Tadaaaaaaaaaam! Chapitre 10!
Oui, c'est vrai, ça fait un bout de temps -plus?! :S- que vous attendiez la suite et fin de Argh, j'ai encore pensé tout fort?!... Et bien voilà, cessez vos menaces de mort, la voili la voilà cette première partie de la fin -la deuxième est presque achevée!-
Je tenais donc à m'excuser platement et je vous jure que je ne le ferai plus, promis juré craché! :D
Voilà, merci à tous les revieweurs -elles se reconnaitront- et surtout, bonne lecture!
Argh ! J'ai encore pensé tout fort ?! Ou comment se faire griller en dix leçons…
Chapitre X -1ère partie- : Ou comment il serait agréable de pouvoir se noyer dans son verre d'eau...
13 Septembre, Poudlard
Tout peut changer en quelques instants. Une vie peut basculer en quelques secondes, selon les décisions que nous prenons, les choix que nous faisons.
Oui, disons le franchement: je me déteste. J'ai réussi à détruire non pas une (déjà que ça aurait été un exploit) mais deux vies; sacrifier deux bonheurs à cause de... mon caractère et ma trouille légendaires. Euthanasiez-moi, torturez-moi, je veux en finir avec cette putain de vie! « Mais merde, c'est quand même pas possible d'être aussi débile, aveugle, bornée, têtue, totalement co... »
« Lily, tu te fais du mal là », soupire Alice d'un ton fatigué et calme par la force de l'habitude. Oui, elle est devenu mon public n°1 depuis quelques temps, la seule qui écoute mes diatribes tantôt affligées, désespérées ou même suicidaires. J'ai tout perdu, sauf elle. Où sont passées ma complicité avec Remus, mes franches rigolades avec Sirius et le tendresse de James?...
James. La seule mention de son prénom dans mon esprit déchire un peu plus la plaie béante et ravagée de mon coeur. Je resserre mes bras autour de ma poitrine, pour éviter de totalement me disloquer, de me répandre en mille morceaux aux pieds de ma meilleure amie qui souffre elle aussi, peut-être même plus que moi.
Je décide alors de l'observer, autant par réelle inquiètude que par envie de me détourner de mes propres pensées étourdissantes. Elle se tient non loin de moi, sur un fauteuil près du feu, si près même que j'ai peur qu'elle ne se consume; c'est peut-être d'ailleurs ce qu'elle souhaite ou bien elle veut tout simplement essayer de réchauffer son corps. Ce frêle corps amaigri qui clame haut et fort sa douleur, sa souffrance.
Comment décemment me morfondre alors que ma presque soeur se meurt chaque jour de son choix terrible, celui qu'elle a jugé le meilleur? Abandonner Franck, le laisser ainsi faire sa vie, ne pas l'obliger à attendre. Il avait bien entendu protester mais elle avait eu des mots cruels, et il s'était résolu; mais je suis sure qu'en cet instant, le jeune homme est dans le même état que son âme soeur, son coeur brisé lui aussi. Soudain, un éclair de génie me frappe et je m'enfuis après une vague excuse, qu'Alice n'entend même pas, vers la volière.
J'ouvre la porte à la volée et, supportant sans brocher l'odeur âcre qui se dégage des lieux, je rédige rapidement une lettre avant de siffler Sueño, mon hibou cendré, et de l'observer déployer ses ailes immenses puis s'envoler vers le ciel bleu de Septembre.
Un bruit de porte me fait alors me retourner. Je sens mon visage blanchir, tout sang s'évaporant de mes joues tandis que le sien se durcit, ses traits soudain emplis de souffrance.
« James » Je ne me rends même pas compte sur l'instant que c'est moi qui ai prononcé ce mot d'une voix étouffée et presque suppliante.
« Evans. » Il arbore toujours son masque de froideur et prononce mon nom d'une voix dure, sans appel. Il ne veut pas discuter, il ne veut même pas me regarder dans les yeux.
« Je suis tellement dés... »
« Tais-toi! » Sa voix a maintenant des accents furieux et il me fixe d'un regard noisette implacable, qui me coupe le souffle tant je souffre. Je resserre automatiquement mes bras autour de moi et souffle, prie plutôt: « Laisse-moi t'expliquer au moins! »
« Je ne veux rien de toi, rien. Je ne veux même plus te parler, le fait de te voir me révulse au plus haut point maintenant. Ne m'adresse plus la parole. Tu as été trop loin cette fois, Evans. Je te déteste »
Sur ces derniers mots qui achèvent de me détruire, il s'enfuit, claquant la porte bien plus fort que nécessaire derrière lui. Son odeur flotte encore quelques instants dans l'air, m'ennivre puis le vent la disperse et c'est comme si cette scène n'avait été qu'un rêve. Un cauchemar plutôt. Comme celui que je vis depuis une semaine.
J'ai été tellement stupide. Stupide, stupide, stupide! Je me laisse glisser le long du mur, épuisée et donne la liberté à mes souvenirs de me submerger, ne pouvant résister à cette vague qui me recouvre et me noie peu à peu.
Quelques jours après notre escapade en ville, je me retrouvai seule avec James, le reste de la troupe voulant accompagner Sirius au 'Phomatonton' pour rire de lui bien entendu mais celui-ci, loin de se vexer, avait accepté leur présence avec plaisir. Et j'étais restée, parce qu'il fallait que je range la maison en leur absence et James avait proposé d'aider, un grand sourire aux lèvres. Je n'avais pas non plus pu m'empêcher de me réjouir, je savais que nous arrivions à un tournant de notre relation. Nous étions en équilibre sur un fil et je sentais c'était cet après-midi que nous basculerions, d'un côté ou de l'autre. Bien entendu, je savais ce que James voulait de moi et je crois que pour une fois, moi aussi j'étais sure de mon choix.
Nous avions rapidement ordonné la maison puis étions partis faire un tour dans un grand parc où se réunissaient des familles entières qui profitaient eux aussi du beau temps. Nous avions fait de la balançoire comme deux enfants, nourri les canards et discuté, de tout, de rien surtout, profitant simplement de la présence de l'autre. Et puis, tout à coup, la pluie s'était mise à tomber, d'abord tout doucement puis devenue rafales, elle avait découragé les joyeux enfants et leurs parents éreintés.
Je me souviens que je riais sous les gouttes d'eau, heureuse puis que James m'avait attrapé par la main, que nous avions couru à en perdre haleine. Puis, j'avais trébuché, entraînant le brun avec moi, m'écrasant sur lui. Face à face, je l'avais dévisagé longtemps, lui et ses prunelles noisette étincelantes, ses cheveux noirs plaqués en désordre sur son front puis ses mains si tendres qui étaient venues encadrer mon visage, et ses lèvres pleines qui s'approchaient des miennes, doucement, comme s'il craignait un rejet de ma part.
Puis, je n'avais plus rien vu, j'avais seulement ressenti. Ses lèvres en contat avec les miennes, la douceur de son étreinte et la magie de notre premier baiser.
Au moment où celui-ci fut rompu, je crois n'avoir jamais vu un visage aussi radieux, des yeux pétiller autant que les siens. Nous étions rentrés, toujours sans un mot, main dans la main, plus heureux que jamais.
Oui, mais voilà, j'avais encore tout gâché... Alors que j'annonçais la nouvelle à Alice, la peur s'était totalement emparée de moi, et je n'avais plus qu'une seule chose en tête: 'Il a le pouvoir de te blesser maintenant. Fuis, Lily!' et comme de bien entendu, mon cerveau s'étant fait la malle, j'ai écouté cette petite voix.
Je n'ai jamais été si horrible avec lui, jamais. Je me rappelle les moindres mots prononcés ce soir-là, sous le couvert des arbres de mon jardin...
« Je ne comprends pas, Lily » Sa voix, remplie d'incompréhension et ses yeux, plein de peur.
« C'est pourtant simple. Tu ne m'apporteras rien de bon. Rien. »
« Comment peux-tu le savoir, hein? » Il était furieux, son regard plus dur mais toujours blessé.
« Je suis lasse de jouer la comèdie James, je ne t'aime pas. » J'avais décidé de tenter le tout pour le tout. Crétin et aveugle comme il l'était, il allait bien me croire.
Il s'était alors exclamé, incrédule, les yeux trop brillants: « Tu mens! »
« Non, je ne t'ai jamais aimé James... » J'affichai un air déterminé et parlai d'un ton sans appel ; alors que mon coeur se révoltait contre ce mauvais traitement à son égard et les futures douleurs à venir. Il allait me croire. Il devait me croire. Je devais fuir, fuir à tout prix, même le lourd tribut d'une souffrance innomable...
Il m'avait alors craché ces derniers mots: « Ne m'approche plus jamais, Evans! Jamais! » L'emploi de mon nom de famille déclencha une décharge électrique dans tout mon corps mais mon cerveau embourbé ne parvint pas à l'analyser. James, les yeux fous, me regarda une dernière fois puis courut vers la maison.
J'eus cependant le temps de voir étinceler ses larmes au clair de Lune...
Mon retour à la réalité est brutal et encore plus douloureux que les souvenirs vivaces qui viennent de m'assaillir ; je parviens tout de même à me relever et à quitter la pièce en chancelant. Mes pas se font lents, maladroits et sans enthousiasme.
Mais où est passée la fière, l'impétueuse, la joyeuse Lily? Celle qui dansait dans la salle commune, celle qui se chamaillait avec Alice, celle qui aurait du se réjouir pour ses Optimal aux BUSEs? Elle est morte, je suis morte. Parce que l'amour le plus sincère et le plus fort de toute -j'en étais certaine- ma vie est parti mais surtout parce que c'est moi la responsable de ce départ. Et que je le regrette chaque jour un peu plus, que mon coeur se déchire un peu plus à chaque seconde...
Je meurs à petits feux et le seul être qui pourrait me sauver est maintenant trop occupé à courir après tout ce qui porte une jupe dans cette école. La plaie se rouvre une nouvelle fois, m'obligeant à resserrer d'un air protecteur mes bras autour de moi, alors que des images envahissent mon esprit. James embrassant une autre fille, plus jolie, plus féminine, moins compliquée que moi. James qui rit avec une autre. James qui ignore ma présence. James qui me fuit. Mais je le mérite, je le sais bien.
Remus ne m'a jamais tant semblé en colère que ces temps-ci, jamais il ne m'avait autant enguirlandé... Quant à Sirius, un seul de ces regards avait suffi à exprimer sa haine à mon encontre et tout ce qu'il voulait me faire subir pour venger son meilleur ami. Qui n'a pas l'air de souffrir, soit dit en passant.
Il recommence à se pavaner dans les couloirs, tête haute et sourire fier, faisant tomber toutes les midinettes de Poudlard et moi, moi je ne suis qu'une vague tâche sur sa chaussure qu'il a époussetée et déjà oubliée... Mais je l'ai mérité.
La mort dans l'âme, je me dirige vers ma chambre comme un zombie, priant pour une fois ne plus pouvoir penser...
Je voudrais être un imbécile de légume...
Voilà!
Votre avis? Vous voulez la suite et fin?
Nouni
