. Théo était toujours Auror – au grand dam de Viktor Oppenheimer –, et Shinddha était perdu quelque part en Suède d'après la dernière lettre datant de deux mois qu'il avait envoyé à Bob.
Il trouva rapidement ses marques, des techniques pour palier à sa taille en salle de Potions, et échangea quelques lettres avec Nael. Comme il l'avait prévu, elle s'épanchait peu sur ses activités, se contentant principalement de se montrer curieuse.
Puis le poste se retrouva vacant suite au déménagement du professeur titulaire, et Grunlek le garda tout naturellement. Nael, quant à elle, lui annonça qu'elle devrait voyager hors du pays, et qu'elle ne savait pas pour combien de temps.
Leur correspondance finit par cesser.
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Bob observa Grunlek qui cherchait ses mots, dans ses pensées, un air triste sur le visage. L'homme posa une main sur l'épaule de son ami, lui signifiant à la fois son soutien et qu'il n'avait pas besoin de répondre à sa précédente question. Puis il leva sa baguette, lançant deux sortilèges aux alentours – un pour diminuer le volume sonore environnant, l'autre pour empêcher que leur conversation soit entendue par des oreilles indiscrètes.
La barde, quant à elle, s'assit à côté de l'homme déjà attablé après avoir posé son instrument de musique à l'abri, et la tenancière vint déposer un repas que l'autre femme commença à avaler sans un mot.
La voix de Grunlek s'éleva, faible mais grave :
— Comment est-elle morte, barde ?
— Tenez-vous à le savoir, Maître Nain ? répondit la femme sur le même ton.
Grunlek hocha la tête et la releva pour planter son regard dans celui bleu de la barde. Cette dernière cilla, puis se redressa sur sa chaise dans une profonde inspiration, ferma les yeux pour se couper du monde et conta d'une voix grave :
— Nombreux étaient les adversaires et seul était le chevalier. Maints étaient les coups et faiblissantes étaient ses forces. Le bouclier fut fendu, l'armure fut perforée, la chair fut atteinte, percée, malmenée. Faiblissantes étaient ses forces, et proche était le voile sombre de la mort. Nombreux étaient toujours les adversaires, et seul était toujours le chevalier. S'avança leur chef, ses sbires reculèrent. L'épée était trop lourde dans les mains du chevalier. La chair fut à nouveau percée, le sang se remit à couler. Le chevalier se brisa le genou sans un cri, tenta de se relever. Le chef profita d'une faille béante dans le dos de l'armure, y plongea son épée de part en part, transperçant le cœur. Ainsi se termina la vie du chevalier…
La femme reprit une respiration saccadée, puis rouvrit les yeux pour croiser le regard brillant de tristesse et de colère du nain, qui murmura d'une voix blanche :
— Ils ont fait durer…
— C'est ce que les lieux nous ont montré, Maître Nain, lâcha la voix grondante d'Azradh. Les lieux, l'état de son corps et les murmures des vents…
Bob sentit la chape de plomb qui était tombée sur eux. La main toujours sur l'épaule de Grunlek, il croisa le regard de l'autre femme qui venait de terminer son repas, et elle le détaillait. Le sorcier ne put s'empêcher de lui sourire, un brin charmeur, mais ne recueillit qu'un regard grave de sa part.
Le compagnon de la barde lâcha un bruyant soupir, puis se tourna vers la brune avec laquelle il était entré, et lui demanda ce qu'elle faisait ici. Elle laissa son regard posé encore quelques secondes sur les deux sorciers, puis se tourna vers son interlocuteur qui sirotait son breuvage :
— J'ai été envoyée par Sœur Maeda…
L'homme recracha sa gorgée, aspergeant sa voisine conteuse au passage.
— Par les Vents, toussa-t-il, que veut cette vieille chouette encore ?!
— L'Intendant a disparu, continua la femme avec gravité. La dernière fois qu'il a été vu, il se dirigeait vers cette Forêt.
— Et vous avez eu la brillante idée d'aller regarder du côté d'un nid d'araignées surdimensionnées…
— L'Intendant…, les interrompit Bob. A quoi ressemble-t-il ?...
Grunlek sortit de ses sombres pensées pour relever la tête et croiser le regard de son ami, alors que la femme lâchait les informations au compte-goutte :
— Environ votre taille, messire sorcier. Cheveux noirs courts, et yeux marron.
— Et aussi pâlot qu'un vampire, lâcha l'homme qui avait repris ses pleines capacités pulmonaires.
L'homme résidant à l'infirmerie. Bragg. Ce fut Grunlek qui prit la parole, s'adressant à l'homme attablé plus qu'à la femme :
— L'Intendant Bragg, si je ne m'abuse. Il a été blessé, et il occupe un lit de l'infirmerie de Poudlard.
— Blessé ? releva la barde. Quel genre d'arme ?
— Arme blanche, sûrement moldue… Bien que la plaie n'arrive pas à cicatriser, et que Bragg ne se remet pas complétement.
La barde l'observa sans rien dire, puis se cala contre le dossier de sa chaise, la mine sombre. L'autre femme se leva et leur ordonna d'un ton ferme :
— Menez-moi à l'Intendant.
Intendant, cher Intendant, avez-vous réellement les réponses à leurs questions ?... Quel genre de pion êtes-vous, dans ce grand Jeu, dans cette Partie ?...
Que savez-vous, que croyez-vous savoir, et que ne savez-vous pas ?...
(Et quelle est cette ombre qui plane au-dessus de vous ?...)
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A samedi, je l'espère !
(Sinon, ceux qui ont followé sauront. Les autres, je suis sur Twitter (SAtlantos), je pense y mettre des nouvelles de l'avancée à l'occasion.)
Petit dico en passant :
- A.S.P.I.C. ("Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante") est l'examen que les élèves de dernière année (la septième) passent... ce qui pourrait se rapporter plus ou moins au Baccalauréat en France (et j'avoue, amis francophones hors France, que je ne sais pas à quoi il correspondrait chez vous... mais je suis curieuse, si vous voulez m'instruire).
Merci MayaLuna34, qui nous écrit par hibou québécois que les ASPIC sont équivalents au D.E.C. (Diplôme d'Etudes Collégiales) chez les Moldus. Envoyez-lui des Chocogrenouilles !
- Optimal est la meilleure note qu'un élève puisse espérer avoir à un examen. Dans l'ordre décroissant, un élève réussit son test avec un Optimal, un Effort Exceptionnel ou un Acceptable. Toujours en décroissant, un élève rate son test en ayant un Piètre, Désolant, ou Troll.
