¤ Le poids de la solitude ¤
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Chapitre 4 : Face à la réalité
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- Alors ?
La voix à l'intonation grave de Chad fit légèrement sursauter Ichigo.
- Elle sait tout ou presque, résuma-t-il. Sa réaction était celle à laquelle je m'attendais, je l'ai calmée comme j'ai pu mais l'émotion trop forte l'a poussée vers le sommeil.
Sado, le visage fermé, posa son regard sur Orihime endormie dans les bras de son ami.
- Je vois. J'avais peur qu'elle réagisse de manière plus vive ce qui serait dangereux vu sa maladie.
Il examina plus attentivement Ichigo qui avait des cernes plus prononcés, la mine tirée et le regard nuancé par une certaine tristesse mêlée de culpabilité.
- Et toi Ichigo, comment tu vas ?
- Je vous ai toujours dit que Hime est plus solide qu'elle n'y paraît, répéta le concerné comme s'il n'avait rien entendu. Elle gagne vraiment à être connue pour ce qu'elle est à l'intérieur. Je ne l'ai jamais dit à personne mais...
Une mèche auburn se soulevait et se reposait doucement sur le visage de la belle au rythme de sa respiration. Légèrement amusé par cette scène enfantine, le fils Kurosaki l'écarta en couvant sa princesse d'un regard unique que peu lui avaient vu.
- Je me plais à croire qu'une part de l'âme de ma mère vit en elle.
Surpris par cette révélation, Sado écarquilla les yeux puis s'autorisa un bref sourire en se frottant la nuque. C'était tout Ichigo, ça. L'aspect d'une brute sauvage à l'extérieur mais gentil et sensible à l'intérieur. Orihime et lui étaient vraiment faits pour se rencontrer et finir leur vie ensemble. Hélas, les nombreux obstacles dressés volontairement sur leur chemin avaient injustement réduit le temps qu'ils étaient destinés à vivre tous deux.
Ichigo serra sa moitié contre lui une dernière fois et la confia difficilement à son meilleur ami. Non par manque de confiance, mais parce que ça lui coûtait visiblement de se séparer d'elle à nouveau.
- Elle essaiera de revenir mais tu dois l'en empêcher, Chad, le supplia-t-il presque. C'est trop dangereux ici pour elle.
- Tu ne viens pas avec nous ?
- Non. C'est trop tôt.
- Mais elle t'a vu, objecta Chad, largué. L'empêcher d'aller vers toi maintenant qu'elle sait la vérité... Je ne suis même pas certain que la garder ligotée et bâillonnée la retiendrait.
- Fais au mieux, n'en démordit pas le fils d'Isshin, agacé. Personne d'autre ne doit savoir que je suis en vie.
- Je vais essayer mais je ne te promets rien. Orihime est peut-être devenue l'ombre d'elle-même depuis ta « disparition », seulement son caractère n'est plus le même.
- Je m'en suis aperçu, soupira Ichi en se grattant la joue.
Chad hocha la tête et s'éloigna avec sa précieuse responsabilité en sécurité dans ses bras puissants. Ichigo ne confiait pas l'amour de sa vie à n'importe qui et Sado en avait pleinement conscience. Là, c'était comme si Ichigo lui demandait de veiller sur sa vie et il comptait bien s'y tenir du mieux possible.
- T'es rien qu'un abruti fini, Kurosaki. T'es sûr de ne pas réfléchir avec ce que tu as entre les jambes ?
L'insulté ferma momentanément les paupières pour prendre sur lui et éviter de commettre un meurtre qui l'enverrai droit en prison, soit encore plus loin de celle qu'il aimait.
- Je sais ce que je fais, Grimmjow. T'en as rien à foutre de ce qu'il peut m'arriver alors lâche-moi, tu veux.
- J'en ai bien rien à foutre de ta gueule mais cette usine, c'est ma crèche et j'ai hâte que tu mettes les voiles, siffla le cheveux bleus. Ta fichue princesse risque de tout faire capoter alors achève ton plan et tire-toi d'ici. J'espère que t'as bien imprimé cette fois.
Sur quoi, il s'en alla en laissant Ichigo enfin seul. Ses iris marron fixés sur l'escalier que son meilleur ami venait de monter avec la femme dont il était amoureux, il passait en revue les cinq ans d'enfer qu'il avait endurés. Cinq années qui l'avaient aussi bien marqué physiquement qu'émotionnellement.
Torturé mentalement, il s'assit sur une caisse en bois non loin et exposa le médaillon qu'il dissimulait sous son sweet à capuche. Après quelques instants, il se décida à l'ouvrir et contempla la photo qui l'avait accompagné tout le long de son infernal cauchemar.
Submergé par l'émotion qu'il avait enfouie trop longtemps, Ichigo se couvrit le visage d'une main tout en portant celle qui tenait la chaîne au niveau de ses lèvres comme s'il s'adressait à la photo elle-même d'une voix basse mais déchirante.
- On ne peut pas rattraper le temps perdu qui nous a séparés, mais nous pouvons passer ensemble le reste du temps qui s'offre à nous, princesse.
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Le lendemain matin, Orihime se réveilla en sursaut et pour la première fois, sans la télévision qu'elle détestait tant. Au début, tout était flou dans sa tête, son esprit étant comme égaré dans le lointain. Redressée, une main sur le front, elle tenta de se rappeler. C'est alors qu'une mitraillade de flashs en rafale inonda son cerveau éprouvé qui en eut le tournis.
Rapidement, vêtue de la même chemise de nuit que la veille au soir, elle s'arracha de ses couvertures et fonça vers la porte qu'elle ouvrit à la volée. Par les kami... Son odeur bien à lui imprégnait le fin tissu qu'elle portait...
- Ichigo !
La beauté auburn descendit les escaliers à une telle vitesse qu'elle risquait de se rompre le cou à chaque pas. Finalement arrivée au rez-de-chaussée, elle explora toutes les pièces en commençant par la cuisine, la salle à manger, l'immense salon...
- Ichi !
Sa voix brisée trahissait son émotion refaisant surface.
- As-tu perdu la tête ?
- Sado kun !
Il venait de surgir au milieu du couloir, lui faisant ainsi barrage pour l'empêcher d'accéder au jardin.
- Écarte-toi ! s'impatienta la jeune femme.
- Tu sais pertinemment qu'il n'est pas ici, répliqua posément Chad.
- Mais...
- Qu'est-ce qui se passe ici ? Tu es bien agitée, Orihime.
- Tatsuki chan.
A en juger par son regard noir, ses bras croisés et sa posture raide dans son pyjama short, Tatsuki lui en voulait toujours pour la veille. C'est-à-dire quand elle l'avait surpris en train de faire des recherches sur les tentatives de suicide.
- Je vous ai posé une question, réitéra froidement sa meilleure amie.
- Oui, se réveilla Inoue. Hier soir, j'ai...
- Orihime, ça suffit ! s'exclama Chad, perdant patience.
- Pourquoi ? Elle a droit de savoir au même titre que...
- Non !
- Mais pourquoi ? Cette souffrance dure depuis si longtemps, il faut y mettre un terme ! protesta-t-elle farouchement en fermant ses petits poings.
- Ne comprends-tu donc pas les conséquences qui en découleraient ? Nous avons pourtant été clairs.
- Je me fiche des conséquences !
- Tu ne penses pas ce que tu dis et tu le sais, la contra le jeune homme.
La princesse croisa les bras à son tour et lui tourna le dos, de nouveau empêtrée dans ses sentiments qu'elle peinait à démêler.
- Tatsuki, désolé pour le réveil brutal, reprit Sado, compatissant. Orihime a refait un rêve dans lequel elle a vu Ichigo vivant et y a cru encore en ouvrant les yeux.
La brune soupira d'exaspération en glissant sa main dans ses cheveux.
- Je vois, je m'en doutais. Approche Sado, s'il te plaît.
Il obéit mais garda Inoue dans son champ de vision lorsque Tatsuki l'entraîna légèrement à l'écart loin des oreilles indiscrètes.
- Dis-moi, amorça celle-ci, mal à l'aise, l'état d'Orihime s'aggrave de jour en jour, elle ne distingue plus la réalité du rêve. Ne crois-tu pas que, pour son bien-être et celui des autres, on devrait... la faire interner ?
Sado s'attendait à cette proposition depuis fort longtemps. Néanmoins l'entendre le choqua, ce qui n'échappa pas à son amie.
- Je sais, ça surprend venant de moi mais réalise la situation. Aucune personne qui a tenté de se tuer trois fois, qui agresse verbalement ses proches et qui prétend voir un fantôme ne se balade librement dans la rue.
Elle se mordit la lèvre et sécha une larme sur le point de couler.
- Orihime a besoin d'aide, articula-t-elle difficilement. Le fait qu'elle soit encore en vie relève du miracle.
- Je... Je vais me renseigner à ce sujet, mentit Chad.
- Je te remercie, sourit faiblement Tatsuki. Tiens-moi au courant. Je dois passer voir Uryuu à la maison puis aller travailler, je te dis donc à plus tard. Salut, Orihime, ajouta-t-elle. Prends soin de toi.
L'intéressée lui fit juste un signe de la main et replongea dans ses sombres réflexions. Le cœur serré, Tatsuki s'en alla. Sous pression, le meilleur ami d'Ichigo se passa une main sur le visage pour se remettre les idées en place, avant de rejoindre la belle qui l'ignora.
- Je sais que c'est dur mais ton cauchemar est bientôt fini, Orihime, la raisonna-t-il.
Cette dernière redressa les épaules et lui accorda de l'attention.
- Quand on vit un cauchemar depuis cinq ans, on a du mal à entrevoir la fin, déclara-t-elle froidement.
- Et pourtant, c'est le cas, poursuivit doucement Sado. Tu as tenu jusque-là, tu le peux encore. Tu es bien plus forte que ça, tu l'as prouvé à de nombreuses reprises il y a des années.
Orihime plissa ses beaux yeux gris ayant retrouvé leur éclat naturel depuis quelques heures. Chad ne passa pas à côté de cela. Devant lui ne se tenait plus la Orihime morte à l'intérieur telle une coquille vide, anéantie en raison de son cœur brisé et persuadée que sa seule échappatoire était la mort.
Non, devant lui, il y avait Inoue Orihime qui n'était, certes, plus la femme qu'elle avait été quand ils avaient été présentés l'un à l'autre par Ichigo. Mais au moins l'envie de refaire surface afin d'aider Ichi, la détermination d'éliminer tous les obstacles pour reformer un couple avec lui et surtout, surtout, le désir de vivre émanaient d'elle ce qui était en soi vraiment très réconfortant. Un inestimable soulagement même. Pour Sado, Orihime était une très bonne amie sur qui il avait pu compter de nombreuses fois. La perdre aurait été un rude coup.
Il s'en voulait de ne pas lui avoir dit que l'homme qu'elle aimait se planquait dans une usine à quelques kilomètres, sauf qu'il n'avait pas eu le choix. Il avait promis à Ichigo de se taire et le pauvre Chad s'était donc retrouvé entre deux feux distincts mais tout aussi brûlants : aider Ichigo qui devait impérativement rester caché pour mener à bien son plan dangereux tandis que de l'autre côté, Chad avait pour mission de soutenir Orihime abandonnée par l'envie de vivre pour être totalement absorbée par le désir de mourir.
En conclusion, constater qu'Ichigo touchait enfin au but qu'il s'était fixé et assister aux pas déterminés d'Orihime sur le chemin de la vie tout en tournant obstinément enfin le dos à la mort déchargeait d'un grand poids les épaules pourtant solides de Chad. En fait, ça le ravissait puisque ses deux amis aux destins injustes allaient bientôt se retrouver pour de bon. Cette pensée le fit inconsciemment sourire ce qui intrigua Orihime.
- Qu'y a-t-il de drôle ? l'interrogea-t-elle en clignant des paupières.
- Je me disais que toi et Ichigo serez réunis bientôt et que maintenant tu t'accroches à la vie. Pour la première fois depuis cinq ans, je retrouve enfin la belle personne que tu es, Orihime.
Sa réponse stupéfia son amie qui resta sans voix.
- Tu crois vraiment ?
- Mmh. Ça se lit dans tes yeux. Tu es... heureuse.
La princesse prise au dépourvu se sentit rougir.
- Je..., commença-t-elle en se tordant les doigts.
- Je sais, la coupa Chad qui la trouvait adorable telle une petite fille. Ce n'est qu'une question de temps avant que votre couple se reforme.
- Um. Je le pense aussi.
- Le pire est derrière vous donc continue d'avancer avec lui vers la lumière au bout du chemin. Quand vous l'aurez atteinte, les autres pourront savoir qu'Ichigo est en vie.
Un timide sourire prit forme sur le visage au teint presque lumineux d'Orihime. Touchée, elle serra fortement son grand ami dans ses bras, son crâne auburn arrivant à peine sous ses pectoraux.
- Merci, Sado kun, chuchota-t-elle, les yeux fermés. Pour tout.
Le sourire de celui-ci s'élargit alors qu'il répondait à son étreinte.
- Je serai toujours là pour Ichigo et toi.
Et il l'avait prouvé à maintes reprises.
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- Tiens, Okito chan ! Bois jusqu'à te sentir mieux ~ !
Le labrador aboya et elle sourit. Orihime se sentait plus légère mais toujours contrariée car Ichigo ne lui avait pas clairement révélé pourquoi il s'était éloigné d'elle durant cinq ans. De plus, savoir où il se trouvait avec interdiction d'aller le rejoindre la tuait.
Chad était parti travailler et continuait de l'appeler par habitude pour savoir si tout allait bien. Actuellement, elle revenait du parc avec Okito qui lui-même était plus joyeux et vif maintenant qu'il sentait que sa maîtresse n'était plus mourante.
La jeune femme monta se rafraîchir, se changer puis descendit à la cuisine se préparer un repas consistant -pour la première fois depuis bien longtemps. Alors qu'elle posait une casserole sur l'une des plaques de cuisson, Okito grogna peu avant qu'on sonne à la porte. Surprise car n'attendant personne, la demoiselle s'essuya les mains dans un torchon et alla ouvrir. D'abord bouche-bée, elle dut recouvrer ses esprits pour retenir son chien par le collier et ainsi, l'empêcher de bondir sur les « invités ».
- Bonjour, Inoue san ~ ! la salua gaiement son patron couvert de vert et de son bob rayé d'où s'échappaient des mèches blondes, comme d'habitude.
- Urahara san ! reconnut-elle. Et...
Nom d'un Kami !
- Bonjour, Inoue Orihime.
- J-Juha Bach sama, bafouilla-t-elle sous le choc.
- Allons, juste « Juha Bach », je vous en prie. Pas de ça entre nous, rit l'homme.
Une courant d'air froid traversa l'épine dorsale d'Orihime. Cet homme... Il était le haut dirigeant du laboratoire pour lequel elle travaillait et honnêtement, elle ne l'avait jamais beaucoup apprécié sans vraiment le cacher. Sa carrure imposante, ses cheveux bruns mi-longs, sa barbe rêche, ses yeux froids et vides, son sourire aussi fade que glacial faisaient qu'elle n'avait jamais eu confiance en lui. Cette opinion n'avait pas changé au cours des rares fois où elle l'avait croisé au travail. Et donc justement, que faisait-il chez elle ?
- Pouvons-nous entrer ? demanda poliment Kisuke Urahara.
- Euh... Oui, bien sûr.
Elle s'écarta à contrecoeur et les accompagna jusqu'au salon. De là, Inoue les laissa quelques instants le temps de leur servir des rafraîchissements. Lorsqu'elle revint, son chien continuait de grogner en direction de Juha Bach tout en acceptant de se faire caresser par Urahara.
- Merci, Inoue san.
- Je vous en prie. Que faites-vous ici ?
Son ton était sec mais étant donné les circonstances...
- Nous sommes là pour prendre de vos nouvelles très chère, répondit Juha Back.
La belle cligna des yeux, scotchée. Cet homme ne s'était jamais soucié de son bien-être aussi loin qu'elle se souvenait.
- Je vous demande pardon ?
- Vois-tu, commença Kisuke en jetant un rapide coup d'oeil à son voisin, on évoquait ton travail formidable et...
- Comment vivez-vous votre deuil ? le coupa Juha Back. Ne croyez-vous pas qu'une jeune femme aussi ravissante que vous mérite de se reprendre en main ?
Orihime se sentit insultée tandis qu'Urahara abaissait son bob pour cacher ses yeux.
- Que voulez-vous dire ? s'irrita-t-elle direct.
- Eh bien..., reprit l'homme plus âgé en sirotant son thé glacé. Je ne dis pas que vos travaux au labo ne sont pas satisfaisants, loin de là. Seulement, vous renvoyez une piètre image de veuve esseulée qui ne s'accorde pas avec la réputation de notre société.
- Comment osez-vous !
- Juha Back, tenta Kisuke pour apaiser les tensions tandis qu'il n'avait pas touché son verre.
- Allons, Urahara, vous n'allez pas mettre en doute ce que je viens de dire. Inoue Orihime est une brillante biologiste mais elle se laisse aller et cela passe mal auprès de nos partenaires financiers.
- Mon apparence physique ne déborde en rien sur la qualité de mon travail, vous venez de le dire ! retourna vivement Orihime, debout. Alors de quel droit...
- Pensez à nos associés et amis médecins, poursuivit Juha Back qui se frottait la barbe, visiblement agacé. J'ai eu quelques retours peu flatteurs...
- Cela m'est bien égal. M'habiller en noir est un choix et ma manière de faire comprendre que je n'ai pas oublié Ichigo que j'aime toujours ! se défendit la princesse dont les prunelles grises s'inondaient de larmes de colère.
Comment cet homme osait-il venir chez elle pour l'attaquer avec des arguments aussi minables ?! Comme pour l'approuver, Okito attrapa Juha Back par le bas de son pantalon afin de le forcer à se lever et dégager au plus vite. Ne retenant nullement son chien et en ayant assez, Orihime serra les poings pour garder son calme.
- Vous...
Elle s'interrompit, intrigant ainsi Kisuke qui ignorait superbement Juha Back en train d'essayer de faire lâcher prise au chien.
- Inoue san ?
Figée, celle-ci continua à fixer la fenêtre. Urahara suivit son regard mais ne vit rien de particulier. La jeune femme secoua soudain la tête comme pour émerger d'un rêve.
- Okito chan, lâche-le, ordonna-t-elle distraitement sous l'oeil soupçonneux de Kisuke.
Le labrador obéit et dévoila le pantalon -sans doute coûteux- déchiré de Juha Back, hors de lui.
- Sortez de chez moi, ajouta Hime sans le laisser ouvrir la bouche.
- Nous n'avons pas encore fini de discuter et..., protesta l'homme brun.
- Nous avons fini au contraire, trancha fermement la beauté auburn. Allez vous-en.
- Je... !
- Nous devrions l'écouter, Juha Back, intervint Kisuke. Une femme en colère peut causer des dégâts, croyez-moi ! rit-il à sa plaisanterie.
- Vous ne pouvez pas comparer Yoruichi à Orihime, répliqua l'autre.
- Hum... Une femme reste une femme, surtout une femme blessée.
Perplexe face à cette déclaration, Juha Back resta muet permettant ainsi à Orihime de reprendre la parole.
- Je vous raccompagne jusqu'à la porte.
Une fois que ses visiteurs indésirables franchirent le seuil, elle s'apprêta à refermer mais Urahara se pencha vers elle pour de toute évidence lui parler sans être entendu.
- Navré pour cette visite peu commune, j'ai tenté de le dissuader mais tu sais comment il est avec le monde des affaires.
- Je sais ce que vous avez fait.
Kisuke fronça les sourcils, perdu.
- Pour Ichigo, je veux dire, précisa-t-elle en chuchotant également.
Il écarquilla les yeux puis soupira.
- Comment avez-vous pu me faire ça ainsi qu'à sa famille ? enchaîna Orihime. Moi qui avais confiance en vous.
- Je suis...
- Laissez-moi maintenant.
Sur quoi elle lui claqua la porte au nez, abandonnant son patron avec sa conscience.
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Le soir-même, fraîche de la douche, Orihime se prépara à se coucher avec un t-shirt d'Ichi et une simple culotte. L'esprit encore chargé par les événements de l'après-midi, elle éteignit la lumière et tira son drap pour se glisser dessous quand un frisson la traversa, la poussant à redresser la tête.
- Ichigo, murmura-t-elle, bouche-bée.
- Bonsoir, Orihime.
Arrivé tranquillement par la fenêtre ouverte, toujours vêtu pauvrement mais avec des vêtements différents, il examina les lieux.
- Très belle maison, tu l'as vraiment bien choisie et décorée, la complimenta-t-il comme si son entrée était naturelle et ne méritait pas d'être commentée.
Ignorant cela, Orihime se leva et marcha vers lui pour s'agripper à ses bras.
- Cet après-midi...
- Oui, c'était bien moi que tu as vu par la fenêtre du salon, confirma-t-il en lui accordant toute son attention.
- Mais enfin, tu as perdu la tête ! s'emballa-t-elle. Il aurait pu te voir !
- Je ne supporte pas l'idée de le savoir si près de toi, rétorqua le roux, piqué au vif.
- Tu as quand même pris un risque inconsidéré, une chance qu'Okito chan n'ait pas couru vers toi dévoilant ainsi ta présence.
- Il faut croire qu'il n'était pas décidé à m'arracher un bout de jambe comme celle de ton super boss.
- Ichi..., expira-t-elle, roulant les yeux.
- Et si on arrêtait de parler de ça ? s'impatienta-t-il en glissant ses doigts dans sa touffe rousse hérissée.
- Très bien, accepta la princesse toujours agacée. Tu vas enfin me dire pourquoi exactement j'ai dû vivre sans toi tout ce temps. Tu ne m'as dévoilé que les grandes lignes en prenant soin de rester évasif.
- Bientôt, Hime, je te le promets.
- Tu viens de dire vouloir changer de sujet !
- Oui, mais pas celui-là. On en a assez parlé la nuit dernière.
- Tu exagères, souffla Orihime en faisant la moue. Tu détestes être dans l'ignorance mais tu n'hésites pas à me faire subir la même chose.
- Je ne suis pas là sans raison comme tu t'en doutes, déclara Ichi en lui soulevant le menton à l'aide de l'index pour mieux caresser sa douce joue avec son pouce. Tu m'as manqué. Il faut que tu comprennes que je ne suis pas venu pour parler, je n'ai pas beaucoup de temps.
- A-Alors pourquoi ? s'empourpra-t-elle.
Il sourit de manière suggestive en plaçant doucement une main sur sa fesse droite qui se crispa.
- Ce que je sais faire de mieux, lui chuchota-t-il à l'oreille en remontant sa grande main sur l'un de ses seins. Passer à l'action.
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