Après l'avoir embrassé, ma main perdu sur sa hanche, je l'observais, réfléchissant à ce que je pourrais faire ou dire, enfin... J'étais plutôt en train de reconnecter mon cerveau, et les mots sont finalement venus d'eux-même.

« - Je.. Je sais vraiment pas si je t'aime de la même façon ou autant que toi, mais je sais que tu es la personne qui compte le plus pour moi. J'imagine pas ma vie sans toi. Je sais pas si c'est une bonne idée, mais je m'en voudrais toute ma vie de n'avoir pas au moins essayé donc... On sort ensemble ?

- Tu es sûr ? Tu ne le regretteras pas ? Enfin, tu sais comme je suis...

- Et moi, comment je suis ? Est-ce que tu m'as déjà vu regretter quelque chose ? Je suis même devenu un loup-garou sans avoir rien demandé à personne, m'apportant plein de problèmes et pourtant je m'en plains pas...

- Tu devrais. Et moi aussi je t'en apporte des problèmes, suffit de voir avec le Nogitsune...

- Ce n'était pas ta faute, Stiles.

- Bien sûr que si ! C'est toi, et seulement toi, qu'il voulait voir mort ! Parce que si j'avais des sursauts de conscience, c'était grâce à toi, c'est parce que tu étais là qu'il n'a pas pu prendre le contrôle total sur moi... » Il s'arrêta alors que j'étais en train de caresser tendrement sa joue, perdu dans son regard un peu mouillé et triste, sans doute en se rappelant des choses qu'il a fait ou qu'il aurait pu faire.

« - Stles... Si tu n'étais pas là, je serais complètement perdu, c'est pas vrai que tu m'apportes des problèmes, c'est grâce à toi que je vais bien.

- Scott... »

Il m'attira à lui pour m'embrasser tout en passant ses bras autour de mon cou, et bon sang que c'était bon, il embrassait super bien mine de rien.

« - D'accord, mais... Si jamais ça se passe mal, on redeviendra amis, pas vrai ?

- Tout ce que tu veux, je ne t'abandonnerais jamais, de toute façon... »

Je le serrais doucement contre moi tout en respirant son odeur, j'avais envie de m'imprégner de lui, même si on est tout le temps ensemble, j'ai bien conscience que ce ne sera plus jamais la même chose entre nous. Je ne sais pas comment les choses peuvent tourner, je ne veux pas le savoir à l'avance parce que j'ai peur de la réponse. J'ai peur que tout cela se finisse vraiment mal et qui je puisse le perdre. Je n'ai pas de véritable ami à part lui. Je n'ai personne d'autre à qui me raccrocher en cas de coup dur. Je le protégerais coûte que coûte.

Je le laisse ensuite partir à contrecœur, alors qu'il me dit qu'on se verra demain. Pas que je pensais déjà passer à l'étape supérieure, des baisers c'est déjà très bien... Ou peut-être que si, je ne sais pas, je n'en ai aucune idée. Je n'ai jamais été attiré par un homme, pourtant, tout à l'heure quand je l'ai embrassé c'est bien qu'il m'attirait, je ne peux le nier. Mais comment ça se passe entre hommes ? Je ne suis pas calé sur la question, loin de là, c'est plutôt Stiles qui s'intéresse à des domaines qui ne devraient pourtant pas le concerner...

C'est là que j'entends ma mère rentrer, je descends la voir mine de rien. Elle me sourit.

« - J'ai rien pour cuisiner ce soir, pizza ça te dit ?

- Ouais, ça me va... Et au fait, je sors avec Stiles. » Elle me regarda, un peu perplexe.

« - Par sortir, tu veux dire... être en couple ?

- Oui. » Elle eut un petit rire. « - Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?

- Rien, je me suis toujours demandé quand est-ce que ça se ferait !

- Quoi ? Comment ? Tu... Tu savais ?

- Évidemment, je suis ta mère, je te signale ! Vous couchez ensemble ?

- Maman !

- Quoi ? Je me renseigne ! En tout cas, renseigne-toi bien avant, tu n'imagines pas le nombre d'accident sexuels que j'ai déjà pu voir, imagine l'embarras si c'est mon fils... »

J'étais tellement gêné par cette conversation que j'avais envie de me cacher dans un petit trou de souris. Mais j'étais rassuré qu'elle le prenne aussi bien, vraiment. Je pensais que les gens trouveraient ça bizarre que je sorte avec mon meilleur ami, celui que je considérais plutôt comme un frère jusque là... C'était limite de l'inceste. Heureusement, on n'est pas vraiment frère. Et maintenant, on est même plutôt petits-amis que frères.

C'est le lendemain matin que ça se compliqua un peu. J'étais arrivé au lycée peu avant Stiles, l'attendant sur le parking, il s'avança et tout naturellement, content de le voir, je me suis approché et je l'ai embrassé pour lui dire bonjour. Je lui souris ensuite.

« - Bonjour. » Lui dis-je doucement, mais on ne tarda pas à tourner la tête vers l'ambiance bizarre qui régnait vers les élèves.

Ils étaient là, presque silencieux et bouche-bée en nous observant, ne sachant pas eux-même quelle expression afficher apparemment. Stiles fronça les sourcils.

« - Vous avez rien de mieux à faire que nous mater ? » Gueula-t-il, et ils se remirent à parler entre eux, de toute évidence gêné plus qu'autre chose par la situation.

Stiles commença à avancer d'un pas ferme et énervé, mais je le retins en prenant sa main dans la mienne. Il se stoppa, me regarda, regarda nos mains enlacés, à nouveau moi, et je crus discerner une petite rougeur sur ses joues. Je lui souris pour le rassurer et me mit en route pour entrer dans le bâtiment. Même réaction des élèves en voyant qu'on se tenait la main, je faisais comme si de rien n'était mais ça énervait Stiles, je n'avais pourtant aucunement l'intention de lâcher cette main. La main de mon petit ami.

Je l'emmenais dans les toilettes pour homme et vérifiais qu'il n'y avait personne avant nous y enfermer.

« - Est-ce que mon comportement te met mal à l'aise ?

- Quoi ? Mais non ! Enfin... C'est eux qui me mettent mal à l'aise. Ils ont l'air de trouver ça bizarre, parce que jusqu'ici on était juste meilleur ami, j'ai pas envie qu'ils te regardent différemment à cause de moi...

- Je m'en fiche, tu sais. De ce qu'ils pensent. On est petits-amis maintenant, plus meilleurs amis. Et je compte bien le montrer à tout le monde. » Je me penchais doucement vers lui, mes lévres venant froler les siennes. « - Et toi ? Tu trouves ça bizarre ? Tu reviens sur ce que tu as dis ?

- Non, certainement pas. » Il m'attrapa par la nuque et m'embrassa fougueusement, baiser que je lui rendis sans me faire prier. Carressant ses hanches et le collant à moi.

Je n'avais peut-être plus Allison. Mais j'avais Stiles. J'avais toujours eu Stiles et s'il y avait bien une personne sur terre que je ne lâcherais jamais, c'était bien lui. Si les gens n'étaient pas d'accord avec ça, tant pis pour eux, qu'est-ce que ça pouvait bien me faire ? Ce sont des jaloux, ils ne seront jamais heureux comme moi je le suis en ce moment, ils ne peuvent pas comprendre... Ce que je ressens pour lui, c'est indéfinissable, c'est pas seulement de l'amitié, c'est quelque chose qui pourrait me laisser faire n'importe quoi pour garder Stiles auprès de moi. C'est quelque chose travaillé depuis tellement d'années que j'en ai perdu le compte...