Relecture par Brynamon.

Merci à ma VIP, SG, CarlaHG, Pims10, Nicky XYZ, kyndilou, kinoum, Sissy1789 et Linou2701 pour les reviews !

Merci pour les alertes et les favoris.

Merci pour ce bel accueil, voilà la suite du point de vue de Katniss.


LA VIE AVANT TOUT

Partie 2


PDV Katniss

Installée sur la table d'examen du Dr Moore, je regardais le plafond. Je n'avais pas envie de regarder l'écran en face de moi. Peeta était assis sur une des chaises devant le bureau. Il écoutait attentivement tout ce que disait le médecin comme si c'étaient des paroles d'évangile. Je ne voyais pas ce qu'il y avait de compliqué. J'étais enceinte, mais avec ma chance, je risquais une fausse couche ou un enfant malformé.

Je m'en voulus de penser ça, pas parce que ce n'était pas la réalité mais plutôt parce que cela pourrait blesser Peeta. Je ne savais pas pourquoi il était si mécontent, il m'en voulait pour quelque chose qu'il désirait. Je savais que je ne pouvais pas le priver d'être heureux. Mon but restait le même depuis toutes ces années : le garder en vie et le voir heureux, et pour cela je devais être vigilante sur sa santé et accéder à ses requêtes aussi difficiles soient-elles.

Alors que résonnaient les battements de cœur de l'enfant de Peeta, je fronçai les sourcils, stressée par la rapidité de ceux-ci.

-Tout est normal, il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour le moment.

Pour le moment ? Le pli au milieu de mon front s'accentua.

-Allons, allons, dit le Dr Moore en tendant quelque chose à Peeta.

-Qu'est-ce que ce sera au moment de l'accouchement, rit-il.

Peeta était ému. Je ne voyais pas ce qu'il y avait de drôle à le voir dans cet état. Il refusa le mouchoir du médecin et se sécha les yeux de sa manche de chemise. Son regard croisa le mien et il sourit, un sourire que je n'avais encore jamais vu sur son visage, et son effet fut immédiat. Je savais que j'avais bien fait, quoi qu'il en dise. Se rendait-il seulement compte que sans son sourire au quotidien, sans son appui, je n'étais qu'une enveloppe vide bonne à être mise en quatre planches ?

La mort, parlons-en ! Elle ne m'avait jamais fait peur tant que cela me concernait mais la simple idée de voir mes proches mourir…

Mon cœur se compressa fatalement alors que le visage de Prim s'imprimait sur mes rétines. Je me tournai d'instinct vers Peeta et tendis mon bras vers lui. Il cessa de parler au médecin pour attraper ma main. Elle s'enroula autour de la sienne mécaniquement, elles se complétaient et sa chaleur me donna la force de ne pas sombrer dans la panique. Son visage se pencha, inquiet. Je ne voulais pas l'inquiéter mais ces temps-ci je ne faisais que ça. Et apparemment la grossesse et le taux élevé d'hormones expliquaient mes sautes d'humeur et mes crises de paniques.

-Je veux rentrer à la maison.

Il hocha simplement la tête, il comprenait, il comprenait toujours. Le Dr Moore sécha mon abdomen et Peeta m'aida à me relever.

-Je vous revois dans un mois. Prenez les comprimés que je vous ai prescrits et prenez du repos. Le premier trimestre est toujours un peu compliqué. Une infirmière viendra régulièrement à votre domicile pour les prises de sang.

Ils voulaient me vider de mon sang ou quoi ? Pourquoi tout ce raffut ? Mais au fond de moi j'étais rassurée parce que l'enfant de Peeta méritait les meilleurs soins et toutes les précautions nécessaires. De mon côté, je devais faire en sorte de tenir ma part du marché et d'enfanter un bébé sain et vigoureux.

-Tenez.

Il me donna un livret et me prodigua énormément de conseils pour vivre cet évènement sereinement. Sereinement ? Sérieux ? Il était loin du compte mais je me concentrai sur ses paroles comme une bonne élève. Une fois n'était pas coutume.

-Maintenant je dois vous laisser, je dois partir pour mes visites.

C'était une bonne idée les visites mais j'étais incapable de laisser n'importe qui entrer chez nous aussi « normal » soit-il.

Dehors, j'expirai un grand coup, moins oppressée. Je n'aimais pas les hôpitaux. J'avais une grande envie d'aller me coucher et de recouvrir ma tête pour oublier le monde environnant mais à la place, nous nous rendîmes dans la pharmacie la plus proche, nous en avions deux. Les gens arrivaient maintenant à ne plus nous dévisager et c'était appréciable. Nous allions faire la queue quand la file s'écarta pour nous laisser passer. Je refusai mais les gens insistèrent et la conversation reprit pour ceux qui se connaissaient. Peeta haussa les épaules pour minimiser tout ça. Je tendis l'ordonnance à la jeune femme en face de moi qui n'était autre que la femme de Thom. Une femme discrète et en retrait, une personne comme je les aimais en somme. Elle se contenta de me sourire et examina le papier entre ses mains. Si elle avait compris, elle n'en laissa rien paraitre.

-Je reviens.

Après une minute, elle revint et Peeta régla ce que je devais. Il lui demanda brièvement des nouvelles de son fils tandis que je faisais déjà demi-tour pour sortir de cet endroit qui me rappelait aussi les hôpitaux. J'attendis Peeta dans un calme fictif et octroyai des sourires forcés aux personnes qui passaient en me saluant. Sur le chemin du retour, je réfléchissais, stressée. J'avais peur de m'être lancée dans quelque chose de bien trop conséquent et ingérable. Mais je ne pouvais pas revenir en arrière et je ne devais pas lui montrer mes doutes. Il m'enlaça la taille sans prévenir, m'attira à lui et posa sa joue contre la mienne.

-Je suis désolé.

Je lui enserrai le cou, malheureuse.

-Je ne veux pas que tu sois désolé, je veux que tu sois heureux. J'en ai besoin. Dis-moi que je ne me suis pas plantée.

Il s'écarta pour m'observer, il avait tellement d'empathie, il ressentait mon mal-être, je le voyais sur son visage. Cependant, il reprit contenance et afficha son plus beau sourire.

-Je suis heureux, je sais que ça va aller, et tu seras une bonne mère.

Je ne voulus pas le contredire. Je l'embrassai à la place, rassurée l'espace d'un instant. Mais en rentrant, je décidai de faire un détour chez Haymitch. Peeta m'accompagna, nous marchions côte à côte dans un même rythme.

-Tu veux lui annoncer ?

-Je veux son avis surtout, précisai-je.

-Comment ça ?

-Je veux son regard objectif sur ma capacité à être une mère.

-Tu seras une bonne mère, ma chérie, répéta-t-il comme je m'y attendais.

-Tu n'es pas objectif.

-Parce que Haymitch le sera, lui, peut-être ?

-Oui !

J'avais clos le sujet, je l'entendis soupirer. Je le connaissais si bien. Un sourire bref naquit sur mes lèvres.

-Tu te moques, s'indigna-t-il à moitié.

-Tu sais bien que non.

-Ah, oui ? Comment je peux en être sûr ?

-Tu connais déjà la réponse.

-Parce que tu m'aimes trop pour ça.

-Exactement.

J'allais ouvrir la porte quand j'aperçus le mot collé dessus.

« Je suis parti dans la capitale, je serai de retour dans une semaine… ou deux. »

Je m'agaçai.

-Il est encore parti voir Effie, supposa Peeta.

Ben ça. Pourquoi ne venait-elle pas vivre ici ? Ça nous faciliterait la vie. Mais je rêvais debout, je le savais.

-Allez viens.

Il prit ma main et me ramena chez nous.

Pendant qu'il réchauffait la soupe d'hier, je m'isolai dans le bureau pour appeler ma mère. On pourrait croire qu'à défaut d'Haymitch je me tournais vers elle mais ce n'était pas du tout le cas. Je voulais juste prendre des nouvelles, cela faisait quelques semaines que nous ne nous étions pas eues au téléphone. Elle vivait toujours seule, ce n'était pas très rassurant. Je raccrochai car elle ne répondit pas, elle n'était pas rentrée chez elle. Peut-être était-elle encore au travail ? Elle pouvait même y dormir parfois. Cela aurait pu m'inquiéter mais, en fait ,j'étais soulagée, elle avait trouvé quelque chose à quoi se raccrocher.

Je pris notre livre de souvenirs dans la bibliothèque pour patienter le temps que je la rappelle. C'était toujours aussi dur tous ces visages, qu'ils soient représentés en photo, en croquis ou en peinture. Il avait jauni avec le temps mais ce n'était qu'un détail. Je me replongeai dans des sensations aussi nettes que si je les avais ressenties la veille. Mes mains se crispèrent, tremblèrent.

Mais qu'est-ce que j'avais fait ? J'avais beau savoir que si enfant il y avait, il n'irait pas dans une arène jouer au pire jeu qui soit, je me sentais tétanisée. J'avais fait un choix, un choix bon pour Peeta. Je devais l'assumer, quoi qu'il m'en coûte.

Je redéposai le livre dans la bibliothèque et refis un essai pour contacter ma mère. Je laissai retentir, dix, vingt, trente sonneries, quand elle répondit enfin, essoufflée.

-Allô ?

-C'est Katniss.

Il y eut un blanc comme à chaque fois que je l'appelais. J'enchainai alors sur son travail pour couper court à la gêne qui s'installerait fatalement. Elle prit la perche que je lui tendis et elle parla, parla, parla encore… je n'écoutais pas réellement mais cela apaisa ma conscience. Quand Peeta vint m'annoncer que le diner était servi, je pris congés de ma mère non sans lui annoncer ma grossesse. Elle n'eut pas le temps de répondre que j'avais déjà raccroché. Je le suivis dans la cuisine. J'avais l'estomac noué, mais l'odeur du pain chaud me réconcilia avec l'appétit.

Nous dinions toujours en silence sans télévision. Du moins jusqu'à ce soir.

-Alors tu as annoncé la nouvelle à ta mère, constata-t-il.

-Mmmm.

-Nous devrions l'inviter à venir quelques jours. Qu'en penses-tu ? Lança-t-il comme si de rien n'était.

-En quel honneur ? Me raidis-je.

Je n'aimais pas recevoir.

-Ce serait l'occasion de regrouper nos proches autour d'un diner, et vous pourriez, elle et toi, discuter de choses et d'autres.

Je voyais très clairement ce qu'il essayait de faire.

-Ce n'est pas une bonne idée.

-Tu vas avoir besoin de ta mère, Katniss.

-Je n'ai jamais eu besoin d'elle.

-C'est un leurre.

Je me murai dans un silence réprobateur.

-Peu importe les dissensions entre ma mère et moi, je donnerais tout pour qu'elle soit encore là. Tu as cette chance, saisis-la, il faut crever l'abcès.

Je lui en voulus d'avoir raison. J'avalai mon diner et montai me changer pour la nuit. Dans la salle de bain, une fois déshabillée, je me dirigeai vers le miroir en pied sculpté. Je n'avais pas réfléchi, je l'avais fait machinalement et je détaillai cette silhouette martyrisée avec détachement. Je ne voyais rien qui indiquait que je portais la vie, même de profil.

Peeta frappa à la porte, me faisant sursauter.

-Je peux entrer ?

-Non !

Je cherchai avec diligence de quoi me recouvrir. Il était hors de question qu'il me voie nue en pleine lumière. Je n'acceptais notre nudité que dans la pénombre, blottis dans le creux de nos bras. Quand je fus prête, je ressortis de la pièce. Il était assis sur le bord du lit.

-Tu peux y aller.

-Ça va ? Me demanda-t-il.

-Pourquoi tu me demandes ça ?

-Tu étais fâchée, je ne voulais pas te contrarier.

Je fis mine de ne pas en être affectée et je m'allongeai sous les couvertures. Le livret de grossesse se trouvait sur ma table de chevet, je le parcourus tandis que Peeta se déshabillait sur place. Il n'avait pas de complexe avec son corps, il pouvait se le permettre mais ça me dérangeait toujours autant. Ce qu'il m'inspirait me gênait encore parfois car c'était souvent intempestif et à des moments inappropriés.

-Tu ne vas pas peindre ?

Le soir, il aimait s'isoler un peu pour s'adonner à son passe-temps favori. Il s'assit de son côté pour ôter sa prothèse.

-Non pas ce soir.

Il se glissa sous les draps et m'observa en train de lire ce fichu livret au final bien inutile.

-Tu y trouves des réponses ?

-Oui, mentis-je.

-Bien.

Il se cala contre mon cœur, sa main se faufila sous mon t-shirt et caressa mon ventre. Le contact me procura un bien-être inimaginable.

-Merci, murmura-t-il.

Je le zieutai du coin de l'œil, surprise, mais il avait fermé les yeux. Et comme je le pensais, il s'endormit rapidement.


La suite bientôt.

J'ai vu HG, en 3D ce n'était pas super mais bon. C'était pas mal, j'ai apprécié certaines scènes très fidèles au livre, et j'ai été déçue par l'omission de certains passages essentiels à mes yeux. Un avis mitigé donc.