Si si, je suis vivante.

Ce chapitre fut long à écrire, les personnages dissidents au possible, et les exams de milieu de session sont terminés... reste donc le reste des devoirs. XD

Mais votre non-amour pour Maeda est une source de ravissement éternel.

En tout cas, merci à tous pour vos mots doux, vos favoris et vos follows (qui vont rester utiles, d'ailleurs...) qui me font toujours aussi plaisir ! :3

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A. Aries : Il est vrai que beaucoup de choses risquent d'intriguer. Et j'espère que ce n'est pas fini~
(Et je ne me suis toujours pas remise du gingembre. XD)

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Disclamer : L'univers de Harry Potter appartient à JKRowling. L'univers d'Aventures, lui, appartient à Mahyar (ainsi que la flopée de PNJs). Théo de Silverberg & Viktor Oppenheimer, Grunlek von Krayn, Shinddha Kory et Balthazar Octavius Barnabé appartiennent respectivement à Fred du Grenier, Krayn, Seb du Grenier et Bob Lennon.
Azradh, Lien et Nael, eux, sont mes OCs qui ont bien voulu se prêter au jeu le temps d'une histoire.
Je ne me fais toujours pas d'argent sur mes écrits.

Bonne lecture~


Chap. V.

Finalement, ils n'avaient pas pu le faire, cet échange d'informations… Azradh soupira alors qu'il promenait son regard sur la pierre grise des couloirs de l'Ecole de Sorcellerie. Et sur les tableaux. Des tableaux vivants. L'archer laissait le soin à Lien d'accumuler connaissances et anecdotes auprès du sorcier en robes rouges – Balthazar – qui ne tarissait pas de belles choses à raconter. Et il flirtait aussi, le pauvre. Enfin, tentait. Car dès qu'il y avait matière à histoire à créer, ou connaissances à rassembler, Lien oubliait tout. Sa curiosité naturelle prenait toute la place. Ce qui avait exaspéré Nael, dans un premier temps…

Une pointe d'amertume lui piqua l'esprit et un courant d'air vint se loger dans ses dreads en une tentative de réconfort. Un petit sourire lui échappa, puis il posa le regard sur le nain les accompagnant. Lien pensait qu'il n'avait pas fait son deuil de Nael… et elle avait raison. Il n'avait pas pu retrouver un compagnon d'arme de cette trempe… Il n'avait pas pu se résoudre à laisser sa sœur de tout sauf de sang partir. Sans s'en rendre compte, l'une de ses mains toucha, par l'entremise de ses vêtements, la petite sacoche qu'il portait au cou, contenant le précieux dé de cristal.

L'Intendant Bragg était proche. Peut-être saurait-il répondre à leurs questions.

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Bragg somnolait sur son lit, aussi loin que possible de la porte d'entrée de l'infirmerie, quand il reçut une étrange visite.

Etrange, mais ô combien bienvenue.

— Arcana, souffla-t-il quand il reconnut la femme.

Celle-ci, égale à elle-même, le salua avec un hochement de tête grave, puis le détailla en pinçant les lèvres. Il survivait, mais n'était indéniablement pas dans le meilleur de sa forme.

A ses côtés étaient entrés Balthazar Lennon, professeur de Sortilèges, et Grunlek von Krayn, professeur de Potions. Mais ce qui étonna l'Intendant, ce fut la présence de deux autres personnes. Une femme aux longs cheveux noirs et aux yeux bleus, vêtue d'habits colorés sous une cape rouge aux motifs dorés, un instrument de musique dans le dos. Une inconnue, pour lui. Cependant, Bragg reconnaissait l'homme à ses côtés. Plus sobrement habillé, les dreadlocks châtain foncé retenues loin de son visage par un bandeau sombre, l'archer au carquois fort peu rempli et à l'arc passé dans son dos dardait sur lui un regard vert, entre attente et sévérité. Un paria, refusant de rentrer dans les rangs et de se soumettre à l'autorité du Sanctuaire, siège de la… communauté parallèle, comme se plaisaient à l'appeler certains.

— Intendant Bragg, gronda l'homme.

— Archer, répondit-il simplement alors qu'Arcana amorçait un mouvement préventif en resserrant sa prise sur sa lance.

Les portes de l'infirmerie s'ouvrirent à la volée pour laisser entrer un homme aux cheveux noirs dont les robes sombres de sorcier claquaient alors qu'il terminait son mouvement et remontait l'allée à grandes enjambées, conférant à leur porteur une aura de sévérité… étrange. Si Bragg fermait les paupières, juste un instant, ce serait une silhouette lumineuse qui lui apparaîtrait en pensant à Théo de Silverberg.

Mais l'étrangeté s'atténua quelque peu quand il vit une personne suivre son sillage pour refermer les portes, manquant d'enfermer – délibérément, il semblerait – une massive louve blanche au dehors. Une personne encapuchonnée et au bas du visage masqué par un foulard bleu foncé, de la même couleur que l'intégralité de sa tenue. Shinddha Kory, bien évidemment. Ici, professeur de Botanique.

La louve vint se frotter contre le nain, et alors qu'Arcana détaillait les nouveaux arrivants, l'archer paria sortit quelque chose de sombre de sa sacoche et le jeta sur son lit :

— Vous reconnaissez.

Ce n'était pas une question. C'était une affirmation.

Bragg tendit la main pour ramasser l'objet, écoutant d'une oreille distraite Silverberg gronder à Lennon quelques remarques sur l'utilisation d'un Patronus pour lui transmettre un message. Il retira le linge l'enveloppant et se désintéressa de la surface gluante d'un côté pour se concentrer sur l'autre, noire et lisse et… et incrustée de…

— Une gemme de pouvoir ? lâcha-t-il à voix haute sans s'en rendre compte.

— Je vous donne un indice, grinça le paria, la bestiole à qui ça appartenait était trop grosse pour notre bien à tous, et possédait huit pattes.

Bragg lui même serra les dents. Une araignée. Evidemment, il retombait dans ses vieux schèmes. Inconsciemment, le blessé porta une main à son flanc, se souvenant de la douleur cuisante qu'il avait ressentie lorsque cette blessure lui avait été infligée.

Arcana remarqua son mouvement vers sa plaie qui ne se décidait pas à guérir, et lui demanda :

— Qui vous a fait ça ?

Il cilla, posa le regard sur la lancière, puis soupira :

— L'homme de main d'Hannibal.

— Avec quel genre d'arme ? enchaîna Balthazar Lennon en se désintéressant de l'autre professeur.

— Une rapière.

Le sorcier en robes rouges leva les sourcils, et Bragg vit le paria échanger un regard avec l'autre femme du groupe.

— Une rapière ? continua le sorcier. Une simple rapière ne pourrait pas faire un tel effet, sauf si elle est doublée d'une…

Malédiction, termina Bragg.

Maudit à toujours être entre vie et mort, jusqu'à sa délivrance par le trépas…

La porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée. Silverberg pivota, baguette en main et tendue vers l'entrée… puis l'abaissa lorsqu'il vit qui s'avançait vers eux. Bragg avisa le vieil homme en lourdes robes qui se rapprochait, dardant d'un regard sévère le groupe, et plus précisément sur les trois personnes récemment arrivées. Viktor Oppenheimer, le… Directeur de l'Ecole de Sorcellerie.

Théo, siffla le Directeur, tu les as laissés entrer ?

Il sembla qu'un vague malaise plana parmi les quatre professeurs. Le paria fronça les sourcils, se décalant légèrement pour se placer davantage entre son amie et le Directeur, et Arcana raffermit sa prise sur sa lance, analysant la situation du regard.

— L'Intendant Bragg était recherché par cette charmante femme, l'informa le professeur de Sortilège en s'avançant d'un pas, les mains levées en signe de paix, désignant Arcana d'un vague coup de tête dans sa direction.

— Vraiment ? siffla Oppenheimer alors qu'une esquisse de sourire étirait ses lèvres. Alors laissons cette charmante femme prendre l'Intendant Bragg avec elle et quitter Poudlard…

— Attends, grinça Silverberg, ce mec arrive à passer les protections de Poudlard et se fait blesser sur le Domaine par une arme ensorcelée – oui Bob, maudite, peu importe –, et c'est tout c'que ça t'fait ?

— Ce qui se passe chez eux n'est en rien les affaires du monde Sorcier. Laissons ces gens s'occuper de leurs problèmes et occupons-nous des nôtres.

Bragg vit le paria amorcer un mouvement pour interpeler le Directeur, mais son amie lui attrapa le poignet et le serra, l'incitant au silence. Ces gestes passèrent totalement inaperçus aux yeux d'Oppenheimer et de Silverberg, le ton montant entre eux, doucement mais sûrement…

— Ces problèmes nous affectent aussi, il semblerait. On a quelqu'un qui passe les barrières alors qu'il est pas sorcier, et ça te fait rien ?

— J'ai déjà envoyé un hibou aux autorités compétentes, Professeur Silverberg. Laisse-les donc faire leur travail, laisse ces personnes avec leurs ennuis, et n'oublie pas ta place !

— Putain, je sais que je suis plus Auror, alors lâche-moi avec ça ! s'emporta Silverberg alors que des étincelles crépitaient entre les deux hommes. Pourquoi ils t'énervent autant, d'abord ?

— Parce que c'est cette communauté qui a tué ton père ! cracha l'autre homme. Et je ne laisserai pas la même chose t'arriver !

Silverberg se figea. Une longue minute. Puis articula, la voix grinçante à cause de ses muscles trop crispés :

Cette communauté… Tain Viktor, c'est quoi ces conneries ?! Mon père a été tué par un mage noir !

— Non. Il a été tué par un membre de leur communauté, avoua-t-il en dardant sur Bragg un regard froid. Tué parce qu'il avait un pied dans chaque monde, le leur et le nôtre.

Il posa à nouveau les yeux sur Silverberg :

Je ne laisserais pas la même chose t'arriver. Laisse-les à leurs affaires, Théo. Cela ne nous concerne pas. Et certainement pas toi.

— Va te faire foutre, Viktor. T'es pas mon père, et je n'ai aucun compte à te rendre.

— Il n'aurait pas voulu…

Il est putain de mort, le coupa le professeur. Il est mort parce qu'il n'était pas assez fort. Moi je le su…

Un claquement sec résonna. La tête de Silverberg pivota d'un quart de tour, le déséquilibrant légèrement. Abasourdi, il toucha sans un mot sa joue cuisante, alors qu'Oppenheimer avait encore sa main levée.

— Ne t'avise plus jamais de dire que ton père n'était pas assez fort. Je l'ai toléré à l'époque, je ne le tolérerai plus. Tu n'as aucune idée de quoi ils sont capables.

Le vieil homme baissa enfin sa main, puis darda Bragg d'un regard empli d'une fureur froide :

— Maintenant que vous avez une escorte, Intendant, je vous prierais de quitter le Château avant ce soir.

Et il s'en retourna d'un pas vif pour son âge, sans un autre regard pour Silverberg ou les autres personnes présentes, la porte claquant derrière lui.

Un silence s'installa, pendant une longue et incommodante minute, mais Bragg se décida à bouger pour trouver une position plus confortable contre ses coussins. Silverberg finit par se retourner vers ses collègues, la joue encore rougie, défiant quiconque d'un regard noir de faire la moindre remarque, puis le posa sur Bragg.

— Crachez le morceau.

L'Intendant leva un sourcil, puis dirigea son regard sur le paria, levant le morceau de carapace :

— Combien étaient-elles ?

— Entre la moitié et les deux-tiers d'un nid d'Acromentules, environ. Donc trop.

Arcana hocha la tête pour appuyer son estimation. Bragg poussa un soupir fatigué en caressant du pouce le relief de l'éclat de gemme. Il sentait sa magie vive sous son doigt.

— Quelle est la différence entre une Acromentule et ces araignées ? demanda Lennon en s'approchant du côté du lit pour mieux regarder le morceau de carapace.

— Plus résistances, plus rapides qu'une Acromentule normale, répondit le paria. Mais moins intelligentes, je pense…, supposa-t-il en interrogeant le blessé d'un regard.

— Exact. Elles ont une intelligence de groupe, mais répondent aux ordres d'un seul homme… Vladimir Hannibal.

Le paria souffla bruyamment pour apaiser une tension grandissante en lui, et Bragg capta du coin de l'œil un mouvement du Maître Nain. Grunlek von Krayn avait détourné le regard pour le fixer autre part que sur lui ou la carapace qu'il tenait toujours entre ses mains.

— Il pourrait utiliser ces bestioles pour attaquer Pré-au-Lard ou le Château ? demanda la voix de Shinddha Kory, légèrement à l'écart du groupe.

Bragg considéra la question une seconde. Si Hannibal oserait ouvertement attaquer le monde sorcier ? Cela soulevait une autre question : jusqu'où serait-il prêt à aller pour accomplir son dessein, cette fois-ci ?

— Je n'en sais rien, répondit-il à la place.

Une nervosité confuse s'empara des professeurs présents et ils se consultèrent du regard.

— Pourquoi il attaquerait Poudlard ou Pré-au-Lard, d'abord ? finit par grincer Silverberg. Pour ces Codex ? On les a pas. On ne sait même pas ce que c'est.

— Vladimir Hannibal, lui, semble convaincu que vous les avez en votre possession…

— Vous semblez beaucoup en savoir sur le bonhomme, grinça le sorcier en robes rouges.

Evidemment, la suspicion venait de lui. Mais un second regard méfiant venait également du Maître Nain.

— Assez, malheureusement, répondit-il. Ce n'est pas la première fois qu'il essaye de se servir des Codex pour quelques sombres desseins…

— Il a donc déjà été stoppé. Quel est l'abruti qui l'a laissé filer ?

— Son nom a été oublié…

Il prit une inspiration douloureuse, sa plaie se rappelant à lui et l'animation lui pompant ses forces, puis tourna le regard vers la femme qui accompagnait le paria. Avec ses habits colorés et son instrument derrière son dos, elle devait être musicienne itinérante. Ou plutôt barde, donc empreinte de magie, puisqu'elle était parvenue à pénétrer dans l'enceinte du domaine de l'Ecole de Sorcellerie.

Et si elle était dans cette pièce, c'était qu'elle avait soit des questions à poser, soit des choses à révéler. Il penchait pour cette seconde option. Et si elle avait des choses à révéler, à raconter…

— A moins que la sagesse populaire n'ait quelques mots à dire à ce sujet ? l'invita-t-il à s'exprimer. Qu'en pensez-vous, conteuse ?

— Conteuse ? reprit Shinddha Kory, circonspect.

La femme soutint son regard un instant, mais ne démentit pas l'appellation. Il avait touché juste. Cependant, son regard s'assombrit, et elle secoua la tête :

— Si vous cherchez un nom, je n'en ai pas à vous offrir. Si vous cherchez la vérité sur ces Codex, j'en ai plus d'une centaine à vous proposer. Elles se contredisent toutes.

— Une qui aurait pu attirer l'attention d'Hannibal plus que les autres ? proposa Lennon.

— Plusieurs, si l'on est logique, soupira la femme. Toutes tourneraient autour des aventuriers qui auraient gardés les Codex avec eux, d'une manière ou d'une autre.

— Par exemple ? relança le sorcier.

La conteuse pinça les lèvres, puis lâcha :

— Que les aventuriers, qui avaient d'abord décidé de les détruire, les ont gardés pour eux. Ou qu'ils ont essayé de lancer un dernier sortilège pour le bénéfice de la population, mais qu'il aurait échoué et que les Codex auraient été absorbés par les aventuriers.

— « Absorbés » comme dans… « fusionnés » ?...

La femme hocha la tête.

— D'accord, mais nous dans cette histoire ? lança Kory. Pourquoi il nous en veut à nous ? On a rien à voir avec ces aventuriers !

— Vladimir Hannibal semble être convaincu du contraire…, soupira Bragg.

— Et nous n'avons que votre parole pour cela, gronda le Nain en croisant les bras, dardant un regard méfiant sur lui.

Il lui concéda ce point d'un hochement lent de tête. A côté de lui, Balthazar Lennon se pinçait l'arrête du nez, réfléchissant profondément, avant de la lâcher, redresser la tête et interroger la femme :

— Et quand a eu lieu cette débâcle avec les Codex ? La première fois qu'Hannibal a été stoppé ? Quelques années ?...

— Personne ne sait, répondit-elle sans la moindre trace d'hésitation. Certains disent quelques siècles, d'autres relèguent cette histoire au rang de folklore, de légende… Mais personne ne sait exactement.

Un silence consterné s'abattit dans la pièce, mais la conteuse ne laissa pas transparaître un quelconque signe comme quoi elle plaisantait.

La sentence tomba avec la voix bourrue de Silverberg :

— C'est n'importe quoi cette histoire.

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Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Ses poings se refermèrent sur les draps. Inspirer, expirer. Lentement, elle émergea, retrouvant des sensations longuement étouffées… Inspirer, expirer. Elle essaya d'ouvrir les yeux.

— Détendez-vous, mon enfant, susurra la voix inconnue d'une vieille femme. Vous êtes en sécurité parmi nous.

Elle desserra les poings, plia ses jambes. Puis, doucement, elle ouvrit les yeux. Un haut plafond de pierre grise s'offrait à sa vue, et elle tourna la tête pour poser le regard sur la vieille femme et lui demanda, la voix un peu trop hésitante à son goût :

— Où… suis-je ?...

— En sécurité, mon enfant, lui répéta la vieille femme.

Mon enfant. La prenait-elle pour un marmot de quatre ans ? Elle déglutit, puis s'éclaircit la gorge et demanda plus fermement, plantant son regard dans celui de la vielle femme :

— Où suis-je ?

— Vous êtes dans le dernier Sanctuaire du Royaume-Uni, lui indiqua la vieille femme dont la voix suintait la condescendance.

Un Sanctuaire… Le Sanctuaire… Depuis combien de temps n'avait-elle pas foulé ces dalles anciennes ?... Lentement, elle se redressa pour s'asseoir, son corps encore engourdi. Le drap glissa et révéla sa peau nue, couturée de diverses cicatrices. Elle s'en massa une sur le bras, puis tourna la tête vers la vieille femme :

— Et vous êtes... ?

— Dame Maeda, humble servante du Destin de ce Monde…

La femme hocha la tête mais ne donna pas son nom, retenant une grimace partagée entre le dégoût et la moquerie. Servante du Destin. Pour qui se prenait cette Maeda ? Personne ne se présentait en tant que serviteur du Destin, car ceux qui l'étaient soit n'avaient pas connaissance de leur charge, soit la connaissaient et la comprenaient trop bien pour la divulguer avec autant de hauteur.

— Vos affaires ont été apportées, l'informa Maeda avec un petit sourire mielleux. Prenez votre temps.

Sur ce, elle se leva de son chevet et sortit en silence, comme un fantôme.

La femme lâcha un profond soupir et plongea son visage entre ses mains. Puis, elle chercha son pouls à son poignet, à sa gorge. Il était là, fort, régulier. Contre toute attente, elle semblait être… vivante. Bien qu'elle était sûre que ce n'était pas si facile.

Elle sortit de son lit et se leva avec maintes précautions, hésitante. Mais ses jambes, supportèrent son poids, supportèrent sa marche, et même quelques pas dansants. Elle ne perdit pas l'équilibre. Alors elle commença quelques étirements, puis testa la plupart de ses muscles. Tout semblait parfaitement fonctionner.

Elle avait même faim.

Un tour sous une douche rudimentaire et, lorsqu'elle eut fini de se sécher, elle inspecta les vêtements qui étaient posés sur une chaise. Un nœud lui tordit le ventre. Oui, c'étaient ses vêtements. Et plus important… c'était son épée qui était appuyée contre le mur à côté de la chaise. Elle en reconnaissait les symboles sur la garde et le pommeau. Elle n'avait pas son pareil.

La femme inspira profondément, puis s'habilla et natta ses cheveux châtain avec des gestes presque rituels. Elle y retrouvait un certain plaisir, un certain réconfort. Puis, elle attrapa l'épée qu'elle passa à sa ceinture, la sortit de son fourreau, savourant le son cristallin de l'acier se découvrant.

— Combien de temps…

Combien de temps s'était écoulé ?... Pourquoi le Maître des Dés l'avait-il réveillée ?...

Des années, paladin, lui répondit-on.

La femme sursauta et pivota, prête à combattre. Mais l'intrus n'était pas venu en ces lieux pour l'attaquer, lui qui pouvait balayer son existence d'un mouvement nonchalant de la main.

Me reconnais-tu, paladin ?

Evidemment. Une longue cape sombre l'enveloppant, la capuche relevée, ne laissant voir que le bas de son visage dont le menton s'ornait d'un bouc noir et, parfois, l'étincelle divine de son regard pouvait être devinée dans les ombres de sa capuche.

— Dieu du Destin, dit-elle en inclinant légèrement la tête et en baissant sa lame.

Il lui sourit et elle posa la pointe de son épée au sol, tenant la poignée à deux mains.

— Pourquoi ? demanda-t-elle simplement.

J'ai besoin de ton épée et de ton Serment, paladin. Le Monde est en proie à des temps troublés.

— Ne vous ai-je pas suffisamment servi ? Pourquoi m'avoir réveillée, moi ? Alors que maintes âmes auraient pu être vos pions ?

Le Dieu ne répondit pas, mais elle avait posé ces questions sans espérer recevoir de réponse. Le Dieu du Destin n'avait de compte à rendre à personne. Et certainement pas à une humaine, à une mortelle. Certainement pas à un de ses pions.

Me serviras-tu encore, paladin ?

— Comme toujours.

Elle posa le genou droit en terre et lui présenta son épée, la tête humblement courbée :

— Dieu du Destin, mon Sire, accordez-moi votre aide afin de continuer mon chemin en ce Monde. Je Défendrai la Justice avec Courage. Je ferai preuve de Largesse et de Courtoisie envers mes amis et mes ennemis. Sagesse et Mesure guideront mes pensées et mes actes, Franche sera ma parole, et Humilité sera ma compagne et mon être.

Je t'accueille à mon service, Nathanael Chante-Lame. Que ton épée serve le Destin de ce Monde, sous peine de se briser si tu te montres indigne de ton Serment.

La lame de son épée fut parcourue d'un éclat lumineux, entre magie divine et énergie sacrée, et Nael se sentit investie d'un nouveau souffle.


Le pion est à nouveau sur le plateau de Jeu.

Et les quatre sorciers semblent bien circonspects... mais cela éloigne-t-il le danger qui rôde ?

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A bientôt~


Croyez-le ou non... mais il y a un bêtisier à ce *$^ù!? de chapitre.
La dissidence était au rendez-vous.

...

— Une rapière ? continua le sorcier. Une simple rapière ne pourrait pas faire un tel effet, sauf si elle est doublée d'un…

Running gag…, termina Bragg.

...

...

Un bref mouvement vers la trame principale attira l'attention du Dieu du Destin alors qu'il observait Bragg et les protagonistes rassemblés à l'infirmerie de Poudlard. Un élément de possible, qui pourrait s'intégrer à la trame principale. Délicatement, le Dieu prit la trame alternative entre ses doigts et l'examina.

L'altercation entre Théo de Silverberg et Viktor Oppenheimer.

Qui…

Eh bien.

La claque excédée qui déstabilisa Théo était, dans cette trame alternative, plus… violente. Elle envoya Théo dans un mur. Le craquement qui retentit horrifia ses amis, et fit blêmir davantage Viktor.

Finalement, Théo devint lui aussi un résident de l'infirmerie avec une commotion et des os cassés. La régénération de certaines parties de son squelette grâce à une potion n'était pas une partie de plaisir.

Il passa la nuit à grincer, en compagnie de Bragg – puisque Viktor, dans la confusion, ne lui avait pas ordonné de quitter les lieux. Ce qui eut le mérite de faire cracher à l'Intendant, las, tout ce qu'il savait. Peut-être un peu trop…

Bragg ne dut la vie qu'à l'intervention d'Arcana – qui n'avait pas quitté l'infirmerie – qui maintint Théo sur son lit d'une main de fer.

Le Dieu du Destin resta longuement dubitatif devant cette trame et, il fallait l'avouer, se demanda le temps d'une seconde s'il n'allait pas la lier à la principale pour profiter de cette tournure des évènements. Mais non.

Il écarta la trame loin de celle de l'histoire.