Je sentis tout de suite la tristesse disparaître pour laisser place à la peur et il y avait de quoi, je devais avoir une tête de serial killer, un peu comme Derek, déjà qu'en ce moment j'étais tellement mal que j'avais une tête à faire peur alors maintenant que j'étais rongé par la colère qui était monté petit à petit... C'est bien simple, il fallait que je me retienne pour ne pas faire un massacre.
« - Scott ? Heu... Calme-toi, ok ?
- Ne me dis surtout pas de me calmer ! Tu n'imagines pas à quel point je suis à bout là, tout de suite, et comme je dois me retenir de ne pas simplement me jeter sur toi, alors t'as intérêt de m'expliquer tout maintenant !
- Tu... Tu veux que je t'explique quoi ? » La tristesse reprenait le pas sur la peur, je pouvais entendre un léger trémolo dans sa voix.
« - Ne me prends pas pour un con ! Explique-moi pourquoi tu me quittes comme ça, sans me parler de ce qui te tracasse ! Sinon j'te jure... Je sais pas ce que je ferais, mais je le ferais !
- Mais y'a rien à dire ! Y'a tellement de raisons pour lesquelles on n'est pas fais pour être ensemble ! Je l'ai pas vu, je voulais pas le voir, je voulais rester avec toi mais... Déjà t'es hétéro, t'as viré de bord juste pour moi, mais qu'est-ce que je ferais si tu craquais à nouveau pour une fille ? Ou si Allison te demandait de sortir à nouveau avec toi ? Je sais très bien que je fais pas le poids face à elle ! Je sais très bien que tu ne veux pas me perdre, mais faut pas te forcer à sortir avec moi pour autant ! Et puis aussi, je te l'ai toujours caché mais je suis pas aussi gentil que tu le crois ! Si ça ne tenait qu'à moi les gens que tu veux sauver, je les laisserais se démerder ! Je... Tu ne peux pas aimer quelqu'un comme moi ! »
Et pour la première fois, je giflais Stiles. Je le frappais, un peu parce que j'avais vraiment les nerfs, l'autre un peu pour lui remettre les idées en place. J'y ai été peut-être un peu fort puisqu'il tomba sur les fesses, massant sa joue en me regardant d'un air complètement ahuri. Ouais, ben il l'a pas volé celle-là.
« - Tout ça c'est des conneries, Stiles ! Des grosses conneries ! Des excuses que tu te donnes parce que t'es mort de trouille, et moi aussi je le suis ! Parce que l'idée de te perdre est tout simplement insupportable ! Cette semaine sans toi ça a été comme une descente aux enfers ! Et tu me sors quoi ? Que je peux pas t'aimer ? Que je me force à être avec toi ? Mais t'es complètement aveugle ma parole ! Je t'aimais déjà avant que je me rende compte de tes sentiments, j'étais simplement pas près à m'en rendre compte ! Je t'aime... Bordel, je t'aime, mais en quelle langue je dois te le dire pour que tu comprennes !? »
Il me regardait toujours, abasourdi par ma longue tirade, mais fallait que ça sorte. J'avais trop ruminé pendant une semaine, moi aussi j'ai le droit de péter les plombs. Puis, il se remit à pleurer.
« - Moi aussi... Moi aussi, je t'aime... »
à mon plus grand soulagement ! Je me baisse alors à sa hauteur, vu qu'il était toujours par terre et le prends tendrement dans mes bras pour le serrer contre moi, soulagé d'enfin le retrouver. Plus jamais. Plus jamais je ne le quitterais. Plus jamais je ne le laisserais me quitter.
« - Si tu me refais un coup pareil, je te bute. » Je l'entendis étouffer un petit rire, il devait sans doute avoir du mal à m'imaginer en train de tuer quelqu'un, d'autant plus lui que n'importe qui d'autre. Sans lui, je deviendrais fou.
Il me rendit mon étreinte, nichant sa tête dans le creux de mon cou, j'étais rassuré, je pouvais à nouveau sentir son odeur si agréable... J'étais heureux, tout simplement, de le retrouver. La colère s'était envolé pour ne laisser place qu'à l'amour que je ressentais pour lui, pouvoir le serrer à nouveau contre moi était un pur bonheur.
Je me séparais légèrement de lui pour venir chercher ses lèvres pour un tendre baiser. Je me sentais enfin apaisé. Comme si j'étais à nouveau entier. L'air était de nouveau respirable et mon cœur n'était plus assailli par une douleur que j'avais bien cru ne jamais pouvoir repousser. Un seul mot, un seul geste de lui et je peux basculer du paradis à l'enfer... Ce sentiment que j'ai pour lui, j'ai l'impression qu'il dépasse même l'amour ou l'entendement. Je pourrais perdre la tête, alors bien sûr que je suis effrayé, mais jamais plus effrayé que l'idée même que je puisse le perdre un jour...
Je le porte jusque dans le lit où nous nous allongeons tout deux, ma main venant se perdre dans ses cheveux alors que je viens coller mon front au sien, nous fermons les yeux, profitant tout deux de la présence de l'autre. La colère, la tristesse, ne sont plus que des mauvais souvenirs, nous voilà à nouveau sur notre petit nuage de bonheur, il n'y a rien de mieux qui puisse exister. Mais voilà, je veux éclaircir quelques points.
« - Stiles ?
- Oui ?
- Tu es allé voir quelqu'un après ce qu'on a fait la dernière fois ? » Il lève son regard vers moi.
« - Oui... Je voulais en parler avec Lydia, vu qu'elle s'y connait plus que moi en relation... » Je serrais les dents, essayant de ne pas m'énerver.
« - Qu'est-ce qu'elle a dis ?
- Bas, en voyant que j'étais surexcité avec tout ça, elle m'a dis de me calmer, que ça ne faisait que deux jours et que tout pouvait encore arrivé... Et mon cerveau a fait le reste. Elle a vraiment pas dis ça en pensant à mal, tu sais.
- Il faut vraiment que t'arrêtes de réfléchir tout seul...
- Je suis désolé... »
Non mais regardez-moi cette petite bouille trop mignonne, comment j'étais censé lui en vouloir, hein ? Non, au lieu de ça je suis revenu l'embrasser, surtout que ses lèvres m'ont beaucoup trop manqué. Pas qu'elles d'ailleurs, vous l'aurez compris.
« - Au fait, tu ne m'as pas répondu l'autre jour, depuis quand tu sais que tu m'aimes ?
- Je... Je crois que j'ai commencé à le réaliser quand tu as commencé à tomber amoureux d'Allison, c'était la premiére fois que tu faisais plus attention à quelqu'un d'autre que moi alors... »
Alors ? N'est-il pas adorable ? Je souris doucement et le serra contre moi, me remettant à caresser ses cheveux, le laissant lentement replonger dans les bras de morphée. Quelle surprise ce fut quand il se réveilla au matin, enfin, qu'il s'était plutôt fais réveillé par les accords que je faisais sur ma guitare pour pouvoir l'accorder parfaitement.
« - Qu'est-ce que tu fais ? » Me demande-t-il en arquant un sourcil, perplexe.
« - Je me suis rendu compte que je ne t'avais pas fais de déclaration digne de ce nom, alors...
- Non, ne me dis pas que... »
Trop tard, je venais de commencer à jouer, et il me lançais un regard qui voulait sûrement dire « c'est ridicule ». On va voir qui est ridicule.
« On aurait pu se dire tout ça, ailleurs qu'au café d'en bas, t'allais p'téte partir, et p'téte même pas rev'nir, mais en tout cas c'qui est sûr, c'est qu'on pouvait en rire...
Alors on s'quitter comme ça, comme des cons d'vant l'café d'en bas, comme dans une série B, on est tous les deux mauvais, on s'est moqué tellement d'fois des gens qui faisaient ça...
Mais j'trouve pas d'refrain à notre histoire, tous les mots qui me viennent sont dérisoires, j'sais bien que j'l'ai trop dis, mais j'te l'dis quand même... Je t'aime. »
Il avait les larmes aux yeux et son visage n'avait pas l'air de se décider entre pleurer ou rire.
« J'voulais quand te dire Merci, pour tout le mal qu'on s'est pas dit, certains rigolent déjà, j'm'en fous j'les aimais pas, on avait l'air trop bien, y'en a qui supporte pas...
Mais j'trouve pas d'refrain à notre histoire, tous les mots qui me viennent sont dérisoires, j'sais bien qu'j'l'ai trop dis, mais j'te le dis quand même... Je t'aime...
J'sais bien qu'j'l'ai trop dis, mais j'te le dis quand même... Je t'aime.
Je t'aime... »
Je vous informe qu'on a définitivement perdu Stiles. Trop ému, il essaie de cacher ses larmes derrière sa manche avant de finalement les essuyer en essayant de reprendre contenance.
« - Tu sais que c'est une chanson de séparation ?
- Bas c'est toi qui m'as envoyé un sms de séparation, hein...
- Imbécile... » Il se léve pour venir m'embrasser amoureusement. « - Si tu me quittes, je te le pardonnerais jamais. » Et il m'embrasse à nouveau. J'en profite pour me débarasser de la guitare et le serrer contre moi. Voilà qui fait plaisir à entendre.
