Chapitre IX
La pièce était dans l'obscurité la plus totale, seules les lumières de la ville éclairaient le petit appartement de Shizuru. Cette dernière se trouvait dans son salon avec un thé qui avait refroidi avec le temps. La jeune femme avait le regard vague, son visage exprimait de l'horreur. Dans ce silence pesant, une larme perla sur la joue de la brune. Ce qui était au départ qu'une petite goutte d'eau, devint un torrent.
Shizuru sanglotait doucement, seule sur son canapé. Jamais de sa vie, elle n'avait ressenti une telle souffrance intérieure, comme si des pieux transperçaient son cœur. Elle laissa tomber sur le sol sa tasse qui se brisa en mille morceaux comme son cœur en ce moment.
Les pleures ne faisaient qu'empirer de minute en minute et cela semblait être sans fin. La brune pleurait toutes les larmes de son corps.
Shizuru sortit la petite chaînette qui pendait à son coup, de sous son t-shirt. Elle toucha délicatement le petit anneau où le nom de Natsuki y était gravé. La brune resta un instant à admirer l'objet, elle avait besoin de se concentrer sur quelque chose pour ne pas trop penser au malheur qui lui était tombé dessus.
« Pourquoi… » murmura-t-elle en cachant son visage derrière ses mains, « Pourquoi maintenant ? »
« Shizuru ? » fit une voix dans la pièce.
La brune se retourna immédiatement après que l'on ait prononcé son nom.
« Natsuki ? » interrogea l'agent H.I.M.E surprise, « Mais tu ne devrais pas te lever ! Tu es encore faible ! »
La brune n'avait pas tort, la louve avait besoin d'énormément de repos après ce qui venait de se produire.
-Début du Flash Back-
« Natsuki ! Natsuki ! » cria Shizuru complètement paniquée. La micro bombe qui se trouvait dans la tête de son amie, s'était activée. Et personne ne savait comment arrêter ce petit explosif.
« Et merde ! Arg ! 'Tin, ça fait un mal de chien ! » grogna Natsuki qui couru dans la cuisine en scrutant rapidement partout dans la pièce.
« Natsuki, que cherches-tu ? » demanda l'agent H.I.M.E qui voulait à tout prix, aider la jeune fille. La louve changea de pièce et partit dans la salle de bain où elle y fit couler de l'eau dans la baignoire.
« Natsuki ? »
« Sais-tu réanimer une personne ? » interrompit Natsuki qui continua sa fouille.
« Ara ? » Shizuru ne comprenait pas du tout ce que faisait la délinquante.
« Sais-tu le faire, oui ou non ?! » hurla la louve à cause de son maux de tête.
« Oui, je sais le faire ! » répondit rapidement la brune qui vit Natsuki prendre un sèche-cheveux et qui le brancha à une prise.
« Ok ! Compte jusqu'à cinq et débranche-le ! »
« Quoi ? » A peine Shizuru eut le temps de comprendre, Natsuki mis sa main qui tenait l'appareil électronique, dans l'eau. Des éclaires lui traversèrent tout le corps. La brune s'empressa de couper le courant et sortit prudemment Blue Wolf de la salle de bain. Son cœur ne battait plus…
Sans plus attendre, Shizuru commença à faire du bouche-à-bouche puis, le massage cardiaque.
« Je t'en prie, Natsuki. Reviens à toi ! » disait la brune en reprenant son souffle pour le transférer à son amie. Mais le cœur de la jeune fille ne réagissait toujours pas.
« Allez ! Allez, reviens à toi ! Je t'en prie ! » supplia la brune en continuant d'appuyer à mainte reprise, sur la poitrine de la louve. Des larmes coulèrent lentement de ses yeux.
« Pas maintenant, Natsuki ! » hurla Shizuru en donnant un coup brutal dans le thorax de la morte, « Tu n'as pas le droit de m'abandonner maintenant »
Soudain, Natsuki se releva brusquement en toussant très fort. La brune embrassa tendrement la revenante en pleurant.
« Oi, Shizuru… J'ai besoin de respirer, tu sais » déclara la louve en essayant les gouttelettes sur les joues de sa sauveuse.
« Ne me refais plus jamais une frayeur comme ça, plus jamais… » sanglota Shizuru en prenant Natsuki dans une étreinte.
« Désolé… Il fallait que je court-circuite la bombe qui était dans ma tête… Merci, Shizuru… » répondit doucement Natsuki avant de s'évanouir de fatigue.
-Fin du Flash Back-
Natsuki prit son amie dans ses bras pour la réconforter : « Je vais bien maintenant… Pourquoi pleures-tu, Shizuru ? »
Shizuru se blottit fort contre la louve, le seul soutient qu'elle pouvait avoir. Blue Wolf lui caressa gentiment les cheveux pour calmer les sanglots de la brune.
« On vient de m'appeler, c'est mon père… Il vient de faire une crise cardiaque… Il se trouve au urgence en ce moment.» répondit l'agent du H.I.M.E qui commença à se calmer petit à petit, grâce à la présence de sa bien-aimée.
« Tu veux qu'on aille le voir ? Je viens avec toi, si tu veux. » demanda doucement Natsuki.
Il était quatre heures du matin, nos deux héroïnes arrivèrent au centre médical. Elles attendaient à l'extérieur de la salle d'opération.
Le père de Shizuru était sa seule et dernière famille. Elle avait perdu sa mère à un très jeune âge. Et pour des raisons personnelles, son père avait coupé les ponts avec tous ses parents.
La brune priait silencieusement sur le banc pendant que Natsuki fixait la lumière rouge qui indiquait que l'opération était en cour. La louve prit la main la jeune fille angoissée pour la soutenir, et cette dernière la resserra fortement.
Soudain, la lumière rouge s'éteignit et un médecin sortit de la salle d'opération. Shizuru partit immédiatement à sa rencontre. Natsuki restait assise en regardant les deux personnes parler. Depuis là où elle se trouvait, elle n'entendait rien.
Shizuru se remit de nouveau à pleureur, mais cette fois-ci de soulagement, ce qui rassura notre petite louve qui s'écroula de sommeil.
Le soleil venait de se lever, Shizuru était restée toute la nuit, au chevet de son père. Natsuki entra doucement dans la pièce.
« Tiens, prends ça. Ca te fera du bien. » annonça la terroriste en tendant une tasse de thé à son amie, « Tu devrais te reposer, tu sais. Je peux veiller sur lui, si tu veux. »
« Non, je veux être présente au moment où il se réveillera. » répondit la brune qui accepta gracieusement la boisson chaude.
« Shi… zu… ru ? »
« Otou-Shan ! Oui, c'est moi, Shizuru ! » cria la jeune femme en prenant la main de son père. Natsuki rattrapa miraculeusement la tasse sans qu'une seule goutte n'en tombe, avant de sortir de la pièce pour laisser le père et la fille un moment en tête à tête.
La louve se promenait tranquillement dans les couloirs lorsqu'elle arriva dans la salle d'attente. Une télévision qui était allumée, affichait les nouvelles. L'attention de Natsuki fut immédiatement prise lorsqu'elle entendit le mot 'Datenshi'.
« Il semblerait que le fameux groupe de terroriste ait encore frappé. Et cette fois-ci, le nombre de mort est incalculable. Il semblerait que le Datenshi soit passé aux choses sérieuses. Aujourd'hui, ils ont fait exploser une gare en plein centre ville. »
Natsuki n'en croyait pas ses oreilles. Pourquoi ses amis s'attaqueraient à des innocents ainsi ? Chaque attentat avait toujours pour but de réaliser l'idéologie de leur boss. Pourquoi faire exploser une gare dans ces cas-là ?
« Il y a anguille sous roche » se murmura la jeune fille qui entendit une infirmière l'appeler. Elle l'informa que Shizuru la demandait dans la chambre de monsieur Fujino.
« J'ai hâte de la rencontrer » déclara Kenji Fujino à sa fille avec un magnifique sourire. Cette dernière venait de lui parler de notre louve. Elle lui avait raconté à quel point Natsuki la fascinait et lui plaisait.
« Ara, je suis sûr que tu vas l'adorer. » ajouta Shizuru qui avait autant hâte que son père, que Natsuki arrive.
« Je me demande à quoi peut bien ressembler la personne qui a dérobée le cœur de ma fille adorée. » commenta Kenji qui commençait à être impatient.
Celle qui était tant attendue, entra enfin dans la pièce.
« Saeko ?! » interrogea l'homme terriblement surpris, en se relevant brutalement de son lit.
« Otou-San, tu dois rester tranquille. Et il y a erreur, cette jeune fille est Natsuki. » reprit la brune en repoussant doucement son père contre le lit.
« Excuse-moi… » répondit l'homme en se recouchant, « Jeune fille, je suis heureux de vous rencontrez. Ma fille m'a beaucoup parlé de vous. »
Natsuki rougit en pensant que Shizuru avait parler d'elle à son père : « En-enchantée, monsieur »
« Tu avais raison, Shizuru. Elle est adorable quand elle rougit. » ricana Kenji.
La fille et le père se mirent à rire, ce qui mit très mal à l'aise la louve.
« Quoi qu'il en soit » reprit en grognant notre délinquante, « Qui est cette Saeko ? »
C'était bien la première fois que l'on confondait notre héroïne avec quelqu'un d'autre, et par pure curiosité, Natsuki voulait savoir qui cela pouvait être.
« Saeko Kuga était une vieille amie à moi. Elle te ressemble trait pour trait, ma petite. » certifia le père de la brune qui ne revenait toujours pas de la ressemblance.
« Vous avez bien dis Kuga ?! » fit Natsuki en hurlant de stupeur, « Vous avez connu ma mère ?! »
« C'est votre mère ? Mais bien sûr que je suis sot. Elle avait une fille qui s'appelait Natsuki ! »
« Ara, que de découverte aujourd'hui » commenta la brune qui admirait les deux visages ébahis devant elle.
« Mais Shizuru, tu ne te rappelles donc pas de ta marraine ? Natsuki était déjà venue à la maison lorsque vous étiez toutes petites. » expliqua Kenji très heureux de pouvoir enfin revoir l'enfant de sa défunte amie, « Vous adoriez jouer ensemble. C'était adorable ! »
Nos deux héroïnes se regardèrent, mais aucune des deux n'avaient le moindre souvenir de cette époque. Elles devaient être bien trop jeune pour s'en rappeler.
« Que le monde est bien petit… » reprit le père de la brune qui se releva lentement, son visage devint triste, « Navré, ma petite Natsuki… Après la mort de tes parents, j'aurais voulu prendre ta garde, mais tu avais disparue avant même que je puisse faire quelque chose. »
Effectivement, le chef des Datenshi n'avait pas mis longtemps avant d'adopter tous les petits orphelins de ses pauvres associés décédés.
« Cela me fait penser à quelque chose » débuta l'homme après quelques minutes de silence, « Le soir avant que tes parents ne se fassent assassiner, ta mère est venue me voir. Elle m'a confié un disque dur externe qu'elle m'a dit de te le donner un jour, si je te revoyais. Je n'ai jamais regardé le contenu car je respecte l'intimité de mon amie. »
Les deux jeunes filles se regardèrent en même temps : « Un testament ! »
« Otou-San, où se trouve donc ce disque dur ? » interrogea la brune qui ramassa rapidement sa veste et ses clés.
« Il se trouve dans les trésors familiaux, ma fille. Je pense que tu vois parfaitement où il est caché. » répondit Kenji en souriant.
« Merci, Otou-San. Natsuki, je vais chercher la voiture, rejoins-moi dans cinq minutes. Au revoir, Otou-San. » Shizuru embrassa son père sur le front avant de quitter en toute vitesse, la pièce. Natsuki restait silencieuse, elle ne revenait toujours pas que sa mère lui avait laissé quelque chose avant sa mort.
La louve s'apprêtait elle aussi, à quitter la chambre : « Merci beaucoup, monsieur Fujino. Nous reviendrons vous revoir, c'est promis. »
Avant que Natsuki ne ferme la porte de la pièce, elle se fit interpeller par Kenji.
« Je ne sais pas ce que cache ce disque dur, mais faîtes attention à vous. Toutefois, je me sens rassuré de savoir que ma fille soit amoureuse de toi, ma petite Natsuki. Saeko doit elle aussi, bien rire depuis le paradis. Prend soin de ma fille, je t'en prie. » déclara gentiment monsieur Fujino heureux d'avoir vu nos deux héroïnes aujourd'hui.
La délinquante sourit en rougissant : « Ne vous inquiétez pas. Je ne lui ai pas encore dit, mais… Je pense que moi aussi, je… Rah ! C'est trop ambarassant ! Au revoir, monsieur. »
Natsuki quitta la chambre en laissant un homme éclaté de rire derrière elle. Elle a bien grandi cette petite. Saeko veille sur ma fille et la tienne de là où tu es, pensa le père de Shizuru.
En arrivant chez son père, Shizuru fit attendre son amie dans le salon, le temps qu'elle aille chercher l'objet de leur visite. Lorsque la brune revint avec le disque dur, nos héroïnes décidèrent de découvrir le contenu de cette boite métallique, chez l'agent du H.I.M.E.
Le trajet dans la voiture se fit en silence. Natsuki tenait l'héritage de sa mère entre ses mains, et elle le fixait tout depuis qu'elle était montée dans le véhicule.
« Est-ce que ça va aller, Natsuki ? » fit Shizuru en brisant enfin l'atmosphère pesant. La voix de la brune apaisa soudainement Natsuki qui leva finalement la tête pour regarder la conductrice.
« Je crois… Tu regarderas avec moi, hein ? » grommela la jeune fille aux cheveux de la nuit.
« Si Natsuki m'en donne la permission, cela sera volontiers. »
Les deux demoiselles étaient bien anxieuses de découvrir ce que Saeko voulait montrer à sa fille.
